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Demande de lancement rp - Constantin et Alessia

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Aernia
La Grande Conceptrice
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MessageSujet: Demande de lancement rp - Constantin et Alessia Dim 2 Avr 2017 - 8:50
Demande de lancement de rp – Constantin et Alessia


Une fine pluie tombe sur la capitale, un peu de vent l’accompagne, fouettant le visage d’une humidité glacée.

-T’as cru que tu pouvais te foutre de nous ? Hein ?

Le col de la veste du jeune homme est malmené, l’énorme pogne du dignitaire, n’a rien de bien noble, il est raclusien, mais pas forcément de Thémis, simplement c’est un homme de travail, issu des classes hautes de la démocratie raclusienne.
Mais qu’a fait Constantin pour le foutre dans cet état ? Certainement, il faudrait dire, que n’a-t-il pas fait ? Peut-être rien, peut-être que l’homme n’a juste pas aimé un regard, une attitude ou quelque chose de la sorte et ce n’est pas un pauvre gamin de son espèce qui va pouvoir empêcher quoi que ce soit.

Gigoté comme un jambon par la main le soulevant de terre par la chemise, il le pousse contre deux amis qui maintiennent le jeune homme. Le passage à tabac sera bien en règle. Le poing s’abat d’abord dans son ventre, dans la petite ruelle discrète, à l’arrière d’un établissement de beuverie, l’homme se charge de remettre le gosse à sa place, ça l’fera réfléchir….

-Si je te recroise…change de trottoir gamin.

Lui souffle-t-il d’une haleine puante au visage, laissant Constantin Van Pelt bien amoché, l’œil est gonflé et le nez pisse le sang, tombé dans la ruelle, il est laissé dans un coin ave ses douleurs, c’est à cet instant qu’une jeune femme passe, les hommes sortent de la ruelle, nullement inquiet de leur méfait, comme si de rien n’était, personne n’a rien vu après tout. Il salut même la jeune femme d’un « ma sœur » en chœur, relevant leur chapeau avec une politesse sans faille.
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Constantin Van Pelt
Héritier Thémisien
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Constantin et Alessia Dim 2 Avr 2017 - 14:35
Sale, putride, glacé… Comment était-il arrivé dans cette ruelle ? Ce n'était que le cadet de ses soucis. L'histoire de se rejouait indéfiniment sans qu'il n'arrive pourtant à emprisonner sa langue, verrouillée à double dans sa bouche. Son corps était transpercé par diverses douleurs encore vivaces, dû à la proximité de la rixe. Il ne se relèverait pas, pas encore. Contre le mur humide, il reposait dans le courant d'air pénétrant, reprenant son souffle difficilement, la cage thoracique ébranlé par les coups. Malgré tout, il n'était pas iniquité par la menace alors qu'il essuyait de sa manche le sang qui séchait déjà sur sa lèvre fendue. On ne pouvait pas dire qu'il était choqué par ce qui venait de ce passer, ni même par la brutalité dont il avait été la victime. Un aveugle dont le monde est bercé par une nuit éternelle. Dans ces moments là, meurtrie et à bout de force, le jeune homme pouvait sentir la vie couler dans ses veines, comme à aucun autre instant. Il n'était pas mort, la cicatrisation était un processus qui le fascinait indubitablement, prouvant qu'aucune de ses blessures n'était irréparable, celles visibles aux yeux de tous en tout cas.

Lorsqu'il été entré dans ce bar miteux, il savait pourquoi il était là. Trouvez un peu de travail en renouant avec une ancienne connaissance de Thémis. Pas très glorieux comme gagne pain, mais pour ce que ça lui faisait dans le fond. Kostia avait été un gamin turbulent et sans doute un peu idéaliste. A présent, il ne restait pratiquement qu'une carcasse qui se désintéressait de ce qui l'entourait. L'argent, voila là seule chose qui pouvait lui servir un tant soit peu pour retrouver quelques miettes d'espoir. Il avait questionné le barman en buvant une bière dans un verre crasseux avant que quatre types vivent s'installer à la table juste derrière. Bruyants et vulgaires, le genre d'individus qui brillaient autant par l'épaisseur du porte monnaie que par leur bêtise congénitale. Très vite, le volume de leur conversation augmenta, saturant jusqu'aux angles d'un plafond poussiéreux de leurs rires gras. Kostia soupira, le patron ne daignait pas même pas broncher, sans doute avait-il peur de représailles.

- C'est bon, j'me casse, grogna le jeune homme en déposant quelques pièces sur le comptoir.

Il s'apprêtait à sortir, ruminant dans sa barbe inexistante que les cons étaient une véritable maladie contagieuse, et cela se serait simplement tassé. Malgré le bruit assourdissant, l'un des types releva la remarque avant d'interpeler Kostia déjà le pas de la porte d'une manière loin d'être d'une grande politesse. Un part de lui même savait pertinemment qu'il aurait mieux fait de tracer sa route s'il voulait sans sortir sans coup et blessure. Son instinct ne le trompait que rarement. Comme l'avait déjà affirmé un Commandant Militaire il y avait quelques années, la sauvegarde de son intégrité physique passait toujours après une insolence à toute épreuve. Il se retourna d'un geste, fixant le type d'un air moqueur.

- J'ai dis que les cons, c'est pire que le choléra.

Il y avait eu ensuite un tourbillons d'insultes grossières, des verres cassés et un nez fracturé (qui n'était pas le sien d'ailleurs) avant de se terminer dans la sombre ruelle où il agonisait encore. Il était le plus amoché dans cette affaire, quoi de plus normal lorsqu'on avait à faire avec un colosse et ses trois petits camarades. Il avait au moins apprécié le craquement distinctif et le gémissement de douleur quand son poing, rehaussé de métal s'était écrasé dans la face de cette endive stupide qui aboyait comme un roquet insupportable à coté de son maitre. Juste pour qu'il se taise, juste pour ça, parce que cette voix nasillarde et haineuse de lâche l'irritait plus que la perspective de se faire tabasser.

Aliénor allait assurément vouloir savoir ce qui s'était passé, pourquoi il revenait dans un tel état alors qu'il s'était absenté moins d'une heure des forges. Le ton aillait monter puisque le pupille ne prendrait même pas la peine de lui mentir effrontément, se contentant de lui faire comprendre sans tact que ce n'était pas ses affaires. La forgeronne était peut-être sa tutrice sur le papier, mais il n'était pas stipulé que dans l'héritage venait des problèmes qui ne regardaient personne. Lentement il lassa sa tête reposer sur le mur humide derrière lui et ferma les yeux. Un gout métallique s'agrippait au fond de sa gorge, il dégluti, ce n'était plus si désagréable à présent… Cette douleur lancinante avait la douceur brulante de ces bras brumeux, représentation d'une affection difforme qui le consumait, un vil écho de l'enfance.
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Alessia Maraies
Prêtresse de Miraï et devineresse
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Constantin et Alessia Jeu 6 Avr 2017 - 10:51
Il pleuvait tandis que le vent hurlait le long des rues faisant claquer les volets des fenêtres alentours. Des flaques apparaissaient le long des trottoirs, alors que les gouttières gerbaient leur trop plein d'eau le long des murs. La lumière semblait diminuer de minutes en minutes.
Le tout promettait une belle tempête.
C'est dans ces conditions qu'Alessia rentrait au Temple de la trinité de la mort.
Elle maugréait doucement, tirant sur la capuche afin de préserver son visage de l'humidité qu'elle détestait au plus haut point. Ses cheveux collaient à son visage et gouttaient le long de son cou. Des frissons la parcouraient.
Elle accéléra le pas.
La dame avait dû se présenter au temple de la première Trinité en début d’après -midi. Nouvelle arrivée en ville, sœur pour Mirai, il était de son devoir d'aller à l'encontre de ses confrères. Surtout si elle désirait être nommée responsable de la communication au sein de son ordre. Il lui était donc nécessaire de se faire des connaissances, et au plus vite.

Elle pensait cependant avoir plus de temps pour rentrer avant que l'orage n'arrive sur la Capitale. Elle aurait préféré en tout cas.
Le bas de sa longue robe noire, trainant par terre, commençait à s'enrouler autour de ses chevilles alors qu'elle marchait le long d'une avenue. Ses bottines trouées laissaient passer l'eau accumulée dans les creux des pavés trempant ainsi ses pieds. Sitôt arrivée au Temple, elle s'empresserait de prendre un bain chaud. Il n'était pas dans ses projets de tomber malade aujourd'hui.
Demain, la jeune femme reprendrait la formation des arts divinatoires que Sœur Maxine avait commencé avec deux personnes, Soeur Jeanne et Frère Jacques.
Si elle ne savait rien de leur niveau actuel, ce qu'ils pratiquaient, et encore moins si elle avait l'étoffe pour cela, elle n'avait pas le choix, elle ne les laisserait pas seuls.

C'est alors qu'Alessia tourna dans une petite ruelle. C'était un raccourci lui avait-on dit plus tôt. La lumière baissait de plus en plus, et elle redoutait de ne pas réussir à rentrer avant la nuit.
Quelques hommes arrivèrent dans sa direction, la saluant d'un « Ma Soeur » mécanique, sans réellement faire attention à elle. Ils paraissaient pressés. En soi, qui ne le serait pas avec ce vent ?
Elle pencha néanmoins la tête vers eux, poliment. S'ils n'avaient pas eu l'air d'être de fervents croyants au moins l'avaient ils reconnu et salué en conséquence, elle respectait cela.

LA Sœur s'était étonnée toute la journée du brouhaha quotidien dans la ville. Elle qui n'avait connu que la campagne et les petites bourgades.
Les marchands vantaient leurs produits en hurlant, les gamins jouaient et riaient en courant  entre les jambes des passants alors que les automobiles roulaient tonitruantes et branlantes sur les routes manquant à chaque fois de renverser quelques vieillards plus assez réactifs pour rester seuls. Paradoxalement, dès que les nuages sombres pesèrent sur les toits d'Ambrosia, chacun rentra chez soi dans un calme soudain. En quelques minutes, la ville se vida.
Elle était maintenant seule à marcher, dérapant sur un sol devenu glissant, elle resserra sa cape autour de ses épaules. Elle avait froid.

La sœur de l'obscurité faillit le dépasser.
Il faut dire que l'homme paraissait mort, étendu contre un mur, le sang presque coagulant sur le visage.
Miraï l'avait emporté avec elle il y a peu, cela ne faisait aucun doute aux vues de son corps meurtri par les coups.
Il était de son devoir de procéder à quelques prières pour le voyage de son âme. Il n'y avait pas de distinction entre les Grands et le Peuple. Chacun avait le droit à l'accompagnement des sœurs et des frères de l'ordre. Nul ne serait abandonné...
Il serait bien assez tôt devant le Gardien et elle ne doutait pas une seule seconde que si des hommes lui avaient passé un tabac, il ne devait pas vivre paisiblement,  dans la foi, et dans l'amour de l'autre. Il aurait donc besoin de toute sa ferveur pour que son périple avec Barod se passe dans la meilleure sérénité possible.

Elle leva la tête vers le ciel menaçant. Ne ferait-elle pas mieux d'aller chercher quelques personnes et de le faire emmener au temple, à l'abri des intempéries ? De le laver tout en priant avec dévotion pour son arrivé devant Sarkemos ?

Un éclair apparut soudain, un grondement sourd se fit entendre.
Soit.
Elle ne le laisserait pas seul si telle était la volonté de la faucheuse.

Elle s'accroupit alors religieusement face à l'homme, posa son front contre le sien tout en tenant de ses mains ses joues ensanglantées alors que la pluie se durcissaient créant un voile entre eux et le monde.
Elle commença à prier pour le salut de cet être qui n'avait plus sa place ici.
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Constantin Van Pelt
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Constantin et Alessia Sam 8 Avr 2017 - 11:47
La pluie claquait sur le pavé résonnant dans son esprit embrumé par les douleurs qui tiraillait son corps répandu dans la sordide ruelle. Les autres bruissements, engourdis, paraissaient lointain. Des pas rapides martelaient le pavé, se rapprochant rapidement de sa carcasse. Ils altéraient le fin tissu de sa réalité sans qu'il ne souhaite pourtant y accorder d'importance sur le moment. Qui dans ces quartiers se préoccupait vraiment de ce genre de règlements de compte ? Cela était plutôt courant et personne de censé n'avait le temps ou même le désirs de côtoyer les individus qui trainaient dans cette ombre doucereuse.

Il n'était pas mort mais il glissait lentement vers d'autres rivages, en proie en une transe proche d'un cauchemars diffus, agité par la morsure violente de l'existence. Le jeune homme était tombé, fauché une fois de plus par sa propre témérité confinant a une inconscience pleinement consciente. Ce qu'il ne regrettait jamais. Kostia n'ouvrit pas les yeux, une présence silencieuse se tenait à ses pieds, il le sentait tout en l'ignorant. Peut-être allait-elle simplement s'évaporer dans le rideau opaque et glacé qui recouvrait la ville ?

Puis, dans un murmure imperceptible la chaleur de ses paumes inconnues irradia ses joues abimés. Des mains légères, vivantes, soutenaient sa tête sur ses épaules meurtries, alors qu'on poids plus conséquent s'abattait sur son front. Il n'était plus question de croire à une illusion, la présence venait de briser l'enveloppe confortable de l'agonie solitaire. Avec lenteur, ses paupières s'agitèrent douloureusement. A quelques centimètres le visage pâle de ce qui devait être une jeune femme se dissonait peu à peu dans le flou de sa vision ébranlée.

- Qu'est-ce que vous fichez, articula-t-il avec difficulté à voix basse. Vous êtes folle…

Ses yeux détaillèrent comme ils pouvaient les restes de cette mystérieuse personne perdu dans un arrière plan plus que vague. Noir, blanc, sombre, sans aucune fioritures. Il lui fallut un moment pour comprendre que la demoiselle était une prêtresse. Pour sur, elle devait être folle alors. Kostia ne portait pas ces gens là dans son cœur, une bande d'hurluberlus qui croyaient entendre quelques délires dans le silence des dieux. S'ils étaient bien là, ils appartenaient à une autre monde, les solliciter avec nos problèmes triviaux devaient les ennuyer passablement. Kostia croyait en des esprits supérieurs, néanmoins, le système qui s'en faisait porte-parole n'était qu'une vaste blague à ses yeux. Des menteurs ou des fous, voila ce que lui inspirait cette tyrannie religieuse.
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Alessia Maraies
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Constantin et Alessia Mer 19 Avr 2017 - 12:29
Alors qu'Alessia priait pour le salut du défunt, emportée hors du monde des vivants, le corps sembla tressauter.
Cela arrivait parfois. Lorsque Barod déposait  une âme devant le Gardien, le passage pouvait ne pas se faire en douceur. Or, en ce qui concernait cet homme.... Elle s'imaginait bien que cela serait mouvementé.
Ainsi, elle ne prit pas peur, restant concentrée sur sa tâche, marmonnant quelques prières d'encouragement et de pardon.
La sœur resserra ses mains autour de son visage.
C'est alors que l'homme articula avec difficulté.

Qu'est-ce que vous fichez ? Vous êtes folle…

Ah. La Sœur de Miraï s'était trompée.
La carcasse sanguinolente n'était pas inanimée mais bien vivante. Mal en point, quelques os de cassés surement, un peu de sang de perdu assurément, beaucoup d'hématomes couvrirait son corps sans aucun doute. Cependant, son cœur battait toujours tandis Helia se déchainait sur Ambrosia.
La pluie continuait à tomber de plus en plus fort. Les volets des habitations claquaient, un chat miaulait quelque part à l'abri du déluge. Alessia ne se trouvait pas à l'abri, et l'eau commençait à pénétrer sa cape, trempant sa robe.

La femme à la chevelure blonde ouvrit les yeux et éloigna sa tête de celle du gaillard, laissant retomber ses mains le long de son corps à elle.
Elle le regarda attentivement, il ne paraissait pas en grande forme.
Que devait-elle faire ?
Elle estimait pouvoir jauger une personne en peu de temps. Ici, un homme blessé qui ne semblait pas l’apprécier. Elle comprenait. Beaucoup confondaient les sœurs et Mirai. Comme si leurs simples présences suffisaient à emmener la faucheuse parmi les vivants. Il est vrai que la femme en noir jugeait la population des villes et villages bien peu éclairé quant à ce sujet. Ses sœurs et elle n'avaient pas le pouvoir d'enlever une âme à son corps. Leur principale mission consistait à accompagner le mourant, puis à le bénir.

La sœur de l'obscurité se releva alors, droite, menton vert l'avant.

-Veuillez m'excuser, homme du peuple. A la vue de votre corps meurtri par les coups, il m'a semblé que votre mort était survenue. N'étant pas le cas, je vous laisse à.... votre méditation ?

Il était certain que cet homme n'était pas un mendiant, certain qu'il avait du se fourrer dans un sale pétrin pour se retrouver là, dans cet état, par ce temps.
Siroc l'avait puni.
Elle ne perdrait pas une minutes de plus avec une personne ne respectant pas la volonté des Dieux.
Alors qu'elle semblait être sur le point de partir, le vent se déchaina, hurlant, vociférant le long de la ruelle. Un éclair aveugla la Capitale de sa lumière alors que le tonnerre se faisait entendre une seconde fois faisant trembler les fenêtres alentours.
La sœur s'immobilisa, abaissa sa capuche le long de ses épaules et leva la tête vers le ciel lourd de nuages sombres et menaçants. Les gouttes de pluie martelaient son visage mais elle n'en avait maintenant que faire.
Simple orage ou mécontentement des dieux ?
Se faisaient-ils entendre à elle dans ces circonstances ? Pour cet homme ?
Son regard se posa sur le type mal en point.

-Si vous êtes toujours en vie, peut-être aimeriez vous des habits secs et quelque chose de chaud à manger ?

Elle se pencha vers l'individu, tendant sa main ouverte, offerte.
Si elle se devait de proposer son aide aux démunis, eux n'étaient pas obligés de l'accepter.
Elle ne doutait pas du peu d'importance que les dieux avaient dans la vie du jeune homme, aussi n’espérait-elle pas le ramener au temple. Elle détestait perde son temps.
Le choix lui appartenait. A lui.
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Constantin Van Pelt
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Constantin et Alessia Mar 25 Avr 2017 - 23:05
La grande forme, pour sur il en était loin. C'était peut-être impressionnant à voir mais enfin, il n'allait certainement pas en mourir. Si le service militaire lui avait appris une chose, c'était qu'un corps humain était certes fragile mais difficilement destructible. On pouvait être enfermé dans l'obscurité la plus totale, privé du confort simple d'étendre ses jambes, avoir l'estomac infiniment vide et s'en sortir pourtant indemne alors qu'on pensait seulement passer de l'autre coté.

Peut-être aurait-elle préféré cela. Ce n'était qu'un préjugé, mais il était tenace dans les quartiers populaires. Les prêtresses de la mort ne pouvaient parler qu'avec le défunt et elles attendaient avec patience que l'heure fatale arrive. S'il n'était pas foncièrement en accord avec ce genre de rumeurs sans fondement, il s'étonnait pourtant qu'on préféra lui octroyer des prières plutôt que de vérifier s'il était encore en vie. A ce compte là, passer son chemin aurait eu le même effet.

Elle était étrange, sans doute façonnée par des années d'endoctrinement. Il en avait côtoyé peu mais il semblait pourtant que la glaise qui façonnait ces créatures là était sensiblement la même, qu'importait le visage qu'on pouvait mettre dessus. Un rictus douloureux étira ses lèvres à la suite de cette tirade pleine de bonne fois qui se voulait des excuses alors que cela se reprochait plus d'une insulte pour le sort de ses congénères. Une prêtresse de la mort, blonde, jeune, plutôt jolie d'ailleurs, pourtant enterrée vivante, sourde et aveugle à une once de vie.

- Mon cœur bat encore, navré. La douleur n'avait pas encore entériné totalement son esprit.

A ses yeux, c'était elle qui était morte. Peut-être fallait-il des personnes de cette espèce pour faire tourner le monde, mais cette aura mortuaire qui s'agrippait à ces gens là était plus nocive qu'un poison lent qui vous faisait pourrir de l'intérieur durant des mois. Là, on pouvait compter en années. Le corps subsistait, qu'en était-il de ce qui se délitait à l'abri des regards. Ne renonçait-on pas à son humanité en embrassant les forces supérieures ?

Qu'elle s'en aille, il n'était pas près à suivre son propre cortège funéraire. La mort serait sans doute plus douce mais pas fatalement séductrice en cette heure. Il s'attendait à ce que la prêtresse tourne les talons, sa silhouette redressée surplombant sa carcasse d'un voile sombre redevenait une simple ombre. Le ciel lourd fut brusquement déchiré par une lumière divine et hargneuse, la tempête s'intensifia, transperçant le tissus humide, la chair et les os meurtries. Son regard se focalisa sur la main dépassant du rideau de pluie, il écouta d'une oreille distraite.

- Vous n'êtes pas encore rongée jusqu'à la moelle, arracha-t-il à sa gorge dans un semi-murmure.

Bien que son corps souffrait au moindre mouvement, attraper une pneumonie là dessus n'arrangerait rien. Ce qu'elle proposait était une option à ne pas rejeter de but en blanc. Difficilement, il tendit un bras, agrippa les doigts déjà trempés et glissant de la prêtresse. Elle n'était pas d'assez bonne corpulence pour aider un poids pratiquement mort. Il grimaça en rassemblant les forces qui lui restait, tout en prenant appui sur le mur pour se redresser tant bien que mal. Ses jambes étaient encore en état de le porter mais il comprit assez vite que ses cotes étaient les véritables victimes de l'échauffourée. Il se retint tout de même d'exprimer sa souffrance à sa juste valeur, avalant un sifflement coincé entre des mâchoires serrées.
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Alessia Maraies
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MessageSujet: Re: Demande de lancement rp - Constantin et Alessia Mar 16 Mai 2017 - 15:54
La pluie s'était peu à peu calmée. L'orage, ayant bien ravagé la Capitale, semblait parti.
Les nuages avaient donc filé, laissant un ciel étoilé et une lune immaculée.
C'est sous sa lumière qu'Alessia et l'homme se laissaient guider à travers les ruelles de la ville, tantôt les pieds dans l'eau tantôt éclaboussés par des gouttières débordées qui gerbaient leur trop plein sur eux.
La sœur maugréait tout bas. Si elle n'avait aucun doute sur le bien fondé de son action - les dieux n'avaient-ils pas étés clair ? - Il n'en était pas moins qu'elle se trouvait de nuit, trempée, soutenant un homme qui avait certainement mérité cette raclée.
Et il prenait son temps. Peut-être était-elle de mauvaise foi ? Elle n'était pourtant pas aveugle et voyait les grimaces de douleur qui s'affichaient sur son visage.

La marche lui avait paru longue, surement s'étaient-ils perdus quelques fois, mais bientôt l'ombre du temple se profila à leur gauche.
Elle tapa à la porte de bois de son petit poing serré.
Elle était à bout de force, le gaillard pesait lourd et elle ne savait pas s'il tiendrait encore longtemps éveillé ou si simplement il s'appuyait sur son épaule pour l'agacer.
Quoiqu'il en soit la porte s'ouvrit sur Frère Léopold. Il était de veille ce soir là. Quelle ne fut pas sa surprise en la découvrant, les cheveux collés le long de son visage, de forte mauvaise humeur, le bras passé autour de la taille d'un homme. Il s’effaça afin de laisser passer l'improbable couple dans le hall d'entrée.
Derechef, la sœur de la mort se dégagea de l'homme amoché et le lui refila.

-Vous l’emmènerez à l'infirmerie au plus vite Frère Léopold. Elle fit quelques pas le long d'un couloir avant de se retourner. Ne réveillez personne, je m'en occuperai.

Elle se dirigea vers sa chambre meublée sommairement ; elle n'y restait que pour le repos. Alessia ne voyait pas l’intérêt d'une quelconque décoration alors que son voisin Frère Boris avait recouvert le sol de tapis écarlates, et que des rideaux de milles couleurs ornaient la fenêtre et un bouquet de fleurs, chaque jour changé, embaumait la pièce.
Elle sourit malgré elle, son comportement aurait du l’énerver mais il était si fervent, ne ratant aucun Office, se portant volontaire pour n'importe quelle corvée... Non, cela le rendait juste... attachant ?
Elle ouvrit les portes de son placard. Une robe noir simple ferait l'affaire, comme à l'accoutumée. La femme se changea prestement, nouant exceptionnellement ses cheveux en un chignon strict sur le bas de la nuque.

Alors que la sœur s'approchait de l'infirmerie, le repas chaud promis lui revint en mémoire. Elle leva les yeux au ciel, elle n'était pas bonne cuisinière. l'individu se contenterait d'une simple soupe réchauffée.
Les cuisines étaient attenantes à la pièce où devait maintenant se trouver l'homme. Quelle ne fut pas sa déception de voir celle-ci vide, rangée et depuis longtemps désertée. Alors qu'Alessia commençait doucement à remuer la soupe sur le feu, elle se permit de grignoter un morceau de pain tout en réfléchissant au déroulement de la nuit. Pourquoi lui avait-on fait ramener ce type ici ? Il n'avait rien d'un croyant, ni d'un démuni. Qu'avait la Faucheuse en tête ?

La soupe était chaude. Elle fit couler quelques louches dans un bol et se rendit au chevet du blessé.
Frère Leopold était toujours là. Elle ne savait pourquoi, il aurait pu le laisser. De l'empathie peut être ? Elle ne la fournissait qu'aux méritants.
La salle, pleine de lits, était déserte. Aucun nécessiteux n'avait été recueilli pendant l'orage.
Elle posa le bol fumant sur la table près du lit et alluma une bougie. Les ombres de leur trois corps reflétaient sur le mur du fond, grandes, monstrueuses, effrayantes.

-Préferez-vous manger en premier lieu ? Ou bien que je regarde ces côtes qui semblent vous faire souffrir ? Peut-être quelques points au visage aussi ?

Ces phrases auraient pu surprendre plus d'une personne. Cependant, si la Confrérie de Mirai avait pour fonction première de préparer l’âme du mourant à l'arrivée de la Faucheuse, chacun des frères et sœurs avait suivi une formation de soins.
En effet, trop avaient tendance à confondre une simple fièvre avec une mort imminente. Quitte à se déplacer pour rien autant procurer du bien.
Alessia avait ainsi appris à recoudre les plaies, à panser les blessures, appliquer quelques baumes.

-Frère Léopold, il n'est pas nécessaire que nous soyons deux ici. Une fois, notre blessé soigné et reposé, il pourra partir. Retournez veiller. Avec l'orage qu'il y a eu, je suis surprise que personne n'ait été envoyé ici.

Elle se retourna vers l'homme, droite, un soupçon à peine discernable de mépris dans le regard.

-Quel est votre nom ?

Non pas que cette information lui semblait importante - il apparaissait médiocre à ses yeux - mais elle devait remplir le registre des soins dès le levé du soleil.


Demande de lancement rp - Constantin et Alessia

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