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 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: 1er étage

C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi.

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Hélène de Valene
Comédienne
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Nationalité : Empire de vapeur
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Date d'inscription : 29/01/2017
MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Jeu 9 Mar 2017 - 23:21

J’eus juste le temps d'apercevoir sa main arriver à toute vitesse vers mon visage.. Un bruit sourd se fit entendre, un courant d'air passa le long de mon front.
Il m'avait giflé.
J'avais du le mettre hors de lui pour que cet homme, ce Grand Prieur, s'abaisse si bas. Je perdis toute notion de respect envers lui. Baissant le regard, je posai ma main contre ma joue brulante afin de l'apaiser alors qu'il s'agaçait encore, ses yeux me lançant des éclairs, peut être même commençait-il à baver.
Je n'entendis que sa dernière phrase.

Dois-je vous rappeler ce que le lèse-majesté induit, comme peine ? »

J'aurai pu répondre, essayer de me justifier ou bien même tenter de m'excuser mais je ne me sentais de lui tenir tête. J'acceptais la défaite, pour l'instant.
Il était trop fort, trop viril, trop sûr de lui. J'étais faible, sans pouvoir, hésitante. Je n'avais aucune chance face à lui. Comprenait-il le but de ma visite ? Se rendait-il compte à quel point jem'étais fait violence pour me retrouver seule face à lui ?
Quoi que je pusse faire, dorénavant, il ne me laisserait pas partir. Furieux qu'il était, Everard me briserait jusqu'au bout, juste pour le plaisir.
Cet homme était malsain, aimant le pouvoir et la domination sur les êtres de son espèce.
Il se pourrait très bien qu'il n'ait pas supporté que son jeune frère fut choisi pour être Prince Consort.
La jalousie apporte la mort. J'enverrais mes filles chercher de ce côté.

Son regard se fit encore plus glacial, il me transperça de part et d'autre de mon corps alors qu'il reprenait son monologue, chose qu'il paraissait apprécier exercer.

-Et non, vous n’avez pas la permission de vous retirer. Puisque vous ne voulez pas comprendre ce que j’attends de vous – comme c’est étonnant d’ailleurs que ce manque de clairvoyance – je vais être plus clair. Désormais, c’est à moi que vous rendez des comptes, indépendamment de ce que sa majesté l’impératrice sait ou ne sait pas. Vous me ferez vos rapports, vous me direz ce que vous apprenez, et même le plus simple détail sera d’importance. Vous viendrez me faire ce rapport en personne. Et si jamais on vous demande ce que vous faites si souvent en ma compagnie, vous expliquerez que vous venez à confesse pour expier des pensées impures, ou autres, débrouillez-vous.

Je respirai profondément avant de lui répondre.

Si tel est votre désir Prieur, je ferais en fonction.

Le temps ou je désirais me battre, ne pas flancher, garder ma position... Ce temps là était révolu.
Il voulait un rapport régulier de ce que je pourrais obtenir comme informations ? Tout détail aurait son importance ? Soit, je lui fournirais dans ce cas chaque détail.
Suzie et Juliette allaient pouvoir améliorer leur jeu au Palais et dans la Capitale sous la tutelle de Caroline. Un bon entrainement pour elles.
Je souris intérieurement, il y aurait au moins une chose de bénéfique à toute cette histoire. Les filles seraient sollicitées quotidiennement permettant à leur apprentissage de s’accélérer, voir pour certaines de s'achever.

Everard me désigna la porte, l'air exaspéré alors que mon cœur repartait de plus belle. Ce n'était pas la porte menant aux couloirs des Grands mais celle débouchant sur son salon ou les chants se faisaient toujours entendre à travers les murs épais.

-Vous allez m’accompagner et prier avec nous, cela vous fera le plus grand bien je pense.

Moi ? Prier Ameth ? Je ne saurais pas et je ne connaissais pas. J'étais épuisée, frigorifiée, angoissée.
Il se rapprocha de moi, et me murmura au creux de l'oreille.

-Mon frère tolérait peut-être vos écarts. Moi pas. Il a été bien trop généreux… et sauf preuve du contraire, je vous soupçonne autant que les autres, voire beaucoup plus que certains, de la mort de mon frère. Pas dans l’intention de nuire, bien sûr, mais dans l’optique de récupérer l’amour de sa majesté envers et contre tout bon sens…


Mon souffle se coupa.
Me soupçonner d'avoir tuer Elrich alors que je ne ferais pas même de mal à un chien galeux.
Ma gorge commença à se serrer, à s’assécher alors que je peinas à reprendre une respiration convenable.
Dans le but de récupérer Sa Majesté ? Jamais je n'aurais fait ce genre d'horreurs. J'ai toujours respecter la volonté de ma bien-aimée.
Ma tête tournait alors que ma vision se troublait. Ma respiration avait quasiment cessé bloquée par le nœud qui s’était formé le long de ma gorge.
Et je ne voyais que lui, Everard et son regard mauvais, à mes côtés menaçant.
Je chancelai maintenant ouvrant la bouche à la recherche de quelques bouffées d'oxygène jusqu'au moment ou ma vision s'obscurcit.
Je me sentis tomber au sol, impuissante, aux pieds de ce salaud avant que je ne perde totalement conscience.
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Hélène de Valene
Comédienne
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Nationalité : Empire de vapeur
Messages : 335
Date d'inscription : 29/01/2017
MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Jeu 9 Mar 2017 - 23:24

J’eus juste le temps d'apercevoir sa main arriver à toute vitesse vers mon visage.. Un bruit sourd se fit entendre, un courant d'air passa le long de mon front.
Il m'avait giflé.
J'avais du le mettre hors de lui pour que cet homme, ce Grand Prieur, s'abaisse si bas. Je perdis toute notion de respect envers lui. Baissant le regard, je posai ma main contre ma joue brulante afin de l'apaiser alors qu'il s'agaçait encore, ses yeux me lançant des éclairs, peut être même commençait-il à baver.
Je n'entendis que sa dernière phrase.

Dois-je vous rappeler ce que le lèse-majesté induit, comme peine ? »

J'aurai pu répondre, essayer de me justifier ou bien même tenter de m'excuser mais je ne me sentais de lui tenir tête. J'acceptais la défaite, pour l'instant.
Il était trop fort, trop viril, trop sûr de lui. J'étais faible, sans pouvoir, hésitante. Je n'avais aucune chance face à lui. Comprenait-il le but de ma visite ? Se rendait-il compte à quel point jem'étais fait violence pour me retrouver seule face à lui ?
Quoi que je pusse faire, dorénavant, il ne me laisserait pas partir. Furieux qu'il était, Everard me briserait jusqu'au bout, juste pour le plaisir.
Cet homme était malsain, aimant le pouvoir et la domination sur les êtres de son espèce.
Il se pourrait très bien qu'il n'ait pas supporté que son jeune frère fut choisi pour être Prince Consort.
La jalousie apporte la mort. J'enverrais mes filles chercher de ce côté.

Son regard se fit encore plus glacial, il me transperça de part et d'autre de mon corps alors qu'il reprenait son monologue, chose qu'il paraissait apprécier exercer.

-Et non, vous n’avez pas la permission de vous retirer. Puisque vous ne voulez pas comprendre ce que j’attends de vous – comme c’est étonnant d’ailleurs que ce manque de clairvoyance – je vais être plus clair. Désormais, c’est à moi que vous rendez des comptes, indépendamment de ce que sa majesté l’impératrice sait ou ne sait pas. Vous me ferez vos rapports, vous me direz ce que vous apprenez, et même le plus simple détail sera d’importance. Vous viendrez me faire ce rapport en personne. Et si jamais on vous demande ce que vous faites si souvent en ma compagnie, vous expliquerez que vous venez à confesse pour expier des pensées impures, ou autres, débrouillez-vous.

Je respirai profondément avant de lui répondre.

Si tel est votre désir Prieur, je ferais en fonction.

Le temps ou je désirais me battre, ne pas flancher, garder ma position... Ce temps là était révolu.
Il voulait un rapport régulier de ce que je pourrais obtenir comme informations ? Tout détail aurait son importance ? Soit, je lui fournirais dans ce cas chaque détail.
Suzie et Juliette allaient pouvoir améliorer leur jeu au Palais et dans la Capitale sous la tutelle de Caroline. Un bon entrainement pour elles.
Je souris intérieurement, il y aurait au moins une chose de bénéfique à toute cette histoire. Les filles seraient sollicitées quotidiennement permettant à leur apprentissage de s’accélérer, voir pour certaines de s'achever.

Everard me désigna la porte, l'air exaspéré alors que mon cœur repartait de plus belle. Ce n'était pas la porte menant aux couloirs des Grands mais celle débouchant sur son salon ou les chants se faisaient toujours entendre à travers les murs épais.

-Vous allez m’accompagner et prier avec nous, cela vous fera le plus grand bien je pense.

Moi ? Prier Ameth ? Je ne saurais pas et je ne connaissais pas. J'étais épuisée, frigorifiée, angoissée.
Il se rapprocha de moi, et me murmura au creux de l'oreille.

-Mon frère tolérait peut-être vos écarts. Moi pas. Il a été bien trop généreux… et sauf preuve du contraire, je vous soupçonne autant que les autres, voire beaucoup plus que certains, de la mort de mon frère. Pas dans l’intention de nuire, bien sûr, mais dans l’optique de récupérer l’amour de sa majesté envers et contre tout bon sens…


Mon souffle se coupa.
Me soupçonner d'avoir tuer Elrich alors que je ne ferais pas même de mal à un chien galeux.
Ma gorge commença à se serrer, à s’assécher alors que je peinas à reprendre une respiration convenable.
Dans le but de récupérer Sa Majesté ? Jamais je n'aurais fait ce genre d'horreurs. J'ai toujours respecter la volonté de ma bien-aimée.
Ma tête tournait alors que ma vision se troublait.
Qu'arriverait-il si Lilith prenait connaissance de notre entrevue ? Penserait-elle comme lui ? Me renierait-elle ?
Ma respiration avait quasiment cessé bloquée par le nœud qui s’était formé le long de ma gorge.
Et je ne voyais que lui, Everard et son regard mauvais, à mes côtés menaçant.
Je chancelai maintenant ouvrant la bouche à la recherche de quelques bouffées d'oxygène jusqu'au moment ou ma vision s'obscurcit.
Je me sentis tomber au sol, impuissante, aux pieds de ce salaud avant que je ne perde totalement conscience.


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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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Nationalité : Amethien
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Sam 11 Mar 2017 - 22:38
Son silence était une réponse parfaite à mes yeux. Elle ne pouvait répondre autrement à la leçon que je lui avais donné. Elle se comportait comme une enfant dans la cour des grands. Les autres toléraient cela parce qu’elle avait été assez jolie pour être la mignonne de l’impératrice pendant un temps. Mais pour moi, elle en avait abusé. Une fois mariée, elle aurait du s’éloigner et comprendre que sa place ici était révolue… mais elle n’en avait rien fait, et cette proximité avait été une insulte à mon frère. Pas plus tard que tout à l’heure encore… je grondais silencieusement en la regardant, choquée de prendre enfin une gifle qu’elle avait mérité. Et quand enfin elle parla, ses morts furent une douce musique. Si tel était mon désir, elle ferait en fonction… comme c’était parfait… je lui souris, bien moins mauvais. Maintenant que je savais qu’elle ne serait plus un obstacle pour personne.

« Exactement... »

Puis j'eus un geste presque tendre en lui caressant la tête ! Puis, je la vis s’amollir.. et tournez de l’œil… je la rattrapais avant qu’elle ne touche terre et doucement l’apportait dans la chambre et interrompis la prière pour demander à mon valet de chambre d’aller chercher mon médecin en ville. Même si je connaissais le médecin royal, je préférais un médecin amethien, un bon croyant, qui saurait précisément ce que j’attends de lui… Dans tous les cas, elle patienterait dans mon lit, comme si de rien n’était. Personne ne serait au courant sauf au sein de la très stricte intimité. Et si au moins une ou deux rumeurs finissaient par courir entre cette femme et moi, et bien comme ça j’aurai un peu la paix…
D’ici là je m’occupais bien d’elle. Et puis, pour éviter qu’il y ait des difficultés, il valait mieux ne pas la déplacer.

Un court instant je pensais à faire demander quelque chose pour lui adoucir le caractère, qu’elle soit plus aisément malléable. Mais en fin de compte je renonçais. Ses proches le verraient Je fis aussi venir la dame de compagnie – sans doute la première lécheuse en chef de son service. - afin qu’elle puisse être courant. Mais elle n’était toujours pas arrivée… je patientais alors, tenant la main d’Hélène et prononçant des paroles saintes pour son salut et sa guérison rapide, m’inquiétant réellement de son état...

Elle ne me servait à rien dans cet état. Et il ne fallut pas longtemps pour que finalement, sa servante – qui se présenta sous le nom de Caroline n’arrive, accompagnée de mon médecin, et je priais la jeune femme d’attendre à l’extérieur avec moi pendant que le médecin l’auscultais. Bien évidemment je sentais son inimité à mon égard, mais je ne pouvais rien faire, de toute façon, contre cela, et quand sa maîtresse reprendrait du poil de la bête, cela ne s’arrangerait probablement pas. Mais j’avais quelque chose pour moi, dans cet histoire : il y avait dans la pièce à côté d’où nous discutions, mademoiselle de Valène et moi, il y avait une douzaine de témoins attestant qu’aucun bruit n’avait pu laisser soupçonner qu’elle avait été battue, violentée, ou autre ! On ne pouvait rien me reprocher !

« Ecoutez moi, je ne suis pas responsable de son état. Ce sont sans doute les fortes émotions de ces derniers jours, tout simplement… par Ameth, je ne vois pas ce que j’aurai pu faire et qui aurait causé cela… et avant de m’accuser de quoi que ce soit, rappelez-vous que vous accuseriez un homme de Dieu ! »

Après un regard scrutateur méfiant, elle eut un hochement de tête dubitatif et tira un fauteuil pour venir s’installer juste à côté de la porte qui menait à ma chambre, le regard toujours tourné vers moi. Mais elle se releva bien vite, alors que le médecin se décidait à sortir pour donner son rapport. Selon lui, elle avait juste été un peu surmenée ces derniers temps et devait se reposer un peu. Et cela irait très vite mieux. D’ici là, il valait mieux qu’elle ne soit pas bringuebalée en civière dans le palais. Pour garder un calme minimum.. cela aurait trop fait pensé à une deuxième victime d’un hypothétique tueur en série. Aussi laissais-je bien gentiment ma chambre principale, ainsi que la chambre de page attenante à mademoiselle de Valène et à sa suivante, si elle le désirait. Pour ma part, j’userai de la petite chambre réservée à un éventuel invité de l’autre côté de petit salon, à côté de l’étude où mes correspondances et essais étaient rangés.

Puis je patientais dans l’antichambre, attendant que mademoiselle de Valène revienne à elle.


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Hélène de Valene
Comédienne
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Nationalité : Empire de vapeur
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Sam 18 Mar 2017 - 14:21
Caroline était attablée au bout de l'énorme plan de travail de la cuisine impériale. Elle venait souvent grignoter quelques douceurs. Gourmande probablement, à l'écoute certainement.
On ne se doutait pas et pourtant d'importantes allés et venues se passaient ici.
La grosse Marie était une gueularde, de ce fait personne n'en doutait, mais aussi dotée d'une générosité sans faille. N'importe quelle personne du Palais venant quémander à boire ou à manger se trouvait rassasié en un rien de temps pour peu qu'elle demandait avec gentillesse et politesse.
Avec un ventre plein les langue se déliaient plus facilement et Caroline l'avait bien compris. C'est pourquoi tous les après midi, elle passait deux bonnes heures entre casseroles et miches de pain.
Petite, blonde, le visage poupon, on la pensait douce et naïve. Or, observatrice et manipulatrice, elle arrivait généralement à ses fins.
Si Hélène ne l'avait pas prise à son service dès son plus jeune age, ses parents l'auraient surement mariée à un homme quelconque, enceinte de son troisième enfant, elle n'aspirerait plus à rien d'une vie fade et monotone. Au côté de la favorite de l’Impératrice, elle s'était transformée en une jeune femme assez réfléchie et mature pour son age. Plutôt douée, tantôt usant de ces charmes, tantôt passant pour une petite fille crédule, elle avait ravi les espérances qu’Hélène avait mis en elle.


Quand un serviteur du Prieur Everarad s'enquit de la demoiselle, la demande lui parvint assez vite en cuisine alors qu'elle était en pleine conversation avec un des jeunes apprentis de la Grosse marie. Il en avait des choses à dire et certaines n'étaient pas des moins intéressantes.
Une rumeur commençait à enfler le long des couloirs pensant que peut-être n'était ce par Elrich qui était visé. Elle en ferait part à Hélène bien qu'une autre information lui paraissait plus importante.
Lorsque le valet  arriva enfin, essoufflé, suant et puant, elle se leva et vint à se rencontre.
Hélène de Valene avait fait un malaise et se trouvait dans le lit du beau-frère de l’Impératrice.
Elle comprit tout de suite ce qui avait du se dérouler, du moins les grandes lignes, elle hocha la tête et partie d'un pas précipité vers le premier étage.
Arrivée dans les quartiers de madame, elle se dirigea vers une commode à l'entrée, dans le premier tiroir se trouvait le nécessaire lorsque sa dame se trouvait mal.
Cela lui arrivait parfois, elle essayait de le cacher tant bien que mal et c'était la première fois qu'elle perdait le contrôle en public. Caroline pris un petit sachet contenant quelques herbes secrètes prescrites sans doute par un guérisseur auquel il avait fallu payer pour sa discrétion. Le jeune femme se dirigea ensuite vers les quartiers de l'homme responsable de tout.
Elle avait redouté cette entrevue et avait essayé de dissuader sa maitresse de s'y rendre, surtout à l'improviste. En vain.
Alors qu'elle allait frapper, un docteur se présenta à ses côtés.
Quel ne fut pas son étonnement en ne reconnaissant pas l'homme opérant habituellement au Palais ! Que voulait cacher Everard ? Son jeu n'était pas clair, elle en mettrait sa main à couper.
Elle prit de profondes inspirations, rester maître d'elle même en toute circonstances. Voilà ce que fut la première leçon d'Hélène.

Alors qu'on leur ouvrait la porte, elle se présenta comme toute Dame de compagnie l'aurait fait et demanda à voir sa Dame. Chose qu'on lui refusa, à la place le médecin rentra dans la chambre afin d'ausculter Hélène. Elle eut juste le temps d'apercevoir un bout de robe sur un lit avant que la porte ne se referme.
Qu'il en soit ainsi, elle prit une chaise et s'installa de forte mauvaise humeur. Regardant Everard, espérant qu'il sache à quel point elle le tenait pour coupable de cette situation. Peut-être cela le ferait lui parler ? Il l'a prendrait surement comme une enfant et essayerait de se justifier.

Comme s'il avait lu dans son esprit, le pouvait il ? Il se justifia :
- Écoutez moi, je ne suis pas responsable de son état. Ce sont sans doute les fortes émotions de ces derniers jours, tout simplement… par Ameth, je ne vois pas ce que j’aurai pu faire et qui aurait causé cela… et avant de m’accuser de quoi que ce soit, rappelez-vous que vous accuseriez un homme de Dieu ! »

La jeune femme s'abstient de répondre, l'accuser engendrait de réels problèmes. La deuxième leçon qu'on lui avait appris avait été de rester à sa place et elle comptait bien appliquer cela maintenant. Aussi elle ne répondit rien se contentant de hocher la tête et attendit.

Lorsque le médecin ouvrit la porte et elle se leva immédiatement, écoutant attentivement son diagnostique. Surmenée blablabla besoin de repos blablabla se rétablirait vite.
Ce qu'avait besoin sa chère maitresse était surtout des ses herbes infusées dans de l'eau chaude afin qu'elle se remette vite.
Une fois l'homme partit, elle baissa la tête et posa sa requête :

-Prieur Evreard Zullheimer, pourriez vous s'il vous plait demander à votre personnel d'amener de l'eau chaude près du lit ou Hélène de Valene est étendu ? J'ai apporté son thé favori, cela lui fera le plus grand bien à son réveil. Elle vous en serait pleinement reconnaissante... Et retrouverait ses esprits d'autant plus vite.

Elle ne doutait pas qu'ils n'avaient pas eu le loisir de finir leur conversation.

****

J'entendis d'abord quelques voix me paraissant éloignées. Le temps passant elles semblèrent se rapprochées jusqu'à paraître proche d’où je me tenais.
Je caressa discrètement le linge sous ma main. Ou étais je ?
C'est alors que tout me revint. Ma décision d'aller parler à Everard, mon entrevue avec lui, la gifle, sa suspicion à peine déguisée empli de menace, ma crise.
La voix de Caroline demandant de l'eau chaude à l'homme tant redouté finit de me réveiller. Quelle brave petite.
J'ouvris les yeux difficilement, les rayons du soleil traversant la fenêtre m'aveuglaient et un mal de crane s'installait le long de ma nuque. Comme à chaque fois.
Je n'avais pas le courage de continuer cette bataille que j'avais subi avant de m'évanouir.
Ma jeune domestique tamisa un peu la lumière en fermant de trois quart les rideaux avant de m'aider à me relever. Elle en profita bien sur pour me glisser quelques mots à l'oreille

Hélène, j'ai pris le remède et l'ai posé sur la table de chevet à votre droite, j'ai demandé à ce qu'on vous fasse parvenir de l'eau prétextant que boire votre thé préféré vous ferait du bien.

Elle jeta un coup d’œil vers la porte, et me tendit un petit bout de papier chiffonné que je lus directement.

La servante qui s'occupait habituellement des quartiers du Prince Consort et de l'Impératrice était malade le jour de empoisonnement.

Alors que je baissait la tête doucement, je lui serrais le bras afin qu'elle reste auprès de moi. Je n'aurai pas la force d'affronter cet homme à nouveau seule. Sa présence suffirait à me rassurer et à l’empêcher de me violenter.

Pourriez-vous faire venir mon sauveur, chère Caroline ?

Et alors qu'elle s'empressait d’accéder à ma demande, je respirais profondément, espérant que mes herbes feraient effet, à condition qu'il eut accepté la requête de Caroline.
Je ne me doutais pas qu'Everard avait observé le peu d'échanges que j'avais eu avec ma jeune demoiselle.
Je ne lui cacherais rien. Pour l'instant.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Lun 20 Mar 2017 - 21:14
Finalement alors que Caroline me demandait de lui fournir de l’eau chaude avec politesse je répondais avec affabilité en demandant à mon valet de fournir à sa maitresse tout ce qu’elle demandait. Je ne pouvais pas faire mieux ! Et je ne comptais pas faire plus ! J’avais été clair vis-à-vis de cette jeune femme : j’avais été sincère. Mais il me restait quelque chose à lui dire. Une chose simple qui suffirait tout bonnement à lui éviter de jouer les filles stupides et miner la calme influence d’Ameth en Ambrosia… et je restais seul, dans le couloir, laissant la suivante s’entretenir avec sa maitresse… et sans doute amante ! J’étais curieux, mais de toute façon, elle ne serait pas autorisée à sortir sans l’accord de MON médecin, un fervent croyant, et sans que nous ayons discuté posément.

Finalement, on me demanda d’entrer dans ma propre chambre. Je soupirais et entrais, ne faisant plus aucun cas de la suivante. Je m’approchais et j’eus même une légère inclinaison du buste vers la convalescente. Mais je ne dis rien pendant un instant avant de finalement me tourner vers ladite servante et lui lancer sur un ton qui était sans appel.

« Les sujets abordés ne regardent que moi et votre maitresse, alors laissez-nous. Attendez derrière la porte, dans l’antichambre, je vous prie ! Et avant que vous ne protestiez, rappelez-vous que vous êtes chez moi, et que certains sujets concernent exclusivement votre maitresse et moi. Si vous craignez pour sa vertu, ne vous en faites pas, ce n’est en rien dans mes objectifs. »

Je souris et voyais qu’elle bouillait d’envie de protester, mais elle ne pouvait pas se le permettre, n’est-ce pas ? dans tous les cas, mon valet entra avec une théière d’eau chaude, ainsi que deux tasses. Si ce thé était si bon, mon valet avait bien compris que j’en prendrai volontiers… ah non… mieux encore, il avait décidé de troquer l’éventuel thé préféré contre un autre, qui était un fortifiant plein de bonnes saveurs et il avait déjà mis les herbes à infuser dans le récipient. Quel brave garçon. Le petit Newton était promis à un grand avenir… oh et… c’était une légère odeur de pomme que je sentais, là ? Je souris… quelle bonne idée.

« Puisque vous aimez le thé je crois que mon valet a eu un excès de zèle mais vous verrez, il est plein de bonnes choses. Autant garder votre thé préféré pour d’autres occasions plus heureuses. »

Je lui souris et finissais par m’asseoir à côté du lit pour prendre sa main et la serrer tendrement dans la mienne avant de la relâcher, comme si je m’inquiétais vraiment pour elle… enfin fait, oui ! Tout simplement parce qu’elle avait eu ce malaise chez moi, et plus encore, elle avait un rôle à jouer vis-à-vis de moi ! Je lui souris avec tendresse avant de lui lancer sur un ton bien plus ferme.

« Je vais vous donner une assurance qui vous empêchera d’avoir bien tracas dans les recherches que vous comptez entreprendre. Je jure sur la terre d’Ameth, sur la lignée et ma foi que je ne suis pas impliqué directement ou indirectement, intentionnellement ou non intentionnellement, dans le décès de mon propre Fère. Si vous avez des questions, c’est maintenant ou jamais. »


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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Lun 27 Mar 2017 - 0:07
Alors que l'homme excluait Caroline de la chambre, mon cœur se serra. Je ne désirais pas rester seule avec lui, il m'avait terrifiée plus tôt et bien que je me rendais compte qu'il fallait que je fasse preuve d'un caractère plus affirmé, face à lui je me retrouvais sans force ni volonté.
Je me contentais donc de le laisser faire et vis ma servante se retirer avec une moue dubitative. Elle était maline et se doutait bien qu'il avait quelques projets pour moi.
Je lui lançais un simple regard qu'elle comprit instantanément.
Elle resterait derrière la porte et surgirait si nécessaire.
Cela me rassura et me permit de me redresser sur le lit afin d'être plus à mon aise pour la suite de notre conversation.
Ce n'était pas une dispute. Non.
Pour cela aurait-il fallut que nous nous considérions l'un et l'autre. Ce qui visiblement n'était pas le cas.
Je soupirais. Je n'étais venue le rencontrer que dans l'unique but de lui faire part de mon inquiétude vis-à-vis de l'impératrice. En aucun cas je n'avais voulu lui manquer de respect ou l'ennuyer. Il faut dire qu'il semblait avoir un caractère de chien. Était-ce compatible avec la fonction qu'il occupait ici ?

C'est alors que son serviteur entra à son tour dans la petite pièce, un plateau dont une théière fumante et deux tasses étaient posées dessus.
Everard sourit. C'était la première fois que je voyais ce genre d'émotion sur son visage. Il aurait pu être bel homme... si on enlevait tout le reste.

-Puisque vous aimez le thé je crois que mon valet a eu un excès de zèle mais vous verrez, il est plein de bonnes choses. Autant garder votre thé préféré pour d’autres occasions plus heureuses.  

Je posais un œil sur mes herbes placées sur la table de chevet non loin de moi. Il en avait fait exprès, d’où le sourire illuminant son visage. Avait-il compris ? Ou était-ce simplement le plaisir de m'ennuyer ?

-Si vous m'affirmez de son bon goût, je vous crois sur parole. Je vous remercie.

L'heure n'était plus au combat, je n'en avais plus le courage et sans mon infusion je resterais sujette à ces crises. Je ne me le permettrais pas à nouveau.
Ce fut à ce moment qu'il me sourit à nouveau, les poils de ma nuque se hérissèrent alors qu'il s'asseyait à mes côtés, sur un bord du lit.
Il me prit la main doucement. J'aurai presque pu croire qu'il s'était inquiété pour moi. J'aurai presque voulu.
En tout cas, j'aurai préféré. Je n'étais pas aussi stupide qu'il paraissait le penser, je me doutais bien qu'il avait plusieurs longueurs d'avance sur moi. Ne me restait qu'à savoir quoi.
Il lâcha ma main délicatement avant de reprendre la parole. Le ton de sa voix ne reflétant pas la douceur de son geste.

-Je vais vous donner une assurance qui vous empêchera d’avoir bien tracas dans les recherches que vous comptez entreprendre. Je jure sur la terre d’Ameth, sur la lignée et ma foi que je ne suis pas impliqué directement ou indirectement, intentionnellement ou non intentionnellement, dans le décès de mon propre Frère. Si vous avez des questions, c’est maintenant ou jamais.  

Aussi étrange que cela puisse paraître, je le croyais. Il avait posé ses mots simplement, directement, naturellement. Si j'avais des questions ? Oui beaucoup. Cependant, je ne voyais lesquelles poser. Tout se mélangeait dans mon crâne.

-Je vous crois. Je ne sais pourquoi, je ne sais si j'ai bien raison mais je vous fais confiance. Tout comme, en aucun cas, je ne suis en rapport avec le décès de votre frère. Je n'aurai supporté de blesser l’impératrice.

Je le regardais vraiment pour la première fois, je ne voulais détourner mon regard alors que j'affirmais n'avoir aucun lien avec le meurtre du Prince Consort.
Je regardais la théière, j'avais soif après les événements passés.

-Pourrais-je avoir une tasse s'il vous plaît ? Je me sens encore trop faible pour me servir moi même et je ne voudrais causer plus de dégâts que j'en ai déjà fait.

Paraître plus faible que je ne l'étais actuellement. Il me ménagerait sans doute et peut-être parlerait il plus. Néanmoins, si je lui faisais confiance alors effectivement je me devais de lui rapporter les quelques informations que j'avais eu.

-Des questions ? Oui, j'en ai quelques unes mais avant toutes autres choses je me dois d'être honnête envers vous. Si réellement vous n'êtes pas impliqué dans la mort d'Elrich alors vous devez, tout comme moi, vous demander ce qu'il s'est passé. Or, ma dame de compagnie, Caroline, a appris cet après-midi que la servante s'occupant des quartiers du couple impérial était souffrante le jour là.
Etiez-vous au courant ? Avez-vous découvert quelque chose à ce sujet ?



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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Jeu 30 Mar 2017 - 23:49
J’aurai peut-être dû plaindre la jeune femme qui se trouvait dans mon lit à ma place, mais j’avais beaucoup de mal ! Enormément de mal, même ! Mais bon, d’un autre côté, elle ne méritait aucune compassion… néanmoins, je pris sur moi et je lui souris, alors qu’elle jouait les malades. Je n’allais pas le nier, elle ne m’avait pas peu inquiété en s’effondrant là, sur le sol… mais bon, avec un peu de recul je me rappelais d’une simple petite chose : elle était comédienne… aurait-ce pu être une technique comme une autre pour m’endormir ? La question ne faisait pas que m’effleurer, en fait ! Je restais silencieux, et je la regardais alors que je prenais ma tasse de thé pour en boire une petite gorgée bien dosée. Et comme ça elle pouvait voir que ce n’était pas empoisonné… comme si j’avais besoin d’empoisonner quelqu’un pour le faire disparaitre… lui jeter un anathème au visage était amplement suffisant ! Une ouaille se chargerait du reste… sans que je ne demande rien en plus !

Quand elle dit me croire je me méfiais un peu avant de finalement me décider à ne rien dire… elle n’aurait pas supporté les blessures de l’impératrice ? Mon œil... ; elle en aurait largement profité, si elle avait pu… mais je pensais lui avoir fait comprendre qu’elle n’avait pas de raison de vouloir essayer, à ses risques et périls. Je haussais les épaules avant de finalement lui sourire poliment, lui tendant l’une des deux tasses pleines, mais n’y mettant ni miel, ni sucre, ni lait, ni quoique ce soit. Le délicat mélange de ce thé purement Amethien aurait été gâché… et plus encore ! Quelle délicieuse amertume dans le goût… parfait, n’est-ce pas ?

« Attention, c’est très chaud ! »

Je lui souris et l’écoutais parler… enfin non, elle posait ses questions, plutôt. Des questions qui auraient pu être légitimes, mais… mais je ne comptais pas lui refiler mes informations comme ça ! Ce n’était pas ainsi que notre association devrait fonctionner. J’avais imposé mes conditions, et je ne comptais pas lui donner des pistes pour comprendre ce que je savais ou ignorais…

« Je traiterai cette information et la recouperai avec les autres que je possède… cela sera amplement suffisant et devrait vous ravir, n’est-ce pas ? Mais il y a quelque chose que je voudrais que vous fassiez puisque vous avez tellement confiance en votre suivante, envoyez-la dans les méandres de la ville à la recherche de fileuses d’ange… et connaitre un peu leurs méthodes… quant à vous… puisque vous êtes actrices, seriez-vous capable d’abuser de votre féminité et de vos pseudo talents de comédienne pour obtenir des informations ? »

Oui, j’avais eu une idée… il y avait une personne sur quoi je voulais quelques rapports sur la correspondance privée… et dont je voulais tout connaitre…

« J’aimerai que vous approchiez Monsieur l’Envers… il a toujours été contre le mariage avec mon frère et ne se gênait pas pour l’afficher… de plus, il a déjà eu recours à des méthodes radicales… on ne le surnomme pas le boucher pour rien ! »

Je me demandais ce qu’elle parviendrait à trouver sur le sujet…


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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Dim 2 Avr 2017 - 14:43

Je traiterai cette information et la recouperai avec les autres que je possède… cela sera amplement suffisant et devrait vous ravir, n’est-ce pas ? Mais il y a quelque chose que je voudrais que vous fassiez puisque vous avez tellement confiance en votre suivante, envoyez-la dans les méandres de la ville à la recherche de fileuses d’ange… et connaitre un peu leurs méthodes… quant à vous… puisque vous êtes actrices, seriez-vous capable d’abuser de votre féminité et de vos pseudo talents de comédienne pour obtenir des informations ?

Il continuait de rester hautain et méprisant mais au moins ne me menaçait-il plus. J'y voyais là un progrès non négligeable. Peut-être même d'ici quelques temps, je passerai la porte de son entrée et pourrais je m'asseoir dans son salon ? Pour l'heure, il n'avait pas essayé de m'empoisonner, et, son thé était succulent, fruité et frais. Comme tout buveur de thé « expérimenté », je n'accommodais pas ma boisson de sucre, de lait. ou autres... mis à part gâcher le goût, cela n'avait aucune utilité.
Les femmes du Palais rajoutaient souvent  du miel afin de faire passer l'infusion plus rapidement. Dans ce cas, autant boire de l'eau.

Les fileuses d'ange ? Je ne connaissais pas ces dames. J'imaginai des filles, dans le plus grand secret, tissant les plus belles étoffes. Je ne voyais pas le rapport avec le meurtre de son frère. Soit, j'enverrais Caroline et une autre de mes servantes, Rosie peut-être. Elles ne sortaient jamais seule du Palais. De cette manière, s'il arrivait quelque soucis, ou événements imprévus je pouvais être tenue au courant quasi immédiatement.

- Je ne connais pas ces Dames, ces fileuses d'ange, mais je ne doute pas que Caroline les trouvera et aura, sous peu, beaucoup de choses à me dire à ce sujet.

Abuser de ma féminité ? Qu'entendait-il par là ? Me prostituer pour que Monsieur puisse avoir certaines réponses à ces questions ? Je ne m'abaisserais pas à ce niveau, car en effet j'avais des talents de comédienne et cela était amplement suffisant sans que je ne dusse enlever la totalité de mes vêtements.

-Je suis navrée, si je peux jouer de ma féminité, je n'en abuserai cependant pas. Croyez le ou non, je me respecte un minimum. Plus sérieusement, je n'ai pas à en arriver à ce point pour récolter des informations, il ne suffit que de jouer un rôle face à son interlocuteur, un rôle qu'il désire et qui le frustre, et le travail est fait.

Si le Prieur me demandait ce genre de choses, jusqu’où allait il lui même lorsqu'il se lançait dans quelques investigations secrètes ?
Il reprit la parole.

- J’aimerai que vous approchiez Monsieur l’Envers… il a toujours été contre le mariage avec mon frère et ne se gênait pas pour l’afficher… de plus, il a déjà eu recours à des méthodes radicales… on ne le surnomme pas le boucher pour rien !  

Nemrod ? Il soupçonnait Nemrod ? Non ! Je l'appréciais énormément et s'il était vrai que peu savait que nous nous connaissions, que nous avions été assez proches par le passé, il n'en était pas moins que je tenais à lui.
Manifestement, Everard ne se doutait pas que nous nous rencontrions encore de temps à autre.
Et si effectivement pour beaucoup, le boucher ne reculait devant rien, peu avait conscience qu'il œuvrait pour le bien du trône.

-Monsieur L'envers ? Le boucher ? J'avoue ne pas aimer spécialement l'approcher... mais je peux faire un effort si cela permet à Lilith une réponse au décès de son époux.

J'avais maintenant accepté chacune de ces demandes, sans sourciller, sans négocier. Je voulais découvrir qui était le meurtrier d'Elrich, non pas pour moi, mais pour ma bien aimé, afin que son deuil soit plus aisé par la suite.
Que le coupable fusse puni à la hauteur de son crime.

-Vous m'avez proposé de vous poser les questions que je désirais dans le sens ou ce serait la seule fois ou vous y répondriez. Vous étiez au courant pour la grossesse de Lilith, qu'en pensez vous ? Est ce une erreur si son thé fût aussi empoisonné ? Pensez vous qu'elle était aussi visée ou que ce fût une erreur de calcul, un dommage collatéral ? Le but était-il de supprimer l’héritier ? Qu'on s'en soit pris à un aussi petit être me révolte au plus haut point. Que le coupable soit puni, le plus vite possible et le plus fort possible.

Si j'allais voir Nemrod et Caroline les fileuses d'anges, il saurait au moins tenter de répondre à mesquelques questions.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Lun 3 Avr 2017 - 17:40

Comment aurais-je peu en exiger plus d’elle, je voulais qu’elle joue les enquêtrices et espionnes pour moi malgré sa bêtise, mais bon, j’espérais juste que ce n’était pas trop lui en demander… nous verrions bien si elle était capable ou pas. Dans le pire des cas, j’étais certain de lui trouver un rôle parfaitement à sa mesure ! Enfin bon, dans mon état d’esprit actuel, il y avait une chose simple à savoir : elle ne pouvait pas me décevoir. Parce que je n’attendais pas de miracles de sa part ! Je lui souris, comme un adulte sourirais à une enfant pas complètement finie avant d’opiner du chef. Parfait, ces fileuses d’ange, comme on les appelait, était un petit collectif de vieilles filles qui officiaient comme couturières de moyenne gamme et accessoirement comme faiseuses d’ange…. Un délicieux méli-mélo de propos… si je me fiai à certains serviteurs d’Ameth, elles étaient un petit groupe situé dans le premier cercle ! Mais elle le découvrirait bien par elle-même !

Sa réplique sur le fait d’avoir un minimum de respect pour elle-même me fit laisser s’échapper un bref rire que je camouflais en une quinte de toux ! Comme c’était drôle ! Elle était loin de savoir ce qu’elle serait capable de faire si elle en avait besoin. On ne se respectait jamais de toute manière, malgré ce que l’on affirmait ! Il y avait toujours quelque chose qui était plus important que soi… et qui nous faisait tout sacrifier, depuis notre moral jusqu’à nos principes, en passant par la dignité ou le scrupule ! En soit, il n’avait jamais été particulièrement intelligent de sortir des choses comme ça en somme ! On avait l’air moins stupide ainsi, quand on n’y renonçait en ne disant rien.

« Moi qui pensais que vous feriez tout pour votre impératrice adorée, pour la protéger, pour la servir, pour veiller sur elle… je suis fort marri de comprendre que c’est faux… trahir sa confiance ainsi pour une morale ou des principes… Quel gâchis… »

Oui, voilà, est-ce qu’elle pouvait décemment parler de l’aider, de la venger, de la protéger si elle ne faisait que la moitié des choses… et c’était décevant, très, très, très décevant…. Mais encore une fois, elle aurait pu porter déception comme second prénom… ça lui aurait bien été… enfin bref, je haussais les épaules. Je n’y pouvais rien. Et si j’avais besoin de trouver quelqu’un qui irait plus loin, et bien soit ! Mais bon, dans tous les cas, la suite fut assez intéressante… elle ne l’aimait pas beaucoup… et bien elle allait devoir l’apprécier, pourtant. Ce n’était pas comme si elle avait le choix…

Enfin, elle posa quelques questions intéressantes… qui pourtant avaient une simple et évidente signification ! Je lui souris et restais silencieux un instant, hésitant sur la manière dont je devais, et pouvais, répondre… avant de prendre la parole, au final… nous verrions bien ce qu’elle pouvait en dire, ce qu’elle pouvait bien trouver à redire à mes réponses qu’elle n’allait pas beaucoup aimer !

« Ne jouez pas les idiotes… ce serait plus que stupide ! Vous n’êtes pas de la plus grande finesse d’esprit, mais tout de même ! Peu importe qui était vraiment visé, nous ne pouvons pas nous permettre de penser qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre l’impératrice… même si je reconnais que je ne vois pas la logique. Son frère est un homme de bien, mais qui n’aime pas l’idée de gouverner, à ma connaissance, donc éliminer l’impératrice n’aurait aucun sens. Je pense davantage que le coupable a atteint ses objectifs. Pas d’héritier, et plus de consort. En somme, il y a une place qui se libère avec beaucoup de pouvoir à la clef. Le coupable, à moins qu’il ne soit stupide, ne sera pas un des nouveaux prétendant, mais quelqu’un qui en manipule un dans l’ombre… ça me semblerait plus logique… quant à tuer un gosse même pas né… le tuer avant qu’il vive est moins grave que s’il était déjà né… après tout, les faiseuses d’ange le font souvent ! »

Je lui fis un sourire avant de finalement rajouter :

« Au passage, qu’est-ce qui me fait croire que votre Caroline n’y est pas mêlé à toute cette histoire… je me méfie de tous les proches de sa majesté, qu’elle s’en rende compte ou pas ! Ah et j’oubliais… »

Je lui souffletais la joue, sans vraiment frapper. Parce qu’elle était convalescente… mais je tenais mes promesses ! La preuve.


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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Ven 14 Avr 2017 - 14:23

Alors que je finissais ma phrase, je le vis prêt à rire, essayant maladroitement de cacher cela derrière une quinte de toux. J'étais comédienne, on ne pouvait me cacher ce genre de chose.
Qu'avais-je dit de si drôle? Que je me respectais? Il me considérait comme la première trainée du Palais. Si je m'étais toujours obligé à ne point haïr quiconque sur terre, je n'en étais pas loin à présent.
Cette situation donnait l'impression d’être une petite souris entre les pattes d'un gros chat essayant de m'enfuir alors que lui les yeux mi-clos s'amusait et jouait sans considérer l’être se trouvant face à lui.
J'aimerai pouvoir me lever, lui cracher au visage et sortir en hurlant.
Je rougis.
Cette simple idée m'intimidait et me couvrait de honte.

« Moi qui pensais que vous feriez tout pour votre impératrice adorée, pour la protéger, pour la servir, pour veiller sur elle… je suis fort marri de comprendre que c’est faux… trahir sa confiance ainsi pour une morale ou des principes… Quel gâchis… »


En soi, peut-être même n'avait-il pas tort. Je ne m'étais jamais empêchée quelques soirées en bonnes compagnies. Non pas parce que je les aimais mais afin de tenter d'amoindrir la rupture avec Lilith car si cela n'avait jamais été dit clairement, finalement nous n'avions plus aucune relation elle et moi.
Comme si nous nous aimions en souvenir d'un passé commun plutôt qu'en l'espoir d'un avenir ensemble.
Ce qu'il m'avait demandé n'était pas si terrible. J'amadouerai un homme non plus pour oublier mais collecter des informations.
Informations nécessaires au Prieur, et donc à l'Impératrice.
J'y réfléchirais et prendrais une décision seule.
Je ne supporterai pas de le voir sourire, satisfait de voir qu'au fond je n'étais bien que la pute qu'il pensait.

-Si je suis prête à tout pour aider l'impératrice, ce ne veut pas dire me jeter tête baissé sans réfléchir un tant soit peu à ce que je vais faire. Ne vous inquiétez pas, je saurais retirer les quelques informations qu'il pourrait détenir.


Après que j’eus posé mes quelques questions, le doute s'empara de moi alors qu'il souriait avant de rester silencieux à son tour. Avais-je bien fait?
N'aurais-je pas dû hurler de toutes mes forces afin de m'enfuir de cet appartement maudit?
Non.
Je voulais savoir qui avait causé autant de souffrance à ma bien-aimée, qui avait osé supprimer une potentielle vie. Et surtout, est ce que l’impératrice était encore en danger.
C'est au milieu de mes réflexions qu'il reprit la parole. Les poils de mes bras se hérissèrent. Avais-je froid ou peur? Je bus à nouveau une petite gorgée de son thé. S'il était bon, je regrettais mes herbes qui m'aurait redonné un aplomb dont j'aurai rudement besoin à ce moment.

« Ne jouez pas les idiotes… ce serait plus que stupide ! Vous n’êtes pas de la plus grande finesse d’esprit, mais tout de même ! Peu importe qui était vraiment visé, nous ne pouvons pas nous permettre de penser qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre l’impératrice… même si je reconnais que je ne vois pas la logique. Son frère est un homme de bien, mais qui n’aime pas l’idée de gouverner, à ma connaissance, donc éliminer l’impératrice n’aurait aucun sens. Je pense davantage que le coupable a atteint ses objectifs. Pas d’héritier, et plus de consort. En somme, il y a une place qui se libère avec beaucoup de pouvoir à la clef. Le coupable, à moins qu’il ne soit stupide, ne sera pas un des nouveaux prétendant, mais quelqu’un qui en manipule un dans l’ombre… ça me semblerait plus logique… quant à tuer un gosse même pas né… le tuer avant qu’il vive est moins grave que s’il était déjà né… après tout, les faiseuses d’ange le font souvent ! »


Je n'étais pas idiote. Si cela avait été le cas, il m'aurait renvoyé, il ne me retiendrait pas ici, dans sa chambre, sur son lit.
Son lit.
Je rougis à nouveau. Je n'étais pas à ma place. Pas du tout. Il me fallait me lever, maintenant.
Je me redressais mais ma tête se mit à tourner aussitôt. Je renversai quelques gouttes sur la couverture. Il allait tout simplement me tuer là, rapidement et proprement. J’espérais qu'il n'avait rien vu... Je ne relevai pas la tête, méditant sur les mots qu'il avait prononcés.
Les faiseuses d'anges.... Caroline arriverait  les approcher, il lui suffirait de simuler une grossesse non désirée. Elle était douée, elle y arriverait.
Plus d'héritiers, plus de Prince Consort. Oui, le meurtrier ou celui ayant commandé ce crime avait créer une place toute neuve aux côtés de l’impératrice. Everard avait surement raison. Malheureusement.

Je le regardai maintenant. Outre Lilith, il était le seul à avoir discuter avec moi de ces événements, et s'il ne m'était pas sympathique, j’appréciais cela. J'étais sérieuse dans mon désir d'aider à trouver le coupable, à protéger l’impératrice et sous ses gestes et paroles déplacés je ne doutai pas qu'il la protégerait, du moins par respect pour son frère. Alors malgré tout, je le remerciais intérieurement pour être proche d'elle alors je ne le pouvais pas.

« Au passage, qu’est-ce qui me fait croire que votre Caroline n’y est pas mêlé à toute cette histoire… je me méfie de tous les proches de sa majesté, qu’elle s’en rende compte ou pas ! Ah et j’oubliais… »

C'est alors qu'il me gifla à nouveau tranquillement, posément, sans sourciller. Mes yeux s’écarquillèrent sous la surprise.
Je retirais immédiatement toutes pensées positives à son sujet. Ce n'était qu'un animal assoiffée de domination. Un monstre.
Il aimait faire souffrir pour son propre plaisir. Etait-il un homme ou une bête ? Sous sa belle apparence, sa belle éloquence, qu'en était-il de son âme ?
J'essayais de calmer ma colère, pourtant largement justifié à mon sens. Il me faisait ressentir des émotions que je m'interdisais habituellement. Colère, haine, violence.
Je respirai profondément, regardant le mur, vide comme toute sa chambre.
Ameth lui interdisait quelques tableaux, bibelots et tapis ?

-Caroline n'a rien avoir avec tout cela. Elle m'est loyale et sait l'amour que je porte à l'impératrice. Elle n'aurait jamais manigancer ce genre de chose. Vous pouvez tout à fait l'interroger si ma réponse ne vous convient pas. Mais je me porte garante d'elle.

Je reposai la tasse de thé sur la table de chevets à mes côtés, frottant mes mains sur mes cuisses je relevai la tête.

-Sinon, est-il possible d’arrêter de perdre du temps et de l'envoyer immédiatement chez ces fileuses d'ange ?

Je rajoutai comme pour moi-même

Si quelqu’un joue un jeu dans l'ombre  du Palais, n'est-il pas temps de se mettre dans la partie ?
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