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 :: L'histoire Ambrosienne :: 3ème niveau de la cité

Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine

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MessageSujet: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Jeu 30 Mar 2017 - 19:02
La découverte du corps de Madeleine avait été rendue publique. L’information n’aurait eu que peu d’importance aux yeux de Naomi si elle n’avait pas choisi de se mêler à ce point de l’enquête sur les enfants disparus. Et voilà que la surveillante des dortoirs était retrouvée morte… Pourquoi ? Toute cette histoire devenait de plus en plus obscure, et l’inquiétude de Naomi s’en ressentait. Déjà un moment qu’elle se sentait suivie. Soit, que ce soit son imagination fertile ou la réalité, elle était donc allée acheter une arme chez Aslak, dans son bien justement nommé magasin Aux armes. Par la même occasion, elle avait croisé – ou entraîné contre son gré – Astan dans sa combine, le prenant comme « protecteur » ou plutôt quelqu’un pouvant créer une diversion. Toute cette enquête commençait donc à mêler plus de monde qu’elle ne le pensait, et elle se retrouvait elle-même dans des situations qu’elle n’aurait pas vraiment imaginées.

Pourquoi y tenait-elle tant, à vrai dire, alors qu’elle se frayait son chemin au tournant des rues, vers l’orphelinat du peuple ? Certains avanceront que depuis le décès de son mari, sa vie était certes devenue d’une platitude ennuyeuse, et que plutôt que de prendre un amant, on s’intéressait aux racontars, ou aux affaires sordides. Naomi n’aimait guère les rumeurs, elle avait donc choisi une quête plus juste. Elle n’avait pas d’enfants, pour autant, elle ne cherchait guère à adopter un gamin abandonné. Non, il faudrait sans doute chercher une autre solution à ses propres mobiles.

L’employée de l’Impérial s’était habillée discrètement pour l’occasion. Elle avait un jour de repos, dû à un trajet éprouvant et particulièrement long, la veille, qu’elle avait conduit, mais plutôt que de se reposer, elle avait préféré continuer son enquête. Continuer ses actions dans l’ombre, si l’on pouvait dire. Elle s’arrêta un bref instant devant la devanture de l’orphelinat, peut-être plus lugubre qu’elle ne l’aurait imaginé. Le Temple d’Aernia non loin aurait pourtant pu faire penser que cela était plus riche. Ou bien ce n’était que dans son esprit…

Une chose était sûre, ce n’était pas la piété du quartier qui empêchait ces enlèvements de pauvres enfants, songea-t-elle.

Elle rentra d’un pas décidé dans l’orphelinat, s’attardant dans l’entrée, ne sachant où aller, ni à qui s’adresser premièrement. Elle avait bien une ébauche de plan, mais cela dépendait de qui voudrait bien répondre à ses questions… Le hall de la bâtisse étant vide, à part le bruit régulier d’une horloge de cuivre dans un coin, elle passa dans la pièce à côté, une sorte de salon d'attente peut-être, à moins que ce ne soit un lieu de réunion pour les enfants ; tombant sur une femme de son âge, qui devait être l’une des personnes s’occupant de l’endroit.

— Excusez-moi… je m’appelle Naomi Sunder. J’ai appris pour votre surveillante, Madeleine. Je vous présente mes condoléances. Que Sarkemos veille sur elle…

Évidemment, on n’aurait pu parler de la surveillante, sans éveiller un air ému, voir un regard embué, chez cette autre femme de l’orphelinat, mais Naomi était décidée à jouer franc-jeu, et d’ailleurs elle détestait l’hypocrisie. En apparence, elle demeurait calme, cordiale, voire douce. Elle ne cherchait nullement à brusquer les gens, préférant user de la gentillesse, pour parvenir à ses fins. La compassion était ce qui la dirigeait, dans cette histoire.

— J’enquête sur les enfants qui ont disparu… J’aurais aimé savoir si vous n’avez aucune information qui aurait pu être utile… si d’autres gens sont peut-être déjà venus vous poser des questions.
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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Mar 11 Avr 2017 - 16:42
Les évènements se bousculaient dans la tête de la Ministre de l'Education. Elle se maudissait de ne pas avoir été assez rapide pour retrouver Madeleine vivante. Le Serviteur Aran avait été très réticent pour lui donner les informations qu'elle voulait. Elle n'avait pas appris grand chose de lui si ce n'est l'urgence de la situation, d'autres enfants allaient être enlevés et certainement tués. Mais que cachait vraiment Madeleine ? Cette pauvre fille s'était suicidée, d'après les autorités, sans doute le poids de la culpabilité était devenu trop présent ? Mais Mélusine était persuadée que quelque chose clochait dans cette affaire.

Les enfants ainsi que les autres membres de l'orphelinat White étaient sous le choc. La Ministre voulait essayer de replacer tout ce petit monde dans d'autres orphelinats et éloigner les curieux de l'endroit. Mais ce n'était pas chose facile. Et le coupable pouvait évidemment s'en prendre aux autres orphelinats.

La Ministre se dirigea donc ce jour-là en direction de l'orphelinat White pour voir comment replacer le personnel ailleurs, et prendre de leurs nouvelles. Qu'une telle affaire lui tienne à cœur éveillait l’incompréhension de certaines personnes du Ministère. Soit, la surveillante c'était suicidée et alors ? En quoi la Ministre de l'Education et des Pupilles pouvait-elle y faire quelque chose ? C'était bien ce qu'ils pensaient. Personne ne soupçonnait quoique ce soit. Mais Mélusine voulait vraiment tirer cette affaire au clair et faire en sorte de retrouver le ou les coupables, et qu'aucun autre enfant ne disparaisse. Elle se l'était promis, c'était son combat.

Arrivée sur les lieux, elle pris une profonde respiration et s'introduisit dans la bâtisse. Tout semblait calme. Mais elle s'arrêta un instant en entendant quelqu'un parler. Une voix de femme qu'elle ne reconnaissait pas vraiment. Discrètement, Mélusine avança doucement sans faire de bruit en direction de la voix. Quelqu'un qui soit disant enquêtait sur la mort des orphelins. Ces propos étaient plus que suspicieux. Qui donc venait se mêler de cette affaire ? Certainement encore un journaliste ! Mélusine sentit monter en elle la colère et le dégoût. Oh oui, cette personne allait devoir déguerpir vite de l'orphelinat si elle ne voulait pas se mesurer à la foudre de la Ministre.

Elle fit son apparition dans l'encadrement de la porte du salon, les bras croisés et un air maussade. Elle vit une femme blonde de dos et croisa le regard de la directrice qui semblait déstabilisé par sa venue. Comme à son habitude, la Ministre n'avait pas prévenu de sa visite. Elle ne laissa pas le temps à la directrice de dire quoique ce soit, mais elle s'adressa à la femme qu'elle ne voyait que de dos.

- Pas de journaliste ici ! Sortez ! Allez écrire vos torchons ailleurs !

La voix de Mélusine était sévère et son ton strict. Elle n'avait pas de pouvoir contre la liberté d'expression journalistique mais elle avait encore de l'influence sur les lieux. Et si quelqu'un n'était pas le bienvenue, il devait immédiatement prendre la porte.


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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Dim 23 Avr 2017 - 19:00
Le début d’interrogatoire tourna vite court ; à vrai dire il y avait à peine eu le temps que cela en soit un. Naomi avait tout juste posé quelques questions et exprimé la raison de sa venue, à une directrice de l’orphelinat plutôt désarçonnée, qu’une autre voix de femme retentit avec force derrière elle. Naomi se crispa, ne s’attendant pas à une telle attaque verbale aussi sévère, mais se retourna d’un cran, plantant un regard azur résolu sur la femme qui venait de l’accuser d’écrire des torchons et de la traiter de journaliste. Toutefois, elle n’était qu’une modeste nouvelliste aux récits sans cesse inachevés, et ne risquait guère de se faire publier un jour dans les journaux…

— Je ne suis pas une journaliste et je ne cherche qu’à savoir ce qui se passe vraiment avec ces disparitions d’enfants, lâcha-t-elle, froidement, avant de réaliser à qui elle avait affaire.

Du temps s’était écoulé, mais elle reconnaissait sans peine le traits de la mère éprouvée qui était venue, trois ans plus tôt, à l’agence de l’Impériale en demandant à parler au directeur, au risque d’un scandale. Ce visage s'était gravé dans sa mémoire. Sauf que depuis, cette femme avait fait du chemin : elle était désormais la Ministre de l’Éducation et des Pupilles, la place précédemment occupée par son mari. Naomi se sentit mal, d’avoir réagi aussi violemment sur l’instant, mais il n’était pas de son genre de se laisser insulter, à tort qui plus était.

Elle hésita, mais elle eut un regard plus respectueux, la seconde d’après. Pourtant, rien dans son attitude fermement campée n’avait bougé : elle se tenait toujours droite et assurée, certaine d’être dans son bon droit, et en tout cas aucunement disposée à décamper sans avoir ce qu’elle était venue chercher, Ministre ou pas en face d’elle. Une part de son esprit soupçonnait à quel point il était dangereux de jouer avec le feu, mais ses intentions étaient louables, et honnêtes : elle n’avait aucune raison d’obéir à l’ordre de partir. Et puis, que risquait-elle, dans cette lente destruction qu’elle entamait sans même s’en rendre compte ? En vérité, elle n’avait pas grand-chose à perdre.

La brève rencontre de trois ans plus tôt pouvait faire tourner les choses, plus ou moins bien, selon le souvenir qu’en gardait la Ministre, mais c’était du moment présent que Naomi s’occupait, et elle voyait qu’en tout cas elle n’était pas la bienvenue. Mais cette « familiarité » lui permettait au moins de s’exprimer à cœur un peu plus ouvert et de défendre son point de vue.

— Ça fait plusieurs semaines que j’enquête sur les enlèvements d’enfants. Ce n’est pas un crime, que je sache, déclara-t-elle, la voix moins froide, mais l’intensité de son regard ne diminuant pas devant la sévérité de Mélusine. Au contraire, au rythme où ça continue, je commence à me demander si la gendarmerie s’en occupe vraiment, de ce qui arrive au peuple.

Son franc-parler lui porterait peut-être préjudice, mais tant pis… Elle verrait bien dans les secondes qui suivraient, si la Ministre lui ordonnait encore une fois de décamper.
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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Ven 16 Juin 2017 - 15:42
Mélusine découvrit avec un étonnement non dissimulé le visage de la femme qui demandait des renseignement. Ce visage lui rappela les temps douloureux. Comment oublier cette femme qui l'avait aidé quelques années auparavant lors de l'accident de son fils et qui travaillait à l'Impérial. Comment s'appelait-elle déjà ? Mélusine ne mit que quelques secondes à se rappeler de son nom. Sunder. Oui c'était bien ça. Mais que pouvait-elle bien faire à l'Orphelinat et qu'avait-elle à y gagner ?

La Ministre se calma instantanément en lui lançant un air étonné. Madame Sunder n'était certainement pas une journaliste, mais elle ne comprenait pas pourquoi elle s'intéressait aux enfants disparus. Il faut dire que la majorité des citoyens s'en fichaient royalement.

- Madame Sunder ?

La surprise se lisait dans le visage de la Ministre. Elle prit un ton plus calme avant de continuer.

- Pardonnez-moi, ces temps-ci il y a quelques journalistes un peu trop curieux qui importunent l'Orphelinat et les enfants... Je vous ai pris à tord pour l'un d'eux.

Mélusine s'approcha de Naomi. Elle enquêtait donc aussi de son côté. La Ministre ne pouvait que constater ce qu'elle avait déjà vu trois ans auparavant, cette femme avait bon fond et un grand cœur. Et cela était plutôt rare ces derniers temps. Elle fit un petit signe de la tête à la directrice signifiant qu'elle s'en occupait et qu'elle pouvait les laisser. La directrice compris le geste et les laissa alors toutes deux dans la pièce tandis qu'elle en sortait.

Alors la Ministre se tourna vers Naomi, un regard compatissant et elle prit un ton posé et lui parla à la limite du chuchotement.

- Je dois dire que je ne m'attendais pas à vous voir ici. Je suis même très étonnée de voir une citoyenne se préoccuper de ces disparitions. Malheureusement, on ne sait pas grand chose, et la directrice non plus. Nous allons placer les enfants de cet orphelinats ailleurs ainsi que le personnel. Avez-vous trouvé des indices de votre côté ? Mélusine marqua une courte pause. Ecoutez, nous ne devons pas chercher ainsi chacune de notre côté, nous devons communiquer. Mais sachez où vous mettez les pieds, cette affaire sordide peut être vraiment dangereuse. Les autorités ont l'air de prendre ça trop à la légère, mais nous avons l'appui total de l'Impératrice.

Mélusine continua de regarder Naomi tout en réfléchissant. Peut être que cette femme était justement la personne qui pourrait aider grandement la Ministre dans cette affaire, et passer beaucoup plus discrètement dans les endroits que Mélusine ne pouvait franchir sans être reconnue. Infiltrer le bas peuple.


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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Mar 4 Juil 2017 - 20:12
Fort heureusement, Naomi n’était pas comme toute la majorité des citoyens. Du moins faisait-elle partie de ceux qui, en plus d’avoir une conscience professionnelle, avaient une attention qui n’était pas entièrement égocentrique. Bien entendu, on pouvait élaborer qu’elle ne s’intéressait à l’affaire des enfants disparus, que parce qu’elle-même n’avait jamais eu d’enfants, comme si cela suffisait à expliquer tout. Mais il ne fallait pas chercher d’explications au-delà de sa simple gentillesse et de son honnêteté. Et peut-être de la légère névrose aux allures de folie autodestructrice qui la dévorait de plus en plus, ces derniers temps. C’était pourquoi ses réactions se faisaient parfois de plus en plus vives.

Au moins avait-elle réussi à désarçonner, brièvement, celle qui voulait tant la faire déguerpir d’ici. Mais depuis la rencontre d’il y a trois ans, pouvait-on dire que cette femme était une amie, ou une ennemie ? Elle n’en savait rien. Cela dépendrait de si, en dépit de son air calme, elle voulait l’empêcher d’enquêter ou non. Naomi cessa d’être en partie sur ses gardes, en voyant que la Ministre semblait plus calme, mais elle restait tout de même aux aguets, cherchant la moindre expression qui aurait pu lui indiquer la conduite à suivre. Elle accepta ses excuses avec un hochement de tête.

— Vu comment les gens se fichent de cette affaire, sauf pour faire les vipères, je vous comprends.

Naomi fut du moins soulagée, en partie, de voir la directrice s’en aller, même si elle n’avait rien réussi à obtenir d’elle. Après tout, peut-être était-elle trop insignifiante pour réellement convaincre de sa volonté d’aider à ce que l’enquête progresse. Elle écouta néanmoins très attentivement le murmure offert par la Ministre, les traits de son visage redevenant neutres.

— Il n’y a pas de mérite. Je m’intéresse aux autres. Certains devraient en faire autant…

Bien entendu, ce sous-entendu n’était pas pour la Ministre, qu’elle savait également avoir un grand cœur et un esprit perspicace, prêt à lutter contre les injustices. Certes, elle la connaissait surtout d’un point de vue personnel, celui d’une tragédie familiale, mais cette femme impressionnait aussi par son allure et l’assurance de son regard. Elle lui était bien plus sympathique que d’autres ministres, et elle était probablement la seule avec laquelle Naomi se serait sentie assez à l’aise pour échanger sur le sujet de l’enquête. Le rappel sur la dangerosité de l’affaire lui tordit un instant les boyaux, avant qu’elle ne se sente encore plus déterminée. Elle ne le dirait certainement pas à la ministre, mais c’était aussi à cause de l’aspect ténébreux et incertain de l’enquête, qu’elle avait fini par acheter une arme chez Aslak sans pour autant avoir déjà le permis de port d’armes. Mieux valait garder ce détail sous silence.

Un haussement d’épaules accueillit la question de la Ministre, mais Naomi releva les yeux vers elle, avec détermination.

— Je n’ai rien trouvé. Pourtant, j’ai pas mal erré dans les rues, certaines bien mal fréquentées… mais rien. Rien sinon l’indifférence des gens, ou au mieux, un étonnement quand ils apprenaient sur quoi j’enquêtais.

Elle n’osait parler du fait qu’elle se sentait parfois suivie. Ce n’était peut-être que dans son imagination, et elle ne souhaitait point passer pour une folle, surtout alors qu’on la prenait désormais au sérieux.

— Je suis consciente des risques. Je sais me défendre, si besoin.

Elle faillit rajouter qu’elle n’avait rien à perdre, mais s’en retint au dernier moment. Ce n’était clairement pas le genre de choses à dire à cette femme… sans quoi elle perdrait en crédibilité. Au moins, l’Impératrice les soutenait… au moins, il y avait encore quelques âmes justes. Et Naomi fit justement la proposition que Mélusine attendait, lui tendant la main.

— Je fais partie du peuple, sans vous offenser. Je peux être plus discrète et aller partout… En plus on se méfie moins de là où je vais, comme je travaille au sein de l’Impériale. Je suis prête à vous aider.

L’accord fut sans doute conclu d’une poignée en se serrant la main, mais les deux femmes ne savaient pas encore qu’elles arriveraient trop tard.


Plusieurs jours après cette rencontre, en effet, Naomi apprit avec effarement dans la presse que le directeur White, qui gérait l’orphelinat, s’était tué d’une balle dans la tête après avoir compris qu’il était poursuivi par la justice après une confession de la première gouvernante de la maison. Ainsi, c’était le directeur même de l’orphelinat qui enlevait et tuait ces enfants, leur faisant subir des atrocités qui, Hyram en soit remercié, n’étaient pas décrites dans l’article. Quant à sa femme, elle avoua également, et finit brûlée en place publique. Naomi n’alla pas voir tel spectacle : une telle mort aussi violente lui était intolérable, et elle ne pouvait le supporter. Ainsi, tout ce qu’elle avait appris, c’était par la presse ou par des récits de ses collègues, qui eux, avaient profité d’assister au feu de joie publique.

Naomi avait réfléchi un très long moment à ce qu’elle avait appris, avant de prendre la moindre décision. Elle était désolée que d’autres enfants soient encore morts, et pour tout dire, si elle avait eu le directeur en face d’elle, elle aurait certainement cédé à une nature bouillante et colérique, de cet homme qui avait gâché tant de vies alors qu’il était censé s’en occuper avec le plus grand soin. Mais plus le puzzle s’assemblait dans sa tête, plus elle trouvait que cela collait étrangement trop bien. Comment était-ce possible qu’un homme qui avait toujours paru aussi bon et honnête, soit un tueur de sang-froid ? Comment avait-il pu laisser autant d’indices derrière lui sans même se protéger ? Les preuves semblaient en effet avoir été trouvées en très grand nombre.

C’était là, le point qui la démangeait, qui l’avait lire et relire encore l’article, comme cherchait cette anomalie qui empêchait son esprit de se sentir apaisé. Elle avait le sentiment que tout ne collait pas vraiment. Elle n’allait pas jusqu’à imaginer que le directeur était victime d’un coup monté, mais quelque chose la dérangeant insidieusement. Alors, elle avait envoyé une lettre à Mélusine Duval, par un coursier, pour lui faire part, avec prudence, de ses hésitations et de ses réflexions. Que quelque chose était louche, au risque qu’elle passe pour une illuminée. Tant pis. Elle avait donné rendez-vous à Mélusine deux jours plus tard, le soir, devant l’orphelinat, pour qu’elles en discutent.

C’était là qu’elle attendait, maintenant. Sa robe noire – la couleur ne lui paraissait point appropriée pour telle occasion, face au lieu où tant d’innocents avaient perdu la vie – était en partie dissimulée par un manteau gris. Les saisons s’étaient avancées considérablement et il faisait désormais trop froid pour ne pas songer à prendre de gants, avant de sortir. L’arme achetée chez Karlson était dans une poche intérieure. Elle attendait, en silence, guettant les silhouettes qui passaient. Certains êtres, à la curiosité dérangeante, venaient parfois observer la bâtisse de l’immeuble désormais condamné, mais repartaient bien vite.

La veuve se demanda, pendant un instant, s’il n’y avait pas un moyen d’y entrer clandestinement. Mais avec une partenaire d’enquête comme Mélusine, il était difficile de songer à dépasser légèrement la loi, chose que Naomi ne considérait qu’avec méfiance. Mais si cela pouvait leur permettre d’avancer...de résoudre ce mystère qui avait été éclairci si brutalement et avec tant de facilité, ou presque…

Non, quelque chose clochait. Elle faisait confiance à son instinct, et elle n’était pas tranquille. Comme si l’affaire des orphelins disparus n’avait pas été entièrement élucidée, mais qu’au contraire, un voile supplémentaire avait été rajouté, pour mystifier les esprits...

Naomi espérait seulement que Mélusine choisirait de venir. Sinon, elle devrait de nouveau enquêter seule.
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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Lun 24 Juil 2017 - 15:45
Mélusine avait été anéanti concernant le dénouement de l'affaire des orphelins disparus. Pendant trois jours elle resta enfermée seule chez elle à pleurer, prier et à ressasser toute l'histoire dans son esprit, se blâmant de n'avoir pu sauver les enfants et n'avoir pu trouver le coupable. Et pourtant elle avait tellement pris ce dossier à cœur qu'elle avait suivi toutes les pistes inimaginables pour chercher la vérité. C'était le plus gros échec de sa carrière, et elle se sentait affreusement coupable. Elle n'arrivait plus à dormir ni à manger, se remettant en cause tout le temps. Elle se demandait même au final si elle n'allait pas laisser son poste de Ministre à quelqu'un de plus compétent.

Le quatrième jour, elle était réapparut au Ministère avec le visage encore plus froid que d'habitude, orné de son masque d'impassibilité, les traits tirés de n'avoir pu trouver le sommeil sans tomber dans d'horribles cauchemars. Elle ne parla à personne, et reprit le cours de ses affaires qu'elle avait mis de côté depuis quelques temps. Elle fut également aux premières loges lorsque la femme du directeur White fut brûlée vive sur la place publique. Elle resta à contempler impassiblement le spectacle sans rien dire, même si la scène était odieuse à regarder, elle fixa cette femme dans les yeux, sans sourciller au moment où les hurlements grandissaient et que les flammes léchaient sa peau. Mélusine n'aimait pas ce qu'elle voyait, elle ne se réjouissait pas, mais si cette femme avait parlé, les conséquences auraient été moins graves, et les cinq enfants seraient encore en vie. Elle resta ainsi sans parler, sans bouger jusqu'au dernier souffle de la pauvresse. Bien que ce châtiment soit terrible, Mélusine ne lui pardonna pas.

La Ministre essayait de tourner la page sur cette odieuse affaire tant bien que mal, même si l'échec était ancré profondément en elle. Lorsqu'elle reçu une lettre de Naomi Sunder sur ses doutes, elle fut plutôt surprise du lieu de rendez-vous. La Ministre hésita longuement à remettre les pieds dans cet endroit sordide. Néanmoins, Madame Sunder avait été une précieuse alliée dans l'affaire et elle ne l'avait pas revu depuis des jours. Mais pourquoi revenir à nouveau sur ce dossier ?

Armé de son courage, la Ministre fini par décider de se rendre au point de rendez-vous. Elle s'habilla toujours de ses vêtements sombres et enfila un long manteau marron foncé doublé de fourrure bien chaude, ainsi que de ses gants. Elle rabattis sur ses cheveux le capuchon en fourrure et fila en calèche jusqu'à l'orphelinat White.

Arrivée sur place, elle prit une profonde inspiration. Elle vit la silhouette de Naomi au loin et s'approcha doucement d'elle. Mais elle s'arrêta à deux mètres de la jeune femme et se retourna sur ce qu'il restait de la bâtisse maintenant vide et délabrée. Les carreaux étaient tous brisés, les gens s'étaient acharnés dessus en y lançant des pierres, les planches de bois et les volets arrachés, des écritures ornaient les murs, on pouvait y lire « meurtriers » ou encore «impies » mais ce que Mélusine remarqua surtout c'était la phrase « le Ministère ne nous protège pas ». Son visage ne traduisait aucune émotion et pourtant elle avait une boule au ventre.

- J'ai échoué.

Mélusine ne blâmait pas les recherches de Naomi ou des autres personnes qui l'avaient aidé, elle se tenait personnellement responsable de n'avoir pu découvrir la vérité à temps. Elle fixa le bâtiment sans rien dire d'autre, constatant le lamentable résultat de son travail. Les enfants et le personnel avait été déplacé dans d'autres orphelinats, et il ne restait plus rien que le douloureux souvenir de cet échec devant elle.


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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Ven 28 Juil 2017 - 18:45
Naomi fonctionnait à l’instinct. Elle n’avait aucune assurance de ce qu’elle pensait. Les preuves avaient été trouvées noires sur blanc, après tout. Et pourtant, elle doutait… Elle n’avait pas vu la femme du directeur de l’orphelinat brûler, n’avait pas vu son visage pour déceler, ou non, une culpabilité ou une expression d’innocence. Elle ne tenait ses théories que par des suppositions et des raisonnements qui n’étaient pas forcément des plus logiques… Des éléments soulevés par les nombreux pourquoi qu’elle se posait. Rien de plus. Personne autour d’elle n’avait remarqué qu’elle était plus sombre, car au travail elle gardait souvent le même visage, toutes ses réflexions ne paraissant point sur son visage.

Pour l’heure, elle attendait seulement, enveloppé dans le manteau gris qui la protégeait du froid de plus en plus présent. Elle soufflait parfois sur ses gants, par mécanisme, frottant ses doigts les uns contre les autres, guettant les silhouettes. Un très mince sourire, qui avait cependant un goût d’amer, s’étira sur ses lèvres quand elle reconnut la silhouette de la Ministre. Elle se sentait toujours intimidée par le fait de parler à une femme aussi supérieure, dans la hiérarchie, malgré qu’elles aient toutes deux connu des tragédies humaines. Elle passa sur cette intimidation pour se rappeler qu’elles étaient toutes deux là pour la même chose, après tout. La veuve l’observa lever le regard sur la bâtisse démolie à moitié, vide et abandonnée, dont les murs s’étaient ornés d’insultes. Son regard azur s’arrêta une seconde sur l’inscription à destination du Ministère, mais comme aucune émotion ne passa sur le visage de la personne visée, elle garda également un visage calme, se rapprochant seulement de Mélusine.

« Nous avons tous échoué, malgré notre volonté et notre détermination, » dit doucement Naomi.

Il n’y avait pas de reproche dans sa voix. Seulement une tristesse, qui, au fond, à l’intérieur d’elle, se nourrissait de la même colère qui brûlait contre l’Impériale ou certaines personnes, depuis des années. Plus les jours passaient, plus il lui semblait que telle fournaise se nourrissait de plus en plus, comme un démon qui s’installait à son aise tant qu’on ne le regardait pas. Elle inspira profondément, glissant son regard dans celui de Mélusine.

« Nous ne pouvons pas ramener les morts à la vie, c’est vrai. Mais nous sommes vivants, et nous pouvons toujours faire quelque chose. »

Voilà, cela y était. Elle y arrivait, qu’Hyram lui pardonne ou la soutienne. Elle hésita un instant, ne sachant comment formuler ses pensées. L’une de ses mains gantées s’était glissée hors de sa poche, triturant nerveusement une couture du tissu, tandis que l’autre main reposait sur l’arme cachée – comme un gage de sûreté et d’espérance. Elle allait passer pour une folle. Tant pis.

« Toute cette histoire me paraît trop évidente. Ils ont trouvé tellement de preuves, si facilement...contre cet homme qui avait toujours semblé loyal et honnête. Et comment une femme pourrait-elle supporter de dissimuler ainsi un meurtrier ? »

Les pourquoi étaient aussi importants que les comment. Chaque personne pouvait supporter une somme précise de douleur et d’horreur, selon Naomi, et avait des limites précises sur ce qui était acceptable. Peut-être était-ce la conséquence de sa propre rigidité, mais pour elle, il y avait toujours un gouffre dans lequel on ne pouvait accepter de sauter, à moins d’être vraiment attiré par une chose précise, ou poussé au désespoir le plus total.

« Je veux seulement dire que cet homme faisait cela depuis des semaines...et il aurait laissé autant de preuves visibles ? A disposition d’une fouille ? Moi, cela me paraît suspect. »

Un silence s’écoula, alors qu’elle hésitait encore. Naomi tourna la tête vers l’orphelinat vide et maudit, aux fenêtres brisées, et où les enfants avaient perdu la vie si tragiquement.

« Je crois que nous devrions enquêter à l’intérieur. Qu'il y a une autre vérité. »


Elle ne voulait pas dire qu’elle était armée non plus, tout de suite. Elle attendait déjà de voir la réaction de la Ministre à sa théorie, et à cette proposition. Certes, de manière différente, toutes deux représentaient une certaine forme d’autorité, Mélusine davantage encore. Elle pouvait risquer aussi d’en prendre pour son grade, à donner telle proposition à quelqu’un d’aussi important. Pourtant, en regardant le visage pâle, encadré de cheveux bruns de Mélusine, elle n’avait plus la même intimidation, ni la même peur. Elle se sentait sereine, comme si elle savait exactement ce qu’elle faisait. Cette assurance-là était la plus importante de toutes.
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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Lun 4 Sep 2017 - 18:04
Il avait été difficile de déménager les enfants de l'orphelinat White. Le traumatisme de l'affaire était à jamais marqué en eux et même en sachant que le dossier était clos, le personnel ne se sentait plus en sécurité même dans un autre endroit. Malgré tout, il y avait eu des retombées heureuses, certains enfants avaient réussi à trouver une famille d'accueil qui avait été touché par la sordide affaire et qui avait souhaité adopter l'un de ces orphelins.

Naomi avait pris également toute cette histoire au sérieux et s'était beaucoup investi. C'était une bonne personne, c'était ce que Mélusine avait toujours pensé d'elle depuis qu'elle l'avait connu à l'Impérial. Le regard de la Ministre se porta sur elle, et il y avait quelque chose dans cette situation qui lui rappela le passé. Découvrir la vérité. C'était déjà ce qu'elles avaient essayer de faire pour leurs proches respectifs à l'époque. Mais l'affaire de l'orphelinat White était différente et Mélusine doutait que l'on trouve quoique ce soit de plus dans le bâtiment.

Elle écouta patiemment Naomi, jetant quelques regards sur la bâtisse abandonnée. Il était pourtant simple de comprendre pourquoi la femme du directeur avait tout caché.

- Il y a des choses stupides que l'on fait par amour.

Mélusine lui en voulait toujours, malgré qu'elle ne soit plus de ce monde. Elle les avait connu, le directeur et son épouse, et n'avait jamais soupçonné quoique ce soit à leur sujet. C'était pourtant des gens respectables et respectés. La seule motivation à dissimuler ces crimes odieux ne pouvait être que l'amour. Mais cette femme avait du être totalement rongé de l'intérieur de savoir un tel secret.

Il était tout à fait normal d'avoir des doutes quant à la finalité de l'affaire, Mélusine avait retourné la situation dans tous les sens pour comprendre les motivations du directeur White. Il s'était tué d'une balle dans la tête laissant un « pardon » comme simple mot. Il n'avait pas répondu de ces actes, il s'était tué lâchement. Mélusine s'était pourtant résignée à ce que l'affaire soit classée, comme bon nombre de gens. Elle n'avait plus eu envie de chercher plus loin, de revenir dans cet endroit. Et pourtant, Naomi la poussait maintenant à ouvrir à nouveau cette douloureuse cicatrice. La Ministre ne s'en sentait plus le courage.

Mélusine poussa un profond soupir.

- Madame Sunder, Je comprends parfaitement vos doutes, mais pensez-vous vraiment que l'on puisse trouver quoique ce soit de plus à l'intérieur ? Tout à déjà été passé au peigne fin, sans compter les personnes qui ont tout saccagé, brûlé ainsi que les miséreux qui sont passés par ici. Si l'on trouve vraiment quelque chose dans ce bâtiment abandonné, comment savoir maintenant que ceci sera bien lié à l'affaire ? Tout n'est que tristesse et mort ici...

Mélusine ne semblait plus la même femme qu'autrefois dans le bureau du directeur de l'Impérial. Elle avait baissé les bras, et ne sentait plus combative pour chercher la moindre vérité. Elle se sentait comme vidé de son énergie. L'échec avait été cuisant et tout espoir avait disparu en elle.


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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Mer 6 Sep 2017 - 16:20
Certes, l’affaire de l’orphelinat White avait été un échec, jusqu’à présent du moins. Mais quelque chose en Naomi lui soufflait – à tort ou à raison – que cette affaire était loin d’être terminée. Des détails la gênaient, comme une mauvaise couture aurait pu l’embarrasser dans le port d’un vêtement. Quelque chose, elle ne savait pas quoi exactement, qui était là, insistante, qui ne parvenait pas à se déloger de sa tête. Peut-être n’était-ce que des illusions, mais c’était dans l’action qu’elle se sentait sereine et plus sûre d’elle. Et elle n’aimait pas laisser les chapitres ouverts sans une conclusion décente, du moins en ce qui concernait la réalité.

La veuve ne pouvait contredire le fait que chacun pouvait agir de façon extrême par amour. Il y avait des choses folles qu’on faisait pour cela, et pourtant, pourtant… pour Naomi, il lui semblait qu’il y avait toujours en soi une limite, un gouffre à ne pas dépasser. Une barrière, ce moment où l’amour se frottait à l’éthique et aux principes, à la dignité. Elle avait beau eu aimer son mari, elle n’aurait pas supporté qu’il fasse preuve d’une telle cruauté et d’un massacre, notamment envers des êtres innocents. Elle ne pouvait pas comprendre ce qui était passé par la tête de la femme décédée. Cela lui était incompréhensible ; cela ne pouvait pas l’atteindre, pas de cette façon.

Et puis, quitte à tuer autant d’enfants, pourquoi laisser ce mot ? Ce mot qui n’expliquait rien, au final, un pardon inutile, car quand on en arrivait à une telle extrémité dans le meurtre et dans la haine de soi, on devait se ficher de tout, totalement de tout. Ça ne collait pas. Mais cela était basé sur des pensées et des intuitions, des raisonnements : aucun pont sûr sur lequel marcher, à la limité, seulement des pavés branlants sur la route de la détermination.

Le regard bleu clair de Naomi fixait le visage triste et épuisé de Mélusine. Leur situation était différente, aujourd’hui, mais elle se souvenait de la combativité de la Ministre dans les bureaux de l’Impériale, face à un directeur plus lâche et rond-de-cuir qu’autre chose. Elle ne retrouvait pas cette énergie et cette force chez cette femme aujourd’hui, comme un brasier éteint.

« Les gendarmes ont passé le bâtiment au peigne fin. D’autres sont venus cracher sur l’orphelinat et le vandaliser, oui. Mais malgré tout, il reste encore quelque chose. Peut-être que tout n’a pas été vu ou découvert. Peut-être juste un détail, un mot, mais quelque chose qui nous aide à comprendre la raison de ces actes atroces. »

Elle se rapprocha de Mélusine, la fixant dans les yeux avec détermination. Se hasardant même à poser sa main sur son épaule, doucement, non pas en signe de compassion, mais pour établir de nouveau un lien entre elles, pour maintenir la fermeté de celui-ci, et lui rappeler qu’elle n’était pas seule. Le désespoir et l’abattement, Naomi les avait connus aussi, peut-être moins – elle n’était pas impliquée aussi directement – mais elle passait outre, dans l’espoir de trouver quelque chose. L’espoir était sans doute la clé de tout cela, hasardeux, porteur de chance et de malheur à tour de rôle.

« Rien ne vous perturbe dans tout ce qui a été dit et découvert ? Tout l’a été si facilement, et pourtant, aucun autre indice avant. Un monstre ne s’excuserait pas de ce qu’il a fait. »

Elle eut une pause, laissant Mélusine songer aux côtés troubles de l’affaire, avant de reprendre, doucement, ce qui lui tenait sans doute le plus à cœur.

« Même si nous ne trouvons rien, cela nous permettra de terminer cette affaire et de ne plus penser à la défaite. Nous aurons fait ce qui était en notre pouvoir, jusqu’au bout, avant de nous heurter à un mur infranchissable. Mais au moins, nous l’aurons accepté de notre propre fait, et pas face à ce que disent les journaux et ragots. »

Sinon, eh bien, elle irait seule.
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Mélusine Duval
Ministre de l'éducation et des pupilles
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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Sam 9 Sep 2017 - 13:42
Une bise glaciale se leva, faisant tournoyer les mèches de cheveux libres de Mélusine sous sa capuche. La Ministre réajusta le col de son manteau. L'hiver était bien là, et le froid était mordant.

Naomi Sunder était persuadée de trouver un indice dans l'ancien orphelinat, pourtant Mélusine pensait qu'elle avait tord. Certes, la conclusion de l'histoire avait été brutale, et des questions restaient en suspend, mais trouver quelque chose encore dans la bâtisse, la Ministre n'y croyait pas. Un léger frisson la parcouru lorsque Madame Sunder posa sa main sur son épaule. Mélusine avait retourné le sujet dans tous les sens, et bien sûr qu'il y avait des choses qui lui semblait ne pas coller ensembles. Pourtant elle s'était résignée à abandonner toutes recherches supplémentaires, comme une fatalité.

- A vrai dire, connaissant ce couple, je me suis quand même demandée s'ils n'étaient pas des pions dans cette histoire. Que quelqu'un dans l'ombre les utilisait comme des pantins dans un autre but. Mais rien ne prouve cette théorie.

Depuis les débuts de l'affaire, Mélusine n'avait pas oublié la piste d'une secte de fanatique de l’Innommable, et elle s'était posée la question si le couple n'avait pas été victime d'un chantage odieux de la part de quelqu'un qui les aurait poussé à commettre ses actes irréparables. Mais les chasseurs d'impies étaient déjà passé dans l'orphelinat et ils avaient sûrement tout nettoyé.

Mélusine soupira en jetant un regard sur la porte d'entrée dont les planches de bois avaient été arraché. Peut être que la main posée sur son épaule lui donna un dernier élan d'énergie, ainsi que la détermination de Naomi. Elle essaye de rassembler ses forces pour une dernière tentative.  

- Le bâtiment va sans doute être détruit dans les jours qui viennent. Si vous croyez vraiment que l'on puisse trouver un indice encore, et bien je vous suis. Mais si nous ne trouvons rien alors considérons cette affaire close, et ne remettons plus les pieds ici, voulez-vous ?

Elle sentait son cœur battre plus fort dans sa poitrine, et ses jambes tremblèrent légèrement. Encouragée par Naomi, elle allait entrer à nouveau dans ce lieu maudit qu'elle s'était pourtant promis de ne plus franchir.

- Soyons prudentes où nous marchons.

Un accident pouvait vite arriver dans ce lieu saccagé, et deux femmes seules dans ce bâtiment au milieu des bas quartiers, personne ne les entendrait ni ne viendrait à leur secours. Mélusine pensait que c'était une folie mais son cœur voulait croire en Naomi. Il ne restait plus qu'à voir et trouver quelque chose.


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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine
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