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[CLOS]I brought you daffodils in a pretty string [Lilith]

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MessageSujet: [CLOS]I brought you daffodils in a pretty string [Lilith] Jeu 9 Fév 2017 - 16:40
Une boîte avait été déposée à l’écart, pour ne déranger personne. Aucun son ne s’en élevait, et pourtant, à une grille sous le couvercle, à quelques trous dans les côtés, à un frémissement de temps à autre, on pouvait deviner qu’elle contenait un petit être vivant. Sans doute pas bien extraordinaire, car personne n’y avait plus jeté un regard depuis qu’il avait été déposé là par un laquais, sur ordre d’Astrid Brisendan, vieille chouette revenue d’un voyage qui ne l’avait pas le moins du monde émerveillée, et qui ne rêvait que d’une chose ; ramasser ses bagages et rentrer dormir. Après avoir témoigné ses respects à la Cour, comme il se doit.

Un peu plus loin sur l’allée de gravier, le buffet déployait son luxe insolent, nappes éclatantes et argenterie ouvragée, sous des lampes qui répandaient leur parfum soufré et leurs couleurs rougeoyantes sur les massifs voisins. Le jardin accueillait l’un de ces dîners mondains qui étaient les jouets des adultes, mais qui ennuyaient tant les enfants. Assis sur un coussin pour être plus haut, un garçonnet frileusement enveloppé dans le châle de sa mère, malgré le pull-over épais qui couvrait sa silhouette frêle, haussait son menton pour apercevoir les divers acteurs politiques qui échangeaient des vues obscures en dégustant des petits fours. Régulièrement, sa petite main s’aventurait vers les flûtes aux couleurs rosées qui étincelaient autour de lui, mais le regard foudroyant que lui lançait sa mère, beauté mûre un peu sèche assise droite comme un i à ses côtés, suffisait à le dissuader de sa tentation.

Il aurait pu se passionner pour la conversation s’il avait été libre d’y participer ; mais l’inaction lui pesait. Parfois, il glissait un coup d’oeil rêveur en direction des profondeurs noires du jardin, ou sursautait au passage d’un domestique derrière lui, rentrant instinctivement la tête dans les épaules comme s’il craignait d’être décapité par un plateau d’argent. Soudain, en le surveillant une énième fois, sa mère fronça les sourcils ; il avait disparu. Elle mâcha entre ses dents serrées deux syllabes inaudibles des autres convives : « Roslin... » L’enfant s’était glissé sous la table et avait filé entre les jambes des dignitaires présents. On lui avait promis une faveur, et il n’avait pas pu patienter.

Arrivé à la boîte mystérieuse que lui avait ramenée sa tante, il s’accroupit en prenant garde à ce que le châle enroulé autour de ses épaules ne traîne pas au sol. Un sourire illumina son visage ordinairement grave, et une lueur malicieuse s’alluma dans son regard toujours trop sage. Il commença à jouer avec les attaches de la boîte, en murmurant quelques mots à la créature à l’intérieur, maintenant bien réveillée ; il ne lui fallut que quelques minutes pour faire claquer les sécurités. Deux oreilles noires sortirent les premières.

« Merci, tante Astrid, » sourit l’enfant en inclinant la tête sur le côté.

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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]I brought you daffodils in a pretty string [Lilith] Ven 10 Fév 2017 - 22:29
-Je peux rester avec vous ? Ils sont ennuyeux au-dessus !

Une petite demoiselle aux anglaises noires vient de se rapprocher d’un jeune enfant, c’est moi, à un âge bien plus jeune, habillée dans une robe d’un marron foncé. Les adultes au-dessus sont ennuyeux dans leur nombres discussion et je n’ai pas le gout à les écouter. Parfois, je suis bien attentive, au vue de mon rôle futur, parfois, pas le moins du monde et je m’échappe.

-Père m’a vu m’échapper, il m’a même aidé.

L’Empereur accorde parfois un peu de facétie à sa fille, beaucoup, cela favorise les esprits. Je suis sa fille, il cherche à développer mon esprit avec beaucoup d’attention, et beaucoup de volonté. A quatre patte, je parviens enfin auprès du jeune enfant, un compagnon de jeu et mes yeux posés sur les pieds de De Voisin, je m’amuse, à défaire les lacets de ces souliers.

-Votre animal est fort joli, je pourrais le caresser avec votre permission ? Porte-t-il un nom drôle ? Ou un nom sérieux ? Moi je me nomme Lilith, Lilith de Choiseul. Et mon petit frère Nicolas. Ni…co…las. Je trouve la sonorité de ce nom fort jolie !

J’inspire, voilà bien une demoiselle différente, qui peux dire que j’ai été cet enfant qui attache les lacets de Monsieur de Voisin ensemble avant de me rapprocher de mon petit camarade.

-Quel est la sonorité du vôtre ?

Et je lui fais un grand sourire, très jolie, petite poupée de porcelaine blanche, je n’ai que l’apparence de l’enfant modèle, mais étrangement, je me tiens dans une stature parfaite, j’ai appris cela très jeune, le maintien, on peut tout faire avec un port altier. Même nouer les chaussures de de Voisin.


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MessageSujet: Re: [CLOS]I brought you daffodils in a pretty string [Lilith] Mar 14 Fév 2017 - 13:23
Surpris ! Oh, non, le jeu est donc terminé… A la maison, c’était ainsi en tout cas : pas de complices – seulement des correspondants, des cousins qui n’écrivent pas souvent et toujours plus ou moins sous la dictée. Dernièrement, l’un d’eux lui a dit que bientôt il devrait prendre des poisons et se rendre très malade pour devenir plus fort ; Ross n’en a pas dormi d’une semaine. Des domestiques, plus proches de ses parents que de lui. Un précepteur de musique très gentil, pas le moins du monde désespéré en constatant que, non, ce jeune homme en herbe n’est pas fait pour la harpe ; qu’il a réclamé ce cours juste pour bavarder avec un étranger à la famille. Et, au fond, voilà tout.

Maintenant il y a ce petit compagnon à fourrure ramené par tante Astrid, sorte de renard des îles lointaines à la queue annelée, aussi avide de compagnie que lui, aussi paisible et attentif. Mais à la moindre incartade, cet être sans voix lui sera retiré. Ross le sait, et ne le tient pas pour acquis. Au contraire, chaque amusement qu’il ressent en l’observant, chaque élan d’affection, est en même temps une douleur, car il sait que c’est une faiblesse.

C’est une leçon de vie parmi toutes les autres. On ne l’a jamais battu ; les Brisendan sont beaucoup plus intelligents que cela. Depuis des générations, l’éducation des héritiers a bien d’autres moyens d’assurer la continuation des intérêts familiaux.

Mais ce n’est pas un allié de ses parents, pour une fois, qui se tient devant lui. Ross cligne des yeux en apprenant que la fillette a fui l’ennui de la réception avec l’appui d’un de ses géniteurs. En l’écoutant babiller, il écarquille les yeux, soulevant machinalement son petit renard qu’il retient contre lui – sans le serrer, comme un œuf, lui a dit sa mère : si tu le lâches, il se casse. Si tu le serres, tu l’écrases. Et elle lui a fait jeter à terre un œuf, puis en écraser un autre, pour lui montrer. L’imagination enfantine de Ross a fait le reste. Jamais ce renard n’aura rien à craindre de lui ; il a trop peur de le voir soudain exploser en mille fragments de coquille fine et pâle.

« Lilith de Choiseul... Je suis votre très humble serviteur, » dit-il en s’efforçant de maîtriser son léger défaut de prononciation, qui lui fait prononcer les « ch » comme des « s ». Il prend des leçons, pour cela aussi. Voilà un précepteur qui n’a rien d’aimable… « Mais je ne peux pas vous faire la révérence, parce que, vous voyez, j’ai cet animal dans mes bras. »

Précautionneusement, il le dépose à terre. La bestiole s’ébourriffe, observe curieusement l’herbe verte sous ses pattes dont le contact semble l’émerveiller – il est davantage habitué au sable – et commence à marcher vers un buisson. Avant de le suivre, Ross s’incline.

« Je m’appelle Roslin Brisendan. Votre petit frère, c’est donc ce beau bébé là-bas ? » Pour eux, tout ce qui fait une taille de moins est naturellement un bébé. « J’aimerais bien avoir un frère. J’ai cet animal, il n’a pas encore de nom. Voulez-vous lui en donner un ? »

La créature s’est engouffrée sous les branches basses, et renifle quelque chose ; Ross commence à s’inquiéter. Il ne faut pas manger n’importe quoi par terre, c’est dangereux. Il tend la main à la petite fille pour l’emmener, décidé à suivre l’animal où il se dirigera. D’après sa tante, pas de crainte qu’il s’enfuie, il aura le réflexe de rester proche de l’enfant, sauf si celui-ci l’effraie ; mais Ross ne veut prendre aucun risque. Il est déchiré entre deux instincts : celui de préserver son beau pantalon, qui se tachera d'herbe s'il rampe sous les branches, et celui de tenir en vue la petite bête rousse qui se faufile déjà un peu plus loin, en jetant aux deux enfants des regards noirs et brillants, comme pour les défier de l'accompagner.
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MessageSujet: Re: [CLOS]I brought you daffodils in a pretty string [Lilith] Jeu 9 Mar 2017 - 22:06
Je n’aime pas ces réunions mondaines, ces choses si fermées, ça m’ennuie, beaucoup ! Père dire que cela ne m’ennuiera plus quand je serais grande, je ne le crois pas. Ce n’est pas parce qu’on est grand qu’on apprécie de parler à des gens qui ne vous intéressent pas. Mais je lui laisse le bénéfice du doute ! Je veux bien, après tout, c’est mon papa, c’est l’empereur, il doit avoir bien plus raison que moi !
Moi je suis avec mon nouvel ami, je me suis échappée et j’ai envie de le connaître. Il faut que j’en profite maintenant, après, ce sera trop tard, quand je serais grande, je serais mariée à Elrich Zullheimer. Je ne le connais pas, je voulais lui écrire,père dit que non. Nous aurions pu faire connaissance par lettre, mais j’écris encore mal. Mes lettres ne sont pas jolies, je fais attention à m’améliorer, c’est important.

-Oh vous avez raison, il ne faut pas blesser votre ami à fourrure, et cela ne me dérange pas !

Au contraire,je n’ai pas envie que l’animal soit tout compressé par une révérence, en plus je pense qu’à nos âges, on ne devrait pas s’embêter avec ça, pourtant, je sais très bien qu’il est important de faire ce genre de chose, mais…ça ne m’ennuie pas.
Mes yeux sont totalement absorbés par la petite créature et ma bouche s’arrondit d’un « o » tout à fait charmant, surprise par la révérence, je souris à Roslin en faisant une aimable révérence en tenant le pan de ma robe.

Je suis des yeux la direction qu’il me montre, je ne suis pas convaincue qu’il soit beau. Je hausse les épaules, dans une moue boudeuse couronne d’un pff.

-Beau, je ne sais pas, c’est un bébé…tous les bébés sont beaux. Il bave et il fait caca. Mais quand il sera assez grand, nous jouerons tous les deux et je l’aimerais de toutes mes forces, même si je l’aime déjà.

Nicolas est mon frère, je le protègerais et je veillerais sur lui avec une affection sans limite, toujours, c’est promis.

-Vous avez un joli prénom. Roslin ! J’aime beaucoup ! J’aimerais bien lui donner un nom à votre ami, mais il faut que nous le choisissions ensembles. Qu’en pensez-vous ? –La main tendue du petit garçon m’incite à donner la mienne, dans un sourire plein d’éclat.- Venez, il nous invite à le suivre. On ne vous criera pas, promis. –J’ai remarqué qu’il hésite, mais je le comprends, il est bien habillé, mon papa en a eu assez de me réprimander pour que je fasse attention, mais je lui ai dis que je ferais attention plus tard ! –Vous ne pouvez décemment pas me refuser de jouer avec moi pas vrai ? Alors allons-y !

N’est-ce pas une superbe idée ? Je veux y aller, j’irais avec ou sans lui et comme il a mon âge, ses parents lui diraient certainement de me suivre,ou de me tenir compagnie,sauf si je me trompes, je peux tout à fait me tromper, je ne suis qu’une enfant et donc, je n’ai pas toute la logique des grands. Mais je me mets à l’entraîner, sans résistance de sa part, je me mets à marcher vite, alors que l’animal s’éloigne, je ne veux pas qu’il disparaisse et pourtant, le voilà déjà dans des bosquets bien entretenus.

-Votre ami connait peut-être un chemin que nous ignorons ! Un bel endroit où nous emmener. Il nous attends, regardez !

Soufflais-je dansl’effort avec émerveillement pointant du doigt l’endroit où il a disparu avant de me jeter presque à genoux dans la terre et me faufiler sous les branches ombragés en riant. Au lointain l’appelle d’une voix connue me fait arrondir les lèvres, le lilith prononcé ave clarté est celui de ma gouvernante.

-Je reviens Madame Nougne, je reviens PROMIS !

Criais-je dans le seul but de la rassurer.

-C’est pour qu’elle ne s’inquiète pas, elle se fait tant de souci pour moi ! Toujours. Elle est gentille Madame Nougne, c’est tonton Nemrod qui l’a conseillé à papa.

Dis-je avec entrain. J’aimerais bien voir mon oncle, il va venir bientôt il parait, mais on est jamais sur de rien !


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MessageSujet: Re: [CLOS]I brought you daffodils in a pretty string [Lilith] Jeu 9 Mar 2017 - 23:12
Émerveillé par le babillage chantant de sa nouvelle amie, Ross écoutait la petite princesse en tortillant le bas de sa veste. Elle semblait tellement sûre d’elle qu’il en était ébloui. Et sans doute était-elle un peu magicienne, car après cet appel qui signait pour lui la fin des divertissements, il eut la surprise de constater que ses parents accédaient à leur souhait, et lui faisaient signe qu’il pouvait s’éloigner s’il le souhaitait. Il lui sembla même entendre quelqu’un dire : « Comme ils sont mignons ensemble ! »

Quelle idée. Ils étaient mignons de toute façon. Ils avaient passé bien assez de temps dans la salle de bain pour cela. Il avait même maquillé un peu ses cils, pendant qu’on ne le regardait pas, mais chut – c’était un secret.

« Si je peux jouer avec vous, je n’ai pas besoin de frère, » assura-t-il, tentant de formuler le plus beau compliment qu’il puisse imaginer.

En se faufilant à quatre pattes à la poursuite de l’animal, les deux enfants débouchèrent au coeur du bosquet, une couronne de troncs d’arbres qui s’étendait en s’ouvrant comme les pétales d’une rose au matin, vers une corolle de frondaisons semées de fleurs et illuminées d’un lampion voisin. Le petit Ross s’assit en tailleur dans le cercle de racines, leva les yeux et resta stupéfait par tant de beauté. Le ciel au centre du cercle était semé d’étoiles. Dans un coin, la lune faisait son apparition. Une brise légère faisait onduler et chanter les feuilles. Il avait l’impression d’avoir découvert un temple secret. Déjà fatigué de son escapade, le petit renard revint auprès de lui et tapota sa jambe de la patte, comme pour réclamer de grimper sur ses genoux.

« Renard, tu seras notre bébé, d’accord ? Même un bébé très sage et agréable, car tu ne baves pas. » Sans trop comprendre pourquoi, l’animal fut récompensé d’une caresse qui replia ses longues oreilles un instant. « Et cet endroit sera notre château. On devrait toujours construire les châteaux en fleurs. Quand je serai grand... »

Comme si une main invisible lui avait coupé la parole, il se tut, et adressa un petit sourire coupable et mystérieux à sa compagne de jeux. Il ne termina pas sa phrase ; allez savoir pourquoi, elle lui rappela au contraire cette note sur laquelle Lilith s’était arrêtée, cette dame qui se faisait tant de soucis pour elle.

« Les dames sont comme ça, ma mère aussi se fait des soucis pour moi, à un point... » Il roula des yeux avec une petite moue dépitée et un soupir d'agacement gracieux, avant de cueillir une fleur qui poussait dans cette cabane improvisée, et de commencer à en détacher les pétales un par un. La brise, en les emportant, les collait à sa veste sombre.

« Je suis pourtant sage, j’écoute mes professeurs, même si pour la harpe je ne suis pas très doué. » Un sourire tendre et pensif éclaira son visage un peu absent, puis il cueillit le dernier pétale et son sourire s’éteignit. « Dites-moi, Lilith... avez-vous un amoureux ? »

Ils étaient encore trop jeune pour que cette question soit vraiment troublante ; elle aurait tout aussi bien pu porter, avec le même ton insouciant et courtois, sur la couleur préférée de la demoiselle, ses jouets favoris, ou la décoration de sa chambre. C'était presque totalement innocent - on pouvait juste deviner l'ébauche d'une confidence qu'il avait sur le bout de la langue, et qui rendait cette question un rien intéressée, comme peuvent l'être les questions des enfants à l'âge où l'on dit qu'ils expriment la vérité. Ils savent mentir, naturellement ; mais la plupart du temps, on lit en eux comme en un livre ouvert.
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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]I brought you daffodils in a pretty string [Lilith] Mer 15 Mar 2017 - 11:17
J’ai pas beaucoup d’ami qui ne sont pas choisis avec soin par mes parents. « On ne peut vous laisser jouer avec n’importe qui » disait papa en me souriant de sa grosse voix. « Mais pourquoi ! » Et je râlais fort. « parce que … » pfff ce n’était pas une réponse.

Je jouais avec ma gouvernante, parfois, certains enfants venaient, je ne les aimais pas. Ils étaient tout sage, à me regarder comme le chien moche de maman, ce petit machin tout rabougris, avec de gros yeux globuleux et la langue pendouillant ! Un carlin je crois…il était moche et bête. Comme les amis qu’on faisait venir. Une fois, je m’étais beaucoup amusée avec des gamins de domestiques, je sais pas comment ils étaient arrivés là, mais j’avais ris et je m’étais couverte de boue. Papa avait ris, maman pestait que j’étais une souillon…

Non mais je vous jure !

Par contre Ross n’a pas l’air comme le chien moche de maman, il a l’air un peu de s’inquiéter de l’autorité parentale, je sais pas ce que ça signifie exactement, mais je suppose que ce sont les lois des parents à laquelle on doit obéir. Je ne sais pas si elles priment sur celle de l’Empire, mais je crois pas.

En tous cas, nous voilà échappés et c’est bien !

Parvenus au bosquet, je reste droite en regardant le ciel, c’est beau et je ne peux m’empêcher de sourire, un ouah sur les lèvres qui ne fait pas de bruit. Je rabaisse soudainement la tête, comme piquée par une béte invisible, je me rapproche des fleurs dont je cueille soigneusement, des tiges, me piquant à la pointe d’une épine, un petit aie sort de mes lèvres, sans que cela ne me cause plus de souci.

-Et qui n’a pas de lange pleine de caca. Surenchéris-je, plutôt contente de cette idée générale, suçant mon doigt piqué. Moi je préfèrerais des châteaux en chocolat, on pourrait faire un mélange des deux…ou en pain d’épice, mais selon les contes les maisons en pain d’épice, ce sont des maisons de vilaines sorcières…je ne voudrais pas que les gens se méprennent. Je soupire. Je vais nous faire des couronnes.

Je ne prends que deux roses, les ramenant près de Ross pour les poser au sol, avant de choisir les fleurs d’une plante grimpantes bleues, ne risquant en rien de me piquer. Revenant m’asseoir, assise en tailleurs, je trie mes trouvailles, haussant les épaules.

-Ma maman ne se fait jamais trop de souci, ça donne des rides qu’elle dit. Je secoue la tête. Je crois qu’elle ne s’inquiète tout simplement pas pour moi ou pour Nicolas, ma gouvernante et papa s’inquiètent.

Il a de chance que sa maman s’inquiète, quoi que…je n’aimerais pas que la mienne m’embête à me faire des mignonneries de bisou plein d’inquiétude !! Beurk !
J’enroule les fleurs comme m’a appris Madame Nougne, formant une jolie couronne rapidement que j’ai toute tressée. Je souris, écoutant Ross, tirant la langue sous l’effort, avant de redresser ma tête, admirant mon travail, couronnée de la rose. Je me tourne vers Ross et je suis surprise par sa question.

-Un amoureux ? Non je ne crois pas. A genoux, je me rapproche, pour déposer la couronne sur sa tête, elle est pas trop grande ça va.Pourquoi ? Vous voulez être le mien ? Je vais devoir vous dire que ce n’est pas possible…il parait qu’avant ma naissance même, on a décidé que j’épouserais un amethien. Everich je crois…je ne l’ai jamais rencontré. Je le sais parce que mon précepteur m’a parlé d’histoire, j’aime bien l’histoire. je soupire. Enfin, je l’épouserais quand je serais grande, c’est encore très loin.

Ah le charme des enfants comme qui dirait papa…



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MessageSujet: Re: [CLOS]I brought you daffodils in a pretty string [Lilith] Jeu 16 Mar 2017 - 12:15
Quelle gourmande, cette petite Lilith ! Le chocolat en si grosses quantités… rien qu’à imaginer, c’était dégoûtant ! Ross eut une petite grimace en fermant un œil. S’il était lui-même une telle crevette, c’est que les repas ne l’égayaient pas tellement. D’ailleurs, l’exercice intellectuel qu’il faisait en journée ne lui donnait jamais très faim, et puis à table, il y avait toujours des conversations oppressantes. On pouvait être certain qu’une telle conversation avait lieu à table, à moins que les grands ne soient en train de se livrer au seul spectacle plaisant qu’ils puissent donner en de telles occasions : ce que sa mère appelait « des minauderies. »

Pourtant, dans de rares occasions, il dévorait comme un ogre. Certains enthousiasmes, certains réveils de sa vitalité naturelle avaient cet effet sur lui. Son père supposait qu’il était un peu détraqué dans ce domaine… Lui, il pesait sa nourriture tous les jours pour être sûr de bien manger tout ce qu’il faut en quantités suffisantes, tellement ça ne l’intéressait pas, alors il n’avait rien à dire !

Tout en écoutant sa nouvelle amie, il se passionnait pour cette technique dont elle faisait preuve dans le maniement des fleurs. Il tentait de mémoriser la technique en question en reproduisant, de ses mains vides, les gestes qu’il voyait faire à Lilith ; son visage était concentré et grave, comme celui de ces petits génies qui jouaient de la harpe dans les concerts où l’invitait son précepteur. L’homme cherchait évidemment à lui donner du courage, mais la comparaison un rien jalouse avec ces enfants plus doués que lui, sur lesquels son idole ne tarissait pas d'éloges, ne réussissait qu'à l'intimider davantage au moment de reprendre ses propres partitions.

Il songea vaguement que sa mère serait très ridée plus tard, surtout au niveau de ce pli entre les sourcils, et aux coins des yeux, qu'on avait quand on plissait le regard pour mieux se concentrer. C'était son visage de travail, et aussi celui qu'elle faisait quand elle lui remarquait quelque chose. Pendant toutes ces réflexions, la couronne de fleurs s'achevait, et soudain il s'illumina de surprise quand sa nouvelle amie plaça les fleurs sur sa tête. Il ferma les yeux un instant, craignant que cela ne pique, confiant et inquiet à la fois, comme lorsqu'on l'emmenait chez le dentiste. Pourquoi l’emmenait-t-on chez le dentiste « juste comme ça ? » Ne devrait-on pas attendre qu’il ait mal ?

"Oh, non, je ne veux pas vous épouser. J’aime mieux jouer, merci. Mais si votre Everich vient ici, vous me le montrerez ? J’ai toujours eu envie de voir un prince charmant. Et pardon mais… Votre frère est un peu jeune pour moi."

Le garçon imita les mines de sa cousine adolescente, très en veine de mines depuis un certain temps, en rabattant sa main et en papillonnant des paupières, avant d'éclater de rire. Il se trouvait très comique, très fort en minauderies. Puis il saisit deux autres fleurs, et tâcha de reproduire la technique observée. Mais comme il n'osait pas prendre des roses, les tiges pour lesquelles il avait opté ne marchèrent pas très bien, et à sa grande vexation il comprit aussitôt que cette résistance moindre allait plier sa création dans tous les sens. Il finit par les tresser, comme des cheveux, en les réunissant par petits bouquets de tresses vertes pour former comme une poupée végétale, couronnée de pétales froissés. Verte et longiligne, elle n'était pas très belle, mais du moins avait-il réalisé quelque chose. Il aurait bien voulu avoir une soeur aussi : avec de beaux cheveux, comme Lilith, pour pouvoir les tresser le soir après le bain en bavardant de tout et de rien.

Le renard roulé en boule s’endormait entre eux, soulagé de cette ambiance paisible après son voyage enfermé. En ce moment, songeait Ross, il avait comme un petit renard tout pareil dans sa tête, qui se reposait. Il pouvait avoir confiance.

« Je peux vous dire un secret ? Moi... » Il se pencha à l'oreille de la petite princesse, et chuchota avec un sourire malicieux, comme une bonne plaisanterie. « Moi, j’ai un amoureux. Mais ne le dites à personne, même lui il ne le sait pas. »
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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]I brought you daffodils in a pretty string [Lilith] Lun 20 Mar 2017 - 17:42
Je redresse la tête, fronçant les sourcils, l’index relevé prête à dire quelque chose avant de m’arrêter. Les grands disent souvent qu’un amoureux et un amoureux ce n’est pas bien, moi je trouve pas. Je veux dire, les Dieux nous parlent d’amour, alors si on s’aime…je comprends pas encore, mais je suis certaine que pour les grands, ça n’est pas bien. Pour moi, je ne sais pas, c’est…

-Je ne le dirais pas, ce sera notre secret pour toujours, je ne veux pas qu’on soit méchant avec vous après.

Finis-je par dire en le serrant dans mes bras dans un beau sourire, faisant bien attention de ne pas écraser notre ami de fourrure. Les grands sont bêtes et méchants, ils ne savent pas vraiment réfléchir correctement parce qu’ils pensent comme des grands. Avec plein de problème dans la tête, qui détruit tout trop facilement. Un jour aussi on sera grand malheureusement.

-Vous savez, je suis contente que vous ne vouliez pas m’épouser, et que vous m’ayez dit votre secret, moi je n’en ai pas…

C’est problématique, je dois lui  en dire un, alors je soupire et je réfléchis. Dans notre petit royaume seul, je voudrais lui partager quelque chose, mais je n’ai rien,alors je ne prononce rien, je reste silencieuse un moment avant de le regarder.

-Mais dès que j’en aurais un, vous saurez en premier ! Et dire que dans quelques années, je lui parlerais d’une jolie jeune fille…Il est comment votre amoureux ? Vous craignez de le dire ? Après je comprends, les grands…ils aimeraient pas ça, mais bon, les grands ils aiment souvent pas grand-chose.

Je comprendrais plus tard, pour l’instant, je juge du haut de mes trois pommes et de mes anglaises, ça ne fait pas bien haut et pas bien réfléchis tout ça !


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MessageSujet: Re: [CLOS]I brought you daffodils in a pretty string [Lilith] Lun 27 Mar 2017 - 18:25
« Que voulez-vous, ma chère ! Les grands, ils aiment la Sécurité. »

Ross est un gentil garçon, il essaie de comprendre de son mieux. On ne lui donne pas souvent d’indications pour l’y aider, mais il a la faiblesse de croire qu’en réfléchissant beaucoup, il y arrivera tout seul. Et c’est ce qu’il a conclu pour l’heure : les grands n’aiment pas s’inquiéter, parce qu’au fond, ils sont tous gentils. Ils ont l’air méchants quand ils s’inquiètent, mais c’est par amour au fond… et ils se disputent parce que leurs amours ne vont pas aux mêmes choses. Alors ce n’est pas grave s’il aime son professeur de musique, ce n'est jamais qu'une variété d'amour de plus au milieu de tous ces amours contradictoires qui s'entrechoquent à travers les repas de famille... et il essaie, de toutes ses forces, de s’inquiéter pour lui, pour que cet amour soit à la hauteur de ceux qu’il observe dans son entourage.

Il n’est pas sûr de ce que représente la sécurité d’un tel monsieur, mais ça revient sans doute à pouvoir se rendre chez lui toutes les semaines, lui donner des cours et recevoir de l’argent, avec lequel il s’achète de beaux vêtements qui lui vont très bien. Et à manger, parce qu’il est un peu maigre. Mais ça, c’est parce que c’est un artiste, comme dit sa mère. Ross lui a promis de ne jamais être un artiste : elle s’inquiéterait beaucoup trop qu’il oublie de manger. C’est étrange, Lilith n’a pas l’air inquiète de caractère mais elle semble tout de même assez aimante. Il est un peu confus. Toute cette nouveauté est fascinante comme le ciel étoilé qui brille au-dessus d’eux.

« Mon amoureux, il est très joli, il a des cheveux un peu comme les vôtres, il joue de la harpe comme un dieu et il ne me gronde jamais. Il me fait sourire quand il me parle… Même quand il ne dit rien de particulier. »

Son sérieux, sans qu’il ait besoin de développer, prouve à quel point sourire n’est pas un luxe si répandu dans sa vie quotidienne. Pourtant, son coeur est léger car il chantonne, sans trop élever la voix, de peur qu’ils ne soient surpris :

« Et un jour, je l’épouserai, dans un jardin comme celui-ci, sans inviter personne. Ah si… Vous, je vous inviterai. »

Bien sûr, elle a le droit de venir ! Et puis elle pleurerait peut-être s’il lui retirait ce droit. Si seulement elle était sa sœur, songe Ross dans une soudaine bouffée de tendresse irrépressible, il ne la ferait jamais pleurer. Il prendrait tout à fait exemple sur son professeur de harpe, et la complimenterait pour les moindres petites choses, juste pour qu’elle se sente appréciée. Il s’y voit déjà. Allons… il aura un jour une épouse qu’il pourra choyer ainsi, ce sera presque aussi bien. Sauf si c’est une pimbêche. Il n’a pas tellement confiance en sa mère pour choisir autre chose qu’une pimbêche, c’est bien ennuyeux.

Leurs exclamations et la joie dans leurs voix a réveillé à demi le petit animal, qui se roule sur le dos en attente de câlins. Comme son petit maître semble l’avoir un peu oublié, il se tourne vers la petite fille et mordille le bas de sa robe. Cette soudaine attaque fait sursauter Ross qui se mordille le doigt, très gêné, en poussant doucement la petite bête du pied : il ne veut pas lui faire mal, mais il ne veut pas non plus que… que le renard abîme les beaux vêtements de Lilith !

« Pardon, je ne peux pas le disputer, il n’a toujours pas de nom. Allons, trouvons-en un. D’abord, un nom de fille ou un nom de garçon ? Pour cela, je vous laisse choisir. »


A peu près incapable de déterminer le sexe d’un animal, Ross part d’ailleurs du principe que ces êtres innocents sont parfaitement imperméable à ce type de vexation, et s’accomodent sans problème d’une solution comme d’une autre ; les noms ridicules, les noms excessivement glorieux, tout cela leur passe loin au-dessus de la tête, et d’après lui, ils ont bien raison. Il aimerait bien être aussi indifférent, mais il a tellement l’habitude d’entendre « Roslin ! » quand il s’apprête à recevoir une réprimande, que ce nom commence à lui piquer les oreilles à la longue. Son professeur de harpe l’appelle simplement Ross, et c’est beaucoup plus rassurant.
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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]I brought you daffodils in a pretty string [Lilith] Mar 4 Avr 2017 - 21:18
Je hausse les épaules, je ne comprends pas les grands, je sais juste que j’ai le temps et que je ne veux pas y penser pour le moment. Parce que ça m’intéresse pas. Plus tard, je verrais bien, en attendant je l’écoute me parler de son amoureux.
Je me demande si j’aimerais Everich, après je pense que je suis pas là pour aimer, on peut pas aimer quelqu’un qu’on nous choisit, non ? Je sais pas, les princesses elle me plaisent pas avec leur prince, je les trouve idiote à pas s’en sortir toute seule, alors je sais pas.

Je me contente de sourire et d’écouter Ross, j’espère que nous serons amis longtemps, mais ça aussi, y parait que c’est pas facile quand on est empereur il a dit papa, y a rien qui est facile ! Non vraiment. On épouse quelqu’un qu’on aime pas, on a pas d’amis ou pas beaucoup et en plus tout le monde peut venir se plaindre que ça va pas !
Je vous jure, y a pas idée !

-Oui ! Moi et notre ami sera témoin !

Dis-je en désignant le petit animal, non sans rire. D’ailleurs je le regarde faire quand il mordille ma robe et je pouffe.

-Oh mais non il a raison, il faut pas le gronder, ma robe, c’est pas grave, je l’ai accroché aux ronces. On s’occupe pas de lui, alors que c’est notre bébé ! Je sais pas, moi j’aime bien Camille en prénom, je trouve ça joli, mais on peut lui donner un nom d’humain vous pensez ?

Je réfléchis durement.

-On peut l’appeler Cassiopé, j’aime bien, et comme on est sous les étoiles..

Ça va plutôt non ? Je ne sais pas, il aura peut-être une meilleure idée ! Moi j’aime plutôt, mais ce n’est pas mon animal, c’est le sien, jene voudrais pas l’obliger. Je n’aime pas faire ça, je trouve ça désagréable quand on me le fait, même si parfois c’est parce que je fais ma tête de cochon comme dit mère. Mais j’ai une tête de cochon, c’est d’famille qui dit papa, comme tonton Nemrod !


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