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Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme

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Aernia
La Grande Conceptrice
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Nationalité : Ambrosienne
Messages : 237
Date d'inscription : 12/04/2016
MessageSujet: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Lun 6 Fév 2017 - 15:45
La pluie s’est arrêtée sur la capitale, on espère que demain, Helia a cesser son travail pour veiller à la cérémonie pour le Prince Consort. On raconte que sa majesté, en respect dû à son époux, a débuté la Marche de la Veuve, dans un respect entier. Les bouches curieuses parlent, les sujets les plus respectueux ne s’étonnent guère de ces choses, les fidèles Ambrosiens ne connaissent que trop bien l’Amour de leur Impératrice pour son époux et le couple qu’il formait. Beaucoup sont touchés de cette peine et tout à l’heure, il y aura beaucoup de monde dans le cortège.

Dans cette situation triste, la vie suit son cour mais peu à peu, les commerces se ferment dans les rues ambrosiennes, par respect pour la mort du Prince Consort, beaucoup des gens d’Ambrosia ont choisis de couper leurs activités dans l’après-midi, chose normale que l’on fait pour un membre de la famille, chose nullement imposée par la couronne pourtant.

Une des navettes du second étage ouvre sa montée à un Whorse, à l’intérieur, Onénisme de Malterre, le ministère a fait confiance à ce jeune homme pour se rendre seul chez son nouveau tuteur, l’ayant mis dans une des voitures d’une compagnie habituée à ce genre de transport. Malheureusement, il n’y est pas seul, Mycéa d’Albret a été prise chez elle par le conducteur, la STEAM lui a envoyé une voiture en urgence pour un « souci » au travail alors qu’elle a pris sa journée. On y retrouve aussi Guilianna di Bresci, montée là sur les conseils d’un des hommes qui la suit,pour aller plus vite.

Le train train normal.

Le véhicule est un large habitacle confortable, mais où les corps sont malheureusement un peu pressée, dehors, le conducteur tient les rennes de ses chevaux, il y a une charrette de marchandise avec eux d’ailleurs et un gendarme à cheval. Ce n’est que vers le milieu de la levée, que l’habitacle voit la tête du cocher apparaître à la fenêtre.

-Y a un problème, un des rouages du câble s’est bloqué, faudra prendre votre mal en patience m’sieur dame, ça arrive, ça d’vait ête changé…bref, comptez une bonne demi heure de retard pour vos rendez-vous.

Il n’y a que son mal en patience à attendre, l’idée de sauter de la plateforme est une très mauvaise idée, nul besoin de le préciser. Le gendarme tournant la boucle de sa moustache a l’air de s’en ficher à l’extérieur et il n'est pas possible de sortir de l’habitacle par manque de place.
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Lun 6 Fév 2017 - 16:11
Le message reçu par Giuliana n'était pas extrêmement clair... Son supérieur à l'ambassade la sommait de se rendre à la cérémonie, mais aucune invitation n'était attachée à ce message. La cérémonie était-elle publique ? Ou y'avait-il des listes ? Ou, quoi ? Ce manque de clarté exaspérait beaucoup la jeune révolutionnaire, qui avait pour habitude d'envoyer et recevoir des messages avec toutes les informations nécessaires. Quand une opération devait être menée, il était impératif que toutes les parties aient toutes les données qu'il leur fallait. Sauf que là... Rien.

Devait-elle donc assister à la cérémonie ? Ou rester à l'extérieur ? Ou retrouver les autres ambassadeurs autre part ? Ou, quoi ? Ce fut finalement, avec une mine particulièrement irritée qu'elle enfila ses vêtements (les mêmes que d'habitude ; chemise blanche, veste gris basalt, pantalon en cuir noir, bottes noires également, et veste queue-de-pie bleue et dorée avec un foulard des mêmes couleurs) et partit, en compagnie de l'un de ses gardes, Stefano. Après quelques minutes de marche, le garde aperçut un Whorse, suggérant à l'ambassadrice de s'en servir pour aller plus vite.

L'idée fut rapidement adoptée, et moins d'une minute après, les deux personnes prirent place à bord du véhicule. Stefano fut obligé de retirer son casque, la pointe de celui-ci étant trop haute pour le volume disponible, et tout le monde se serra plus ou moins. Une fois à bord, elle lança un grand sourire amical aux deux présents, tout en les avisant du regard. Un jeune homme assez fin, à la peau pâle, qui ne devait pas avoir plus de 25 ans, et une blondinette à l'allure délicate. Giuliana se contenta de lancer, avec son accent assez caractéristique, un simple :

> Bonjour !

Et hop, le Whorse se remit en marche. Giu ne put s'empêcher de regarder par la fenêtre afin d'observer la manière dont se mouvait le véhicule, alors que les idées lui passaient par la tête. L'inconvénient de ne pas être une spécialiste était qu'elle était incapable de créer quelque chose de A à Z. Elle ne connaissait pas les calculs savants des mathématiciens, ni tous les ingrédients utilisés par les alchimistes, mais elle connaissait suffisamment tous ces domaines pour les mettre en commun... Et ce véhicule lui donnait des idées.

> Hmh... Avec un moteur utilisant des évents enflammés au gaz, on pourrait peut-être le faire bouger sans chevaux... marmonna-t-elle, à l'attention de personne en particulier.

Vint alors l'ascension... qui cessa de manière claire et nette. Hop, rideau. La plateforme était bloquée, pour des raisons inconnues... L'agitation de l'ambassadrice était visible, tout comme son exaspération d'ailleurs. Lorsque le cocher finit par leur annoncer que l'un des câbles était bloqué, elle ne put se retenir de lâcher dans sa langue natale :

> Navetta accidenti, quello che un pezzo di merda!
> Dai, non è così male, non siamo in ritardo, répondit le garde avec un air très calme.
> Forse no, ma non sappiamo ciò che siamo tenuti a fare, dove dovremmo andare, o che siamo tenuti a rispettare, répliqua l'ambassadrice en regardant un peu aux alentours.
>Ah ... Vero, finit par dire le garde avec un air perplexe, en haussant les épaules.

Après quelques secondes, elle tourna son regard vers les deux autres présents, avant de s'adresser à eux :

> Navrée de cet éclat, je sais qu'il est impoli de parler en langue étrangère en présence de personne ne la comprenant pas. J'ai un rendez-vous indéterminé dans un lieu indéterminé dans des conditions indéterminées, auquel je serai du coup en retard. Mauvais concours de circonstances, semblerait-il.
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Lun 6 Fév 2017 - 20:03
Temps humide, légère baisse de la température ambiante, pensa-t-elle en ouvrant les yeux en ce début de matinée, c'était… hum… exactement ce qui devait être. Peu incommodée par l'idée d'avoir des éclaboussures sur le bas de la robe qu'elle allait, d'ici 41 minutes et 3 secondes exactement, enfiler, elle sourit, presque amusée, au plafond de sa petite chambre à la tapisserie vieillissante. Elle se redressa d'un bon, les yeux à peine ouvert, suffisamment revigorée par les quelques heures de sommeil qu'elle s'était accordée. Aujourd'hui était une "brique", un terme qui lui était propre pour désigner un moment où un seul événement pouvait avoir une influence simultanée et immédiate sur une grande partie de la population. Et la "brique" n'était jamais seule, elle avait toujours un cortège pour lui donner d'autant plus d'aura.

53 minutes et 46 secondes plus tard, presque fidèle à ses calculs de la veille, elle ouvrit sa porte à un petit monsieur grisonnant qui sentait fort la transpiration avant même qu'il n'ai eu le temps de frapper. Elle le salua poliment et lui tendis un parapluie. Il fallait toujours se méfier d'une gouttière mal fixée qui attendait la "brique" pour se déverser sur la tête d'un pauvre messager. En échange elle reçu l'express qu'elle s'était elle même employé à se faire envoyer, après avoir lu le journal, quelques jours auparavant.

Tout était exactement en phase, de sa robe grise à son pardessus brodés de fleurs exotiques, de monsieur Moutier qui avait du mal à ranger ses cagots de pommes, à cause d'une cuite monstrueuse qui remontait à un mois déjà, à cette feuille de journal accrochée à la chaussure d'un aristocrate élégant. La "brique" n'était jamais en retard et jamais en avance, mais lorsqu'elle était là, il fallait prévoir quelques perturbations naturelles.

Le gendarme à cheval avait une moustache légèrement asymétrique qu'elle mettait clairement sur le compte d'un mauvais rhume qui l'avait fait éternué à un moment crucial. Bien qu'à peine visible, ses gestes répétitifs étaient on ne pouvait plus éloquents. Si bien qu'avant de monter dans la voiture, elle lui déclara sans préambule qu'il y avait cette écharpe dans une boutique du quartier commerçant qui pourrait lui plaire dès le premier regard et qui n'aurait aucun effet négatif sur l'humeur de sa femme.

En cas de non "brique", l'heure de pointe se situait plus tôt, ou plus tard, selon les jours de la semaine, avec une affluence approximative de -5 à -20%, de +10 à +50%, selon les saisons. Elle avisa rapidement qui était ses camarades du jours afin de trouver la place, difficilement, qui lui éviterait le parfum abondant et bon marché des cocottes et l'odeur âcre des fumeurs de pipes. Elle se devait d'être en forme et éviter au possible toute effluve qui aurait engendré une migraine, et bien d'autres détails malvenus à sa suite, dont un oeil au beurre noir pour l'apprenti pâtissier de Madame Pervenche.

Et sur cette idée judicieuse dont elle faisait presque l'éloge à l'univers entier, elle répondit à sa nouvelle voisine avec enthousiasme, puisqu'elles allaient partager les longues minutes de transport qui s'annonceraient sous peu. Après tout, il allait des Whroses comme des gouttières, si on ne notait pas d'incidents trop proches, c'était indubitablement le signe que ce qui devait être une course rapide allait se transformer en épopée, par temps de "brique".

Si le contre temps n'inquiéta pas Myrcéa, il n'en était pas de même de l'étrangère qui ne laissa pas prier pour annoncer son mécontentement. Non, Myrcéa ne comprenait qu'un vague mots dans le flot des paroles mais il cela semblait limpide. L'impolitesse fût vite lavée, pas vraiment qu'elle s'en offusqua plus que cela, mais enfin, cette dame semblait tenir à ses manières, tout en délaissant aisément lorsqu'un faux imprévu se présentait, comme une personne dite "pile ou face" dans son jargon personnel. Affaire à suivre, les "pile ou face" étaient toujours les investigateurs de bien des retournements.

- Si tout est aussi indéterminé que vous le dites, nul besoin de s'alarmer, c'est que le temps lui aussi est indéterminé. Sinon, on aurait déterminé, et cette circonstance ne se serait jamais produite. Cela n'a rien d'étonnant, c'est un jour particulier voyez-vous, trop d'agitations qui sortent de l'ordinaire aboutissent à une recrudescence de petits incidents et petits contre-temps, expliqua Myrcéa, parfaitement détendue malgré la situation.
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Ven 10 Fév 2017 - 20:50
Une foule sombre, aux visages sombres, sous un ciel sombre pleuraient. Ils pleuraient le mort, ils pleuraient, dans un immense élan de solidarité et d'empathie, pour leur impératrice esseulée. La ville, nimbée d'une pieuse douleur, avait assourdi le tumulte des voix, changées en murmures sous le voile du deuil. Dans cet empire triste, sous de tristes nuages marchait Onésime. Le coeur serré, oppressé par cet étau d'affliction, il sentait à la manière d'un animal tout ce que cette disparition représentait: la fugacité de la vie, l'éphémère de l'instant, la fragilité de l'existence... Il sentait, finalement, qu'un beau jour viendrait son tour.

Un déménagement était le bienvenu: le mouvement lui permettrait d'oublier ce sentiment morbide émanant des ruelles de la cité. Percevant le sang venant animer ses membres, il se trouverait rassuré en éprouvant les sensations de sa propre vitalité. S'attelant à sa toilette, il goûta avec joie à la fraîcheur de l'eau le tirant de sa torpeur. Il ressentit la caresse du coton de sa chemise et la chaleur confortable de son habit noir, puis la fraîcheur humide de l'air; il se surprit presque à sourire, prêtant l'oreille au son des pas dont l'écho bondissant sur les pavés était répercuté par les façades des maisons. Muni de son bagage, Onésime orienta ses pensées vers le destin qui l'attendait: qui était son tuteur? Quel genre de personnage se révélerait-il? Serait-il également le complice d'espions raclusiens? Aimerait-il ce nouveau quotidien, cette nouvelle maison, ces connaissances à venir...?

Les minutes allouées à sa songerie avaient mené les pas du jeune homme vers le Whorse sans qu'il prêta une intense attention au paysage; il s'y engouffra, partageant l'habitacle avec deux jeunes ladies et un garde qu'il salua avant de replonger dans ses hypothétiques prémonitions. Leur mutisme à tous trois se trouva secoué en même temps que leur véhicule. La parole se trouva libérée par la grâce d'un rouage bloqué.

Onésime sursauta, entendant la dame brune rouspéter dans une langue étrangère, étrangère sans être parfaitement inconnue. Où avait-il entendu ce dialecte...? Que disait-elle dans cet accent chantant qu'il craignait appartenir à l'une des cités de la ligue raclusienne? Rien qui perturbât la frêle et pâle reine des neiges, au son de sa répartie.

-"A supposer que tout ceci ne soit pas une vaste blague orchestrée par les dieux: persuadés de notre libre-arbitre, nous pensons fuir notre destin dans le même temps que nous l'accomplissons. Qui saurait nous dire si nous sommes jouets des aléas de l'existence, ou sujets de la volonté divine?"

Un instant, le pupille songea qu'il était dans une situation absurde, à une date tragique, lancé dans une discussion surréaliste avec trois étrangers... et sa remarque ne lui apparut plus si sotte que cela.
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Ven 10 Fév 2017 - 21:44
Était-elle tombée dans une AUTRE réunion de philosophes ? Oh, elle, ça ne la gênait pas, ces "grandes phrases" sur l'indétermination du temps, la destinée divine et toutes ces choses-là. Moi, je suis plutôt amateurs de nouvelles avec de l'action - j'ai des goûts simples. Mais bon : je ne choisis pas ce que je narre, au fond. Donc... Je vais narrer la suite des événements...

La demoiselle aux cheveux blonds répondit la première, affirmant que l'agitation inhabituelle ne pouvait que créer des résultats inattendus de ce genre. Quant à lui, l'insolite jeune homme posa la question du destin : au fond, ne pourrait-ce pas être une volonté divine, et non le résultat de l'agitation ambiante ? De son côté, Giuliana appréciait les deux explications, en grande partie parce qu'il était strictement impossible de prouver l'une des deux. Ainsi, on était dans des concepts philosophiques qu'elle appréciait énormément... Elle aurait pu aimer, oh, je ne sais pas. Les fleurs, les vêtements riches, les bijoux, ou même les armes à feu, que sais-je ? Mais non, elle aimait la philosophie. Bon, et un peu aussi les armes à feu mais c'était une autre histoire.

Elle afficha donc un large sourire ravi, avant de pondérer rapidement la situation et de finalement répondre :

> Un de mes collègues Vicenziens a une théorie très poussée, à ce sujet. Selon lui, plus l'on introduit d'éléments différents dans un ensemble, plus les résultats sont imprévisibles. Un autre, lui, ne croit pas au hasard et pense au contraire que chaque personne agit selon la volonté divine... Mais pas de manière directe. D'après lui, les Dieux ont mieux à faire que de s'occuper de la petite vie personnelle de chaque habitant de chaque île, ils lancent donc de grands mouvements globaux qui déterminent notre destinée - immuable.

Giu haussa alors les épaules, concluant simplement :

> Dans les deux cas je n'ai qu'une influence limitée sur le résultat, la question ne me préoccupe donc pas plus que cela.

En attendant, le temps tournait. Non parce qu'elle aurait pu continuer avec ces histoires pendant longtemps, hein : et les théories de machin, et la grande idée de bidule, et l'ouvrage fantastique de tel philosophe moral d'il y a 2.000 ans, ... Mais dans l'intervalle, la cérémonie se rapprochait, ce qui l'inquiétait quelque peu : arriver en retard dans un moment aussi solennel ? Ce serait d'extrêmement mauvais goût, un faux-pas majeur qui risquerait de lui causer de menus problèmes. Mais : le fait était qu'elle ne pouvait pas faire grand chose (à part escalader les câbles - pas une idée de génie). Elle décida donc de prendre les choses calmement, demandant avec son accent du sud :

> Où vous rendiez-vous, au juste ? Si ce n'est pas indiscret, cela va de soi.

Le garde fit une petite grimace, indiquant de façon plus ou moins discrète qu'il trouvait ça plutôt indiscret. Et je dois l'admettre, je suis plutôt d'accord avec lui. Quoi, elle va leur demander leur adresse et leur plat favori, ensuite ? Bon, certes, vu qu'ils étaient coincés là, autant papoter un peu... Mais elle aurait pu trouver quelque chose d'un peu moins envahissant. Puis ça pouvait être gênant, comme question, tiens. Et si la demoiselle blonde allait chez un médecin pour se faire enlever des pustules à des endroits douteux ? Et si le petit jeune allait dans une maison close ? Eh ? Bon, soit, il n'y avait pas de maisons closes à cet étage-là de la ville... Mais c'est juste pour dire.
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Sam 11 Fév 2017 - 13:41
Myrcéa ne s'était jamais lancée dans des débats philosophies, bien que son défunt tuteur fut assez friand de ce genre de questionnements, il se lassait vite de lui lancer des perches qu'elle déclinait poliment. Elle n'était pas connu pour briller en société pour ses discours, se contentant le plus souvent d'une maigre contribution lorsqu'elle y était fatalement obligé. Il était bien plus facile de se laisser aller à dévoiler un soupçon de ses raisonnements avec des étrangers, qui la prenaient au mieux comme une créature passablement farfelue et au pire comme une malade mentale, ce que du reste elle ne niait pas non plus.

La jeune femme ne se posait pas de question sur son existence car elle avait déjà analysé depuis trop longtemps ce qu'il en était. Elle ne donnait ni but, ni destiné, ni idée fumeuse, elle s'expliquait juste l'enchainement des évènements qui avaient abouti jusqu'à cet instant précis. Et croyez le ou non, elle n'avait jamais remarqué l'ombre d'un libre arbitre. Quand à la porté divine de ce grand assemblage… elle avait toujours été septique. L'inutilité même d'une existence ne lui causait aucun chagrin, ce n'était pas une fin en soi, et elle n'avait nul besoin de se rassurer avec des conceptions théologiques. Des dieux, il y en avaient bel et bien, dans la mesure où une pensés pouvaient les concevoir et leur donner une influence non négligeable dont il était ridicule de minimiser l'impact.

L'inébranlable, voilà comment Alcon de Merogue l'avait jadis qualifiée, et force était de constater qu'effectivement, il n'avait pas vraiment tord. Dans cette bouche cependant elle avait toujours deviné tout autant d'admiration que de frustration, une pointe de terreur à l'idée qu'un jour il ne risquait de rester d'elle qu'un amalgame de rouages dépossédés de toute émotion. Un retard inévitable avait son importance, mais certainement pas sur son humeur, ce qui était dommage parfois, Myrcéa pouvait en convenir. Ce fut donc en inébranlable que la demoiselle détourna le regard vers son voisin qui venait d'entrer dans la conversation.

- Farce divine ou non, je pencherais définitivement pour l'entretien inégal du rail au cours du dernier mois, par un employé qui vient de devenir à la fois père et veuf, et que la circulation trop élevé d'aujourd'hui a fini d'user jusqu'à la panne, nette et précise. Le journal, le journal, il suffit de lire le journal, ajouta-t-elle après une pause, comme si ce simple mot pouvait expliquer son affirmation.

En soi, c'était plutôt de cet ordre. Son hypothèse ne tenait pas seulement compte d'une rubrique nécrologique certes, mais elle avait déniché l'information principale entre quelques lignes survolés du regard sur le bureau du secrétaire de Madame de Guisant, qui avait abusé des chocolats, piqué un sieste et oublié son rendez-vous de 16h30. Tout le monde savait que son époux était volage, mais il aurait été meilleur pour sa ligne de prendre un amant plutôt qu'une boite de sucrerie quotidienne pour feindre d'ignorer l'évidence. Myrcéa prédisait même que sous peu, elle ferait l'acquisition d'un chien, de préférence blanc et pas trop gros, puisque la ménopause la guettait. Au milieu de la discussion, elle nota mentalement que dès la semaine prochaine, il lui faudrait trouver la plus grosse bête poilue de la cité afin d'en faire cadeau à la collectionneuse. Beaucoup de choses aller changer d'ici 6 mois, si ses calculs étaient exacts, et qu'on optait pour un énorme molosse plutôt qu'un petit jappeur de boudoir. Ce qui éviterait ainsi à cette femme une sacrée crise de foie et beaucoup de chagrin.

Si le fil de ses pensés continuait d'aller bon train, Myrcéa n'en n'oubliait pas ses interlocuteurs présents pour autant. Peu de choses en vérité réussissaient à capter et à mettre en sourdine les bourdonnements intérieurs de cet ordre. Mais enfin, chaque théorie méritait d'être attentivement écouté, et elle tendis d'autant plus l'oreille aux propos de la brune. Quelque part, elle était plutôt d'accord, pas forcément sur l'imprévisible, mais sur la multiplication des effets dans un environnement saturé. Elle acquiesça d'ailleurs tout en émettant quelques réserves.

- Si nous n'y pouvons rien, pourquoi s'encombrer en effet.

Myrcéa n'y couperait pas, elle ne cherchait même pas à l'éviter, les funérailles approchaient, tel un point fixe dans un monde en chamboulements constants. Et elle aussi se devait d'y faire une apparition pour représenter Elyas, indifféremment des autres jours de son existence. Si on ne pouvait pas dire qu'elle connaissait personnellement l'impératrice, elle se penchait bien trop souvent sur ses automates pour ignorer un moment aussi important. Elyas avait pris naturellement la place de son ancien tuteur à ce titre là également. Bien que cela n'eut jamais été mentionné dans son contrat, Alcon, et Elyas depuis, avaient reçu de l'impératrice elle-même la tâche honorifique de réparer ses automates.

Pour la jeune femme, l'heure n'était pas l'inquiétude, elle allait faire semblant de régler le soit-disant "souci" et en profiter pour prendre par part à la délégation STEAM. La mise en oeuvre des ses plans était souvent tarabiscoté, mener deux vies de concert s'avérait être un travail  tout aussi minutieux que de faire sortir un nouveau prototype de l'atelier. Myrcéa ne lésinait jamais sur les détails, il garantissait son anonymat autant que sa tranquillité.

- Chez STEAM, une réquisition capitale de mon supérieur. J'avais pourtant prévue de me rendre plus posément aux funérailles. Comme nous le voyons présentement, cette journée sera pleine d'imprévus. Je serais en peine de vous rendre la question, puisque tout semble tellement indéterminé dans votre cas. Alors, dites moi plutôt, avec qui ai-je le plaisir de partager cette perte de temps ?

Elle s'adressait aussi bien à l'étrangère, qu'à son accompagnateur, mais également au jeune homme.
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Sam 11 Fév 2017 - 20:03
Longtemps Euphrosine, entraînant son jeune esclave sur les chemins de la philosophie, s'était plu à débattre avec lui; Onésime éprouvait donc quelque affection pour une discipline où son ancienne maîtresse trouvait coutume d'exciter son esprit logique, accordant à un moins que rien la possibilité d'aiguiser sa raison. A son grand désarroi, ses voisines semblaient visiblement pressées d'expédier la question...

"Qui dit que les dieux travaillent de concert? Peut-être que les éléments perturbateurs de votre collègue sont l'oeuvre d'autres divinités? Nous pourrions même supposer que ces divinités travaillent elles-même à un destin plus grand dont elles n'ont pas conscience et que ce destin, telle une tapisserie inachevée, retravaillée, se modifie en fonction du hasard afin que l'ensemble soit finalement homogène..."

Onésime jeta un regard à la jeune femme blonde, manifestement plus terre-à-terre. Il aurait bien rétorqué que le veuvage et la paternité de l'employé pouvait être aussi bien le fruit du sort que la résultante d'un monde soumis aux lois du chaos; à la façon dont elle jeta cette simple sentence: "le journal, il suffit de lire le journal." le jeune Malterre haussa un sourcil et se demanda si elle ne les prenait pas pour de complets imbéciles ou d'extravagants illuminés encore coincés dans leur grotte platonicienne.

Un sourire railleur déforma un instant sa lèvre et il répondit:
"Je ne doute pas, Miss Holmes, que l'on trouve toutes sortes d'informations dans un journal; permettez-moi néanmoins de nuancer votre propos: qui les écrit et pourquoi? Autrement dit: quelle est la part de renseignement objectif, quelle est la part d'opinion personnelle du chroniqueur?"

Onésime se méfiait des journaux, bien conscients qu'ils reflétaient la face émergée d'un iceberg dont l'immensité reposait dans le secret des eaux. Combien d'affaires, étouffées par la main des puissants, étaient à présent englouties par un passé aussi obscur qu'impénétrable? Celle-là même qui agitait le royaume entier, la mort du prince consort, ne leur était à tous que partiellement révélée. Mener un peuple ignorant à la baguette est plus aisé, il faut le dire, qu'obtenir l'adhésion d'une foule à un idéal commun...

"STEAM?! Je vous envierai presque: les automates sont pour moi, sans contestation possible, l'une des inventions les plus prometteuses de notre ère. " s'exclama-t-il en direction de celle qu'il supposait mécanicienne pour la prestigieuse entreprise. Son bonheur eût-il pu être plus complet, plus grand, s'il avait travaillé sur ces machines qu'il affectionnait et auxquelles il destinait la libération d'un peuple d'esclaves? Ne sachant que répondre à cela, il préféra se concentrer sur des questions plus ordinaires.

"Mon trajet est bien moins glorieux: je suis en route pour découvrir mon nouveau tuteur. S'il y a indiscrétion de votre part, Madame, consolez-vous en songeant que la chance sourit aux audacieux."repartit-il à l'adresse de la demoiselle brune.

"J'espère que le plaisir compensera la perte de temps, Madame." s'amusa-t-il à la demande de la reine des neiges.
"Permettez-moi de me présenter: Onésime de Malterre, humble pupille pour vous servir." s'amusa-t-il
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Lun 13 Fév 2017 - 17:54
Le jeune homme répondit alors en posant une question tout à fait pertinente sur les desseins des dieux. La blondinette, quant à elle, offrit une réponse très construite, qui sembla parfaitement logique à l’ambassadrice… qui aimait beaucoup la manière de raisonner de sa compagnonne de voyage. C’était pragmatique, ça tenait compte des éléments extérieurs, c’était tout à fait cohérent. Le jeune homme, par contre, semblait nettement moins convaincu que Giuliana. Selon lui, la subjectivité des chroniqueurs devait jouer. Si l’ambassadrice était d’accord avec lui sur le fond, elle l’était moins sur le sujet. Certes, les journalistes ne peuvent être objectifs à 100%, mais quel rapport avec la rubrique funéraire ? Elle ne fait, en général, que décrire des faits difficiles à déformer : quelqu’un est mort.

La demoiselle blonde répondit ensuite à la question de Giu : elle se rendait chez STEAM, ce qui attira l’intérêt de notre ambassadrice favorite (bon ce n’est peut-être pas votre favorite mais c’est la mienne, donc zut). En fait, si son existence avait été différente – donc pas de révolution, d’emprisonnement, de luttes, … – elle aurait sûrement terminé d’étudier la science auprès des savants Vicenziens pour ensuite aller à Ambrosia et tenter de travailler avec la STEAM. La compagnie iconique comptait certains des ingénieurs, inventeurs et penseurs modernes les plus géniaux de tout l’empire, et travailler à leurs côtés aurait été un véritable délice, pour la jeune Giuliana, obsédée de sciences et de machines complexes. La Giu actuelle avait, évidemment, d’autres préoccupations. La philosophie naturelle et l’envol de l’humanité dans l’espace restaient un de ses plus grands intérêts, mais la politique avait pris sa place dans sa vie, ses écrits, et ses occupations. La preuve : elle était ambassadrice et non inventeuse.

Le fait était qu’elle aussi aurait du mal à se rendre aux funérailles en temps et en heure. Au moins, Giu ne serait pas la seule ! Bon, après… Si une ambassadrice arrivait à la bourre, ça la foutrait assez mal, j’aime autant vous le dire. Tandis que si une employée de STEAM arrivait en retard… ça passerait sûrement inaperçu. Enfin, la jeune employée de STEAM demanda alors à qui elle avait affaire. Le philosophe divin répondit le premier, montrant son intérêt pour les machines artificielles de la STEAM et finissant par se présenter : Onésime de Malterre, « humble pupille » qui se rendait chez son nouveau tuteur. Giu hocha la tête avec une mine pensive. Elle avait oublié cette histoire de pupille. Enfin, pas « oublié » oublié, hein, elle savait bien que c’était une des fondations de l’empire. Elle n’y songeait juste pas, vu qu’elle n’avait pas rencontré beaucoup de pupilles et ne l’avait elle-même pas été (sa famille n’était pas assez influente pour attirer l’intérêt).

- La chance sourit aux audacieux, cela dépend de l’interlocuteur je dirais, répondit-elle avec un ton un peu sarcastique, repensant à sa rencontre, quelques jours auparavant, au club des philosophes impériaux. Mais elle n’avait pas répondu à la question qu’elle avait elle-même posée, elle inclina donc légèrement la tête avant de reprendre : Giuliana di Brescia, humble ambassadrice Raclusienne. Quant au fait de vous servir, cela dépendra de ce dont vous avez besoin je dirais, ajouta-t-elle avec un air amusé.
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Mar 14 Fév 2017 - 18:36
Des maitres, Myrcéa en avait eu une pléiade, mais aucun qui ne fut un grand féru de philosophie. Tout débat aurait était vain et se serait soldé par une claque bien sentie à la moindre suggestion qui différait des standards. Alors, longtemps, la petite fille puis l'adolescente qu'elle avait été c'était contentée d'écouter et de ranger ses idées dans un coin de sa tête, fermé à double tour. Même ainsi, elle n'avait pu échapper aux punitions pour le désintérêt plus ou moins global que la majorité de ses cours lui inspirait. Elle avait toujours pris ce qui lui paraissait important et ce n'était généralement pas ce qui passionnait ses vieux précepteurs.

Peut-être avait elle un esprit fermé à certaines théories, elle en était même convaincu, mais après tout, ce n'était que la résultante de bien des années de maitrise de ses émotions. Terre à terre, pragmatique, oui, en un sens, on pouvait la qualifier ainsi. Si une divinités l'avaient effectivement poussé jusque ici, elles devaient s'admettre satisfaites que la jeune fille trouve aux déconvenues du quotidien bien d'autres explications. Notamment le fait que le collègue en question était une pure invention et qu'elle tirait les ficelles. Mais enfin, si la pointe de raillerie ne lui échappa point, elle n'était rien de plus qu'une goute d'eau dans l'océan des propos plus ou moins délicats qui avaient pu circuler à son sujet. Ce d'autant plus qu'elle trouva la suite plutôt en accord avec ses raisonnements ordinaires.

- Mais vous avez totalement raison, acquiesça t-elle, ravi qu'on apporte un peu plus de profondeur à son intervention. Il faut faire la part entre les faits et les interprétations de la personne qui se cache derrière. De cette interprétation même, il est possible de tirer des conclusions. Miss Holmes, s'amusa-t-elle finalement, non, je serais une enquêtrice bien trop lente et broussailleuse pour être pertinente.

Enfin, ce jour la, elle n'avait eu le temps que de parcourir rapidement quelques lignes. Aucune de ses observations n'avaient de but à proprement parlé sur le moment, si ce n'était de l'occuper. Naturellement elle finissait tôt ou tard par connecter les éléments, sans qu'elle ne prenne pourtant le soin de se pencher réellement dessus. D'autres se rongeaient les ongles, et bien chez elle, inconsciemment, cette manie était de l'ordre d'une connexion hétéroclite d'éléments pour arriver à une histoire cohérente. Ce qui pouvait parfois devenir fatiguant, comme une insomnie répété qu'il faudrait soigner à grand coup de mixtures médicinales.  

Ah oui, STEAM… Cela déclencha une réaction inattendu chez le philosophe qui ne s'éternisa pas, fort heureusement. Peut-être que certain allait être déçu, mais Myrcéa n'avait jamais eu de passion dévorante ou même d'admiration pour les machines d'aucune sorte durant sa jeunesse. Avait-elle eu une passion dans sa vie d'ailleurs ? En tout cas rien d'assez marquant pour lui revenir à l'esprit. Sans son tutorat elle n'aurait certainement jamais repris le flambeau de son défunt maitre. Aujourd'hui, oui, elle l'admettait, son travail était capital et elle s'y consacrait corps et âme. On pouvait même affirmer qu'il faisait office de médicament, qu'elle s'administrait elle même en travaillant jusqu'à en oublier de boire ou de manger. Du calme et beaucoup de concentration, toutes perturbations dans ce fragile équilibre la conduirait assurément à un grand épuisement. Heureusement Elyas était la pour ça, pour préserver sa bulle, grâce à l’appui d'une figure puissante.

- Vous commencez le tutorat, c'est formidable, sourit-elle. Si l'on vous a choisi le bon tuteur, ce devrait être une expérience qui vous changera.

Dans le cas de Myrcéa, l'alliance des deux caractères avaient eu un effet visible sur les deux parties. Hélas, Alcon de Merogue était parti bien trop tôt malgré son jeune âge, dans un bien tragique accident. Cet événement avait encore son impact à l'heure actuelle. Sans ce génie bougonnant à la langue bien pendu, elle n'avait plus personne à qui se livrer entièrement. Elle n'ignorait pas que leur relation était un cas un peu à part, trop fusionnelle pour être classée dans la norme.

La chance elle n'y croyait pas vraiment, pour ne pas dire absolument pas, mais il y avait plus de probabilité cela fonctionne. On pouvait appeler ça de la chance… soyons fous !

Ainsi donc était-elle entourée d'un nouveau pupille et d'une Ambassadrice. La réponse de Giuliana la rassura sur sa première conclusion, c'était définitivement une "pile ou face". Elle ne peinerait pas à se souvenir d'un nom exotique. C'était donc ça, cette langue et cette agitation à l'idée d'être en retard. Même si elle n'était aux yeux du monde qu'une simple employée, elle ne pouvait pas rater la cérémonie, ne serait-ce que pas respect pour celle avec qui elle partageait quelques rares mais agréables moments, ainsi que son plus grand secret. Dans la foule, elle passerait inaperçu mais faire acte de présence avait son importance. Mais elle s'oubliait, la politesse voulait donc qu'elle se présente à son tour.

- Myrcéa d'Albret. Et comme vous le savez déjà, employée chez STEAM, comme simple assistante personnelle.

Il n'était pas important de préciser pour qui, sous risque de s'exposer à des connaisseurs. C'était déjà arrivé plusieurs fois, elle ne souhaitait pas être écrasée sous une avalanche de questions sur l'identité de l'ingénieur le plus mystérieux, mais pas forcément le plus méconnue, de l'entreprise.
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Dim 19 Fév 2017 - 11:23
"Madame Di Brescia?! L'auteure des essais philosophiques?! C'est un honneur de vous rencontrer! J'ai eu l'occasion de m'intéresser à vos écrits lors de ma première année de pupille au sein de la ligue raclusienne... Très beau pays d'ailleurs."

Il jouait le touriste en goguette, le bon pupille alors que la ligue raclusienne serait, pour lui, à jamais altérée dans sa beauté majestueuse par ses années de servitude. Il ressentait une forme de nostalgie pour son pays natal, ainsi que le sentiment confus d'être tenu en échec dans sa tâche d'abolition de l'esclavage faute d'avancée significative dans ses recherches sur les automates. S'il ne pouvait se permettre de dévoiler le fond de ses pensées en matière politique, il avait par ce coup du sort la chance en or de nouer, peut-être, des liens d'amitié tant avec une ambassadrice dont il appréciait les vues, qu'avec une employée de la STEAM.

"Une expérience qui me changera? Vous avez certainement raison Mme d'Albret... Malheureusement, pour le moment, l'expérience ne fut pas des plus heureuses. J'espère que mon prochain tuteur comblera davantage mes attentes."

Rattrapé par un passé peu glorieux, il avait été forcé de collaborer avec des espions raclusiens: l'angoisse que cela avait générée chez lui avait certainement altéré l'efficacité de son plan et amoindri sa capacité de réflexion, comme le papillon agitant frénétiquement ses ailes se débat en vain au beau milieu de la toile de l'araignée prédatrice.

"J'imagine _arrêtez-moi si je me trompe_ que vous avez vous-même été pupille. Est-ce votre tuteur qui vous a donné l'envie de travailler chez STEAM, ou étiez-vous déjà intéressée par les automates auparavant?"

Si le jeune homme bouillonnait de curiosité vis-à-vis de ces machines, autant dire qu'il était fort peu préoccupé par les funérailles qui semblaient générer bien des soucis chez ses compagnes de voyage. Non pas qu'il éprouvât quelque réjouissance que ce fut au trépas d'Elrich; disons plutôt que la mort finissait par remettre tout le monde sur un pied d'égalité, tout en rappelant aux vivants de profiter de leur brève et précieuse existence.

Une question lui vint alors, une de ces interrogations qui vous semble lumineuse comme l'éclair, quoiqu'il ne fut pas celui d'un génie:
"Serait-il possible, selon vous, de rattacher une âme à un automate? Nous pourrions peut-être rapatrier le défunt sire dans notre monde dans une nouvelle enveloppe de métal alors..."

Il regretta presque ces paroles après coup: l'une de ses interlocutrices pouvait fort bien vénérer une divinité mortuaire, et sa proposition pouvait paraître un rien blasphématoire. Trop tard, les dés étaient jetés, et la réaction de ces dames ne tarderait pas à se faire attendre.
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