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Dans les bras de la nuit, funeste est son destin [LIBRE]

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Aernia
La Grande Conceptrice
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MessageSujet: Dans les bras de la nuit, funeste est son destin [LIBRE] Dim 2 Avr 2017 - 9:30
Dans les bras de la nuit, funeste est son destin




C’est un souffle, saccadé, épuisé, tremblant qui sort de lèvres pâles, d’une bouche entrouverte, soufflant de toutes ses forces, puisant dans ses réserves pour que ses jambes la portent, l’éloignent. Elle court. Courir sera peut-être son salut, alors, par Soernial et Aernia, par tous les Dieux bienveillant et adorés, elle court. Ses pieds nus s’écorchent sur le pavé glissant, la pluie qui frappe la capitale.

Le prince consort est mort il y a une quinzaine de jours, bientôt, la fête des moissons débutera, célébrant la fin des gros travaux agricoles, Octobre pourrait se présenter  belle, tout comme les prétendants à la cour. Le monde Ambrosien n’a jamais été aussi agité, de murmure et de chuchotement, et les tragédies semblent calmées.
Oui, elles paraissent calmées.

Un gémissement tire sa gorge, nullement de plaisir, la pluie l’a faite glissé, son genou a été le premier à toucher le sol, lançant une douleur vive dans toute sa jambe, alors que du sang vient paraître sur l’écorchure, elle a poussé de toutes ses forces sur ses membres pour se redresser, pour continuer à courir, tournant la tête rapidement afin de discerner l’ombre qui la guette.
Ses yeux sont prêt à pleurer, mais elle ne peut encore le faire, si elle lâchait ses larmes, cela signifierait qu’elle se condamne, qu’elle a compris, que c’est terminé.

Il fait nuit, une nuit opaque à cause de la pluie, les plus terribles fêtards sont largement enfermés dans les lieux de fête, buvant, fumant, baisant peut-être, au bordel ou au cabaret, personne n’est dehors par ce temps, les clochards ont trouvé refuge sous les haut-vent des temples, à la soupe populaire offerte par les Amethiens probablement, comme l’aurait souhaité Elrich, comme ils le font désormais chaque fois que la pluie nettoie les pavés ambrosiens.

Derrière elle, une silhouette, noire, ténébreuse, la légende d’’un ivrogne pourrait raconter cette créature, lui donner des lettres de noblesse effroyables, de cet être dont la capuche lui couvre une partie du visage,ne laissant voir qu’un rictus malsain, une créature faites d’ombres, glissant entre elle et dont les pans de la cape semble y disparaître. Ce genre de légende qui crée le mythe. Mais cette impression funeste ne sera pas, elle donne juste ses limites à notre scène.

La jeune enfant est nue, peut-être a-t-elle 20 ans, à peine, sa chevelure blonde colle sur son visage, mêlé de sang et de saleté. Son corps fin est souillé par des stries pourpres, des cicatrices de lame qui ont percé sa chair. Elle a peur, elle a froid, elle a envie de vivre, rien de plus. Mais les dés de sa course sont pipeautés. L’ombre à sa suite se rapproche, toujours plus…

Epuisée, effrayée, dans une ultime idée de sauver sa vie, elle frappe à une porte de toutes ses forces.

-Pitié, PITIE ouvrez-moi, je vous en supplie !

Elle essaye de forcer la poignée sans succès et elle hurle sous la pluie, maintenant elle pleure. L’ombre est derrière, proche, elle va frapper sans douceur, elle…

-Pitié ! Pitié ! Par Aernia ! L’Innommable, l’Innommable est derrière moi !

Elle hurle ses suppliques, continuant de frapper porte après porte, mais dans cet air nocturne, les gens dorment, presque tous, une porte semble prête à ouvrir, la voix ancienne d’un homme raille, elle supplie, elle pleure, vite vite. Mais entre ses côtes de demoiselle, une longue lame s’engouffre, déchirant ses entrailles, et comme pour bien faire, elle est ressortie, pour replonger plus près de son cœur.
Un gout métallique orne ses lèvres, son corps chute vers l’avant, dans les bras de celui, ou de celle, qui lui a ouvert la porte…elle chute. Ses faibles yeux verts dévisagent le dernier regard pour sa mort, l’ombre a disparu déjà, comme le diable qui a fait son office, il est loin. Bien loin….

A moins qu’un des serviteurs de la cabbale n’ait entendu la complainte et n’ait choisi de le dissimuler lui. Personne n’en saura rien, personne n’a pu voir son visage ou peut-être qu’une pauvre âme, du haut de sa fenêtre, a réussi à discerner l’Innommable dans sa rue…
La jeune enfant dans les bras inconnus marmonne.

-Miraï…Miraï a été devancé…

Syhn a fait son funeste ouvrage cette nuit et la jeune femme s’éteint.
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Alessia Maraies
Prêtresse de Miraï et devineresse
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MessageSujet: Re: Dans les bras de la nuit, funeste est son destin [LIBRE] Ven 21 Avr 2017 - 15:13

Alessia priait.
Elle avait été appelée en pleine nuit. Un enfant venu chercher un sœur sur demande de sa grand-mère, mourante.
Si la femme en noir ne supportait pas d'être réveillée, il n'en était pas moins que cela était son devoir d'accompagner l'âme vers le Gardien, aussi s'était-elle habillée afin de se rendre chez la vieille femme.
Effectivement, elle n'en avait plus pour longtemps. Les râles de sa respiration, son teint cireux,  les tremblements de son corps.... Elle ne serait plus à l'aube.
Le petit garçon pleurait bruyamment, assis près de la fenêtre tandis que son grand-père se contentait de rester debout en plein milieu de la pièce, désemparé. La sœur s'était délicatement assise au bord du lit, prenant la main de l'ainée.
S'ensuivit plusieurs heures de prières pour le voyage de son âme, front à front, les deux mains d'Alessia entourant le visage de la mourante.
Le dernier souffle de vie arriva assez vite, alors que le garçonnet se jetait sur la couverture entourant de ses petits bras ce qui avait été autrefois sa famille, et que le vieil homme laissait couler ses larmes, sans un bruit.

C'est alors que le silence de la nuit fit place à une cavalcade sertie de cris aiguës. La sœur grogna. Elle ne pouvait se déconcentrer pour quelques jeux d'ivrognes. Elle détestait ces gens pour qui la bouteille était devenue leur dieu. Raffermissant sa prise sur les joues de la vieille, elle plissa les yeux comme pour chasser les sons de la ville de la chambre.
Voilà, qu'on tapait sur les portes maintenant.

-Pitié ! Pitié ! Par Aernia ! L’Innommable, l’Innommable est derrière moi !

Le grand-père se tenait maintenant derrière la porte d'entrée, celle donnant sur la rue, sur celle qui hurle, qui a peur.
La sœur de l'obscurité se redressa rapidement. Ainsi ce n'était pas un groupe de jeunes pupilles ivres rentrant chez leur tuteur ? Elle aurait juré que la voix de la femme criant pour sa vie n'avait pas plus de la vingtaine. Une enfant.
Vite, elle se lève alors que dehors la jeune femme supplie, désespérée.
Il finit par ouvrir la porte, quelque chose chute dans ses bras le faisant tomber au sol. Une femme, jeune et blonde, nue.
Une phrase, sa dernière.

-Miraï…Miraï a été devancé…

La sœur se retint au mur, sa gorge se serra alors que ses poumons ne semblèrent plus vouloir accepter d'air. Elle ferma les yeux, quelques secondes. La faucheuse devancée ?
Lorsqu'elle les ouvre à nouveau, la demoiselle s'est éteinte. Aussi vite qu'elle fut arrivé ici, elle est déjà reparti.
Alors elle se pencha au dessus du corps nu écartant doucement le vieil homme, les lacérations déformants ses courbes tirèrent une grimace à la sœur. Qu'a-t-elle subi ? Depuis combien de temps ? Qui est le monstre ayant commis ces horreurs  ? Tant de questions qu'Alessia ne pouvait répondre.
Sa formation prenant le dessus, elle débuta, pour la deuxième fois, le rituel du passage. La violence de la mort, la souffrance endurée par la défunte poussa la sœur dans des prières plus complexes, plus implorantes. Espérant que le Gardien réconforterait cette âme si cruellement arrachée à son enveloppe corporelle.
Un temps s'écoula.
Quand elle eu fini, elle redressa son dos endolori, quelques personnes s'étaient assemblées autour de la scène. Respectant les prières ils s'étaient tous tus, attendant patiemment que cela fut fini, la tête penchée. Respect de la foi ou curiosité morbide ?
Agaçante foule avec son voyeurisme malsain caché par une tristesse affichée avec exagération.
La sœur de mirai s'énerva alors :

-Plutôt que de me regarder, envoyez la gendarmerie ici. Ne touchez à rien, rentrez chez vous !
Elle montra du doigt un jeune homme, au visage encore enfantin, Toi !  Richard Welton. Va au ministère et dis lui qu'une femme a été tué et torturé. Cours !

Si ce qu'on disait du ministre était vrai, il aurait désiré être prévenu au plus vite.

Alessia abaissa alors son regard sur le corps meurtri et décida de l'observer plus attentivement. Peut-être découvrirait-elle quelque chose ?
Le visage de la morte avait gardé une expression de terreur, bouche tordue et yeux écarquillés.
Son corps était couvert de plaie. Le nombre de lames ayant enfoncées la chair était innombrables.  Le sang qui aurait du recouvrir, au minimum, l’intégralité du torse avait disparu, lavé par la pluie qui tombe maintenant à torrent sur la ville.
La peau de ses pieds nus étaient arrachée montrant l'étendue de la fuite qu'elle avait du parcourir.

La bile lui monta à la gorge. De l'air, elle avait besoin d'air. Elle se leva doucement, la tête lui tournait.
Qui aurait pu prévoir ce qui allait se passer ?
Elle ne croyait cependant pas aux coïncidences. Si le petit garçon de la vieille dame morte l'avait trouvé en première, ce n'était pas un hasard.
Mirai avait voulu cela. Pourquoi ?
Avant de mourir, la blonde avait dit que l’Innommable était derrière elle.
Puis ses dernières paroles, résonnant encore dans le cœur de la sœur,  Miraï…Miraï a été devancé…
Elle ne voyait qu'une seule chose capable de cela.
Syhn.
La faucheuse avait elle besoin d'aide ? Que se passait-il ?
Le vent se leva doucement. Alors la sœur écarta les bras tout en levant la tête, qu'importe ce que pouvait bien penser la petite foule maintenant rassemblé dans la rue. De toutes, la confrérie de la mort était réputée pour ses bizarreries.
Elle sourit, méprisante. Une ignorance tellement grandissante des divinités.

Alors qu'elle essayait de percevoir ce qui troublait Miraï, une main se posa sur son épaule.
On la touchait.
Elle se retourna derechef et tomba ainsi face à face avec un gendarme lui demandant expressément de déguerpir.
Le sang lui monta aux joues, ses petits poings se serrèrent. Elle aurait pu râler à voix basse, retourner au temple en attendant qu'on demande une sœur aux côtés du cadavre mais les dernières paroles concernaient directement son temple. Enfin, la vue de ce crime atroce avait ébranlé Alessia, plus qu'elle ne l'admettrait plus tard, et elle se refusait à abandonner la jeune blonde sur le trottoir, seule.

-Je suis une sœur de la mort, et vous osez poser votre main sur moi ?

Elle ne doutait pas une seconde que les croyances les plus stupides des campagnes courraient aussi en ville, or dans les petits villages toucher une sœur de la mort équivalait à ramener Miraï près de soi.
Elle recula d'un pas, montrant la défunte du doigt.

-Elle a cité l’Innommable ainsi que Miraï. Cela ne relève pas simplement du Ministère de la Justice.

La pluie sembla se calmer, rassurant Alessia sur le bien fondé de ses propos.
Des murmures parcoururent la foule sans qu'elle ne comprenne pourquoi alors que la dépouille gisait à ses pieds.


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Richard Welton
Ministre de la justice
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MessageSujet: Re: Dans les bras de la nuit, funeste est son destin [LIBRE] Mer 3 Mai 2017 - 22:58
« Allo, monsieur le ministre ? Désolé de vous réveiller, mais on nous signale un autre meurtre… et le culte s’en mêle, ça commence à faire du vilain, il faut que quelqu’un intervienne et on nous a conseillé de nous adresser directement à vous. »

De deux choses l’une : premièrement, je ne dormais pas ! Cela faisait peut-être la troisième nuit de suite que je passais sur mes cartes à tente de résoudre le problème e si j’avais un peu avancé, je n’en me nais pas large mais je ne dormais certainement pas ! Ensuite, les cultes voulaient se mêler de tout et n’importe quoi sans avoir la compétence requise. Laissez la gendarmerie faire son travail bon sang ! Il fallait donc que je me dépêche ! J’enfilais un manteau sur mes vêtements froissés qui me laissaient à pense que j’avais dû oublier de me changer ce matin… qu’importe ! Je demandais à Morticia de prévenir le commandant Kobalt… ah mince, non… elle avait dû entrer chez elle, tant pis… je soupirais e au lieu de chercher à pende un fiacre, je commandais un whorse en bas de la navette et faisais réquisitionner ladite navette. Puis je courais pour m’y rende, faisant autant que faire se pouvait se hâter les transports pour arriver sur place.

« Place, place, écartez-vous par le Juge ! »

Nous approchions à grande vitesse, aussi vite que nous le pouvions pour nous rendre sur le lieu de l’enquête, sur le lieu du crime et le whorse se retrouva suivi par plusieurs fiacres et fourgons pour boucler le quartier. C’était sans doute top tard mais rien n’était perdu, n’est-ce pas ? Je restais silencieux sur ou le trajet… entre temps j’avais envoyé prévenir Morticia, la journée allait être longue et difficile !

Enfin, je descendis du whorse pour me rendre directement à pied sur les derniers mètres… et devant l’assaut des premiers journalistes j’ordonnais au commandant du cercle de les faire dégager mais de garder leur nom… au cas où… un maniaque dans la presse, il ne manquait plus que cela… je soupirais profondément. Je demandais à voir les personnes qui avaient trouvé la victime et qu’elles m’attendent chacun isolé de l’autre. Pa sécurité. E je demandais que le photographe légiste penne certaines vues… et je demandais à un officier de la gendarmerie de remonter une potentielle piste de sang, quitte à user des chiens. Puis je me décidais à parler à la prêtresse, la plus pénible des deux témoins principaux d’abord.

« Monsieur, elle nous a informé que cela ne relevait pas du ministère de la justice… dois-je faire venir un prêtre de Taren ? »

Je lui fois non de la tête et je me portais à sa encontre.

« Bonsoir madame. Je suis le ministre Welton, département de la justice ! »

Je la saluais de la tête et c’était tout.

« La situation est claire… on m’a expliqué que vous estimiez de votre devoir d’agir, je vous le demande une seule fois, laissez une enquête à ses spécialistes. Alors, j’aimerai votre identité, votre raison d’être ici, et tout le déroulement des faits, je vous prie. »
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Alessia Maraies
Prêtresse de Miraï et devineresse
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MessageSujet: Re: Dans les bras de la nuit, funeste est son destin [LIBRE] Mer 17 Mai 2017 - 16:04
Alessia croisa les bras en dessous de sa poitrine.
Elle était mécontente, un policier l'avait écarté de la scène de crime, du vieillard et son petit-fils. Seule, elle boudait, la tête fièrement redressée, le regard au loin devant elle.
Alors que le juge arrivait dans sa direction, elle le détailla.
Elle se l'était imaginé ainsi grand, bruns aux yeux bleus, forte stature du à son statut.
Ces yeux.... froid, dur, calculateur.
S'il était à ce poste, ce n'était pas pour sa belle gueule. Non. Forcement il avait du faire ses preuves.
On le disait acharné, prêt à tout pour boucler une affaire, et ce, pas n'importe comment.
Ainsi qu'importe les protocoles ou la courtoisie.Trouver le bon coupable. Voilà à quoi il était bon.
Si la sœur avait tenté de savoir ce qu'il se disait quant aux personnes importantes de la Capitale, elle avait tout de suite apprécie ce qu'on lui avait raconté à son sujet.
Elle n'avait pu s’empêcher de se comparer à lui.
Tout deux s'étaient enfoncés loin dans leur profession, leur passion même. Lui la justice prêt à tout pour la donner à tous et toutes, elle le divin se donnant entière pour les mourants.
Maintenant qu'elle le rencontrait, elle ne doutait pas une seule seconde que son air méprisant et froid n'était en fait que calcul et méthode. Que la crainte qu'il inspirait au peuple aurait dû être un profond respect.
L'ingratitude. Toujours.
Il réfléchissait déjà surement à l’enquête, essayant de gagner quelques longueurs d'avance sur le criminel.
Elle essayait elle-même de comprendre ce que les paroles de la défunte voulait dire et quelle en était l'importance pour qu'on en vienne à la supprimer, et de maniéré si atroce.
Elle posa le regard sur la jeune femme à peine sortie de l'adolescence. Elle avait pu prier pour elle, juste à temps, elle espérait du fond du cœur que la Faucheuse l'avait entendu, et, pleine d'empathie avait prise son âme dans ses bras pour la porter avec tendresse vers Barod.
Elle sentait ses membres trembler, si elle se considérait comme inébranlable, elle comprenait aujourd'hui qu'il n'en était rien.
La différence finalement énorme entre une vieille dame souffrante et l'agonie d'une jeune femme.
L'une ayant vécue, l'autre non.

Il se présenta alors à elle, droit, sûr de lui, sur son terrain, la saluant de la tête.
Il reprit alors la parole et l’agaça immédiatement.
Elle estimait que c’était son devoir d'agir ? Ce n’était en aucun une estimation mais un fait.
Il allait vite devoir comprendre cela. Ils gagneront du temps tous les deux.
De toute la Capitale, Alessia se trouvait être la mieux informée sur la trinité de la mort. Même si elle rentrait au Temple, il finirait par la rappeler, or elle n'allait pas faire des allers-retours toute la nuit. Elle resterait là, qu'il le souhaite ou non.
Enfin.
Il lui demandait les événements de la nuit.

-Soeur Alessia, ordre de Mirai. Elle inclina la tête à son tour. Je sais qui vous êtes.

Elle se fichait de la bienséance, de la politesse, de la courtoisie. Ce qui comptait simplement à ses yeux était la volonté de comprendre ce qu'il passait en cette nuit pluvieuse.

-Je suis venue dans cette maisonnée en milieu de nuit sur demande de la famille.  J'ai tout simplement procédé au rituel habituel pour faciliter le passage d'une vieille dame dans l'autre monde, et lui permettre d'accueillir en paix l'arrivée de la Faucheuse. Elle est partie à présent, il ne reste plus que son enveloppe charnelle. Mais vous pouvez vérifier si vous le souhaitez, mes Frères ne l'ont pas encore emmené.

La sœur regarda le corps sans vie de la défunte. Elle semblait inconsciemment vouloir la protéger là ou personne n'en avait été capable quelques temps auparavant. Elle avait bien des parents, des connaissances s’inquiétant de sa disparition ? Peut-être ses Frères pourraient-ils faire quelque chose concernant les traces de lame parsemant son corps ?

-Tout s'est passé assez vite à vrai dire, Monsieur Welton. Alors que je priais des bruits se firent entendre dans la rue, croyant tout d'abord à de jeune pupille ivre en quête de nouvelles idioties à faire, je n'ai pas prêté attention à ce boucan, je ne me trouvais pas ici pour cela. Comprenez que la vieille femme était mourante, il ne lui restait donc que peu de temps. J'ai fini par entendre la voix d'une jeune femme, terrifiée, frappant aux portes hurlant que l’Innommable se trouvait derrière elle . Elle indiqua le vieillard d'un coup de tête.  L'homme, que vous voyez là, a finalement ouvert la porte. Alors qu'elle chutait dans ses bras, elle prononça une dernière phrase avant de rendre son dernier souffle : Miraï…Miraï a été devancé… J'ai ensuite pratiqué les dernières prières pour son agonie désormais finie.

La sœur de la mort se redressa et planta son regard bleu et froid dans ceux tout aussi semblables du ministre.

-Vous comprendrez donc que je n'estime en aucun cas devoir agir. Si Mirai est touché alors Syhn a pris le dessus. Nous parlons de la mangeuse d'âme, celle qui vous dévore ne laissant rien à amener au Gardien. Si l’Innommable est si prêt que le disait la jeune fille, si Synh est en moyen de prendre les âmes à la barbe de la Faucheuse, qui peut savoir ce qu'il va arriver plus tard ?
Si votre devoir est de trouver le coupable, le mien est de comprendre pourquoi la faucheuse n'a potentiellement eu le temps de recueillir cette pauvre fille contre elle.


Quoiqu'il décide, elle enquêterait. Têtue, bornée, décidée, elle ne le laisserait pas la mettre à l’écart.

-Je ne serais pas une gêne, voyez moi comme un soutien.

C'est à ce moment qu'un rayon de lune tomba directement sur le corps meurtri au sol.
Elle lui sourit alors, sûre d'elle.

-Vous savez que vous aurez besoin de moi.



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Richard Welton
Ministre de la justice
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MessageSujet: Re: Dans les bras de la nuit, funeste est son destin [LIBRE] Jeu 18 Mai 2017 - 19:34
Bon, allez, au travail ! Car il y en avait, notamment ces témoins qui, d’une certaine manière, m’ennuyait profondément. Je n’aimais pas les prêtres. Je veux dire… bien sûr que les écoutais aux offices ! Mais sur les enquêtes, ce n’étaient que des imbéciles ! Ils croyaient mieux savoir que tout le monde et du coup, je pressentais le coup de l’intervention de la prêtresse façon « non, non, ça me concerne donc je participe » mais je n’avais pas besoin de ça, bien au contraire !  J’avais beaucoup trop de travail ! Alors si en plus une prêtresse m’en rajoutait !

Bon, déjà dès le début, elle commençait… elle avait un nom et prénom, comme tout le monde. Il me fallait toutes les informations, et pas juste un prénom. Là il n’était pas question de cultualité mais d’identité ! Je la regardais et attendais, voir si elle donnerait son nom… ah ben non. Comme ça c’était réglé… je me contentais d’un geste de la main, qui montrait ce que je pensais de sa déduction sur mon identité. Tant mieux pour elle. Pour moi au final, ça ne changeait absolument rien ! Toutefois, moi je l’écoutais bien, enregistrant chaque mot. Rien ne sortirait de ma mémoire !  Je restais de marbre, sans trop savoir quoi dire, sans trop savoir quoi faire… il restait silencieux, à attendre un peu de voir tout ce qu’elle pouvait dire… et une fois sa déposition prise, je la notais en sténo pour Morticia. Elle retranscrivait un rapporte personnel. Voilà qui était mieux. Et maintenant, elle attaquait les propos qui étaient beaucoup moins plaisants pour moi.

« Je ne comprends qu’une chose, c’est que vous êtes témoins dans un meurtre. Vous êtes sincère, vous êtes sûre de vous, mais en matière criminelle, vous ne valez pas un pet de lapin. Aussi je vais vous demander de retourner à votre temps de rattachement. Et si jamais vous empiétez sur l’enquête, je vous préviens, je vous fais coller au trou pour la semaine, au moins, pour entrave à la justice. Okay, une victime a tenu des propos étranges, mais de là à faire primer cela sur l’enquête plus matérielle… non, c’est une connerie… »

Je me détournais pour lancer aux policier.

« Emportez-moi la morte et confiez-la au docteur Swansson. Qu’il me donne son avis via une nécropsie… ça nous donnera tous les détails qui puissent nous manquer. Et faites-moi l’enquête de voisinage, je veux savoir qui elle était, d’où elle venait et si elle a été portée disparue. Je veux toutes les données sur mon bureau avant demain ! Dépêchez-vous !  Et une fois le corps emmené faites nettoyer la rue ! »

Oui, logique comme travail ! mais bon, ça m’avait aussi permis, au travers de ces directives évidentes, c’était de réfléchir aussi à cette emmerdeuse du temps de Mirai.

« Non, je n’aurai pas besoin de vous, que les affaires cultuelles restent au temple. Ce n’est pas un dieu ou un membre de la Cabale qui a poignardé cette femme à ma connaissance. Alors non, je n’ai pas besoin de vous. Je chasse un être humain qui en a tué un autre. Et quand bien même j’aurai besoin de quelqu’un, je demanderai à parler à votre supérieur, tout simplement ! »

Je soupirais.

« Et vu que vous n’êtes ni légiste ni enquêtrice, vous n’avez absolument aucune compétence en la matière, retournez prier et si j’ai besoin de consulter un prêtre je me débrouillerai. Ici, vous êtes juste un poids, un fardeau, un boulet au pied !
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Alessia Maraies
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MessageSujet: Re: Dans les bras de la nuit, funeste est son destin [LIBRE] Mer 24 Mai 2017 - 15:58
Alessia sentit une boule de haine monter peu à peu le long de son corps, grossissant au fur et à mesure que Richard Welton lui parlait.
Elle ne valait pas un pet de lapin ? La coller au trou ?
Dans son précédent temple, en lointaine campagne, on ne lui aurait jamais adressé la parole de la sorte.
Elle cru alors sentir un courant d'air froid s’emmêler entre ses chevilles. Elle frissonna.
Là était  le problème. Elle ne se trouvait plus là-bas mais ici. La Capitale.
Elle était insignifiante.
Donc si elle voulait rester et ne pas être écartée de l'enquête, il lui faudrait paraître indispensable, et peut-être un peu plus douce.

-En aucun cas, je ne désirais faire entrave à votre enquête. Le but principal est de retrouver le tueur de cette enfant. Je ne l'oublie pas.

Elle allait continuer, se justifier convaincre cet homme de son utilité quand il se retourna, l'ignorant superbement.
Il alpagua ces policiers.
Le corps sans vie serait envoyé au docteur Swansson. Il étudierait chaque parcelle de peau a la recherche du moindre indice.
Déception.
Elle ne connaissait personne encore ici, et encore moins ce médecin.
Il voulait faire nettoyer la rue ? Déjà ? Bâclait-il l'affaire ?
Levant les yeux au ciel, elle examina les gouttes de pluie tombant sur son visage. Gelées mais vivaces, elles explosaient sur son front, sur ses joues. Le ciel paraissait infini et les éclairs laissaient deviner sa puissance tandis que les nuages que l'on distinguait dans la nuit restaient menaçant.
Les Dieux étaient en colère.

Évidemment que ce n'était pas un dieu qui l'avait massacrée. Mais tout comme les Trinités avaient leur ordre religieux, la Cabbale avait ses membres. Ce n'était en aucun cas des enfants de cœur. Et pour commettre ce genre de meurtre....
Même si effectivement, aucune preuve n'allait encore dans ce sens en ce qui concernait l'horrible crime de la nuit, écarter ce genre de piste n'était pour la Soeur qu'une erreur grossière et injustifiable.
Elle serra les dents. A vouloir ne pas perdre de temps, il se mettait de œillères.
Même si elle admettait son inexpérience dans le domaines -Elle s'occupait des péchés des mourants,  rarement ceux des bons vivants.- Elle ne trouvait pas juste la manière donc cet homme lui adressait la parole.
Un boulet, un fardeau ?

Elle resserra sa cape autour de ses épaules, le froid la pénétrait, elle était frigorifiée.

-Je comprends tout à fait votre désir de me renvoyer. Cependant, comme l'exige la Grande Faucheuse, j'ai procédé aux premières prières, celles d'urgences, apportant réconfort et paix. Comprenez que lorsqu'une mort se passe avec autant de douleur, beaucoup d'autres sont sensées suivre. Je ne peux donc me séparer de la défunte tant qu'elle ne sera pas amené dans la pièce prévu à cet effet au Temple.

Elle ne mentait pas. Lorsqu’il y avait meurtre, il était coutume que la Soeur ou le Frère ayant procédé aux rituels et prières et le défunt ne soient séparés avant l'arrivée au Temple. Dans le cas contraire, l'âme se perdait avant même de se mettre en route. Et il ne restait plus à Syhn qu'à se repaitre.
La sœur ne laisserait pas cela se produire alors, d'un mouvement brusque, elle se posta à nouveau près du corps sans vie de la jeune femme.

-Voyez moi comme l'ombre de la vie sur elle. Je ne ferais que rester à ses côtés tout du long, jusqu'à ce que le médecin ait terminé.

Alors Alessia tranquillement abaissa les paupières de la défunte, ses yeux bleus fixaient le ciel comme étonnés de ce qui était arrivé. Elle ne supportait pas ce regard. Éteint, froid, arraché au monde.
C'est à ce moment qu'elle les vit.
Deux symboles, gravés sur la peau délicate de ses yeux.
Pour un novice, celui de Miraï.
Pour elle, bien qu'admirablement fait, ce n'était pas exactement le signe de la Faucheuse. Il manquait un trait ici, un autre avait été rajouté là...
Cela l'angoissa.
Que se passait-il ?

-Richard Welton, si vous voulez bien vous approcher. Elle lui fit une place à ses côtés. N'importe quel personne verrait ici la signature de Miraï. Il n'en est rien. Cela a été détourné.

Vite ! Avant qu'il ne trouve à redire, dans l'une de ses poches un crayon dans un autre un bout de papier froissé. Cela ferait l'affaire. Elle reproduisit le dessin, rapidement mais avec précision et y ajouta un petit mot : Cela devrait vous intéresser. Quel est la signification de ce symbole ?

Puis la femme se redressa et essuya ses mains sur ses cuisses, las.
Elle remit le papier au Ministre.

-L'adresse est dessus. Loic Raison. Le meilleur spécialiste en ce qui concerne les symboles divins et, de mémoire, il a de très bonnes connaissances envers la religion en elle-même. Le choix est votre.

Elle avait rencontré cet homme une fois, il l'avait impressionné par son savoir et son intelligence. Peut-être aurait-il une idée quant à la signification de ce dessin ?

Alors qu'elle voyait ses frères emporter le corps de la vieille dame au Temple, quelques policiers chargeait celui de la jeune demoiselle sur une civière.
Elle la montrai de la main, soutenant le regard du ministre de la justice.

-Puis-je ?


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Richard Welton
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MessageSujet: Re: Dans les bras de la nuit, funeste est son destin [LIBRE] Dim 28 Mai 2017 - 21:09
Si elle ne voulait pas faire entrave à mon enquête, et bien qu’elle cesse de s’accrocher à mes basques comme une bernacle à un rocher ! J’avais autre chose à faire que de me traîner un boulet sur tout le trajet menant à la solution des énigmes. Elle n’avait aucun intérêt à le faire, sinon finir en cellule. Mais elle affectionnait certainement l’épanchement d’une forme de curiosité morbide. Oui, ce devait être ça !  Ou alors juste une envie de stupidité… me fichant de la pluie qui tombait et qui laverait la pseudo scène de crime peu ou prou, je la snobais encore et toujours alors qu’on chargeait le corps sur une civière, dans une housse mortuaire encore ouverte... et là elle insista encore pour le corps… non mais elle ne comprenait pas un non ! Tant pis, elle finirait au trou au moins dérapage. Et si vous pensez que je ne serai pas capable d’emprisonner une religieuse, vous me connaissiez tellement mal… je respectais les religieux et religieuses en tant que personnes, mais s’ils représentaient des dieux, ils ne les incarnaient pas. Aussi, en cas de faute civile ou pénale, il n’y avait pas de passe-droit ! Même pas pour les serviteurs d’Ameth – surtout pour eux, en fait. La justice touchait tout le monde, même les dieux

« D’habitude un prêtre ou une prêtresse correctement préparé et formé vient retrouver le corps à son départ de chez le médecin légiste. Il ne vient pas me pourrir mon enquête en cherchant à me parasiter. Pour la dernière fois rentrez chez-vous ! »

Qu’elle fasse ce qu’elle veut, si elle l’estimait juste. Pour ma part, je ferai ce que j’estimais le meilleur pour Ambrosia. Ministre de la justice et des affaires intérieures après tout, non ? Et puis bon, sans être un incroyant, je croyais après tout fermement à l’existence des dieux, j’avais du mal avec l’idée que les dieux choisissent certaines personnes pour porter leur parole. Ça c’était plus compliqué. Ça ne me semblait pas forcément logique…

Je me désintéressais de nouveau d’elle pour entendre le rapport du gendarme en communication avec les maitres-chiens… ils remontaient une piste mais les chiens avaient du mal… qu’ils s’accrochent, je ne pouvais pas les accompagner et j’en avais très très envie pourtant !  Je les encourageais à continuer quand l’autre emmerdeuse m’interpella à nouveau… et avec ce ton condescendant que je détestais chez les prêtres, comme si le fait de soi-disant communiquer avec dieu était une raison de prendre tout le monde de haut ! M’enfin, elle avait peut-être quelque chose à dire encore.

« Quoi encore ? »

Et là elle me montra le corps. Elle l’avait touché, baissant les paupières. Je grondais, je fulminais, j’allais éclater, alors qu’elle me laissait un morceau de papier que je ne pouvais, hélas pas négliger. Mais elle, elle, elle, elle allait regretter cet acte. Je la saisissais par la peau du cou, au sens figuré et le l’amenais à deux gendarmes qui attendaient plus loin. Je la lâchais et indiquais aux deux agents de s’approcher. Je prenais une paire de menottes et lui serrait les menottes autour des poignets dans le dos.

« Mademoiselle Maraies, vous êtes en état d’arrestation pour contamination de scène de crimes, entrave à une enquête criminelle et dégradation du corps de la victime. Que Taren prenne acte et juge en connaissance des faits ! Mettez la dans le fourgon, on ne l’aura pas amené pour rien, et emmenez-là à au ministère de la justice, dans les geôles. Ça lui rafraichira les idées en attendant que nous ayons le temps de régler cette histoire. »

Je fis signe au conducteur de descendre une fois la jeune femme dans le fourgon et lui disait de la ramener à son temple, et de la remettre au supérieur dudit temple en lui disant que je l’appellerais en rentrant... D’ici là, elle n’avait pas ç rester hors de présence des forces de l’ordre. Puis, une fois le fourgon prêt à partir, j’adressais de dernières paroles à Aleissia Maraies.

« Ne vous indignez pas, vous êtes une prêtresse, certes, mais vous n’êtes qu’une vulgaire humaine, comme nous tous… être religieuse ne vous offre aucun passe-droit, ou ce serait bafouer Taren… vous aurez tout loisir de réfléchir à vos actes... »

Et puis, c’était étrange que ce soit une prêtresse de Mirai qui remarque ce soigne et le dise dévoyé… ça avait un côté suspect que je ne pouvais pas écarter !

« Et dire que je vous aurais, peut-être, fais demander si j’avais eu besoin d’un point de vue religieux sur la situation… vous avez, là, perdu tout droit d’accès à l’enquête. Il n’y a pas qu’un temple de Mirai en ville, et il doit y avoir des centaines de personnes plus aptes à m’aider. Bonne route ! »

Dans les bras de la nuit, funeste est son destin [LIBRE]

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