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Rien de tel qu'une forgeronne pour vous mettre des chaines aux pieds... (PV Aliénor)

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Constantin Van Pelt
Héritier Thémisien
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t198-pupille-constantin-van-pelt-sans-emploi-termine
Nationalité : Raclusien, originaire de la cité de Thémis
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Date d'inscription : 12/03/2017
MessageSujet: Rien de tel qu'une forgeronne pour vous mettre des chaines aux pieds... (PV Aliénor) Jeu 16 Mar 2017 - 23:03
Kostia savait bien qu'il n'était pas là pour faire la tourné des cafés en se moquant des passants, pour peu que leurs allures attirent son attention. Il s'était empressé d'écrire à Alexandra qu'il était bien arrivé à destination. Il lui avait déjà décrit ce qu'il avait vu la ville et de ses habitants. Et il n'avait pas lésiné sur les meilleurs détails, évidement. Avec elle il se permettait des traits d'humour grinçants que Haute-Chair aurait certainement réprouvé. Une seule chose éclairait un peu le paysage ambiant, le jeune homme n'avait pas eu à subir la compagnie pour le moins détestable de Nastia. Irina, elle, était suffisamment occupée pour ne pas se sentir concernée plus que ça par ses agissements.

Quelques jours de répit… Voila seulement ce qu'on lui avait octroyé. Puis, finalement, les papiers officiels étaient arrivées entre ses mains. A peine avait-il posé sa valise dans le dortoir que déjà il devait le quitter. Pourtant, il aurait préféré rester ici, où il se sentait moins entravé que sous le toit d'un étranger. Le jeune homme avait attendu avant de lire, réfrénant tout de même l'envie de bruler immédiatement la missive. A la place, il l'avait juste jeté dans un coin avant d'aller prendre l'air. Ça ne changeait pas grand chose au final mais il gagnerait une nuit.

En revenant il avait tiré d'une poche secrète de sa valise une fiole métallique usé. Elle contenait de quoi s'enivrer un peu avant de déplier la lettre qui lui annonçait qu'il était enchainé pour les trois années à venir. Autant y aller franc jeu, il amputa les formules d'usages pour plonger directement au cœur du cyclone. Aliénor Faust… Ce nom il l'accueillit d'un soupir énervé avant de se mettre à rire franchement du destin. Une bonne femme, une satanée bonne femme ! Il aurait presque pu le prévoir tant il était couru d'avance que ce cas de figure lui tomberait comme une brique sur la tête. Pour fêter cette si fabuleuse nouvelle, le pupille prit une bonne rasade de whisky et s'étala sur son lit en fixant le plafond.

- A la tienne ma vieille.

********

Aliénor Faust n'était pas juste une femelle, bien sur que non. Il fallait aussi qu'elle se la joue gros bras en pratiquant le métier de forgeron. Tout un programme, et pas vraiment celui qui le faisait saliver d'envie. Dans d'autres circonstances, Kostia ne se serait pas gêné pour rater le rendez-vous, et les 10 suivants pour qu'on finisse par lui trouver un autre tuteur, voire même qu'on le renvoie par le premier dirigeable jusqu'à Thémis. Pas qu'il eut vraiment le désir d'y retourner néanmoins. C'était sans compter sur le chantage dont il était la victime, pas toujours très coopérative cependant. Il devait éviter de faire trop de vagues, très bien, mais on ne pouvait le forcer à rester tranquille dans son coin pour autant.

Sur les directives du Ministère dont il dépendait à présent, il avait repris ses affaires, assez succinctes d'ailleurs, et quitté l'île le matin même en direction du palais impérial. Ce qui lui rappelait au passage les intentions à peine voilées de Séraphine Van Pelt en l'envoyant à Ambrosia. Il ne comptait pourtant pas lui faire ce plaisir, pas plus qu'il n'avait l'ambition de devenir le nouveau consort. Kostia espérait que l'impératrice n'était pas du genre à s'enticher de jeune gens dans son genre, ce qui aurait été d'un ridicule affligeant. Quoique, elle n'avait après tout que 29 ans… Ce qui était encore trop jeune pour la classer dans la catégorie des grands mères libidineuses.

Assez pensé à cette mission là, il devait déjà trouver cette foutue forge qui se trouvaient évidement au sous-sol, avec les cuisines et la lingerie. Un bon vieux cagibis pour ce qu'il supposait être dans la droite lignée de ces crétins hargneux à la barbe blonde qui peuplaient l'extrême Est du Royaume d'Eskr, une paire de seins en plus. Il soupira, leva les yeux au ciel et reprit ses recherches dans ce dédale de remises et de corridors. Dans tous les cas, elle n'avait pas intérêt à trop lui échauffer les oreilles ou elle allait le regretter, même s'il s'agissait d'une rustre avec des mains larges comme des enclumes capables d'assommer un ours d'une seule claque.

Après avoir tournée viré un bon quart d'heure, le son caractéristique d'un marteau qui frappe le métal se fit entendre de plus en plus nettement. Kostia continua donc dans cette direction jusqu'à arriver devant une grande porte de bois renforcé par des traverses de cuivre finement ouvragées qui était entre ouverte. Ce n'était pas vraiment son genre de tergiverser. Le jeune homme entra sans même frapper, accompagné d'un grincement brutal des gonds, dans ce qui était de toute évidence la forge impériale.

- Madame, salua t-il d'un air passablement ironique alors que ses yeux détaillait déjà l'allure pour le moins masculine de la grande rouquine à l'ouvrage.

C'était une vrai forgerone dont les épaules étaient sculptées par un rude travail et ne se préoccupait pas vraiment des fanfreluches à la mode. Néanmoins, elle avait un visage plutôt agréable sous une chevelure d'autant plus flamboyante dans cette lumière rougeoyante. Devant ce spectacle, il s'estima au moins content d'une chose, on était loin de la mondaine s'empiffrant de petits fours en dénigrant l'air de rien son voisin de table, affalée sur un sofa à franges. Ce qui aurait été franchement, encore plus insupportable. Lui même n'avait pas vraiment l'allure qui convenait à son rang. Les fioritures et les tenues tirés à quatre épingles, non merci.
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MessageSujet: Re: Rien de tel qu'une forgeronne pour vous mettre des chaines aux pieds... (PV Aliénor) Ven 17 Mar 2017 - 22:51
*Bang* *Bang* *Bang*

...

*Bang* *Bang* *Bang*

...

Le bruit du marteau raisonne dans les forges. Lui seul trouble le silence sinon parfait. Concentrée, Faust travaille sur cette pièce depuis des jours. Il s’agit de la dernière pièce d’une armure d’apparat pour un Général Ambrosien. Le plastron. Pièce difficile en l’occurrence, compte tenu de l’attente du client et de sa corpulence générale. L’ouvrage est cependant suffisamment travaillé et précisé pour mettre en valeur un homme dont la stature ne suffit pas à attirer le regard.

*Bang*

Un dernier coup. Distraitement, Faust essuie la sueur qui perle à son front, d’un revers du bras. Elle n’est pas essoufflée, mais la chaleur du feu l’a fait transpirer. Elle éloigne sa création pour y porter un regard global. Un sourire fantôme se dessine sur son visage. Le résultat est clairement satisfaisant. En rapprochant le plastron, elle observe les finitions. Elle retire un gant pour effleurer les motifs en relief. Ils nécessiteront encore quelques heures de travail pour que la pièce soit parfaite. Mais le gros œuvre est terminé.

 « Faust ? Tu as du courrier. »

La jeune femme tourne la tête. Denys lui apporte le courrier du jour. De loin, le forgeron observe le papier et fronce les sourcils. Elle désigne un lourd bureau en bois massif loin de l’âtre, recouvert de papiers, livres et croquis.

 « Laisse ça là, j’y jetterai un œil. Merci Denys ! »

Un peu inquiète, elle dépose le plastron sur son support et rejoint la salle d’eau attenante aux forges. Le papier de l’enveloppe semble épais et de meilleure qualité que d’ordinaire. La saleté des forges ne lui paraît pas appropriée pour manipuler un tel papier. S’il contient une invitation, elle ne voudrait pas la présenter couverte de traces de son ouvrage. Le temps de se laver les mains, elle revient et ouvre la missive.

 « Oh. »

***

Quelques temps plus tard, voici donc Constantin Von Pelt qui se présente à elle. Elle l’a entendu pousser les portes aux gonds grinçants (ne dit-on pas que les cordonniers sont les plus mal chaussés ?). Elle l’entend désormais se présenter à elle. La lame sur laquelle elle travaille est chauffée à blanc, elle profite de battre l’acier tant qu’il est chaud.

*Bang* *Bang* *Bang*… *Bang*

Voici la lame plongée dans l’eau froide. Derrière la vapeur, Faust a relevé la tête et la voici qui fixe le garçon. Elle a une moue désapprobatrice.

 « Faust. Madame, c’est ma mère. »

Elle sort enfin la lame de l’eau, et la dépose sur l’enclume. Le travail n’est pas terminé, elle y reviendra plus tard. Pour l’instant, c’est un tout autre travail qui l’attend. Sur un panneau de liège au-dessus de son bureau se trouve épinglé le courrier apporté par Denys quelques temps auparavant. Une missive annonçant l’arrivée prochaine d’un pupille dont elle aurait la charge pour les trois années à venir. Elle retire les gants et invite Constantin à s’approcher du bureau et des tabourets qui lui sont associés.

 « Installe toi, mais ne touche à rien s’il te plaît, j’arrive dans un instant. »

Elle disparaît rapidement dans la salle d’eau. Elle n’attendait pas son pupille si tôt. Enfin, l’heure est raisonnable, mais elle espérait qu’il lui laisserait plus de temps avant de se montrer. Car si Constantin n’est pas forcément ravi de cette association, Faust ne peut pas dire qu’elle est très enthousiaste elle non plus.

*Pourquoi a-t’il fallut que ça arrive ?*

Elle se rince le visage et les bras en pensant à cela. Que va-t-il arriver lorsque la conversation tournera autour de sujets trop mondains ou futiles ? Il a l’air de pouvoir faire quelque chose de ses dix doigts, mais quelle sera leur relation ? Comment vont-ils s’entendre ? Se souviendra-t-elle de l’intégralité de leurs trois années ? Sera-t-il un poids ?
Autant de questions qui tendent à augmenter son rythme cardiaque inutilement.

*On verra bien…*

Quelques minutes à peine se sont écoulées depuis qu’elle a laissé son pupille dans la pièce principale.

C’est une pièce assez rustique, si l’on ne s’intéresse pas particulièrement au mécanisme sophistiqué qui maintient les flammes de l’âtre à la bonne température et achemine l’eau nécessaire au trempage. Les outils sont assez anciens et portent les marques de leur utilisation intensive. Le mobilier est sobre, en bois brut, renforcé de pièces de fer lorsqu’il montre des signes d’usure et des risques de rupture.
Un tiers de la pièce principale est alloué aux travaux en cours de Faust. L’armure du Général attend qu’il vienne l’essayer, des pièces de machines pour la Steam reposent dans un coin en attendant que le forgeron ait une idée géniale pour résoudre le problème qu’elles peuvent présenter.
Des croquis sont affichés autour du bureau, comme des protocoles de conception rodés ou en cours d’élaboration.

Faust rejoint Constantin, qui n’a apparemment pas beaucoup bougé. Elle s’assied sur un tabouret, et incite le garçon à l’imiter sur l’autre. Tant pis pour lui s’il reste debout.

 « Bien. Bienvenue au palais, surtout dans les forges. »

Elle est un peu gauche. Que lui dire ? "Eh ! Bienvenue ici, reste dans un coin, ne touche à rien, sois sage et attends trois ans ?"… Non, vraiment pas approprié.

 « On m’a un peu parlé de toi, je sais que tu viens d’une cité Raclusienne, que tu y as fait ton service militaire et des études d’orfèvrerie. »

Qu’il est issu d’une lignée d’orfèvres aussi, mais cela, il le laisse à la porte lorsqu’il arrive ici. D’autant que vu son look, il ne doit pas particulièrement tenir à mettre cette information personnelle en valeur. Elle sait aussi qu’il est veuf, mais ne sachant pas s’il était attaché à son épouse ou non, elle préfère ne pas en parler.

 « Je sais aussi que tu as 21 ans. C’est assez tard pour venir faire ton pupillage. Tu peux m’expliquer ? »

Elle n’a pas un ton accusateur. Elle non plus n’est pas venue dès son dix-huitième anniversaire. Mais comprendre cette démarche l’aidera peut-être à mieux cerner son pupille.

 « Qu’est-ce que tu attends de notre association ? »

Pour l’instant, elle se montre volontairement sous son naturel ouvert et gentil. Elle attend de voir le répondant et l’attitude de Constantin. Suivant le retour qu’elle obtient, elle ajustera cette attitude en conséquences.
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Constantin Van Pelt
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MessageSujet: Re: Rien de tel qu'une forgeronne pour vous mettre des chaines aux pieds... (PV Aliénor) Dim 19 Mar 2017 - 17:15
Ce n'était pas gagné, on pouvait même dire que les probabilités jouaient en la défaveur de la forgeronne. Pourtant, les premiers mots qui sortirent de la bouche de sa tutrice furent loin de lui déplaire franchement. Peux-être même l'inverse, bien qu'il ne fut pas vraiment d'humeur à l'admettre sincèrement. Dans d'autres circonstances, il aurait pu en être conquis, dans ses limites personnelles certes, mais tout de même. C'était assez notable pour être remarqué. Il acquiesça vaguement, levant un sourcil, dans un semblant de sourire doucement amusé et se délesta sans grande délicatesses de ses maigres affaires sur le sol.

Ne toucher à rien… Mouais. La directive était loin d'être suffisante pour qu'il se décida à prendre place et à attendre sagement. Ses mains s'enfoncèrent naturellement dans ses poches, Faust s'était éclipsée dans un pièce attenante. Il était seul dans la forge, baignant dans une chaleur presque suffocante, ce qui était presque parfait pour faire le tour du propriétaire sans se faire reprendre toutes les deux secondes pour un œil qui s'attarde un peu trop sur les détails.

Kostia ne l'aurait jamais avoué, il était loin d'être aussi idiot et inculte que sa propre famille le pensait. Il n'y avait que dans la solitude qu'il parvenait à enrichir ses connaissances, pour lui même. Trop tard, il imprimait déjà les recoins de la pièce dans sa mémoire, s'intéressait l'air de rien à ce qui faisait le monde de l'Eskroise. Connaitre son ennemi était une des premières règles. Des forges, il en avait déjà connu quelques unes durant sa formation à Thémis, mais elles n'avaient pas vraiment l'ampleur de celle-ci. Après tout on était à Ambrosia, dans le berceau de ces grands grands entrepreneurs du progrès. Si Faust était à cette place, elle ne devait pas être une forgeronne quelconque.

Lorsque la rousse fit de nouveau son entrée, il était pratiquement à la même place que précédemment, comme si son inspection n'avait jamais eu lieu. A sa suite, il prit finalement place sur l'un des tabourets, ses yeux s'accrochant sans gêne à la moindre des expressions de son ainée. Elle n'a pas vraiment l'air à l'aise et il supposa que c'était là sa première expérience en tant que tutrice. Peut-être était aussi ravie que lui même de cette cohabitation forcée qui les attendait ?

- Exact, exact et encore exact.

Elle avait fait son enquête apparemment. Il doutait que ses connaissances s'arrêta là, mais il ne releva pas car cela lui était bien égal. Kostia ne tirait aucune fierté de son ascendance, pas plus qu'il n'avait d'intérêt pour l'orfèvrerie, le commerce, et la politique de la Ligue.

- Disons que c'était le moment ou jamais de me foutre sous le nez de l'impératrice, ricana-t-il.

Si elle voyait ce qu'il voulait dire par là, bien entendu. Les intrigues de la cours étaient loin de le passionner, mais enfin, il se trouvait pile poil là où Séraphine Van Pelt désirait qu'il soit. Voila, toute son histoire s'arrêtait pratiquement à ça, assouvir ou contrarier les désirs de quelqu'un qu'il détestait. Son langage laissait parfois à désirer, il avait trop trainé dans les bas-fonds pour ne pas avoir été influencé. Et, d'un autre coté, Kostia ne faisait absolument rien pour améliorer ses manières. Ses soeurs s'en chargeaient bien mieux que lui. Par la même occasion, il y prenait un certain plaisir, qu'il savait pourtant assez immature.

La dernière question lui arracha un nouveau sourire. Pas le sourire aimable d'une jeune garçon timide mais volontaire, plutôt celui de l'être cynique et désabusé qu'il était. La seule chose qu'il attendait vraiment était de pouvoir quitter Ambrosia, au terme de ces trois années ou d'une façon bien plus macabre, dès qu'il serait libéré des chaines qui l'entravaient. Imaginer la mort de la haute-Chair était loin de lui faire honte, quitte à passer pour le pire des monstres.

- Sincèrement, je souhaite surtout que ça passe le plus vite possible et me faire un peu d'argent au passage. Si vous ne le voulez pas de moi ici et chez vous, ça m'arrange. Chacun sa vie, chacun ses emmerdes.

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