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«Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close...

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Emily de Brez
Future cantatrice
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MessageSujet: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Ven 19 Mai 2017 - 23:25

Emily Thoromir est dans sa tenue de Juliette, première répétition en compagnie de Eva Chesterfield, cantatrice reconnue et plus âgée qu’elle, pour qui, elle ressent pourtant beaucoup d’admiration. Il faut dire qu’Emily n’est encore qu’une élève, une novice, mais elle a du talent, elle le sait et son beau brin de voix se détache des autres. La couturière est en train de rajuster sa robe, alors qu’elle tortille dans ses mains, un bout de tissu, n’osant ni parler, ni bouger, ni faire quoi que ce soit.

Avoir obtenu le rôle de Juliette est une chance, l’opéra de Gounod possède un titre qui colle totalement à la peau de la jeune femme, ce « Je veux vivre » qu’elle chantait déjà dans le château eskroi, à travers tout l’endroit, à la tête de Lowell pour lui faire comprendre les choses ! Il est fort probable qu’elle n’ait jamais compris grand-chose, souriant en l’entendant chanter et l’admirant tout de même…de quoi la contrarier !

Le costume en place, Lily se dépêche d’aller sur la scène, parvenue sur les planches, son visage s’illumine de plaisir à la vision de la salle, il y a du monde, machiniste, décorateur, musiciens dans la fosse, tout un petit microcosme en train de tout préparer et elle se perds dans ses pensées un instant.
Malgré la lettre de Lowell, à laquelle elle n’a pas encore répondu, Emily est de bonne humeur parce que Gaël est là et ça…ça fait du bien. Elle espère pouvoir le voir de nouveau rapidement ! Bientôt, elle devrait écrire à Lowell sa réponse.

Pour le moment, la demoiselle sourit, entendant qu’on l’appelle alors que le metteur en scène, assis dans la salle, demande encore quelques instants. Lily se retourne et constate alors la présence d’Eva Chesterfield. La dame a une prestance naturelle qui touche Emily et l’effleure, mais c’est ce qui arrive toujours lorsque l’on rencontre une personne que l’on admire. Prenant son courage à deux mains, elle se rapproche de la demoiselle avec un grand sourire et fait une révérence maladroite «Bonjour Mademoiselle Chesterfield, Emily Thoromir de Brez, j’aurais aimé qu’on se rencontre un peu avant les répétitions, mais il semblerait qu’on ait manqué de temps ! » Elle se sent godiche. «Je suis tellement impressionnée de vous rencontrer, si vous saviez ! »




"C'est fou comme c'est une chose pratique le mariage.
On passe de fille de pécore à future duchesse de Brez"
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Eva Chesterfield
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Jeu 25 Mai 2017 - 15:00
Le Grand Opéra était un des endroits qu’Eva appréciait le plus dans Ambrosia, paradoxalement, non pas pour le talent qui s’y jouait, mais pour son architecture. Si l’Opéra était à l’image du reste de la ville – gigantesque, démesuré – elle lui trouvait un charme certain, entre ses couleurs de cuivre et d’or, la pierre massive, les multiples fenêtres par où brillaient les lumières, et évidemment, les innombrables galeries et sous-sols qui composaient tout théâtre respectable. C’était sans doute là qu’elle aimait se perdre au mieux, quitte à se faire réprimander par les techniciens. Ceux-ci avaient toutefois appris, avec le temps, à ne plus considérer d’un œil mauvais cette jeune femme qui semblait se sentir à l’aise partout et prendre rapidement possession des lieux. Et puis, elle avait une conversation agréable, quand elle voulait. Dans ces profondeurs, il y avait bien besoin d’un peu de liberté.

C’était de là qu’elle sortait pour revenir dans la grande salle, se rappelant – malheureusement – qu’il y avait une répétition. La brune avait après tout une relation quelque peu paradoxale avec son propre travail, mais qui se résumait, en vérité, à quelque chose de tellement similaire au vœu désespéré de Juliette : vouloir vivre. Si Eva avait pu se passer de travailler, elle l’aurait fait ; mais elle ne le pouvait pas, ni financièrement, ni à l’égard de sa famille qui surveillait ses faits, gestes et paroles, si jamais elle avait eu l’idée de vouloir suivre ouvertement le chemin emprunté par son grand frère Astan. Enfin, il lui fallait admettre, parfois à contrecœur, que certains rôles, certains moments sur scène, lui plaisaient vraiment. Après tout, elle avait toujours eu un talent pour le chant, moins pour la discipline : c’était quelque chose qu’elle aimait. Autant donc vivre avec quelque chose qui ne l’ennuyait pas trop. Non, c’était les contraintes, les horaires, la rigueur à tenir, qui la faisaient lever les yeux au ciel, quand elle était sur scène à répéter. Pas de conscience véritablement professionnelle. Seulement l’envie de s’amuser. Inutile de dire qu’Emily, la petite jeunette qui avait été engagée pour le rôle de Juliette, allait déchanter. D’autant que le rôle de la nourrice n’était pas le plus passionnant de tous, pour Eva.

Il fallait donc seulement voir si l’apprentie Juliette pouvait se révéler aussi naïve et forte que son personnage, ou si la personne derrière le rôle était bel et bien différente. L’histoire de Roméo et Juliette ne présentait que bien peu d’intérêt pour la cantatrice, là où elle aurait montré plus d’enthousiasme pour Faust ou la Reine de Saba, si on devait en rester à Gounod. Enfin, elle prenait ce qu’on lui donnait.

On la héla pour lui dire de se dépêcher d’aller enfiler un costume, fort heureusement moins lourd que celui donné à Emily. Au moins, elle ne serait pas trop gênée pour se déplacer, même si le costume en lui-même était loin d’être aussi beau que d’autres. Tâchant de ne pas trop démontrer son impatience, elle laissa l’une des costumières s’occuper d’elle, avant de finalement rejoindre la scène. En retard, peut-être, mais ça ne lui faisait ni chaud ni froid… En tout cas, elle se postait là où elle était sensée le faire, sans hâte ni culpabilité. Elle avait foulé le plancher de cette scène des dizaines de fois et était parfaitement à l’aise.

Une belle robe se mouvait devant ses yeux. Enfin, la personne qui la portait n’était pas moins jolie. Eva avait toujours apprécié les rousses. La jeune chanteuse se rapprocha d’ailleurs d’elle, souriant largement, et avec une révérence un peu hasardeuse. Eva se demanda pendant un instant si elle aimait ce genre de salutation de la part d’une collègue plus jeune, ou si cela l’irritait à cause du côté absurde. Enfin, il fallait bien que jeunesse se fasse… La cantatrice eut une révérence beaucoup plus simple, quoique pas moins respectueuse. Mais la politesse rigide voulue par la société lui mettait toujours les nerfs à rude épreuve par son hypocrisie.

— Enchantée, Emily. Tu peux te passer de mademoiselle Chesterfield et m’appeler Eva, s’il te plaît. Sinon, cela va être un peu long pour chaque interpellation au cours de la répétition…

Le ton n’était nullement agressif, plutôt simplement ironique. Après tout, elle était une femme comme cette petite ; et si elle était reconnue pour un certain talent, ça ne valait peut-être la peine d’être tellement impressionnée de la rencontrer… Eva n’était pas une diva orgueilleuse, loin de là.

— Rien n’empêche de se voir après les répétitions, si tu y tiens. Si le tutoiement te convient, aussi.


Comme tout était rigide et codifié. Elle détestait cela. Elle tâcha de reprendre contenance, sans quoi Emily allait définitivement la trouver bien trop familière dès le départ ; mais qu’est-ce qu’elle y pouvait, si le naturel prenait le dessus. L’air ironique disparut de son visage, reprenant un air cordial ; ses yeux bleu-vert, toutefois, ne quittaient guère le regard d’Emily, comme pour juger de quelle étoffe elle était faite. Elle l'observait avec un réel intérêt.

— Dans le cas présent, c’est plutôt qui devrais l’être. Juliette, c’est le premier rôle...et c’est la première fois, non ? Impatiente ou nerveuse ?


Quoiqu’on pouvait difficilement être impatient à l’idée de mourir sous le coup d’un poison au bout de quelques actes, dans ses pensées.


“J’aurais voulu qu’elle eût peur et me demandât grâce, mais, cette femme était un démon.”
           
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Emily de Brez
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Sam 10 Juin 2017 - 19:05
L’on raconte bien des choses sur Eva Chesterfield. Bien des mots ou des idées, des rumeurs, des tas de truc, Emily s’en contrefiche, elle est impressionnée. Il y a des noms qui parviennent au-delà des endroits les plus vivants, à Thorm, elle a entendu parler de Eva, sur un gramophone, elle a entendu un disque avec sa voix, elle en est tombée amoureuse, au sens fanatique du terme. La dame représente une réussite qu’Emily aimerait effleurer.
Il parait que ce n’est pas parfait, mais qu’importe, la demoiselle l’idéalise avec beaucoup d’émotion, un rêve s’accomplis que de chanter en compagnie d’un nom qui résonne dans le monde. «Je … oui…je..heu.. » Hésitation pour une entrée en matière, dans la tête d’Emily ce sont les injures qu’elle balance sur sa propre personne, avec l’ordre de se reprendre. «D’accord ! »

Balancé d’une voix soutenue, ferme, enjouée, heureuse, d’accord. Le tu, le Eva. Emily sourit, toujours admirative. «Oh oui ! Oui oui ! » Ne pas trop lui en demander ! La demoiselle ne rajoute rien, elle a l’air godiche. Elle se sent godiche ! Elle veut répondre, s’interdit, se reprends. «Pas autant que de te rencontrer, désolé. » Elle sourit bêtement. «J’ai écouté un disque de vous….toi, chez mon époux, il m’en avait offert, plusieurs et j’ai écouté ta voix, tellement…souvent ! Oh par les Dieux, j’ai l’air godiche ! »

Elle enfouit son visage dans ses mains aussi rouge qu’une pivoine, pratiquement écarlate, avant d’inspirer un grand coup. Cela suffit la jouvencelle en extase, elle relève les épaules et elle sourit «Navrée je suis presque ridicule. Il y a des voix avec qui j’ai toujours rêvé de chanter et vous…tu en fais partie. Je suis heureuse de travailler avec toi et impatiente de vivre cette aventure ! Cela te dirait d’aller boire un verre avec moi après ? Si tu n’es pas trop fatiguée ! Ce serait sympa ! »

Oui, ça le serait, Emily en a envie, mais peut-être pas Eva ?




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Eva Chesterfield
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Dim 18 Juin 2017 - 17:43
Eva ne prêtait que trop rarement attention aux rumeurs dont elle faisait l’objet, sauf quand celles-ci apparaissaient plutôt glorieuses. En tout cas, quand elle était en-dehors de sa famille – sinon, effectivement, elle se devait de répondre à tout, pour l’honneur familial – elle prêtait peu d’importance aux ragots sur sa personne. Au mieux, cela servait à la faire connaître, au pire, le silence et un sourire charmant, mais méprisant, était la meilleure décision et attitude à prendre. D’autre part, elle n’avait pas rencontré de gens qui soient « fanatiques » d’elle dans son milieu professionnel, au même point qu’Emily : cela était donc une nouveauté plaisante.

La franchise de la cantatrice semblait déjà prendre sa collègue au dépourvu. Eva pria machinalement, pendant un instant, que les Dieux ne lui avaient pas fournis quelqu’un de trop ennuyeux… Mais il fallait bien laisser sa chance à la jeune demoiselle, n’est-ce pas ? Elle s’arma donc de patience, pour se voir récompensée d’une approbation. Tant mieux, Emily ne venait pas de passer dans la catégorie des rabats-joie trop habitués aux codes et aux règles, pour vivre vraiment. Elle contemplait en tout cas avec intérêt la façon dont sa collègue semblait lutter contre elle-même pour arriver à finalement prendre une attitude plus naturelle. Au moins, elle savait que la simplicité due au caractère de Juliette viendrait du cœur, de la part de cette chanteuse-là.

Eva se contenta d’un sourire, un peu surpris, mais pour autant sincère alors qu’Emily parlait des disques. Oui, cela ressemblait bien à l’attitude d’une fan qui était interdite en rencontrant enfin son idole. La jeune femme ne put s’empêcher de s’en sentir flattée, même si d’un autre côté, elle savait qu’elle était bien moins professionnelle que d’autres… mais les goûts et les couleurs, n’est-ce pas ? En quelques phrases, en tout cas, elle savait désormais que la future Juliette était mariée et que son mari avait au moins de l’argent. Et généreux, peut-être.

— Eh bien, c’est rare qu’on me témoigne autant d’admiration, en tout cas dans le milieu...je te remercie. Et oui, tu es presque ridicule, mais je suppose que je serais exactement pareille face à la voix que j’estime le plus.

Laquelle était-elle ? Bonne question, elle n’en avait peut-être même pas. En tout cas, la franchise d’Eva frappait encore, et pour contrebalancer ce qui aurait pu éventuellement indigner dans ses paroles, elle posa doucement sa main sur l’épaule d’Emily, avec cordialité.

— N’idéalise pas trop les choses, on est parfois déçu. Mais je serais ravie d’aller boire un verre avec toi, bien entendu. C’est seulement une répétition, ça ne va pas trop nous fatiguer…

La dernière partie de sa phrase était ironique. En général, elle débordait toujours d’énergie et était suffisamment passionnée pour toujours arriver à vaincre la fatigue, d’une manière ou d’une autre. Et puis, elle était persuadée qu’il était plus facile de connaître quelqu’un autour d’un verre, quel qu’en soit le contenu, que dans un contexte professionnel ou encore un peu intimidé et exalté comme celui-ci. Quoiqu’elle aimait la fougue de la jeunesse.

—  Tu te sens prête ? Cela fait longtemps que tu chantes ? Et si je peux me permettre, pourquoi apprécies-tu ma voix en particulier ?

Elle aurait aussi volontiers posé quelques questions sur qui était son mari, mais cela attendrait qu’elles fassent plus ample connaissance. Il ne servait à rien de brûler les étapes, au risque de s’attirer une inimité malvenue.


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Emily de Brez
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Mar 20 Juin 2017 - 8:38
LA demoiselle pouffe, elle se râcle la gorge et cache son sourire du bout de ses doigts. «Maintenant que tu as vu mon côté ridicule d’admiratrice, tu n’as plus qu’à attendre ma maladresse légendaire. N’en prend pas peur, elle ne fait de mal à personne en général. » Emily se moque d’elle-même, voilà qu’elle se souviendrait de cette rencontre avec le temps, Gaël se foutrait d’elle ou il ne comprendrait pas ! Peu importe ! La main sur son épaule, elle est surprise par les paroles de la jeune femme, il lui faut quelques instants avant de hausser les épaules. «Je n’idéalise que ta voix, je te rassure. Je ne sais rien de toi en général, je ne suis pas à ce point. »

Douce et souriante à la réplique toute pleine de naïveté qu’elle offre, Lily hausse les épaules. «Va pour un verre alors ! » Ce serait bien ! En espérant que son tuteur n’y trouve rien à redire car la Princesse de Brez ce serait affichée avec Eva Chesterfield. Elle ignore ce que cela pourrait prévaloir comme mauvais racontars mais elle s’en fiche.

«Prête oui ! » Oh que oui, tout le corps de la rousse lui disait qu’il était temps, enfin temps. «Depuis…que je suis haute comme ça. » Fait-elle en signe avec sa main, une taille d’un enfant de trois ans. «Il parait que j’ai su chanté avant de parler. A grand renfort de lalalala tonitruant. » Rit-elle. «Mon oncle a toujours dit que ça lui cassait les oreilles….mais c’est un vieux ronchon désagréable. » Il n’aime rien celui-là ! «Parce que de toutes celles, de tous les disques, que j’ai écouté, elle me parlait le plus. Je ne sais pas, parfois on aime quelque chose sans savoir trop pourquoi. Et puis, vous chantiez un chant Thormien, à la perfection. Thorm…c’est chez moi ! Et ça m’a… » Elle sourit sans finir sa phrase et hausse les épaules.

Qu’importe, ce n’est pas utile de terminer sa phrase. On les rappelle à l’ordre, Emily se plit immédiatement aux consignes du metteur en scène, l’intermède de discussion est terminé. Il se passe peut-être trois heures avant qu’elles n’aient terminés. C’est long, Emily en a enfin finit, elle file à sa loge pour se changer dans une robe simple et brune, coordonnée à sa fourrure et à son chapeau haut de forme qui dissimulent ses cheveux en chignon haut.

Elle retrouve Eva et elle dévale les marches de l’opéra non sans en rater une et finit par tomber le cul en premier et en arrière. Elle se prends le rebord de la dernière marche dans le bas des reins et grimace.




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