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 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: Jardins et extérieurs

[CLOS]Quand une lionne convie un damoiseau pour le goûter

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MessageSujet: Re: [CLOS]Quand une lionne convie un damoiseau pour le goûter Sam 13 Mai 2017 - 1:36
Le soleil engourdi s'étirait au lointain. Cela n'aurait su tarder, la jeune femme souleva le rideau opaque pour s'enquérir de l'avancé de ce marathon lumineux. L'heure, voyons, l'heure ! Mais il était de ces choses qu'elle considérait avec une parcimonie toute consciente, arquant un sourcil dans la naissance d'un sourire doux. Arriver première ne lui correspondait guère, arriver dernière non plus. Une certaine savait quand le reste de l'humanité ignorait qu'elle seule pouvait déterminer un emploi du temps. Alors, se retournant d'un geste affirmé mais sans précipitation, ses pas la guidèrent jusque dans le vestibule pour enfiler un manteau jaune moutarde sur une robe azur plutôt simple malgré un jupon volumineux. La couleur égayait un teint clair, bien que la mode fût aux tons de l'empire de métal et de vapeur.

Une invitation était arrivée tantôt, d'une personne qu'elle portait en une certaine estime. Au vu des derniers évènements, les entrevues avaient cessé d'exister, ce qui s'inscrivait naturellement dans l'ordre des choses. La vie reprenait le pas sur le deuil, et sa mission était en ce jour d'apporter son appui à cette démarche, en acceptant de se mêler aux dames de la cours conviées elles aussi à cette réunion. Ainsi c'était elle dirigée sans objection vers le palais au lieu de prendre son service dans son atelier. Elle y reviendrait dans la soirée, pour une nuit prolifique plongée dans un silence anesthésiant, bienfaiteur pour son esprit.

Le temps était encore agréable pour la saison, aussi profiterait on encore quelques jours durant des derniers rayons chaleureux. Pas de peines à donner aux domestiques, confiante, elle suivait cette enchevêtrement de pensés diffuses, pourtant précises indépendamment, qui la conduisait jusqu'aux jardins du palais impérial. Ainsi fût-elle finalement la quatrième invitée à faire son apparition, quelques secondes semblait-il après une représentante de la sphère militaire. Pourtant, devant le dialogue qui s'amorçait déjà, elle ralentie stratégiquement son avancé, quitter à rater quelques paroles qui n'auraient pas manqué de se figer de ses souvenirs. Là, un intermède à point nommé, entre deux respirations sonnait l'appel à entrer dans la ronde.

- Votre Altesse, Mesdames, Monsieur de Malterre, je vous présente mes bienheureuses salutations. Une révérence souple et soigné accompagna ses mots délicatement enjoués.

Myrcéa se ravissait de peu, du balais des feuilles dans les courants d'air, de la robe cuivré de la nature cliquetant comme une horloge bien réglé. Son regard glissait puis sautait de détails en détails, d'un insigne à une tache estompée mais rougeatre égarée dans un repli de manche, des derniers vestiges d'un mal qui plissaient le coin d'une paupière, aux ornementations physiques de la détresse humaine. Ainsi en allait-il de train enfiévré de ses constatations, vives et discrètes dans un laps de temps suspendu dans une réalité alternative. Une oeuvre, voila ce qu'elle contemplait. Une oeuvre dont la mine pourfendu du pupille trahissait la substance sans qu'elle en détermine immédiatement la cause. Il y avait peu de temps pourtant, elle lui avait connu un visage plus radieux. Le jeune homme se cachait mal, dissonait avec l'image qu'elle avait de lui dans d'autres contextes.

- le temps est insaisissable, on aura beau le rationaliser, son passage demeure néanmoins tout à la fois extensible et compressible. S'acharner à compter les secondes le rendrait-il plus docile ? Pardonnez-moi de vous interrompre ainsi, et ces heures qui me dispute. Cette invitation est un réel plaisir, votre Altesse, je vous remercie.
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MessageSujet: Re: [CLOS]Quand une lionne convie un damoiseau pour le goûter Sam 13 Mai 2017 - 22:24
Délicieuse ironie, n'est-il pas, que d'être délivré par une sage-femme? Il quittait enfin l'utérus des questions impériales, se fondait à nouveau dans un rôle d'observateur, plus convenable pour un petit ignorant du monde de la cour. Quelles éminentes invitées peupleraient ce goûter de leur babillage? La première était une jeune femme connue pour ses talents d'herboriste et d'accoucheuse, talents dont paraissait avoir profité Sa Majesté durant l'épreuve de son veuvage. A qui s'était donc adressée Son Altesse: à la connaisseuse des plantes, ou à l'experte des bébés? Etait-elle enceinte?!

"Mademoiselle Spina, enchanté. Monsieur de Malterre, pour vous servir."

Il se morigénait d'avoir osé perturber l'impératrice à présent qu'il la soupçonnait augmentée d'un foetus. Quel idiot, offenser Sa Majesté! Vu les sautes d'humeur de Miranda Brisendan, ses pulsions gourmandes, la conduite de la dirigeante impériale s'éclairait d'une lumière nouvelle: elle venait de perdre un époux, dont le précieux héritage résidait dans ce ventre où se développait une nouvelle vie, à protéger d'autant plus que le père venait d'être assassiné! Cette hypothèse insensée lui paraissait plausible et il résolut d'adopter envers Son Altesse la même bienveillance prévenante qu'il déployait envers la femme du banquier.

"Comme vient de l'annoncer Sa Majesté... Un macaron Majesté? Son Altesse ne devait pas être fatiguée par ce goûter, elle devait passer un moment agréable... Surtout, la considérer comme une bombe explosive à retardement, à laquelle la moindre contrariété imprimerait une accélération du compteur!
"Comme le disait Sa Majesté, M. Zullheimer est mon tuteur pour la semaine. Quelle judicieuse idée, Votre Altesse, de nous inviter à échanger à ce propos! Un macaron, mademoiselle Spina? Salutations, Mme de Montpesan.

Pourquoi avait-il été placé auprès d'Everard? C'était l'une des premières questions que son tuteur temporaire lui avait posée. Relions les évènements: le voeu de vérité assorti des déclarations de Son Eminence... l'improbable grossesse de sa Majesté... La présence de Mlle Spina, anciennement pupille du Prieur... Trop d'éléments d'un côté, et sa fatigue de l'autre n'aidait pas à les traiter.

Survint justement une dame accoutumée à manipuler les idées, les entremêlant comme autant de fils de vie triturés par une virtuose invisible. Leur virée dans la folie wordsmithienne avait dessiné un souvenir commun dans l'entrelacement de leurs schémas mémoriels, et il accueillit l'évanescente créature avec un sourire ami.

"Mme d'Albret, quelle joie de vous revoir."

S'adressait-elle à lui en évoquant la temporalité? Elle avait l'art, comme toujours, d'offrir des cacahuètes pour son cerveau épris de questionnements, les saisissant avec l'avidité d'un petit singe curieux.

"Le temps du rêve est bien différent du temps de l'éveil, mystérieux et inquantifiable; L'humain l'a découpé selon ses propres mesures, partant du métronome du coeur pour battre la seconde, se calquant sur les astres pour les durées les plus longues: initiative bien commode, il faut l'avouer, qui nous permet d'être tous réunis en cet instant afin de profiter des douceurs d'automne gracieusement offertes par Sa Majesté. Sans cette mesure du temps, serait-on parvenu à créer des automates, destinés justement à reproduire des tâches cycliques?"
Il soupira soudain, le regard sombre, happé par des considérations morbides, emporté par les fantômes de Stevan, d'Elrich, des orphelins disparus et tant d'autres dont l'apparition dans une rubrique nécrologique n'arrachait guère aux ombres de l'anonymat la peine d'une famille endeuillée.
"On ne peut pas s'affranchir de cet ogre: certains ont le bonheur de naître recueillis par les mains expertes d'une sage-femme attentionnée et charmante comme Mademoiselle Spina, dont l'oeuvre permet à des familles de célébrer leur joie dans le temple de Meira; mais au final, nous échouons tous dans les bras des prêtres de la mort alors que Barod nous emmène vers notre dernière demeure."

Voilà que l'atmosphère devenait lugubre. Non, il ne fallait surtout pas angoisser Sa Majesté avec ce genre de sujet, le poids de son deuil récent devait encore être palpable et mieux valait qu'elle se réjouisse des beautés de l'existence alors qu'elle portait peut-être une nouvelle âme dans un ventre que n'arrondissait pas encore les premières semaines de gestation.

"Pardonnez-moi: laissons donc en paix les défunts et réjouissons-nous avec Mademoiselle Spina de cette naissance, enfant qui aura le bonheur de grandir au sein d'un empire méritocratique dédié au progrès et peuplé de citoyens libres. Longue vie à Ambrosia, longue vie à l'art, à la science et, par dessus tout, rendons grâce aux dieux qui nous guident!"
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Elena Spina
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MessageSujet: Re: [CLOS]Quand une lionne convie un damoiseau pour le goûter Mar 6 Juin 2017 - 22:00
-Mademoiselle Spina, votre retard est tout pardonné pour l’arrivée d’une vie nouvelle !

Rassurée que l’Impératrice ne lui tienne pas rigueur de son retard, Elena sourit, tout en soupirant discrètement de soulagement. Outre le fait qu’il s’agissait de l’Impératrice, elle savait qu’Everard appréciait énormément Lilith de Choiseul. Et elle aimait beaucoup celui qui avait été son tuteur pendant trois longues – et pourtant trop courtes – années. Elle n’aurait dès lors pas aimé déplaire au Serviteur d’Ameth en déplaisant à sa Majesté l’Impératrice. Elle se tourna ensuite vers l’homme qui l’accompagnait et attendit qu’il se présente.

"Mademoiselle Spina, enchanté. Monsieur de Malterre, pour vous servir."

Monsieur de Malterre… Ce nom lui était totalement inconnu. Mais ce n’était pas surprenant. De nombreuses dames et de nombreux gentilshommes allaient et venaient à Ambrosia. Qu’il s’agisse de pupilles, de marchands ou de voyageurs. Elle ne pouvait décemment pas connaitre tout le monde. Polie, elle fit une nouvelle révérence. « Monsieur, c’est un plaisir de faire votre connaissance. » Alors qu’ils n’étaient toujours que trois, elle s’enquit de la santé de sa Majesté et ce fut pour Elena un autre soulagement ! En effet, elle avait été très soucieuse de l’état de santé de Sa Majesté, après qu’elle ait été près de s’évanouir dans la chapelle, voilà près d’un mois. Évidemment, la perte de son mari l’avait touchée, c’était normal. Mais elle faisait partie des rares personnes à savoir que la perte de son époux n’avait pas été son seul malheur, cette nuit funeste. D’ailleurs, elle se jura secrètement de concocter une potion pour sa Majesté, au cas où elle le souhaiterait… Il lui faudrait lui en parler.

Monsieur de Malterre partage un point commun avec vous, à peu près, il est sous le tutorat du Prieur Zullheimer pour la semaine. Peut-être que vous pourriez partager votre expérience…

Lui parlant d’Everard, l’Impératrice la ramena au présent. Ainsi donc, Monsieur de Malterre allait… être sous le tutorat de… Ce fut plus fort qu’elle : Elena ressentit une grosse bouffée de jalousie gonfler dans sa poitrine. Ainsi donc il allait avoir, pour tuteur, son tuteur… Certes, Everard n’était plus son tuteur depuis plusieurs années à présent. Pourtant, dans son cœur, il était toujours…

"Comme vient de l'annoncer Sa Majesté... Un macaron Majesté? … Comme le disait Sa Majesté, M. Zullheimer est mon tuteur pour la semaine. Quelle judicieuse idée, Votre Altesse, de nous inviter à échanger à ce propos! Un macaron, mademoiselle Spina? Salutations, Mme de Montpesan.

Elle ne voulait pas de macaron ! En cet instant, elle n’avait qu’une envie : quitter ce gouter et retrouver Everard. Peut-être, s’il n’était pas trop occupé, parviendrait-elle à le convaincre de passer quelques instants en sa compagnie ? Elle, amoureuse du Prieur ? Voyons quelle idée… En vérité, jamais elle n’oserait l’avouer, mais… Elle avait effectivement développer de puissants sentiments à son égard, depuis qu’elle lui avait été présentée, alors qu’elle n’était âgée que de dix-huit ans. Suite à l’arrivée de deux nouvelles invitées, Elena repoussa dans un coin de son esprit ses sentiments et la haine soudaine que lui inspirait Monsieur de Malterre. Polie, elle salua Madame de Montpesan, puis la plus jeune, Madame d’Albret. Si elle avait déjà aperçu Madame de Montpesan à la cour, la dernière était pour elle une inconnue, à l’image de Monsieur de Malterre. Elle avait l’air gentil… Et étrange. En fait, elle avait surtout l’air gentil, jusqu’à ce qu’elle ouvre la bouche. Alors, c’était surtout le côté étrange qui dominait. Et pour son plus grand désarroi, Monsieur de Malterre suivait avec une tirade qui la laissa perplexe. Dans quoi donc était-elle tombée ? Sa tasse de thé à la main, elle jeta un coup d’œil en coin vers l’Impératrice, pour observer ses réactions. Si elle était friande de ces tirades philosophiques, Elena risquait de profondément s’ennuyer. Non qu’elle n’aime pas la réflexion. Avec Everard, il leur était souvent arrivé de réfléchir sans but, autour d’une idée, d’une pensée… Mais leurs réflexions avaient toujours eu un côté très concret.

"Pardonnez-moi: laissons donc en paix les défunts et réjouissons-nous avec Mademoiselle Spina de cette naissance, enfant qui aura le bonheur de grandir au sein d'un empire méritocratique dédié au progrès et peuplé de citoyens libres. Longue vie à Ambrosia, longue vie à l'art, à la science et, par dessus tout, rendons grâce aux dieux qui nous guident!"

Ah, soulagement ! La discussion sur le temps qui passait semblait être close ! Elle leva sa tasse de thé délicatement puis en reprit une gorgée.

« Madame… ou devrais-je dire Mademoiselle d’Albret ? Je ne pense pas avoir déjà eu le plaisir de vous rencontrer. Permettez-moi de me présenter : Elena Spina, herboriste et sage-femme. » Élégamment, elle inclina la tête puis reporta son attention sur la jolie et jeune blonde.
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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Quand une lionne convie un damoiseau pour le goûter Ven 14 Juil 2017 - 16:00
Les dames arrivent, le moment se remplit, après les salutations et les bienséances d’usage, je dois avouer que je me place à l’arrière, histoire d’observer, c’est bien tout ce que j’adore dans ce monde, détailler les choses et les observer. Et je vois les discussions s’envoler et les dames parler, beaucoup et ouvertement, avec de grands éclats de rire. Ce n’est qu’après une à deux heures, que je fais signe à Elena de se rapprocher et que je l’éloigne quelque peu des convives.

Admirant les jardins entre autres choses, je reste le dos droit, impériale et silencieuse, ce n’est qu’au bout de quelques instants que je prends la parole.

-Mademoiselle Spina, j’aurais une proposition à vous faire. Déclarais-je dans un sourire, tournant enfin mon visage vers elle. J’ai réalisé apprécié votre compagnie et votre façon d’être, de ce fait, j’aurais aimé que vous rejoignez un cercle plus que restreint : celui de mes dames de compagnie. Qu’en pensez-vous ?

Je lui laisserais bien entendu le temps d’y réfléchir, pendant ce goûter ou plus tard même. Dans tous les cas, je la détaille quelques instants avant de me tourner vers les convives en plein débat, m’arrachant un sourire alors que cela parle de condition de la femme. J’apprécie le spectacle et les bruits, avec tendresse presque.

-Je n’ai pas à vous éclairer sur les devoirs d’une dame de compagnie n’est-ce pas ?

Nul doute qu’elle connait ce role, plus que prisée par la cour et quémandée par bien des courtisanes. Mais actuellement à part Madame l’Oie, je n’ai réellement personne. Ainsi ma proposition faites, je laisse à Elena le choix, tout en la reconduisant parmi les convives, le gouter se terminera bien entendu sous les meilleurs auspices.


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