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 :: L'histoire Ambrosienne :: 3ème niveau de la cité

Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine

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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Sam 23 Sep 2017 - 18:42
S’obstinait-elle pour rien ? Était-ce vraiment une volonté de trouver une réponse qui se manifestait en Naomi, ou un simple entêtement, une autre manifestation de l’auto-destruction latente qui la caractérisait ? L’intéressée n’aurait su répondre – d’ailleurs, une réponse inadaptée aurait été dangereuse, en face de la Ministre de l’Éducation – et elle se concentrait simplement sur un espoir ténu, mais obsédant.

La théorie du complot ou des marionnettistes. Naomi se tenait trop éloignée des intrigues politiques pour voir aussi loin, mais c’était quelque chose à quoi elle avait pensé. Des pions, des manigances, dans l’ombre, pour profiter à quelque chose ou quelqu’un : soit une organisation, soit une personne. Des gens au cœur bien noir, pour sacrifier des enfants, l’innocence même. Mais pour le prouver...c’était bien pour cela que Naomi pensait à devoir faire un tour dans cette bâtisse délabrée. L’employée de l’Impériale sentit son esprit s’affirmer et son cœur se gonfler de détermination, quand la Ministre céda finalement.

« J’ignore qui est derrière tout cela, ou s’il y a plus d’un coupable. Mais je vous fais confiance. Vous avez le sens de la justice, plus que certains. Quoiqu’on découvre en bas, je serai soulagée de le faire avec vous. »

Le reste était plus difficile à accepter. La part de rébellion en Naomi grondait, mais face à quelqu’un qui imposait et représentait l’autorité d’Ambrosia, même si elles étaient presque ici à titre personnel, elle ne pouvait s’y opposer aussi ouvertement. A contrecoeur, la veuve finit par hocher la tête.

« Très bien. Si on est bredouilles, on arrête ici. » Elle hésita, mais passa la première vers l’orphelinat abandonné, écartant du bout de sa botte les planches sur lesquelles elles auraient pu trébucher en entrant.

L’obscurité était épaisse dans la maison, mais avec les planches arrachées des ouvertures, la lumière de la rue parvenait tout de même à éclairer les recoins de l’endroit. Les pièces étaient bien éloignées des rares souvenirs qu’elle avait de l’orphelinat : tout était saccagé, voire pillé, et il ne restait rien de valeur. A vrai dire, on aurait plutôt vu cela comme une habitation fantôme. Les choses pouvaient se dégrader tellement vite sans la présence de l’homme !

« D’accord… j’espère que vous n’y verrez pas d’inconvénient, mais j’ai une arme, au cas où. » Avec un permis, évidemment, chose qu’elle était allée donner à Karlson depuis un moment maintenant. « Je suppose qu’on aurait plus de chance au sous-sol, mais faisons le tour des autres pièces d’abord. »

Là où toutes les découvertes macabres avaient été faites. Naomi inspira profondément, son regard croisant celui de Mélusine, y quêtant autant d’encouragement que d’approbation sur ce plan improvisé. De toute manière, elles y étaient, alors autant aller jusqu’au bout. Elle dépassa le hall d’entrée pour se tourner vers les pièces suivantes, une salle d’attente, la cuisine, le réfectoire, les pièces de vie… la bâtisse ne payait pas de mine, de l’extérieur, et s’il n’y avait eu cette atmosphère maudite, on aurait pu le transformer en autre chose.

Naomi ramassa une lampe laissée dans un coin, et en alluma la bougie restante. Remettant le paquet d’allumettes dans sa poche, elle se retourna vers Mélusine.

« Allons-y. On ne sait pas ce qu’on cherche vraiment, mais justement, on ne sera pas focalisées sur quelque chose de précis. Peut-être qu’on redécouvrira quelque chose. »

Faible espoir ? Peu importait. En plus des lumières de la ville, la petite flamme de la lampe éclairait les recoins des pièces traversées. Le regard de Naomi glissait d’un recoin à un autre, observant les meubles délabrés, examinant les poches d’ombre...Elle veillait à ne pas glisser hors du champ de vision de Mélusine, et à éviter les planches brisées sur le sol. On ne savait jamais.

« Merci d’avoir accepté, Mélusine. »

Elle aurait pu le dire avant ; ce sentiment de soulagement lui pesait sur le cœur. Mais le remerciement sortait de la pénombre des pièces, avec pas moins de sincérité.
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Mélusine Duval
Ministre de l'éducation et des pupilles
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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Dim 8 Oct 2017 - 16:14
Mélusine se demandait encore pourquoi elle était ici avec Naomi à remuer le passé, bien que celle-ci lui avait tout de même mis le doute en elle. Mais la Ministre se souvenait encore de la dispute qu'elle avait eu avec Richard Welton quelques mois plus tôt concernant cette affaire. Cela avait été très violent entre eux, et s'il savait ce qu'elle était en train de faire actuellement, sans nul doute qu'elle aurait été sévèrement blâmé.

La Ministre se contenta de regarder autour de l'orphelinat pour voir si personne ne les surveillait. Elle espérait que tout se passerait bien et que le Ministre de la Justice n'apprenne pas ce que les deux femmes s’apprêtaient à faire. Il avait raison, elle n'avait pas été formé pour enquêter, mais puisque la justice avait refermé le dossier des enfants disparus, elle ne pouvait pas perturber cette fois-ci le cours de l'enquête. Même si Mélusine se tenait pour responsable de son échec, une grande part en revenait également à la justice. Elle avait jeté au visage de Richard que si les derniers enfants disparus mourraient, elle ne lui pardonnerait jamais. Elle avait regretté amèrement cette phrase ensuite mais elle n'avait pas reparlé au Ministre depuis.

Mélusine pris une profonde inspiration avant de suivre Naomi à travers le bâtiment délabré. Elle faisait attention où elle mettait les pieds, évitant les débris avec précaution. Des souvenirs remontaient en elle au fur et à mesure de l'avancée dans la bâtisse, des souvenirs heureux du temps où tout allait bien à l'orphelinat, où l'on entendait encore des rires d'enfants dans les couloirs. Il y avait encore des traces de cette époque dans les lieux, un vieil ourson en peluche dont il ne restait plus grand chose que quelques lambeaux de tissu dans un coin d'une chambre, un vieux dessin déchiré dans une autre pièce ou encore les marques sur les murs lorsqu'on mesurait les enfants. Mélusine eu un pincement au cœur en voyant toutes ces preuves de vies révolues.

Naomi lui dévoila alors qu'elle portait une arme sur elle ce qui surpris la Ministre. Mélusine possédait encore l'arme de son défunt mari dans son bureau, mais elle ne l'avait pas pris avec elle. Madame Sunder avait pris plus de précautions apparemment. Redoutait-elle vraiment un danger dans ces lieux ? Mélusine pris un air soucieux et hocha simplement la tête.

- J'espère que vous n'aurez pas besoin de vous en servir ce soir...

Elle continua à suivre à bonne distance Naomi à travers les couloirs et les pièces, ne remarquant rien de suspect dans les lieux. Néanmoins, elle ne voulait pas traîner dans ce lieu trop longtemps, ne se sentant pas vraiment en sécurité.

L'idée de se rendre au sous-sol n'enchanta guère Mélusine. Elle avait peur de tomber sur des choses horribles et glauques. Son cœur se mit à battre un peu plus fort dans sa poitrine et elle serra les poings pour ne pas montrer que ses mains tremblaient.

- Je vous suis, Naomi.

Jamais la Ministre ne se serait aventurée seule par ici, et l'idée d'avoir une femme comme Madame Sunder à ses côtés, et en plus qui était armée, la rassurait un peu. Mais elle avait quand même l'impression qu'on les surveillait. Etait-ce juste une impression ?


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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine Mar 7 Nov 2017 - 20:24
Naomi n’avait jamais vraiment connu l’orphelinat jusque-là. Au mieux, l’endroit lui symbolisait les enfants qu’elle n’aurait jamais… et les ténèbres d’une affaire sordide, au pire. Quand on entrait dans un endroit ayant connu de telles tragédies, on avait vite l’impression de respirer un air pourri, pesant, imprégné des horreurs passées. L’orphelinat n’échappait guère à cette règle, et à cela on devait rajouter le danger d’éventuellement tomber sur quelque chose qu’elles n’apprécieraient pas… à travers le plancher par exemple...ou une autre découverte aussi sordide que le suicide du directeur.

La veuve garda ces pensées sinistres pour elle, un peu rassurée par l’arme qu’elle avait à la main. Au moins pourraient-elles se défendre, au cas où. Juste au cas où. Un hochement de tête agita ses cheveux blonds, alors qu’elle répondait à Mélusine.

« Je l’espère aussi, mais mieux vaut prévoir le pire. »

Et le pire était de s’enfoncer dans les profondeurs et les ténèbres du bâtiment. Pourtant, même en descendant au sous-sol, elles se rendirent vite compte qu’elles faisaient chou blanc. Elle passèrent un long moment à errer d’une pièce à l’autre, ne s’attardant guère dans les pièces du crime, du moins, pas avant d’être sûres qu’elles ne recelaient rien d’important. Mais rien. Seule la nuit avançait, créant des bruits étranges et suspicieux, sans que quoique ce soit ne vienne étayer la théorie que tout cette affaire n’était pas entièrement terminée. Naomi ne savait guère ce qui était le plus frustrant, entre le soulagement et la déception. Son intuition lui avait ainsi menti, et toutes ses théories n’étaient...que de folles théories.

Quand elles remontèrent au monde des vivants, elle se sentit coupable d’avoir entraîné la Ministre là-dedans. Pour rien. Elle s’en excusa, sincèrement, mais quelque part, elle n’aurait jamais pu se débarrasser de cette sale impression de cadavres traînant encore dans un placard, sans avoir mis les pieds ici. Cela faisait partie des obsessions dont elle devait se débarrasser. Elle espérait seulement que cette enquête discrète aurait au moins permis à Mélusine de tirer, elle aussi, un trait sur ce qui s’était passé, de se sentir un peu plus en paix avec elle-même. Avec sa culpabilité. Car c’était bien le même sentiment qui rongeait les deux femmes et les incitait à ne pas se sentir vaincues, tout en éprouvant un sentiment d’impuissance.

Au moins avait-elle fait cela avec une personne en qui elle avait confiance. Ce n’était pas rien. Elles n’avaient rien trouvé, mais parfois, le voyage importait un peu plus que la destination. Leur rôle là-dedans était terminé. Naomi hésita, pendant un instant, alors qu’elles se tenaient devant l’orphelinat, dans la rue. Puis elle donna le pistolet avec lequel elle était venue, à Mélusine.

« Peut-être qu’il vous sera malgré tout plus utile qu’à moi, pour la suite. Vous avez eu raison. Moi, de mon côté, j’abandonne. »

Le geste était impulsif. Après tout, Naomi était quelqu’un du peuple, et elle ne pouvait espérer bouger les choses, de là où elle était. Sa seule tentative avait été un échec. Mais elle plaçait au moins sa confiance en une personne honnête et franche, et c’était Mélusine. Elle lui souhaita bonne nuit, et la remercia encore, avant de retourner au cours de sa vie ordinaire.
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MessageSujet: Re: Clos | "The children have never been seen again." | Mélusine
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