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 :: L'histoire Ambrosienne :: 3ème niveau de la cité :: Temple d'Aernia

[CLOS]Event n°1 - Bucher funéraire

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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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Nationalité : Amethien
Messages : 996
Date d'inscription : 14/04/2016
MessageSujet: [CLOS]Event n°1 - Bucher funéraire Lun 6 Fév 2017 - 18:44
Event n°1:
Bûcher funéraire


La cérémonie allait commencer. Il était sept heures moins le quart et j’étais prêt, dans la bure blanche impeccable que je porterai jusqu’à la fin de la cérémonie, elle était simple et assortie à la robe de l’impératrice. Je l’avais validée et je l’avais même aidée à s’apprêter avec le petit ruban violet sur la gorge et le petit nœud de la même couleur sur le cœur. Voilà ce que je lui demandais. Pour le reste, qu’importe. Le cortège était prêt. En premier marcheraient la délégation améthienne arrivée ventre à terre à peine deux heures plus tôt. Et déjà ils étaient prêts. Les prêtres de Mirai venaient ensuite, et étaient suivis par les prêtres de Barod qui portaient la dépouille sur une civière de grande simplicité et étaient au cœur d’un carré de prêtres de Sarkemos. Puis venait la veuve, on lui avait proposé si elle le désirait, de pénétrer le cercle de la mort pour toucher la civière ou son défunt époux si elle le désirait. Puis venaient dans un nuage d’encens les représentants de tous les deux, trois par déité.

Le première prêtre d’Ameth commença à chanter, il avait une voix de stentor, la voix résonnait sans appareil pour augmenter l’acoustique et sur la voix du soliste, les chœurs se mirent à chanter, cinquante prêtres d’Ameth chantant ensemble… je ne voyais pas quelque chose puisse être plus galvanisant. Le chant n’était pas lugubre, non il était plein de vie et de joie alors que le cortège s’ébranlait et une des tambours commençaient à donner un rythme lent à la marche.  Aux côtés de l’impératrice, comme proche du mort, je l’accompagnais dans ce cortège, on bâton frappait le sol en rythme de son bout ferré. Je restais silencieux.

A notre suite, le reste du cortège s’ébranla. Les prêtres, puis les grands, puis les dignitaires étrangers, les ambassadeurs, les nobles ambrosiens, puis venaient le peuple. Flanquaient de part et d’autre de la colonne, la garde impériale en grand uniforme de parade nous flanquait, par sécurité. Et derrière cette procession, peu à peu, la populace suivait. Quelle belle procession... il y avait de quoi être fier. Et j’étais fier que mon frère soulève autant de monde. Des centaines et des centaines de milliers de personnes qui feraient le chemin depuis le temple des morts pour rejoindre le grand temple d’Aernia. Devant la population, nous n’avions pas pu nous résoudre à faire les choses dans la petite chapelle. Pas assez de place. Et le Grand Temple d’Aernia disposais, une fois les bancs écartés, un accès pour deux ou trois mille personnes sans forcer. Et le bucher funéraire serait fait à ciel ouvert.

Je regardais devant moi, mais je regardais parfois l’impératrice aussi, voir comment elle allait, et la voyant proche de craquer… alors j’avais la délicate attention de prendre doucement sa main et la serrer très doucement, comme pour lui rappeler ma présence. Elle n’était pas seule et quand bien même, je lui avais proposé de faire une petite exception à certaines règles pour qu’elle puisse profiter du soutien – bien que je ne l’approuve pas – d’Hélène derrière elle si elle le souhaitait…

C’était si beau… il aurait adoré. J’avais les larmes aux yeux…

Il aurait aimé…


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Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
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Nationalité : Ambrosienne
Messages : 1983
Date d'inscription : 14/01/2017
MessageSujet: Re: [CLOS]Event n°1 - Bucher funéraire Lun 6 Fév 2017 - 21:17
Avez-vous déjà entendu le bourdonnement du silence ? Moi oui. Une complainte angoissante qui vous enroule l’esprit de sa présence, et vous rappelle inlassablement, une certaine solitude. En désirant faire le chemin de la Veuve, je savais que cela arriverait. Et les chants me terrifient, les tambours me tétanisent, et le monde me pèse.

Mais je dresse la tête, sur mon corps, la plus simple des robes blanches, le col arrondis dévoile un peu de peau, à peine, autours de mon cou, un ruban violine. Pour certaine personne, le blanc n’est pas leur couleur et c’est bien mon cas, fantomatique, il ne perce que mon regard et les ondulations noires de ma chevelure, lâché dans mon dos jusqu’au plus bas de mes reins. A mes pieds, les plus simples ballerines blanches pour cette marche.

Je me sais présente mais je me sens lointaine. Il repose devant moi, je peux le voir, et je me sens ensevelis par les chants, bouffés par les tambours, perdue dans cette foule.

Ambrosia a été silencieuse tout l’après-midi, comme j’ai été silencieuse, n’adressant pas un mot, priant sans arrêt pour mon époux et notre enfant, je me suis sentie si près de lui, et puis…maintenant…maintenant.

Un sursaut imperceptible redresse mon visage, levant à peine les yeux vers Everard, le regardant comme s’il était apparu là, alors qu’il ne m’a quitté, j’ai refusé la présence d’Hélène de trop près, en lui lâchant un regard noir. Oui, j’avoue sans détour que j’aurais aimé tenir son bras, ou la sentir pas trop loin de moi, comme une force à ma faiblesse digne, mais je n’ai pas pu.
Les murmures auraient détruit le respect pour Elrich, alors, j’ai refusé, personne ne peut comprendre le besoin d’une amitié quand il y a eu les tâches de l’amour. Je ne peux leur en vouloir, à ces idiots, je ne penserais probablement pas différemment.

Inspirant en relevant mes épaules, ce contact me rend une force, qui durera le temps de la cérémonie je ne suis pas de celle qui sombre, malgré le poids. Je ne pleurerais pas, j’en suis incapable, mais je peux parfaitement me défaire de cette réalité, gardant l’apparence, la droiture, le rôle et puis…rien. Elrich avait du se battre pour m’empêcher de cela à la mort de mon père, quitte à ne jamais me laisser seule. Mais…d’un geste, Everard me ramène et je fais face.

Je ne suis pas au haut de ma force mais je sais d’où elle va venir ma puissance.

Marchand en ne regardant que mon époux, étendus, ou presque, j’ignore qui est dans le cortège mais…il y a bien des yeux et des lèvres qui surveillent et qui savent et je m’avance, réalisant peut-être un peu, que parmi la foule, il y a des gens sincères…voilà d’où ma force vient de ce peuple de vapeur, fiers et fidèles, indivisibles, puissants, oui…ma force vient d’eux tous. Et je me redresse un peu plus.

J’aime profondément mon peuple et je sais, de par leur présence, de par leur respect, cet amour est réciproque. Elrich était un prince aimer, pas très doué aux séances de doléance, mais il donnait de son temps, il n’était pas rare de le voir quitter le palais à pied, certes entourés de protection pour discuter avec tous, pour amener des nourritures des cuisines vers les plus bas quartiers, et j’avais dû le faire ralentir pour sa sécurité, et aussi parce que tout l’argent de l’Empire y serait passé, et peut-être même celui du Protectorat.
Il avait demandé des points pour faire distribuer des repas chauds aux nécessiteux et m’avait fait ouvrir des anciens bâtiments pour les hivers froids, plusieurs étaient en prévisions d’ailleurs pour l’arrivée du froid, je les ferais ouvrir…comme il l’aurait voulu…

Tous pouvaient lui parler, il n’était au dessus de personne et j’avais partagé cela avec lui…ainsi donc aujourd’hui, mon peuple et moi partagons une lourde peine. Qui ne resterait pas impunie.

Ma main serre celle d’Everard et j’inspire, redressant le visage. Je n’ai pas honte pour une fois de sentir mes yeux chauds et humides, je ne pleure pas mais l’émotion se lit sur mes traits entièrement.


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MessageSujet: Re: [CLOS]Event n°1 - Bucher funéraire Mar 7 Fév 2017 - 9:10
En ce matin froid, le peuple de vapeur était en berne, c’était le jour de la cérémonie funèbre du prince. La cérémonie commençait à 7h ce soir, il fallait être là tôt avant que le peuple s’amasse, je tenais à être là, à prier le Dieu Ameth pour le prince.

Je m’habillais de noir, pour laisser le blanc à l’Impératrice et la famille, ça me paraissait normal pour le respect de la famille et l’entourage du prince. J’ai décidé de fermer ma maison en ce jour, laissant mes petits faire leurs choix sur leur présence à la cérémonie ou pas le soir même, je ne forçais personne mais qu’il était mieux de venir, voilà déjà le soir, tête baissée, déjà triste, je clôturais ma maison et je partis rejoindre le lieu de la cérémonie sous les rayons du soleil couchant sur l’horizon .

Il y avait déjà du monde, je ne pensais pas qu’il y aurait déjà tant de personnes, le cortège était très long, des chants se levèrent, un frisson me parcourut, dans mes prières je repensais au prince qui parfois descendait dans les rues pour aider les plus pauvres c’était vraiment une bonne personne, il avait le cœur sur la main, qui ne l’avait pas connu, qui oserait ne pas venir pour notre prince, on là tous aperçu au moins une fois, il aimait son peuple et il nous soutenait même les plus pauvres dans les bas fonds de nos rues les plus lugubres, il n’oubliait personne.

Durant ce début de marche j’ai pu entrapercevoir l’impératrice si fragile dans sa robe blanche, qui restait forte, tête haute, pas une larme, elle était humble notre Impératrice, si je pouvais au moins lui dire que le peuple est avec elle, que nous la soutenons, lui montrer mon respect et mes condoléances, hélas elle était plus que protéger et impossible bien évidemment de l’approcher.

J’étais vraiment peinée pour notre prince et l’impératrice, quelques larmes me coulèrent le long de mes joues, nous portons tous cette lourde peine, beaucoup d’émotions, les personnes autour de moi étaient tout aussi tristes, certains pleuraient à très chaude larme, d’autres restaient immobiles pas un mot, des prières à voix basse se faisaient parfois entendre.

La cérémonie ne faisait que commencée, ils avaient pensé à tous pour que nous puissions voir notre prince partir rejoindre les Dieux. Toujours des prières, des chants, mes pensées se tournent envers l’Impératrice pour lui envoyer tout mon soutien en ce jour si triste, allait elle le percevoir, le ressentir ? Je ne sais pas mais pour moi c’était un besoin fondamental que de partager mon amour pour elle, j’espérais pouvoir lui montrer mon soutien en ce jour….si maussade.
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MessageSujet: Re: [CLOS]Event n°1 - Bucher funéraire Mar 7 Fév 2017 - 10:58
"Et peut-être une larme, à votre âme échappée,
Sur leur cendre, de pluie et de neige trempée,
Filtre insensiblement,
Qui les va réjouir dans leur triste demeure ;
Et leur cœur desséché, comprenant qu'on les pleure,
Retrouve un battement."
Extrait de La mort est multiforme par Théophile Gautier



La procession suit le funeste convoi du défunt et parmi elle se trouve une veuve vêtue de noir. Les mains gantées comme à son habitude, arborant la mine sombre de circonstance. Si la mort a quelque chose de sentencieux, elle revêt un caractère bien particulier aux yeux de la professeure. Elle est venue comme chacun rendre un dernier hommage mérité au souverain. Et tandis qu'elle avance au rythme des chants et des souliers lourds sur le pavé, lui reviennent à l'esprit quelques vers de Gautier. Elle admire ces gens qui savent si remarquablement exprimer leurs sentiments. Malicia éprouve bien des difficultés dans ce domaine depuis qu'elle a fait le deuil de son époux longtemps avant de voir disperser ses cendres. Son cœur redoute sûrement qu'une émotion trop vive ait raison de ses derniers battements, elle le sait si fragile. Désormais elle le protège farouchement.

Au milieu de la foule des dignitaires, la dame Angeliez se tient seule. Elle n'a pas cherché autour d'elle un visage familier, un bras à prendre pour accompagner sa marche lente et révérencielle. Pas de larmes sur ses joues, certes elle respectait l'autorité de l'empereur mais elle ne l'a jamais côtoyé d'assez près du temps de son vivant. Des pleurs seraient de trop. Sa perte la touche sans la bouleverser. A ses yeux, la mort n'est pas une tragédie à part peut-être lorsqu'elle frappe un enfant. L'homme est tombé en pleine fleur de l'âge, c'est  certes regrettable. La rumeur d'un empoisonnement commence à circuler, soulevant tout un tas de questions sous les mèches brunes de celle qui sait manier cette arme. Les motifs pour vouloir éliminer l'empereur ne doivent pas manquer. Cela laisse présager de nombreux bouleversements, sans parler de l'enquête insidieuse qui sera menée par les autorités judiciaires. La paix et le silence qui règnent pour le moment sont trompeurs. Le temps est au deuil, cela ne durera pas. Assurément le commanditaire ne tardera pas à poursuivre son but, à moins que la mort d'Elrich ne soit liée à un crime passionnel et non politique. Même dans ce cas, certains Grands voudront en profiter pour avancer leurs pièces sur ce vaste jeu d'échecs.

Il y a tout de même quelque chose de magnifique dans cette scène dont elle est une humble protagoniste. Malicia ressent la ferveur de tout ce peuple réuni pour accompagner le dernier voyage de leur dirigeant. Le chant religieux mêlé aux sanglots finit par l'attendrir et elle sert un peu plus fort ses mains jointes devant elle. Chacun sera un jour emporté par Mirai. Son tour viendra à elle aussi. La mort ne lui fait pas peur, elle s'efforce de remplir suffisamment sa vie pour qu'au jour du grand départ elle n'ait aucun regret. Certes ceux qui viendront la pleurer, si tant est qu'il y en ait, seront bien moins nombreux. Qu'importe, à la fin on est toujours seul.
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MessageSujet: Re: [CLOS]Event n°1 - Bucher funéraire Mar 7 Fév 2017 - 13:31
Ross Brisendan suivait le cortège, perdu dans la foule, profondément convaincu de leur égalité à tous, face à cette ombre qui plane jour et nuit sur chaque être vivant. Il serra un instant dans sa main le pendentif qu’il portait habituellement sous son vêtement, invisible à tous les regards, songea à ce qu’il contenait, puis le remit en place. Malgré lui, il jeta un regard à la ronde pour s’assurer que personne n’avait surpris son geste. Puis une pression sur son bras lui rappela qu’il était accompagné. Son épouse Miranda se tenait à ses côtés, pâle et le visage couvert d’une voilette de ténèbres, où disparaissait sa chevelure flamboyante.

Il lui adressa un petit sourire en coin, comme si c’était elle qui avait besoin d’être réconfortée… Langue de vipère à l’occasion, elle ne s’était jamais privée pour donner son avis sur la dynastie régnante, dont ses ancêtres avaient été les concurrents dans la poursuite du trône quelques dizaines de générations plus tôt. Il était presque amusé, malgré la tristesse de l’occasion, de constater qu’elle se laissait enfin gagner par le sentiment général, abdiquait sa supériorité de jugement, et éprouvait quelque chose que tout le pays connaissait. Il hésita à lui en faire le compliment, mais ne trouva pas comment le formuler aimablement.

Le couple était naturellement envoyé par la Gobelin Bank pour représenter sa direction, Ross étant le plus proche de l’impératrice – et les autres s’étant lancés dans des réunions à n’en plus finir, pour épargner à l’avenir financier de l’Empire les répercussions de cette mort soudaine. Elle n’en prendrait pas ombrage ; elle savait fort bien que c’était pour mieux la servir qu’ils l’abandonnaient à cette tragique cérémonie. D’ailleurs, Ross lui-même n’était pas certain d’avoir les mots qu’il faut. Il reprit les incantations du choeur des prêtres à voix basse, son regard fixé sur l’impératrice et le grand prêtre à ses côtés.

Ross n’avait rien d’un ami exclusif ; au contraire, fort conscient des lacunes sociales que lui avait laissée son éducation strictement utilitaire, il était heureux que des êtres plus humains se trouvent auprès de Lilith pour lui apporter un peu de cette chaleur qu’il ne possédait pas. D’ailleurs, ces deux hauts personnages que l’on regardait d’ordinaire avec révérence et un brin de crainte, aujourd’hui, étaient plus humains que jamais, dépossédés ensemble de l’être qui les touchait au plus près. Ces deux édifices puissants, fragilisés un instant par la disparition d’un troisième, pouvaient à présent s’appuyer l’un sur l’autre pour traverser le moment terrible des adieux. Il était étrange de voir cet homme si près de Lilith, si semblable à celui qui aurait dû s’y trouver, et pourtant, ce n’était pas lui, ce ne serait plus jamais lui. Un instant, Ross se risqua à penser au corps qui allait se consumer et disparaître sur le bûcher.

Un seul instant, un instant de vertige, car la pensée de la mort semblait refuser d’entrer dans son esprit. Elle lui semblait presque vénéneuse ; son âme avait un haut-le-coeur à cette approche. Le chant avait pris une force terrifiante et lugubre, et il s’était senti vaciller. Il se reprit. Ce qui était mort était perdu ; ce qui était perdu ne comptait pas. Comme l’avaient affirmé ses parents à la dernière réunion, la cohésion nationale face à ce crime était entière, c’était à cette conséquence absurdement positive qu’il fallait se raccrocher. Il plongea la main dans sa poche, lâchant Miranda qui lui jeta un coup d’oeil de travers, toujours agacée lorsqu’il ne se conduisait pas en public comme le parfait amoureux transi qu’il était censé être. C’était le minimum qu’elle attendait de lui.

Ross avait dans sa poche un petit porte-monnaie de cuir vide, dont il avait distribué le contenu à ces insupportables mendiants qui empêchaient toujours son véhicule d'avancer, aujourd'hui particulièrement paisibles ; au nom d'Elrich, dont les bontés devaient bien leur manquer. Il le brûlerait en rentrant chez lui, en priant pour une fois un autre dieu que le sien. Ce serait toute son interaction avec le défunt souverain.
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Mélusine Duval
Ministre de l'éducation et des pupilles
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MessageSujet: Re: [CLOS]Event n°1 - Bucher funéraire Mar 7 Fév 2017 - 17:53
Mélusine suivait la procession en présence d'autres ministres autour d'elle. Elle était habillée d'une chemise blanche, petite touche claire pour le respect du mort, mais elle portait une jupe et une veste élégante noire ainsi qu'un chapeau dont le voile sombre descendait sur son visage. Les cérémonies funèbres lui rappelaient trop de chagrin et elle détestait y participer. Mais qui les aimait vraiment ? En tant que Ministre, il était de son devoir d'être ici, ne serait-ce que pour montrer à sa Masjesté son soutien dans les moments les plus difficiles.

Elle observait tout ce monde derrière son voile et sentait la présence pas très loin d'elle du Ministre de la Justice. En ce jour de deuil, la ville semblait s'être arrêté, des centaines de personnes étaient venus assister au bûcher funéraire, tout le monde était silencieux, seuls résonnaient le bruit des pas ainsi que les chants des prêtres du culte d'Ameth.

Elrich était de ceux qui avait marqué la Ministre. Il avait le cœur sur la main et avait aidé beaucoup de personnes dans le besoin, les enfants de l'orphelinat en faisaient parti. Elle avait un profond respect pour lui et pas de doutes que les petites gens également. Elle espérait que Lilith de Choiseul continue ce qu'il avait commencé, mais elle n'avait pas de doute là dessus. Il avait su se faire aimer de tous. Enfin, pas vraiment de tous, puisqu'il était mort empoisonné. Le mystère planait sur ce crime abject, et la Ministre ne comprenait pas dans quel but assassiner une personne aussi protectrice de son peuple.

La Ministre eut un petit regard en arrière, cherchant des yeux où se trouvait Aÿmerik, et voyant la longueur de la foule derrière, sentait une sorte d'angoisse montée en elle. Elle se tint rapidement droite et regarda devant elle. Il n'était pas question de se sentir mal maintenant. Elle respira profondément, et se concentra sur le chant.
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Aÿmĕrik G. de Rauchechoyr
Secrétaire de la ministre de l'E&P
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MessageSujet: Re: [CLOS]Event n°1 - Bucher funéraire Jeu 9 Fév 2017 - 7:11

** Je hais les enterrements… et le défilés de ces charognards de prêtres profitant de la peine et du chagrin des vivants pour récolter dons et reconnaissance de leur utilité.. Une vérité pourtant guère évidente en y regardant de près !.. **

Pour répondre aux obligations de son rang et de sa charge, le vicomte de Bosset avait revêtu un costume trois pièces de lin blanc, qu’il avait associé à des bottines New-Rock Ranger et un haut-de-forme Floque de même. L’ensemble se voyait paraphé d’une cravate anthracite reprenant le motif de cachemire de son couvre-chef. Montre à gousset et bouton de manchette au blason des Rauchechoyr en argent signait une tenue très attractive à l’œil, tout en gardant les codes du deuil et de l’élégance de la maison de Rauchechoyr. Cependant, il était rare de voir ce triste fonctionnaire s’exposer ainsi aux regards de ses concitoyens sous une mise aussi criarde, la grisaille avait plus de naturel à habiller cet homme discret et peu ambitieux. Pour ce qui le connaissait plus intimement, il s’agissait plus montrer un respect au mort, peu importe qu’il puisse être.

Et puis, tous ces salamalecs de parvenues affichant une peine feinte avec le plus mauvais jeu d’acteur. Sans oublier le cirque religieux, avec ces prêtres rangés en ordre de bataille, selon les régiments d’appartenances… Oh pardon, selon leurs cultes respectifs !..
Confusion excusable lorsque cet horrible bruit, qui aurait vocation de chants, ne vienne lui déchirer les tympans. Le moment n’était déjà pas joyeux, fallait-il agresser les convives ?

Pour s’évader de cet enfer musical et éviter un fou rire incoercible que lui inspire une telle vision cocasse.
Son attention fut alors attirée par une silhouette digne et forte, faisant honneur à son rang et ses ancêtres tout en arborant une blancheur funèbre dès plus simple. Aucuns effets de tenues ne venaient émailler d’un quelconque mauvais goût cette procession. Alors que la malfaisance n’avait pas renoncé à salir une femme à qui l’on avait tout pris, car le vicomte de Bosset si discret qu’il en parait invisible, peut entendre les papotages d’un lit qui ne refroidira pas sous la bienveillance d’un frère bien doté désormais.

Il imagina avec facilité que de semblables paroles avaient peuplé le convoi de sa défunte femme vers les flammes de l’évasion spirituelle. Le monde des convenances et des privilèges de Grands l’écœurait tant, qu’il en éprouva encore plus de satisfaction d’œuvrer sous les augures d’une grande dame, aux valeurs morales qu’il savait bien au-dessus de la fange des envieux qui s’interrogeaient sur la nomination de Ministre de l’Education de l’épouse après avoir subit celle du mari.

Au fil de son avancement, il gagnait des places dans le long convoi, comme si une main invisible désirait qu’il regagne sa morne et impassible existence d’ombre de la belle Mélusine. Un petit frère se doit d’accompagner en tout lieu et quelque soit la nature du rassemblement, à partir du moment où sa grande sœur choisisse de s’y rendre. Car s’est bien ainsi qu’il se perçoit, un familier de malheurs dont les épreuves l’ont rendu plus fort et plus froid aussi, mais qui ont également contribué à les rapprocher.

Plus la cérémonie s’étirait en longueur, plus le père de famille remercia la destiné d’avoir pris la décision de laisser les enfants à la maison.
Toutefois, le secrétaire gagna en culture people en écoutant les vieilles femmes, qui établissait son voisinage du moment et dont rien n’échappe à la sagacité de ces esprits gourmands de ragots. Une dame de noir vêtue et au port altier fier, bien que dépourvu d’arrogance, semblait exercé une profession que ces commères jugeaient inopportune à se mêler à l’hommage fait à ce ‘saint homme’. Comme quoi, même si l’on connait l’activité peu recommandable d’une anonyme, on peut ignorer que la sainteté du défunt portait quelques écueils.

Sans pour autant s’afficher, le vicomte incline la tête pour mieux apercevoir cette commerçante qui avait fermé boutique pour honorer… un client, qui sait !
Tout en essayant de mémoriser un visage et ainsi éviter un potentiel impair futur, les yeux du haut-fonctionnaire tombèrent sur un visage qui ne lui était pas inconnu. Il n’arrivait malheureusement pas à retrouver une histoire d’une image. Sans doute un dossier traité récemment et sujet de réflexion pour un possible tutorat impérial.
Bah, peu importe. Haussant les épaules et poursuivant sa remontée du fleuve des lamentations pour atteindre enfin celle de tête connues.

Une brève brise vint chasser de mornes pensées, pour recadrer un subalterne qui arrive avec retard rattraper sa patronne avec qui il aurait dû être dès le départ. Reconnaissant quelques visages sur son cheminement, Aÿmĕrik de Rauchechoyr oscillait la tête comme un métronome pour saluer toutes relations qui verraient d’un œil sombre une indifférence affichée avec si peu de courtoisie. A ce titre, il fallait allonger le salut pour le banquier qui gardait son second trésor, pouvant ainsi découvrir une épouse mainte fois évoquée, mais jamais rencontrée.

** Pffffs !.. Elle n’en finit pas cette file d’attente… **

Se frayant une voie à travers cette marée humaine, l’aristocrate gagna enfin le sommet de sa montagne. Petit à petit, il s’était rapproché de sa patronne à qui il avait promis présence et soutien. Dans une dernière œillade pleine d’espoir à voir la distance disparaître comme par magie. L’homme dont la blancheur avait perdu de son éclat par le frottis de la foule, s’élançait dans la poursuite finale de son devoir.
Tout en restant digne et préservant la retenue que la situation exigeait, le vicomte de Bosset avait habilement gagné les abords de sa supérieure et fit connaitre sa proximité par un léger grattement de gorge soufflé en guise de klaxon. Tournant la tête vers la chorale ecclésiastique sous une supplique mimée de voir cette partie prendre fin.
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Zenon de Lascelle
Propriétaire (fauché) d'un hippodrome
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MessageSujet: Re: [CLOS]Event n°1 - Bucher funéraire Jeu 9 Fév 2017 - 23:10
La mort du prince consort… je dois vous avouer que ça avait un peu tendance à me passer au-dessus. Alors oui, oui, c’était très triste, plus encore, je me disais que j’étais là pour rien... si, pour la forme, le seigneur de Lascelle devait aller à ce genre d’évènements. Il suffisait que je me montre un peu, pas trop près du cortège, je n’y avais pas ma place… ou du moins, si, techniquement, le grand-père maternel du grand-père paternel du grand-père paternel de mon grand-père paternel était empereur après tout… mais après tant de générations, on s’en foutait un peu, non ? Enfin bref, j’étais dans la masse des anonymes et de toute façon ça m’allait parfaitement. Par exemple, le voyais Loyeux, Sagarence, et Mortmorency un peu plus loin. Juste un petit signe de tête et ensuite les chants commencèrent… alors je me mis à chanter, comme le très bon croyant que j’étais, à assister à toutes les offices, à me confesser chaque semaine…

Je ne pleurais pas le mort d’un inconnu, je n’étais pas triste de la perte de l’impératrice et je ne comprenais même pas ce qu’elle pouvait ressentir. Toutefois, je n’étais pas assez impie pour n pas espérer de tout cœur que le mort aille aux côtés de Sarkemos… Barod le conduirait sans nul doute J’y croyais bien comme il fallait… et je le souhaitais de tout cœur… j’étais quand même bien de tout cœur avec le défunt ! Je priais plus que sincèrement… aussi avais-je la mine grave… voilà qui devrait bien faire les choses, ou du moins je l’espérais…

Le cortège avançait lentement, au rythme de tambours que je sentais résonner dans mon cœur la puissance des tambours qui marquaient le rythme des pas… je sentais même certains pavés vibrer sous la tambourinade synchronisée des tambours… et puis les chants… les chants avaient quelque chose de galvanisant quelque chose de fort de puissant, au sein des chants, j’y entendais comme un appel, comme une réponse aussi, comme une manière de demander à Barod de l’accueillir en son sein, et le cri de guerre de Barod, qui défiait la mangeuse d’âme de s’approcher du corps sous risque d’un combat éternel et sans merci !

« Pohn soit loué… »

Non pas que Pohn en ait quelque chose à faire, bien sûr ! Selon les écritures de Pohn, il était la donnée inattendue, il était le petit détail qui foutait soit la merde, soit confortait tout comme il le fallait ! Non pas qu’il puisse passer à l’innommable… mais il était en dehors de toute notion de morale, de bien, de mal, juste un être aussi changeant que l’humeur de la mer, aussi imprévisible que chaotique… c’était sans doute une bonne chose de pouvoir se montrer aussi indépendant… d’une certaine manière, c’était ce que je voulais, ce que j’aurai aimé être, mais pour cela, il faut déjà être autonome… te ça, malheureusement, je ne l’étais pas – financièrement parlant, bien sûr.

« Puisse-t-il reposer en paix »

Soufflais-je à mon voisin !
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Amélia Clark
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MessageSujet: Re: [CLOS]Event n°1 - Bucher funéraire Ven 10 Fév 2017 - 22:46
Pleurnicheries insipides pour ambrosiens fatiguants.
Tous les enfants étalés, habillés, comme une fierté sans égale, tous en noir, comme moi, cachée sous la voilette d’un chapeau élégant, faisant semblant de pleurer en menant parfois à mon visage, un mouchoir de tissu que je garde dans ma main gantée.

Nous sommes au cortège. Mon ex-époux est à nos côtés, mais sa nouvelle compagne aussi et sous les airs jeunes de cette créature, je détecte une soumission d’épouse qui sciera parfaitement au marquis. Les plus petits tiennent fermement la main de leur père et je maudis ces chanteurs aux voix graves qui me cassent les oreilles.
Par Syhn, qu’elle dévore leurs âmes et que l’on en parle plus !

Officieusement je suis touchée avec tant de peine, j’ai tenue si fort ma cousine dans les bras quand j’ai pu la voir il y a deux jours, j’ai joué mon rôle et annuler toutes mes soirées, mais je n’entends plus parler que d’elle. Et l’Impératrice ceci, l’Impératrice cela ! Mais j’aurais voulu lui administrer moi-même à cet Améthien ce poison fatal ! Il était d’un ennui…gentil…mais ennuyeux.

Et ce frère…le prieur me fait frissonner, je ne l’aperçois pas d’où je suis et ‘c’est bien tant mieux ! A la place je sens mon fils se pousser pour laisser passer le comte de Rauchechoyr qui transperce la foule pour défiler le courant de la marrée humaine jusqu’à je ne sais qui, je ne peux voir sous la foule et dans cette marrée vomissante d’âmes faussement en peine, pour certains, je n’en doute pas, je me sens lasse.

Mais dans ma comédie d’Ambrosienne, je chante, ou j’en donne l’impression, j’essuie mes larmes fausses, je sais parfaitement faire semblant de pleurer, je suis bonne dans ma comédie, vraiment bonne. Pitié, par l’Innommable, que cette cérémonie devienne un peu intéressante, je ne sais pas moi…un attentat serait-ce trop demandé ?

Je plaisante voyons…je ne suis pas une méchante, juste une femme qui doit faire semblant dans des pratiques qui ne sont pas les siennes, je vénère les élus, pas ces faux dieux qui galvanisent des populations entière et même une nation ! J’ai le droit à un peu d’exagération merci.
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MessageSujet: Re: [CLOS]Event n°1 - Bucher funéraire Sam 11 Fév 2017 - 17:25
Malgré tout, tout se passa bien ! Enfin... Pour Giuliana, je veux dire, hein... Pas pour le prince décédé. Pour lui, en fait, les choses avaient plutôt mal tourné. Mais bref ! Malgré le manque d'informations dont elle disposait et en dépit de la panne, elle parvint à arriver sur place à temps et à trouver sa place.

Car oui, ses collègues de l'ambassade n'avaient pas jugé utile de lui donner la moindre information. Où se retrouverait la délégation Raclusienne ? Y'avait-il une tenue particulière à adopter ? Devait-on amener des cadeaux ? Car même si Giu avait étudié un peu les us et coutumes Ambrosiens, elle n'avait pas étudié le détail d'une cérémonie funéraire impériale. Le prince était mort lors de son voyage et autant dire qu'à bord d'un bateau à vapeur, il n'y avait pas beaucoup d'ouvrages concernant l'étiquette funéraire Ambrosienne... Ajoutez à cela le fait que ses comparses ambassadeurs ne jugent pas utile de lui donner les informations de base, et vous aviez un cocktail qui aurait pu devenir très complexe très rapidement.

Et pourtant... L'ambassadrice di Brescia arriva dans les temps, reconnut un autre membre de l'ambassade Raclusienne, sa tenue ne dénotait pas particulièrement par rapport aux autres personnes présentes (le gros avantage du gris basalt était qu'il était sobre en toutes circonstances), tout était donc parfait. Enfin... sauf pour l'impératrice et les proches du décédé, évidemment. Puis pour le décédé lui-même, d'ailleurs, maintenant que j'y pense.

La cérémonie fut très solennelle, certaines personnes pleuraient, même. Parmi ceux-là, il y avait l'impératrice, qu'il était très difficile de rater. Giuliana avait entendu parler d'elle, avait vu des photographies et peintures, mais n'avait jamais eu l'opportunité de la croiser. La révolutionnaire avait un grand respect pour l'impératrice. Je sais, ça peut paraître étrange, mais c'était pourtant le cas. Ce respect venait d'une part de sa loi qui semblait relativement juste. Oh, il y avait bien des inégalités à Ambrosia, des imperfections, ... mais celles-ci ne semblaient pas venir d'une volonté délibérée de ses dirigeants. Par ailleurs, le génie de l'impératrice en matière d'automates avait toujours intéressé la jeune ambassadrice.

Le chant des prêtres Amethiens attira aussi son attention : elle n'en avait jusque là jamais entendu et trouvait cela simplement magnifique. Pas son style favori de musique : elle aimait les pièces alambiquées et complexes, aux chœurs multiples et aux instruments qui s'entremêlent, les choses bien de chez elle... Mais objectivement, force lui était de reconnaître que la performance offerte par les Amethiens était tout à fait remarquable.

Ce qui était remarquable, aussi, c'était le monde présent. Des jeunes, vieux, pauvres et riches, un peu de tout. Il y avait de nombreux visages mais elle n'en connaissait presque aucun... Giu espérait avoir quelques mois pour apprendre les noms des personnes à connaître, avant de se retrouver lancée dans des grandes réunions officielles... Mais le destin en avait décidé autrement, par l'intermédiaire de la mort du prince Elrich. La philosophe se demandait qui pouvait avoir fait ça... En règle générale, il suffisait de suivre l'argent et de voir à qui le crime profitait mais hélas, il pourrait profiter à bien du monde... Il s'agissait là des dessous de la politique. Tout le monde ou presque avait un plan, un "petit truc" dans sa manche...
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