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“Jamais homme sage et discret ne révèle à femme son secret.”[Hélène]

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Nemrod L'Envers
Maître espion
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Nationalité : Ambrosien
Messages : 32
Date d'inscription : 05/03/2017
MessageSujet: “Jamais homme sage et discret ne révèle à femme son secret.”[Hélène] Mer 5 Avr 2017 - 17:18
Vous aviez beaucoup d’apriori sur plein de sujets, et sur beaucoup de monde aussi, mais en quoi était-ce étonnant ? C’était le privilège de l’âge sans doute ! Vous vous en targuiez, comme le fait d’être un gros ronchon… d’ailleurs n’était-ce pas ce que votre nièce vous avait dit lors du dernier repas passé ensemble ? Les mots vous fîtes encore sourire… « Mon oncle, vous êtes un indécrottable ronchon ! » Vous aimiez beaucoup cette petite, elle avait beaucoup de potentiel et vous pensiez sérieusement qu’elle resterait dans les mémoires si elle voulait s’en donner la peine. Elle avait le cœur juste, l’âme généreuse et une volonté de faire autant que de fer ! Voilà qui vous plaisait, et vous rêviez d’un mandat tranquille, un peu comme une retraite paisible ! Mais voilà, elle avait été incapable de garder son mari en vie… non pas qu’elle aurait pu y faire quelque chose… mais du coup, vous deviez redoubler d’effort, vous aviez dû en faire beaucoup, activant votre réseau comme jamais. Mais il restait une personne à mettre sur le coup. Vous la trouviez naïve et comme une carpe hors de son bassin au milieu de la cour. Mais il fallait reconnaitre qu’il n’y avait pas beaucoup de monde plus motivé qu’elle…

Et voilà qu’elle voulait que vous vous retrouviez. Soit. Mais discrètement, pour discuter, cela ne signifiait donc pas au palais, mais pas non plus dans les appartements de l’un ou de l’autre. Alors vous aviez trouvé quelque chose d’astucieux. En effet, suite à sa demande que vous vous retrouviez pour discuter, vous lui aviez répondu un petit mot lui proposant la chose suivante : il y avait une répétition au théâtre le surlendemain, aussi vous lui proposiez de vous retrouver juste après. Vous passeriez la prendre en fiacre et vous iriez manger dans un peu restaurant qui louait quelques salles privées. Et une fois n’était pas coutume, vous aviez toute confiance dans le restaurateur ! Vous aviez vite reçu confirmation.

Vous étiez donc dans votre fiacre anonyme, sans blason ni insigne, rideaux tirés, chevaux anodins, pas de quoi attirer l’œil sans doute ni de possibilité de deviner qui était dans le fiacre sans le savoir dès l’origine… aussi, personne ne pouvait vous voir, élégant, avec votre chapeau melon enfoncé sur le crâne, tiré à quatre épingles, presque comme pour un rendez-vous galant. Mais bon, en même temps il valait mieux être présentable si vous deviez sortir de votre véhicule avant d’être arrivé ! enfin bon. Vous approchiez du théâtre. Vous fîtes stopper le fiacre et vous indiquâtes une petite rue où il fit reculer le fiacre pour arriver devant la porte pour attendre que vous invité sorte.

Ah, il était peut-être temps que l’on dise qui était votre fameuse invitée, non ? En voyant la petite porte discrète d’ouvrir, vous ouvrîtes la portière du fiacre et vous aidâtes à monter à l’intérieur en lui proposant votre main.

« Ah Hélène, quel plaisir de vous voir ! Installez-vous je vous prie ! »
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Hélène de Valene
Comédienne
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Nationalité : Empire de vapeur
Messages : 298
Date d'inscription : 29/01/2017
MessageSujet: Re: “Jamais homme sage et discret ne révèle à femme son secret.”[Hélène] Lun 17 Avr 2017 - 20:18
J'avais demandé à rencontrer Nemrod l'envers suite à mon entrevue quelque peu mouvementée avec Everard Zullhiemer.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas pris le temps de discuter avec ce vieux filou. Des années peut-être même. Je l'avais adoré dès le premier jour, dès la première fois que je l'avais rencontré.
Grand, barbu, propre sur lui, ses yeux s'étaient posés sur moi. Immédiatement, j'avais frissonné sans en connaître la cause.  Si mes formes de femmes s'étaient développées il y a peu, j'avais cependant du prendre rapidement l'habitude des regards insistants de la gente masculine. Si cela me mettait  mal à l'aise, je ne pouvais rien y faire. Depuis longtemps avais-je compris que ce qui s'apparentait à de la faiblesse, cette soumission exercée sur les femmes, n'en était pas moins un pouvoir que nous détenions entre nos mains, pouvant même devenir puissant pour peu que l'on sache l'utiliser.
Je savais l'utiliser. N'avais-je pas réussi simplement en jouant de mes charmes à récolter quelques informations croustillantes sur la vie du Palais ?
Nemrod.... Ce jour là pourtant, j'aurai juré qu'il ne s'agissait pas de cela. Que me voulait-il ? A cette époque même si Lilith était déjà promise à Elrich, ce mariage était quelque chose nous paraissant lointain. C'est pourquoi nous ne nous cachions pas, ou peu, nous embrassant dans les jardins, dormant parfois ensemble.

Aujourd'hui, Elrich était mort, Lilith avait perdu son enfant, et j'allais à nouveau connaître le supplice de voir mon aimée se marier à un autre.
Je me souviendrais toujours de cette journée ou l'impératrice s'était lié à Elrich Zullheimer.
Cette cérémonie était attendue de beaucoup, voir de tous. Pas de moi.
Je l'avais vu se préparer  tout au long de la journée. Belle, magnifique même. Les dernières heures avant le mariage avait été une torture pour moi, les heures qui suivirent une agonie.
Je n'avais pas eu le courage de mettre fin à mes jours.
A ce moment-là, j’espérai encore au plus profond de moi que Lilith revienne à mes côtés. Quelle cruche j'avais été.
Elle ne reviendrait jamais. Était-elle juste venue à moi ? N'avais-je pas été une passade adolescente à ses yeux ? Avais-je compté pour elle ? Ou n'étais-je simplement qu'une distraction ?
Être sa favorite n'était il qu'un reste d'une pitié éprouvée à mon égard ?

-Votre coiffure est prête, Ma dame.

La lumière m'aveuglant légèrement, j'ouvris les yeux doucement.
Ma coiffeuse se courba suivant le protocole avant de quitter la pièce, me laissant seule dans ma loge, face à mon miroir, face à moi même.
Qu'étais je en train de faire ?
Nemrod était dangereux. Flirter ne le ferait pas parler. Peut-être cela l'amuserait, mais ce serait tout. Il allait falloir que je sois un peu plus inventive qu'a l'accoutumée.
Si j'appréhendais ma rencontre avec l'ancien ministre des armées, j'étais terrifiée à l'idée de me présenter devant le Prieur sans rien à lui fournir d’intéressant.
Il ne laisserait jamais passer cela.

On frappa doucement à la porte, avant de rentrer.
Romuald, le portier des coulisses du Grand Théâtre, m'informant qu'un fiacre s'était posté devant la porte de derrière, comme j'avais prévenue plus tôt.
Je le remerciais tout en me levant.
La partie débutait. J’espérais être assez aguerrie par les années de jeu pour pouvoir rivaliser avec mon adversaire.

Je mis ma cape à la large capuche, la discrétion était de mise.
Je quittai ma loge m'engageant dans le couloir étroit menant à une petite ruelle sans croiser quiconque. Bien, je n'aurai aucune justification à donner. Nous serions tranquille ensuite.
Ouvrant la petite porte, l'air frais de l'automne s'engouffra à l’intérieur du bâtiment me faisant frissonner. Je baissais la tête alors que la portière du fiacre s’entrebâillait, laissant apparaître une main, sa main, que je pris délicatement alors qu'une voix se faisait entendre.

- Ah Hélène, quel plaisir de vous voir ! Installez-vous je vous prie !

C'est ainsi que je me retrouvais assise face à Nemrod.
J'abaissai ma capuche. Des mèches de cheveux tombèrent devant mon visage, je les écartais vivement.

-Nemrod. Tout le plaisir est pour moi. Cela fait bien longtemps que nous ne nous sommes pas rencontrés, comme autrefois.

Je lui souris sincèrement. Je me rendais compte à quel point je l’appréciais.

-Merci d'avoir accepté ma requête et d'avoir organisé notre tête-à-tête avec autant de précaution. Nous pourrions en avoir besoin aux vues des temps actuels.

La cabine s'ébranlait alors que les chevaux reprenaient leur marche en direction du restaurant, je me permis de douter.

-Mon cher ami, puis-je être sûre de votre discrétion ?
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Nemrod L'Envers
Maître espion
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Nationalité : Ambrosien
Messages : 32
Date d'inscription : 05/03/2017
MessageSujet: Re: “Jamais homme sage et discret ne révèle à femme son secret.”[Hélène] Mar 16 Mai 2017 - 16:59
Vous étiez ravi de la voir vous rejoindre dans le fiacre, cette belle jeune femme qui n’était pas sans déclencher, dans certains cas, des émois que vous pensiez avoir oublié, des émois qui vous ramenait davantage en jeunesse… démon de midi ? Non, n’exagérons rien ! Vous lui sourîtes, ravi de la revoir, elle semblait plutôt en forme. Tant mieux. Vous regrettiez de ne pas avoir pris le temps de la voir plus souvent, mais dans ce monde qui était fou, dans ce monde qui s’en foutait, bous aviez du travail, énormément de travail, et votre nièce vous en rajoutait encore en demandant de prendre une pupille, faire des recherches et compiler des rapports pour elle… bon, ça c’était votre travail, aussi ! Mais bon, vous aviez un gros travail à venir ! Mais avec la présence d’Hélène de Valène, il y avait un ^petit air de nostalgie et de douceur qui vous faisait l’effet d’une douce madeleine au doux effet distrayant.

« Cela fait même trop longtemps. Je prie de m’excuser de vous avoir si longtemps négligée. Mais vous connaissez le principe des impératifs du service, n’est-ce pas ? Vous m’avez manqué… bien que je n’ai manqué aucune de vos pièces… toujours aussi douée… et votre talent ne fait que grandir… vous m’avez bluffé avant-hier soir ! »

Vous sourîtes de nouveau, juste content de la revoir. Ce sourire n’était pas seulement sur vos lèvres, mais aussi dans vos yeux ! Preuve d’un sourire sincère ! Et même un sourire plus que sincère ! En effet, vous n’aviez ni à cacher ni à dissimuler avec elle. Sa fraicheur et sa naïveté désarmante la rendait presque aveugle face à vos véritables fonctions… et vous vous en ravissiez ! Alors quand elle avait proposé que vous voyiez, vous aviez été ravi, plus que ravi, même ! Et vous passez un délicieux moment de conversation avec elle. Pourquoi pas autour d’un petit morceau à manger.

« Allons, allons, ma chère, vous ne m’avez jamais donné motif à refuser de vous voir, et puis… vous savez que j’aime suffisamment la discrétion pour que cela ne me pose aucun problème ! Après tout, je suis sûr que vous ne pouvez même pas me dire ce que je fais au palais, comme travail… peut-être parce que je ne le sais pas moi-même ! »

Une belle occasion pour vous de faire preuve d’autodérision. Votre travail était simple : maitre espion de l’impératrice, et officiellement vous profitiez d’une retraite bien méritée aux frais du trésor impérial en vertu de votre lignée et des services rendus. Oh et puis vous aidiez les jardiniers aussi, accessoirement. Pour le plaisir plus qu’autre chose, entretenir les arbres et les fleurs était votre hobby, si l’on pouvait dire les choses ainsi. En raison d’un souvenir de votre père, de la plus importante leçon qu’il vous avait enseigné ! Mais bon, vous n’alliez pas ressasser maintenant !

« Non, vous ne pouvez pas être sûre de ma discrétion, vous ne pouvez jamais être sûre de la discrétion de personne. Ne vous l’ai-je pas enseignée, cette leçon ? N’importe qui peut se retrouver à vous entendre quand vous ne vous y attendez pas… »

Vous lui fîtes un petit clin d’œil fripon, ravi de ce petit trait d’esprit.

« Mais vous pouvez vous fier à moi pour que jamais rien de nos conversations ne soit ébruité sauf nécessité régalienne bien sûr ! Allez-y, videz votre cœur… qu’y a-t-il de si grave ? »
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Hélène de Valene
Comédienne
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Date d'inscription : 29/01/2017
MessageSujet: Re: “Jamais homme sage et discret ne révèle à femme son secret.”[Hélène] Lun 22 Mai 2017 - 14:15
Oui, il m'avait manqué. Ce vieux filou avec son regard malicieux et son sourire sans cesse au coin de la bouche lorsqu'il me regardait.
Aujourd'hui il me félicitait pour mes prestations sur les planches. Si d'habitude ce genre de compliments me mettait mal à l'aise, je ressentais à ce moment une grande fierté inonder mon âme telle des jets de lumière tourbillonnant autour de moi. La joie.
Je savais qu'il était sincère, il ne m'aurait pas prononcé ces paroles s'il n'en pensait rien.
Cependant, j’étais peinée de voir que s'il avait le compliment facile, ce n'est pas pour autant qu'il m'accordait du temps. S'il venait me voir à chacune de mes représentations, pourquoi ne restait-il pas à la fin et ne se rendait-il pas dans ma loge ? Cela ne serait pourtant pas la première fois.

Un sourire éclaira alors mon visage jusqu'à présent inquiet.
Il pensait vraiment que je ne savais pas ce qu'il fichait au Palais ?
Alors oui, je n'avais pas une idée précise, ni auprès de qui il rendait des comptes et s'il en rendait même à quelqu'un. Mais je me doutais de beaucoup de choses , comme le fait qu'il furetait, fouillait, inspectait. Lui ou ses gens. Il n'aurait pas laissé le trône à l'abandon, sans rien surveiller. Je le connaissais bien quand même !
Il se taquinait lui même, tout en me regardant, me testait-il ? Essayait-il de découvrir ce que je pensais savoir ?
Beaucoup au Palais me considérait comme une trainée, ou comme une écervelée. Peu se souvenait que j'étais comédienne et que d'endosser tel ou tel rôle n’était pas plus compliqué pour moi que d'enfiler une nouvelle robe.
A part Lilith qui pouvait prétendre me connaitre depuis maintes années  ?
Lui, bien sur !

Alors que je l'écoutais, je hochais la tête en accord avec ses propos.
Effectivement, je ne pouvais être sure de sa discrétion a l'instar de celle de n'importe qui...
Les murs ont des oreilles à ce que l'on dit. Et l'argent fera toujours délier une langue.
Je n'étais pas ici à mon désir.
Everard Zullheimer.
C'est sur son ordre que je me retrouvais là en face d'un vieil ami, prête à le trahir. Nemrod aurait été contre le mariage de Lilith et d'Elrich.
Dans ce cas, il aurait pu être prêt à tout suivant ce que le premier serviteur d’Ameth avait l'air de penser. Alors évidemment je ne pourrais retourner rencontrer le Prieur sans aucune information. Qu'allait-il m'arriver si c’était le cas ? Qu'allait-il me faire à nouveau ?

Et voilà qu'un clin d’œil venait appuyer ses dires.
Il ne changerait jamais.
J'aurai tant aimé pouvoir me blottir dans ses bras, comme avant. Fermer les yeux, oublier le reste du monde. Lilith, Everard, les futurs prétendants, ma vie.
Tous les événements passés ces derniers temps m'avaient plus affecté que je ne m'en étais rendu compte jusqu'alors.
Je lui fis un petit sourire tremblant.
Je n'étais plus cette gamine, confiant ses humeurs à un homme plus âgée qu'elle. Offrant une confiance sans limite, n'ayant rien à cacher.
Si, effectivement, je lui portais toujours autant d'affection, il n’était plus concevable que je me jetasse dans ces bras. Il  aurait mis sa mains dans mes cheveux caressant ma tête doucement de sa grosse main, sans dire aucun mot. Il m'aurait écouté tout en me berçant. Compréhensif.
Je serrais mes genoux de mes mains devenues glacées.
Il n'était pas temps à me laisser aller. J'étais éprouvée mais au fond tout était de ma faute.

Et maintenant, il me proposait de vider mon cœur ?
Je partis cette fois d'un éclat de rire franc.

-Si je devais vous vider mon cœur mon cher Nemrod, un repas ne suffirait pas. Je lui pris la main doucement. La sienne était énorme et poilue alors que la mienne petite, fine, gracieuse paraissait perdue entre ses doigts. En avait-il juste cinq ? Nous aurons tout le temps de parler de ce qui m’amène à vous durant le diner, cher ami. En attendant, que devenez vous depuis le temps?

S’intéresser à lui. Le faire parler, endormir sa confiance. N'était ce pas ce qu'il m'avait appris ? Ou l'avais je apprise seule ? Je ne savais plus.
Mentir, prétendre savoir, forcer les justifications.
Telle une enfant, je m'exclamais.

-J'ai entendu parler d'une femme, Nemrod. Est ce vrai ? Fréquentez vous une dame ? Comment est-elle ? Comment l'avez vous rencontré ?

Je me jetais en arrière, contre l'assise de la banquette, boudeuse.

-J'aurai pensé que vous m'auriez annoncé cela, mon cher ami. Ne comptons nous pas l'un pour l'autre ? Je relevais la tête, le visage contrit. C'est quelques temps sans nouvelles... dois je croire que vous m'avez oublié ?

La calèche s’arrêta alors. J’imaginai que nous étions devant le restaurant.
J'avais faim.
Je doutai d’être plus maline que cet homme en face de moi. Quand bien même arriverait-il à décrypter mes pensées, il apprécierait sans nul doute l'effort fait de ma part.
Je penchais la tête, de nouveau souriante.

-Nous sommes déjà arrivés ?


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Nemrod L'Envers
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MessageSujet: Re: “Jamais homme sage et discret ne révèle à femme son secret.”[Hélène] Mer 24 Mai 2017 - 10:52
Bon, autant être honnête, n’est-ce pas ? Vous n’étiez pas au courant de tout dans le palais, mais vous en saviez suffisamment. Par exemple vous saviez qui avait eu des éclats à quelle heure. Presque à chaque fois. Mais vous ne reteniez pas chaque chose qui était espionnée. Vous aviez des secrétaires pour cela, des secrétaires choisis parce qu’ils étaient muets… oui, pour une plus grande discrétion… ils étaient trois et avec ça vous appreniez à peu près tout ce qui était intéressant à savoir au palais, le reste, vos espions plus « directs » vous les fournissait. Cela vous permettait d’être potentiellement l’homme le plus informé d’Ambrosia, Et c’était un euphémisme ! Vous lui sourîtes pour l’encourager à s’ouvrir. Vous saviez qu’elle en avait besoin. Et vous pouviez ordonner de rouler aussi longtemps qu’il le faudrait pour cela. L’endroit le plus difficile à espionner restant votre fiacre, surtout dans la mesure où vous connaissiez personnellement le chauffeur et qu’un accident pouvait vite arriver s’il trahissait le moindre secret… c’était froid et calculateur de dire ça, vois même sans ame ou émotions. Mais au moins c’était clair...

« C’est comme vous le sentez ! Mais bon, si jamais vous voulez garder le secret, c’est peut être ici que nous sommes les plus à même de parler en toute liberté. A priori. Nous espionner devrait bien difficile ! En somme, faites comme vous l’entendez ! »

Vous ne pouviez pas mieux dire. Et toujours avec cet air bienveillant qui ne collait qu’à moitié avec vos yeux qui semblaient habités par une lueur perçante qui signifiait que vous saviez déjà tout. Non que ce soit le cas, disons juste que vous en saviez tellement… et vous ne putes que sourire en entendant cette histoire de femmes. Qui avait bien pu raconter une idée pareille ? A moins que… oh vous aviez une idée de petit jeu sans gravité ni conséquences, normalement…

« Je ne saurais vous oublier, mais j’ai eu l’occasion, entre autres, de partir à la pêche au silure, à mains nues, et vous connaissez mon entrain pour la pêche ! Sinon, vous n’imaginez pas à quel point conseiller ma nièce est fatigant pour un vieil homme comme moi ! C’est tellement prenant que de travailler ses conseils, rester bien informé… un travail éreintant ! Mais ce n’est pas une excuse pour vous avoir négligé de la sorte. Je vous prie de m’excuser... »

Oui, vous pouviez reconnaître cela. Vous restiez silencieux, comme hésitant à parler d’un sujet aussi délicat qu’une femme dans votre vie, non pas qu’il y en ait une… mais disons plutôt qu’il s’agissait d’une question épineuse… enfin, en théorie.

« Hum… et oui, j’ai rencontré une femme. Une personne fort charmante qui est beaucoup plus jeune jeune que moi, je le reconnais. Une jeune femme pleine de beauté, de charme, avec une forte personnalité. Nous nous retrouvons souvent… je suis sur que je vous ai déjà parlé d’elle au moins une ou deux fois, nous nous connaissons de longue date… quant à dire que je la fréuente… n’exagérons rien, je vais la voir souvent… Nous nous sommes rencontrés lors de mon dernier retour sur l’île offerte par mon frère. Une femme élancée, au caractère de cochon, mais avec de longs cheveux clairs qui encadrent des yeux sombres et une peau blanche. Un sourire d’ange… Je persiste à dire que vous la connaissez forcément, au moins de nom ! »

Allez, dernier coup !

« Elle habite sur le port, depuis plus d’une trentaine d’année, au bout de la seizième jetée... »

C’était d’ici que nous jetions les cendres des morts dans l’océan. Oui, vous parliez bien évidemment de votre femme…. De qui d’autres auriez vous parlé. Vous vous mîtes à rire, amusé par votre petit jeu, bien qu’il ne soit pas forcément de bon goût…

« Mais plus sérieusement, je vais être nommé tuteur d’une jeune femme, sous peu, c’est peut être sur ce suejt que vous vouliez m’interroger. Eh bien… je dois avouer ue c’est une jeune dame intéressante… pour peu qu’elle travaille dur elle pourrait devenir excellente… une jeune apprentie cantatrice à l’opéra… j’aimerai bien qu’un jour vous la rencontriez… un avis extérieur serait bien… elle vous ressemble aussi, d’une certaine manière... »

Le fiacre s‘arrêta d’un coup, à votre grande surprise, vous fronçates les sourcils. Hum… Vous toquiez le plafond du fiacre avec votre canne à pommeau qui était plus là pour décorer qu’autre chose… vous ne manquiez pas de vigueur. On ouvrit la petite trappe qui permettait de parler au conducteur.

« Que se passe-t-il ? »
« Un accrochage monsieur. Il faut attendre que cela se dégage... »
« Et bien, faites un détour… faites demi-tour »
« Bien monsieur. »

Bon, le trajet était rallongé.

« Et vous, quoi de nouveau ? Vous qui êtes presque si discrète... »

Oui, presque...

“Jamais homme sage et discret ne révèle à femme son secret.”[Hélène]

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