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Te rapelleras-tu ces jours où des chemins devaient se croiser, et se recroiser ? (Dorian)

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Myrcéa d'Albret
Employée STEAM - Recherches et Innovations
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MessageSujet: Te rapelleras-tu ces jours où des chemins devaient se croiser, et se recroiser ? (Dorian) Sam 13 Mai 2017 - 22:08
Une goutte s'écrasa sur le parvis de la STEAM. Puis, comme d'un commun accord le ciel bas et ombrageux déversa ses ouvrières sur la cité. L'automne était là, l'humidité sévissait après les lourdes  chaleurs de l'été. Un orage passait, l'écoulant abruptement sur les têtes, nettoyant les pavés. Les bâtiments s'étaient parés d'une veste grisâtre, le rideau opaque recouvrait le bourdonnement perpétuel des rouages d'un monde en marche constante.

Sous l'arche de la grande porte, Myrcéa observait le spectacle de ses yeux fatigués. Il était tôt, et contrairement à ceux qui se pressaient pour rejoindre leurs postes de travail, elle, quittait le sien. Le décalage de son harmonie avec ses congénères n'avait rien de dérangeant. Ainsi la nuit avait fait ouvrer ses mains, élevé son esprit vers un ailleurs confortable, plus reposant. Seul son corps affirmait qu'un peu d'air et de soleil pourrait lui être bénéfique. Elle était vidée, enfin, de ce surplus familier et broussailleux de connections hétéroclites.

Paisible, en haut des marches de pierres grises, elle scrutait la foule s'ébrouant sous le voile dense de la pluie. C'était un moment de plénitude, ou tout lui paraissait encore lointain, diffus, les rouages de sa pensé encore tendrement engourdis. Peu à peu, le passage inexorable du temps s'imprimait sur ses yeux, s'accordant aux teintes délavés de la météo. A ceux qui la frôlait pour entrer, certains l'ignorait, d'autre se fendait d'un bonjour, auquel elle répondait par automatisme.

Et puis, comme les minutes s'écoulaient et que le flux des ingénieurs et des mécaniciens s'étiolait, l'Assistante reprenait vie. Ses yeux s'attardaient d'avantage sur les passants, scrutant cet environnement à la recherche de détails altérés depuis la veille. Lentement, les coins de sa bouche s'étirèrent en un sourire placide. Bonjour Ambrosia. Et les rues l'accueilleraient comme de coutume, craquant imperceptiblement sous un pas pourtant léger, marquant son passage, et celui de bien d'autres inconnus avant et après elle.

Quand l'affluence se fut écarté de son chemin, le fourmillement avait cessé, tout était plus net, parfaitement clair et limpide. D'un geste tranquille elle ouvrit un large parapluie bleu nuit et le dressa au dessus de sa tête avant de descendre les marches. La faim s'éveillait elle aussi dans le creux de son estomac, mais elle avait encore le loisir de flâner sur le pavé, indifférente à ce climat morose. Il n'était rien en comparaison des tourments météorologiques qui agitaient les terres qui l'avaient vu naitre et grandir. Il y avait pourtant dans cette parure l'image d'un pays qui se délestait de ses cicatrices encore fraiches. Ce n'était pourtant qu'une illusion, qu'un sentiment trompeur, tel un reflet difforme dans la vitrine d'un commerçant.

Vers quoi avançait-elle, cette jeune fille au pardessus orangé, une flamme dans la grisaille, paisible, sereine alors qu'autour les rares passants s'empressaient de se mettre à l’abri ? Qu'importait finalement à ces yeux étrangers car elle n'était ni perdue, ni chancelante. Si elle portait bien la marque des D'Albret dans ses traits, son allure générale et dans la blondeur de sa chevelure, elle n'avait plus rien de la jeune Eskroise arrachée à son fief, obscure, enfermée dans le silence d'une éducation exigeante ternissant un esprit pourtant curieux. Elle brandissait plus fièrement aujourd'hui ce qu'on avait fait taire durant trop d'années.
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Dorian Godrick
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MessageSujet: Re: Te rapelleras-tu ces jours où des chemins devaient se croiser, et se recroiser ? (Dorian) Dim 14 Mai 2017 - 19:31
-Haaaa…

Fut le soupir de soulagement qu’émit le jeune homme en posant ses fesses contre le rebord extérieur de la fenêtre avant du bordel, allumant une cigarette amplement méritée après cette dure nuit de labeur au bordel, desserrant quelque peu sa cravate noire de son col et admirant le ciel nuageux de cette matinée qui s’avérait être orageuse à la vue des nimbus surplombant le ciel dénué de lumière.

Il se gratta le cuir chevelu et se fit un rapport à lui-même de cette soirée : aucun incident fâcheux n’est survenu, chaque clients ont semblé être satisfait et le chiffre s’avérait plus qu’alléchant au vu du nombre de ses derniers. Il regretta tout de même avoir dû faire la plonge en heure de pointe, ses mains devenue rugueuses à force de frotter et sentant encore ce satané savon à la vanille, mélangé aux parfums trop sucrés et envoûtant des putains et à l’odeur de sa cigarette ; Dorian en aurai presque peur se laver et d’aggraver ainsi son cas ! Heureusement qu’un client lui avait demandé un petit morceau de luth entre temps, sans quoi il n’aurait… rien fait du tout ! Râler n’étais pas son genre.

Après avoir écrasé sa clope et gentiment demandé un parapluie au salon, le Ménestrel se mit en, route pour le 3e niveau de la cité, comme dans sa routine lorsqu’il a un peu de temps à tuer, en direction du quartier des inventeurs. Il entendit un éclair gronder et loin et se dit que la pluie allait fendre la capitale d’une minuta à l’autre. Quelque travailleurs qui passaient par là rouspétèrent pour avoir oublié un parapluie et se mirent à presser le pas, ce qui fit glousser le jeune homme qui demeurera toujours étonné du comportement si différent des embrosiens en comparaison des eskrois.

Le quartier des inventeurs. Une place assez grande ou des...inventeurs oui… affrontaient leurs créations aux yeux du publics, à la recherche d’un acheteur ou d’un intéressé ou, et cela serait le summum de la réussite, d’une invitation de la part de la noblesse…
Seulement, et Dorian le savait, il n’y avait pas grand monde en ce moment de la journée, si ce n’est que des passant vagabondant ou des travailleurs en route pour l’usine. Mais à vrai dire cela lui était égal, pis encore, ça  l’arrangeait ! Les moments de solitudes se faisait de plus en plus rare ces temps-ci, aussi profiter d’un court instant sans personne n’était pas de trop pour Dorian !

Quelques gouttes commencèrent à tomber, le jeune homme se mit à presser quelque peu le pas et à se réfugier sur un banc sous une petite arche à l’abri de la pluie. Une douzaine de secondes plus tard, une quantité monstrueuse d’eau s’abattit avec fracas sur la ville, de même qu’un puissant orage grondant et accentuant la lourdeur, apaisante selon Dorian, de ce tintamarre naturel.
L’odeur du bois et de la terre mouillée émanant d’un jardin à proximité parvint jusqu’aux narines du ménestrel et le fit frémir de plaisir. Il respira un grand bol d’air frais et humide avant de sortir sa boîte d’allumettes et de fumer, appréciant ce moment si rare et priant pour que chaque secondes se transforme en heure…
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Myrcéa d'Albret
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MessageSujet: Re: Te rapelleras-tu ces jours où des chemins devaient se croiser, et se recroiser ? (Dorian) Mar 16 Mai 2017 - 20:01
Dans les caniveaux coulait vaillamment les prémisses d'un torrent. Les larmes glissaient sur les murs gris sans s'user à leur contact, incapable de cesser les pleurnicheries du ciel. En quelques minutes la rue passante s'était vidée pour offrir un spectacle d'une infini solitude, un monde parallèle pratiquement dénué de vie. La pluie diluvienne avait ce don, cette audace de reprendre aux hommes, pour des heures ou des jours les places où ils s'épanouissaient toujours plus d'ordinaire.

Qu'à cela tienne, il en fallait plus pour faire varier d'un pouce le trajet auquel Myrcéa se savait prédéterminée. En son sein couvait un sentiment d'opulence, ses yeux remplissaient la coupe, un tas de bûches sèches dans la cheminée fumante des théories. Derrières les vitres se pressaient les âmes détrempées, pestant contre ce cadeau maudit des dieux. L'eau avait ses vertus, on oubliait trop souvent qu'on se tenait en vie avec l'aide de sa gracieuse contribution, tout ceci pour un petit confort personnel. Elle, elle aimait bien ce temps, rassurant sur le cycle naturel des saisons offrant un cadre adéquate pour vaquer à des occupations journalières.

Avançant toujours sans se brusquer, son oreille discerna au milieu de ce faux silence des pas, vifs, claquant sur le pavé glissant. Mais l'homme qui la suivait semblait moins enclin à prendre son temps et ses précautions. C'était une erreur qui allait engendrer une déconvenue. Chaque coup de talon résonnait sans vergogne, donnant suffisamment d'indices sur sa physionomie et sa cargaison avant même qu'il ne la contourne et ne la dépasse…

Enfin, jusqu'à cette ultime seconde, ou un geste mal assuré fit dévier l'individu de sa trajectoire initiale, les renforts métalliques de ses semelles glissant inexorablement au contact d'une flaque un peu plus profonde que les autres. Même si l'Assistante parvint à anticiper suffisamment pour ne pas se retrouver éjectée lorsqu'il la percuta, lâchant son chargement et son journal pour se rattraper de justesse à sa frêle carcasse, le contre coup la fit tanguer dangereusement. De peu et l'homme d'une quarantaine d'année à l'allure apprêtée finissait les quatre fers en l'air et son beau costume ravagé pour cet excès de coquetterie inutile. Mais plus encore que le maladroit lui-même, ce qui attira son attention fut le bruit assourdissant qui retentit lorsque la sacoche s'évida sur le sol, répandant des tubes creux et des billes de métal qui roulèrent de concert dans tous les sens, suivant les inclinaisons déviantes des pavés.

- Pardonnez-moi, je suis profondément navré, s'excusa l'ingénieur en se redressant, contrit au delà de ses attentes. Sa gène et son attitude contrastait avec sa tenue, sans doute exceptionnelle et dans laquelle il ne semblait pas si à l'aise. Le regard clair de la jeune fille l'analysait sans détour, indifférente au fait d'avoir égaré son parapluie par la même occasion.

- Vous serez à l'heure pour votre entretien, mais il n'y a pas de temps à dépenser en excuses. Votre femme n'a pas le sens pratique, seulement l'oeil rodée à la mode. Vous ne gagnez pas assez d'argent pour satisfaire ses envies. Allons, mettez-vous à l'abri. Je me charge de récupérer vos biens.

Bien que ce geste pu sembler familier, elle poussa doucement son bras et indiquant une arche voisine d'un geste de tête où quelqu'un avait déjà trouvé refuge. Cet expression déconfite qui résultait de ses paroles, Myrcéa y était habituée et elle ne s'en formalisait jamais. Après tout elle avait cet air convaincu et savait parfaitement ce qu'elle s'apprêtait à faire. Un parfum suave, sans doute celui d'une jeune femme qui prenait trop soin d'elle, flottait sur ce mentaux neuf. Tout était là, à porté de l'esprit, il suffisait d'y être attentif.

- Mais… je ne peux… enfin… mademoiselle… Chaotiques, ses mots attestaient d'un caractère qui se démarquait mal malgré une certaine politesse et un sens du travail peu commun. Elle l'encouragea d'un regard et d'un sourire qui bien que ténu ne supposait pas vraiment de refus.

- J'insiste, il en va de la paix de votre ménage. Laissez-moi prendre les choses en mains pour vous excuser.  Allons, pressez-vous, l'heure tourne et vous êtes déjà dans cet état.

Sans attendre d'avantage elle récupéra la sacoche et se lança à la poursuite du précieux chargement avec méthode. L'épicentre en premier. Ses bras s'agitaient tout en même temps que sa tête prenait des directions diverses. Quant au quadragénaire, ne sachant que faire face à cette bien étrange détermination resta un moment immobile à l'observer sans parvenir à comprendre. Il fini par obtempérer néanmoins, dépossédé de sa sacoche, tentant néanmoins d'intervenir à plusieurs reprise sans grand succès. Sa timidité n'avait d'égal que sa honte lorsqu'il s'aperçut qu'une personne assistait à la scène. Il salua d'un geste silencieux avant de ramasser un quelques billes faites d'un alliage de métal cuivré, échoué au pied du banc.
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Dorian Godrick
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MessageSujet: Re: Te rapelleras-tu ces jours où des chemins devaient se croiser, et se recroiser ? (Dorian) Mer 17 Mai 2017 - 15:16
Un bruit de pas peu commun se fit entendre par le jeune homme : une légèreté féminine, accentuée par un bruit de talon ne pouvant que confirmer sa théorie. Ce qui le surpris ne fut pas l’origine du sexe du passant, mais l’allure ce cette démarche qui avait un point commun avec Dorian : la personne n’étais pas pressée.

Il vit la silhouette s’approcher d’un air totalement évaporé dans ses pensées, un parapluie bleu nuit déployé pour se protéger des trombes tombant sur les pavés, quand il entendit un autre bruit de pas, cette fois-ci beaucoup plus vif, arriver, se mêlant aux différents sons déjà produit. Il vit un homme arriver à toute allure, probablement pressé de se rendre à son lieu de travail au vu de la sacoche qu’il transportait sous le bras.
La scène qui s’ensuit faillit provoquer un fou rire de la part du jeune homme s’il ne s’était pas mordu la lèvre presque jusqu’au sang.

Alors que l’homme s’apprêtait à dépasser la jeune femme aux cheveux blonds polaires, il glissa brusquement contre le pavé dans une flaque qu’il n’avait probablement pas jugée assez profonde, avant de faire tomber sa sacoche de même que son contenu, de petites billes de métal, s’éparpillant un peu partout sur le sol, roulant au 4 coins des deux protagonistes, certaines tombant même jusque aux pieds du ménestrel, amusé de part ce spectacle.
Il vit un léger échange de parole entre les deux protagonistes, l’homme complètement déboussolé et empoté et la jeune femme, ne perdant pas de temps, ramassant ce qu’elle pu du contenu, son parapluie  roulant d’une trajectoire circulaire, faisant du sur-place à ses côté, l’air totalement indifférent sans pour autant montrer une quelconque lassitude.
Le quadragénaire arriva au niveau de Dorian, la salua assez maladroitement, bégayant sur les quelques mots prononcé, se faisant de plus en plus frénétique et accentuant la lourdeur de la chose, ramassa les quelque billes à ses pieds avant de rester planté à sa place, ne sachant que faire.
Le ménestrel se leva, s’étira avant de tendre sa cigarette au travailleur :

-Gardez-la moi au sec je vous prie, lui dit il avec sourire suivi d'un clin d’œil.

Il sortit de l’arche, sentant l’eau commencer à lui pénétrer les cheveux, avant de retirer sa veste bleue marine, laissant sa chemise jeune moutarde s’occuper de contenir la pluie avant de s’approcher de la jeune femme et, d’un mouvement souple, de lui mettre sur la tête, lui couvrant ses cheveux dans le but de contenir un maximum d’eau de pluie.  Elle devait avoir la vingtaine, et paraissant quelque peu étonnée de cet acte totalement immature de la part de Dorian.
Sans un mot, ce dernier s’empara de son parapluie quelque mètres plus loin, le ferma en attrapant au passage le maximum d’objet le plus adroitement possible, avant de retourner vers la fille, de poser la paume de sa main dans le bas de son dos, au niveau de sa lordose lombaire, et de la prier de bien vouloir se réfugier sous l’arche à l’abris, la scène devenant beaucoup trop comique.

Après avoir repris la quasi-totalité de son contenu, le travailleur les remercia maladroitement, s’excusant doublement, ajoutant plus de malaise dans la conversation, avant de rendre la cigarette à Dorian et de  repartir sans un mot, tête baissée, vers l’horizon. Ce dernier repris sa veste mouillée  de la tête de la jeune fille, qui avait néanmoins quelque peu rempli sa fonction soudaine de parapluie, avant de la poser contre le rebord du banc, sortant une cigarette par on ne sait quel miracle encore sèche avant de contempler cette fille de plus près : très fine, le teint glacé, immaculé, lumineux mais dénué de chaleur, les yeux bleu pâle, des traits fin mais le visage impassible.
Il prit une longue taffe, la souffla au dessus de son interlocutrice avant d’ajouter d’un air rieur mais nullement moquant

-Avez-vous vu sa tête ? On aurait crû que toute la gêne du monde s’était abattue sur ses épaules !
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Myrcéa d'Albret
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MessageSujet: Re: Te rapelleras-tu ces jours où des chemins devaient se croiser, et se recroiser ? (Dorian) Jeu 18 Mai 2017 - 19:27
D'un point vu extérieur la scène devait être surprenante, sans doute même comique si on était de ces gens qui riaient de bon coeur aux petits aléas de la vie percutant de plein fouet des congénères.   Quant à la pluie, elle sembla redoubler d'intensité un instant comme pour se moquer elle aussi d'eux. Déjà les goutes perlaient sur sa chevelure, roulaient sur son visage et son dos, donnant à son manteau eau une teinte plus sombre, par tâches qui se rejoignaient progressivement.

Myrcéa était trop occupée pour y prêter vraiment attention. Son allure n'était pas sa priorité et le ridicule auquel elle pouvait s'exposer ne lui faisait ni chaud ni froid. Elle offrait une anecdote à raconter le soir même en cas de blanc interminable. Ce genre de choses arrivaient plus souvent qu'on ne le pensait, même si certaines personnes avaient un talent remarquable pour faire taire les moments de silence.

Un bille par ici, une bille par là. Des pas résonnaient à ses oreilles, pourtant, il ne s'agissait pas de l'ingénieur, sa démarche était bien trop singulière pour être imitée. Nul doute, nulle hésitation… Lorsqu'elle leva les yeux du sol elle sentit s'abattre sur son crâne un vêtement encore non identifié. La surprise première glissa vite vers les limbes car, au dessus d'elle, se tenait la silhouette entre aperçue dans l'ombre de l'arche deux minutes plus tôt. L'Assistante ne s'attarda finalement qu'un court instant. Aucun son ne sortit de sa bouche, elle remercirait plus tard, le temps de finir ce qui ne pouvait être repoussé.

La sacoche se remplissaient rapidement et les dernières billes furent rattrapée par leur propriétaire. Myrcéa allait se redresser tout en observant méticuleusement les recoins qu'elle aurait pu oublier quand de nouveau la présence apparemment bienveillante de l'inconnu vint de nouveau s'insérer dans son espace personnel. De façon générale, elle pouvait apparaitre froide parfois, trop peu habituée aux contacts avec les autres être humain lorsqu'elle n'en était pas l'instigatrice. Et elle se redressa un peu vivement, la sacoche serrée fermement entre ses doigts avant d'aller enfin se mettre à l'abri.

- Prenez et filez rapidement, déclara-t-elle au quadragénaire en lui tendant son bien d'une voix ferme mais encourageante. Toujours aussi décontenancé, il rendit la cigarette, remercia en bégayant presque avant de reprendre ce qui lui appartenait. Il était profondément navré de devoir les laisser ici sans pourvoir leur payer ne serait-ce qu'un café pour s'excuser du dérangement occasionné. Il n'y avait nul mal à cela néanmoins, Myrcéa avait pris les devants. Pourtant, la jeune femme se devait d'amoindrir cette faute en lui permettant de s'acquitter plus tard de ce qu'il devait concevoir comme une sorte de dette.

- Je travaille pour la STEAM, expliqua-t-elle succinctement. Demandez l'assistante d'Elyas lorsque vous aurez le temps. Vous me raconterez cet entretien. Ne tardez plus, je vous en prie. Et prenez donc ce parapluie.
Elle fit signe à son voisin de donner le parapluie au travailleur, et sur ces dernières paroles, l'ingénieur disparut dans le rideau de pluie sans ajouter quoique ce soit. Alors que l'homme à la chemise jaune reprenait sa veste détrempée Myrcéa prit enfin le temps de s'attarder d'avantage sur ce dernier. Ses yeux le fixait sans détour, son attention captée par quelques similitudes bien inattendues avec des visages peuplant sa mémoire. Oui, cette physionomie lui rappelait les Aprégeois. Et ce fond d'accent lorsqu'il parla était encore plus éloquent. D'un point vu caractère en revanche, cela contrastait avec l'apprêté presque mythique des gens des hautes terres.

- C'est cependant un peu le cas, d'une certaine façon, cru-t-elle bon de clarifier d'une voix douce. Myrcéa ne donnait pas de leçons, elle exprimait tout haut ce que son cerveau lui dictait, parfois sans grand filtre mais jamais avec l'intention d'être moralisatrice. C'était le genre de précepte auquel elle ne répondait pas vraiment, trop superflue, trop simple. Je ne parle ni de l'orage, ni de ces dernières minutes. C'est que, voyez-vous…

Puis, elle stoppa net cette dernière phrase. Cela ne regardait personne, l'Assistante oubliait parfois, emportée par le flots des ses hypothèses que cela appartenait à la vie privée d'inconnus. Il ne lui appartenait guère de dévoiler des parts d'intimité à qui voulait bien l'entendre. Ses élucubrations semblaient toujours décousues et étranges pour les non initiés de toute façon. Elle demeurait une jeune femme farfelue qui débitait des propos pratiquement divinatoires d'un air serein.

- D'où venez-vous ? Questionna-t-elle brusquement après un long silence. Son regard n'avait pas lâché son interlocuteur, s'imprégnant de ses traits et de tout ce que son apparence racontait de lui. cette inspection à peine voilée pouvait être déstabilisante, c'était cependant peine perdue de l'éviter dès lors que sa curiosité était braquée sur vous. Familier, il y avait quelque chose de vaguement familier. Une case dans le labyrinthe de ses souvenirs clignotait, ténu mais pourtant présent.

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