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«Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close...

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Emily de Brez
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MessageSujet: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Ven 19 Mai 2017 - 23:25

Emily Thoromir est dans sa tenue de Juliette, première répétition en compagnie de Eva Chesterfield, cantatrice reconnue et plus âgée qu’elle, pour qui, elle ressent pourtant beaucoup d’admiration. Il faut dire qu’Emily n’est encore qu’une élève, une novice, mais elle a du talent, elle le sait et son beau brin de voix se détache des autres. La couturière est en train de rajuster sa robe, alors qu’elle tortille dans ses mains, un bout de tissu, n’osant ni parler, ni bouger, ni faire quoi que ce soit.

Avoir obtenu le rôle de Juliette est une chance, l’opéra de Gounod possède un titre qui colle totalement à la peau de la jeune femme, ce « Je veux vivre » qu’elle chantait déjà dans le château eskroi, à travers tout l’endroit, à la tête de Lowell pour lui faire comprendre les choses ! Il est fort probable qu’elle n’ait jamais compris grand-chose, souriant en l’entendant chanter et l’admirant tout de même…de quoi la contrarier !

Le costume en place, Lily se dépêche d’aller sur la scène, parvenue sur les planches, son visage s’illumine de plaisir à la vision de la salle, il y a du monde, machiniste, décorateur, musiciens dans la fosse, tout un petit microcosme en train de tout préparer et elle se perds dans ses pensées un instant.
Malgré la lettre de Lowell, à laquelle elle n’a pas encore répondu, Emily est de bonne humeur parce que Gaël est là et ça…ça fait du bien. Elle espère pouvoir le voir de nouveau rapidement ! Bientôt, elle devrait écrire à Lowell sa réponse.

Pour le moment, la demoiselle sourit, entendant qu’on l’appelle alors que le metteur en scène, assis dans la salle, demande encore quelques instants. Lily se retourne et constate alors la présence d’Eva Chesterfield. La dame a une prestance naturelle qui touche Emily et l’effleure, mais c’est ce qui arrive toujours lorsque l’on rencontre une personne que l’on admire. Prenant son courage à deux mains, elle se rapproche de la demoiselle avec un grand sourire et fait une révérence maladroite «Bonjour Mademoiselle Chesterfield, Emily Thoromir de Brez, j’aurais aimé qu’on se rencontre un peu avant les répétitions, mais il semblerait qu’on ait manqué de temps ! » Elle se sent godiche. «Je suis tellement impressionnée de vous rencontrer, si vous saviez ! »




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Eva Chesterfield
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Jeu 25 Mai 2017 - 15:00
Le Grand Opéra était un des endroits qu’Eva appréciait le plus dans Ambrosia, paradoxalement, non pas pour le talent qui s’y jouait, mais pour son architecture. Si l’Opéra était à l’image du reste de la ville – gigantesque, démesuré – elle lui trouvait un charme certain, entre ses couleurs de cuivre et d’or, la pierre massive, les multiples fenêtres par où brillaient les lumières, et évidemment, les innombrables galeries et sous-sols qui composaient tout théâtre respectable. C’était sans doute là qu’elle aimait se perdre au mieux, quitte à se faire réprimander par les techniciens. Ceux-ci avaient toutefois appris, avec le temps, à ne plus considérer d’un œil mauvais cette jeune femme qui semblait se sentir à l’aise partout et prendre rapidement possession des lieux. Et puis, elle avait une conversation agréable, quand elle voulait. Dans ces profondeurs, il y avait bien besoin d’un peu de liberté.

C’était de là qu’elle sortait pour revenir dans la grande salle, se rappelant – malheureusement – qu’il y avait une répétition. La brune avait après tout une relation quelque peu paradoxale avec son propre travail, mais qui se résumait, en vérité, à quelque chose de tellement similaire au vœu désespéré de Juliette : vouloir vivre. Si Eva avait pu se passer de travailler, elle l’aurait fait ; mais elle ne le pouvait pas, ni financièrement, ni à l’égard de sa famille qui surveillait ses faits, gestes et paroles, si jamais elle avait eu l’idée de vouloir suivre ouvertement le chemin emprunté par son grand frère Astan. Enfin, il lui fallait admettre, parfois à contrecœur, que certains rôles, certains moments sur scène, lui plaisaient vraiment. Après tout, elle avait toujours eu un talent pour le chant, moins pour la discipline : c’était quelque chose qu’elle aimait. Autant donc vivre avec quelque chose qui ne l’ennuyait pas trop. Non, c’était les contraintes, les horaires, la rigueur à tenir, qui la faisaient lever les yeux au ciel, quand elle était sur scène à répéter. Pas de conscience véritablement professionnelle. Seulement l’envie de s’amuser. Inutile de dire qu’Emily, la petite jeunette qui avait été engagée pour le rôle de Juliette, allait déchanter. D’autant que le rôle de la nourrice n’était pas le plus passionnant de tous, pour Eva.

Il fallait donc seulement voir si l’apprentie Juliette pouvait se révéler aussi naïve et forte que son personnage, ou si la personne derrière le rôle était bel et bien différente. L’histoire de Roméo et Juliette ne présentait que bien peu d’intérêt pour la cantatrice, là où elle aurait montré plus d’enthousiasme pour Faust ou la Reine de Saba, si on devait en rester à Gounod. Enfin, elle prenait ce qu’on lui donnait.

On la héla pour lui dire de se dépêcher d’aller enfiler un costume, fort heureusement moins lourd que celui donné à Emily. Au moins, elle ne serait pas trop gênée pour se déplacer, même si le costume en lui-même était loin d’être aussi beau que d’autres. Tâchant de ne pas trop démontrer son impatience, elle laissa l’une des costumières s’occuper d’elle, avant de finalement rejoindre la scène. En retard, peut-être, mais ça ne lui faisait ni chaud ni froid… En tout cas, elle se postait là où elle était sensée le faire, sans hâte ni culpabilité. Elle avait foulé le plancher de cette scène des dizaines de fois et était parfaitement à l’aise.

Une belle robe se mouvait devant ses yeux. Enfin, la personne qui la portait n’était pas moins jolie. Eva avait toujours apprécié les rousses. La jeune chanteuse se rapprocha d’ailleurs d’elle, souriant largement, et avec une révérence un peu hasardeuse. Eva se demanda pendant un instant si elle aimait ce genre de salutation de la part d’une collègue plus jeune, ou si cela l’irritait à cause du côté absurde. Enfin, il fallait bien que jeunesse se fasse… La cantatrice eut une révérence beaucoup plus simple, quoique pas moins respectueuse. Mais la politesse rigide voulue par la société lui mettait toujours les nerfs à rude épreuve par son hypocrisie.

— Enchantée, Emily. Tu peux te passer de mademoiselle Chesterfield et m’appeler Eva, s’il te plaît. Sinon, cela va être un peu long pour chaque interpellation au cours de la répétition…

Le ton n’était nullement agressif, plutôt simplement ironique. Après tout, elle était une femme comme cette petite ; et si elle était reconnue pour un certain talent, ça ne valait peut-être la peine d’être tellement impressionnée de la rencontrer… Eva n’était pas une diva orgueilleuse, loin de là.

— Rien n’empêche de se voir après les répétitions, si tu y tiens. Si le tutoiement te convient, aussi.


Comme tout était rigide et codifié. Elle détestait cela. Elle tâcha de reprendre contenance, sans quoi Emily allait définitivement la trouver bien trop familière dès le départ ; mais qu’est-ce qu’elle y pouvait, si le naturel prenait le dessus. L’air ironique disparut de son visage, reprenant un air cordial ; ses yeux bleu-vert, toutefois, ne quittaient guère le regard d’Emily, comme pour juger de quelle étoffe elle était faite. Elle l'observait avec un réel intérêt.

— Dans le cas présent, c’est plutôt qui devrais l’être. Juliette, c’est le premier rôle...et c’est la première fois, non ? Impatiente ou nerveuse ?


Quoiqu’on pouvait difficilement être impatient à l’idée de mourir sous le coup d’un poison au bout de quelques actes, dans ses pensées.


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Emily de Brez
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Sam 10 Juin 2017 - 19:05
L’on raconte bien des choses sur Eva Chesterfield. Bien des mots ou des idées, des rumeurs, des tas de truc, Emily s’en contrefiche, elle est impressionnée. Il y a des noms qui parviennent au-delà des endroits les plus vivants, à Thorm, elle a entendu parler de Eva, sur un gramophone, elle a entendu un disque avec sa voix, elle en est tombée amoureuse, au sens fanatique du terme. La dame représente une réussite qu’Emily aimerait effleurer.
Il parait que ce n’est pas parfait, mais qu’importe, la demoiselle l’idéalise avec beaucoup d’émotion, un rêve s’accomplis que de chanter en compagnie d’un nom qui résonne dans le monde. «Je … oui…je..heu.. » Hésitation pour une entrée en matière, dans la tête d’Emily ce sont les injures qu’elle balance sur sa propre personne, avec l’ordre de se reprendre. «D’accord ! »

Balancé d’une voix soutenue, ferme, enjouée, heureuse, d’accord. Le tu, le Eva. Emily sourit, toujours admirative. «Oh oui ! Oui oui ! » Ne pas trop lui en demander ! La demoiselle ne rajoute rien, elle a l’air godiche. Elle se sent godiche ! Elle veut répondre, s’interdit, se reprends. «Pas autant que de te rencontrer, désolé. » Elle sourit bêtement. «J’ai écouté un disque de vous….toi, chez mon époux, il m’en avait offert, plusieurs et j’ai écouté ta voix, tellement…souvent ! Oh par les Dieux, j’ai l’air godiche ! »

Elle enfouit son visage dans ses mains aussi rouge qu’une pivoine, pratiquement écarlate, avant d’inspirer un grand coup. Cela suffit la jouvencelle en extase, elle relève les épaules et elle sourit «Navrée je suis presque ridicule. Il y a des voix avec qui j’ai toujours rêvé de chanter et vous…tu en fais partie. Je suis heureuse de travailler avec toi et impatiente de vivre cette aventure ! Cela te dirait d’aller boire un verre avec moi après ? Si tu n’es pas trop fatiguée ! Ce serait sympa ! »

Oui, ça le serait, Emily en a envie, mais peut-être pas Eva ?




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Eva Chesterfield
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Dim 18 Juin 2017 - 17:43
Eva ne prêtait que trop rarement attention aux rumeurs dont elle faisait l’objet, sauf quand celles-ci apparaissaient plutôt glorieuses. En tout cas, quand elle était en-dehors de sa famille – sinon, effectivement, elle se devait de répondre à tout, pour l’honneur familial – elle prêtait peu d’importance aux ragots sur sa personne. Au mieux, cela servait à la faire connaître, au pire, le silence et un sourire charmant, mais méprisant, était la meilleure décision et attitude à prendre. D’autre part, elle n’avait pas rencontré de gens qui soient « fanatiques » d’elle dans son milieu professionnel, au même point qu’Emily : cela était donc une nouveauté plaisante.

La franchise de la cantatrice semblait déjà prendre sa collègue au dépourvu. Eva pria machinalement, pendant un instant, que les Dieux ne lui avaient pas fournis quelqu’un de trop ennuyeux… Mais il fallait bien laisser sa chance à la jeune demoiselle, n’est-ce pas ? Elle s’arma donc de patience, pour se voir récompensée d’une approbation. Tant mieux, Emily ne venait pas de passer dans la catégorie des rabats-joie trop habitués aux codes et aux règles, pour vivre vraiment. Elle contemplait en tout cas avec intérêt la façon dont sa collègue semblait lutter contre elle-même pour arriver à finalement prendre une attitude plus naturelle. Au moins, elle savait que la simplicité due au caractère de Juliette viendrait du cœur, de la part de cette chanteuse-là.

Eva se contenta d’un sourire, un peu surpris, mais pour autant sincère alors qu’Emily parlait des disques. Oui, cela ressemblait bien à l’attitude d’une fan qui était interdite en rencontrant enfin son idole. La jeune femme ne put s’empêcher de s’en sentir flattée, même si d’un autre côté, elle savait qu’elle était bien moins professionnelle que d’autres… mais les goûts et les couleurs, n’est-ce pas ? En quelques phrases, en tout cas, elle savait désormais que la future Juliette était mariée et que son mari avait au moins de l’argent. Et généreux, peut-être.

— Eh bien, c’est rare qu’on me témoigne autant d’admiration, en tout cas dans le milieu...je te remercie. Et oui, tu es presque ridicule, mais je suppose que je serais exactement pareille face à la voix que j’estime le plus.

Laquelle était-elle ? Bonne question, elle n’en avait peut-être même pas. En tout cas, la franchise d’Eva frappait encore, et pour contrebalancer ce qui aurait pu éventuellement indigner dans ses paroles, elle posa doucement sa main sur l’épaule d’Emily, avec cordialité.

— N’idéalise pas trop les choses, on est parfois déçu. Mais je serais ravie d’aller boire un verre avec toi, bien entendu. C’est seulement une répétition, ça ne va pas trop nous fatiguer…

La dernière partie de sa phrase était ironique. En général, elle débordait toujours d’énergie et était suffisamment passionnée pour toujours arriver à vaincre la fatigue, d’une manière ou d’une autre. Et puis, elle était persuadée qu’il était plus facile de connaître quelqu’un autour d’un verre, quel qu’en soit le contenu, que dans un contexte professionnel ou encore un peu intimidé et exalté comme celui-ci. Quoiqu’elle aimait la fougue de la jeunesse.

—  Tu te sens prête ? Cela fait longtemps que tu chantes ? Et si je peux me permettre, pourquoi apprécies-tu ma voix en particulier ?

Elle aurait aussi volontiers posé quelques questions sur qui était son mari, mais cela attendrait qu’elles fassent plus ample connaissance. Il ne servait à rien de brûler les étapes, au risque de s’attirer une inimité malvenue.


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Emily de Brez
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Mar 20 Juin 2017 - 8:38
LA demoiselle pouffe, elle se râcle la gorge et cache son sourire du bout de ses doigts. «Maintenant que tu as vu mon côté ridicule d’admiratrice, tu n’as plus qu’à attendre ma maladresse légendaire. N’en prend pas peur, elle ne fait de mal à personne en général. » Emily se moque d’elle-même, voilà qu’elle se souviendrait de cette rencontre avec le temps, Gaël se foutrait d’elle ou il ne comprendrait pas ! Peu importe ! La main sur son épaule, elle est surprise par les paroles de la jeune femme, il lui faut quelques instants avant de hausser les épaules. «Je n’idéalise que ta voix, je te rassure. Je ne sais rien de toi en général, je ne suis pas à ce point. »

Douce et souriante à la réplique toute pleine de naïveté qu’elle offre, Lily hausse les épaules. «Va pour un verre alors ! » Ce serait bien ! En espérant que son tuteur n’y trouve rien à redire car la Princesse de Brez ce serait affichée avec Eva Chesterfield. Elle ignore ce que cela pourrait prévaloir comme mauvais racontars mais elle s’en fiche.

«Prête oui ! » Oh que oui, tout le corps de la rousse lui disait qu’il était temps, enfin temps. «Depuis…que je suis haute comme ça. » Fait-elle en signe avec sa main, une taille d’un enfant de trois ans. «Il parait que j’ai su chanté avant de parler. A grand renfort de lalalala tonitruant. » Rit-elle. «Mon oncle a toujours dit que ça lui cassait les oreilles….mais c’est un vieux ronchon désagréable. » Il n’aime rien celui-là ! «Parce que de toutes celles, de tous les disques, que j’ai écouté, elle me parlait le plus. Je ne sais pas, parfois on aime quelque chose sans savoir trop pourquoi. Et puis, vous chantiez un chant Thormien, à la perfection. Thorm…c’est chez moi ! Et ça m’a… » Elle sourit sans finir sa phrase et hausse les épaules.

Qu’importe, ce n’est pas utile de terminer sa phrase. On les rappelle à l’ordre, Emily se plit immédiatement aux consignes du metteur en scène, l’intermède de discussion est terminé. Il se passe peut-être trois heures avant qu’elles n’aient terminés. C’est long, Emily en a enfin finit, elle file à sa loge pour se changer dans une robe simple et brune, coordonnée à sa fourrure et à son chapeau haut de forme qui dissimulent ses cheveux en chignon haut.

Elle retrouve Eva et elle dévale les marches de l’opéra non sans en rater une et finit par tomber le cul en premier et en arrière. Elle se prends le rebord de la dernière marche dans le bas des reins et grimace.




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Eva Chesterfield
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Mar 4 Juil 2017 - 20:41
Cela était assez inattendu, mais pendant un instant – alors qu’Emily riait et se cachait du bout des doigts – Eva sentit l’agacement naissant laisser place à une certaine… compassion ? Appréciation ? Elle ne savait pas comment le définir, mais la candeur et l’enthousiasme de la jeune Juliette lui plaisait tout d’un coup. Qu’y pouvait-elle, si son humeur était fluctuante et dépendait même des instants qui défilaient ? Elle prenait chaque moment comme il venait et ne cherchait nullement à juguler ses impressions ou ses ressentis, ni même à les préméditer. Emily avait, en quelque sorte, de la chance : elle venait d’échapper à la catégorie des femmes qu’Eva avait du mal à supporter. La chanteuse eut même un sourire sincère.

— Tant mieux. Ce serait plutôt déséquilibré, non, si tu savais déjà tout de moi ? Ne t’en fais pas pour ta maladresse… sauf si tu peux renverser quelque chose sur un de mes ennemis sans le faire exprès. Je pourrais faire appel à toi, en cas-là.

Son ton était léger et plaisantin. Comment aurait-il pu en être autrement ? Pourtant il y avait sans doute un brin de vérité au fond de cette blague. Il fallait seulement espérer que cela n’arrive pas, ou les mauvais racontars pourraient éventuellement arriver bien plus tôt que prévu. Et voir s’effacer le sourire de cette jeune femme rousse si vivante, serait alors… comme une perte. Un sourire qui s’éteignait avait quelque chose de triste, nul doute là-dessus.

Eva patienta, le temps d’écouter le récit de la jeune chanteuse. Ainsi, au moins cette collègue faisait partie de ceux qui enquiquinaient parfois le monde, même involontairement. Ce chant Thormien… Eva dut fouiller dans sa mémoire pour s’en rappeler, mais bien vite, une mélodie et des paroles lui revinrent à l’esprit. Qui aurait pu prédire que cela mènerait à cette rencontre ? Elle choisit d’en sourire, simplement. Et cette fois, c’était sincère, car elle comprenait ce que voulait signifier Emily.

— Les chants qui nous rappellent chez nous sont toujours les plus émouvants. Les plus mélancoliques… à serrer le cœur.

Pour autant, elle n’aurait pas passé plus de temps qu’il ne le fallait avec sa si chère famille, mais elle aurait été incapable de quitter Ambrosia pour de bon, par exemple. Même si elle avait adoré son année passée à l’étranger, la mélancolie – le sentiment de vouloir être là où étaient ses racines – était parfois plus fort. Comme si on ne pouvait s’enraciner et grandir que dans un endroit précis, celui de sa naissance. Elle comprenait donc Emily mieux qu’elle ne le pensait, là-dessus. Non, c’était ici qu’elle avait grandi, ici qu’elle vivrait, et ici qu’elle mourrait. Libre, de préférence, comme elle l’avait toujours été.

Cet intermède – plus plaisant que la moindre répétition, Eva abhorrant la discipline – fut néanmoins interrompu. Il fallait bien se mettre au travail et justifier son salaire… La cantatrice choisit, pour une fois, de ne pas contredire trop les directives du metteur en scène, pressée que cela soit enfin fini. Pourtant, cela ne l’empêchait pas parfois de lever les yeux au ciel, ou d’adresser des mimiques d’exaspération à Emily, elle seule pouvant les voir. Si cela n’avait tenu qu’à elle, elle n’aurait peut-être pas joué ce rôle ou l’aurait fait prendre une dimension bien plus comique, mais enfin Gounod n’était pas connu pour être drôle. Elle se contenta donc de faire ce qu’on lui disait, même si elle retrouvait la passion de chanter quand c’était son tour, et qu’elle prenait un certain plaisir à voir Emily et le masque de son personnage prendre vie devant elle. On mettait toujours de soi dans les rôles, et cela ne couperait pas à la règle. Cela lui permettrait peut-être de savoir davantage qui était cette femme…

Trois heures plus tard, elle attendait donc Emily devant les marches de l’opéra. Elle s’était changée et avait revêtu une robe aux dominantes de cuivre, enfin plus à l’aise que dans le satané costume de gouvernante. En entendant un grand bruit de chute derrière elle, elle se retourna et considéra Emily, qui était tombée par terre, et la chute avait dû être plutôt douloureuse. Eva réprima un rire, songeant qu’il s’agissait là de la fameuse maladresse de la jeune chanteuse. Toutefois, elle lui tendit la main, l’aidant à se relever, avec un léger sourire.

— Plus de peur que de mal, j’espère.

Elle garderait du moins cette anecdote en mémoire… Emily n’était pas complètement sortie d’affaire et Eva ne risquerait pas de l’oublier, quitte à la chahuter un peu avec cela. C’était le privilège des aînés, et Eva ne manquait simplement pas l’occasion de faire une moquerie bien sentie. Elle redressa le chapeau d’Emily, machinalement, avant de prendre la parole.

— Ma chère Juliette maladroite, y a-t-il un endroit particulier où tu souhaites aller, ou veux-tu que je fasse la guide ? La Maison Bleue n’est pas très loin, si tu veux. Je connais la propriétaire, elle est plutôt cordiale et aimable...et l’endroit change considérablement des autres.

Enfin, il y avait toujours d’autres cafés, plus proches de l’opéra, si Emily le souhaitait.



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Emily de Brez
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Lun 10 Juil 2017 - 20:40
«Quand la chose est préméditée, elle foire à coup sûr, je peux te l’assurer. Combien de fois ai-je essayé ! » Sur son oncle ? Des milliards ! A essayer la maladresse feinte et se retrouvant alors en dindon de la farce, alors que sans le vouloir vraiment, les choses se passent beaucoup mieux. Renverser un café brûlant, du vin, le faire tomber et tout un tas d’autres choses !

En tous cas, elle aime la situation et la trouve plaisante, sans se douter un seul instant encore de la personnalité précise de Eva Chesterfield. Elle connait la réputation du nom mais n’en prend pas note, préférant en vérité découvrir par elle-même. Sans compter en vérité qu’elle sait fort peu de chose sur la réputation ambrosienne de la dame, cela ne lui est pas parvenu et elle découvre tout à fait. Faire ses premiers pas en sa compagnie reste une expérience inoubliable.

Il fut d’ailleurs assez drôle de s’entraîner à la répétition en sa compagnie. Eva ne paraissait pas apprécier toutes les directives et cela faisait pouffer fort discrètement Emily qui cachait ses sourires et ses envies de rire avec facilité. Elle s’était bien entrainée avec son oncle, cela n’était qu’une question de mouvement habile pour se tourner et ne pas faire trop de bruit.
Emily ne partage pas trop de chose avec Juliette, elle n’est pas naïve, ni même une jouvencelle énamourée, peut-être a-t-elle un peu d’espièglerie que l’enfant partage avec sa nourrice, la jeunesse commune avec le personnage aussi, en tous les cas, elle sait pour autant se glisser dans l’habit et le rôle et laisser sa voix s’imprégner.

Tout terminé et de retour dans une robe de tous les jours, la demoiselle s’empresse de rejoindre sa comparse, non sans faire preuve de son horrible maladresse coutumière, prenant le loisir de rater une marche et de se faire douloureusement mal. Elle aurait aimé, parfois, ne pas être si gauche, mais même avec le meilleur effort du monde, il n’en est rien.
Se redressant en compagnie de son ainée, Emily la remercie. «Je ne connais pas la propriétaire mais j’aime bien l’endroit !» Elle a bien envie de se masser le bas des reins mais n’en fait rien, évitant ainsi d’attirer les regards devant le geste.

A la place, elle discute avec légèreté avec la dame, parlant d’opéra d’abord, puis de petites choses, échangeant avis et petites mimiques sur la troupe dédiée à l’opéra. Emily en oublie le temps qui passe quand elle parvient enfin à cette fameuse maison bleue. « Je croyais,d’ailleurs, quee l’endroit était tenu par un homme. Monsieur je sais plus comment roff… » Réalise Emily avant de rentrer.




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Eva Chesterfield
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Mar 18 Juil 2017 - 18:24
Eva se contenta de sourire, amusée, à la réponse de la jeune femme rousse. Très bien, elle notait alors seulement d’inviter cette demoiselle à un dîner de famille, ou d’amis, et de la placer à côté de la personne qu’elle aimait le moins, ou dont elle aurait particulièrement apprécié de se venger. Ensuite, le « talent naturel » ferait le reste...

A vrai dire, il ne fallait pas non plus voir quelqu’un comme Eva de particulièrement méchant, ou malveillant. Elle n’était pas mauvaise comme certains êtres l’étaient de nature, à supposer que cela existe véritablement. Disons qu’elle avait des défauts qui la rendaient parfois détestable comme personne, et que comme elle était égoïste, elle avait vite tendance à agacer les gens, à les faire tourner en bourrique. De plus, comme elle se voyait elle-même – à tort ou non – supérieure à pas mal de gens, cela n’arrangeait rien. Mais en ce qui concernait les amis, les proches, les relations auxquels elle ne voulait aucun mal, et bien, ceux-là, ils pouvaient compter sur sa loyauté et son soutien. La femme était ainsi faite : il ne fallait qu’un pas pour basculer de l’amour, vers la haine, mais elle était intransigeante et déterminée dans ces deux sentiments. Emily n’avait donc rien à craindre pour l’instant, surtout qu’elle avait suivi Eva dans ses moqueries et qu’elle s’amusait avec elle à la répétition, au lieu de faire les yeux ronds et de la réprimander.

Tout cela ne faisait qu’émettre des points positifs pour la jeune demoiselle, sans quoi Eva ne l’aurait peut-être pas aidée à se relever. Il en fallait bien peu, parfois. Les deux jeunes femmes se dirigèrent donc vers la Maison Bleue, sans cesser de bavarder pour autant le long du trajet. Ce n’était que de la conversation de surface, pour l’instant, mais le thé ou une autre boisson sauraient peut-être faire délirer les langues. Eva eut un léger sourire, et hocha la tête.

— Tu as raison, c’est un homme, Adhémente. C’est seulement que j’ai toujours eu du mal, la première fois que je l’ai vu… il est plutôt… sur le fil du rasoir au niveau de ses traits. Délicat. Cette blague le fait toujours rire quand je lui en reparle.

D’ailleurs, cela était un double rire, puisque dans ces cas-là, Eva et Adhémente étaient généralement seuls, et qu’Eva était travestie en homme. Cela lui servait à passer inaperçue dans des endroits auxquels elle préférait que son visage ne soit pas lié, ou sinon c’était un simple amusement de sa part. Mais ce genre de détails, et d’informations, n’étaient pas pour Emily. De toute manière, peu de gens en étaient au courant, Adhémente figurant sans doute en première ligne d’une liste réduite.

Elles arrivèrent devant le bâtiment de trois étage, toujours élégamment habillé des couleurs bleu roi et argent. Cela changeait des tonalités de cuivre et d’acier habituellement présentes en ville, ce qu’Eva trouvait apaisant.

— Tu as déjà vu la verrière ? Avec tous les oiseaux et les plantes tropicales ? Si cela te convient d’y aller.

Elle n’avait rien contre le rez-de-chaussée, qui était intimiste, mais elle n’avait pas souvent l’âme d’un rat de bibliothèque, quoiqu’elle aimât certaines histoires de fiction et les récits de voyageurs. La verrière était vivante, et par ce qu’elle proposait, elle était aussi source d’émerveillement. Au moins, l’avantage de la Maison-Bleue était de proposer suffisamment de salons intimes pour qu’aucune conversation ne soit entendue par une oreille malavisée.

L’un des membres du personnel leur avait ouvert la porte de l’établissement, et attendait patiemment qu’elles choisissent l’endroit où elles souhaitaient s’installer pour la suite de la journée.


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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Ven 28 Juil 2017 - 9:25
«Il y a des hommes aux traits fins, mon meilleur ami n’est pas bien épais et son visage n’est pas très viril, mais ça a leur charme. » Répond-t-elle en haussant les épaules non sans avoir quelques intrigues à rencontrer le fameux propriétaire.

Les hommes aux traits fins ont leur charme, mais Emily pense arbitrairement qu’ils ne sont pas forcément attirés par le sexe féminin, non que cela ait réellement de l’importance ou que ce soit vrai, car elle n’en a que faire, mais ainsi qu’elle est persuadée de l’homosexualité de Gaël, elle ne peut qu’associer les idées. Ce qui n’est en aucun cas brillant, mais ce n’est que de la naïveté un peu stupide dont on ne peut pas lui faire grand reproche, il n’y a rien de méchant, si ce n’est de l’auto-persuasion.

«Non mais je veux bien ! » Déclare ainsy Lily en observant les couleurs différentes qui sortent l’établissement du schéma marron habituel. Elle n’est pas très bleue, mais cela est fort charmant et ses yeux avides se posent en tout endroit dans ce lieu, cherchant à y découvrir quelques parcelle d’intérêt dans toutes ces choses !

Avec entrain donc, Emily choisit l’étage de la verrière, se retournant un peu sur différentes choses pour se prêter au jeu de l’observation, sans parler trop. Car elle n’a rien à dire, elle préfère regarder. Trop parler pourrait risquer d’être sans intérêt, ce n’est qu’une fois installée qu’elle se laisse à un : «Wah c’est trop beau ! Je dois avouer que je suis très très basique comme dame, de la neige, jje suis heureuse, mais tout ça…c’est délicieusement étranger à mes habitudes ! Tu es une habituée ? » Du lieu, de l’endroit, elle sourit encore et toujours, perdue dans des dédales d’admiration. «Je n’ai jamais trop voyagé, j’aimerais un jour. Mais il faudrait que Lowell soit d’accord et Lowell est… » Elle soupire et laisse sa main s’envoler. «Peu importe »

Dit-elle en prenant le menu en main.




"C'est fou comme c'est une chose pratique le mariage.
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Eva Chesterfield
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MessageSujet: Re: «Noblesse bien remisée ne trouve jamais l'hiver à sa porte... Non, porte close... Ven 28 Juil 2017 - 19:30
Qu’Emily songe ainsi n’était pas quelque chose de blessant pour Eva ou ses opinions. Après tout, certains étaient comme cela, il fallait l’admettre. Mais elle appréciait de voir que la jeune chanteuse était...visiblement ouverte. Du moins tolérante. Enfin, il ne fallait pas juger les gens trop vite. Mais l’explosion qui aurait pu avoir lieu entre les deux femmes n’avait toujours pas eu lieu. Il fallait donc supposer que pour l’instant, elles étaient parties sur de bonnes bases.

« Je suis d’accord, bien que ce ne soit pas vraiment mon genre d’hommes, en ce cas. » Il y avait toujours des exceptions qui confirmaient la règle, mais cela aussi, fallait-il le préciser ? Pas vraiment.

Loin d’Eva l’idée de la juger sur quoique ce soit, pour l’instant. Elle était déjà satisfaite de voir que l’endroit plaisait à la jeune fille, et qu’elle ne préfère pas s’attarder dans l’étage-bibliothèque, bien plus ennuyeux à son goût. Et puis, la verrière était vivante, au moins, on pouvait y être surpris. Eva considérait avec un sourire les oiseaux ici et là, et surtout les plantes exotiques, qui transformaient tout cela en véritable serre. S’il n’y avait pas eu d’autres clients, elle aurait pu se croire dans une autre ville qu’Ambrosia, ce qui n’aurait pas été sans lui déplaire. L’inconnu avait sa fascination, après tout, et surtout sa surprise. Or, la chose qu’Eva détestait par-dessus tout, c’était bel et bien de s’ennuyer, ni plus, ni moins. Et si on lui disait que ce n’était pas convenable pour quelqu’un de son rang, tant pis. Elle n’aspirait justement pas à être une plante verte derrière une vitre, attendant juste qu’on la regarde. Non, il lui fallait de l’action, du mouvement… autre chose que le lent écoulement des jours et l’habitude des mêmes choses quotidiennes.

L’un des serveurs les laissa entrer dans l’étage et tout contempler à leur guise, avant de leur montrer la table qui leur sera réservée. Eva le remercia, rajoutant quelques mots de politesse. Après tout, elle connaissait l’endroit, et si elle n’avait jamais été déçue, ce n’était pas une raison pour devenir impolie. Il lui aurait déplu de faire cela à Adhémente, qui n’avait jamais été une déception. Eva se glissa donc dans le fauteuil en face d’Emily, contemplant avec curiosité l’enthousiasme qui animait le visage de la jeune rousse. C’était le genre d’entrain qui vous faisait sourire à votre tour, sans même que vous vous en rendiez compte.

« Oui… le propriétaire est un ami. Je viens aussi souvent ici quand je veux être tranquille. Et c’est assez souvent, il faut l’admettre. »

Cette admiration était touchante, à sa manière, mais Eva ne songea pas à se moquer. En revanche, elle prêta davantage attention à la suite des paroles de sa collègue cantatrice. La jeune femme se redressa, laissant l’une de ses mains reposer sur la table, et fixa Emily avec attention de ses yeux bleu-vert.

« Où es-tu déjà allée ? Et Lowell, est le mari, je suppose ? Tu es bien jeune pour avoir été mariée...mais c’est le lot de beaucoup. »

Certes, Eva n’était pas dénuée de culture. Après tout, elle lisait les journaux, elle avait bien entendu parler de ce qui se tramait au Royaume d’Eskr, pour autant, elle n’irait pas déduire directement, à risque d’erreur, que c’était le même Lowell. D’ailleurs, bien qu’Eva ne soit pas in-intéressée par la politique et les choses affluant en-dehors d’Ambrosia, ces histoires avaient parfois le don de l’ennuyer. Et si elle devait connaître Emily, elle préférait la connaître avec les propres mots et déclarations de celle-ci, et non par des déductions. Elle était également au courant de quelques rumeurs, mais elle laissait pour l'instant les rumeurs, là où elles étaient.

« Il semble ne pas avoir appris qu’à force de garder un oiseau en cage, l’oiseau finit toujours par s’échapper à la première ouverture, et ne pas revenir, car on ne lui aura pas fait confiance, ou donné de raison d’avoir confiance, auparavant. »


“J’aurais voulu qu’elle eût peur et me demandât grâce, mais, cette femme était un démon.”
           
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