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 :: L'histoire Ambrosienne :: 4 ème niveau de la cité

[CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi]

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MessageSujet: Re: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Mar 30 Mai 2017 - 11:57
Si les cartes révélaient quoi que ce soit d’inquiétant pour l’avenir de sa petite famille, Ross serait mortifié, bien sûr. Mais ce n’aurait pas été par superstition. Ce trait était absent de sa nature plutôt poétique, en quête de vérités invisibles plutôt que de personnifications naïves, et d’ailleurs il tenait à s’exposer au risque afin de démontrer à ses convives qu’il n’y avait là rien de bien sérieux, rien qui doive les effrayer.

Il s’appliqua donc à chasser de son esprit la possibilité d’une menace sur la santé de son épouse, ou de son enfant à naître. L’épine qui lui avait cependant percé le coeur à cette perspective lui rappela qu’il les aimait, d’une certaine façon – sans les connaître vraiment l’un ni l’autre, paradoxalement – comme une certaine aventure lui avait dévoilé à quel point il en aimait un autre. Ses fragilités d’âme murées derrière sa courtoisie mondaine qui brillait de tous ses feux, il commença à faire tirer aux dames présentes deux cartes pour chacune, en commençant avec une révérence comique par Naomi, puisqu’elle était la plus proche de lui dans l’espace – et puisqu’il était désormais son chevalier servant.

« N’ayez crainte, mes amies, ce n’est jamais qu’un jeu, guère plus élaboré qu’une partie d’osselets, ou celui qui consiste à pointer au hasard une citation dans un livre qu’on feuillette, et à en tirer des auspices imaginaires. Un jeu d’enfant que j’ai appris pour me distraire il y a presque vingt ans. Mais un jeu peut éveiller dans l’âme des échos très justes, en effet. C’est ce qui en fait le piquant. »

Ayant fait le tour de la charmante compagnie, il pria chacune des participantes de placer l’une des cartes sur l’autre, afin de leur donner un ordre, et ce, sans les regarder. Pour finir, il les pria de lui montrer d’abord la carte qui se trouvait au-dessus, puis celle qui se trouvait au-dessous. Du plus évident au plus caché, appelait-il cela. Les enchaînements n’étaient pas forcément le fait d’une chronologie à venir, mardi puis mercredi, ou l’an prochain puis l’an d’après. Ils pouvaient aussi ne jamais se réaliser, et que la carte cachée reste à l’état de potentiel, ou qu’elle jette un simple éclairage sur les mystères que la première laissait en suspens. Voilà, du moins, qui était poétique en diable. Enfin, il les pria de tirer une troisième carte qui serait la conclusion de la confrontation des deux autres. Puis il fit de même, et rangea précieusement le paquet dans sa boîte.

« Allons ! Commençons par notre aimable maîtresse de maison, qui a tiré… Oh, je vois. » Il observa une pause amusée en se rappelant que les spectatrices assistaient à son petit numéro pour la première fois, et n’avaient aucune idée de la gravité de ce qu’il pouvait annoncer. De son côté, il ne craignait pas d’offenser : il était maître de l’orientation qu’il trouverait. Nulle carte n’était en soi positive ou négative. Tout était question d’interprétation, comme l’idée de « voyage » pouvait tout aussi bien signifier « vacances » ou « exil ». Et bien sûr, en compagnie amicale et légère, réunie pour passer un bon moment, il ne sauterait pas sur les interprétations les plus menaçantes. En compagnie d’hommes et de spirites, il aurait eu la malice de se montrer délibérément plus malveillant et plus provocant.

« Le pendu, le vieillard et la roue. Le pendu a de nombreuses façons d’être dangereux, dans votre cas il est placé à l’envers : il s’agit donc d’une révolte. Cela aurait pu être pire, une perte financière ou même la ruine et la prison, » rit-il en songeant à toutes les fois où il l’avait lui-même tiré dans ces positions. « Une décision personnelle renversera la situation actuelle, et il est possible qu’une libération soit atteinte au prix d’un sacrifice. Le vieillard vous éclaire sur un aspect de la situation que vous aviez ignoré : il vous engage à la prudence et à l’observation, à prendre le temps avant de révéler quoi que ce soit. Il se peut que votre sacrifice soit de cette nature : garder un secret, quoi qu’il vous en coûte ; mais ce sera payant. La roue cependant vous avertit sur l’instabilité du pouvoir, mais placée après le vieillard, elle vous dit simplement de vous protéger des répercussions négatives de vos succès. Son message est : celui qui était en haut tombera et celui qui était en bas s’élévera. »

Il estimait, maintenant, que son public avait compris à quel point ces révélations étaient vagues et générales, et à quel point c’étaient elles qui détermineraient comment elles prendraient ce qui leur était « révélé » - tout au plus suggéré. Espérant avoir ainsi dissipé leurs éventuelles craintes, il poursuivit en se tournant vers l’actrice.

« Mlle de Valène a tiré le soleil, la tour et l’étoile. » Il sourit tendrement en contemplant cette dernière carte, à laquelle il portait une affection toute personnelle ; quant au soleil, c’était « la sienne », celle sur laquelle il revenait régulièrement et qu’il lui semblait connaître par coeur. Il releva des yeux empreints d’affection sur cette dame qui avait réuni ces deux symboles, autour de celui de la Tour qui portait à la fois sur elles la menace d’un échec et la promesse d’un mystère. Elle avait réussi, inconsciemment, une composition qui le touchait droit au coeur. Pour quelques instants, son masque tomba.

« Le soleil réunit des natures opposées dont l’union réalisera de grandes choses, y compris le masculin et le féminin, c’est un excellent symbole basé sur la force réceptive, la bienveillance ; la tour est placée à l’envers, il est donc nécessaire d’affirmer son ego face aux épreuves, en se disant qu’une tour est une construction qui protège toujours quelque chose, et en se demandant quoi. L’étoile vous guide vers l’avenir ; accompagnée de ces deux présages, il s’agira d’un passage vers une régénération. Merci pour cette belle histoire. »

Il se permit de lui prendre la main pour y déposer un baiser, puis se détourna avec la vivacité d’un papillon vers sa dernière victime.

« Et quant à vous… La lune, le bourreau, et enfin le cartographe. Intéressant. » Il se tourna avec un grand sourire vers Naomi. Il espérait qu’elle appréciait d’avoir été laissée le plus longtemps possible aux affres de l’adrénaline : la révélation n’en serait que plus palpitante.

« La lune vous encourage à placer vos qualités réceptives en complémentarité avec une source de qualités actives. Le bourreau n’indique pas la mort, mais une renaissance, un renouveau qui sera basé sur l’écoute de votre voix intérieure, de vos intuitions. Et c’est amusant, parce que le cartographe lui aussi vous éveille à votre réalité intérieure ; dans son cas, il s’agit de voir plus grand, de tourner une richesse personnelle ignorée vers l’accomplissement d’une grande cause. Une qualité était présente, qui trouve enfin son utilité. »

Encore une fois, il rappela que les indications fournies pouvaient aussi bien concerner la personne ayant tiré les cartes, que des personnes de son entourage, ou qu’elle aurait besoin de rencontrer.

« Voici maintenant les miennes : ah, le fou, le juge et le carrosse. » Le banquier fronça les sourcils un instant, puis reprit son expression sereinte et enjouée. « Ceux-là, mis ensemble, racontent une drôle d’histoire. Le fou peut signifier beaucoup : la force irrationnelle qui vous pousse à découvrir l’inconnu, la quête des origines, ce que le hasard a de ludique et de prometteur… mais aussi la naïveté et les illusions ; et il se trouve que le juge avertit contre les illusions. Il accomplit une action pour le bien d’autrui et rétablit un équilibre, une justice ; si violence il y a, c’est une violence légitime, toutes plaintes étant vaines. Je ne l’aime pas beaucoup, mais il est nécessaire à ce pauvre fou, évidemment. »

Il sourit à l’assistance en levant la carte du carrosse, qui ramènerait un peu de lumière dans ce présage inquiétant : « La victoire sur les difficultés. Certes, des instincts belliqueux prêts à écraser pour avancer, mais il s’agit avant tout de la conquête de soi. Elle peut aussi représenter l’amour inconditionnel, et la rencontre de l’amant idéal. » Il eut un petit rire en rangeant ses cartes : « L’amante idéale, bien sûr. Les dieux m'en gardent, dans ma situation. »

Il pria dès lors chacune des convives de plonger en son propre esprit et de se demander quelles pouvaient être, éventuellement, les applications de ce qu’elles venaient d’entendre à ce qu’elles vivaient réellement, à leurs attentes pour l’avenir, et à la réalisation de leurs espoirs. Bien sûr, elles étaient libres de partager ou non ce qu’elles auraient découvert. Mais la prédiction en elle-même leur appartenait.
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Naomi Sunder
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MessageSujet: Re: [CLOS]Dîner en petit comité. [Ross, Helène, Guilianna et Naomi] Mar 13 Juin 2017 - 21:00
Naomi tâcha de ne pas s’assombrir quand Amélia se mit en tête de parler médication et enfants. La veuve n’avait jamais eu le loisir ou l’occasion de se préoccuper de cette partie-ci de sa vie, pour la bonne raison qu’elle n’avait jamais réussi à avoir d’enfants. Plutôt qu’un problème technique quelconque, elle avait mis cela sur la volonté des dieux. Peut-être qu’ils ne souhaitaient pas voir certaines personnes enfanter. Il était impensable que ce soit la faute de son mari, comme l’idée lui avait autrefois traversé l’esprit. Mais tout cela la ramenait à de sombres pensées dont elle ne voulait point. Elle se força à retrouver le sourire et la conscience de la pièce autour d’elle. Naomi n’avait que trop tendance à se laisser parfois absorber par ses pensées, claires ou obscures.

Il n’était tout de même pas si difficile que de simplement rester ancrée dans le moment présent, à profiter de l’instant, de la conversation et du rire des autres invités. Pourtant, cela lui demandait bel et bien un effort de concentration, de façon incompréhensible. La solitude qu’elle gardait en-dehors de son travail ne faisait donc aucun bien.

Elle était d’un avis méfiant envers la divination de monsieur Brisendan. Si l’homme avait tout d’un chevalier servant, conversant avec elle et veillant à ce qu’elle ne soit pas trop déboussolée, elle n’aimait guère qu’on défie les dieux, qui avaient trop de pouvoir pour qu’on se permette de la moquerie… Qui savait s’ils avaient le sens de l’humour ? Mais comme tout être humain, elle était à la fois fascinée et curieuse, attirée par le fait de savoir, peut-être, une partie du futur, de cet entrelacs  du temps inconnu qu’on regardait avec appréhension et espoir, avant de s’apercevoir qu’il avait rejoint le passé. Les grains du temps révolus glissaient comme du sable entre les doigts, et on se reprenait de ne pas avoir assez espéré. Et puis, si cela était vague…

Naomi suivit un instant le manège autour de la femme de la Ligue raclusienne, et ce fut avec une pointe de regret qu’elle la vit partir. Elle aurait tant voulu pouvoir discuter davantage avec elle, non pas seulement à cause de la nostalgie du pays, mais parce qu’elle semblait simplement passionnante. Hyram lui donnerait peut-être l’occasion de la rencontrer ailleurs. La veuve hocha la tête en signe d’approbation, quand Amélia parla de cette pièce vue un moment auparavant. C’était rare, les sorties que s’autorisait Naomi, mais étrangement, avec Amélia, cela se passait toujours bien. Si seulement elle avait su que cette femme n’était pas une véritable amie, au fond, tout au fond… Disons que la vie lui aurait semblé encore un peu plus décevante.

L’explication fournie par Ross la tranquillisa un peu et elle se détendit, acceptant enfin de se mêler au jeu. Elle but une nouvelle gorgée de son verre, examinant soigneusement ce qu’il faisait et exécutant de bonne grâce les manipulations nécessaires – pour transmettre des ondes, sans doute. Elle adressa un sourire amusé et un peu excité à Amélia, comme pour lui demander si elle y croyait vraiment ; mais à son instar, elle ne posa aucune question, ni ne fit de commentaire, laissant le « magicien » temporaire se concentrer. Si ça permettait d’éviter des malheurs…

Elle écouta attentivement les prophéties qu’il tira à Amélia, puis Hélène, ne manquant guère de remarquer à quel point elles pouvaient porter sur divers horizons, voire se montrer assez générales. Sans doute était-ce voulu : le destin pouvait exister, mais demeurait une part de libre-arbitre, n’est-ce pas ? Quoiqu’il en soit, ce qui ressortait du destin tiré par les cartes, pour Amélia, annonçait à la fois du bon et du mauvais. Les secrets, les libérations, tout cela pouvait en valoir la peine, mais qu’Amélia soit déchue de ce qu’elle était et de ce qu’elle avait… non, elle préférait ne guère y penser. Et puis, quels secrets terribles ou pesants pouvait avoir quelqu’un comme elle, une femme qu’elle appréciait ?

Naomi ne connaissait pas suffisamment Hélène pour se faire une idée très précise de la destinée tirée. Mais il lui semblait que cela était un heureux présage, adjoint d’une évolution vers le mieux. Elle en sourit et fut soulagée pour Hélène, avant de sentir son estomac se crisper un alors que Ross se tournait vers elle. Elle éprouvait un mélange d’impatience et de crainte qu’elle n’était pas sûre d’apprécier. Mais tout acte était si modulable, se répéta-t-elle, alors qu’il annonçait sa sentence. Non, elle n’avait pas aimé sentir l’anxiété la consumer peu à peu.

Elle accueillit le présage avec autant d’impassibilité qu’elle le pouvait, même si l’éclat de ses yeux témoignait parfaitement de sa concentration et de l’intérêt qu’elle y accordait. Au même instant, elle examinait soigneusement ce qui pouvait, dans sa vie actuelle, correspondre à telle prophétie. Elle en avait bien une certaine idée, du moins pour la richesse personnelle ; elle n’était pas si sûre qu’écouter sa voix intérieure soit parfois la meilleure idée du monde… Ses traits se crispèrent un peu, mais elle le laissa enchaîner sur la suite, non sans que ses idées vagabondent. Comment ne pas penser à l’écriture qu’elle avait toujours gardé pour elle, ou souhaiter qu’enfin, elle retrouve un peu de la vitalité et de la joie qu’elle pouvait éprouver si facilement, plus de quatre ans auparavant ? Cela, oui, serait une véritable renaissance.

Par ailleurs, le banquier lui-même ne semblait pas forcément apprécier ce qu’il voyait dans son propre avenir. Forcément, il ne lui serait absolument pas bien vu de se retrouver à fricoter avec quelqu’un d’autre, alors qu’il était marié… Sans compter que même pour se reconstruire, il pouvait être difficile de tout écraser autour de soi, et d’accepter d’être la personne ayant tout détruit.

En vérité, elle aurait préféré ne pas avoir à parler ce qu’elle avait ressenti et compris, mais Naomi sentait que ce n’était pas jouer le jeu de cette soirée mondaine. Cela était un climat d’amusement et de bonne humeur ; elle se devait d’y rendre un peu de la joie qu’elle y trouvait, elle n’était pas une sorte de vampire psychique se contentant d’absorber la joie des autres sans jamais rien redonner en échange. Ce fut donc le ton léger – mais pas faussement – qu’elle se lança la première dans cette possibilité d’interprétation.

— Eh bien, Monsieur Brisendan, peut-être que vos cartes suggèrent simplement que je devrais sortir de mon côté esthète habituel et me faire plus sociale, jusqu’au point d’envisager peut-être, de retrouver l’amour. La qualité intérieure dont vous parlez vient toujours du cœur, après tout, sauf quand il s’agit de l’art. J’en ai peut-être une fibre, mais de là à la révéler complètement, je doute.

En vérité, sa voix n’avait pas tremblé, alors qu’elle disait cela, tant la peine d’avoir perdu son mari lui semblait encore forte et oppressante par moments ; seule sa main autour de son verre avait légèrement tremblé. Mais elle se retourna vers les deux autres femmes, souriant sincèrement, enjouée.

— La vie semble en revanche vous sourire, Hélène. Peut-être pour un horizon et une carrière encore plus prometteuses que vous ne le pensiez ?


Si regard inquiet et plus sur la réserve elle devait alors avoir, cela, elle le gardait pour Amélia.


A qui cela n'est-il arrivé, d'être libre en apparence, et de se sentir les ailes empêtrées ?
       
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