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Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme

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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Mer 22 Fév 2017 - 16:57
Le tutorat… Ah, voilà un sujet que les deux voyageurs semblaient connaître mais qui était assez étranger à Giuliana. Enfin… En théorie, elle connaissait hein, elle ne sortait pas non plus d’une caverne. L’ambassadrice connaissait bien ce principe, qui est presque un principe fondateur en fait, de l’empire Ambrosien. Néanmoins, elle ne l’avait pas vécu à proprement parler et n’avait pas vraiment fréquenté de pupilles. La plupart de ses comparses révolutionnaires venaient du peuple. Quant à Giu, sa famille n’avait pas été jugée assez importante pour qu’elle soit mise sous tutelle. Par conséquent, elle n’avait qu’une connaissance théorique de ce système. Ses bienfaits supposés, les rumeurs concernant ses défauts, …

Le fait était que le jeune de Malterre semblait avoir vu (de près) certains de ces défauts, peut-être serait-il intéressant pour la Vicenzienne de discuter avec lui afin d’en savoir plus. L’expérience ne semblait, pour lui, pas avoir été une grande réussite. Autant dire que cela suscitait la curiosité de Giuliana. Son sens presque obsessionnel de la justice se réveillait, dans ce genre de situations. Avait-il été maltraité ? Physiquement ? Manipulé mentalement ? Pire ? Le coupable avait-il été puni comme l’ordonnait la loi, ou s’en était-il sorti avec juste un « oups » et rien d’autre ? Cela s’était-il produit dans la ligue Raclusienne ? Ou autre part ? En gros, elle s’était lancée dans une farandole de questions auxquelles elle n’aurait sûrement jamais de réponse.

Le fait était qu’il avait, visiblement, visité la ligue Raclusienne. Et lu ses écrits, ce qui était une surprise : elle ne pensait pas qu’un jeune pupille ait pu s’y intéresser. Du coup… Ces expériences malheureuses avaient-elles eu lieu au sein de la ligue ? Probablement une question impolie. Mieux valait la garder pour le moment. Giu se contenta de hausser simplement les épaules avec un petit sourire, répondant :

> Je suis ravie que vous sembliez avoir une telle considération pour ce texte. Je dois avouer qu’avec l’expérience, j’aurais sûrement écrit quelque chose de fort différent, ceci dit.

Certains des points de vue de l’ambassadrice étaient devenus bien plus modérés avec l’âge, alors que d’autres s’étaient considérablement radicalisés. Les opinions changeaient avec les années… Par exemple, moi, je pensais que les crevettes étaient immondes, il y a encore quelques années. Mais maintenant, je pourrais m’en faire un plein-ventre sans aucun problème, sur le marché aux poissons de… Enfin je m’égare, on s’en fiche de mes goûts culinaires. Nous nous intéressions à Giuliana !

En fait, elle était… perturbée. Enfin pas vraiment mais vous voyez, quand vous avez un mot sur le bout de la langue mais que vous n’arrivez pas à le trouver ? Ou que vous allez dans une pièce pour faire quelque chose et que vous oubliez de quoi il s’agissait ? Cette sensation que vous SAVEZ TRÈS BIEN, sans pour autant réussir à mettre la main dessus ? Hé bien, la pauvre Giu avait cette sensation depuis quelques instants. Un petit détail stimulait une partie de son cerveau mais elle ne parvenait pas à récupérer l’information… Ce ne fut qu’après qu’Onésime ne demande à Myrcéa si son ambition venait de son tuteur que Giu retrouva finalement cette info.

> Myrcéa ! D’Albret ! Je savais bien que ce nom m’était connu ! Vous êtes la porte-parole d’Elyas, n’est-ce-pas ?

L’amatrice exaltée de véhicules volants et d’automates précisa, à l’attention d’Onésime, répondant ainsi à sa dernière question :

> Si quelqu’un pouvait mettre une âme dans un automate, ce serait sûrement lui ! Cela étant dit, à mon sens, ce serait sauter des étapes. La première chose à faire serait de parvenir à relier une pièce d’automate à un être humain et parvenir à la faire fonctionner. En remplaçant, je ne sais pas, un membre perdu par exemple, ou un sens comme la vue ou l’ouïe. Faire communiquer la chair et le métal.
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Mar 28 Fév 2017 - 20:46
Voila donc qu'elle découvrait au travers des paroles du pupille que l'ambassadrice avait joué de la plume. Myrcéa nota consciencieusement qu'il serait peut être instructif d'y jeter un oeil entre deux tasses de thé. Une pile d'ouvrages attendait déjà, bien qu'elle n'en eut commencé aucun et fini aucun. C'était pratiquement un toc que d'ouvrir au milieu et de survoler les lignes dans un sens, puis finalement dans un autre. Plus personne n'était là pour lui faire la morale, prétextant qu'en s'y prennant ainsi elle perdait tout le raisonnement. Même si elle comprenait le bon fondement de la démarche, il était pratiquement vain de vouloir faire évoluer cette habitude. Au final, lorsque on avait les éléments, si c'était juste, cela sautait aux yeux.

- Si l'expérience se produit deux fois, c'est que le système est peut-être précaire.

Elle ne lui souhaitait bien entendu aucunement que cette seconde expérience soit aussi déplorable que la première. Elle en doutait, ou alors les probabilités étaient altérés par une cause extérieure. Le ministère devaient avoir trop de demandes, et quelques petits farceurs qui rangeaient les dossiers dans la mauvaise pile. Si ce n'était, bien entendu, pas juste le signe que le système était à revoir. Comme on le disait, l'erreur était humaine. Un cafard dans la pièce et on se retrouvait en prison pour une malheureuse erreur d'orthographe, cela s'était déjà vu. Néanmoins, avant d'imaginer les pires scénarios, il était préférable d'exclure les petits impairs.

- Aucune erreur possible. Envie, je ne dirais pas cela, mais plutôt l'impératif, le besoin. Mais non, je n'étais pas passionnée par cela. Effectivement, je peux affirmer que dans mon cas, il a déterminé la place à laquelle je me trouve.

Alcon l'avait éduqué, il lui avait fait confiance, en ronchonnant cependant lorsqu'elle posait ses outils n'importe où, selon lui. Toujours était-il qu'ils étaient dans sa main bien avant qu'il n'ait eu le temps de penser qu'il en avait besoin. Son apprentissage après de cet homme avait été aussi déterminant que sa disparition brutale. Myrcéa ne s'était jamais prononcée sur ses désirs d'avenir, elle n'en avait jamais eu. Pourtant, si elle refaisait le chemin inverse, pour reprendre là où la mort avait frappé, certaines choses changeaient, d'autres non. Par exemple, elle ne se serait point trouvée dans les transports à ce moment précis. A lieu de cela, elle serait restée auprès du feu à recoudre la doublure du par dessus préféré d'Alcon, son épou depuis 11 mois, une semaine et 3 jours, environ.  

- Alors, vous ne comptez plus écrire ? Ou reprendre, cela se fait. Mettre à jour, faire le ménage dans les idées.

Elle accompagna cela d'un geste de la main un peu théâtral pour donner plus de corps à l'idée d'ensemble. Le point zéro était bien, le point zéro plus 10 permettait de voir plus clair dans la structure. Mais enfin, ce n'était pas comme si on lui avait laissé vraiment le temps de s'expliquer sur les bienfaits de tracer des droites sur un graphique. Elle avait sciemment oublié de le dire mais ce n'était pas suffisant. Si la renommé d'Elyas se faisait trop envahissante, il faudrait qu'elle change de maitre. Pour la STEAM, elle n'y pouvait pas grand chose en revanche.

- Oui, c'est exact, répondit-elle avec un fond de gêne. Ce sont autant de théories et d'idées qu'il serait très intéressantes de voir naitre dans un avenir proche. Elyas s'y emploie, il aime expérimenter. Je ne fais que tenir son tournevis et passer ses commandes, cela dit. Je ne sais pas vraiment ce qui le passionne vraiment, quels seront ses projets, mais je suppose que oui, l'alliance de l'humain et du métal est vraiment un but qu'il cherche à atteindre de ce que j'ai pu en voir.

Après la mort l'Alcon, c'était certainement l'une des premières choses à laquelle elle avait pensé. A défaut d'implanter une âme, elle espérait bien arriver à en créer une. Certains prototypes n'avaient jamais franchis la porte de l'atelier. Ils avaient cette allure, trop proche pour être anodine, trop lointaine pour être agréable. Derrière ses yeux de verres finiraient-il par jaillir un peu de cette essence ? Certains prétendaient que c'était déjà le cas. Fascinant et dérangeant. Ce n'était qu'un fantasme à cette heure. Ce n'était pas vraiment un projet dont elle pouvait parler. Cela aussi demeurait un secret. Entre temps, elle s'occupait avec des prototypes moins ambitieux qui faisaient avancer doucement les recherches. Pouvait-on arracher une âme et la raccrocher à un amas de rouages pour son bon plaisir ou par curiosité ?

- Mais une âme…, une sorte de vide avait envahi ses yeux, sa propre voix résonnait dans le lointain comme un murmure porté par le vent. Je pense que le monde n'est pas prêt à voir cela sans s'offusquer, sans en avoir peur.
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Jeu 2 Mar 2017 - 21:42
"D'un parfum capiteux griser ses sens, savourer un vin chantant pour notre langue, s'éblouir du soleil qui se lève, gémir sous la douleur d'une blessure sont autant de privilèges d'une existence faîte de sensations. Que serait une âme raccordée à une machine de métal à la froide logique, incapable de ressentir la souffrance que provoque le poignard ou la joie que peut procurer une agréable soirée? Que ressentirait un être habitué à toucher, goûter, humer, enfermé dans une enveloppe insensible? Vous avez raison, le monde n'est pas prêt pour de tels monstres et la cohabitation serait difficile. Mieux vaut se contenter de remplacer des membres amputés, ainsi que le propose Mme Di Brescia."

Craintif à l'idée d'en révéler trop, le jeune homme se tut mais n'en pensait pas moins. Les automates ne devaient surtout pas posséder quelque essence de vitalité. Son dessein les concernant ne le permettait pas. Il y avait déjà tant d'hommes, de femmes, condamnés à servir au détriment de leur humanité qu'il préférait les libérer en priorité.

Que serait un monde habité par des machines dotées de libre-arbitre? L'idée le faisait frémir. L'humain, aussi illogique qu'il soit, restait accessible à sa compréhension: il pouvait ignorer les secrets d'un coeur mais une fois le sentiment révélé, la connaissance qu'il avait lui-même de cette émotion lui permettait de saisir ce qui se jouait chez son interlocuteur. Comment percevoir un androïde dénué de sensations, raisonnant selon un schéma pré-établi par un individu particulier? Comment différencier par ailleurs les différents types d'automates selon leur concepteur? La question était beaucoup plus complexe que ne le laissaient supposer les apparences. Il prit donc le parti de la délaisser pour revenir aux écrits de l'ambassadrice raclusienne.

"Vos écrits sont le témoignage d'une époque, de votre opinion face à un contexte particulier et doivent véhiculer bien des souvenirs pour vous. Comme le dit Mme d'Albret cependant, vous pouvez peut-être proposer de nouvelles éditions en fonction de vos découvertes les plus récentes? Je serai curieux de voir la façon dont vos idées ont pu évoluer."

Mme Di Brescia avait-elle perdu ses instincts révolutionnaires au contact de la Cour? Jouait-elle tout comme lui un jeu où les sourires de façade cachaient le dégoût d'une société inégalitaire et injuste malgré les efforts déployés par l'impératrice et ses ministres afin d'améliorer ces défauts? Regrettait-elle son ancienne liberté, à présent qu'elle entrait dans un bal tapissé de charbons ardents?

Contrairement à Myrcéa qui dévoilait en filigrane la nostalgie qu'elle avait de l'époque révolue où elle avait été placée sous la tutelle d'un être qui l'avait entraîné dans sa passion, Giuliana préoccupée par ses soucis laissait peu transparaître ses pensées. Tous les trois coincés dans ce compartiment, entraînés dans une conversation improbable, ne savaient probablement pas très bien comment s'appréhender les uns les autres. Onésime se méfiait de lui-même, surtout, dans son angoisse de ne point jouer parfaitement le rôle qu'il avait endossé depuis sa rencontre avec le vieux chevalier de Malterre.
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Dim 19 Mar 2017 - 22:26
L'alliance de l'humain et du métal, c'était une pensée qui était passée par la tête de la jeune scientifique et ambassadrice. Plusieurs débats - très houleux - avaient eu lieu, d'ailleurs, à l'association des philosophes naturels de San Vicenzo. Certains y voyaient l'avenir, considérant l'acier comme plus fort que la chair, là où d'autres pensaient que la nature ferait toujours mieux les choses que la technologie humaine. De son côté, Giuliana n'y avait pas réfléchi plus que cela... Enfin, non j'exagère. C'est plutôt qu'elle n'avait pas une opinion très tranchée sur le sujet. Elle voyait le bénéfice que pourrait apporter un tel mélange, notamment celui qu'elle avait évoqué avec des prothèses métalliques ou autres. Néanmoins... une machine avec une âme ?

Mais maintenant qu'elle y réfléchissait, elle commençait à voir pas mal de points... particulièrement problématiques, d'après elle. Elle poussait un peu la réflexion alors qu'Onésime répondait, d'une manière assez poétique en fait. Ce genre de façon de s'exprimer n'était pas la spécialité de Giu, qui était quelqu'un d'assez concret, en règle générale... Quoique, maintenant que j'y pense, elle se lançait parfois dans de grandes discussions philosophiques. Disons plutôt qu'elle n'était pas quelqu'un de très "artiste" dans l'âme ? Quoique, maintenant que j'y pense, son goût prononcé pour la musique me donnait tort. On pourrait plutôt dire que le verbiage poétique n'était pas sa spécialité. Quoique... Non, cette fois c'est bon !

Quoi qu'il en soit, elle hocha la tête quand le jeune pupille affirma qu'il valait peut-être mieux en rester à des membres de rechange, avant d'ajouter :

> D'autant que créer des machines ayant une âme pose un problème plus large. Lorsque nous sommes malades, nous devons attendre d'aller mieux. Et espérer aller mieux, ce n'est pas toujours le cas. Lorsque nous sommes blessés, nous devons attendre de cicatriser. Une machine peut aisément fabriquer une pièce de rechange en moins d'une heure, la remplacer, et être de nouveau entièrement opérationnelle. Une machine d'acier ne peut pas être malade. Par conséquent... Si nous donnons une âme à des automates... le jour où ils apprendront à s'améliorer par eux-mêmes sans notre concours, nous ne leur servirons plus à rien. Il y aurait de fortes chances que l'humanité arrive à sa fin...

Les questions étaient maintenant nombreuses dans son esprit. Serait-ce une bonne chose, que l'humanité prenne fin ? D'un point de vue philosophique... non, pas nécessairement. D'un point de vue naturel, pas nécessairement non plus. Mais d'un point de vue humain... Là, évidemment, c'était une toute autre histoire.

Ces réflexions prirent toutefois fin lorsqu'Onésime fit référence aux écrits de l'ambassadrice, reprenant ce que disait Myrcéa : peut-être pouvait-elle les revisiter ? Ou au contraire, les laisser tels quels et en donner une "nouvelle version" avec son expérience nouvellement acquise ? Le problème était complexe. Une bonne partie de l'expérience qu'elle avait acquise ces dernières années était centrée autour de la survie et de la guerilla... Certes, elle pourrait probablement écrire des ouvrages extrêmement intéressants avec cela mais elle craignait d'inspirer les mauvaises personnes. Avec un écrit sur la liberté de tout un chacun, il était impossible de donner des bonnes idées aux personnes malfaisantes de la société. Avec un écrit sur les techniques de frappe-éclair et de guerilla, en revanche...

> Je ne pense pas retoucher ces écrits, pour les raisons que vous évoquez, M. de Malterre. Ils seraient différents car j'ai vécu de nouvelles expériences. J'en sais plus sur la nature humaine qu'à l'époque, ainsi je suis... moins optimiste, moins confiante en l'avenir, moins insouciante. Je pensais à l'époque que démontrer, de manière claire et argumentée, qu'aucun humain n'est scientifiquement ou naturellement supérieur à un autre serait suffisant. Qu'expliquer pourquoi mettre l'ensemble de la population au même niveau permettrait d'augmenter l'intelligence collective et mener vers une humanité plus éclairée, meilleure pour tous. Je sais maintenant que bien des personnes se fichent éperdument du bien commun ou de l'intelligence collective humaine. Je sais aussi que la plus généreuse des mères de famille peut devenir un monstre sadique, si une figure d'autorité lui en donne l'ordre. Si une personne considère qu'elle n'est pas responsable, elle fera n'importe quoi, même le pire.

La jeune ambassadrice laissa apparaître un petit sourire amer sur son visage avant de reprendre :

> Si je devais écrire un nouvel ouvrage, ce serait sûrement sur le pouvoir fou qu'a cette "impression de responsabilité" et le rôle déshumanisant de la chaîne de commandement. Si une personne reçoit un ordre, elle ne se sent plus responsable mais perd également son humanité en chemin. Mais ce serait quand même bien triste, comme bouquin, finit-elle en haussant les épaules. Je préfère m'intéresser à ce qui est beau. La nature, ses mécanismes, les merveilles qui nous attendent au-delà de notre ciel, notre voyage inévitable vers les étoiles.

Elle se tourna alors vers Onésime, avec une mine curieuse :

> Le sujet semble vous intéresser, en tout cas, comme celui de l'âme des machines. Êtes-vous philosophe moral ou naturel ? Ou seriez-vous de ces personnes, de plus en plus rares, qui parviennent à être les deux tout en conservant un esprit aiguisé ?

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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Mar 21 Mar 2017 - 23:00
Myrcéa aurait pu être effrayée. Elle l'avait été sans doute un peu avant d'aplatir ses sentiments sans regrets. Des regrets, elle n'en avait pas, et elle doutait seulement en avoir un jour. Ses émotions n'étaient qu'un rouage parmi tant d'autres qui la faisait avancer en connaissance de cause. La chair ou le métal n'étaient que des enveloppes. Le libre-arbitre n'était qu'une illusion pour se protéger, pour ériger des lois et trouver des coupables. Toute le principe de justice était basée sur cette idée et personne ne voulait la jeter aux oubliettes. C'était bien trop compliqué dans la pratique. Chacun était construit par ce qui l'avait précédé, par ce que le Plan le prédéterminait à croiser sur sa route. Alors, entre machine ou humain, où était véritablement la différence ?

On pouvait le voir ainsi, imaginer ce que serait la vie dans un corps inhumain, privé de sensations. Cela restait néanmoins le point de vue d'une créature avec un cœur, dotée de raisonnements induit par sa propre manière d'appréhender le monde. Il était très difficile de se projeter dans une pensée qui nous était étrangère, qui n'existait pas encore. On restait fatalement attaché à sa vision, à ces petites choses qui nous faisaient vibrer malgré nous, sans doute simplement incapable d'entre voir la possibilité qu'il puisse exister un mode d'existence qui nous dépassait largement. Une machine pourrait envisager la vie, ses plaisais et ses déplaisirs d'une façon sensiblement différente de celle qu'un humain pouvait imaginer. Elle ne voyait pas vraiment de mal à se référer à la raison pure et simple, si tant est que ce fut cela ? Elle voyait plus l'intelligence de la machine que son âme dans ces propos. Mais voila… C'était ça qui manquait à son puzzle. Entre intelligence et âme, il existait encore bien des barrières. Était-elle prête à franchir cet étape ? Pas encore, le temps n'était pas encore venu, ni pour elle, ni pour le reste du monde.

- Ce n'est en tout cas pas pour demain. Vous pourrez encore vous débarrasser de votre réveil s'il lui prend brusquement l'envie de refaire la décoration intérieure selon ses gouts pendant que nous patientons ici.

Une plaisanterie n'était pas coutume mais l'humour était un utile lorsqu'on sujet glissait lentement mais surement vers un sujet qui était trop sensible pour être abordé ainsi sans se dévoiler. Habillement, le jeune homme avez fait dévier la conversation vers les écris de l'ambassadrice, ce qui était tout à fait bienvenue. Réviser une copie ne voulait pas forcément dire jeter l'ancienne. Elle ne perdait pas de sa force, elle était cependant la création d'un autre esprit dont les expériences appartenaient au passé. Pour Myrcéa, reprendre du vieux pour modifications et améliorations était un exercice quasi quotidien. Mais tel était le choix de Guillana Di Brescia cependant, et elle seule était juge de ce qu'elle souhaitait faire de ses œuvres de jeunesse.

- Pourquoi trouvez vous cela triste ? Au contraire, un tel ouvrage pourrait être une pierre dans l'édifice qui éclaire les esprits sur cette déviance, et les pousse à aimer le bleu au lieu du rouge.

Si l'on pouvait appeler cela une déviance. Ce n'était pas un cas isolé dont on pouvait définir des causes spécifiques. Au contraire, on pouvait appliquer cela à bien trop de personne. Ce qui n'excluait nullement des causes d'ailleurs, mais à une autre toute autre échelle cependant. Peut-être est-ce un comportement parfaitement naturel en définitive ? Il n'était pas déshumanisant mais intolérable pour ceux qui l'observait de l'extérieur avec une morale aiguisée. Fort heureusement, Myrcéa n'avait jamais eu dans l'idée de se mettre à écrire. Là non plus, le temps n'était pas venu d'expliquer qu'il n'y avait ni mal, ni bien, seulement des points de vue. Non, elle ne s'estimait pas pessimiste pour autant. A défaut d’œuvrer pour ce qu'on appelait le bien commun, elle préférait agir au cas par cas, il y avait moins de dégâts collatéraux.

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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Guilianna, Myrcéa et Onénisme Mer 22 Mar 2017 - 9:42
La mine sombre, il opinait du chef, écoutant les propos de l'ambassadrice tout en imaginant ces êtres métalliques entreprendre eux-même leurs réparations. Il étendit sa vision à une armée entière de machines et il frémit d'effroi. La plaisanterie de l'assistante d'Elyas fut donc plus que bienvenue pour égayer l'atmosphère, facilement chargée dans l'espace restreint qu'ils partageaient _involontairement, mais le hasard avait bien fait les choses et il se trouvait finalement ravi de la compagnie.

"Ma foi, je préfère une armée entière de radio-réveils attaquant notre décoration qu'une troupe d'automates conçus par un ingénieur belliqueux, capables de mener l'assaut sans relâche, sans dormir, sans repos pour se nourrir..."

Son intérêt pour la question n'était pas totalement épuisé, mais leur débat changea de sujet pour revenir à des considérations philosophiques. Le bien commun et l'intelligence collective: qui s'en souciait parmi tous les miséreux traînant leurs guêtres, harassés après une journée de dur labeur? Lui-même n'avait eu la chance d'y entraîner son esprit que par sa présence auprès d'une maîtresse intriguée par ces interrogations _touchée du bonheur de l'humanité sans s'émouvoir par ailleurs de déverser ses caprices et ses humeurs sur son esclave personnel; ces discussions à bâtons rompus avec son maître de philosophie n'avaient peut-être pour but que de racheter sa conscience en son for intérieur, ou emmerder ses dignes parents avec ces disputes qu'ils appréciaient fort peu.

Il lui avait fallu acquérir une relative liberté et son statut actuel pour se piquer à nouveau de l'étude de telles polémiques. Ironique n'est-ce pas?
"Ceux qui auraient le plus intérêt à étudier ces questions sont généralement ceux qui en sont le moins capables, malheureusement. Doit-on attendre de nos dirigeants qu'ils abandonnent leur pouvoir? Que chacun partage la responsabilité des questions politiques de sa Cité? C'est un bien noble idéal, mais hélas, vous l'avez dit, notre société cultive la déresponsabilité. Comment un enfant, auquel l'on aura imposé son mariage, son travail, ses amitiés dans cette quête visant à amasser le pouvoir d'une main cupide... comment cet enfant pourra-t-il jamais se sentir responsable, privé de la liberté de ses choix? Comme des petits soldats, nous sommes conditionnés à l'obéissance: la soumission aux règles édictées par d'autres, aux ordres de nos aïeux, au commandant imposant une guerre stérile pour des conflits échappant à notre entendement, au contremaître qui sur un coup de colère vilipendera ses employés... Je rejoins Mme d'Albret: les gens pleureraient sur un tel ouvrage, mais nos consciences en auraient cependant besoin."

il aurait aimé développer ce sujet pendant des heures, mais d'une part la curiosité de la répartie qui lui serait opposée l'incita à condenser son propos, d'autre part il ne voulait laisser poindre trop évidemment des penchants que l'on aurait pu, avec beaucoup de facilité, qualifier de révolutionnaires. Il ne devait être percé à jour dans son rôle ni par les espions _qu'ils soient raclusiens ou d'une autre nation_ ni par la noblesse du palais. L'ambassadrice lui fournit d'ailleurs une occasion, trop belle pour être délaissée, de se conformer à son masque social.

"Philosophe? Vous me flattez. J'aime la philosophie, cela est vrai, mais je suis cependant trop dissipé pour mériter le titre dont vous m'honorez, avec beaucoup d'indulgence. Mon coeur vacille entre l'attrait pour ces débats, la musique, et la mécanique: en goûtant à tout, je n'excelle dans rien."

Il sourit, sans doute fier de ce bon mot qu'il emploierait peut-être à nouveau dans quelque salon afin de faire rire une marquise; il lui faudrait néanmoins tomber sur un tuteur ignorant de son passé et de ses liens avec la guilde d'espionnage pour bénéficier d'une opportunité de briller dans ces réunions de la haute société.

HJ:
 
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