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 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: 1er étage

C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi.

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Hélène de Valene
Comédienne
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MessageSujet: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Lun 6 Fév 2017 - 19:12
Les plis de ma robe dansaient alors que je traversais les couloirs de l'étage des Grands vers les appartements d'Everard.
J'avais réfléchi à cela une bonne partie de la journée avant de prendre une décision.
Je m’inquiétais énormément pour Lilith, en particulier car j'allais devoir m’éclipser au Grand Théâtre quelques temps. En effet, certaines affaires qui ne pourraient être mises de côté encore longtemps, il allait falloir que je m'en occupe.
Je n'avais pas le choix, j’espérai secrètement qu'Everard portait quelques affections envers l'impératrice et sachant mon départ imminent garderait un œil sur elle.

Au delà de cela, c'était son comportement qui m’inquiétait.
Je la sentais telle une bombe prête à exploser, une tête prête à éclater, les sentiments enclins à la submerger.
De mon avis, elle allait perdre le contrôle tout en prétendant le garder.
Un deuil est telle une mauvaise herbe. Soit on l’enlève dès la racine, et elle disparaît soit on l'a laisse proliférer, et dans ce cas son extraction paraît moins aisée.
Il en est de même pour un deuil, si Lilith ne se laisse pas consumer par sa peine, alors celle-ci va s'enliser dans le cœur et pourrir. Une fois que cela sera fait, il sera beaucoup plus difficile de sortir du gouffre ou elle se sera elle même prise au piège, toute impératrice qu'elle est.

Je ne voulais pas que cela lui arrive. Mais il semblait bien que je n’étais pas la bonne personne pour traiter de cela.
Mon amour me repoussait dès lors que je paraissais me soucier d'elle, me portant des intentions peu louables alors que je ne faisais preuve que de compassion sans arrière pensées. Contrairement aux courtisans, ambassadeurs, ministres et j'en passe.

Soudain, mes mains tremblèrent, ma tête tourna. Je me sentis faible, la vue vague.
Je cherchai du regard, affolée et fit quelques pas me permettant de m'asseoir  sur le petit muret de la fontaine du 2ème.
Je l'avais toujours aimé. Simple, faîte de pierre, robuste, une étrange sensibilité s'en dégageait. Elle donnait à ce lieu un charme presque romantique.
Je posais mes yeux sur le sol. J'avais de petites bottines marrons sans talons, adaptées à la marche. Entre les escaliers, les couloirs immenses, j'avais depuis longtemps privilégié le confort à  l’élégance quant à mes pieds.
Je critiquais Lilith mais depuis combien de temps n'avais je pas mangé non plus ?
Obnubilée par le bien-être de mon aimée j'en avais oublié le mien.
Quelques jours au Grand théâtre me ferait du bien, si seulement...
Je plongeais mes mains dans l'eau fraiche et caressa mon visage.
Si seulement...
Je me levai, déterminée.
Serrant le poing, j'arrivai devant les quartiers d'Everard.
Appréhension, colère, frustration, tristesse. Tels étaient mes sentiments tandis que je frappais de ma petite main la porte ou le nom d'Everard y était inscrit.

Des bruits de pas d'abord étouffés puis lourds parvinrent à mes oreilles.
Les poils de mes bras se dressèrent, mes pieds dansèrent à tour de rôle. Je pris appui sur le mur, baissant la tête. Quelques mèches de cheveux s’échappèrent de mon chignon et descendirent devant mon visage.
Je respirais profondément.
La poignée fut saisie de l'intérieur et commença à s'abaisser.
Je relevai la tête, me tenant droite telle ce qu'on attendait d'une première favorite.
Trop tard pour fuir.

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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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Nationalité : Amethien
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Mer 8 Fév 2017 - 13:03
La prière. Voilà ce que j’avais décidé de faire pour aujourd’hui avec un petit cercle de privilégiés. Des membres du Protectorat d’Ameth et des convertis par mes soins, réunis dans la prière dans le petit salon de mes appartements. Nous étions une dizaine alors que la prière ‘amorçait par un temps de silence un temps de recueillement avant de nous mettre ç chanter les cantiques Améthiennes… ça libèrerait, ça ferait du bien, nous nous apaiserons ensemble dans la prière… je leur souris à tous et je les remerciais par avance en me disant qu’Elrich aurait apprécié cela. Oui, il aurait même adoré… tant de fidèles qui se réunissaient pour prier… oui, c’était parfait.

« Mes enfants, mes amis, recueillons-nous en silence pour nous mettre dans le bon état d’esprit d’appel à la prière. »

Le silence s’imposa complètement et nous nous laissâmes bercer au rythme de notre respiration commune, qui était lente et tranquille. Se recentrer pour prier, voilà l’importance de cet instant de silence… mais cet instant silence ne devait pas durer. Pour preuve ? On toqua doucement à la porte. Quelqu’un était arrivé et demandait sans doute à être reçu. Aussi me levais-je et me dirigeais au sein des lieux austères de mes appartements vers la porte. Oui, mes appartements étaient austères et limite spartiate, pourrait-on dire… en fait je ne voyais pas l’intérêt du luxe à l’extrême… et du coup mon appartement ne disposais que de quelques tentures tissées d’extraits des Livres d’Ameth. Pour le reste, un mobilier simple et très beau mais qui gardaient une allure spartiate. Pas par manque de moyen mais par gout personnel. Ma cellule au sein du monastère me manquait aussi pour cela. Mais je prenais mon bâton de fonction et j’ouvrais la porte…

… pour tomber sur Mademoiselle De Valene… que faisait donc cette bécasse devant mes appartements ? Bonne question... je la regardais, l’étudiais presque et j’hésitais à la faire retrer… la prière dans le petit salon commençait en chantant… voilà qui me convenait. Je lui ouvris finalement la porte plus grande, pour qu’elle puisse entrer dans mon vestibule.

« Mademoiselle de Valene… je suis fort surpris de vous trouver devant ma porte… je vous souhaite le bonjour ! »

Je lui souris avant de lui indiquer un siège dans le vestibule.

« Je vous en prie, prenez place, et ne prenez pas ombrage que je vous reçoive dans le vestibule, mais j’ai des ouailles en train de prier dans mon petit salon. Aussi je préfère éviter de les déranger… au même titre, mon valet est en train de prier, aussi, je ne puis vous proposer des rafraichissements… »

Puis, enfin, j’en venais au vif du sujet.

« Que puis-je pour vous ? »

Mon ton était un peu sec, mais qui aurait pu me le reprocher, au juste ? J’étais en train de prier et on m’avait interrompu. Pire, c’était cette bécasse qui m’avait interrompue…


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Hélène de Valene
Comédienne
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Jeu 9 Fév 2017 - 21:34

Alors que la porte s'ouvrait, Everard se présenta devant moi.
Je sentis son regard se poser sur moi. Ses grands yeux bleus me fixaient, tant et si bien que je me demandais s'il ne cachait pas de sales intentions à mon égard.
Je secouais mentalement ma tête dans tous les sens  sous la bêtise de ma réflexion. Everard attiré par moi c’était comme  si subitement il allait boire plus que de raison aux Vices et Délices et qu'il finissait à imiter un canard.
Aucune. Et tant mieux.
J'entendais des chants plus loin dans ses appartements. Religieux évidemment.
Il s'effaça enfin afin que je puisse rentrer.
Une fois la porte refermée, je m’arrêtai et regardais autour de moi.
Un meuble en bois simple à peine verni, deux chaises. Son entrée transpirait la joie, l’enthousiasme, la vie...

« Mademoiselle de Valene… je suis fort surpris de vous trouver devant ma porte… je vous souhaite le bonjour ! »

Il me sourit avant de m'indiquer un siège dans la pièce.

« Je vous en prie, prenez place, et ne prenez pas ombrage que je vous reçoive dans le vestibule, mais j’ai des ouailles en train de prier dans mon petit salon. Aussi je préfère éviter de les déranger… au même titre, mon valet est en train de prier, aussi, je ne puis vous proposer des rafraichissements… »

Tout en m'asseyant je lui répondis.

-Bonjour Everard. Désolé de m'imposer à vous sans avoir prévenu au préalable. J’espère que vous allez bien malgré les circonstances. Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas soif.

Je remis une mèche de mon chignon derrière l'oreille.

« Que puis-je pour vous ? »

Cette question m'arriva de plein fouet, de but en blanc, sèchement. Je sentais ses yeux rivés sur moi, un pointe de mécontentement dans sa voix était discernable. Il se trouvait être souvent agacé en ma présence. Sans doute l’exaspérais-je.
Je jetai un coup d’œil vers le salon.
Comment aurais-je pu savoir qu'il priait ?

Je pris une profonde respiration, levais les yeux vers lui et débutai :

-Tout d'abord, je suis navrée pour la perte de ton frère.
On sait tous les deux que je ne le portais pas spécialement dans mon cœur. Cependant, il n'a pas rendu Lilith malheureuse. En cela je le respecte.
Si je viens te voir aujourd’hui c'est que je m’inquiète pour l'impératrice. Elle n'a pas pris le temps de  respirer, loin des mondanités du palais j'entends. Continuellement entourée de sa coure, elle va finir par éclater. Et qui sait ce qu'il se passera à ce moment là...
Notre relation est, tu le sais...


Alors qu'il me regardait je pris soudain conscience de la outrecuidance de ma visite. En quoi restais-je à ma place en venant à l'improviste chez lui confier mes inquiétudes au sujet de Lilith ? Son frère est mort.
Refusant de perdre la face, je continuais avec le reste de courage qui me restait.

-Elle ne m'écoutera pas. Je me doute que tu l'ais vu dernièrement.
Pourrais-tu faire attention à elle quand moi je ne le peux pas ? Pourrais-tu être là le jour ou elle s'effondrera ?

Je m'imaginai soudain Lilith sur les genoux d'Everard en pleurs s'accrochant à ses épaules tandis qu'il lui  caresserait les cheveux récitant une des ses prières au creux de son oreille, essayant de l'apaiser.

-Le feras-tu ?
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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Jeu 9 Fév 2017 - 23:04
« Bonjour Everard » … ça commençait bien dites donc ! D’abord ce n’était pas « bonjour Everard », mais « mes salutations Prieur Zullheimer » que l’on pouvait compléter pour plus d’obséquiosité par « Premier Serviteur de la Lignée en Ambrosia ». Dans son cas, faire preuve d’obséquiosité n’aurait pas été déplacée, surtout quand on considérait que nos relations étaient pour le moins tendues. Je ne l’avais jamais appréciée, cette gourde, et en retour, elle ne semblait pas me supporter non plus. Alors cette familiarité… non, elle ne me convenait pas… et elle n’était pas tolérable ! Et encore pire ! Elle se mit à me tutoyer, je me retins d’ailleurs de la gifler pour lui faire passer le gout de ses mauvaises manières… ma tutrice me disait toujours que parfois, une bonne paire de gifles, ou une bonne fessée, ça remettait toutes les choses à leur place… mais bon. Il la fusilla du regard alors qu’elle s’expliquait, et parce que moi j’étais poli, je l’écoutais du début à la fin. Et je portais même une oreille attentive à ce qu’elle disait, parce qu’elle avait peut-être pour une fois quelque chose d’intéressant à dire… mais au final… au final, je n’en étais pas sur… le deuil était une chose qu’il fallait faire passer lentement… chacun avait son rythme et il n’y avait pas de schémas type de la manière dont se passait le deuil…

« A votre question, j’en poserai une autre… serions-nous devenus intimes sans que je l’apprenne ? Aurai-je usé des charmes de la putain impériale sans m’en souvenir ? Non, même pas la peine de me répondre pour protester, ou ne vous sentez pas insultée, vous n’avez jamais eu d’autre réputation que celle-ci, celle d’une putain propriété privée de l’impératrice… au fond, parler de favorite n’est jamais qu’une manière propre de le dire ! »

Je souris l’air mauvais.

« Alors dois-je vous considérer comme telle à cause de vos manières ? Ou allez-vous vous ressaisir ? Je ne parle pas des affaires d’état avec n’importe qui ! Et oui, les humeurs de l’impératrice sont une affaire d’état, que vous le vouliez ou non. Et vous n’êtes personne, rien ni personne… quant à moi je suis le prieur Everard Zullheimer, Premier Serviteur de la Lignée d’Ameth en Ambrosia. Et j’estime que j’ai le droit et que vous avez le devoir de me considérer comme tel ! »

Puis, finalement je me radoucis, après tout, cette bécasse n’avait peut-être même pas conscience de m’avoir insulté. Alors une fois la remontrance faite, je passais à autre chose, je ne voyais pas l’intérêt de revenir là-dessus. Sauf peut-être l’idée de me défouler un bon coup !

« Que connaissez-vous à la mort ou au deuil ? Que savez-vous de ce que l’on ressent quand un proche vous est emporté ? Vous ne vous êtes comportée que comme un vautour, comme un vulgaire chacal, un charognard qui s’est jeté sur SA Majest2 alors que le cadavre de son époux n’est même pas encore brulé ! Et je devrais faire quelque chose pour vous qui n’avez pas de vrai respect ni pour un mort ni pour le deuil de son épouse ? Tout ce qui vous intéresse c’est que les draps de l’impératrice pourraient vous êtes à nouveau ouverts, quitte à profiter du deuil et de la faiblesse qu’il entraine… vous me dégoutez profondément, et en même temps je vous admire…vous êtes peut-être moins sotte que je le pensais… avoir l’idée de profiter de ça… chapeau bas, même un félon n’aurait peut-être pas osé ! »

Je soupirais avant de lui demander.

« Et si je le faisais pour vous, qu’y gagnerai-je ? »


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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Ven 10 Fév 2017 - 0:01
A votre question, j’en poserai une autre… serions-nous devenus intimes sans que je l’apprenne ? Aurai-je usé des charmes de la putain impériale sans m’en souvenir ? Non, même pas la peine de me répondre pour protester, ou ne vous sentez pas insultée, vous n’avez jamais eu d’autre réputation que celle-ci, celle d’une putain propriété privée de l’impératrice… au fond, parler de favorite n’est jamais qu’une manière propre de le dire ! »

Sa tirade me fit l'effet d'un coup de poing. Pire, comme si on m'avait tabassé à la sortie d'un bar, et laissée pour morte sur le bas côté de la route. Seule, sanglante, crachant mes dents.
Une putain, moi ? Pour cela, aurait-il fallu que j'ai des rapports avec elle. Et plutôt crever deux fois que le sentir en moi. Il me répugnait à présent.
Je ne me leurrais pas sur la réputation que l'on me donnait. Je n'avais que peu d'amis. Mais se l'entendre dire... J'avais mal.

Il me sourit. Prenait-il un réel plaisir à me blesser ? Etait-il encore plus mauvais que ce que je ne pensais. Quelle conne j'étais d'être venue ici.

« Alors dois-je vous considérer comme telle à cause de vos manières ? Ou allez-vous vous ressaisir ? Je ne parle pas des affaires d’état avec n’importe qui ! Et oui, les humeurs de l’impératrice sont une affaire d’état, que vous le vouliez ou non. Et vous n’êtes personne, rien ni personne… quant à moi je suis le prieur Everard Zullheimer, Premier Serviteur de la Lignée d’Ameth en Ambrosia. Et j’estime que j’ai le droit et que vous avez le devoir de me considérer comme tel ! »

C'était donc cela ? Je l'avais blessé dans son estime ? Je n'avais que faire de tous ces protocoles. Rentrer dans un moule qui ne me correspondait pas pour faire plaisir à une personne que je n’appréciais pas ?
J'aurai pourtant du... Je n'étais pas venue ici pour me disputer, ou me faire insulter. Mais pour ma Lilith. Je l'aime. Au moins si putain je suis, putain honnête je reste.
Je n'ouvris pas la bouche une seule seconde. Serrer les dents, rester impassible.
Attendre. A chacun son temps.

« Que connaissez-vous à la mort ou au deuil ? Que savez-vous de ce que l’on ressent quand un proche vous est emporté ? Vous ne vous êtes comportée que comme un vautour, comme un vulgaire chacal, un charognard qui s’est jeté sur SA Majest2 alors que le cadavre de son époux n’est même pas encore brulé ! Et je devrais faire quelque chose pour vous qui n’avez pas de vrai respect ni pour un mort ni pour le deuil de son épouse ? Tout ce qui vous intéresse c’est que les draps de l’impératrice pourraient vous êtes à nouveau ouverts, quitte à profiter du deuil et de la faiblesse qu’il entraine… vous me dégoutez profondément, et en même temps je vous admire…vous êtes peut-être moins sotte que je le pensais… avoir l’idée de profiter de ça… chapeau bas, même un félon n’aurait peut-être pas osé ! »

J'eu envie de lui cracher à la gueule avant d'être surprise et honteuse de ce sentiment. J'avais toujours essayé de vivre dans l'amour de mon prochain, au pire dans l'indifférence de celui-ci. Jamais dans la haine.
Chaque personne a du bon en elle, simplement tout le monde n'est pas capable de le voir.
Je tentais toujours de voir le bon, de caresser les gens de mon sourire, aussi bête puisse-t-il paraître.
Ma gorge se serrait. Ma poitrine semblait sur le point d’éclater. Mon ventre se tordait alors que mes oreilles bourdonnaient.

« Et si je le faisais pour vous, qu’y gagnerai-je ? »  

Il m'invitait à lui répondre.
Que dire ? Il m'avait touché en plein cœur. Me laissant percevoir une image de moi que je ne m'étais jamais représentée.

-Je ne sais ce que vous pourriez gagner d'une putain, et d'une sotte telle que moi. Il y a-t-il vraiment quelque chose à gagner ? Vous me parlez de mon opportunisme, de mon manque d'empathie pire vous pensez que j'oserai un jour profiter de Lilith. Et vous me demandez ce que vous pourriez retirer de l'aide que vous me fourniriez ? Aide qui n'est pas pour moi mais pour l'impératrice.
Je suis bien peinée qu'après toute ces années vous ne m'ayez toujours pas cernée et pensez autant de mauvaises choses de moi.
Je juge votre remarque déplacée et malhonnête.
Je ne souhaite plus de votre aide, prieur Everard Zullheimer, Premier Serviteur de la Lignée d’Ameth. Elle ne serait pas faîte dans la pure bonté mais dans l'espoir d'en retirer quelque chose.


Je me levai doucement avec toute la grâce dont j'étais encore capable, mortifiée que j'étais. Je lui fis un signe de tête et me retournais en direction de la porte, une larme finissant par rouler sur une de mes joues.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Ven 10 Fév 2017 - 18:52
Y étais-je allé un peu fort ? Possible, probable, presque sûr, même ! Mais d’un autre côté cela me faisait beaucoup de bien, cela me défoulait et sans que j’ai besoin de mentir, cette bécasse n’avait aucun intérêt si ce n’est d’être la putain impériale avant qu’elle ne soit mariée… si cela avait été en mon pouvoir je l’aurai mariée à un Amethien bien pieu et envoyée de l’autre côté du ^protectorat, à peu près le lieu le plus éloigné d’Ambrosia que l’on pouvait imaginer au sein du monde civilisé… le plus loin possible du trône, le plus loin possible de moi, le plus loin possible de Sa Majesté… si je n’avais pas entendu un autre son de cloche de la part d’Elrich, j’aurai depuis longtemps fait en sorte qu’elle ne soit plus une gêne pour le couple impérial. Mais bon, comme disait Elrich, cette pauvre petite avait tout perdu, y compris sa dignité, alors inutile de lui faire plus de mal encore… au fond, c’était une enfant un peu sotte qu’il fallait avoir à l’œil pour qu’elle ne fasse pas de bêtises… mais venant d’Elrich, c’était paternaliste... il n’avait rien, réellement contre elle… et moi… moi je la voyais comme une gêne potentielle jusqu’à ce qu’elle se carapate jusqu’à l’Impératrice dans l’espoir de la récupérer avant d’avoir été présente aux obsèques de mon frère… et ça avait été clairement un outrage ! Et sa manière de s’adresser à moi… nous n’avais jamais été intimes, et elle me traitait comme si je lui étais aussi familier que son frère ou son amant et ça, non, ça ne passait pas. Pire encore, j’étais quelqu’un, moi, j’avais un rang social, un rôle religieux, et s’adresser à moi comme elle l’avait fait relevait presque du blasphème ! Si je m’étais retenu de l’appeler blasphématrice, ça avait été de justesse…

Quand répondit enfin, je manquais de rire… jusqu’à ce qu’elle prononce comme de rien le nom de l’impératrice, comme si c’était normal, je tiquais là-dessus mais je me retenais et restais silencieux… donc elle voulait le beurre, l’argent du beurre, et les dessous de la crémière… elle voulait la considération, l’impératrice, et la bonté gratuite… là je ne me retins plus, j’éclatais de rire, comme cela n’était pas arrivé depuis le décès de mon frère… un vrai fou rire avant de finalement me calmer – plus vite que prévu – en la voyant sur le point d’ouvrir la porte…

« Je ne vous ai pas donné congé, à ma connaissance ! »

Bon, le ton s’était adouci grâce au rire, donc c’était sans doute plus agréable à entendre. Mais qu’elle ne se fasse pas d’illusion, j’étais toujours remonté contre elle. Je m’approchais pour la voir de plus près, et d’une certaine manière je fus satisfait quand j’aperçu sa petite larme, d’ailleurs, m’empêcher de la commenter était bien au-dessus de mes forces… après le mal qu’elle causait sans s’en rendre compte… une repentance serait bien la moindre des choses n’est-ce pas.

« Serait-ce une larme de repentance ? De regret ? Comprenez-vous le mal que vous faites tant au trône qu’à sa majesté l’impératrice – j’insistais lourdement sur les termes sa majesté l’impératrice, comme un rappel qu’elle n’était pas au-dessus de l’étiquette, loin s’en fallait – ainsi qu’à d’autres personnes, comme moi-même qui vois le corps de son frère bafoué ? Ou est-ce que cela va vous passer au-dessus de la tête aussi ? »

Je soupirais profondément avant de reprendre sur un ton plus doux.

« Je veillerai sur sa Majesté, parce que vous n’êtes pas la seule à avoir le droit de l’appeler par son prénom en privé, mais en échange, voilà ce que vous allez faire. Vous ne vous rendrez plus de manière imprévue dans ses appartements et vous refuserez de rester avec elle, que ce soit en vous isolant ou empêchant toute autre personne de vous voir ou vous entendre. Et si vous tenez tant que ça à être proche de Son Altesse Impériale, alors vous attendrez la fin du temps de veuvage et vous vous déclarerez prétendante pour la place de princesse consort. Sinon, je jure qu’on ne retrouvera jamais votre corps… et ça, si besoin est, j’en ferai un serment sur les Dieux… »

La froideur de la fin de ma phrase voulait tout dire, non ?


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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Dim 12 Fév 2017 - 16:49
« Je ne vous ai pas donné congé, à ma connaissance ! »

Il se rapprocha doucement de moi avant même que je ne puisse lui répondre. Je le trouvais trop prêt, je pouvais sentir son haleine sur mon visage, voir cette méchanceté dans ses yeux. Il me faisait peur.

« Serait-ce une larme de repentance ? De regret ? Comprenez-vous le mal que vous faites tant au trône qu’à sa majesté l’impératrice  ainsi qu’à d’autres personnes, comme moi-même qui vois le corps de son frère bafoué ? Ou est-ce que cela va vous passer au-dessus de la tête aussi ? »

-Si je vous ai blessé j'en suis navrée, ce n'était en aucun cas mon but. Tout comme jamais je n'ai souhaité faire souffrir Lilith ou le trône. Au contraire, si je suis ici malgré nos relations, c'est seulement pour l’impératrice et non pour moi.

Il soupira avant de reprendre,

« Je veillerai sur sa Majesté, parce que vous n’êtes pas la seule à avoir le droit de l’appeler par son prénom en privé, mais en échange, voilà ce que vous allez faire. Vous ne vous rendrez plus de manière imprévue dans ses appartements et vous refuserez de rester avec elle, que ce soit en vous isolant ou empêchant toute autre personne de vous voir ou vous entendre. Et si vous tenez tant que ça à être proche de Son Altesse Impériale, alors vous attendrez la fin du temps de veuvage et vous vous déclarerez prétendante pour la place de princesse consort. Sinon, je jure qu’on ne retrouvera jamais votre corps… et ça, si besoin est, j’en ferai un serment sur les Dieux… »


Il me terrifiait.
Je savais qu'il pesait chaque mots sortant de sa bouche et qu'il n'aurait donc aucun mal à se débarrasser de moi.
Avait-il raison ? Mon comportement était-il à ce point problématique ?
Lorsque je suis allée voir Lilith,elle n'a pas désiré que nous restions seule. Nous nous sommes donc installées à la vue de tous.
Peut-être ne m'étais-je pas rendue compte du mal que je pouvais faire. Tellement préoccupée par la femme aimée,  je n'ai pas pris en compte le reste.
Je n'étais pas une imbécile pourtant.
Je commençais à envisager les reproches d'Everard sous un autre angle. Effectivement, d'une vision extérieure il était aisée de croire que je m'étais jetée sur l'impératrice, pire que j'essayais de la détourner de son veuvage. Or, cela pourrait lui attirer des ennuis. Elle n'avait pas à payer le prix de mon égoïsme.
Etait-il possible de faire mal par amour ?

Je relevai les yeux vers le prieur, froide et calme.

Je doute que l'impératrice ne tolère une menace de mort à mon encontre tout comme je ne l'accepte pas. Cependant, je pense comprendre les reproches que vous me portez. Effectivement, mon attitude pourrait être mal perçue.
Je ne peux vous promettre de ne pas échanger avec elle ou de ne pas la rencontrer mais dorénavant, cela sera fait  suivant les protocoles établies ainsi d'aucun ne pourra douter de son comportement par ma faute.
Quant à me proposer comme prétendante.... J 'en doute.
Avons nous un accord ?


J'avais été honnête envers moi-même.
J'avais fait des compromis.
En ferait il autant ?
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Jeu 23 Fév 2017 - 1:25
Navrée d’avoir fait souffrir malgré elle… ben voyons… je lui souris, un rien sardonique, quelle bécasse stupide et bouchée… elle ne pouvait pas comprendre, parce qu’elle refusait de se plier aux règles, estimant qu’elle ne la concernait pas, peut-être ? Mais au final, elle finirait chassée de la cour et ce ne serait pas plus mal. Au final, ce serait un bon débarras ! Je la regardais de haut, sachant très bien que je survivrais là où elle se vianderai sans le moindre doute possible… quelle idiote ! Je la regardais toujours, ne la lâchant pas alors que je voyais une lueur de compréhension dans son regard. Elle comprenait mais n’assumait pas… quant à cette histoire de menace de mort… non, elle ne l’aurait pas toléré, mais seulement elle e comprenait pas. Elle ne comprenait pas du tout ce que cela impliquait !

Elle comprenait que son attitude pouvait être mal perçue ? Et bien pour être plus juste elle avait été mal perçue, il n’y avait pas de doutes en la matière… et si elle ne comprenait pas en quoi, réfléchissez quelques instants. A peine le cadavre du prince froid – ou pas loin -  elle s’était précipité là-bas comme un prédateur sur le coin favori de sa proie… alors qu’elle ne fasse croire à personne qu’il ne s’agissait pas de cela… personne au palais ne la croirait, personne n’était aussi stupide n’est-ce pas ? Moi la seule chose que je voyais, c’était l’insulte… l’insulte envers mon frère. Mais bon, dans tous les cas, si elle espérait comprendre, elle avait peut-être un début de compréhension !  Viendrait le moment où elle comprendrait tout cela et elle ficherait le camp du palais, et n’y remettrait jamais les pieds.

J’opinais du chef quand il s’agit des modalités de rencontres avec l’impératrice, au même titre qu’au sujet de devenir prétendante… oui, c’était logique… d’ailleurs je ne pus m’empêcher de rebondir là-dessus…

« Et vous faites bien d’en douter… car il n’y aura jamais plus rien entre vous et l’impératrice…et n’y en a jamais eu… et comme une bécasse vous avez rêvé… le mieux aurait été de le comprendre et de ne pas rester ici… les rayures avec les rayures, les taches avec les taches, et vous, vous êtes une tache… le petit détail qui rend l’impératrice moins respectable, le petit grain de sable qui fiche en l’air tout l’engrenage… au final, parce que vous êtes et parce que vous voulez faire comme si les us, les coutumes, les règles de tacites de vie à la cour ne vous concernent pas, parce que vous êtes incapable de vous tenir à votre place, vous gênez l’Impératrice, même si personne ne le dira, car vous serez toujours la cinquième roue du carrosse… »

Je restais silencieux quelques instants.

« Toutefois nous avons un accord, à une dernière condition… désormais, je veux avoir tous les soirs un rapport de votre part sur ce qui se passe… quoiqu’il se passe, quoique vous entendiez, quoique vous voyiez qui puisse avoir de l’intérêt, je veux que vous me teniez au courant… faute de demande de pardon pour souiller la mémoire d’un mort, au moins pouvez-vous œuvrer pour faire oublier cette faute… »

Finalement je la saisis par le menton.

« Ah et petit détail… l’impératrice ne tolère peut-être pas que vous soyez menacée de mort, et vous ne l’acceptez pas, mais ce que vous n’acceptez pas et qui ont lieu dans votre dos dépassent votre entendement. Idem pour la tolérance de l’impératrice… seulement, vous ne comprenez pas… je ne vous menace pas, je me contente de faire une promesse. Mais si vous vous en tenez très fidèlement à cet accord, alors peut être pourrais-je faire contre mauvaise fortune bon cœur. Votre vie ne risque rien tant que vous m’écouterez… »


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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Jeu 2 Mar 2017 - 0:12
« Et vous faites bien d’en douter… car il n’y aura jamais plus rien entre vous et l’impératrice…et n’y en a jamais eu… et comme une bécasse vous avez rêvé… le mieux aurait été de le comprendre et de ne pas rester ici… les rayures avec les rayures, les taches avec les taches, et vous, vous êtes une tache… le petit détail qui rend l’impératrice moins respectable, le petit grain de sable qui fiche en l’air tout l’engrenage… au final, parce que vous êtes et parce que vous voulez faire comme si les us, les coutumes, les règles de tacites de vie à la cour ne vous concernent pas, parce que vous êtes incapable de vous tenir à votre place, vous gênez l’Impératrice, même si personne ne le dira, car vous serez toujours la cinquième roue du carrosse… »

Une tache ? J'étais donc simplement cela pour lui ? Une simple tâche dans son environnement ? Une moisissure se rependant contre son gré lui apportant dégout et mépris.
Je ne pourrais jamais prétendre me présenter comme prétendante, Lilith ne le permettrait pas. Les bruits de couloir au Palais sont rois. Rapidement quelques uns médiraient quant à notre relation alors que d'autres iraient certainement jusqu'à colporter des mensonges honteux nous concernant sur la mort d'Elrich. En peu de temps ces rumeurs traverseront les strates de la villes, et avant même que l'on prenne conscience du regard acérè du peuple à notre encontre, nous devrons leur rendre des comptes. Ou pire...
Cela n'arriverait jamais.
Jamais.
Ce rêve venait de partir en fumée. Un autre s'avancerait au bras de Lilith sous peu. Devrais-je remercier Everard pour cela ?
Il restait silencieux maintenant. Espérait-il que je réponde quelques compliments à son égard... Je ne m'y risquais pas, attendant qu'il prenne la parole à nouveau

« Toutefois nous avons un accord, à une dernière condition… désormais, je veux avoir tous les soirs un rapport de votre part sur ce qui se passe… quoiqu’il se passe, quoique vous entendiez, quoique vous voyiez qui puisse avoir de l’intérêt, je veux que vous me teniez au courant… faute de demande de pardon pour souiller la mémoire d’un mort, au moins pouvez-vous œuvrer pour faire oublier cette faute… »

Allait-il chaque fois quémander une condition de plus ?  La prochaine fois ce sera quoi ? Une relecture de chacune de mes pièces pour validation de monsieur ? Un programme de mes déplacements au sein de la ville ? La prise de ma liberté ?
Une idée germa en moi, petite graine d'abord.  
Il désirait trop.
Petite pousse s'affirmant ensuite.
Pourquoi devais-je l'informer des possibles découvertes que je ferais ?
Alors que ma réflexion prenait racine, je déduisit qu'il voulait m'éloigner de Lilith.
Un éclair m’électrocuta le cœur.
Il l'aimait.
Mon aversion pour lui se transforma en haine.
J'eu le courage de plonger mon regard dans ses yeux tout en lui murmurant

J'en réfère déjà à Lilith, chaque jour. Faut-il que je vous fasse passer avant l'Impératrice ? Dans ce cas, vous comprendrez qu'il me faudra la prévenir. Nul autre ne saurait passer avant Sa Majesté, Prieur. Ensuite effectivement, je vous ferais part de ce qui peut être intéressant au en ce qui concerne la mort de votre frère.

Il me prit par le menton scellant le pouvoir qu'il exerçait  sur moi, m'oppressant. Rendant toute fuite inaccessible, je sentais ses yeux fixés sur moi me détailler. Trop proche.
Un geste de domination pur et simple que je détestais et qui me terrifiait.
Détourner le regard, m'éloigner, m’échapper, il avait rendu cela impossible.
J'étais prisonnière.
J'essayais de me dégager tant bien que mal alors qu'il s’exprimait de plus belle

« Ah et petit détail… l’impératrice ne tolère peut-être pas que vous soyez menacée de mort, et vous ne l’acceptez pas, mais ce que vous n’acceptez pas et qui ont lieu dans votre dos dépassent votre entendement. Idem pour la tolérance de l’impératrice… seulement, vous ne comprenez pas… je ne vous menace pas, je me contente de faire une promesse. Mais si vous vous en tenez très fidèlement à cet accord, alors peut être pourrais-je faire contre mauvaise fortune bon cœur. Votre vie ne risque rien tant que vous m’écouterez… »

Je finis par me libérer de sa poigne. J'avais envie de masser mon menton endolori mais je ne pouvais lui octroyer cette faveur. Je n'étais pas aussi stupide qu'il paraissait le croire.
Je préférais ignorer sa dernière tirade. Jouissait-il fort entre ses jambes en me parlant de la sorte ?
Je fermais les yeux afin de faire le point avec moi-même.
Peu de temps me suffirent pour admettre que j'étais perdante ce soir. Il aurait le dernier mot. Plus je tenterais de grappiller plus il augmenterait ses exigences à mon sujet..
Je n'avais pas le choix.

Soit, je ferais selon votre bon vouloir et vous informerais dans le cas d'obtention de quelques informations utiles.
Je suis invité à un diner chez Madame Clark, vous serez informé du déroulement de la soirée si cela s’avèrait nécessaire.
En attendant, je n'ai rien à ajouter que Lilith ne sache déjà.
Puis-je me retirer ?
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Lun 6 Mar 2017 - 11:52
Je me retins de justesse de la gifler quand elle réutilisa le prénom de l’impératrice. Le lèse-majesté, connaissait-elle ? Je la foudroyais du regard alors qu’elle se montrait plus effrontée et plus téméraire qu’elle ne le devrait pour sa propre santé, pour sa propre vie. Je n’avais pas la tolérance et la gentillesse de mon frère vis-à-vis de cette femme. Là où il ne voyait qu’une déception, moi je voyais la vérité. Elle n’était pas juste déçue de ne pas avoir pu rester auprès de l’impératrice comme sa putain, non, elle était juste une petite garce, une fausse mégère pétrie de jalousie et qui convoitait ce qu’elle n’aurait jamais. A bien y réfléchir, elle aurait pu y gagner à tuer mon frère. Je demanderai à un traqueur d’impie d’enquêter… cela ne changerait pas grand-chose, mais au moins avais-je la certitude qu’elle n’avait pas nui et ne nuirait pas… car là, je me demandais si elle n’en aurait pas été capable... une femme bafouée et même, d’une certaine manière, humiliée, était capable de tout, n’est-ce pas ? Je soupirais bruyamment avant de l’entendre, enfin, se soumettre à mes idées, à mes ordres. Mais quand elle mentionnait à nouveau le prénom de l’impératrice, je ne pus me retenir... la main partie toute seule et comme si elle n’était qu’une enfant, elle prit une gifle dument méritée.

« C’est Sa Majesté ! Je ne tolère aucun lèse-majesté. Vous n’êtes rien ni personne, vous avez peut-être l’autorisation d’appeler son altesse Lilith, mamour, mon cœur, ou autre en privé, je m’en contrefiche, mais lorsque vous n’êtes pas seule avec sa majesté, je ne veux plus vous entendre prononcer ce mot de trop, est-ce clair ? C’est du lèse-majesté. Dois-je vous rappeler ce que le lèse-majesté induit, comme peine ? »

Je n’avais pas frappé très fort, à peine de quoi faire rosir la joue., mais voilà, le message était clair. Je ne tolèrerai rien de moins que les égards qui étaient dus à chacun. Et si elle croyait que j’allais la laisser agir à sa guise comme la parfaite petite idiote qu’elle était, elle se trompait ! J’allais l’éduquer un peu, lui mettre un peu de plomb dans la cervelle. Je la foudroyais du regard. Non, elle n’avait pas la permission de se retirer.

« Et non, vous n’avez pas la permission de vous retirer. Puisque vous ne voulez pas comprendre ce que j’attends de vous – comme c’est étonnant d’ailleurs que ce manque de clairvoyance – je vais être plus clair. Désormais, c’est à moi que vous rendez des comptes, indépendamment de ce que sa majesté l’impératrice sait ou ne sait pas. Vous me ferez vos rapports, vous me direz ce que vous apprenez, et même le plus simple détail sera d’importance. Vous viendrez me faire ce rapport en personne. Et si jamais on vous demande ce que vous faites si souvent en ma compagnie, vous expliquerez que vous venez à confesse pour expier des pensées impures, ou autres, débrouillez-vous. »

Je soupirais et lui indiquais la porte, non pas celle qui menait dehors, mais directement celle qui menait à l’endroit où tout le monde priait.

« Vous allez m’accompagner et prier avec nous, cela vous fera le plus grand bien je pense. »

Enfin, je disais plus bas, en me plaçant entre elle et la porte de sortie.

« Mon frère tolérait peut-être vos écarts. Moi pas. Il a été bien trop généreux… et sauf preuve du contraire, je vous soupçonne autant que les autres, voire beaucoup plus que certains, de la mort de mon frère. Pas dans l’intention de nuire, bien sûr, mais dans l’optique de récupérer l’amour de sa majesté envers et contre tout bon sens…


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