AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
RSS
RSS


 :: L'histoire Ambrosienne :: 4 ème niveau de la cité

[CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi]

Aller à la page : 1, 2  Suivant
avatar
Amélia Clark
Propriétaire du tabac et opiacé Clark
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t128-peuple-amelia-clark-proprietaire-de-plantations
Nationalité : ambrosienne
Messages : 115
Date d'inscription : 08/02/2017
MessageSujet: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Ven 10 Mar 2017 - 21:28
La mort d’Elrich est survenu maintenant, il y a plus d’une semaine. Il m’est impossible d’organiser un dîner plus conséquent, je me serais pourtant fait plaisir en regroupant diverses personnalités ambrosiennes, bonnes, comme mauvaises, car c’est ce qui me plait le plus. Les personnalités, j’invite dans ce but étrange de pousser les uns et les autres à des réactions vives. Mais pas ce soir, ce soir, prenons plutôt du plaisir à converser calmement, la nouvelle venue sera Guiliana di Brescia, une toute nouvelle ambassadrice parvenue à la capitale.

Ross Brisendan sera de la partie, le directeur de la Gobelin bank au sein de la capitale est un original qui me change, n’allait pas croire que je le porte dans mon cœur mais c’est habilement que je fais semblant, comme pour tout. Quoi que, j’éprouve peu de mauvaise chose pour lui, il fait partie des visages influents qui me plaisent, il est le parrain de mes jumeaux et lorsqu’il aura fait pondre à sa femme sa descendance, la rendant utile, nous aurons tôt fait d’allier nos familles.
Cette décision est une des rares qui n’a jamais contrarié mon ancien époux, son côté vieux jeu et vieille famille. Peut-être que mon cadet ou ma cadette sera compagne Brisendan.

Naomi Sunders, une « amie » ou quelque chose qui se considère comme cela. Elle m’est agréable, à défaut de connaître réellement le mot amitié, je lui concède cette place, car je n’ai pas trouvé mieux, mais comme les êtres vivants ont besoin de communiquer, je peux le faire avec elle et cela, sans m’attacher à entendre des complaintes ou des tristesses qui ne m’intéressent pas. La mort de son époux aura tot fait de la changer, et c’est bien à mon goût.

Helene de Valene, dernier visage de notre tablée, la putain de ma cousine. Si je pouvais l’apprécier, je le ferais, mais elle est…la femme de Lilith, je ne peux que la nommer ainsi. Et une grande. Tout ça parce qu’elle a pondu quelques petites choses que les gens nomment comme des références, enfin sa conversation est amusante, et elle a un certain sens de l’observation de la cour, c’est pour cela que c’est elle que j’ai convié.

Bien entendu pour toutes ses personnes je suis agréable, je mène ma barque dans un jeu subtil, si je disais ouvertement que je détestais tout le monde, on se méfierait de moi, mais je suis un visage connu voir reconnu de la capitale et c’est pas en étant une créature désagréable. Il me coute de supporter ces priants, je ne le nie pas mais je fais avec.

La salle à manger et le grand salon enveloppé dans une ambiance délicieuse,tout est fait pour la conversation et par amusement, car cela m’arrive de m’amuser, j’ai placé une table ronde à la place de l’autre pour le repas et pour que Ross Brisendan nous tire les cartes, cela ne peut pas faire de mal d’essayer de discerner l’avenir.
Le repas sera fin et délicieux, point d’excès et dans une robe d’élégance bleue gris, je vérifie les derniers préparatifs alors que mes invités ne sauraient tarder…


avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Mar 14 Mar 2017 - 17:18
Quoi de mieux, pour pallier à l’absence de famille immédiate, que d’emprunter celle d’une personne qui nous est chère ? Lilith avait un jeune frère à l’époque où Ross l’avait connue, c’était l’un des grands charmes de sa compagnie et il s’était alors rêvé adopté par le couple impérial – une fantaisie à la mesure de son âge de l’époque, qui s’était bien vite mise au goût du jour.

Il appartenait à une caste d’oisifs, quoique la rigueur de sa famille en particulier s’y oppose, et il disposait d’une liberté fabuleuse, que ne partageaient que les êtres les plus pauvres, à l’opposé du fer à cheval de la société : celle d’organiser lui-même son emploi du temps. Il pouvait donc rencontrer ces jeunes gens passionnants qui évoluaient dans l’entourage familial de son amie, et se présenter à eux comme tel : un compagnon de jeux de Lilith.

Encore aujourd’hui, il ressentait avec chacun d’entre eux – hormis ceux que la vie ou leur caractère avaient irrémédiablement éloignés – une familiarité plaisante. Et quant aux salons, c’était un instrument dont il jouait sans se lasser.

Il était donc fréquemment présent aux soirées tenues par dame Amélia, et se laissait surprendre par la compagnie qu’elle lui réservait alors ; parfois, la surprise tenait de l’électrochoc, et parfois du bouquet de fleurs. Il jouait le jeu, poli aux usages comme un bénitier aux mains des fidèles. Et il avait ses habitudes pour éviter de se retrouver lui-même trop prisonnier du microscope : interposer entre lui-même et ses convives un loisir qu’il pratiquait avec joie. Il ne venait jamais sans son paquet de cartes.

Ce soir plus que jamais, les questionnements quant à l’avenir seraient présents, et devraient être écartés résoluments de la nouvelle politique soutenue par la famille Brisendan. Ces idées confidentielles n’avaient pas leur place parmi les mondanités ; il conviendrait donc de les esquiver comme autant de boulets rouges. Non, l’avenir serait dans les cartes, dans les conjonctures alambiquées et les jeux d’esprit.

En arrivant, il s’enquit avant toute chose des enfants de leur hôtesse, charmantes créatures qu’il chérissait en parrain, et pour lesquels il avait apporté quelques livres éducatifs articulés. Il comptait bien, il en parlait à qui voulait l’entendre depuis son propre mariage, allier le destin de sa progéniture à d’intéressantes personnes cultivées et bienveillantes, avec lesquelles ladite progéniture aurait tout d’abord tissé de véritables liens d’harmonie. L’amour, c’était peut-être un peu trop demander, mais il était permis d’espérer.

Il complimenta ensuite la maîtresse de maison sur les couleurs de sa tenue, le goût avec lequel elle avait agencé la pièce, et excusa Miranda qui était souffrante – elle aurait pu se considérer comme invitée de pair avec son époux, mais elle était trop bien éduquée pour s’imposer là où elle n’avait pas été nommément conviée.

Ce moment d'intimité s'évanouit bien vite dans le commencement des mondanités, alors que les autres participants - des participantes, à ce qu'il constatait - faisaient tour à tour leur apparition.
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Dim 19 Mar 2017 - 22:54
Un dîner chez Amélia Clark. Les collègues ambassadeurs de Giuliana lui avaient dit qu'elle aimait en organiser régulièrement et l'avaient aussi prévenue du fait qu'il puisse s'agir d'un terrain fantastique ou d'un piège mortel... Toutes les personnes auxquelles elle avait posé des questions lui avaient recommandé la plus grande prudence. Mme Clark appréciait beaucoup certaines figures de la cour, en méprisait d'autres, mais elle invitait tout le monde malgré tout. Cela pouvait donc placer Giu au milieu de personnalités ne se vouant aucune amitié particulière mais qui feignaient pourtant de s'apprécier pour "donner le change".

Autant dire que la mère Di Brescia n'aimait pas du tout ce genre d'ambiance. En fait, elle était connue pour sa très grande (voire excessive) franchise. Elle avait découvert que cette franchise inspirait confiance : la majorité des gens lui faisaient confiance, même s'ils n'étaient pas d'accord avec elle. Cette franchise constante donnait à Giuliana une image de personne honnête, qui n'irait jamais manipuler ou tromper qui que ce soit. Néanmoins, cet effet fonctionnait surtout sur les chercheurs et philosophes - qui aimaient généralement les discussions constructives et avaient peu d'intérêt pour les convenances qui ralentissaient tout - et sur le peuple - qui aimait pouvoir se fier à ses leaders.

Par contre, sur les grands dirigeants, les nobles, les patrons influents, les hauts-placés, ... sa franchise serait EXTRÊMEMENT inattendue et il était très rare que ces gens-là réagissent bien à l'inattendu. Presque tous les autres ambassadeurs lui avaient conseillé de garder de côté son côté franc, lors de ses futures interactions avec les personnalités importantes d'Ambrosia. Ce serait un exercice complexe, car elle avait été élevée comme ça... Mais d'un autre côté, elle n'aurait pas le choix : elle n'allait pas refuser l'invitation de Miss Clark, d'autant qu'il s'agirait visiblement d'un dîner en petit comité. Son refus ne passerait pas inaperçu au milieu de 120 autres invitations.

Elle se retrouva donc devant la porte de chez Amélia, au 4ème niveau de la cité, accompagnée de ses deux gardes... Dont l'uniforme ne passait pas inaperçu. Les uniformes de la police Vicenzienne étaient bien connus à San Vicenzo, mais ici, leur allure attirait la curiosité. Les longues vestes, le holster du pistolet au niveau de la poitrine au lieu d'être à la ceinture, l'épée longue un peu désuette, les couleurs (le gris anthracite et le rouge sang), le casque d'une forme paraissant plutôt étrange aux Ambrosiens, ... Cela dit, la tenue de Giuliana était tout aussi inhabituelle. Car oui, elle avait gardé ses vêtements habituels.

Sa veste queue-de-pie au long col dont l'intérieur était rouge sang et aux motifs dorés sur les rabats, sa chemise noire de jais et son pantalon de la même absence de couleur, son foulard bleu foncé aux coutures dorées, ... C'était presque une sorte d'uniforme officiel, donc ce serait assez habillé. Giu faisait au mieux pour mettre ces vêtements aussi souvent que possible, en partie afin qu'on associe la femme à la tenue : ainsi, si elle se changeait, elle serait bien plus difficile à reconnaître.

Quoi qu'il en soit - je dérive un peu mais bon, je suis le narrateur donc je fais ce que je veux et si vous n'êtes pas content c'est bien la même chose - elle finit par se retrouver dans la salle principale alors que ses deux gardes patientaient à l'extérieur. L'idée de les laisser glander déplaisait pas mal à l'ambassadrice, au fond ce ne sont pas des chiens, mais ils avaient insisté. En tout cas, une fois dans le grand salon (où on l'avait accompagnée), elle se dirigea vers la maîtresse des lieux avant de la saluer.

> Miss Clark, je vous remercie de votre invitation... inattendue, je dois l'admettre ! À vr...

Elle s'interrompit, se souvenant subitement du fait qu'elle tenait un petit paquet.

> Ah, oui ! Je vous prie d'accepter ceci. Il s'agit d'une découverte d'un philosophe naturel de San Vicenzo. Ce n'est pas d'une richesse matérielle conséquente, notre île n'ayant que peu de ressources, mais les implications intellectuelle de cette petite expérience sont nombreuses.

Il s'agissait d'un pendule tout à fait particulier, qui illustrait à merveille le principe de conservation de l'énergie. Le chercheur ayant d'ailleurs calculé tout cela était maintenant à Ambrosia depuis plusieurs années et travaillait à l'université. La STEAM finançait une partie de ses recherches d'ailleurs, car ses travaux sur la conversation de l'énergie risquait très fortement de les aider à réduire les coûts de production de leurs automates, tout en les rendant plus agiles. Tout ce qu'ils aimaient, donc.
avatar
Naomi Sunder
Employée de l'IMPERIAL
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t141-peuple-naomi-sunder-employee-de-l-imperial-terminee#2100
Nationalité : Raclusienne (originaire d'Hishkar)
Messages : 122
Date d'inscription : 16/02/2017
MessageSujet: Re: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Lun 20 Mar 2017 - 20:09
La mort du Prince laissait Naomi non pas dans l’indifférence, mais dans une songerie triste et rêveuse. Peut-être parce qu’on croyait trop souvent que ceux au-dessus de soi, particulièrement les dirigeants, resteraient bien au-delà de l’existence des plus petits de la ville. Et puis, cette mort avait été soudaine et criminelle, tout simplement ; le discours prononcé par Everard Zullheimer n’en avait retenti qu’avec encore plus de surprise et de force. Sans doute l’employée de l’Impérial avait-elle tort, mais elle considérait ces hautes sphères comme très loin des siennes… même si elle était reconnaissante d’avoir trouvé en l’Empire de Vapeur, un meilleur futur, plus à son souhait en tout cas, qu’elle n’en aurait eu en restant dans sa Cité natale.

L’amitié qu’elle portait à Amélia pouvait être qualifiée d’étrange. A bien des égards, il s’agissait d’une amitié presque de surface ; elle n’était due qu’au hasard, et datait de l’époque de la mort du mari de Naomi. Pourtant, les deux femmes avaient sympathisé, d’ailleurs à un dîner, et depuis, ces fréquentations continuaient, tout simplement. Naomi Sunder ne serait pas allée jusqu’à la qualifier d’amie proche, mais Amélia lui était une personne agréable. Certes, elle se faisait des illusions sur la sincérité de la dame – dix ans plus jeune qu’elle – mais essayez d’aller dire cela à une femme qui fabriquait ses propres illusions et obsessions, sans même s’en rendre compte…

Avant d’être introduite dans le salon où bruissait déjà le bruit de quelque conversation, Naomi vérifia soigneusement sa tenue, effaçant les rares plis de sa robe bleu sombre, surmontée d’entrelacs gris aux manches, et d’un foulard aux couleurs plus cuivrées. Naomi n’était pas particulièrement une femme riche, les tissus de ses tenues étaient souvent simples, même elle sortait rarement sans un chapeau haut-de-forme. En somme, ses vêtements respiraient plutôt le soin et la simplicité, que la richesse ou un côté sophistiqué, même si cette tenue était l’une des plus belles pièces de sa garde-robe. La montre à gousset, frappée à l’emblème de Hishkar, était glissée pour ce soir autour de son cou, au bout d’une chaîne fine. Plus sereine, Naomi reprit le bouquet de fleurs qu’elle avait amené, et entra dans le salon qu’on lui désignait. Ce présent était sans doute modeste et bien simple, mais dans un environnement surplombé par le cuivre, les roues et les engrenages sombres, quelques couleurs florales faisaient une impression agréable.

Naomi repéra immédiatement Amélia dans sa robe bleu-gris, et elle eut un sourire ; puis son regard glissa sur les deux autres invités déjà présents. Tous deux lui étaient inconnus, du moins en profondeur, car elle avait certainement déjà vu le visage de Ross Brisendan, compte tenu de l’importance de cet homme au sein d’Ambrosia. Et comme tant d’autres, y compris elle-même, les rumeurs couraient, mais elle n’était pas femme à prêter attention aux bruits de cour ; pas avant de s’être fait son avis propre. Elle y mettait une farouche obstination. L’homme lui parut cordial, à première vue ; elle verrait ce qu’il en serait pour le reste de la soirée.

Ses yeux se tournèrent ensuite vers l’autre femme présente dans la pièce, à qui elle donnait une trentaine d’années. Mine de rien, il fallait qu’elle soit pour l’heure la plus âgée de cet étrange groupe, rempli d’inconnus les uns ou pour les autres, ou presque. La tenue de cette femme était inhabituelle, même à Ambrosia qui pouvait pourtant brasser un certain nombre de personnes étrangères ; la longue veste de jais et aux motifs dorés était belle, presque officielle, d’une façon qui lui évoqua un côté militaire. Le visage de cette femme lui parut aussi franc, et sans faux-semblant ; quelque chose lui soufflait qu’elle pourrait s’entendre avec elle. Naomi attrapa au vol le nom de San Vicenzo, l’un des Etats de la Ligue raclusienne dont elle était elle-même originaire, ce qui lui tira son deuxième sourire de la soirée.

Ce ne fut pas sans une certaine curiosité qu’elle s’approcha pour examiner l’étrange pendule offert à Amélia. Elle n’était pas spécialement une femme de sciences, mais la façon dont ces billes de métal s’entrechoquaient, comme à l’infini, la fascina un instant. Son expression sereine – faussement, car les démons de cette femme n’étaient jamais réduits au silence, quelle que soit l’heure – céda à un air rêveur devant l’objet. Elle sortit de ses pensées à temps, pour lever son regard bleu clair vers Amélia, attendant l’instant où elle pourrait lui offrir le bouquet de fleurs. Naomi le lui tendit au moment opportun.

— Merci de m’avoir invitée. C’est un plaisir de revenir ici…

Pendant quelques secondes seulement, son regard parcourut le salon, prêtant attention à la décoration qui avait été mise en place. Mais Naomi se retourna très vite vers Ross Brisendan et la femme d’origine raclusienne, les saluant. L’air lumineux dans son regard n’était pas feint, pas plus que le sourire léger sur ses lèvres.

— Naomi Sunder. Ravie de vous rencontrer. D’autant, madame, que nous venons du même pays, visiblement,
rajouta-t-elle, à l’attention de Giuliana.

Était-elle censée se présenter ? Était-ce à Amélia de le faire ? Elle n’en dirait pas plus, de toute manière, elle n’était pas assez habituée aux dîners mondains pour savoir exactement s’il valait mieux agir avec naturel, en petit comité, ou avec une quelconque sophistication fausse. Ce genre d’invitations était de toute manière rarement accepté de sa part depuis quatre ans.


A qui cela n'est-il arrivé, d'être libre en apparence, et de se sentir les ailes empêtrées ?
       
avatar
Hélène de Valene
Comédienne
Voir le profil de l'utilisateur
Nationalité : Empire de vapeur
Messages : 332
Date d'inscription : 29/01/2017
MessageSujet: Re: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Lun 20 Mar 2017 - 23:27
Je me tenais devant la bâtisse Clark. En retard ? Surement.
J'avais failli décliner plusieurs fois l'invitation. Je n’affectionnais pas tant ces diners mondains, ou dignitaires et grands se tiraient dans les pattes  sous l’appréciation de l'hôte de maison. En effet, il fallait le dire, une soirée réussie était synonyme de mensonge, d’hypocrisie et de manipulation, dans le but malsain de paraître le plus fort, le plus influent, le plus intouchable.
Or, je n'aimais pas ce procédé.
Je rêvais d'un monde ou chacun pourrait être apprécié à sa juste valeur, ou aucun protocole n’empêcherait d'écouter son cœur, ou aucune action ne serait guider par quelques vils buts. A la place des tromperies et machinations, le bonheur serait la clé de voute du monde.
Il n'en était rien.
Hélas, plus j'observais autour de moi, moins j’espérais cela. J'étais consciente qu'une part de noirceur habitait en chacun de nous. Moi même,  j'avais brisé le cœur de beaucoup d'homme simplement pour tenter de me prouver que Lilith n'était pas nécessaire à ma vie.
Cette obscurité en chacun paraissait s'étaler de plus en plus depuis la mort d'Elrich.
Je n'étais sereine nul part... comment l'être dans ces circonstances ?
C'est pourquoi ce diner me semblait être une perte de mon temps. J'aspirais à écrire de nouveaux textes, à emmener Pilou au cabanon afin qu'il découvre la nature et non plus l'odeur puante de la ville et pourquoi pas boire une petite bière avec Myrcea ?

Je me faisais ces réflexions tout en marchant tranquillement vers l'entrée de la maison. Je ne me souvenais plus très bien des noms des autres invités... Je pourrais toujours feindre une fatigue soudaine, aux vues des derniers événements peu m'en tiendraient rigueur.
Mais si Caroline et les filles ne se trouvaient rien à se mettre sous la dent, je n'aurais rien à transmettre à Everard. Ce n'est pas quelqu'un avec qui l'on pouvait se permettre de louper un rendez-vous. Il me ferait demander et me menacerait. Encore. J'avais Pilou maintenant auprès de moi. Bien que il ne soit qu'un animal domestique, il était certain qu'il avait pris une place important au sein de mon cœur. S'il lui faisait du mal... J'en serais la seule responsable.
Il me faudrait quelques informations même insignifiantes à offrir au Grand Prieur d'Ambrosia.
Dans quel pétrin m'étais-je fourrée ?

Alors que je montais les quelques marches menant au perron, j'entendis de éclats de voix. Je n'étais pas la première. Bien.
Ce n'est pas que je n'aimais pas Amélia Clarke, loin de là. Intéressante, à l'écoute, présente, elle aurait pu faire une amie hors pair. De plus, ses enfants étaient d'une perfection totale. Je les aimais beaucoup. Mais elle était la cousine de ma bien-aimée, et je me doutais que sa famille ne devait pas m'estimer. Elle n'en laissait cependant rien paraître, alors moi non plus.
J'aurai pu frapper à la porte, mais celle-ci était entrouverte. Je choisis donc de rentrer dans la somptueuse demeure. Le hall d'entrée était grand et accueillant, comme à son habitude.
J'étais venue quelques fois déjà, bien que la soirée se déroulait généralement sans encombre, je m'engageais sans enthousiasme vers les bruits de conversations qui parvenaient à les oreilles .
Je n'avais pas le choix.
Je me dirigeais vers le salon ou je ne doutais pas un instant l'habitante de ces lieux ainsi que ses convives y seraient.

Alors que je rentrais dans la pièce, je remarquais immédiatement Amélia dans sa magnifique robe et  m'approchai d'elle tandis que j'observais les personnes l'entourant.
Un homme mat de peau aux cheveux courts, bien habillé. Une belle femme blonde aux yeux très pale vêtue d'une magnifique robe bleu nuit ainsi qu'une autre, plus jeune, brune à la veste rouge brodés aux manches de motifs dorés.
Je repensais au choix de mes habits m’inquiétant de la simplicité de ma tenue consistant en une robe blanche au faible décolleté. Qu'importe. En tant qu'artiste, on ne m'en tiendrait pas rigueur.
Je saluais la cousine de l'Impératrice tout en la félicitant pour sa tenue, sa mine rayonnante, sa beauté en somme. Et tout en me retournant, je la questionnais :

-Je ne connais pas vos invités ma chère, peut-être pourriez vous me les présenter ?

Je leur souris doucement.
J'avais besoin d'un verre.


avatar
Amélia Clark
Propriétaire du tabac et opiacé Clark
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t128-peuple-amelia-clark-proprietaire-de-plantations
Nationalité : ambrosienne
Messages : 115
Date d'inscription : 08/02/2017
MessageSujet: Re: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Sam 1 Avr 2017 - 22:37
-Monsieur Brisendan quelle charmante présence que la vôtre, les enfants souhaitaient tant vous attendre, mais ils se sont endormis…le sommeil facile de la jeunesse !

Ainsi accueillais-je l’original, meilleur ami de Lilith ou en tous les cas, compagnon de jeu de l’Impératrice durant une enfance tristement lointaine, il faut l’avouer. Je n’ai jamais détesté cet homme, comme j’ai pu le dire et si j’avais été fort plus intelligente, j’aurais fait choix de l’épouser lui plutôt que mon époux. Je n’aurais pas eu tant de marmot, et j’aurais certainement eu bien plus de liberté. Je ne suis pas certaine que Ross soit le genre d’homme à aimer la compagnie intime des femmes, mais ce genre de chose est une présomptueux, les hommes courtisans aiment à être précieux.

Ma main tendue pour qu’il fasse un baise main, je suis bien aise de l’avoir en premier à demeure, cela me permet de lui confier quelques mots.

-Des rumeurs courent à votre sujet, peu m’importe les médisances, mais notre projet d’avenir semble avancer, non ?

On dit que sa femme achète pour la future marmaille, j’ai entendu cela à peine et je dois avouer que cela ravit mes espérances. Un potentiel enfant de caser, n’est-ce pas la joie la plus simple. un de moins à se soucier !! Je suis bien aise de tout cela, bien entendu je ne me gêne aucunement pour aborder cela avec un peu de rudesse, il faut avouer que nous sommes dans une mondanité de courtisans, tenons nos rôles !

-Madame ?

Interrompus par la servante, je relève mon visage, armée d’un sourire de façade magnifique, alors qu’elle me fait signe d’une nouvelle arrivante. Quelle minuterie digne d’une horlogerie des plus fines. La servante me glissera quelques instants après la présence de garde, je lui conseillerais alors de les faire diner aux cuisines. Madame di Brescia craint-elle l’assassinat ? Il est vrai qu’elle est ambassadrice de Raclus, les coups de couteau dans le dos sont ce qu’ils sont…

-Madame di Brescia quelle charmante attention de votre part, ce n’était pas nécessaire. Voici Monsieur Brisendan, dirigeant de la Gobelin Bank à Ambrosia, un de mes termes ne doit pas vous être totalement inconnus.

Ou bien l’île est vraiment située dans le trou du cul du monde !

Découvrant le paquet –et l’horrible pendule dont je ne saisis pas l’importance, hélas, je ne suis guère versée dans la découverte- je présente un sourire charmant, ainsi qu’une phrase bien placée laissant croire à mon ravissement. Et mon intérêt. Le fait est que je suis plutôt imperméable aux avancées technologiques, ce qui, entre nous, n’est pas une tare à mon esprit, je n’aime pas voilà tout. Ma cousine aurait sans nul doute fort plus apprécié…mais je la remercie avec plaisir.

De quelques savants mots échangés, nous nous rendons compte de l’arrivée de Naomi dont j’apprécie la discrétion et je me retourne vers elle pour faire ce genre de salutation amicale mais pas trop, de dame de cours, ou de bonne éducation, la remerciant pour les fleurs. Elle n’aurait pas dû ! Non elles ne finiront point à la poubelle ! Que c’est vil de penser cela !

-Oui Madame Sunder est d’Hishkar ! Avez-vous entendu parler de San Vincenzo, l’arrivée des armures à fait son petit chambardement à la cour et ma cousine, les a, parait-il fort apprécié.

Elle a même dû les adorer en fait, mais c’est une autre histoire. Choisissant d’entraîner les premiers invités au petit coin du salon prévu à l’effet de l’apéritif, le serviteur s’empresse de déboucher le meilleur des champagne, je me doute que la favorite arrivera en retard, tout est dans le style, je ne peux lui reprocher. Et pour ne pas trop l’attendre j’engage les invités à converser, se découvrir, jouant avec les mots fort habilement.

-Ah ! Mademoiselle de Valene vous voilà ! Il ne manquait que vous !M’interrompis-je pour me redresser, hochant la tête. Bien entendu. Madame Sunder, une amie et Madame Di Brescia, ambassadrice de Raclus et…comment pourrais-je dire…libératrice de San Vincenzo ? Est-ce un bon terme ma chère ? Je suppose que vous connaissez Monsieur Brisendan ?

Non ? Elle ne le connaissait pas ? La favorite et le meilleur ami de l’Impératrice…allons bon !
Le majordome servit le champagne et offrit un verre, me permettant de porter un toast au bout de quelques instants, une fois les visages tournés vers moi.

-Je dirais simplement mes amis, à l’Empire.

Et à l’innommable, mais ça c’était un vœu silencieux, portés par mon cœur.


avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Ven 14 Avr 2017 - 12:41
« Madame, vous pouvez dès à présent vous en réjouir ; mais je compte en faire l’annonce publiquement après quelques jours. L’âge de mon épouse rend notre médecin de famille ridiculement prudent, » chuchota Ross à mi-voix, avant de se livrer à d'autres observations afin de détourner la conversation. Il n'était pas tellement enclin à discuter de l'état de son épouse. La nouvelle lui inspirait encore des sentiments contrastés.

Les différents participants de la soirée étaient maintenant arrivés ; et avec un soulagement infini, Ross constata qu’il était le seul représentant de la gente masculine. Non qu’il n’aurait apprécié d’échanger quelques mots entre gentlemen, mais il se trouvait que parfois, des personnes qui n’étaient pas précisément des gentlemen étaient présents à ce type de soirées, sans entrer dans les détails… et il était soulagé de pouvoir abandonner la tension nerveuse qui l’habitait toujours à l’idée de les croiser. Il était de rigueur de se présenter face à face et d’avoir les uns pour les autres de ces petits gestes, sans importance et pourtant importants pour la nature animale de l’être humain, qui revenaient à déclarer : je ne vous suis point hostile. Il était d’une difficulté extrême d’accomplir ces salutations face à… certains. Ross savait y parvenir, en puisant dans les forces extérieures à sa personne qui lui venaient d’une éducation impeccable, mais cela ne rendait pas l’expérience plus plaisante pour autant.

C’est donc avec une sorte de gratitude, qu’il manifestait à ces dames sous forme de sourires, mais qu’il adressait en réalité aux dieux, que cet homme à la grâce imperturbable se mêla au petit groupe comme s’il y avait toujours appartenu. Il improvisa pour chaque personne présente un compliment qui lui paraissait adapté à son attitude du moment ; et dans le fond de son esprit, il ne songeait qu’à une chose. L’enfant qui allait lui naître serait allié à cette famille. Comme Onésime le lui avait fait remarquer, non seulement allié à cette famille, mais à ses fréquentations. A force d’amabilités, il finit par bannir cette pensée de son esprit avec la discipline d’un officiel naval en service. Et comme pour laisser dans la salle un signe de sa propre présence, comme il aurait planté sur cette soirée le drapeau de sa maison, il déposa discrètement son paquet de cartes sur le bord d’une table, presque négligemment, sans plus y songer ensuite.

Le pendule l’intéressait ; mais il s’excusa en riant d’être prodigieusement inculte en termes de mécanique, et fit par contre une remarque avisée sur le port de l’uniforme, qu’il trouvait du plus bel effet sur certaines dames. Et sur certains autres, mais il n’aurait pas été judicieux d’aborder ce point trop explicitement. Cependant, puiser dans ses pensées réelles ne faisait que rendre son attitude plus sincère ; et depuis le temps qu’il assistait à ces petits salons, il ressentait une sorte de responsabilité personnelle à faire en sorte que tout se passe au mieux, comme s’il assistait la maîtresse de maison dans cette tâche.

Il avait, naturellement, été mis au fait de l’intérêt tout particulier que portait sa souveraine bien-aimée à certaine invitée aux cheveux longs, ne serait-ce que sur les planches, où l’impératrice la lui avait désignée. Il avait un avis neutre sur le physique de cette dame, et comme un courtisan se serait montré poli en évitant de trop vanter les mérites esthétiques de la maîtresse d’un autre, lui s’était montré poli en vantant ceux de la comédienne davantage qu’il ne l’aurait fait spontanément. Elle aurait fait une jolie statue dans ses jardins, avait-il dit, sans doute – il ne se souvenait plus. D’ailleurs, la discrétion la plus absolue étant de rigueur, il ne l’avait point fréquentée face à face depuis ce jour, et songeait maintenant qu’elle n’avait peut-être jamais prêté attention à sa présence dans l’entourage de sa belle, pas plus qu’à la présence de gardes ou de serviteurs.

Il la félicita, le plus sobrement du monde, pour sa dernière performance, notamment quelque scène de dialogue fort piquant à laquelle il avait assisté avec plaisir. Il n’aurait pas aimé se trouver du mauvais côté de cette verve indomptable. Mais il n’y avait guère de raisons qu’elle le prenne en grippe, songeait-il en observant son profil de Diane chasseresse ; après tout, il montrait avec obstination le mauvais exemple à Lilith depuis pour ainsi dire toujours, dans ce cadre amoureux où, du point de vue de la comédienne, le plus mauvais exemple était certes le meilleur. Puis il s’intéressa à cette nouvelle venue qui lui semblait à la fois quelque peu décontenancée, et paisible dans cette expectative. Il se plaça tout naturellement, par un instinct que n’aurait pas démenti un majordome, à ses côtés afin de la guider physiquement par son exemple ; décontracté mais attentif, pareil à un étudiant convié au buffet qui suit une conférence, et qui conçoit que sa tâche est avant tout de participer à l’ambiance, sans pour autant abandonner le personnage que ses professeurs attendent de lui.

« Madame, votre salon attire les plus glorieux papillons de cette sinistre jungle, je vous en félicite une fois encore. C’est un honneur que de paraître au milieu de tant d’illustres dames, j’en viendrais presque à espérer que l’on nous tire le portrait. La grâce, l’intelligence, le talent, les échanges, et tout ce qu’il y a de prometteur dans notre belle capitale : quelle allégorie ! Mais quant à ce que nous réserve l’avenir… »

Il eut un petit sourire entendu en direction des cartes. Il ne s’agissait pas d’un jeu classique, dans sa petite boîte aux décorations faussement clinquantes et tentatrices, adressées aux démons du jeu qui sommeillaient en chacun ; mais d’une de ces longues boîtes pâles ornées de motifs mystérieux, qui auguraient d’un usage plus nébuleux. Il était d’autant plus amusé qu’aucune de ces dames n’avait encore eu affaire à ce petit passe-temps innocent qui était le sien, et tout en devinant sans peine qu’il aimait jouer avec les chiffres, les conjectures et les figures symboliques, que ce soit en sa qualité de directeur de banque ou en celle de courtisan, elles ne l’avaient peut-être pas imaginé se livrer, dans une ambiance plus détendue, à des enfantillages qui taquinaient presque l’occulte.

A ses yeux, faire montre de centres d’intérêts inattendus était une manière comme une autre de briser la glace, et d’engager le reste des invités à montrer à leur tour des facettes moins convenues, plus contrastées ; ce ne seraient peut-être toujours que des personnages, car après tout rien ne les obligeait à se faire pleinement confiance ; mais du moins, ces personnages seraient distrayants.
avatar
Naomi Sunder
Employée de l'IMPERIAL
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t141-peuple-naomi-sunder-employee-de-l-imperial-terminee#2100
Nationalité : Raclusienne (originaire d'Hishkar)
Messages : 122
Date d'inscription : 16/02/2017
MessageSujet: Re: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Mar 9 Mai 2017 - 22:38
Naomi regarda avec une joie, non dissimulée, ce qu’Amélia lui apprenait sur la femme en uniforme. Elle ne s’était donc pas trompée. En elle revenait la légère euphorie, stupide à force, mais sincère, de retrouver un compatriote expatrié comme elle. Certes, ce n’était pas si rare, dans un Empire de Vapeur qui attirait autant de monde par sa beauté et ses richesses, mais cela lui faisait toujours quelque chose. Une sorte de joie mélancolique, car au fond, rien n’était plus beau que le pays d’où on venait.

— Bien évidemment que j’ai entendu parler de San Vincenzo. J’ai largement préféré sa révolution récente à ce que j’en avais appris dans les livres d’histoire et les récits,
fit-elle remarquer avec un sourire légèrement ironique, jetant un regard entendu à Giuliana. Je serais ravie de vous guider dans cette ville, s’il y en a le besoin.

Puis la dernière personne arriva. Naomi accueillit la nouvelle venue avec un léger sourire. Voilà qu’arrivait sans doute la plus jeune personne de ce dîner mondain, sans doute celle aussi vêtue la plus simplement, mais l’employée de l’Impériale trouva que cela lui allait bien, sans forcément conclure que tout allait bien, à la jeunesse… Le visage ne lui était pas inconnu. Peut-être avait-elle eu l’occasion de voir Hélène sur les planches, mais elle aurait été incapable de la replacer dans ce contexte. La rareté de ses sorties, ainsi que le peu de don pour la physionomie, de Naomi, n’aidaient en rien. Mais d’elle n’émanaient que de la bienveillance, ou de la cordialité, envers les autres personnes présentes dans la pièce. Après tout, aucune n’était une ennemie. Et elle appréciait particulièrement qu’Amélia n’a jamais fait preuve de trop de politesse de cour, avec elle, au point de la rendre mal à l’aise.

Saisissant la coupe de champagne qu’on lui tendait, Naomi leva également son verre, en même temps que son hôtesse, prononçant la formule adaptée sans aucune malice en son cœur, pour sa part. D’ailleurs, elle avait la chance d’être quelque peu guidée par Ross, qui semblait avoir remarqué qu’elle n’était pas des plus à l’aise dans ce milieu.

— Merci de vous proposer comme chevalier servant, dit-elle, doucement, en lui souriant. Mais faites attention, ce serait facile que j’y prenne goût, ensuite.

Cela était plus une taquinerie qu’une véritable pensée, comme le signifiait le regard amusé qu’elle lui lançait. Elle ne voulait pas non plus passer pour la dernière pièce du rouage qui ne servait pas à grand-chose dans un mécanisme, puisse Hyram l’en préserver. Elle s’en serait voulue de gâcher la soirée par sa maladresse, d’autant qu’au fond, que pouvait-il bien arriver ?

La veuve n’imaginait certainement pas ce que Ross avait prévu, en tout cas. Qu’un appareil photo puisse être quelque part dans la demeure d’Amélia, voilà qui ne l’aurait guère étonnée. Mais les cartes… La boîte elle-même était attirante et effrayante à la fois. Tout comme les présages qu’elle promettait. Qui ne rêverait pas de savoir son avenir, ou de mieux se connaître, tout simplement ? Du moins, quand on se risquait à oublier le libre-arbitre pour laisser place à la fatalité ? Naomi posa sa coupe de champagne à peine entamée, doucement, fixant Ross avec intérêt, mais aussi une certaine curiosité.

— Et vous avez la permission de Pohn pour nous dévoiler cela ? Je ne cherche pas à vous empêcher, précisa-t-elle. Mais j’espère qu’il ne vous a pas joué de sales tours en évitant à chaque fois ce que les cartes vous disaient. Depuis combien de temps faites-vous cela ?

Ses parents à elle détestaient ce genre de machination. Mieux valait laisser les mystères là où ils étaient. Elle y était indifférente, mais bien entendu, intriguée. En son for intérieur, elle songeait que ce genre de passe-passe amusait les dieux, tant qu’on ne frôlait pas l’Innommable et la cabale. Après tout, elle n’était pas aussi terre à terre qu’on pouvait le penser. Mais quant à montrer d’autres facettes. Il faudrait qu’elle ait assez bu pour se mettre en tête de lire, ou réciter, une des nouvelles qu’elle aurait inventé, ou peut-être esquisser quelques notes de piano. On disait toutefois que les bulles de champagne montaient vite à la tête.

Autant dire que la divination de Ross était, pour l’instant, l’option la plus intéressante, et la plus originale. Surtout venant de la part d’un banquier. Elle espérait qu’il n’avait pas basé toute sa fortune sur cela uniquement.


A qui cela n'est-il arrivé, d'être libre en apparence, et de se sentir les ailes empêtrées ?
       
avatar
Hélène de Valene
Comédienne
Voir le profil de l'utilisateur
Nationalité : Empire de vapeur
Messages : 332
Date d'inscription : 29/01/2017
MessageSujet: Re: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Ven 19 Mai 2017 - 18:43
Alors qu'un domestique me tendait une coupe de champagne, je la levais délicatement en direction de notre hôtesse, qui portait un toast simple mais efficace, avant de prendre une petite gorgée.
Mon rouge à lèvres, aussi léger fut-il, laissa une petite trace sur le contour du verre.
Délicat breuvage.
Je devrais me restreindre, je ne tenais que peu l'alcool, et nul doute quant au fait qu'il serait mal séant de perdre sa sobriété si tôt dans la soirée.
Je goûtais cependant à nouveau le pétillant. N'avais-je aucune volonté ?
Il est vrai que je n'étais pas à mon aise ici, peut-être cela me permettrait-il de laisser ma gêne de côté ?

Je me souviens une soirée passée avec ma bien-aimé il y a maintes années de cela. Nous avions volé en cuisine plusieurs bouteilles de vin et assises toutes les deux sur le sol de sa chambre, devant sa cheminé, nous avions refait le monde durant des heures.
Et si elle n'était pas destinée à l'empire ? Et si j'étais un homme lui étant promis ? Et si on s'enfuyait loin ou personne ne nous trouverait ? Aurait-elle pu être dresseuse de chèvre dans un cirque ?  Et moi fromagère dans une lointaine campagne ?
Nous avions parlé, parlé, parlé... en ricanant de plus en plus bêtement, le tout ponctué de baisers d'abord chaste puis de plus en plus fougueux.
Le lendemain matin, je m'étais réveillée avec un mal de crane me faisant grimacer de douleur mais le souvenir d'une soirée parfaite gravée dans mon cœur.
C'était il y a fort longtemps.
Et alors que je baissais les yeux pudiquement sur ses souvenirs aimés, je posais de nouveau ma bouche sur le contour de la coupe.

Ross Brisendan venant à moi, me complimenta  sur certaines scènes de la pièce Le porc, l'enfant et le papillon.
Je le remerciais doucement, si j'étais heureuse d'avoir percé dans le milieu du théâtre, je n'étais pas à l'aise  avec une quelconque notoriété que j'aurai acquise. De plus, c'était la troupe entière qu'il fallait féliciter, un comédien n'est rien sans ses acolytes. Je lui rétorquais donc avec amabilité qu'il fallait prendre en compte l’intégralité  de la troupe et l'ensemble du jeu d'acteur de la pièce car nous ne faisions qu'un.
J'irai donc en son nom congratuler le reste de mes collègues à la prochaine répétition.

Il ne me restait maintenant plus qu'un tiers de cette douce boisson. Cela partait si vite. J4appreciai tellement ces minuscules bulles s'écrasant contre mon palais, me chatouillant la langue.

Le seul homme de la soirée proposa alors une activité pour le moins distrayante.
Les cartes.
Pas n'importe lesquelles. Les cartes divinatoires.
Lire l'avenir ?
Très peu pour moi. J'avais toujours refusé de participer à ce genre d'échange. Je n'y croyais pas plus que ça. Et surtout, je ne désirais pas perde le contrôle. Or, que pouvions nous prévoir quant à ce qu'il prédirait à chaque convive ?

La coupe était vide, un domestique vint immédiatement me débarrasser.
Me jugerait-on ? Cela m'importait-il ?

Je ne voulais pas accepter l'invitation de Monsieur Brisendan, mais ne pourrais-je pas entendre avec un peu de chance quelques révélation quant à des secrets bien gardés ?
Je n'étais pas là pour le plaisir. Je me devais de ne pas l'oublier.
On me servit une nouvelle fois de quoi me désaltérer alors que ma voisine semblait s’inquiéter de la réaction de Pohn. Allons bon ! Je doutais que l’Imprévisible perde du temps à condamner ce genre d'activité que je qualifierais plus de mondaine que de divinatoire.
Je me rapprochai des invités.

-Je pense que cela peut effectivement être divertissant. Ne rêvons nous pas tous de connaître notre avenir ?

Je colorai une nouvelle fois mon verre de mes lèvres, en souriant.
Que révélerait Brisendan ?



avatar
Amélia Clark
Propriétaire du tabac et opiacé Clark
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t128-peuple-amelia-clark-proprietaire-de-plantations
Nationalité : ambrosienne
Messages : 115
Date d'inscription : 08/02/2017
MessageSujet: Re: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Mar 30 Mai 2017 - 9:47
-Vous savez bien qu’une femme, plus elle tarde à enfanter, plus elle prends des risques.

Son médecin a parfaitement raison de se soucier, les jeunes femmes meurent déjà aisément en couche, alors une dame s’approchant des quarante ans n’a que plus de risque. Mais ce n’est pas mon problème et je conçois de faire la bonne dame charmée et charmante tout en stratagème de courtisane. Bien entendu.

Et je regarde mes invités s’amuser, se rencontrer et se plaire. Si je ne haissais pas l’Empire et ma cousine, j’adorerais ce genre de chose, mais l’on me rappelle à chaque fois combien c’est une si belle chose à faire en l’associant à notre capitale. Je voudrais tant m’abroger de ces choses et autres mais bon. Passons à des choses plus légère, profitons et je me fais hôtesse de perfection, parlant et répondant d’une vive étincelle à l’idée des cartes de Monsieur.

-Essayons mesdames, ce sera bien plus simple il arrive que les prédictions de Monsieur Brisendan soit fort juste, si tant est qu’’on y croit un peu. Je serais d’avis de nous installer et de le laisser faire !

Oui, faisons cela, il ne m’a jamais rien dit de précis mais ses analyses sont justes. Je pense sincèrement que ce genre de chose n’a pour question que de l’analyse, ai-je l’esprit clos ? Non, je crois à des choses bien plus surprenante, et aux élus sont plus merveilleux que quelques cartes.

Alors que nous allons nous asseoir, une servante vient me prévenir, à mi-mot que Madame di Brescia est demandé, et de fil en aiguille, je saisis qu’elle est attendue, la dame s’excuse d’ailleurs et d’un intermède rapide nous fait savoir que des affaires la contraignent à partir, il serait indélicat de demander quoi, mais apercevant un homme gradé, je ne dis rien.

Ainsi défait d’une présence, je vais m’installer rapidement à la table.

-Voilà qui réduit notre assemblée…C’est bien dommage, cette dame a mené une révolution, j’aurais apprécié parler bien plus de temps en sa compagnie. Mais soit…Alors Mademoiselle de Valene que préparez-vous comme pièce bientôt ? Je suis curieuse et j’adore vos talents, ma chère Naomi et moi-même avons assisté à vos dernières, un délice. Je souris et regarde Ross qui se prépare. Il faut se taire par la suite n’est-ce pas ? Vous connaissez mes ardeurs aux bavardages…

Riais-je avec élégance.


Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Chroniques d'Ambrosia :: L'histoire Ambrosienne :: 4 ème niveau de la cité-
Sauter vers:  
Il était une fois AmbrosiaNos Partenaires

Retrouver nous sur