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Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret-

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Hélène de Valene
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MessageSujet: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Mar 14 Fév 2017 - 22:21
Après mon entrevue avec Everard j'avais eu besoin de m'éclipser du Palais. Cette discussion m'avait marqué et j'avais besoin de prendre du temps pour réfléchir.
Je m'étais donc rendue au Grand Théâtre, là ou ma loge n’appartenait qu'à moi, ou il m'était possible de m’avachir dans mon grand fauteuil de cuir, dans le noir, pendant des heures.
Cependant, je n'étais pas restée seule bien longtemps. En effet, des bruits à la porte avaient retenti. Quelqu'un frappait.
J'avais ouvert, frustrée qu'on me dérange lors de ma retraite. De plus, personne n'était sensé savoir ou j'étais.
Un homme se tenait devant l'embrasure, souriant.On avait discuté quelques temps, il aimait mon travail, jamais sa façon de parler et de se mouver.
Quoiqu'il en soit il m'avait offert un cadeau auquel je ne m'attendais pas, il faut le dire.
Un chien chinois à crête. Cela faisait des année que j'en désirais un.  
De taille moyenne pour un canidé, sa robe était clair et dotée de tâches noir. Il n'avait pas de pelage mis à part une touffe hirsute sur le haut du crane, une crête dirions nous blanche et noir lui donnant un air un peu fou. Le bout de sa queue était elle aussi poilue et noir telle un pinceau. Le bas de ses pattes ressemblait à de petites chaussures fourrées que l'on mettait aux enfants l'hiver.Il était horrible il est vrai mais tellement mignon avec ses petits yeux bruns et sa lpetite truffe rosée.
J'en étais tombée amoureuse à l'instant ou mes yeux s'étaient posés dessus.
Quel homme parfait pour m'offrir pareille chose.
Une fois l'entrevue terminée, j'avais l’impression de m'être ressourcée alors je décidai de me promener avec mon nouveau compagnon Pilou.

Je sortis du Grand Théâtre et commençais à déambuler dans les rues. Mon chien à côté de moi paraissait tout fou de se retrouver dans cet espace. Il courait quelques mètres devant moi avant de revenir en aboyant. On le regardait tantôt en souriant tantôt avec une expression de dégout sur la face. Je me fichais de ce qu'on pensait. Je l'aimais et il me le rendait bien, un peu trop j'imagine.
Il ne me poserait sans doute pas de problème même tout énergique qu'il paraissait être il semblait m'écouter. C'est pourquoi je n'avais pas pris de corde avec moi afin de le retenir et de le forcer à me suivre. Il n'en avait pas besoin.

Mais à peine avais-je détourné la tête en direction d'un marchand de tissu qu'il avait pris la jambe d'un boulanger à pleine pattes. Les yeux fous, la langue pendante, il gémissait alors que son bassin faisait des va-et-vient contre le tibia de l'homme dont le visage avait viré au rouge. Essayant d'éjecter Pilou, il leva sa guibolle tout en gesticulant et hurlant comme un forcené. Hélas, mon adorable ami se cramponnait tant qu'il pouvait en continuant son affaire. Une foule se créait peu à peu autour d'eux. Certains encourageaient le petite être à quatre pattes afin qu'il finisse ses ébats à son aise tandis que d'autres conseillaient au boulanger de le rosser pour cet acte.
Le battre ? Non !
Je surgis hors de cette marée humaine et saisit mon petit protégé par les pattes arrières. Je tirai de toute mes forces alors que lui glapissait comme un dégénéré. L'homme essayait de l'atteindre avec une miche de pain que sa femme, semblait-il, lui avait lancé de la boutique.

-Enlevez le de moi !!! s'écriait il dès lors qu'il me vit...

Je pris mon chien par le cou et le secouait en tout sens.
Enfin, il lâcha.
Je dus bien évidemment donner quelques pièces au type fou de rage sous les éclats de rire des passants ayant assistés à cette scène.
Nous partîmes sous les applaudissement de la foule hilare alors que ce petit excité levait la tête fièrement, rasséréné. Il risquait de me poser problème au palais. Si ce genre de situation m'amusait,  je ne pourrais définitivement pas l'emmener avec moi lors de mondanités que j'exécrais. Je ne pourrais permettre qu'il fasse cela à l'impératrice, pire à Everard. Il le tuerait pour sûr.
J'allais devoir l'éduquer... Ou lui trouver une petite femelle répondant à son désir.

Perdue dans mes pensées je ne vis pas que mon adorable compagnon virevoltait à travers la foule tant et si bien que lorsque je reviens à moi, je ne le trouvais pas du regard.
Paniquée, j’accélérai, mes yeux se posaient tout autour de moi, le plus vite possible à la recherche d'une touffe de poil. Mon souffle s'agitait, mon front se perla de sueur sous le désespoir qui m'atteignait.
Serait-ce donc cela toute ma vie ? Les personnes autour de moi m'abandonnerait toujours ? Me délaisseraient elles à chaque fois ?
Je serrais la chaine de mon pendentif de ma main, l'autre posé sur mon corset essayait de retrouver une respiration à mes poumons essoufflés.
Quand au détour d'une ruelle, je le vis.
Et il n'était pas seul.
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Myrcéa d'Albret
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Ven 17 Fév 2017 - 9:27
Quelle drôle de journée cela avait été, peut-être pas. En tout cas, Myrcéa n'avait pas vue les heures défiler alors qu'elle était pleinement concentrée dans sa tâche. Il lui arrivait fréquemment de mettre entre parenthèse le tic tac bienveillant de l'horloge qui cliquetait sagement au dessus de sa tête. Les minutes, comme les jours n'avaient qu'une importance toute relative, cela dit. Pas de rendez-vous prévu, pas d'importun à déloger du seuil de la porte de l'atelier, tout se passait dans un grand calme, si on excluait ses discutions avec elle-même à voix haute et les crissements des pièces métalliques qu'elle déformait soigneusement.

Il était exactement le moment venu de manger. Un peu plus tard, et elle aurait expérimenté un certain affaiblissement physique. Presque à contre cœur, la jeune femme avait donc reposé ses tournevis et ses pinceaux, retiré son tablier de cuir et ses lunettes grossissantes pour les ranger. Ranger était un bien grand mot, disons plutôt qu'elle les avait poser là où elle les posait généralement, sur l'établi à coté de la porte d'entré. C'était en quelque sorte son uniforme. Puis, enfin, l'Assistante s'était glissée discrètement dehors en veillant à bien refermer à clé derrière elle. Aucun curieux n'était admis dans son antre, quelque en soi la raison.

Dehors, le temps était plutôt favorable, et les passants s'en donnait à cœur joie après les intempéries  qui s'étaient éternisée presque une semaine durant. C'était la saison, même si le vieux Arnold se plaignait sans cesse de ses rhumatismes, il était très important, et tout à fait normal, que le ciel se déverse sur leurs têtes. Elle ne notait rien qui sorte des statistiques d'une point de vu météorologique, et finalement, elle trouva même matière à en sourire.

Voyons, elle avait mangé la veille un ragout et donc, aujourd'hui, elle irait prendre un thé et manger le dessert qui l'attendait. Devant l'imposant bâtiment de la STEAM, un grosse dame portait un chapeau rouge vif, ce qui la décida pour un part de tarte aux fraises. Mais enfin, sur la route bien des choses pouvaient encore la faire changer de cap. Si un attroupement hilare faillit l'arrêter en bon chemin, elle se décida à l'ignorer momentanément, la priorité allait à son estomac qui criait à l'infamie d'avoir été laissé de coté si longtemps. Malgré l'affluence, dû au bon temps et à l'heure pour ne pas entrer dans les détails, c'est une jeune femme dans un large manteau jaune sur une robe de coton bariolé qui entra dans la pâtisserie, toujours résolu à se sustenter avec de la tarte aux fraise.

22 minutes et 19 secondes plus tard, c'est cette même jeune demoiselle qui ressorti de la pâtisserie à la devanture agréable, rassasiée à sa juste faim. Elle s'en allait retrouver ses travaux d'un pas tranquille, en observant la populace d'un œil fugace mais néanmoins attentif, quand, aux milieux des jupons et des boucles de chaussures luisantes, il détail attira son regard un peu plus longuement. Oui, certes, il était un peu étrange avec ses touffes de poils disparates, mais il s'agissait bien d'un représentant de la sous espèce des Canis lupus, virevoltant de piéton en piéton en reniflant.

Le plus étrange dans tout cela était encore qu'il n'avait nullement l'air d'un bâtard vagabond et que pourtant personne ne semblait s'en préoccuper autrement que pour le bousculer et le pousser un peu plus loin. Pauvre petite bête, ballotté ainsi… sans laisse et sans collier. Pourtant, ce chien devait valoir son pesant de piécettes, même si ce n'était pas aux kilos.

Dans les rues, on trouvait bien des animaux en liberté mais ils étaient loin de ressembler à celui-ci. La seule personne de sa connaissance qui possédait un tel spécimen ne l'aurait jamais laissé ainsi. Il avait dû perdre sa maitresse. Oui, oui, elle excluait la thèse de l'abandon. Non pas parce qu'elle avait le cœur tendre mais parce que de toute évidence, il était trop confiant pour avoir subi un tel sort. Elle s'arrêta donc, s’accroupit dans la ruelle, attendant qu'il vienne naturellement à sa rencontre, ce qui ne tarda pas, sitôt qu'il eu remarqué qu'on lui prêtait un peu d'attention. Il n'avait pas l'air bien méchant, et sans hésitation elle tendis doucement une main dans sa direction pour ne pas l'effrayer.

- Mais où est donc ton maitre ? Oh… je pense qu'il s'agit plutôt d'une maitresse pour tout te dire mon petit. Elle ne doit pas être bien loin et elle doit s'inquiéter de t'avoir égarer. J'en suis sure.

Et alors qu'elle lui racontait ses théories sur sa propriétaire présumée, il se mit à lui lécher les doigts comme s'il se connaissait de longue date. Il était bien affectueux et très curieux aussi, pour avoir osé sortir de son périmètre protecteur. Il devait être jeune, assurément. Après ses doigts, il reniflât le bas de la robe qui devait sentir le métal chaud, les biscuits et certainement aussi quelques parfums diffus qu'il avait récupéré en chemin.

- Bon... Je pourrais faire causette encore longtemps mais quelqu'un s'inquiète. Allons donc le trouver.

Elle leva les yeux, observa les passants, jusqu'à ce que ses iris accrochent exactement ce qu'elle cherchait. C'était bien une dame élégante, un peu plus jeune que ce qu'elle avait envisagé néanmoins, et selon toute vraisemblance essoufflée. Un cadeau, ce devait être un cadeau, d'un admirateur. Un cadeau plutôt récent, il l'y avait pas la trace d'une laisse sur elle, à première vue. Hors, une dame de cette qualité savait combien il était aisé de perdre un animal au milieu de cette cohue générale. Le manque d'habitude. Oui, ce devait être frais.

- Je l'ai trouvé, s'exclama Myrcéa, en adressant un grand geste amical à l'intention de la jeune femme brune. On regarde un foulard et pouf, il disparait. J'ai déjà vu ça. Oh ! attendez… je vous ai déjà vu. Il y a quelques minutes… Il y avait un attroupement. Faisait-il déjà des siennes ?
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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Lun 20 Fév 2017 - 22:05
Une jeune femme était accroupie devant mon adorable Pilou, elle le caressait et lui, tout exubérant qu'il était, lui léchait les doigts. Elle paraissait jeune, des cheveux blond encadraient un visage doté d'immenses yeux bleus, accentué par un teint pale presque blanc.
Je voyais mon petit ami devant elle, en plus d'être affectueux, il reniflait même le bas de sa robe. Il ne se laissait aller comme avec le boulanger, cela me rassurait au plus haut point. Peut être ne recommencerait-il pas ? Ou alors ne portait-il pas la même attention aux femmes ?

Je souris dans leur direction alors que la jeune femme semblait chercher quelqu'un.  Ses yeux sautaient de personnes en personnes. D'un homme au ventre bedonnant à l'enfant jouant avec un bâton, en passant par la femme dénudée essayant de rameuter quelques jeunes hommes entre ses cuisses.
Je percevais qu'elle les détaillait à chaque fois, jaugeant en quelques secondes avant, semble-t-il, de prendre une décision et de passer à d'autres passants. Alors que son regard  finissait par s’arrêter sur moi, son visage s'éclaira ensuite.

-Je l'ai trouvé ! s'exclama-t-elle en gesticulant pour capter mon attention,  On regarde un foulard et pouf, il disparait. J'ai déjà vu ça. Oh ! attendez… je vous ai déjà vu. Il y a quelques minutes… Il y avait un attroupement. Faisait-il déjà des siennes ?

Je lui fis un geste de la main et la rejoignis, reprenant mon souffle tranquillement.
Elle se distinguait par sa minceur, maigreur presque.Elle m'était agréable. Un parfum de fraicheur se dégageait d'elle alors que j'arrivai à ses côtés.

Il aurait été dur de ne pas voir la foule que mon compagnon avait crée lors de son entrevue avec la jambe du boulanger. Pauvre homme. Ah ! Je me jurai alors de venir lui prendre quelques pâtisseries dès lors qu'une petite faim se ferait ressentir au creux de mon ventre. Il méritait au moins cela.

-Merci beaucoup ! Je l'ai cherché en tout coin de la grande rue sans succès, j'ai eu très peur de l'avoir perdu. Je ne l'ai que depuis peu et ne suis pas encore totalement familiariser avec ses frasques.

Je fis la moue un peu déçue. Si je ne réglais pas ce problème je ne pourrais l’emmener avec moi au Palais. Il devrait donc rester seul la plupart du temps au théâtre. Qui s'occuperait de lui ? J'avais certes décidé de passer plus de temps dans ma loge mais je ne pouvais définitivement pas y vivre. Quelle solution trouver ?
Je repris, préoccupée.

Il paraît avoir un attrait pour les membres inférieurs des passants. Attrait semble-t-il très fougueux. J'ai pourtant bien essayé de le séparer de cet homme mais.. Je partis d'un petit rire franc. Mais il s'accrochait comme un forcené continuant son geste. Je m’arrêtai subitement. Ceci dit, il va falloir que je trouve un moyen de stopper ses pulsions. Je ne peux me risquer à l'amener avec moi au Palais et le voir se soulager sur les tibias des Grands de la ville.

J'imaginai la scène. Ce cher Prieur dans l’impossibilité de se séparer de mon chien, essayant coûte que coûte de rester digne alors que mon familier s'épancherait sur lui. Douce pensée.
Il le jetterai en pâture aux énormes monstres de Lilith. Non. Jamais.

Je m'accroupis à côté de Pilou, soulevant le bas de ma robe, j'ôtais le lacet de ma bottine. Il me servirait de laisse en attendant que je m'en procure une réelle.
Je lui passais autour du cou. Il s'assit pencha sa tête de côté et sortit sa langue. Un léger reniflement se fit entendre. Il n'avait pas l'air d’apprécier cette chose qui pour lui entraverait ses mouvements à venir. Grand bien lui fasse ! Je ne faisais cela que pour sa sécurité, un garde ou un prêtre aurait demandé sa mort en moins de deux.
Il avait eu de la chance, mon porte-monnaie beaucoup moins.
Je me redressai tout en essuyant mes mains sur ma robe puis je pris celles de ma jeune sauveuse :

-Je m’appelle Hélène. Je te suis reconnaissante d'avoir retrouver mon ami à quatre pattes. Que puis-je t'offrir en retour ? Je lui serrais doucement les doigts. Qui es tu ?
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Myrcéa d'Albret
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Mer 22 Fév 2017 - 12:08
L'élégante demoiselle s'approcha suite à cette interpellation certes peu formelle. Elle avait vraiment dû courir partout à la recherche de son petit compagnon, et elle sembla évidement ravi de le retrouver sein et sauf. Certaines personnes n'étaient pas très tolérantes avec les comportements parfois inattendus des animaux. La brune confirma rapidement les hypothèses que Myrcéa avait émis à son sujet. Il paraissait bien inoffensif mais avait apparemment un sacré caractère.

- Il est jeune, c'est bien normal.

En se redressant, Myrcéa écouta les explications qui s'en suivirent, contente de voir quelqu'un qui ne prenait pas son intervention originale de travers. Ce qui était arrivé plus d'une fois en vérité. C'était donc cela, les fous rires qu'elle avait perçu. Elle jeta un regard au petit chien avec un sourire amusé. Très fougueux… Palais ou pas palais, cela demeurait quelque peu gênant si ce cas de figure se reproduisait trop souvent. Elle comprenait parfaitement l'inquiétude de la jeune femme.

Myrcéa n'était pas une grande habituée du Palais impérial, pourtant elle y passait parfois, pour rencontrer des clients, d'anciennes connaissances de son défunt tuteur, et s'occuper personnellement des automates de Lilith. Elle se faisait discrète, évitant d'attirer l'attention sur elle pour ne pas ébruiter le petit secret qu'elle partageait avec l'impératrice. Ces derniers temps cependant, avec l'agitation et le chagrin que le décès d'Elrich Zullheimer avaient initiés, elle travaillait systématiquement seule sur les projets. Rien de plus normal, la perte de quelqu'un de cette importance, la perte d'un être cher de façon générale, était une affaire plus importante que leurs petites expériences. Dans tout les cas, elle concevait fort bien que les élans fougueux du chien seraient assurément un faux pas qui ne se contenterait pas d'amuser la galerie.

- En effet, c'est un problème, acquiesça Myrcéa.

Une dame de cette qualité n'aurait aucun mal à trouver quelqu'un pour s'occuper de son animal de compagnie pendant son absence, supposait-elle. Néanmoins, il aurait peut être mieux valu qu'il fut adopté par une autre personne si c'était pour passer tout son temps avec une sorte de nourrice. Elle regarda la dame défaire son lacet pour former un laisse de fortune. Ce n'était pas idéal mais au moins, il ne pourrait plus disparaitre dans les minutes à venir.

Alors que la brune se présentait, son esprit assemblait déjà les éléments qui lui avait été fournis plus tôt. Hélène, ce prénom le lui était pas étranger. Si on recoupait le tout avec d'autres informations collectés ça et là, les liens paraissaient d'une grande clartés et aboutissait à une seule explication. Ce n'était pas n'importe qui la remerciait présentement.  

- Myrcéa d'Albret, se présenta-t-elle à son tour. Et je sais que vous êtes, vous êtes Hélène de Valene, la comédienne. Oh, je ne vais pratiquement jamais au théâtre, mais j'ai entendu beaucoup d'écho sur vos interprétations. Je serais aise de m'instruire sur le sujet.

Elle s'arrêta dans son discourt, baissa les yeux vers l'adorable mais étrange frimousse de l'animal. Ce n'était pas un hasard, Myrcéa n'y croyait pas, mais plutôt une parfaite concordance des éléments qui l'avait mise dans cette situation. De ce fait, elle sentait poindre une idée pour la prochaine création d'Elyas.

- Je connais quelqu'un qui pourrait peut-être vous aider. Il ne reçoit personne, mais en tant que son assistante personnelle, je pourrais lui en toucher un mot. Vous étiez en pleine ballade, je suppose que vous aurez bien une petite demi heure à m'accorder pour le bien être de tout le palais ?
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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Sam 25 Fév 2017 - 15:28
Myrcéa d'Albret, se présenta-t-elle à son tour. Et je sais que vous êtes, vous êtes Hélène de Valene, la comédienne. Oh, je ne vais pratiquement jamais au théâtre, mais j'ai entendu beaucoup d'écho sur vos interprétations. Je serais aise de m'instruire sur le sujet.

Cela m'avait toujours paru inconcevable mais les derniers événements de la journée me montrait que je me trompai. Se rendre au théâtre était une activité commune à la ville que l'on fasse parti du peuple ou que l'on soit devenu Grand. De quelle manière pouvait-on me reconnaître le cas échant ? Elle n'avait pas parlé de l'impératrice mais bien de ma personne en tant que telle, de mon travail de comédienne.
Être reconnue pour ce que j'étais me brulait toujours la poitrine. Là. Là ou se positionnait mon cœur. Durant ces instants, je le sentais palpiter à toute vitesse, heureux. Mes joues s'embrasaient et mes lèvres s'écartaient en un sourire de jouissance, presque.
Depuis plusieurs années, je ne connaissais que trop peu ce sentiment. Peut-être m'étais-je trop renfermée sur moi-même ? M'étais-je éloignée des autres ? Du bonheur ? Préférant rester dans une spirale de douleur malsaine ?
Je ne pouvais continuer comme cela. Me rendre malheureuse en espérant quotidiennement quelques minutes en tête à tête avec Lilith ?
Cela m'avait conduit à cette entrevue avec Everard. Entrevue qui resterait longtemps gravée dans ma mémoire. J'étais maintenant enchainée à lui. Une promesse. Cela me donnait envie de vomir.Si ma bien-aimé l'apprenait, considérerait-elle que je l'ai trahie ?
Ma vision devint soudainement floue, mes doigts s'engourdirent alors que ma respiration se fit très vite sifflante. Non. Pas maintenant. Je me secouai intérieurement tout en fermant les yeux. Reprends toi bon dieu.
Seule caroline était autorisée à rester à mes côtés dans ces moments-là. Bien que rare, cela survenait parfois. Cela ne pouvait se produire ici, dans une ruelle, face à une quasi inconnue.
Je respirais profondément, j'avais évité la crise.
Réouvrant les yeux, je fus rassurée voyant que Myrcea ne semblait pas avoir constaté ce qu'il s'était déroulé, s’intéressant à mon jeune ami. Ou bien, par courtoisie, faisait-elle semblant ?

Elle me proposa alors :

- Je connais quelqu'un qui pourrait peut-être vous aider. Il ne reçoit personne, mais en tant que son assistante personnelle, je pourrais lui en toucher un mot. Vous étiez en pleine ballade, je suppose que vous aurez bien une petite demi heure à m'accorder pour le bien être de tout le palais ?

Je me réjouissais soudain, non seulement j’allais rencontrer une personne capable de résoudre mon souci mais en plus j’allais pouvoir flâner dans les rues avec Myrcéa.
Je l’appréciais beaucoup. Une fraicheur, pureté même, se dégageait d'elle telle une aura bienveillante entourant quiconque se tenant à ses côtés.
Une fleur, voilà à quoi elle me faisait penser, une ancolie même peut être.
Néanmoins, elle m'avait l'air assez esseulée. Que faisait-elle seule dans cette ruelle ? Avait-elle quelques plans de prévu pour la journée ?

-Je ne veux pas vous ennuyer ma chère, lui expliquai-je presque gênée, cependant si vous me garantissez que cela ne vous causera aucun ennui, j'accepte votre offre avec gratitude.

Mêle si je craignais de bouleverser ses activités, je ne pouvais me résoudre à la laisser partir.
Je la pris par le bras :

-Profitons en pour nous promener et apprécier la chaleur du soleil sur nos visages. Vous êtes bien pâle, cela donnera de jolies couleurs à vos joues ! Nous discuterons comédie et théâtre, tragédie et scène. Et puis nous irons voir votre ami. Qui sait acceptera-t-il peut-être de me soulager de ce poids.

Et alors que nous commencions à avancer je m'imaginai ce que les passants se figuraient en nous observant. Nous formions un trio assez saugrenu.
Une femme brune à la robe blanche immaculée, une jeune demoiselle à la peau quasiment translucide -supporterait-elle le soleil lors de notre petite promenade ?- et un chien avec des touffes de poils éparses sur son corps nu marchant tel un roi devant sa cour.

Arrivées à un carrefour, je m’arrêtai regardant ma nouvelle amie.

- Ou allons nous ?

Que ce soit la rue des marchands de tissu à notre droite pleine à craquer de femme en tous genres, celle plus calme des petites tavernes ou nombres d'inventeurs s'abreuvaient de bière espérant trouver l'inspiration, ou celle plus sombre semblant dissimuler quelques ateliers secrets ou devaient se former moult créations, je la suivrais avec entrain. N'est ce pas Pilou ?
Je baissai mon regard vers mon chien, finalement cette journée promettait un plein de surprises. J'avais hâte de me rendre compte de la suite.
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Myrcéa d'Albret
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Mar 28 Fév 2017 - 22:30
Les bruits de couloirs, les rumeurs, certes Myrcéa en avait vent à l'occasion. Elle les remisait dans un coin de sa tête et reprenait ses activités. Pour elle, on ne brillait par les commérages, elles préférait se concentrer sur les aspects plus concrets qui reflétaient un peu moins les avis aussi personnel et souvent diffamatoires. Avoir le statu d'ombre du grand Elyas était déjà un travail en soi, elle n'avait pas besoin des flonflons qui accompagnait la renommée. Pourtant, lorsqu'elle était en présence de quelqu'un d'important, dont le mérite était reconnu dans son domaine, sa langue était plus rapide. Hélène de Valene était une grande comédienne, et elle regrettait un peu à présent de n'avoir pas pris le temps de voir cela de ses propres yeux, par respect pour quelqu'un qui se donnait pleinement devant tant de monde.

Myrcéa était observatrice, mais la première réaction qui lui paru positive de la brune, se muta presque imperceptiblement en quelque chose de bien plus chagrin. Une simple inconnue n'avait cependant pas à ce mêler de ça, sauf si c'était pour raconter une blague bien sentie, l'air de rien, pour faire passer l'orage. Et ça, c'était ce qu'elle faisait de mieux, des petits gestes anodins que peu remarquaient mais qui se voulaient bénéfiques pour autrui. Son aide pour l'affaire présente était la seule chose en son pouvoir actuellement, et cela rempluma apparemment le moral de l'actrice. Tant mieux, elle se fendit d'un grand sourire des plus sincères.

- Je vous ai proposé, c'est bien que cela ne me dérange pas le moins du monde. C'est encore l'heure de ma pause déjeuné. Mon supérieur n'est pas très à cheval sur ma présence de toute façon. C'est une sorte de marginal, voyez vous. Il sera très satisfait si je lui apporte de quoi disserter. Il ne reçoit jamais personne, mais je prendrais quelques notes pour lui. Dès que je lui aurait parlé de votre problème, je ne doute pas une seconde qu'il saura concocter une petite compagne pour assagir ses ardeurs. En fait, je travaille pour STEAM.

Ce qui était ma foi que trop vrai, puisque Elyas n'était qu'une pure invention. Il avait le caractère trop doux et lui devait beaucoup. Non, le temps n'était définitivement pas un problème. Myrcéa menait le jeu. Ce soir, elle risquait de ne pas beaucoup fermer l'oeil, mais rien qui l'inquiéta, au contraire. Elle prenait plaisir à se perdre au milieu des inventions. La réponse convenait, elle senti le bras délicat de l'actrice s'enrouler autour du sien avec satisfaction. Cette après midi différait certes du plan initial, mais les changements de cap étaient ce qui faisait tourner son monde. En avant à présent.

- Je crains de ne pouvoir prendre de couleur sans devenir fatalement rouge. Mon père est ainsi, mes frères sont ainsi aussi. Le climat est bien moins clément où ils vivent, ils ne craignent rien des rayons du soleil.

Myrcéa ne pensait pas aux passants, enfin si, mais pas forcément de ce que eux pensaient à leur sujet. Elle ne faisait plus vraiment attention à force, même si ça restait cause de migraine en fin de journée parfois, mais ses yeux passaient de silhouette en silhouette, repérant les gestes, les intonations des voix, le fils qui dépassait de l'emmanchure de un tel, les lunettes de travers d'un autre. Il y avait tant à voir, tant à comprendre, tant à garder précieusement en mémoire. Si bien qu'elle ne prédit pas aussi bien l'arrêt au coin de la rue.

- Hum… Elle prit le temps de la réflexion quelques secondes. Le plus logique voudrait que nous allions par là, expliqua-t-elle en pointant le ruelle des petits commerces. Vous verrez, il y a de nombreux trésors. Je ne rentrerais certainement pas les mains vides.

Sa préférence allait vers la ruelle la moins fréquentée, il serait bien plus aisé d'avoir une conversation sans tout ce brouhaha ambiant. Et puis, qui savait sur quoi elles allaient tomber, maintenant qu'elle s'était mise en devoir de trouver une solution aux épanchements effectifs du jeune animal. Donc, d'un pas commun, les deux jeunes femmes, précédé par Pilou qui tirait déjà sur sa laisse de fortune, s'engagèrent dans l'allée aux merveilles.

Myrcéa connaissait bien ce quartier, elle connaissait également très bien les échoppes et les commerçants. Elle passait plus de temps ici que chez elle, entre deux longues périodes d'ivresse créative. Il lui arrivait aussi de piocher dans les bacs d'objets divers, de breloques suspendues et de soi disant déchets métalliques pour trouver le petit détail qui manquait à un automate.

- Quelle pièce jouez-vous en ce moment ? Une dame de ma connaissance m'a parlé des "Songes de l'aube en hiver" en disant qu'elle en avait pleuré. Elle a la larme facile certes, sauf quand il s'agit de théâtre. Là, elle change de personnalité. Je pense qu'elle voulait monter sur les planches, mais que sa voix était bien trop nasillarde pour qu'on la prenne au sérieux.
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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Dim 5 Mar 2017 - 16:04
-Hum… Elle prit le temps de la réflexion quelques secondes. Le plus logique voudrait que nous allions par là, expliqua-t-elle en pointant le ruelle des petits commerces. Vous verrez, il y a de nombreux trésors. Je ne rentrerais certainement pas les mains vides.

-Et bien allons y Myrcea ! Dénichons quelques petites merveilles. J'étais excitée à l'idée de ce qui m'attendait.Cela fait bien longtemps que je n'ai pas déambuler sans but précis à la recherche d'un coup de cœur pour un objet. J’espère que nous trouverons notre bonheur et celui de notre cher ami, n'est-ce pas ? rajoutais-je en observant mon petit chien tirer de toute ses force sur ma laisse improvisée.

Quelle belle journée ! Nous allions farfouiller dans les petites boutiques à la recherche de trésors. Elle allait très certainement me construire une petite copine pour Pilou ainsi il ne serait plus seul et s'adonnerait à ses caprices avec elle et non plus sur les jambes des passants.
Sentirait-il la différence ? Et s'il ne l'aimait pas ?
Alors que nous nous engagions dans l'allée des petits commerces, la lumière parut baisser aussitôt donnant une atmosphère mystérieuse à l'endroit.
Ici, les gens étaient discrets, aucun rire ne retentissaient autour d'elles, et si on parlait la bienséance paraissait être de chuchoter tranquillement.
Beaucoup semblaient être des inventeurs passionnés, tantôt prenant une pièce de ferraille dans leur main l'examinant avec intérêt tantôt un coup d’œil suffisait à évaluer l'objet désiré.
Je n'avais pas ce genre de connaissances et j'avouai ne pas faire la différence entre les deux engrenages suspendu à une tringle en face de moi. Un homme me dépassa alors assez brusquement et saisit l'un des deux comme s'il avait craint que je ne le fisse avant lui. Grand bien lui fasse, je ne savais même pas à quoi cela aurait il pu servir..

Si Myrcea se promenait tout comme moi, elle paraissait avoir une expérience certaine du terrain. Ces mouvements n'étaient pas du au hasard. Elle savait ou on allait et ce que nous cherchions.

-Quelle pièce jouez-vous en ce moment ? Une dame de ma connaissance m'a parlé des "Songes de l'aube en hiver" en disant qu'elle en avait pleuré. Elle a la larme facile certes, sauf quand il s'agit de théâtre. Là, elle change de personnalité. Je pense qu'elle voulait monter sur les planches, mais que sa voix était bien trop nasillarde pour qu'on la prenne au sérieux.

Elle me demandait qu'elle pièce était représentée en ce moment au Grand Théâtre. Personne n'osait désormais m'en dire quelques mots tellement j'étais subjuguée par les possibles de ces textes. Certes, je les avais écrit mais ce fut en une nuit, le jour ou Lilith se maria avec Elrich. Alors quand tous après lecture de mon œuvre s’exclamèrent, me félicitèrent et désirèrent immédiatement la monter sur scène je pris le temps de la découvrir moi aussi.
J'étais fière. Le texte était beau.

-Actuellement, je joue Justine. Je pense que cette pièce est ma préférée  tant par son histoire que par la beauté des décors. Comprenez bien que Justine n'est pas une illuminée mais simplement une grande rêveuse nous transportant dans son monde fait au départ d'automates terrifiants essayant de la briser. Au fur et à mesure de ces rencontres, cet endroit si inhospitalité se transforme en lieu de paix et de joie emplis d'étoiles de lumière et d'air. Elle finit par mourir asphyxier. Perdue dans ces rêves et en a oublier de respirer. Elle est morte heureuse.

Je repensais à la première fois ou j'avais endossée le rôle de Justine, lors de la mort de mon personnage j'aurai du éprouver quelques pincements au cœur pour cette femme si seule dans un monde si vaste. Je n'avais éprouvé que joie et respect. Sa mort était juste fabuleuse.
Songes de l'aube en hiver ? Ce texte n'était pas de moi, mais de Léopoldine de la Monaire. Que quelqu'un puisse nous confondre me remplissait de tristesse. Ce qu'elle créait était creux sans âme fait pour plaire au public sans aucune recherche derrière.

- Songes de l'aube en hiver n'est point de ma création mais celle de Léopoldine de la Monaire. Je ne pu m’empêcher un petit rictus de mépris. Je ne saurais te cacher que je n'aime ni cette personne ni ces œuvres à mon sens hypocrites. Mais effectivement je ne doute pas qu'elle puisse plaire, ton amie en est la preuve.

Objectivement je ne pouvais nier que parfois une pièce ne servait qu'au divertissement du public et que dans ce cas elle était douée. Creux mais divertissant voilà la maniére de définir son travail. J'aspirais personnellement à plus que cela.

-Une voix nasillarde ? Oui, cela peut effrayer les metteurs en scènes du Grand Theatre. Mais je pense que cela est dommage. Ce ne sont pas tous les rôles qui lui sont impossibles simplement une grand majorité. Je reflechissais à toute vitesse Je suis sen train de finir Soleil rouge sang. Envoyez là moi Myrcea, il est possible que je détienne quelque chose pour elle.

Toute personne le désirant devrait pouvoir avoir sa chance. Je la soutiendrais s'il fallait
Alors que nous marchions toujours le long de la rue, j’aperçus un petit troquet. Simple mais propre, sombre mais accueillant. Peut-être pourrions nous nous arrêter afin de nous désaltérer ?
Je m’arrêtai à nouveau et regardais pilou. Sa langue pendait quasiment jusqu'au sol alors que sa respiration se faisait soufflante.

-Myrcea, que diriez vous d'une petite pause ? Une petite bière vous plairait-elle ? Ou preferez vous receuillir les diverses pièces nécessaires à la fabrication de la petite femelle ? Votre choix sera le mien douce Myrcea[/color][/color]
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Myrcéa d'Albret
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Ven 10 Mar 2017 - 20:24
Le bonheur, dans le fond, c'était quoi ? Assouvir ses besoins vitaux et ses désirs plus profonds ? Et cela était-il suffisant pour connaitre ce sentiment ? Pas si sur. Myrcéa n'avait jamais versé dans le sentimentalisme d'aucune sorte mais elle observait, elle écoutait, elle tentait d'assembler ces pièces avec un regard pragmatique. Elle-même ne s'estimait ni dans une bulle de bonheur, ni dans une cage de tourments, ni esclave de l'une, ni prisonnière de l'autre. Si elle n'apportait pas le bonheur à l'animal, elle apporterait au moins un réceptacle plus approprié pour extérioriser ses pulsions. C'était déjà beaucoup.

- La limite entre rêveur et illuminé semble tellement difficile à appréhender pour la majorité des gens. Le mettre en scène, c'est offrir la possibilités aux plus fermés d'entre eux de se projeter dedans sans risque. J'aime observer ce genre de mécanisme.

Certains, entendant le propos de la pièce auraient pu comparer le personnage de Justine avec la jeune femme. Cela la fit sourire tant elle attendait déjà leurs discours dans cette réalité alternative. Pourtant, de son point de vu, elle ne voyait qu'un rapport très distendue et l'amalgame finalement peu pertinent. Ce que les gens la connaissaient mal et la comprenaient encore plus difficilement. Elle ne cherchait heureusement pas leur approbation. Jamais le monde ne lui avait paru fondamentalement inaccueillant, il était tel qu'il devait être. Ainsi ne souffrait elle d'aucune peur particulière et se sentait jamais arasée par les problèmes. Elle réagissait, à sa manière. D'aucun aurait dit qu'elle s'enfermait mais c'était bien là qu'était sa place. Si elle s'oubliait aux milieu des rouages, ce n'était que pour mieux reposer son esprit avant de le baigner de nouveau dans le monde. Pour d'autres, il suffisait d'une nuit de sommeil pour rendre opérationnel son corps et le débarrasser d'une fatigue qui l'affaiblissait.

- Je m'excuse de la méprise. Je ne suis que peu versée dans le théâtre, en effet. Il en faut pour tous les goûts, c'est ce que j'ai entendu dire. Je trouve la formulation réductrice, mais l'idée m'apparait juste. Et dans cette idée, il faut des auteurs, des metteurs en scène et des comédiens qui se consacrent à cela également.

C'était intéressant d'aborder un sujet qui lui parvenait si peu souvent aux oreilles. Il y avait matière à réflexions et à théorisations. Myrcéa avouait pourtant qu'il était impensable de catégoriser d'une façon toute à la fois globale et correcte. Si cela rebutait la majorité, il y avait bien une marge qui se laisserait effectivement séduire par la singularité d'un timbre d'un timbre de voix peu ordinaire dans ce milieu. Sa connaissance, car on ne pouvait pas parler franchement d'amitié, avait donc l'opportunité, non négligeable, de prouver qu'elle avait du talent.

- Cela lui ferra plaisir. Je lui enverrai une lettre en express pour qu'elle vous rencontre. Je vous remercie pour cette proposition.

Sur ses mots, elles s'arrêtèrent devant la vitrine d'un petit café où se réunissaient régulièrement des inventeurs et des bricoleurs en tous genres. Le patron s'appelait Theodore, et la maison était tenue depuis bien des générations par la même famille d'Ambrosiens pur souche. Ce n'était pas un quelconque troquet pour les touristes mais presque une institution à par entière dans ce quartier. De grandes inventions étaient sorties de longues discussions tardives entre d'illustres noms agglutinés dans ces quatre murs biscornus. Le café était étroit et encombré d'objets rappelant le passé, les murs tapissés de millier de photographies d'habitués des décennies passés. Pourtant, ce lieu était plutôt douillet une fois que l'on y avait trouvé une place sur une de ses antiques banquettes usées par des ribambelles d'ingénieurs révolutionnaires en leur temps. Myrcéa trouvait de l'intérêt à venir s'y installer avec son carnet de notes, afin de trouver les connections qui lui manquait dans l'univers trop familier de son atelier.

- C'est tout aussi judicieux pour notre affaire que de flâner à la recherche de pièces. C'est inspirant, cela aide beaucoup dans le processus de création. Les pièces viendront plus tard. Entrons donc.
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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Sam 18 Mar 2017 - 13:48
Myrcea accepta mon offre.
J'étais surprise par sa réponse. Je dois dire que je ne l'imaginai pas boire quelques verres afin de trouver l'inspiration. Elle si mince et paraissait si pure pour s'adonner à ce genre de plaisir. Ceci dit, aux vues de sa corpulence, deux bières devaient suffire à la rendre créative.
Peut-être ce lieu était-il un repaire de talents recherchant l'étincelle de création ?
Celle donnant l'impression d'avoir compris les secrets du monde. Une porte s'ouvrant subitement  à soi dans les tréfonds de l'esprit.
En tout cas ce sentiment m'habitait lorsque je me m'éloignais du bruit ambiant de la Capitale au profit de mon petit cabanon en pleine compagne dans le but d'écrire de nouveaux textes. Parfois, je restais plusieurs jours sans savoir ne serait ce que le thème de ma nouvelle pièce, je ne me braquais pas laissant la Grace venir à moi, calme et apaisée. Souvent, je quittais le cocon douillet de mon petit chalet flânant entre les champs et les collines, les rivières et les forêts. Quelques rayons de soleil sur les flots se déversant d'une cascade, quelques gouttes de rosée sur une fleur me suffisaient parfois à avoir cette bouffée d'inspiration.
A certains l'alcool, à d'autres la nature.

Arrivée devant la porte d'entrée, j'hésitais avant de m’effacer laissant la place à ma camarade. Elle semblait connaître l'endroit, il était normal que la jeune femme rentre dans ce bar la première.
Alors qu'elle poussait la porte, une petite cloche retentit à nos oreilles. J'aimais beaucoup ce procédé rendant la plus froide des maisons chaleureuse et pleine  de vie. J'en ferais mettre une dans mes quartiers au Palais, peut-être même dans ma loge. Quel dommage que les appartements de ce cher Everard ne se trouve pas à côté, il aurait sans aucun douté apprécié être sans cesse dérangé lors de ces prières par un petit bruit de clochette. Une veine pointerait peu à peu sur son front, et il ne faudrait pas longtemps avant qu'il ne cherche la provenance de son irritation.
Caroline aurait surement adoré cela. Elle lui vouait une haine féroce depuis mon entrevue avec lui. Brave fille.

Alors que ma jeune amie s'éloignait à travers l'embrasure de la porte, je montais à mon tour les quelques marches et la rejoignit à l’intérieur.
Une atmosphère mystérieuse se dégageait de cet endroit à la fois apaisant et effrayant.
Sur ma gauche, un comptoir crade courait le long du mur disparaissant dans le fond de la pièce qui, n'étant pas spécialement éclairé, ne me permettait de distinguer ce qu'il s'y trouvait.
A ma droite, une baie vitrée donnait assez de lumière pour apercevoir quelques alcôves discrètes dotées de banquettes élimées par le temps.
Nombre inventeurs avaient dû se retrouver là, parlant fumant buvant à quelques trouvailles crées dans le secret des ateliers.
La décoration me paraissait surchargée tant par les innombrables objets encombrant le passage que par le nombre incalculable de photographies accrochées sur le mur.
Un homme était installé dans un des renfoncements, fumant le cigare tout en nous regardant avec un intérêt certain, son verre de vin à peine entamé était posé en face de lui.
Il m'intriguait alors que Myrcea paraissait me laisser le temps de m'approprier ce lieu. Je me retournais et lui souris en guise de remerciement.

Mon regard se promena autour de moi, quelques tables étaient disséminées au hasard. Autour de l'une d'elle, un groupes de six gaillards, jeunes à voir le peu de duvet qui ornait leurs joues, se marraient et paraissaient avoir bu à outrance.
Un des types se leva soudainement, entamant une chanson parlant de femmes et de nichons, reprise aussitôt par ses acolytes, avant de basculer le contenu de son verre au fond de son gosier sous les applaudissements bruyants de ses camarades.

Perdue dans la contemplation de ce spectacle que je n'avais pas pour habitude d’observer au Palais, j'avais, sans m'en rendre compte, relâché mon étreinte sur la laisse improvisée de Pilou. Ce jeune fou, n'attendant que ce moment, s'échappa de ma prise en jappant, et en remuant la queue, fier de sa vivacité. Il partit à grande vitesse en direction des jeunes poivrots, aboyant et sautillant tout aussi immature qu'eux.
Immanquablement, ivre qu'ils se trouvaient, la bouille de mon adorable compagnon les firent hurler de rire.
Un des hommes sortit un morceau de sucre de sa poche dans le but de l’appâter. Mon compagnon se rua sur lui, ignorant magistralement le sucre, montrant un intérêt conséquent pour le tibia du type.
Je posai la main sur mon front, cela n'allait pas encore recommencer ?
Mais la jambe que mon chien avait commencé à serrer entre ses pattes le projeta à l'autre bout de la pièce, l'envoyant rouler sur le sol contre une table dont les verres à moité vides tombèrent à terre avant de se briser après quelques rebonds dans un énorme boucan.

C'est à ce moment que la joyeuse petite troupe prie la poudre d’escampette, nous laissant seule avec ce capharnaüm.
Pilou revient vers moi pleurnichant, penaud de sa mésaventure alors qu'un homme, surgissant soudainement, beugla comme un putois

Bon dieu, qu'est'ce qui s'passe là ?

Il était apparu depuis le fond de la pièce, sortant de la pénombre, peut être même avait-il été présent depuis le début. Je ne saurais vous le dire.
Grand, le ventre bedonnant que des bretelles enserraient un peu trop, il ne paraissait pas commode. Ses yeux nous lançaient des éclairs à travers ses lunettes et des postillons sortaient d'une bouche rendue invisible par une grosse barbe brune.

Je regardais Myrcea, un peu inquiète. Il n'allait pas laisser passer cela, cela ne faisait aucun doute.
Beaucoup de verre brisé autour de nous, quelques chaises renversées, les zigotos avaient l'air d'être partis sans payer. L'homme au cigare continuait de nous observer, probablement captivé par les événements à venir.

Je pris le bras de ma compagne, le serrant un peu fort, et dans le creux de son oreille partagea mon inquiétude.
- Qu'allons faire ma chère ? Il ne semble pas commode.... »
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Myrcéa d'Albret
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Lun 20 Mar 2017 - 22:29
Myrcéa n'avait en effet pas pour habitude de trainer des les bars et les cafés, mais celui-ci était un peu particulier. C'était Alcon qui lui avait fait découvrir et elle se souvenait parfois des moments qu'ils avaient passé ensemble sur l'une de ces banquettes à discuter de leurs prochains projets. A vrai dire, c'était plutôt Alcon qui avait toujours beaucoup parlé et elle qui se contentait de tendre une oreille attentive en prenant des notes. Une chose était sure, la jeune femme n'avait pas besoin de boire pour s'ouvrir l'esprit, elle ne fonctionnait pas du tout ainsi. On pouvait même compter sur les doigt d'une main les fois où il lui était arrivée de boire un verre d'alcool. Un lieu chargé de l'énergie d'un passé glorieux cela lui suffisait amplement. Bien sur, pour certains ceci était parfaitement risible, heureusement ce genre de moqueries était loin de l'atteindre.

Instinctivement, Myrcéa laissa vagabonder son regard. Bien qu'elle connu la topographie du bâtiment par coeur, elle ne pouvait entrer quelque part sans faire attention à ce qu'il s'y passait et qui se trouvait là. Son inspection fût cependant assez rapide, il n'y avait pas grand monde à cette heure-ci. Le soir en revanche, c'était à peine si on pouvait trouver un tabouret de fortune. La jeune femme repéra sans mal la source de ce début d'agitation. A vu de nez, deux étudiants, trois apprentis, et un garçon de bonne famille. Telle était sa conclusion de ce qu'elle pouvait en juger par leurs accoutrements et les manières qui transparaissaient tout de même derrière une conduite déjà fort alcoolisé pour l'heure. Mais loin de se formaliser de la grossièreté de la chansonnette, elle se souvint assez bien qu'elle l'avait déjà entendu quelque part.

C'était le moment parfait pour un relâchement certain, ce qui sans véritable surprise arriva à la laisse improvisée. Ce petit coquin de Pilou en avant déjà profité pour s'inviter à la fête, frétillant et sautillant sous les rires avinés de la tablée. Ca allait virer à la catastrophe, Myrcéa haussa les épaules. C'était comme si elle attendait de voir sa prédiction se réaliser sans pour vraiment pouvoir bouger un petit doigt.

Ca oui, elle voyait très bien venir le moment gênant où pour déloger la boule de poils elle allait devoir accourir à sa suite. La photographie du vieux barbu renfrogné finirait par atterrir sur le crâne du plus blond de la joyeuse assemblée, et elle sur les genoux de son voisin, et sa robe serait tachée dans la mêlée. Ce qui l'obligerait a en acheter une nouvelle, et de là même elle aurait un trou dans son budget, ce qui serait à l'origine d'un ralentissement certain dans l'industrie des tartes aux fraises. Myrcéa voyait toujours trop loin, c'était ainsi.

Ou alors, ça allait finir différemment, avec toujours un peu de casse dans l'équation.

- Mauvaise idée, lâcha-t-elle, en voyant l'un des jeunes hommes tendre un sucre au petit chien.

D'ailleurs, sa large figure aux yeux sombres lui était assez familière. Mais il était bien trop tard pour s'en préoccuper tout de suite de lui faire des salutations. Il ne l'aurait de toute façon pas reconnue dans son état. Aussitôt l'animal sembla prendre ceci pour une invitation et se rua vers une nouvelle et innocente jambe. Le premier réflexe de l'Assistante fut de poser ses mains sur ses oreilles avant de se faufiler entre deux tables sur sa gauche. Le patron n'allait pas être content… Myrcéa plissa les yeux, fixa la scène, encaissant le fracas sans broncher.

- Pilou ?

Elle se baissa pendant que la tablé se levait rapidement pour déguerpir avant que propriétaire ne fasse son apparition. Le chien n'avait apparemment rien de cassé même s'il semblait encore sous le coup de la surprise. Très vite cependant il se redressa et accouru, passablement apeuré vers sa maitresse. Plus qu'elle ne le vit, elle entendit néanmoins clairement le pas lourd et les semelles grinçantes de Mr Schmit. Myrcéa se releva d'un bond, aucune inquiétude n'étreignait ses traits encore juvéniles sous la menace de cette voix qui résonnait dans le silence enfin revenu. Ses yeux dévièrent vers Hélène qui semblait bien moins sereine en comparaison. La blonde tenta de la rassurer d'un sourire.

- Bonjour Monsieur Schmit, comment allez-vous ? Ca fera… Elle se tourna vers la table, analysa d'un regard les verres encore debout en remuant les lèvres. Approximativement 112 roues de cuivre. Vous pouvez le mettre sur la note de Madame de Beaumont, d'ici deux jours je vous garantie que vous aurez des nouvelles de ces jeunes gens. Et dans le pire des cas, il y a de forte chance qu'en passant une main sur la banquette, vous trouviez de quoi vous renflouer. Pas entièrement, mais ça devrait être assez pour les gages de la femme de ménage.

Certes, le patron étaient impressionnant, mais il aboyait plus qu'il ne mordait en vérité. Il avait bien connu son défunt tuteur dont il gardait une bouteille prête sous le comptoir. Myrcéa en avait pour ainsi dire hérité même si elle n'avait jamais demandé à ce qu'on l'ouvre, même par curiosité. C'était assurément un tord boyaux immonde qui n'était même pas sur la carte.

- De Beaumont, j'vois. Encore son crétin de pupille. Elle va avoir de mes nouvelles. L'a pas intérêt à remettre les pieds ici. Faites passer le message. Miss D'Albret, plus de grabuge, c'est bien compris ? Et Attachez-moi ce foutue clébard ou dehors !
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