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 :: L'histoire Ambrosienne :: 2nd niveau de la cité

[CLOS]Acte I, scène I: Dévergonder le banquier pour changer.

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Valerian d'Andressy
Gentleman cambrioleur
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MessageSujet: [CLOS]Acte I, scène I: Dévergonder le banquier pour changer. Sam 15 Avr 2017 - 10:50
Il est l’heure mes amis…oui l’heure de faire notre entrée. Sur les planches même de la vie, sur cette scène un peu malmenée. Son bois est écorché, ceux qui y vont pieds nu en ressortent ensanglanté. Mais il est ainsi fait, le but est ne point se laisser aller. Vous me pardonnerez, je m’en vais jouer ma première scène. Et nous la débuterons, dans un geste d’obscène.

-Non non que diable ! Vous ne comprenez rien !! Cette scène doit être loin de l’affable du commun, vous jouez, mais vous n’y êtes pas ! Bon sang ! mais regardez-moi ! D’un élan souple s’élance le corps, grimpant sur la scène sans effort, les gestes souple sont une entière chorégraphie. Je repousse le comédien, l’apprenti, venu prendre des cours, et qui dans une scène d’amour, me joue le néant de l’effarouché alors que son personnage est un exalté. Voyez donc votre belle, elle se donne sans pareil, offerte pour la première fois, elle concède à ses émois. Que vous dit-elle déjà ? D’un mouvement vers la donzelle qui donne la réplique, je souris sans mimique. Offrant l’expression la plus séductrice, d’un homme qui connait bien ses vices. D’une main j’entoure sa taille. Regardez comme elle est perdue, elle ne veut pas entacher sa vertue, mais l’art de l’Amour a été offert par les Dieux, Aernia en a fait un son mélodieux, elle sait ses sentiments sincères et n’attends rien qu’un baiser incendiaire. Il faut la saisir ainsi fermement, à la taille. Aux paroles, je joint les gestes. Et la regarder, d’un regard sans faille, admirer sa beauté,peut-être, juste effleurer sa joue, du bout des doigts ainsi la cajoler, du revers de votre main, la caresser. Et prononcer les mots, comme si tout autre n’étaient que faux. « Je vous aime. » Soufflais-je dans une supplique lyrique. Comme si c’était votre dernier soupir, comme si après avoir dit cela vous pouviez mourir. Heureux et libre. Ensuite…le baiser ! Et à pleine lèvre, je viens l’embrasser.

Notez ainsi la technique du comédien, sous le prétexte d’un rien, je séduis la demoiselle. Je n’y peux rien, elle est si belle. Et si j’ai le goût de la séduction, c’est bien parce que cela fait partie de mon nom. De mon talent d’action, de ma déraison…
Je vole un baiser à une bouche, sans que cela ne la rende farouche….voilà le malandrin que je suis, qui se présente à vous ainsi. En votre compagnie, spectateur, je ne jouerais qu’un peu la comédie. Je livre en entier, le théatre de ma vie, sans mentir et sans chichi, ainsi si vous le souhaitez, vous pourrez à loisir me juger.


Mais soudainement, la choses est brisée, je redresse la tête, elle est libérée.

-Quelle heure est-il ?
-21heures bientôt Monsieur !
-Diable me voilà en retard ! Je me défais, mais ne peux m’empêcher de saisir sa main pour l’embrasser. Ce baiser accompagnera mes pensées. Mais je dois m’en aller ! Empressé, je saute la scène, courant dans l’allée sans gêne. Demain même heure, point de par cœur !

Ainsi je file.

Me voilà empresser…je cours pour me dépécher,je ne voudrais point manquer mon arrivée. Regardez-moi filer, comme un diable libérée, me détournant sur les passages de demoiselles en beauté, jouvencelles rougissantes aussi belles que troublantes ! Ah mon amour des dames me perdra, un jour, il me vaincra !

Pressé, sur le cheval me voilà posé, l’obligeant à accélérer sa course, j’espère ne point tomber sur l’Ourse. Une grande femelle qui me déteste tant, que je me demande parfois, si en toute amitié pour son enfant, je ne devrais pas, je ne sais, la combler plusieurs fois.
J’ai toujours pensé qu’une femme est de meilleur humeur, une fois son jupon abandonné à quelques bonnes ardeurs. Adieu hystérie et cruauté, bonjour minauderie et félicité.

L’animal cabré, me voilà arrivé, à l’entrée, je me présente, nul besoin de descendre.

-Monsieur Brisendan, ami, complice ! Sortez donc de cette bâtisse ! Moi Valerian d’Andressy, je vous convie ! Allons mon ami, ne vous faites point désirer, nous allons fêter la bonne nouvelle, vous l’avez enfin engrossé ! Une fille ou un fils que sais-je ! Emmenez qui vous voulez, peu m’importe, mais descendez !

Que de bruit ! Que de bruit je vous dis ! Le cheval parade, il est de chez de Lascelle dressé. Et moi je parade tout autant. Mais que tout cela est éclatant ! Presque charmant,tout comme le cheval est blanc et mon costume tout autant.




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MessageSujet: Re: [CLOS]Acte I, scène I: Dévergonder le banquier pour changer. Sam 15 Avr 2017 - 14:44
« Ah! Valère, chacun tient les mêmes discours. Tous les hommes sont semblables par les paroles; et ce n'est que les actions, qui les découvrent différents. »

Un coup d'oeil à la vitre du bureau ; en contrebas, Valerian, bien sûr. Qui d’autre aurait bramé sous ses fenêtres en caracolant ainsi dans la brise, cheveux au vent, tout droit sorti de sa dernière affiche ? Ross eut un vague sourire, comme au rappel d'une vie passée, et joua brièvement avec son alliance ; puis, rappelé à ses devoirs réels par la voix sèche qui le convoquait dans l'instant présent, il déposa le papier sur la table et affirma de nouveau :
« Vous avez jusqu’à demain. Quant à moi, vous connaissez mes conditions. »

Il quitta la pièce en claquant la porte, et ses pas sonnèrent au long du couloir comme s’ils avaient été chaussés d’éperons. Non, il ne monterait pas à cheval, quant à lui. Il aurait eu peur de faire une chute s’il avait tenu les rênes entre ses mains ; mieux valait confier ce soin à quelque froide personne neutre et dénuée de toute pulsion autodestructrice. Pas Valerian non plus. La porte se rouvrit derrière lui ; le fond du couloir était déjà loin. Il s’apprêtait à rejoindre l’air libre, le dehors, la clarté mourante des lanternes, et celle, impassible, des astres. Il ne s’arrêterait pas, quoi qu’on puisse lui jeter.

Ce fut une dague empoisonnée... qu'il para d'une pirouette.

« Vous avez donc bien confiance en l’oeil du public, monsieur. »

« C’est que vous me le rendez sympathique, à force de vous en méfier, madame. »

« Ne vous ai-je pas toujours protégé ? » cria la voix répercutée par les bibelots qui tintaient. Lorsqu’il s’engagea dans le grand escalier, il fut pris progressivement d’un fou rire qui finit par l’arrêter, plié en deux, alors qu’il aboutissait enfin à la sortie. Ciel, les clients. Qu’allaient penser les clients ? Une chance qu’il n’y en ait plus à cette heure.

Son rire reprit de plus belle, tandis qu’il franchissait les grandes portes, dans toute la gloire de sa tenue grise débraillée, de son visage dénué du moindre apprêt, et de son chapeau noir enfoncé sur ses yeux. Il aurait pu passer pour le dernier des étudiants sortant de trois jours de folies ; sa nuit blanche suivie d’une journée à courir en tous sens l’avait laissé dans un état d’épuisement énergique, le geste nerveux et fébrile, l’impatience manifeste, le regard courant d’un détail à l’autre comme s’il craignait de tomber endormi dès qu’il interromprait ses efforts de surveillance.

Il prit le cheval par la bride, lui caressa la tête et leva les yeux vers le cavalier.

« Je sais, je suis poussiéreux. Je reviens d’un chantier. Cette autre agence qui a été cambriolée. Valerian, je ne vous ai pas dit souvent cela, aussi, sautez sur votre chance : je vous demande de m’enlever, avant que je ne tue quelqu’un. »

Son rire s’émaillait de sérieux, et il montra d’un geste las un fiacre de location, dont le cocher le cherchait des yeux en s’avançant. Il comprit que ce brave employé ne le reconnaissait pas, et lui fit un grand signe furieux, puis reprit à voix plus basse, rapide comme les aveux d’un malfrat, sombre comme les divagations d’un vagabond au coin d’une rue.

« J’ai trop bu. Pas assez mangé. Pas un restaurant, je vous prie. Pas le théâtre non plus, si j’entends encore un vers je ne réponds plus de moi – parlez en rimes selon votre habitude, je fais une exception pour vous – mais pas d’alexandrins, pas de régularité. Où sont mes bonnes manières ? Dites-moi comment vous allez, mon ami. »

Ce n’était pas l’aimable demande qu’il adressait d’ordinaire à ceux qu’il affectionnait ; c’était à la fois une supplique et un ordre de meubler le silence à tout prix, par des folies, par des mensonges, par tout ce qui lui passerait par la tête ; et c’était une demande adressée à quelqu’un qui avait, plus que quiconque peut-être, la faculté d’occuper l’espace et de fixer les regards, les attentions, sur ses agissements plus ou moins cohérents. Ross comptait sur lui… d’une certaine façon.
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Valerian d'Andressy
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MessageSujet: Re: [CLOS]Acte I, scène I: Dévergonder le banquier pour changer. Ven 5 Mai 2017 - 17:37


L’homme vient, regardez le, il n’a pas l’air bien, il a l’air un peu miteux. Me voilà fort étonné, cet homme que je connais, n’a rien du banquier bien empesé, qui assujetit le tissus à ses folies les plus farfelues. Il porte l’ombrage d’une barbe et son visage me parait presque macabre. Les traits tirés de quelques rides pour une fois marquées, me font à craindre que le pire, ne soit arrivée ! Allons mes bons amis, avant d’envisager le pire, faisons le reprendre un peu vie, pour mieux nous en réjouir.

Il saisit la bride du canasson et me fait cesser brusquement ma pamoison. Je suis fantasque comédien, qui joue et le fait bien, sans détour honteux et sans craindre les enjeux, je me demande curieusement, si dans sa tour pleine d’argent, la vieille Brisendan me maudit dès à présent. J’aimerais tant !

-Vous me demandez d’être votre chevalier servant ? ah je devais le pressentir n’est-ce point évident ? J’ai déjà le cheval blanc !

D’un geste gigantesque, je désigne l’animal, il n’a rien de dantesque, je le trouve même banal mais il faut, je vous le dis, savoir faire d’un rien, une merveille sans prix. Certes c’est un cheval de Lascelle estampillé, mais il y en a des bien plus beau,il faut se l’avouer !

-Allons bon, voilà qui est peu séduisant, un fiacre tout simplement ? Mais montez à l’arrière de mon destrier, les cheveux aux vents nous allons galoper ! Courir la nuit dans la capitale, se faire quelques petits plaisirs coupables. Et si nous ne sommes point trop essouffler, ni trop dénudés, nous irons regarder le soleil se lever !

Ah mais j’en fait trop, je le sais et mon visage prends une seconde quelques expressions de gravité, alors que j’ose vraiment le regarder. Me voilà dans ses confidences, l’oreille tendu, l’esprit plein de tempérance, j’écoute ce qu’il a foutu, pour avoir cette apparence. Devenant bandit plein de complicité, j’envisage les alentours comme si nous allions être supplicié, pour quelques ouvrages plein d’obscénité ou parjure à nos Dieux aimés.

Je descends de ce cheval dès à présent, flattant l’encolure de la bête, j’ai quelques idées déjà en tête, après tout, il l’a engrossé, le plus dur est désormais fait ! Il devrait s’en réjouir, mais il a l’air d’en pâlir à moins que cela n’ait rien à voir avec cela, je ne lui ai rien à proprement rien volé et la bande qui a œuvré, n’est pas sous mon autorité, mais c’est ce que pense les autorités…

Peu m’importe entre nous, ça lève un peu de prestige à mes coups, mais je n’en ferais pas une maladie je l’avoue. Par contre ce qu’il ne sait, c’est qu’il donnera bientôt un peu de fausse-monnaie, le comble, pour un banquier !

-Allons allons mon ami, m’avez-vous déjà entendu, un tant soit peu être soutenu. J’ai l’art de tout briser, la volonté de tout chambouler, le désir de ne pas être cadré. J’ai en horreur les alexandrins… Mon ton est de confidence. Mais pour votre question je vais bien ! Contrairement à vous je suis serein.

Ma main a saisi son bras, sans brusquerie n’est-ce pas, prenant mon temps pour me diriger vers le fiacre stationner. Le cheval est abandonné à un domestique pressé, surement par sa maîtresse envoyé, pour faire cesser mes simagrées. Je lui confie la bride.

-S’il me dit que vous l’avez mal traité, je vous le jure devant chaque divinité, je casse tout. Mais tout !



Voilà c’est dit, c’est promis, tout est ainsi signé. Si mon cheval se déplait, je le saurais !

Regardez ce couple d’ami, un homme emporte un autre, il fait nuit, ils seront deux apôtres. Préchant l’ivresse et la décadence ou peut-être d’autres engeance, l’un semble triste et dépouillé, mais que se passe-t-il pour ainsi souiller, le corps d’un homme habituellement si bien remisé !

Ils prennent place dans le fiacre, plus besoin de simulacre…


Ma tête se laisse, en arrière, aller, un silence est tombé, mais je finis par soupirer.

-Et bien mon ami, vous avez l’air au bout de votre vie, je ne vous ai jamais vu si mal mis ! Moi qui voulait avec vous fêter, quelques instants plein de gaiété, me voilà à me demander, si vous n’allez pas vous effondrer ! Il va nous falloir boire et fumer, surtout fumer ! Un éclair de génie, je frappe avec une force innouie ce qui me sépare du cocher. Cercle des plaisir, aux « Fantômes d’Armir ! ».

Ce n’est pas les Vices et Délice, il y a peu de cuisse, mais plus de fumée et de salon privée, qui sauront ravir, je le sais, cet esprit tout chamboulé !




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MessageSujet: Re: [CLOS]Acte I, scène I: Dévergonder le banquier pour changer. Ven 5 Mai 2017 - 20:29
La voiture se mit en mouvement avec les cahots habituels, qui s’apaisèrent alors que les chevaux trouvaient leur rythme de croisière. Ross n’était pas mécontent de voir l’habitacle et la vitesse se refermer sur eux comme des protections, et les séparer du restant des mortels pour quelques moments.

Il appréciait toujours ces moments de pause où Valerian cessait d’être… eh bien, ce Valerian qui le surpassait en tout, que ce soit en déclamations de diva, en extravagances comportementales, en sous-entendus scabreux ou même en tenues certains jours. Celui qui, lorsque Ross faisait tourner les têtes en entrant dans une salle, trouvait quant à lui moyen de faire sursauter. Non qu’il soit ennemi de ce Valerian-là, il aimait un bon spectacle comme tout un chacun, et nul mieux que lui ne savait reconnaître et admirer l’énergie que mettait un interprète dans la présentation d’un personnage ; mais il n’arrivait jamais à être certain que ce Valerian-là soit son ami pour de bon, les feux de la rampe étant de fiers rivaux.

Le silence qu’observait en revanche ce nouveau Valerian lui indiquait qu’il s’agissait bien, sans doute possible, de celui qui lui tenait compagnie en toute intimité : il voyait dans ce silence un mot de passe qui annonçait son arrivée, ainsi que le temps de déposer un masque. Peut-être pour en révéler un autre, qu’importe, ce masque-là savait exprimer de la sollicitude et avait sa confiance.

« Vous allez rire, mais au fond, je vais bien moi aussi. J'avais grand besoin de voir un visage amical, votre destination m’enchante, et tenez… » Pas même par lassitude ou pour se débarrasser d’une corvée inévitable, non, avec bonne humeur même, Ross saisit son ami par le cou et lui plaqua un franc baiser sur le visage, avant de retrouver sa place ; sa main joua quelques secondes dans les cheveux bruns – qu’il lui arrivait d’envier ceux qui portaient de longs cheveux… mais c’était tout de même diablement moins pratique pour la perruque – et il annonça d’un ton parfaitement innocent, de cette innocence qui faisait enrager ses complices moins angéliques : « Voici pour l'enlèvement. Maintenant, aux nouvelles ! »

Il se passa les mains sur la figure, comme pour en effacer quelque spectre attaché à sa peau. Trop de choses à raconter, trop de bouleversements à résumer. Impossible. Son cerveau ne fonctionnait pas correctement, et défaillait d’autant plus à la pensée d’une nouvelle nuit blanche. Il s’était jeté dans cette évasion comme un gladiateur dans une fosse aux tigres, et maintenant, il lui fallait une stratégie pour transformer cette folie en havre salvateur.

La banquette était heureusement confortable, et il s’y vautra de tout son long, tel un étudiant sur un banc de parc. La station couchée était vraiment la plus naturelle qui soit pour l’homme ! A la seule idée de l’établissement où ils se rendaient, de ses coussins moelleux et de ses vapeurs enivrantes, il avait déjà l’impression d’être dans ce cocon orientaliste à l’ambiance musicale et lumineuse idéale pour un songe. Il avait besoin de songes, non de sommeil. Cet homme lisait dans ses pensées.

« Ecoutez, je sais que l’ordre et la logique vous blessent le cerveau, mais prenons les choses dans l’ordre, sinon nous n’en sortirons pas. D’abord : la victoire est certaine, au sens où l’enfant est certainement de moi, il me ressemblera comme deux gouttes d’eau, et mon devoir s’achève. C’est une joie incommensurable, et nous allons le fêter, par tous les Dieux. »

La rage avec laquelle il affirmait cette victoire, l’austérité avec laquelle il affichait cette joie, n’enlevaient rien à sa sincérité. Certaines montagnes devaient être gravies sur les genoux, et l’on n’était pas brillant à l’arrivée au sommet, mais néanmoins, il avait effectué le pélerinage, et la sainteté convoitée était désormais sienne. Il était désormais libre du programme de ses nuits – et personne n’était plus indiqué que Valerian, le libertinage incarné, pour fêter une telle montée en grade. Ross étendit les jambes, et croisa ses bottes sur la fenêtre de la portière, le temps de fermer les yeux. Etrangement, des images de son mariage dansaient sous ses paupières closes. La boucle était bouclée, et le seul à être toujours là, depuis cette rutilante cérémonie, c’était Valerian. Il coupa court à toutes les autres pensées qui auraient pu emboîter le pas à celle-ci en poursuivant, plus calmement :

« Second point que vous devez connaître : j’ai travaillé toute la nuit, puis j’ai travaillé toute la journée. Travaillé, réellement travaillé, mon bel ami, comme jamais je ne l’avais fait jusqu’à présent. Vous pouvez le dire, j’ai l’air du fantôme d’un épouvantail qui aurait fait la guerre. Une honte. Je dois vous faire horreur. Mais je ne vais pas m’effondrer, il me faudra quelque aide pour cela, et je compte sur vous. »

Ce n’était pas vraiment la première fois que Valerian l’apercevait un peu mâché, ou en situation incongrue ; mais d’ordinaire, c’était plutôt ainsi que la nuit finissait, non qu’elle débutait. Il y avait une touche de spectacle de fin du monde dans la vision d’un Ross qui retournait hanter les bars avec encore sur le visage sa gueule de bois de la veille. Il en était conscient. A tâtons, sans qu’il ait rouvert ses yeux qui trouvaient enfin un peu de repos, sa main trouva la botte de son camarade et la tapota d’un air réconfortant. Il ne fallait pas s’inquiéter. Sa lucidité était toujours bien présente. D’ailleurs, sa liste se poursuivait avec un point moins abordable ; son hésitation fut manifeste, en ce qu’il rouvrit un œil pour observer la physionomie de Valerian alors qu’il parlait.

« Il y a encore une histoire très grave. Nous n’en parlerons pas, si vous voulez bien. Je ne veux pas vous empoisonner avec... »

Ross se tut, croisa les bras sur sa poitrine et referma les yeux. Oui, on pouvait appeler cela un lapsus révélateur. Mais ce n’était pas du tout le moment de parler de braquages, d’assassinats, de conspirations et de soupçons, alors qu’ils sortaient faire la fête ; cela attendrait. Il n’était pas certain que de telles histoires policières intéresseraient vraiment Valerian, d’ailleurs ; on ne pouvait pas dire que les faits divers de ce style l’aient jamais passionné bien sérieusement, trop mesquin, trop terne, trop bâclé, bref, rien de vraiment flamboyant. Sous forme de ragots, pour en rire, à la rigueur ; mais pas en commençant par les mots « très grave ». Il serait capable de faire rimer cela avec « betterave », cet espèce d’impie.

« Et pour finir, j’ai écrit des alexandrins. Oui, vous entendez bien, au pluriel. Deux, j’en ai écrit deux ! Ils sont monstrueux de platitude. Ils ne riment pas. Je suis furieux contre moi-même. Pour avoir trouvé l’exercice difficile, et pour l’avoir trouvé facile. Ne cherchez pas. Je suis fou, et je ne veux pas vous contaminer. Je veux voir quelqu’un rire et prendre du bon temps, cela me manque. »
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Valerian d'Andressy
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MessageSujet: Re: [CLOS]Acte I, scène I: Dévergonder le banquier pour changer. Ven 19 Mai 2017 - 19:01
Coulisse de la représentation, deux hommes, sans question. Un moment de vie dissimulée, dans entrailles d’une immense cité.  On pourrait la nommer Ambrosia la douce, cité des êtres peu farouche, Ambrosia la fatale, qui vous saisit et vous rends coupable, ou encore Ambrosia, la cité des libertés, où pour vivre heureux, on ne vit pas forcément caché. Ainsi nous somme là, dans une intimité qui peut-être nous préservera.

Je tourne mon visage vers le sien, un baiser que j’obtiens, me voilà à sourire, pris d’une envie de rire et je reste pourtant, calme, sans empressement. Ma nature passe pour désinvolte, moi, l’être de révolte, cela ne me déplait pas, au contraire, je chéris cela.
Mes pieds sont retirés, alors que mes jambes allongées se retirent pour le laisser s’allonger. Je m’installe, moins à l’horizontale, dans le coin du fiacre, me permettant d’observer, ce monde simulacre, par la fenêtre voilée, par intermittence. Rues de nuit et nuage à la pluie, je souris.

-Voilà qui est parfait, parfait !Je le dis sans mauvaise pensée, tradition noblière ainsi maintenu, un nouvel enfant désormais à la venue, comme pour tout un chacun, ses parents ne s’aimeraient point. Accord tacites et commerciaux, noyades de faux, tout est parfait, parfait !

Nous en avons déjà discuté, il sait mes positions sur certains plans de la société, il sait. Non que mon désaccord ait de l’importance, ce qui importe c’est ma véhémence, la vraie, que lui seul connait, mais qui est délicieusement maitrisée, par l’amour, que je sais, il saura porté. La vérité c’est que je retrouve un sourire charmé.

-Ah c’est PARFAIT ! Je suis le parrain j’ose espérer ! Je lui apprendrais à rire et chanter, et à danser. Et s’il est un enfant point trop insolent, je ferais en sorte qu’il soit charmant. Je débarquerais pour des sarabandes, de la folie, de la FOLIE il faut pour une vie !

Le ton est enjoué, je retrouve un sourire assuré.
Il est pourtant agité, le carrosse est fermé, il ne permet pas de s’accaparer, on ne peut se lever, jouer, bouger, non rien de ces futilités et je me sens obligé d’être sage. Sage ! Moi ! Quelle idée !

-AH BON DIEU JE NE TIENS PLUS ! Lâchais-je dans un épanchement superflu, frappant à grand fracas, la séparation du cocher, pour qu’il cesse là, d’avancer. Levez-vous levez-vous, dépéchez-vous. La portière s’ouvre, je descends, vite, presque je cours et j’inspire l’air frais. VOILA MON AMI, voilà ! Voilà pourquoi dans toute votre vie, vos alexandrins sont plats ! Mais qu’ils le soient. qu’ils le soient !

Je le saisis par le bras et d’un ton de confidence, je m’approche de lui plein de bienveillance.

-Vous obéissez aux codes, c’est votre truc. Vous êtes un code, moi je n’ai pas de but. Respirez, vivez, inspirez, à grande goulée, et oubliez. Oh grand dieu, je vous l’ai déjà dit, vous êtes fou de raison, je suis fou de déraison ! Allons laissez ce foutu carrosse, venez avec moi Ross !

Le tenant par le bras.

-Marchez, courir, nous déplacer, l’élévateur ! Il est à quelques pas, prenons cela !

Ah parfait, parfait.

-levez ce chapeau, il ne me plait pas ! Je me coiffe de ça, dans un geste plein de théatre ma foi, et je me faufille à l’intérieur, un sourire charmeur. Main dans les poches et jambes écartés, mon pied gauche est levé, sur son talon posé. Entrez mesdames, messieurs, bonnes gens, demoiselles, et laissez moi vous narrez les merveilles. Allons allons pressez !

Je ris à gorge déployé et dans cette descente entourée, de nobles intriguées, de gens à me regarder, je clame.

-Ah je vous le dis, notre Empire bat de tout cœur sa vie ! Oui mes amis, nous sommes tous unis. Semblable. Et les vils qui ont frappé seront malmené. Le bon Prince Elrich a été émpoisonné ! Un Amethien en moins devrait compter, mais j’aurais plus spécialement pensé, à un de ceux qui nous font trembler,car je ne puis dénigrer,que ce bon Prince était aimé. Même moi ! MOI ! Je lui vouais un amour fou, FOU vous dis-je ! Mais pas au point de mériter le bucher, il ne faut pas exagérer ! Quoi que aimer qu’est-ce que c’est ? C’est la sincérité d’un cœur, la folie des ardeurs, la passion, la passion ! Qui ici connait la passion ? Je saisis mon ami. Vous la connaissez vous, la passion ? Celle que je promet à déraison, que j’offre à raison, que je propose à foison. LA passion, saisir un baiser à des lèvres enfiévrées, qui vous répondent avec sincérité ! Diable que cela est beau ! Je le lâche. Moi j’aime je vous le dis. Et que cette lune bienveillante soit mon témoin ici, j’aime sa majesté. Notre impératrice bien aimée….

Regardez le cet agitateur, qui se lance à cette heure, dans une agitation de gens, qui embrase les sentiments. Des purs ambrosiens ! Qui m’écoute sereins, alors que j’affabule, tout le long du trajet, mais je veux qu’on m’adule !

-LONGUE VIE A L IMPERATRICE ! LONGUE VIE A AMBROSIA ! LONGUE VIE A NOUS !

Et ils scandent avec moi, fiévreux, plein de joie et je souris, essoufflé, emporté, nous voilà seuls désormais. De l'élévateur descendu, je me sens comme repu

-Et c’est dans ces embrasements que je vous embrasserais, à pleine lèvres sans me gêner !




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MessageSujet: Re: [CLOS]Acte I, scène I: Dévergonder le banquier pour changer. Dim 21 Mai 2017 - 9:07
Tiens donc, les responsabilités évoquées n’effaraient donc pas le bondissant personnage ? C’était fort bien, mais qu’il ne revienne pas s’en plaindre si quelques mois plus tard on le prenait au sérieux, songea Ross sans rien en laisser paraître. Il s’imaginait assez mal Valerian patienter quelques années qu’un petit être devienne assez solide pour qu’il puisse le lancer dans les airs, ou l’entraîner dans des danses effrénées. Et à propos de danse...

« Je vous en prie, faites-en une insolente, une sauvage. Que pourrais-je avoir d’autre qu’une fille… Pardon, j’ai emmené, contré mon gré, croyez-le bien, un peu des rengaines de ma mère avec moi. »

La vision de la folie n’était pas une chose qui distrayait Ross, au contraire : il en avait légèrement peur, comme il avait peur de la contagion des malades, et des accès d’empathie incontrôlée le faisaient souffrir au spectacle des véritables crises de l’esprit. Mais ce que Valerian appelait folie était tout autre, et il buvait ses paroles et son ballet incessant comme il aurait observé un feu d’artifice, tout en considérant la formule employée : fou de raison. Non, il n’était pas fou, il s’y refusait, il s’efforçait justement de ne pas le devenir, en changeant de ton, de cadre, et de refrain. Cette compagnie inconsciente lui assainissait l’esprit en l’abrutissant de tourbillons, comme un alcool fort qui l’aurait empêché de penser selon son habitude. Il ne pouvait plus rien calculer, puisque Valerian faisait le programme.

« Vous voulez m’embrasser parce que je suis proche de l’Impératrice ? Je ne porte pourtant pas ses jupes ou ses parfums, pas ce soir, » répliqua-t-il avec un fin sourire en observant les environs qui s’émaillaient de mille éclairages plus ou moins colorés. C’était la différence entre les quartiers festifs et les quartiers déshérités : dans les ruelles du port, il ne pouvait se remémorer que deux couleurs, celle pâle, grise et presque bleutée des quelques éclairages publics, et celle, orangée et tremblotante, des feux allumés par les pauvres hères, quand ils le pouvaient. Mais il était peut-être trompé par la binarité de son esprit, qui sait.

« Pour en revenir à votre tirade – il est toujours si difficile de répondre à vos tirades, vous y abordez tant de thèmes qui mériteraient d’être développés ! Allons, choisissez, pour une fois. Nous n’aurons pas assez d’une nuit pour tout. Parlerons-nous de vos conjectures sur la mort du Prince ? Des sens que nos poètes donnent au verbe aimer, leur verbe favori, qu’ils tournent à toutes les sauces ? De vos sentiments… patriotiques, si j’ose ainsi les nommer ? »

Ils avaient déjà abordé ces notions ; notamment la dernière, qui occupait assez souvent le devant de la scène parmi les élucubrations de Valerian. Ross estimait que c’était bien son tour de jouer les fanatiques énamourés auprès d’une spectatrice, étant donné le nombre de spectatrices qui avaient dû se coucher à ses pieds au cours de sa carrière. Juste retour exigé par des dieux malicieux, en somme.

Tout lui était égal et aussi agréable à discuter, puisque ce serait le prétexte à de nouvelles explosions de verve et de ces étincelles absurdes que Valerian nommait ses folies. Ross s’aventura en toute prudence à tenter un pronostic : le comédien s’offusquerait qu’on lui demande de choisir. Ça n’avait jamais été son fort, dans aucune circonstance que son ami lui connaisse. C’était une chance pour lui qu’ils ne vivent pas sous un de ces régimes où l’on doit déclarer son affinité pour tel ou tel candidat, il en aurait été bien incapable.

Les décisions qu’il prenait ne regardaient que lui-même, et restaient du domaine de la mise en scène, comme la captation de ce chapeau qui lui donnait un air étrange, celui d’un artiste en représentation qui va bientôt le faire passer dans la foule pour récolter la monnaie de son effort. Le banquier se disait tout cela avec une affectueuse indulgence, conscient cependant que d’autres ne la partageraient peut-être pas et qu’il faudrait leur expliquer, plus posément, ce qu’il en était. Mais dans le quartier où ils se rendaient, inutile de surveiller les regards de travers et les froncements de nez : Valerian et ses frasques y étaient amplement connus.

Tout en le suivant, il guettait l’apparition de la façade qui les appelait, et ses jambes commençaient à se plaindre d’avoir couru en tous sens à longueur de journée, et d’être encore sollicitées ce soir. Du calme, braves servantes, ils y étaient presque. Ce soir, ni les esprits ni les corps ne seraient poussés à d’épuisantes limites, au contraire ; l’imagination qui les emporterait lui apparaissait aussi reposante qu’une rêverie au moment de trouver le sommeil. Ce qui était reposant, c’était de savoir qu’aucun de leurs actes, aucune de leurs paroles, n’aurait de conséquences.

Songeant cela, il jouait dans sa poche avec la monnaie qui s’y trouvait, sans même y attacher sa réflexion, comme un joueur amuse en faisant rouler ses dés dans sa paume l’inactivité momentanée de ses mains.
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Valerian d'Andressy
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MessageSujet: Re: [CLOS]Acte I, scène I: Dévergonder le banquier pour changer. Mar 30 Mai 2017 - 14:46
-Non non non, il ne faut point parler. Il faut respirer ! Que suis-je encore en train d’affabuler ? C’est une bonne question il faut le concéder. Parler, parler va nous embrouiller, mon ami, je veux vous évader. Parler, aimer,nous avons tant fait le tour de ces sujets ! POurquoi nous y poser ? En plus mon cœur vient à saigner quand il pense à notre prince tué, je voudrais hurler mes élans de soutient à sa majesté, mais mon soutient le plus vrai, est d’être celui que je sais.

A médité. Qui suis-je en vérité ? Un être agité, amusé, charmeur et charmé ? Peut-être charmant ou enfiévré ? Je ne sais…

Regardez-moi à faire l’être mouvementé, parvenir à m’agiter en ayant tout un fil parfait de pensée, je joue, je sais, c’est la trame de ma vie, que j’incarne en cette nuit. Je m’arrête, comme un instant figé, et à son bras ma main vient glisser. Je souris au banquier ainsi qu’un ami le ferait.

-Je vous aime mon ami, tenez vous le pour dit, pour ce que vous êtes et serez toujours, je le dis ainsi sans détour. Peut-être parfois suis-je méchant, mais je n’ai point que des bons élans, j’aime vous entraîner et vous emporter et si nous n’étions point dans cette réalité, c’est une bacchanale qui nous unirez. Oui, une bacchanale…

Me voilà rêveur durant un instant. Qu’il est compliqué de toujours séant, s’accaparer l’attention et le monde, pour faire milles tours à la ronde et je voudrais lui expliquer, ce que mon cœur solitaire ne sait que trop peser, des troubles d’enfant et de vie entière, qui portent parfois le doux visage de ma mère et le terrible regard de mon grand-père.

-Nous y voilà…êtes vous prêt ? Ce sera vous et moi et des dragons de fumée.

Je le laisse devant moi passée, je suis fatigué, j’ai envie de m’installer, las de jouer, la fière d’à peine si vivement emportée, une fois qu’elle m’a quitté, je suis un oiseau de papier. Ross seul sait, combien je m’épuise de paraître, je me suis accordé pour le laisser parfois admirer, l’homme calme, posée, aux regards bleutés si douloureux de leur passé.

Nous voilà arrivés.

Nous rentrons sans dérangé. Une pièce privative pour deux saura nous arranger, il veut payer, la supercherie est lancée. Je le laisse découvrir ce que lui a fait Lampré…




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MessageSujet: Re: [CLOS]Acte I, scène I: Dévergonder le banquier pour changer. Mar 30 Mai 2017 - 15:26
C’était toujours la même chose : il insistait, on concédait, il payait, on lui souriait, et ensuite il n’y songeait plus. Ce n’était pas chose plus complexe ou plus rare que de respirer. Et à cet instant, si terrible était sa préoccupation qu’il n’aurait peut-être pas même pu compter sa monnaie s’il l’avait voulu. Les pièces roulèrent hors de sa main et l’employé s’en saisit sans que Ross ne quitte la conversation qu’il poursuivait, du regard ou de l’esprit.

« Vous aimez tout le monde et tout le monde vous aime, heureux Valerian... » Son regard se fit plus aigu ; il voyait s’altérer le jeu et se détacher de nouveau le masque, et il hocha la tête en signe qu’il percevait ces subtils changements, en ajoutant à voix plus basse : « Vous savez que je compte sur vous. Nous avons connu bien d’autres dragons, vous et moi, et nous en chasserons encore. »

Il fit signe à son camarade de s’installer confortablement, tandis que l’employé au guichet le rappelait pour une petite vérification. Faisant signe qu’il revenait, il rebroussa chemin sans se soucier de dissimuler sa mauvaise humeur. Allons bon, quoi encore ? Ne savait-on pas qui il était ? Ne pouvait-on pas le laisser profiter des lieux tout à loisir ? Il se rendit auprès de l’importun qui hésita, puis lui présenta une roue en montrant un petit défaut dans un coin de la pièce.

Elle n’était pas authentique. Ross haussa un sourcil. De la fausse monnaie en circulation ? Son instinct lui ordonna de contacter immédiatement la banque, pour savoir si l’on était au courant et au besoin, avertir. Mais il était de trop mauvais poil. En une nuit, le destin du monde n’allait pas s’inverser. Il tira une autre pièce de sa poche pour l’échanger, mais l’employé secoua la tête : non, c’était pire que ça… elles étaient toutes fausses. Cette fois, il avait son attention. Ross étala sur le guichet toutes les roues en sa possession, et ils les examinèrent ensemble.

L’employé n’avait pas l’air d’en penser mal. Il avait toute confiance dans la générosité de cette famille qui avait fait la prospérité de plus d’un établissement du quartier, et se réjouissait d’accueillir l’un de ses représentants, en espérant le fidéliser. Mais Ross savait très bien que ce ne serait pas le cas de tout le monde. La banque avait trop de puissance pour qu’un esprit chagrin résiste à la tentation d’accuser ses dirigeants d’être à l’origine de cette falsification.

« Pas un mot à quiconque, » lui recommanda Ross en récupérant l’argent qu’il enfouit dans sa poche à nouveau. « Et dites à mon ami que je reviens dans un instant, qu’il ne s’inquiète pas. Ou plutôt... »

Il lui fallait se rendre jusqu’à l’agence Wolter, peu éloignée, pour récolter de nouveaux fonds afin de profiter de la soirée. S’il faisait cela, et plantait là Valerian, il craignait de le vexer ; non que ce soit dans son caractère, mais même un feu follet aurait trouvé ce comportement incohérent. Il préférait s’en expliquer en personne, et en toute confidentialité. Il regagna donc le salon et s’assit auprès de son ami en soupirant.

« Navré, mais nous allons devoir différer un peu. Je ne sais quel petit plaisantin a trouvé le moyen de me faire les poches aujourd’hui, et de remplacer mon argent par de la fausse monnaie. Comique, n’est-ce pas ? Mais je tiens à payer, et je vais de ce pas retirer le nécessaire à notre agence la plus proche – c’est la mienne, justement. Voulez-vous demeurer ou m’accompagner ? »

Il y avait aussi le fait que cet argent, il en était bien certain, provenait de l’agence Wolter ; un soupçon tout au fond de son âme lui intimait l’ordre d’aller interroger les fonds sur place et de s’assurer que la situation n’était pas plus grave qu’il ne la dépeignait. Mais il n’allait pas ennuyer son pauvre Valerian avec cela. Pas alors qu’il le sentait si désireux de se détendre et de se divertir. Cela n’aurait pas été juste.
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Valerian d'Andressy
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MessageSujet: Re: [CLOS]Acte I, scène I: Dévergonder le banquier pour changer. Sam 10 Juin 2017 - 14:22
[i]Bien, c’est le moment…
Le banquier se retrouve sans argent.

Chut, prenez le temps, observez, il faut rester muet. Il y a deux hommes dans cette histoire, l’un est un fantasque notoire, l’autre un banquier modéré, dont les frasques sont réservées. Il faut savoir que Lampré n’a rien  à lui reprocher, je n’ai rien à lui reprocher. Si ce n’est qu’il est noble et banquier…quelle étrange idée ! Pourquoi de lui me jouer ? Pourquoi pas en vérité ? C’est ce que fait Lampré, il se permet de s’amuser, les Brisendan sont de ces cibles préférés mais jamais rien qui puisse l’Empire blessé ![/b]

-De la fausse monnaie ? hahahahaha on dirait que vous avez été pris par Lampré, n’est-ce pas dans ses activités préférées ?

Une attaque avait été lancé, il ne fallait point s’étonner. Mon rire ne peut s’empêcher, alors que les journalistes m’avait désigné, enfin, désigné Lampré, personne n’avait pensé à regarder ! Seul un compte avait reçu de la fausse monnaie et trois autres de ses bijoux vidés. Rien de bien méchant, des petites choses qui se sauraient avec le temps.

Je ne peux m’empêcher de me laisser aller, à rire, sans me moquer. Les enquêtes ne cessent d’indiquer, les styles de Lampré et le voilà victime sans y avoir pensé ! Quelle étrangeté ! Je me méfierais personnellement, si je ne connaissais le mécréant !

Ma tête secouée, je saisis ma bourse pour la lui lancée, on me dit désargentée je vis de l’argent de mes représentations, le théâtre paye bien qu’on se fasse une raison ! Je n’ai pas les comptes bien souvent débordant, mais je n’ai pas une vilaine vie sans trop d’argent.
On ignore la manière dont je me débrouille, on parle de dame qui au lieu de me filer chtouille, me donne quelques sommes rondelettes pour le plaisir de jeu de gambette. Quelques messieurs aussi, mais ça, on va se taire, c’est un petit secret de ma vie !

-Prenez, fumez, laissez ! Vous n’allez pas vous en allez ! L’opium est en train d’être préparé ! Ce soir, demain, à la matinée, si l’argent est une fausse monnaie, ça ne va pas bouger ! Personne ne réclamera son argent dans la nuit !

S’il ne veut que s’en aller, vérifier, et bien je l’accompagnerais, mais en dehors de ces joyeusetés, il va devoir penser, que la nuit n’aura rien à changer !





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