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Mon père, ce héros [Everard Zullheimer]

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Amarillys Sacretti
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MessageSujet: Mon père, ce héros [Everard Zullheimer] Mar 18 Avr 2017 - 16:38
L'une des premières choses que j'ai faite en arrivant à Ambrosia, c'était de trouver le temple d'Ameth. Je m'étais pas mal perdue dans les rues mais j'avais enfin trouver le lieu sacré et cela me soulagea beaucoup. L'office allait commencer et je ne voulais rater cela pour rien au monde. Je portais une robe bleue claire, très simple, pour l'occasion. Ainsi je suivis les gens qui pénétrait déjà dans le temple pour trouver une place à côté d'une vieille dame, au milieu des autres personnes. J'observais le lieu et sa décoration pour la première fois, et cela me ravie l'esprit. Enfin j'avais presque l'impression de puiser une force qui me rappelait la terre sainte.

L'office commença et les prêtres firent leur apparition. J'écoutais avec attention leurs paroles, leurs gestes, communiant avec eux, répétant les saintes paroles que je connaissais par cœur. Mais je ne pouvais m'empêcher de les regarder tour à tour en me demandant qui était le prieur Zullheimer. Etait-ce le petit prêtre chauve, là dans ce coin ? Ou bien l'autre homme plus grand à côté ?

Je n'avais jamais vu à quoi ressemblait le Prince Consort, ni dans les journaux, ni ailleurs, il était le frère jumeau de mon vrai père, peut être aurais-je pu savoir ainsi à quoi il ressemblait. Malheureusement je n'arrivais pas à me l'imaginer physiquement, la seule image paternelle me revenant était celle de mon père adoptif, un homme marqué, bourru et violent.

Discrètement, je me penchais sur la dame à mes côtés en lui chuchotant à l'oreille.

- Pardonnez-moi Madame, mais qui est le prieur Zullheimer ?

Elle me regarda d'un air étonné. Apparemment tout le monde ici le connaissait bien, sauf moi. Oui j'étais une étrangère, et elle le compris vite. Elle me désigna tout aussi discrètement un homme qui se tenait droit et qui répétait une prière. A ce moment là, mon cœur se mit à battre un peu plus vite. Il était là, enfin, devant moi. Un léger frisson me parcourut. C'était donc lui, mon vrai père. Mes yeux le fixèrent, et en cet instant, il n'y avait plus que lui. Comme il avait l'air charmant ! Pourquoi ne l'avais-je jamais imaginé ainsi ? Son visage avait l'air sérieux, il portait une barbe mais il y avait quelque chose dans son regard, quelque chose qui me touchait. Alors je me mis à imaginer ma mère avec cet homme. Est-ce qu'il l'aimait ? Ou est-ce que ce n'était qu'une fille de passage ? Je ne savais pas grand chose de leur relation. Pourquoi était-elle partie de la capitale sans rien lui dire, lui divulguant ainsi un lourd secret ?

Je cachais toujours la bague que ma mère m'avait donné dans mon corsage, bien calée pour qu'elle ne glisse pas, et je ne mettais guère de grand décolleté. Je m'étais toujours demandé ce qu'elle signifiait et pourquoi l'avait-il offerte à ma mère. Mais à cet instant, je la sentais plus que d'habitude près de mon cœur. Je voulais croire à une belle histoire, je voulais croire que cet homme qui se tenait là, debout devant tout le monde, était un homme bon.

Ainsi je ne le quittais pas des yeux pendant tout l'office, en priant et remerciant Ameth de m'avoir conduit jusqu'à lui. Et je restais encore un peu sur place pour prier d'avantage lorsque les personnes quittaient les lieux pour retourner à leurs occupations.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Mon père, ce héros [Everard Zullheimer] Mer 3 Mai 2017 - 23:12
« Mes enfants, aujourd’hui est un jour ordinaire, un jour comme les autres, et pourtant, en sortant de l’office, je vous demande de faire quelque chose d’extraordinaire, alors faites-le ! Mais faire quoi ? Faire quelque chose que vous n’auriez pas fait d’habitude : emmener votre enfant au parc, passer davantage de temps avec votre vieille mère malade, donner l’aumône. Il n’existe pas de geste type, car chacun d’entre vous est différent. Mais rappelez-vous : Si nous attendons pour servir, nous ne devons pas être attentistes !  Nous devons convaincre les autres pour protéger ce monde pendant le Dernier Instant. C’est par l’exemple, que l’on convainc le mieux !  Une exemplarité sans faille ! Que chacun de vous soit un modèle en devenant plus qu’une personne ordinaire, soyez extraordinaire en prévoyance de l’avenir qui nous concerne tous ! Merci pour votre communauté de prière et de la force de cette conviction qui vous anime !  Le Seigneur Ameth, e la lignée, est fier de cela. Je suis fier de cela ! Et vous pouvez l’être également ! Merci pour cet instant fort, cet instant galvanisant ! Alors allez, attendez, et quand le moment sera venu, servez !  Soyez serviteur ! »

Et je concluais mes propos par cela, balayant la foule une dernière fois. Voilà, la chapelle se vidait peu à peu… l’office était fini et certains sortaient avec le sourire, d’autres sortaient avec l’air songeurs… d’autres encore avaient la larme à l’œil. L’exemplarité avait forcément évoqué, bien que tacitement, feu mon frère… comment en aurait-il pu en être autrement ? Je souris et donnais des bénédictions aux fidèles qui venaient. Je faisais cela régulièrement : je venais dans les différentes chapelles d’Ameth, bien trop peu nombreuses à mon gout, pour y prêcher, à intervalle régulier pour que tous voient qui j’étais, pour que les fidèles entendent la voix et les paroles de celui qui parlait en ces lieux au nom de la Lignée… donc je faisais le pour, je m’adressais aux fidèles, j’écoutais les confessions les plus délicates…

Comme d’habitude dans ce genre de cas, je restais jusqu’à ce qu’il n’y avait plus personne. Seulement quelqu’un restait là à prier, une jeune femme fort charmante d’apparat mais aussi fort simple à ce sujet ! Je lui souris et m’approchais, en silence, m’agenouillant pour prier face à elle, comme pour l’encourager à parler. Mais ce fut moi qui pris la parole en premier, comme une invitation pour elle à conserver.

« Bonjour mon enfant. Désirez-vous une union de prière sur un sujet en particulier ? Que nous portions ensemble vos prières devant les Dieux ! Le seigneur Ameth entend toujours celui qui croit pleinement en lui ! Quel est votre nom ? »

Je lui souris affectueusement, comme j’en avais l’habitude, cassant un peu mon austérité.


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Amarillys Sacretti
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MessageSujet: Re: Mon père, ce héros [Everard Zullheimer] Mar 16 Mai 2017 - 2:50
Je buvais littéralement ses paroles. Mon père que je découvrais pour la première fois, était un bel homme et je ne voyais plus que lui parmi la foule. Ce n'était pas un jour ordinaire pour moi, c'était un jour extraordinaire, le jour où je vis ce père dont je ne savais rien. Comment arriverais-je à lui parler ? A lui dire l'incroyable vérité ? Je n'avais aucun plan, mais je ne voulais pas me hâter à la décision, je laisserais faire, si j'en ai l'occasion.

Faire quelque chose que je n'aurais pas fait d'habitude avait-il dit. Mais quoi ? Je réfléchissais à ce que je pouvais bien faire, me voyant arriver devant lui et lui disant qui j'étais et qui était ma mère. Non, je ne pouvais pas faire cela. Je ne pouvais pas le lui dire dans l'immédiat et changer sa vie ainsi. Ce serait peut être un choc pour lui. Mais peut être que je pouvais d'une façon me rapprocher un peu plus de lui dans la prière, essayer de le connaître d'avantage. Oui je devais procéder ainsi sans doute, mais peut être que le prieur Zullheimer était quelqu'un d'occupé, trop pour consacrer un peu de temps à une étrangère.

Je joignis les mains et fermais les yeux pour essayer de réfléchir un peu à ce que je pouvais faire. J'entendais le bruit des pas des personnes qui quittaient le lieu de culte. Je m'adressais au Dieux en prière pour trouver une solution. Mais en ouvrant les yeux à nouveau, je m'aperçus qu'il se trouvait maintenant seul en face de moi, il me sourit, et cela me fit chaud au cœur. Mais il s'avança alors en ma direction et mon cœur se mit à battre de plus en plus fort. Je restais figée sur place, ne sachant si je devais partir ou rester.

Il vint s'agenouiller devant moi et je ressentais une panique intérieure. Les Dieux m'avaient entendu et il me donnait ce petit coup de pouce pour que je puisse l'approcher. Je les remerciais intérieurement, mais ne savait que faire. Je lui souris poliment, ma main venant caresser ma longue natte sur le côté de façon machinale.

- Bonjour Prieur, excusez-moi de rester un peu plus longtemps en ce lieu. Je m'appelle Lilly... euh.. enfin je veux dire Amarillys Sacretti.

Je savais que ce nom ne lui dirait pas grand chose, contrairement au nom de jeune fille de ma mère. Mais c'était celui que je portais, le nom de mon père adoptif. J'avais les mains un peu tremblantes, et j'essayais de me calmer du mieux que je pouvais. Cet homme m'intimidait déjà.

- C'est la première fois que je viens ici, je suis arrivée il y a peu à la capitale. Et c'est bien l'endroit où je me sens le plus chez moi. Je lui souriais à nouveau timidement en le dévisageant malgré moi. J'avais l'irrésistible envie de poser mes mains sur ses joues, d'en caresser chaque trait, chaque ridule, de lui sauter au cou en pleurant de joie et en lui avouant tout. Mais je ne fis rien de cela.

- Je tiens à vous remercier pour votre discours et j'aimerais faire quelque chose d'extraordinaire, je ne connais malheureusement personne ici, mais peut être pourrais-je vous assister aujourd'hui dans vos tâches ? L'idée m'était venue soudainement. Je sentais toujours mon cœur battre dans ma poitrine. Oui, le seigneur Ameth avait sans doute guider ma voix, et c'était la solution pour connaître un peu plus mon père. Me rapprocher de lui, même si ce n'était que peu de temps. Il avait peut être du rangement à faire, ou des prières, enfin peu importait, du moment que je puisse lui parler, l'écouter, et peut être même l'adorer.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Mon père, ce héros [Everard Zullheimer] Jeu 18 Mai 2017 - 19:37
Ainsi, la jeune femme était nouvelle en ces lieux. Eh bien, je ne voyais pas d’inconvénients à ce qu’elle reste parmi ceux qui priaient encore… après tout, la chapelle était là pour ça, non ? Je lui souris, bienveillant, amical aussi. Je comprenais le fait qu’elle puisse se sentir perdue, qu’elle puisse se sentir rassurée, dans ce lieu, dans une ville nouvelle, dans une vie nouvelle. Je lui imposais le bout de mes doigts sur le front comme une petite bénédiction avant de reprendre la parole.

« Restez aussi longtemps que vous le désirez, mon enfant ! Ce lieu est ouvert à toute heure du jour ou de la nuit, et il ne vous sera pas fermé. Jamais. Les protégé d’Ameth y sont toujours les bienvenus. Que ce soit pour la prière, le besoin, ou le réconfort. N’hésitez donc pas. Le Serviteur qui s’occupe de cette paroisse est toujours à votre disposition. C’est un homme bien et bon. Je ne peux que vous encourager à le consulter en cas de besoin. Ma présence ici n’est jamais qu’exceptionnelle… »

Je l’encourageais donc à venir ici, à profiter de ces lieux comme si elle y était chez elle. Mais tous les serviteurs d’Ameth, qu’ils officient ou prient étaient bienvenus. Tout simplement. C’était logique. Nous étions une communauté, tous ensemble. Et une communauté plutôt soudée. Très soudée en fait ! Je lui souris, encourageant alors qu’elle reprenait la parole pour aborder un nouveau point. Vouloir faire quelque chose d’extraordinaire en m’aidant était une bonne idée, mais ce n’était pas exactement ce qu’il fallait entendre par là ! En fait je ne parlais pas exactement de l’extraordinaire au sens où nous l’entendions. Aussi la reprenais-je d’une voix stricte mais sans la moindre animosité.

« Vous n’avez pas compris, mon enfant, le sens de mes paroles. Il était tout autre. Je ne parle pas de faire quelque chose d’extraordinaire par rapport à votre vie quotidienne, mais dans votre vie quotidienne. Tout simplement. Vous devez voir cela davantage comme faire quelque chose en plus dans votre quotidien, quelque chose que vous feriez mais que vous n’avez pas le temps, pas l’envie, pas la motivation. Prenons un exemple, quand vous rentrerez de ce lieu de prière, vous verrez peut-être sur le chemin un mendiant. D’habitude vous ne donnez pas, ou alors vous donnez sans regarder. Et bien cette fois, parlez-lui, dites-lui un mot, donnez de votre temps. Parlez-lui, donnez-lui à manger, prenez le temps de comprendre sa situation. C’est un acte extraordinaire. Vous avez peut-être un mari, peut un ou deux enfants ? Dans ce cas, en rentrant après le travail, prenez davantage de temps pour emmener ces deux bouts de chou au parc, ou en trouvant quelqu’un pour les garder, aller profiter de la soirée en ville avec votre conjoint. Voyez-vous ce que je veux dire ? »

Je repris, plus doucement.

« Votre intention de m’aider, de me rendre service est louable. Mais malgré tout je dois refuser. Il vous former davantage et beaucoup de mes affaires ne concernent, hélas, pas les profanes. Mais votre gentillesse et votre générosité ne seront pas oubliées… »  


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Amarillys Sacretti
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MessageSujet: Re: Mon père, ce héros [Everard Zullheimer] Lun 12 Juin 2017 - 4:05
Cette rencontre était plutôt bouleversante. J'avais toutes les émotions, tous les sentiments en moi qui s’emmêlaient et je sentais peser plus lourdement l'anneau se trouvant dans mon corsage. Je ne savais comment me comporter devant lui. Mais lorsqu'il posa ses doigts sur mon front je sentis mes larmes monter aux yeux, sans comprendre pourquoi. J'essayais de ne pas montrer ce qui m'arrivait en baissant le regard tout en l'écoutant. Je me trouvais plutôt stupide, essayant de me contrôler pour ne pas que ces larmes coulent sur mon visage et qu'il se doute de quoique ce soit.

- Je vous remercie, et je ne manquerais pas de venir aussi souvent que je le peux.

Ce qu'il me dit ensuite me chagrina un peu plus. Il refusa poliment ma proposition, et je n'avais aucune chance de me rapprocher de lui. Je ne savais que faire. Alors que je relevais la tête vers son visage, les larmes que j'avais si bien réussi à contrôler jusqu'ici coulèrent le long de mes joues. Je me sentis soudain honteuse, et je les essuyais rapidement du plat de la main.

- Pardonnez-moi, je... J'entends bien vos exemples, je fais du mieux que je peux pour aider mon prochain, et cela fait partie de ma vie ordinaire. J'ai perdu mes parents, et je ne connais personne ici, je suis seule, sans mari, sans enfants, sans amis. Oh, je ne suis pas à plaindre, j'ai un toit où dormir, et j'ai réussi à trouver un petit emploi.

Je me ressaisis en lui faisant un sourire. Je me sentais vraiment idiote. Qu'est-ce qui m'avais pris de craquer comme ça ? J'avais juste envie de m'enfuir maintenant.

- Prendre du temps avec quelqu'un, que ce soit une personne dans le besoin ou non, n'est pas pour moi un acte extraordinaire, c'est juste... humain.

Depuis que j'étais arrivée à Ambrosia j'avais pu voir la misère qui sévissait certains quartiers, beaucoup plus qu'au Protectorat. Je vivais d'ailleurs dans l'un de ces quartiers pauvres, et j'avais toujours un mot ou un geste envers les gens et les enfants de la rue. Je ne pouvais malheureusement pas leur offrir grand chose, mais des fleurs, quelques pièces, un morceau de pain, une parole positive, je faisais de mon mieux pour ne serait-ce leur donner un peu le sourire en attendant des jours meilleurs.

- Je comprends, et je m'excuse. Ma proposition est sans doute un peu déplacée.

Je baissais à nouveau le regard. Je n'aurais aucune occasion de me rapprocher de lui et j'en étais consciente. Lui dire la vérité maintenant n'arrangerait pas les choses. Aussi attendrais-je une occasion de le revoir un jour au Temple d'Ameth. En attendant, j'espérais juste me familiariser un peu plus avec la ville et ses habitants, en essayant de graver cette première rencontre au fond de mon cœur.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Mon père, ce héros [Everard Zullheimer] Lun 26 Juin 2017 - 18:37

Cette jeune femme était bouleversée… c’était l’évidence même ! Mais je ne savais pas ce qui en était la cause… non pas que cela me troublait beaucoup, mais disons juste que si elle ne se confiait pas, aucun serviteur ne pourrait l’aider à soulager son fardeau… mais cela, d’une certaine manière, c’était son problème… nul ne pouvait la forcer à ouvrir son cœur et son esprit aux représentants d’Ameth sur cette terre. Mais je lui souris, l’encourageant autant que possible, si elle le désirait. Sa situation n’était peut-être pas enviable, mais elle n’était pas non plus désespérée. Loin s’en fallait ! Après tout, elle avait un emploi et un toit, comme elle le disait, non ? Je lui fis un petit sourire amusé avant d’opiner du chef.

« Personne ne peut vous procurer compagnie ? Quel est votre travail, au juste, mon enfant ? Etes-vous enfermée, pour ne pas pouvoir sociabiliser ? N’avez-vous aucun contact avec les autres ? Et pareil, ne discutez-vous jamais avec personne en sortant des offices ? C’est pourtant un bon moyen de faire de belles rencontres… »

Je posais doucement ma main sur sa joue pour lui relever la tête, que je la regarde dans les yeux. Elle avait de jolis yeux qui me rappelaient une jeune femme, il y avait plus d’une vingtaine d’années. Mais je chassais de mon esprit cette idée. Puis je restais silencieux un peu avant de finalement acquiescer à son on idée. Oui, aider les autres, ou prendre leur temps pour eux, était normal, était humain, mais hélas, tout cela ne se faisait que peu. La charité n’était pas uniquement donner de l’argent…

« Ne vous excusez-pas, mon enfant, car votre proposition désintéressée et pleine d’enthousiasme n’a rien de risible. Et le fait qu’elle ne soit pas possible ne la rend pas moins noble. Bien au contraire. Vous avez eu l’audace de proposer, et je ne saurai vous reprocher de faire cela… soyez fière d’avoir osé… mais si vous y tenez, je peux vous recommander à quelqu’un qui a toujours besoin d’aide. Il s’agit d’un vieux médecin à la retraite qui a longtemps exercé son travail au dispensaire des bas quartiers, sur son temps libre et sa retraite. Aujourd’hui c’est un vieil homme trop épuisé pour agir de la sorte, mais qui aurait bien besoin qu’on passe lui tenir compagnie, qu’on l’aide à de menues taches quand on peut. Je ne dis pas que ce sera physiquement gratifiant. Mais spirituellement… »

Oui, cet homme avait bien mérité un peu d’aide, même si c’était une à deux heures par jour, pour le laver, pour l’aider à aller se soulager. Voire juste à lui parler, à lui lire le journal.

« D’ici là, que diriez-vous que nous partagions une maigre et rapide collation ? »


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Amarillys Sacretti
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MessageSujet: Re: Mon père, ce héros [Everard Zullheimer] Lun 3 Juil 2017 - 17:44
Même dans mes rêves les plus fous, je ne m'étais jamais imaginée rencontrer mon vrai père de cette façon. Je n'aurais jamais pensé que cela aurait été si facile de lui parler. Et pourtant lorsqu'il me gratifia d'un sourire, quelque chose en moi savait que c'était bien lui l'homme que je recherchais tant. Tôt ou tard, il devrait connaître la vérité que je portais en moi. Je devrais lui dire également pour la disparition de ma mère, peut être elle avait été une personne importante pour lui. Mais pas maintenant, il était encore beaucoup trop tôt pour lui parler de cela. Pourtant, je me demandais quelle pourrait-être sa réaction. En vérité, j'avais très peur de le lui avouer.

- Je travaille quelques heures en tant que fleuriste pour Madame Flora. Oh, je n'ai aucun soucis pour parler avec les clients, mais de là à m'en faire des amis... Mais vous avez raison, je fais déjà connaissance avec les gens, même si je reste une étrangère dans cette ville, je pense que cela changera avec le temps.

Mais combien de temps resterais-je à Ambrosia ? J'avais abandonné ma vie d'avant, mes amis, mon pays pour retrouver celui que j'avais en face de moi, mais je n'avais jamais eu de projets d'avenir. Je voulais juste le retrouver lui, c'était tout ce qui m'importait. En fait, j'avais tellement été obnubilé par ces recherches que je n'avais pas pensé à ça. Et je m'en rendais compte à présent. Que pouvais-je finalement attendre de lui ? Qu'il m'accepte et me fasse rentrer dans sa vie ? Un gros doute pesa en moi.

Lorsqu'il posa délicatement sa main sur ma joue sentant la douce chaleur de ses doigts, je plongeais mon regard dans le sien. Pourquoi ne t'ai-je pas connu plus tôt ? Pourquoi était-ce si difficile de te dire la vérité ? Pardonneras-tu ma mère pour ce lourd secret ? Toutes ces phrases restaient en suspend dans mon esprit. Je lui souris.

- Je serais vraiment ravie de pouvoir aider ce monsieur.

Certes, ce n'était peut être pas gratifiant, mais au contraire cela ne me gênait absolument pas. Et puis un homme comme cette personne pouvait n'être qu'intéressante, il devait connaître tellement de choses sur la ville, peut être que lui aussi à son tour me viendrait en quelque sorte en aide qu'il m'apprendrait tout un tas de choses sur Ambrosia, ces habitants, peut être même... mon père, qui sait. C'était naturel pour moi d'aider les gens, ma mère m'avait bien éduqué à ce titre.

Alors que je pensais que la discussion allait bien s'achever, le prieur Zullheimer me proposa d'aller partager une rapide collation en sa compagnie. Mes yeux pétillèrent à cette proposition inattendue. Je lui fis un large sourire.

- Avec plaisir ! Je vous en remercie.

Encore juste quelques minutes de plus, quelques instants partagés, pour rattraper les vingt dernières années que nous avions perdus ensembles.

Mon père, ce héros [Everard Zullheimer]

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