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Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret-

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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Lun 27 Mar 2017 - 22:06

Le patron du bar et ma douce amie se connaissaient donc comme je l'avais supposé. Nous n'aurions alors aucun ennui pour ce qu'il venait de se passer.
Il n'était pas rare d'assister à ce genre de scène tout compte fait...
Il repartait déjà, grommelant dans sa barbe, critiquant la nouvelle jeunesse et le savoir-vivre depuis longtemps dû à une éducation familiale trop lâche à son goût.
Je le comprenais.
Trop souvent, j'avais été embarrassée, pour ne pas dire choquée, de voir le comportement de certains pupilles livrés à eux même dans les rues de la Capitale.

Je ne me souvenais pas d'avoir fait preuve d'autant de sans-gène. Je me contentais d'étudier le théâtre avec ardeur espérant devenir une comédienne reconnue et vivre de ma passion.
Rêve qui, je le pense, était devenu réalité. Je montais sur scène fréquemment, j'écrivais des pièces, une costumière et une maquilleuse s'occupaient de moi avant chaque spectacle. On me reconnaissait dans la rue lorsque je me promenais et il n'était pas rare que je me fasse arrêter à la sortie de ma loge pour signer quelques autographes. Pour preuve, on m'avait même offert un chien !

Si j'avais réussi à exaucer mon souhait, pourquoi me sentais-je alors si seule ?
Il est vrai que je n'avais que peu d'ami... Nemrod peut-être, Caroline assurément, bien que sa position de servante et moi de maitresse faussait quelque peu la donne. Le reste de mes connaissances... Je ne pouvais assurer avoir une confiance totale envers eux.
Je regardais Myrcea, si belle, si fraiche, j’espérai secrètement m'en faire une amie. A vrai dire, elle non plus, ne paraissait avoir moult amitié.

Sitôt ma réflexion achevée, je m'empressais donc de choisir une table afin d'attacher la laisse à une des chaises attenantes sur laquelle je m'assis, ainsi, Pilou ne causerait plus de grabuge.
Il n'y avait pas de carte proposant quelques boissons rafraîchissante aussi me contentais-je d'attendre sagement que le patron daigne revenir. Je demandais alors, curieuse.

--Fréquentez-vous souvent cet endroit ?


Les lieux étaient crasseux, mes mains collaient à présent alors que déjà apparaissaient plusieurs taches à la couleur douteuse en bas de ma robe. Urine, bière.... Je n'osais même pas m'attarder là dessus alors que mon petit compagnon s'empressait de les renifler avant de s'arrêter et de s'assoir soudain sur son arrière train, la bouille penchée.
Mon chien pleurnichait, encore vexé de ce qu'il s'était passé avec la bande d'ivrognes. Il me regardait comme si je l'avais offusqué alors qu'il était seul responsable de cette mésaventure.

Je lui souris et lui caressa la tête, peut être se calmerait-il ? J'avais envie de discuter avec ma compagne de ballade. Que prévoyait elle de faire pour Pilou ? Ou habitait elle ? Avait elle un mari ? Que pourrais je faire pour la remercier ? Tout cela tournoyait à l'intérieur de mon crâne sans que je réussisse à faire le tri.
Alors que ces différentes questions m'occupait l'esprit,  Monsieur Schmit revient de l'obscurité qui l'avait engloutie et se dirigea vers nous, nous aboyant que si nous désirions rester là il faudrait consommer.
Je lui souris tendrement, les personnes les plus bourrues étaient généralement les plus douces et gentilles.

-Excusez nous, je ne voulais en rien vous fâcher. Je prendrais une bière simplement et pour mon amie, tout ce qu'elle voudra.

Une fois la commande passée, il marmonna quelques paroles incompréhensibles avant de se diriger d'un pas lourd vers le comptoir,  je me tournais alors vers Myrcea.

-Alors chère ami, avez vous une idée précise pour Pilou ? Vous m'avez dit travailler pour STEAM qui faites vous exactement ?

J'attendais sa réponse tout en observant le patron nous servir à boire. La propreté du lieu me semblait encore plus incertaine lorsqu'il prit un chiffon immonde pour essuyer plusieurs verres alors que la bière coulait dans le mien.
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Myrcéa d'Albret
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Mar 28 Mar 2017 - 22:34
Myrcéa n'était pas du genre à faire du grabuge. Elle avait ses manies parfois surprenantes mais rien qui l'espérait-elle ne soit à l'origine d'embarras pour ces congénères. Tous ces jeunes pupilles n'étaient pas aussi sages et certains avaient seulement envie de profiter de la vie qui s'offrait à eux, ici, à la capitale. Certes, ils y avaient des tuteurs, mais pour la grande majorité, ils quittaient seulement le nid familial pour de nouvelles aventures. La jeune femme comprenait très bien quels sentiments pouvaient les pousser à se montrer ainsi. Cela leur passerait ou ils y perdraient goût. Beaucoup de choses pouvaient changer en 3 ans.

Elle même en était un exemple, si on y prêtait un peu d'attention. Hélas, si elle connaissait beaucoup de monde, peu étaient assez intimes pour avoir remarqué les changements. Lorsqu'elle avait posé son premier pas dans la cité la jeune fille qu'elle était alors était bien moins extravertie. Une enfant souvent perdue dans ses réflexions qui ne parlait pratiquement pas. Myrcéa n'avait pas eu vraiment d'amis par le passé, si ce n'était Alcon. Ses frères et sœurs avaient l'âge d'être ses parents et elle n'avait jamais eu le loisir de partager ses jeux avec eux. Pour tout dire, l'assistante avait elle-même une nièce qui avait elle aussi 22 ans et rejoindrait sous peu le rang des pupilles qui arpentaient ces rues. Elle ne la connaissait pas vraiment, si ce n'était de vue il y avait longtemps, et par les lettres de sa famille qui lui avait narré son enlèvement par le prince rebelle. Elles étaient amenées à partager un toit prochainement.

Alors qu'elles prenaient place après que l'incident se soit tassé rapidement surgit une première question. Souvent, peut-être pas, mais avec une certaine régularité. Myrcéa pouvait pratiquement projeter sur papier sa prochaine visite en quelques calculs. Elle doutait cependant que ces statistiques intéressent sa compagne.  

- Je ne suis pas un pilier de cet établissement, mais j'ai mes habitudes dirais-je. Cela m'aide parfois lorsque je cherche une solution aux problèmes de mon supérieur.

Toujours ébranlé par son vol plané Pilou gémissait sous la table. Cela allait lui passer, il venait d'être tout de même sacrément secoué par la bande de joyeux compagnons. Demain, il ne se souviendrait de rien, ou presque. Il était curieux, il trouverait bien de quoi s'occuper l'esprit. Néanmoins, si on ne voulait pas que ce genre d'évènement se reproduise, il fallait vite se mettre à l'oeuvre.

La jeune femme commanda à son tour un simple sirop. En effet, elle ne buvait guère. Cela ne l'aidait pas à avoir les idées claires et cela avait trop vite fait de lui monter à la tête vu son manque d'entrainement. Le goût ne lui déplaisait pas mais elle avait quelques réserves sur les substances qui pouvaient avoir un impact sur sa façon de voir les choses. Myrcéa préférait garder le contrôle, ou le délaisser sciemment, recluse, à l'abri de son atelier. Là était son unique échappatoire, elle y veillait.

- Une idée précise, pas encore. A vrai dire, ce n'est pas moi qui ai les idées. Je ne suis qu'une assistante. L'assistante d'Elyas pour être plus exacte, au département des recherches et innovations. Il est plutôt asocial et il ne veut avoir à faire avec personne directement. Voila pourquoi je m'occupe de la relation avec les supérieurs et les différents prestataires, parfois des clients. Je gère son planning, ses commandes et je l'assiste bien entendu sur certaines parties de la fabrication. Je suis un peu sa secrétaire personnelle et sa représentante officielle. Il est plutôt gentil lorsqu'on le connait bien. Je suis sure que lorsque que je lui aurais expliqué votre problème, il saura trouver en un rien de temps une solution. Je pencherais sur un compagnon de substitution sur lequel Pilou pourra relâcher ses pulsions sans causer de gêne notable. Je lui glisserai l'idée, il sait m'écouter même si c'est un vrai maitre en la matière.

Sur cette explication Mr Schmit apporta les boissons qu'elles avaient commandées. Il fixa un instant d'un air sévère le petit chien qui pleurnichait. Décidément, les bêtes étaient comme les enfants, toujours à faire des caprices. Mais enfin, il se tenait tranquille, c'était la seule chose qui lui importait vraiment. On l'appelait déjà dans l'arrière pièce, il marmonnât dans sa barbe qu'elles pariaient plus tard. De nouveau il disparut en grognant après un employé apparemment très empoté. Mr Schmit n'était pas un mauvais homme et sous ses airs un peu brut de décoffrage, il cachait beaucoup de justesse de jugement. Un instinct, un gène familial, au même titre que son affaire.
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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Sam 1 Avr 2017 - 23:54
Ma jeune amie m'affirmait ne pas venir fréquemment dans ce bar, juste quelques fois quand elle restait coincée sur quelques inventions de son secret.
Je comprenais cela, moi-même combien de fois n'avais-je réussi à pondre que quelques phrases alors que la date limite de l'écriture de ma nouvelle pièce approchait grandement ? Le stress engendré par la peur de décevoir, et la frustration de savoir la solution quelque part en soi mais inaccessible pour l'instant. Il est vrai que je ne m'énervais pas lorsque cela m'arrivait, ballades et méditation, et généralement, l'inspiration, la grâce, arrivait subitement, me poignardant en plein cœur, mais tout de même ….
Ainsi, cela arrivait à chaque personne créant, inventant, imaginant quelques œuvres inédites. Je connaissais des artistes qui, afin de pallier cela, s'adonnait à certaines drogues ayant la réputation de rendre créatif. JE n'avais jamais essayé, de crainte de perdre le contrôle de mon être.

Soudain je me figeai, si elle ne venait pas fréquemment ici, peut-être s'était-elle vu contrainte, pour mon plaisir, à venir ici ? Aurait-elle préféré déambuler dans les rues à la recherches de pièces pour ses prochaines constructions ? N'avait-elle accepté ma requête que par simple courtoisie ?

-Myrcea, j'ai peur d'avoir été impolie et de vous avoir forcé la main en demandant à venir boire un verre dans cet endroit. Si vous n'en avez pas envie, cela ne me étrange absolument pas de partir. Je serais peinée que vous restiez dans le simple but de me faire plaisir.

J'attendais sa réponse avec impatience, m'inquiétant d'avoir été égoïste et de n'avoir pensé qu'à ma propre envie. Je me tordais les mains et Pilou, brave chien, sentant mon angoisse posa sa tête sur ma cuisse en me regardant. Les battements de mon cœur s’apaisèrent instantanément et, avec un sourire, je lui caressai l'oreille tendrement.

Elle m'expliqua alors la relation qu'elle entretenait avec son patron. Il paraissait être un homme discret mais caractériel... Heureusement qu'il avait son assistante, ma jeune amie,  pour s'occuper des relations avec les clients. De la manière dont elle parlait d'Elyas , il n'aurait pas été reconnu dans sa profession sans son aide.
Le fait que Myrcea s'occupe de toute les relations extérieure au laboratoire, qu'elle s'occupe de administratif montrait la confiance qu'il lui portait.
Certainement, si elle lui demandait, il concevrait sans aucun doute un bel automate femelle pour mon compagnon à quatre pattes.
J'aimerai bien rencontrer cet homme mystère, voir son atelier, ses inventions en cours de création, le bruit des ferrailles s'entrechoquant... A quoi ressemblait-il ? Je n'ai connu que très peu d'inventeurs par le passé, aussi n'ai-je point former de stéréotypes dans mon esprit à ce sujet.

Peut-être même pourrais-je écrire une pièce au sujet de Myrcea ? Comment une jeune femme trouve sa place à la Capitale grâce à son maître ? La passion de l'automate sous toutes ses formes. En rajoutant une petite dose de romantisme, toutes les femmes du Palais en serait folle.
Il allait me falloir une nouvelle pièce assez vite, cela faisait quelques mois qu'aucune nouveauté de ma part n'avait été montée sur scène. Si je voulais garder ma notoriété, assez nouvelle il faut le préciser, je ne pouvais me reposer sur mes lauriers plus longtemps.

Mais pour l'heure, ce n'était pas le moment. Nous nous étions assise ici afin de trouver inspirations et illuminations pour la futur fiancée de Pilou. L'assistante n'avait encore pas d'idées précises quant à la fabrication de la femelle. Je ne voyais pas du tout comment l'aider à imaginer cette création.
Et si cela en valait la peine ? En effet, si c'était Elyas qui décidait et créait, ne valait-il pas mieux que nous allions à son atelier ?

- Ma chère, si c'est votre maître qui invente les créations ne vaudrait-il pas mieux que nous nous dirigions vers son atelier, plutôt que d'acheter des pièces dont on ne sait s'il en aura l'utilité ?

Si j’appréciais les heures passées avec elle, je ne voulais pas lui faire perde son temps.
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Myrcéa d'Albret
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Dim 2 Avr 2017 - 12:31
Myrcéa sirota tranquillement tout écoutant les inquiétudes qui venaient d'assaillir son interlocutrice. Son attitude trahissait un caractère préoccupé par son bien-être, elle aurait presque pu en être flattée. Il n'y avait aucun mal, peut-être avait-elle mal interprété ses paroles ou ses gestes, cela arrivait parfois, même assez fréquemment à vrai dire. La jeune femme haussa légèrement un sourcil, repassant rapidement les événements passés à la loupe. Sans doute quelque crainte concernant son maitre et ce qu'il aurait pu en penser si elle tardait trop ici.

- Ne vous inquiétez nullement, affirma-t-elle d'une voix douce. Les rencontres nous guident vers des digressions, c'est dans l'ordre des choses. Jamais je ne m'y soustrait, ce serait aller contre les principes qui régissent ce monde. Je les apprécie d'ailleurs beaucoup.

Myrcéa disait rarement non, sauf en cas d'alarmantes prémonitions. Ce n'était pas le cas ici, voire même l'exact opposé. Apprendre d'avantage sur la maitresse et son client faisait partie du travail préliminaire, indispensable à la création. L'Assistante aimait à savoir pour qui elle œuvrait, cela lui garantissait un meilleur résultat. Pilou avait une affection singulière pour les mollets masculins, sa petite compagne ne pouvait décemment pas être simplement une simple poupée de métal, il risquait de s'en désintéresser trop rapidement.

Elyas était un homme compliqué, du moins c'était ainsi qu'elle l'avait conçu. Il ressemblait beaucoup à Alcon tout en lui insufflant un peu de cette discrétion sur ses activités qui n'appartenait qu'à elle-même. Il signait ses automates et c'était à l'origine la seule chose que son assistante lui demandait véritablement. Avec les années, c'était devenu bien plus, presque une entité à part entière à laquelle elle pouvait même parler pendant des heures sans attendre de réponses formulées. Elyas n'avait ni cordes vocales, ni consistance formelle, mais elle avait néanmoins l'impression que ses conseils flottaient dans l'atmosphère surchargée et confinée de leur atelier.

- Il sera très fâché si je fais cela. Il n'aime pas les visiteurs surprises. Les visiteurs au sens large serait plus juste. Personne n'a le droit d'entrer dans son atelier sans sa permission, et il ne la pour ainsi dire jamais donné, à personne de ma connaissance.

Myrcéa délaissa son verre pour glisser sa main dans la poche droite de sa veste et en ressortir un carnet noir assez épais qui avait déjà bien vécu. Brandissant l'objet, elle le fit tourner dans ses mains et l'observa sous toutes ses coutures. Tout son savoir se condensait dans l'étroitesse de ces pages jaunies sous la couverture de cuir usé : des listes de courses, des adresses, des noms, des croquis, des notes diverses et variées. Un vaste univers d'encre et de graphite, peuplé de formules mathématiques et d'annotations pratiquement illisibles.

- Ceci est notre carnet de correspondance. Je sais ainsi ce qui se passe dans sa tête et lui dans la mienne. Ce sont ses directives, je ne peux que les suivre.

La jeune femme posa le carnet sur la table, une langue de tissus rouge marquait la dernière page. D'un geste précis elle tira dessus pour ouvrir le recueil qui faisait état de leurs échanges professionnels, mêlant leurs écritures et leurs pensées. Myrcéa tourna la page déjà bien remplie pour un tableau vierge avant de sortir cette fois-ci un crayon de la même poche.

- Dites-moi qu'elles sont vos questions ? De cette manière elles seront officialisés. Il pourra point refuser se plier à ses propres règles. Je suis sure qu'il rira tout en bougonnant de mon initiative.
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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Jeu 13 Avr 2017 - 15:11
- Il sera très fâché si je fais cela. Il n'aime pas les visiteurs surprises. Les visiteurs au sens large serait plus juste. Personne n'a le droit d'entrer dans son atelier sans sa permission, et il ne la pour ainsi dire jamais donné, à personne de ma connaissance.

J'écoutais attentivement les explications de Myrcea quant à son maitre, qui me paraissait assez particulier il faut le dire. Je me l'imaginai grand avec le teint blafard des gens qui ne sortent que trop rarement. Pour sûr, son apparence ne devait pas lui être importante, aussi portait-il probablement un vieux pantalon maintenant taché par le temps, une chemise sale aux manches retroussés laissant apparaitre des mains puissantes et abimées par le travail. Un nez fin supporterait de grandes lunettes aux gros verres. C'était le genre d'inventeur à être pris dans une frénésie de création perdant ainsi toute notion de temps, ses yeux se seraient donc fatigués plus vite qu'a l'accoutumé.
Autour de lui, son atelier. Un capharnaüm sans nom s'y trouverait ou se mélangerait œuvre magnifique, projet à moitié fini, et d'innombrables pièces jonchant le sol. Myrcea virevolterait sans aucun doute au milieu de tous ce bazar, obéissante, mettant la main à la patte et écoutant attentivement chaque recommandation de son maître.
S'il lui portait une aussi grande confiance, elle devait posséder un grand talent. Reprendrait-elle le flambeau ? Je ne doutais pas de la renommée d'Elyas une seule seconde. Elle en profiterait surement.

C'est alors qu'elle sortit un carnet à la couverture noir. Il n'était plus tout jeune voir même usé.
Alors que je m'interrogeais sur sa contenance elle me le présenta.

- Ceci est notre carnet de correspondance. Je sais ainsi ce qui se passe dans sa tête et lui dans la mienne. Ce sont ses directives, je ne peux que les suivre.

Elle ouvrit alors son petit livre à un endroit choisi grâce un marque-page rouge.
Des chiffres et des lettres remplissaient le papier, je pensais distinguer là deux écritures. Je n’eus pas le temps de voir plus en détails ce qu'il était écrit que ma jeune amie tournait la page afin d'en laisser paraître une nouvelle, vierge de toute encre.
Elle s’adressa à moi, je crus percevoir que le ton de sa voix avait changé. Elle paraissait sure d'elle, professionnelle, habituée à ce procédé.

-Dites-moi qu'elles sont vos questions ? De cette manière elles seront officialisés. Il pourra point refuser se plier à ses propres règles. Je suis sure qu'il rira tout en bougonnant de mon initiative.

Des questions ? J'en avais tant et à la fois si peu. Je ne savais que demander.
De quoi avait besoin pilou ? Je me remémorais les scènes de la journée.

-Tout d'abord, ma chère, vous avez pu observer le comportement de mon chien dans les rues de la Capitale. Si je peux comprendre ce genre de pulsions -nous même n'en avons nous pas ?- en revanche je ne peux tolérer qu'il s'adonne à son loisir à l’intérieur du Palais. Il faudrait quelque chose qui lui permette de se procurer le même engouement qu'il semble obtenir lorsqu'il se frotte contre les mollets de ces messieurs.

Je me demandais s'il ne ferait pas la différence entre la construction d'Elyas et les demi-jambes humaines... Il ne me paraissait pas stupide....

-Ensuite.... Je doute qu'il se laisse prendre un piège avec une simple construction. J'hésite à vous dire qu'il serait potentiellement indifférent quant à un automate ayant pour forme une chienne, aussi adorable soit-elle.

Plus exactement je redoutai de leur faire perdre leur temps. En effet, Pilou ne se jetai ni sur mon amie, ni même sur moi-même. Dans ce cas, probablement qu'il faisait la distinction entre homme et femme. Alors il ne se laisserait en aucun cas prendre par un automate chien, aussi beau soit-il.

Je me rappelais, à chaque fois, avec quelle force mon petit polisson s'accrochait aux jambes des hommes avant que ceux ci ne finissent par le faire voler sur plusieurs mètres.

-Je me demande aussi.... n'aimerait-il pas finalement être envoyé valdinguer dans les airs ? Ne serait pas une forme d'accomplissement de l'acte pour lui ?
Dans ce cas, il faudrait réfléchir à un système de... lancer ? Une petite balancelle, en forme de joli mollet musclé, que je pourrai mettre près de mon lit. Il pourrait assouvir son besoin à tout moment. Qu'en pensez vous ?


Si j'avais finalement d'autres potentielles idées, je préférais avoir l'avis de Myrcea sur les premières suggestions que je lui fournissais. C'était elle la créatrice, ou du moins l'assistante du créateur, alors sans aucun doute saurait elle m'aiguiller.
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Myrcéa d'Albret
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Dim 30 Avr 2017 - 10:27
Personne n'en doutait, Elyas était un homme singulier, mais on lui passait volontiers ce genre d'excentricité. Après tout, comme pour les artistes, on reconnaissait finalement qu'il fallait bien cela pour agiter d'avantage les curieux. Certains en étaient venu à lui demander s'il s'agissait d'une là d'une stratégie pour mieux se faire connaitre. Le mystère avait un je ne sais quoi d'irrésistible dont on pouvait s'accommoder. Bien des auteurs officiaient son un nom de plume en anonyme, alors, pourquoi pas un automatier dans le fond ?

Myrcéa était attentive, dès les premiers paroles, elle attaqua la rédaction de quelques annotations. Les pulsions de l'animal pouvaient passer avec l'âge, ou dans un autre contexte. Pourtant, il allait vivre au palais, là où ce genre de faux-pas risquait de prendre une ampleur tout autre qu'avec un boulanger. Etait-ce suffisant de lui offrir un exutoire, cela cantonnerait-il ses excès à la sphère privé ? C'était tout le problème des pulsions, elles surgissaient brusquement sans grand moyen de les refréner. Tout au plus, on pouvait en amoindrir le besoin en prenant des précautions avant l'inévitable.

- Pas de goût pour les femelles à première vue, répéta-elle. Il serait peut-être intéressant de faire une expérience pour vérifier cela. C'est que les robes des dames cachent bien trop souvent la partie de l'anatomie qui semble tant lui plaire.

Une chienne en chaleur n'aurait peux-être pas le même effet sur le jeune canidé. Sur cette question, sans autres moyens d'infirmer pleinement son attirance, la brume demeurait opaque. C'était tout le soucis avec les animaux, ils se fiaient le plus souvent à d'autres jugements qu'un simple regard. On pouvait néanmoins tromper aisément certains sens avec un peu d'astuce, et quelques goutes de phéromones. Elle restait pour l'heure sur l'idée d'un compagnon rendu irrésistible grâce à de la biochimie élémentaire.

- Son attitude après l'envolé de tout à l'heure est assez éloquente. Il semble toujours choqué par ce qui lui est arrivé. Néanmoins, il pourrait fatalement y prendre goût. C'est une hypothèse qui mérite qu'on s'y attarde. Il est téméraire et inconscient, ne pas lui faciliter trop la tâche le rendra peut-être plus prompt à s'attacher à un jouet.  

Myrcéa observa attentivement l'animal alors qu'elle en donnait un croquis inattendu au bas de la page, évaluant sa taille et son poids avec autant de justesse possible sans un examen plus approfondi. Un mollet seul, pouvait-il vraiment s'y tromper ? Dans ce cas, il faudrait également ruser pour l'amener à ne pas se tromper de cible.
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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: Coup de foudre et langue pendante - Myrcéa d'Albret- Mar 16 Mai 2017 - 10:44
Myrcea avait raison.
Les robes des femmes cachaient le jolie galbe de leurs jambes à la vue d'autrui. Ainsi il n'était pas possible de conclure un amour des mollets masculins ou simplement des mollets tout courts....
J'étais d'accord avec ma jeune amie, il allait falloir procéder à un test.
Une expérience.
Si on ne faisait pas les choses en profondeur alors cela ne servait a rien de construire quelque automate pour pallier ses pulsions. Soit on faisait les choses bien soit on ne les faisait pas. J'étais perfectionniste et je détestais rester dans la demi-mesure.
Je pense même que son maitre Elyas considérerait le travail en amont comme non fini si nous ne mettions pas cette hypothèse en action, et de ce fait, se refuserait sans doute jusqu'à réfléchir au plan de fabrication. Or, son assistante paraissait ressentir une profonde admiration pour cet homme, le décevoir lui briserait probablement le cœur. Il était hors de question qu'à cause de mes « problèmes », il perde cette confiance si grande qu'il semblait lui porter.
Mais qui accepterait de relever ses tissus devant mon chien ?
Quelle dame, paysanne, travailleuse ne se sentirait pas humiliée de sentir le pénis d'un chien s'enthousiasmer sur son corps ?
Je ne pouvais décemment pas demander cela à la première femme que je croiserais devant le bar dans la rue. N'importe quel homme accourrait pour la défendre, peut-être même mon adorable compagnon serait-il battu ? Tué ?
Mon cœur s'emballa. Je ne pouvais le perde.

Je posais alors les yeux tendrement sur mon chien, au fond cela n'était pas de sa faute. Qu'avait-il vécu pour en arriver là ? Je voyais dans ses yeux une grande maturité à travers son comportement foufou et provocateur. Je ne doutais pas un seul moment qu'il serait mon confident, mon ami. A vie.

Aussi, je me levai, face à la jeune femme.
-Si nous devons définir quel est son type alors pour la science, je me dévoue. Je regardai ses petites oreilles bougeant au rythme de mes mots, sa tête penchée en signe de compréhension. Sa queue commençait à s'agiter doucement sur le sol. Juste, Myrcea, s'il agrippe trop fort à moi, pourriez vous s'il vous plait m'aider à l’ôter ? Je ne souhaite pas l'envoyer bouler dans les airs, mais je ne désire pas non plus qu'il prenne un plaisir extrême sur moi... Je ris doucement, gênée.

Je remontais alors lentement mon jupon. N'osant regardant Pilou, je tendis ma jambes vers lui. Il se leva alors frétillant, les yeux brillants.
Tout d'abord, je crus qu'il ne intéresserait pas à moi. Il se contentait de tourner autour de mon pied en le reniflant. Sa truffe humide remontait parfois sur le haut de ma cheville, quelques coups de langues mais rien de plus.
Quel soulagement ce fut. Je fermais les yeux, rassurée.

C'est là qu'il bondit.
Langue pendante et queue frétillante, il débuta immédiatement ses va-et-vient du bassin, sous mes yeux effarés.
Par Aernia, je sentais son pénis, dur et mouillé sur ma peau.
J'essayais tant bien que mal de le repousser. J'oscillais entre le rire et l'humiliation.
Il s'accrochait terriblement, ses griffes rentraient dans ma peau alors que sa bave coulait le long de mon tibia.

Je relevai la tête, essoufflée.
-Ma jeune amie ? Pourriez vous ?


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