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 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: 1er étage

C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi.

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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Ven 14 Avr 2017 - 22:21
Je lui avais donné mes ordres. Elle pouvait très bien ne pas voir la situation sous le même angle que moi, mais elle n’avait pas le choix quant à l’exécution. Je lui avais clairement fait comprendre ce point et il n’y aurait pas de raison possible d’en réchapper. Elle était désormais mon exécutante… alors ses envies, passions, états d’âme, m’importaient fort peu… je la regardais avec amusement alors qu’elle devait être en train d’essayer d’imaginer un plan pour se sortir de mes griffes… peine perdue. Un bon pion, ça se gardait bien au chaud et ça s’utilisait jusqu’à ce qu’il soit inutile ! Et elle était utile, clairement ! Je lui fis un petit sourire avec un brin de malice alors qu’elle parlait de sa propre réflexion… ne pas foncer tête baissée… je haussais un sourcil. Pourquoi avait-elle bien pu dire ça ? Je ne lui avais pas demandé cela.

« Je n’ai jamais demandé de foncer sans réfléchir… bien au contraire, la prudence est de rigueur. »

Oui, remettons les choses dans leur contexte. Car il fallait bien reconnaitre que je n’avais rien demandé de tel !  Loin s’en fallait ! Je soupirais un peu devant ce manque de compréhension de sa part. Preuve qu’il y avait toujours une différence entre quelqu’un d’intelligent et cette comédienne, comme un fossé trop profond pour être comblé… enfin, une plante on ne lui demande pas de raconter une histoire à des enfants, n’est-ce pas ? Je levais les yeux au ciel. Tôt cela risquerait d’être long… oh oui !  J’espérais juste qu’elle n’aurait pas besoin de me faire répéter.

Sa confiance aveugle envers sa suivante m’arracha un sourire, par contre, un sourire vis-à-vis ‘une naïveté presque touchante…

« Mais que vous vous portiez garante n’a absolument aucune valeur à mes yeux… car qui me dit qu’elle n’achète pas votre « garantie » avec des faveurs physiques, vous qui devez tant vous languir de sa majesté ? Vous semblez être une personne facile à commander, qui obéit et qui semble influençable… qui me dit que votre Caroline n’est pas en train e profiter e votre propre faiblesse ? »

Du pur pragmatisme, vous vous en doutez bien !  Et je savais que ma méfiance était raisonnable. Il y avait des milliers de larbins au palais et cela n’aurait rien eu détonnait si une personne dans le lot, attachée à une proche de l’impératrice en avait profité… je lui souris, beaucoup moins aimable dans mon sourire avant de rétorquer, suite à sa remarque qui ne s’adressait pas à moi… mais je ne pouvais pas y répondre.

« Je suis déjà dans la partie. Et vous, vous êtes un pion sur l’échiquier. Oh j’y pense, vous ne verrez pas d’inconvénients à vous passer de votre Caroline pendant plusieurs jours ? Je tiens à ce qu’elle prenne ses ordres de moi directement… histoire que je puisse vérifier un peu ce qu’elle vaut vraiment… et voir si je peux lui faire confiance pour que vous continuiez à vous amuser avec elle. Ne vous en faites pas, pendant ce temps, il y a une jeune dame de ma connaissance qui sera ravie de la remplacer au pied levé, bien sûr ! »

Ce n’était pas vraiment une offre… elle le savait n’est-ce pas ?

« Restez-vous reposer autant de temps qu’il le faudra… et si jamais on pose des questions… vous êtes comédienne. Vous saurez jouer un rôle improvisé, j’espère !  Non ? »


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Hélène de Valene
Comédienne
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Mer 19 Avr 2017 - 19:13
Ma garantie quant à Caroline n'avait aucune valeur à ses yeux ? Dans ce cas pourquoi me demandait il de me justifier sans cesse ?
Je ne comprenais pas cet homme. Il continuait à me donner des ordres, à me martyriser. Etais-je vraiment si inutile à ses yeux que cela ?
Quel plan avait-il pour moi ? Je n'étais pas si stupide.
J'admettais que dès qu'il s'agissait de Lilith, j'étais un peu tête en l'air, nigaude même parfois.
Je pouvais concevoir qu'il eut pitié de moi, allant jusqu'à me mépriser.
De ce que je percevais, il ne se serait jamais laissé aller à la nostalgie qui m'avait envahit après le mariage de ma bien-aimé, à la peine qui m'avait assailli me clouant au lit des jours durant.
Une faiblesse dans mon cœur ne définissait pourtant pas tout mon être.
Peut-être était ce lui l'imbécile entre nous ? Si fermé dans ces croyances qu'il ne voyait ou il s'égarait à mon sujet ?

Et voilà qu'il sous-entendait que ma jeune servante et moi.... des faveurs physiques ? J'adorai la chair de l'homme, les sensations que leur corps procuraient sur le mien. J'affectionnai le changement de partenaire m’empêchant ainsi de m'attacher sentimentalement au premier type venu.
J'aimais Lilith, et aucune autre femme à part elle ne pourrait à jamais me toucher.
Mais que comprendrait-il à cela si je tentais de lui expliquer ?  
Je souris doucement en baissant les yeux.

-Comprenez que l'Impératrice est la seule femme avec qui j'ai été proche, physiquement j'entends. Et traitez moi de sotte si le cœur vous en dit, mais cela reste et restera ainsi.

Je ne sortirai pas d'ici tant que je n'aurai pas complètement abandonné ou qu'Everard ne serait pas entièrement satisfait. J'allais devoir jouer le rôle de la perdante. Le jouerais-je vraiment ou l'étais-je devenue dès le commencement de mon entrevue avec lui ?
Je ne savais pas. J'avais perdu mes moyens rapidement, je n'avais su me dépêtrer de ses paroles, de ses ordres, de ses menaces. Probablement, n'y arriverais-je tout simplement jamais face à cet homme.

« Je suis déjà dans la partie. Et vous, vous êtes un pion sur l’échiquier. Oh j’y pense, vous ne verrez pas d’inconvénients à vous passer de votre Caroline pendant plusieurs jours ? Je tiens à ce qu’elle prenne ses ordres de moi directement… histoire que je puisse vérifier un peu ce qu’elle vaut vraiment… et voir si je peux lui faire confiance pour que vous continuiez à vous amuser avec elle. Ne vous en faites pas, pendant ce temps, il y a une jeune dame de ma connaissance qui sera ravie de la remplacer au pied levé, bien sûr ! »

Pardonne moi Caroline. Je ne puis lui refuser quoi que ce soit. Il est trop fort, trop imposant, trop menaçant. Quelques jours, tu tiendras pas vrai ? Ses ordres ne seront pas pires que les miens, je te promets. Jauger de ta valeur ? Ne doutes jamais de ce que tu vaux.
Je respirais alors que la sueur perlait mon front. Je n'osais regarder l'homme devant moi, me contentant de poser les yeux sur son ombre au sol.
Si elle lui revenait quelques temps ainsi aurait-elle, en aucun doute, des faits intéressants à me raconter quant à ce monstre. Quelques secrets cachés de tous que je saurais utiliser lorsque nécessaire.
De toute manière, je n'avais pas le choix.

-Si vous désirez avoir Caroline avec vous plusieurs jours afin de vous assurer de sa loyauté, faites comme bon vous semble Grand Prieur. Je ne doute pas que vous apprécierez ses services.Toutefois, j'ai quelques affaires en route et je ne saurais me séparer d'elle très longtemps.

IL me la remplacerait, soit. Par qui ? Devais-je accepter ? Etais-ce un piège ?
Encore une fois, je n'avais pour ainsi dire pas le choix.
J'étais épuisée à nouveau, prête à pleurer. Il me fallait partir d'ici, loin de cet endroit, de lui.

Il reprit la parole, comme s'il avait compris que mon état ne me permettrait plus encore bien longtemps de continuer cette charmante discussion.

« Restez-vous reposer autant de temps qu’il le faudra… et si jamais on pose des questions… vous êtes comédienne. Vous saurez jouer un rôle improvisé, j’espère !  Non ?  

Il comptait donc sur le fait que je reste encore quelques temps dans cette chambre ?
Je ne le voulais pas. Jouer un rôle ? En étais-je capable à cet instant ?
J'aspirai à mon lit et à ses draps doux au toucher, à la bonne odeur de rose. Un joli feu de cheminée m'apportant chaleur et réconfort alors que je lirais un livre. Peut-être même demanderais-je à Rosie de me faire la lecture.
Il n'accepterait pas mon départ immédiat. J'allais devenir folle à rester ici.
Aussi me forçais-je à adapter une attitude calme.

-Je vous remercie de votre offre si généreuse. Cependant, je me sens courbaturée, un peu fiévreuse peut-être. Il me semble que je me reposerais mieux au sein de mes appartements. Ainsi n'aurait je aucune justification à donner quant à ma présence ici.

Si je lui faisais perde patience avec des demandes , me renverrait-il ?

-Si le médecin juge que je ne doive toujours pas me déplacer,  serait-il possible d'amener quelques-une de mes affaires personnelles ici ? Afin que je sois plus à mon aise ? Votre lit est dur comme la pierre pour mon dos assez fragile il faut le dire. Quelques couvertures m'aiderait beaucoup. De même que des petits gâteaux moelleux à la vanille, il y en a souvent en cuisine. Je n'ai que peu mangé et ma tête commence à tourner à nouveau. Quelques bougies me réjouirais la vue aussi.

Soit il s'énerverait, à nouveau, soit il me congédierait, enfin.


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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Mer 3 Mai 2017 - 23:15
L’impératrice était la seule vraie femme de sa vie, si je comprenais bien… hum… cela me gênait un peu de la croire sur parole. Même si les dieux exigeaient d’avoir foi en eux, il était de bon ton, en suivant leurs principes, d’avoir foi dans les autres… mais bon, il y avait des exceptions. Comme celle-ci, par exemple : comment faire confiance à une comédienne au juste ? Une femme qui pouvait endosser n’importe quel rôle, n’importe quelle image ? Oui, un concept qui échappait beaucoup à cette idée de se fier aux autres. Quant à sa sottise… si elle l’admettait, c’était déjà une bonne chose, sans doute !  Je lui souris, mais pas ce sourire amical, non, jamais ! Il y avait cette note caractéristique qui ne se sentait que dans le sourire de l’aumône, que l’on faisait, par pitié, en donnant une roue ou deux à un mendiant ! Voilà comment je souriais à cette jeune femme qui soit dans mon lit… une autre, ça aurait pu être embarrassant … mais elle… non. Au final, elle était jolie mais sans plus… rien de bien transcendant, comme on le disait si bien… et puis, bon, le médecin ne voulait pas qu’elle se déplace trop pour le moment. Alors qu’elle reste ici ne me dérangeait pas outre mesure.

« Si vous le dites… »

Il s’agissait clairement de la manière que j’avais de lui faire passer mes doutes. Je ne pouvais mentir, et je ne comptais pas en arriver à ce point aujourd’hui… et puis, en même temps, je devais reconnaitre que de toute façon, tout finissait forcément par s savoir, c’était une règle concernant les rumeurs. La vérité éclatait toujours. Seulement cette règle était assortie d’une deuxième partie : souvent trop tard… »

« Pour Caroline, disons au moins une petite semaine, mais pas plus de dix jours. Ce sera réglé d’ici là… c’est juste le temps d’une assurance de base… ne vous en faites pas, je ne compte pas la confier à mes Traqueurs d’impies… il n’y a aucune raison, n’est-ce pas ? C’est juste pour m’assurer de sa fiabilité… mais je doute d’en arriver là, rassurez-moi ? D’ici-là, mon valet la remplacera. Il est d’une efficacité à rendre voire Caroline mollassonne. »

Je lui souris, bon enfant, comme si je voyais en cela un jeu. Mais au fond, c’était comme ce jeu… un des rares jeux que j’aimais pratiquer. Il s’appelait « Royauté ». C’était un jeu principalement à deux joueurs, mais qui pouvait aller jusqu’à douze lors des parties mondaines… Le jeu avait des règles simples : une carte imaginaire, généralement commandée sur mesure, et des pions. Le principe était simple : il fallait vaincre tous les autres rois de la partie. Tout était dans la mesure, dans la petite dose, dans la défiance, dans les alliances et les mésalliances… et tout le reste était soit du dé soit du bluff… et pou caroline, je voulais être sûr ! Autrement pas de bluff, le lancer de dé. Est-ce que j’étais bon dans ce jeu ? J’étais plutôt un bon joueur… mais le fait de ne jamais mentir en disait long sur mes coups de bluff, n’est-ce pas ?

Doucement, je posais la main sur son avant-bras pour la forcer à se rallonger. Puis je pris la parole.

« Ne vous en faites pas, faites la liste de votre nouveau valet ira vous le chercher avec zèle ! Ne croyez pas que j’allais vous laisser aussi démunie... toutefois, si vous avez le dos fragile, puis-je vous conseiller de profiter de ce lit bien dur ? C’est volontaire. Il y a une planche de bois sur le matelas principal et par-dessus il n’y a qu’un fin matelas. Le confort amolli et a tendance à faire plus de mal que de bien. Il ne met pas en de bonnes dispositions pour attendre… là où le veilleur est, le sommeil ne dois pas être facile. Vous trouvez sans doute que ces quartiers sont austères, avec les murs nus, pas la moindre dorure, le mobilier spartiate. Mais nos penseurs ont envisagé tous les agencements possibles pour une chambre. Il ne doit rien y avoir qui puisse déconcentrer un fidèle de sa mission : prier, et attendre pour servi. E vous, vous y tenez-vous ? »

Double sens : allait-elle attendre mes ordres et les suives, étant donné que je palais au nom de la Lignée dans ce pays, ou allait-elle en faire autrement et donc, défier Dieu !


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Hélène de Valene
Comédienne
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Ven 19 Mai 2017 - 14:20
Pas plus de dix jours.... Il me demandait de l'envoyer voir les Fileuse d'Ange afin de trouver quelques informations mais m'enlevait ma meilleure servante, et ce pour maximum dix jours !
Se jouait-il de moi ? Avait-il quelque chose à voir dans la mort de son frère ? Il paraissait vouloir faire trainer les chose en longueur, doucement, retardant les possibles actions. Or, plus le temps passerait, plus les traces de ce criminel refroidiraient. Bientôt, nous ne pourrons remettre la main sur lui, ou sur eux.
J'avais peur pour Lilith, on avait tué son mari et ce qui germait paisiblement à l’intérieur d'elle. Que se passerait-il la prochaine fois ? Qui serait visé ?
Alors qu'il me vantait l'efficacité de son valet comparé à ma Caroline, je lui répondis tranquillement.

-Il est clair que vous ne me laisserez pas le choix. J'inclinais la tête en signe de soumission. Sachez simplement que je ne pourrais envoyer Caroline voir ces Fileuses d'Anges que lorsqu'elle sera de nouveau à mes côtés. Pensez-vous qu'il est nécessaire de perde autant de temps ?

Je fermais les yeux dès ma phrase finie. J'avais été folle d'oser lui dire cela. Il était grand temps que je commence à réfléchir avant d'ouvrir la bouche devant lui.
Qu'est ce que je croyais ?
Qu’il me prendrait pour une enfant et me tapoterait la tête comme si j'étais insolente, insouciante ? Je n'avais plus l'age de ce genre de considération depuis bien longtemps.
Etais-je si sotte qu'il le prétendait ?
Grand, fier, hautain presque, il se tenait là, à côté de moi. Beaucoup trop près à mon sens?
C'est alors qu'il posa sa main sur mon bras, calmement, doucement. M’empêchant ainsi de me relever, me privant de toute liberté, là, sur ce lit.
Je me laissai faire.
Évidemment j'avais compris qu'il ne servirait plus à rien de lutter. Si je faisais parfois preuve de courage, ce qu'il qualifierait d'impertinence, je ne faisais pas la maline non plus.
Je savais que son rang lui permettait beaucoup de latitude pour peu de question en retour. Je ne doutais pas non plus que Lilith ne le laisserait jamais me faire du mal.
Mais n'était-il pas facile de faire disparaître quelqu'un quand on avait ses connaissances ? En même temps, s'il restait près de moi n'était ce pas parce que je pourrais lui être utile ? Et de ce fait, utile à l’Impératrice ?

Son Valet me rapporterait mes effets avec zèle ?
Bien.
Si cela ne paraissait pas le déranger, bientôt il ne supportera plus ma simple vue.
Comment peut-on apprécier  dormir avec un fin matelas et une planche de bois ? S'il est vrai que certaines rumeurs parlaient de donner rudesse au dos pour pallier les douleurs le long de la colonne, je pensais contrairement à l'homme en face de moi qu'il était nécessaire de procurer douceur et plaisir au corps.
En prenant soin de notre enveloppe charnelle, nous prenions soin de notre esprit.
Un mal au bas ventre n'est-il pas très souvent responsable d'une irritabilité sans raison ?

Le fanatisme amethien. Toutes pensées ou actions faîtes dans le respect du culte.
Sa réflexion le prouvait.
N'étais-je pas capable de prier Jatren et Aernia  dans mes quartiers, aussi confortables soient-ils ? N’était-ce pas propre à chacun ? Ne devions nous pas faire abstraction de ce qui nous entoure à la recherche d'une communion entre nos dieux et nous ?
Que pouvais je lui répondre quant à son accusation à peine déguisée ?
Je regardais autour de moi une nouvelle fois.
Oui, les murs étaient vides de toute décoration, aucune fleur ne venait égayer la pièce et même de simples rideaux au dessus de la fenêtre avaient surement été jugés superflus.

Je me relevais, prenant appui sur le mur contre mon dos -une tête de lit n'avait pas non plus été considérée comme indispensable- et le regardais.
Il se disait fervent croyant mais semblait aimer persécuter de simples dames ? Ses nombreux sourires depuis mon arrivée montrait le plaisir malsain qu'il prenait à me torturer.
Il m'avait toujours fait peur, toujours impressionné, toujours fait fuir. Désormais, il me terrorisait, et je pense que cette entrevue me hanterait quelque temps.
Aucune admiration ne restait dans mon cœur à son encontre, un profond désarroi plutôt.
Soupçon de haine ?
Qu'attendait-il que je réponde ?

Réfléchis, réfléchis, réfléchis.....

Alors je me levais. J'avais trouvé la solution ! Quelque chose qu'en bon croyant, il ne pourrait refuser.

-Vous avez amplement raison Prieur Zullheimer. Le confort est surfait et empêcherait surement une dévotion réelle et complète. Je lui souris enfin, à mon tour. Je m'en vais donc au temple de Jatren me recueillir et prier jusqu'au lendemain. Si vous êtes d'accord, bien entendu...

Je m'inclinais en signe de respect devant lui, comme le voulait le protocole, bien bas et sans défense attendant qu'il me présente sa chevalière afin que je l'embrasse.
C'est alors que ma tête tourna une nouvelles fois, rendant les contours de la pièce ou j'étais retenue flous. M'étais-je levée trop vite ?
Une nausée monta entre mes lèvres, et, bien que j'essayai emplie de panique de la retenir, elle se déversa devant moi bruyamment.
Sur lui.
J'avais vomi sur Everard Zullheimer.
Une odeur douceâtre me vint aux narines alors que je n'osais relever le tête et que je tombai à terre, sans force.
Pohn voulait jouer avec moi ?
Quel pari sur ma vie à présent ?


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Lun 22 Mai 2017 - 17:05
Officieusement, oui, elle n’avait pas le choix, ou plus précisément je ne lui laissais pas le choix. Officiellement non plus elle n’avait pas le choix, mais c’était un médecin qui lui imposait ça, tout simplement. Aussi, je lui fis un sourire très doux, comme à un enfant ou à un imbécile congénital. Tout simplement. Elle ne méritait peut-être pas mieux, et elle devait rester au lit, tout simplement. Et elle devait attendre un peu d’aller mieux avant quoique ce soit… je reste silencieux, et je m’éloigne légèrement du lit pour aller prévenir le valet de tout ce qu’il devait aller chercher. Une jolie quantité de choses… mais voilà qu’elle se mettait à avoir l’idée d’aller prier. Avant que je ne fasse quoique ce soit c’était trop tard .. et en plus, elle ne tenait pas debout. Je lui tendais la main et elle pris sans doute ça pour injonction à agir en bon croyant… mais je voulais juste qu’elle s’y accroche le temps de se recoucher. Mais non.

Elle se pencha sur la chevalière dans le but de la nettoyer sans doute et je regardais la jeune femme baiser celle-ci bien comme il fallait… mais rien ne se passait comme elle le voulait puisqu’elle ne finit pas son geste… pris d’un haut le cœur, elle se laissa aller et vomit son repas et son thé. Sur moi. J’eus une moue dégoûtée… j’étais dégoûtant à cause d’elle. Je restais silencieux et je posais la main sur l’épaule de la jeune femme. La main propre, bien sur ! Puis je la poussais en arrière qu’elle se rasseye. Je n’allais pas lui passer une brasse pour cela. Aussi je prenais une nouvelle tenue rapidement pour me rendre dans la salle de bain juste à côté et me rincer avant de me changer. Mais avant cela, j’ordonnais à la seule personne à portée directement de venir nettoyer. La jeune et belle Caroline. Mais je serais juste à côté. Je lui rappelais les ordres du médecin avant de finalement foncer dans la salle de bain et rapidement me nettoyer et me changer. Pas plus de cinq minutes, avant de revenir vers la salle principale.

« Caroline, veuillez aller prévenir les lavandières que j’ai besoin de draps propres, quand vous aurez fini… et prière de leurs confier mes vêtements. Vous passerez aussi aux cuisines pour faire ^préparer un bouillon pour notre invité. Cela lui fera du bien. Vous ne profiterez pour annuler son emploi du temps… être malade comme ça.. ça impose de se reposer. Essayez aussi, s’il vous plaît de faire vite je n’aime pas les lambins. Mais finissez de bien prévu cette marque sur le sol… je vais installer notre invitée dans la suite des invités, elle sera mieux qu’ici où il y a des relents de purge. .. »

Je souris et saisissais la malade entre me bras la portant le plus délicatement possible pour la changer de chambre, et qu’importe qu’on la voit en petite tenu dans mes bras. Je venais en aide à une malade, après tout ! Donc où était le problème ? Puis je la déposais sur le lit, en grande douceur.

« Maintenant, mon enfant reposez-vous ici, et je vais vous fournir un somnifère pour vous permettre de dormir convenablement. Je les utilise parfois pour me reposer après des journées difficile moralement… attendez-moi ici, je vous prie, et ne faites rien d’inconsidéré... »

Je la laissais seule dans la chambre le temps de me rendre dans ma propre chambre et prenais un peu de poudre somnifère que je versais dans une tasse que je remplissais d’eau avant de lancer à la jeune femme occupée à nettoyer le sol. Pour la descente de lit, les lavandières s’en chargeraient. Puis je retournais voir l jeune femme dans son nouveau lit pour lui donner son somnifère...


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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Mer 24 Mai 2017 - 15:28
Everard Zulheimer me repoussa doucement sur le lit.
J'étais faible.
Quelle était la peine encourue en vomissant  sur un Prieur d'Ameth ?  Peut-être me coudrait-on les lèvres ? Ils étaient tous fanatiques, chacun le savait. Mais je doutais qu'ils se réduisent à ce genre d'actes barbares.
Net, propre, précis. Un respect de la vie.
Ils se contenteraient de me jeter en haut d'une falaise.

Le Prieur exigea que ma douce Caroline éponge mon renvoi.
Alors que le Prieur semblait se nettoyer dans la salle annexe, ma servante, avec un regard d'excuse, entreprit de nettoyer la flaque de vomi au sol. Il demanda ensuite de me faire parvenir un bouillon, et d'annuler mes activités prévues de la journée -Désolé ma chère Caroline, je ne voulais pas que vous payez de mes erreurs-  puis de quérir les lavandières afin qu'elles changent ses draps et lavent ses vêtements.
A partir de ce moment, je cessais de l'écouter, baissant les yeux vers mes habits.
Ils devaient se trouver immondes et puants.
Ma respiration se bloqua soudainement.
Ou étaient-il passés  ?
Mon fin corset avait été ôté lors de mon malaise ainsi que mes bottines.
Je vis alors Caroline avec ma robe, pleine de dégueulis, elle me l'avait donc enlevé ? Etais-je réellement malade ?
Je me sentais fiévreuse.
Il était quasiment possible de qualifier ma tenue d’indécente, une simple robe en lin arrivant aux genoux en guise de sous-vêtements.
L'odeur de ma faute devenait entêtante, je fermais les yeux, dégoutée, essayant de respirer par la bouche.
Vomir une deuxième fois paraissait un peu trop redondant à mon goût.

Je me sentis quitter terre.
Etais-je morte ? M'envolais-je vers Sarkemos ? La faucheuse m'avait-elle cueilli pour mettre fin à mes tourments ?
J'ouvris les yeux, terrifiée.
La poitrine d'un homme contre ma joue.
La sienne.
J'aurai pu tout à fait me débattre, m'insurger contre la position indélicate dans laquelle il me mettait,  exiger qu'il me lâche (aurait-il pris cette demande au pied de la lettre et m'aurait-il laisser m’exploser contre le sol ?) mais je ne fis rien.
Trop fatiguée, je n'étais pas en mesure de reprendre ce combat déjà perdu.
Posant ma tête maintenant douloureuse contre lui, j'attendais sa sanction.
Si, sans un mot, il m'emmenait en dehors de la chambre alors nul doute que ma dernière heure avait sonnée.
Me balancerait-il par la fenêtre ? m’étoufferait-il avec un linge ? me noierait-il dans un baquet d'eau froide ? Pire ?
Lilith, pardonne moi.

Je le sentis se pencher en avant avec douceur. Par réflexe, j'attrapai son cou, serrant les mâchoires, attendant sa sentence.
Je me retrouvais sur un nouveau lit. Il m'avait posé délicatement sur une couverture douce. La chambre semblait plus accueillante, moins sommaire.
Mes bras retombèrent d'eux même le long de mon corps.
Je n'osais le regarder. J'avais honte, j'avais peur, je me sentais mal.
Alors il me parla.
Il me proposait, non me prévenait, qu'il s'en allait me chercher un somnifère.
Une larme coula alors sur ma joue.
Pourquoi voulait-il a tout prix me faire rester ici ?
Tandis qu'il quittait la chambre, je me levais tant bien que mal, et rejoignis la petite fenêtre en face de moi.
Vue sur les jardins.
Je l'ouvris d'un geste vif, voulant sentir l'air sur mon visage. Faire sécher cette larme avant qu'il ne revienne. Une odeur de plantes s'éleva jusqu'à moi alors qu'un rayon de soleil réchauffait mes joues glacées par l'effroi.
L'espoir.
Mon cerveau soudain, enfin, se mit en marche.
Si je voulais partir d'ici, ne devrais je pas lui obéir sans discuter ? Ne gagnerions nous tout deux pas un temps précieux si j'avalais ce foutu somnifère ? Que risquais-je ? Dormir quelques heures ?
Il avait été délicat envers moi alors qu'il m'amenait ici. Peut-être avait-il fini de jouer se rendant compte dans les retranchements ou il m'avait poussé.

J'entendis d'abord ses pas avant de sentir sa présence derrière moi.
Il était revenu.
J'avais dépassé cette peur qui m'avait prise aux entrailles tout ce temps. J'avais accepté ma défaite, et donc sa supériorité.
Je lui obéirais.

En restant face à la fenêtre, je tournais la tête dans sa direction.

-Je profitais des quelques rayons de soleil. Rien d'inconsidéré, comme vous l'aviez exigé.

Et c'est dans un soupir de résignation que je me réinstallais sur le lit, main tendue.

-Donnez moi votre breuvage, qu'on en parle plus.





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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: C'est dans les mauvais jours qu'on peut distinguer l'ami d'avec l'ennemi. Dim 28 Mai 2017 - 21:13
Bon, je ne comptais pas m’étendre sur le sujet. Et je ne comptais pas jouer les garde-malades toute la journée, j’avais d’autres impies à fouetter ! M’occuper de mademoiselle de Valène était hors de question ! J’avais des domestiques, des serviteurs zélés, qui se chargeraient d’elle bien mieux que je n’aurai jamais été capable. Et puis… et puis le coup de me vomir dessus… bon, dans l’absolu cela ne me gênait pas. La maladie, on ne pouvait pas lutter contre, mais je n’aimais pas le résultat. Un Prieur ainsi souillé aurait pu relever du blasphème… mais bon, allons, ne faisons pas d’histoires, cela n’aurait servi à rien de lui reprocher quelque chose qu’elle ne maitrisait pas. Ç’aurait été cruel. Du coup, je me contentais de lui sourire alors que je lui mettais dans la main la tasse où j’avais versé la poudre somnifère.

« Tenez et n’en laissez pas une goutte. »

Je la laissais prendre le temps de boire, m’assurant qu’elle boirait tout avant de doucement prendre sa main dans la mienne. Je serrais doucement pour la réconforter alors que je m’asseyais au bord du lit, silencieusement. Religieusement.

« Je vais veiller sur vous, jusqu’à ce que vous vous endormissiez. Si jamais quelque chose ne va pas, utilisez la clochette sur la table de nuit et quelqu’un viendra vous voir pour essayer de vous aider, de vous soulager, ou de répondre à vos moindres besoins. N’hésitez surtout pas. Le personnel est là pour ça ! »

Je lui baisais le front et priais à haute voix jusqu’à ce que le sommeil l’emporte. Un sommeil sans rêve mais réparateur. 


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