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 :: L'histoire Ambrosienne :: Retour dans le passé

clos | Emois en mer (PV Nicolas)

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Olympiane de Thiam
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MessageSujet: clos | Emois en mer (PV Nicolas) Mer 5 Juil 2017 - 1:26
Finalement, on y était, plus de retour arrière possible. Dans le fiacre qui me menait au port, je ne cessais de penser à ma mère et à ses enseignements. Elle me répétait que je devais être plus calme, plus posée, que je devais faire honneur à ma famille et mon tuteur, qu'il fallait que je fasse attention dans la grande cité de vapeur. Mais elle avait aussi eu du mal à me parler d'une chose : les hommes. Ma mère que je connaissais aimante et me parlant de tout, rougissait comme une jeune fille en fleur en évoquant le sujet. Je pense que cela la détendit quand je me mis à rire en voyant son embarras. Elle m'avisa de ne pas faire confiance à n'importe qui, que la plupart des hommes n'étaient pas ce qu'ils prétendaient être mais que certains étaient heureusement des exceptions à la règle. Je ne comprenais pas toujours tout, j'y décelais quelques fois des allusions à mon père. Enfin, c'est ce que je pensais. Elle ne me le confirmerai jamais de toutes façons.

Nous arrivâmes finalement sur les quais et l'on m'aida à descendre ainsi que mes bagages. Maudite robe que voici, ma mère n'avait pas voulu que j'emporte une seule de mes tenues que je trouvais plus pratiques. Elle me disait que je devais être toujours apprêtée et présentable. Elle en avait donc garni toute ma malle de ces tenues d'apparat insupportables. Je soupirai quelque peu avant de me diriger vers mon bateau. Il était assez impressionnant. Mais pas autant que dans mes souvenirs. Après tout, je n'étais plus une jeune fille de douze ans mais bel et bien une jeune femme de vingt ans. Mon cousin devrait d'ailleurs s'y faire lorsque nous nous croiserons à Ambrosia.

Je montai alors les quelques marches, me retournant une fois en haut pour jeter un dernier coup d'oeil à la terre qui m'avait vu naître. Après tout, ce n'était affaire que de trois ans, me disant que je reviendrai après tout ça. Et je me jurai alors d'intégrer le monastère dès mon retour et de devenir une fidèle prêtresse d'Ameth afin de chasser l'Impie de notre monde. C'était alors d'un pas décidé que j'arpentai les couloirs du navire, cherchant ma cabine. En vain... Je tournai et retournai et ce fut après de longues minutes que je trouvai enfin, non sans l'aide de quelques passagers bien plus habitués que moi aux voyages en mer. Je me posai quelques temps, rangeant mes bagages, assimilant le tout et essayant de m'habituer à la houle que je n'avais pas côtoyé depuis huit ans. Mais bien vite je me rendis compte qu'il allait me falloir plus que quelques minutes pour cela. Ma première journée fut entièrement consacrée à ça, ne pouvant me lever tant tout tanguait autour de moi.

Après une nuit quelque peu agitée, je pus enfin parcourir le bateau sur mes deux pieds et cela, sans tomber. Ma mère m'avait dit de continuer à jouer du violon durant la traversée, afin de me calmer et de penser à autre chose. Mais aussi pour ne pas perdre la main. Nous avions convenu qu'avec mon talent, j'essaierai d'en faire mon métier pendant mes trois années de pupillat. Je me trouvai alors un coin tranquille, sans trop de monde afin de me mettre à l'oeuvre. Je m'enquis au préalable de savoir si cela dérangeait les personnes alentour mais visiblement, cela n'était pas le cas. Et lorsque je me mis à jouer, ils restèrent d'ailleurs à m'écouter avec plaisir. J'étais légèrement perturbée par les remous du navire mais cela n'avait pas l'air d'avoir trop d'impact sur ma musique. Le violon pour moi était quelque chose qui me permettait de partit dans un autre monde, je fermais souvent les yeux et me laissait bercer par les notes qui en sortaient. C'était toujours des moments très agréables.


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Nicolas De Choiseul
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MessageSujet: Re: clos | Emois en mer (PV Nicolas) Mer 5 Juil 2017 - 13:44
L'éveil de la ville lentement prenait tout son sens. Encore levé avant tout le monde, les bruits des docks n'avaient pas aidé le jeune prince à baisser sa garde. Surtout vu la raison qui le faisait rentrer, il n'avait pas la conscience tranquille tant que le grand bâtiment Ambrosien ferait voile et vapeur vers son domicile d'enfant. Il fixait les bâtiments qui montraient lentement que la vie s'agitait entre leurs murs de pierre. Posé le bras sur le bastingage, l'autre fixant les premières personnes qui montaient à ses côtés dans le fier navire. Son regard azur croisaient des regards qui s'attardaient parfois sur sa silhouette solitaire sur le plus haut pont du bateau. Il était arrivé la veille dans une navette rapide aussi quand il avait pu embarquer dans la nuit il l'avait fait, il avait donc été le premier passager du fier vaisseau.

Maintenant que le jour était levé, la foule bigarrée du port, entre bagages et nécessaire de voyage, docker et matelots semblait se mouvoir dans un joyeux capharnaüm. Pourtant la mécanique bien huilée faisait son office, chaque colis trouvait son chemin entre les personnes arrivant en calèche, ceux arrivant en courant avec des enfants autour. Il ne s'était jamais vraiment intéressé à ce balai réglé comme une horloge, mais il trouva divertissant malgré les cris et les ordres aboyés d'en bas. Les heures filèrent rapidement et c'est maintenant la foule qui se bouscule pour monter à bord. Il finit par devoir changer de place, aidant les personnes à trouver leurs cabines, non pas que cela l'amusait, mais il était rompu des voyages de ce genre et ne craignait pas le roulis. Il escorta ainsi des dizaines de personnes sans vraiment remarquer qui il conduisait et où.

Puis les cornes sonnantes du navire le firent résonner alors que les derniers matelots fermaient les passerelles. Il avait un sourire en se dirigeant lui vers la proue du navire, laissant l'air du large s'engouffrer dans ses cheveux en désordre. Très vite le vaisseau pris de la vitesse et affronta les premier roulis. Rapidement les coursives se vidèrent, les rares qui était comme lui rompus étaient plus de l'équipage que des passagers qui se confinèrent dans leurs chambres. Nicolas mis à profit ce temps dégagé pour sortir un carnet de cuir relié, s'installant après avoir parcouru le navire entier sur le pont le plus haut. L'endroit déserté par tout le monde la houle y étant la plus forte et il fit de rapides croquis l'esprit toujours alerte près à refermer et camoufler dans son manteau.

L'air glacé eut finalement raison de lui et il rejoint sa cabine après avoir jeté un dernier regard au large. Le lendemain peu de personnes parvinrent à supporter le roulis apparemment et la journée resta relativement tranquille aux yeux du prince. Il s'exerça sur le pont désert, profitant de l'absence de monde pour ferrailler avec des ennemis invisibles puis retourna dans sa chambre pour le diner. Il fit une dernière promenade sur les coursives, profitant de leur désertion par les autres passagers. Au matin suivant, le prince, premier sur les ponts de nouveau avait trouvé un endroit relativement abrité mais qui offrait une jolie vue, il s'installa donc en retrait pour continuer ses croquis alors que le pont se remplissait quelque peu. En voyage il appréciait des vêtements simples et surtout qui permettait de conserver un minimum de survie, soit une lame de poignard dans son fourreaux caché contre son buste. En cuir robuste, les habits préservaient du froid tout en gardant une souplesse d'action et bien souvent de couleur noir. Les autres passagers semblent s'acclimater mieux aux roulis puisqu'il est rejoint par quelques personnes qui lui jettent des regards en coin. Lui garde obstinément la tête baissé sans que sa garde elle le soit.

Il ne regarda pas tout de suite la jeune femme qui s'enquérait si cela dérangeait quelqu'un qu'elle joue. Il n'y voyait lui pas d'inconvénient, vu qu'il s'exerçait lui même tôt chaque matin maintenant pour ne pas déranger les balades des passagers. Il reprit son croquis avant de suspendre son crayon, son regard perçant glissant sur la silhouette de la talentueuse musicienne. Bien qu'elle soit vêtue d'une robe un peu trop habillée pour un voyage en mer, il ne pouvait qu'apprécier les sons mélodieux qui sortaient du violon. Est ce inconsciemment qu'il le fit, mais le stylo trouva seul son chemin sur le papier pour faire un rapide croquis de la musicienne. Quand il s'en aperçu, il ferma le cahier et le glissa dans une poche de sa veste avant de fermer à demi les yeux.

Si sa famille appréciait les explosions sonnantes et tonitruantes, lui appréciait l'art sous toutes ses formes, et la musique qui s'élevait dans l'habitacle avait de quoi ravir les oreilles de néophytes eux mêmes. Il ne l'interrompit pas, on ne stoppe pas quelqu'un qui s'exerce mais il patienta qu'elle finisse ses exercices avant de s'approcher de la jeune femme. Si certains hommes avaient amorcés le même geste, sa stature et son allure du en calmer plus d'un vu qu'il se trouva seul près de la jeune femme alors qu'elle rangeait l'instrument dans son étui. Il lui sourit et l'interpella avec douceur dans un but bien précis. Une telle musicienne avait largement sa place au conservatoire, et si elle n'y avait pas encore de contact il se ferait un plaisir de l'aider à y entrer.

- Bonjour mademoiselle, vous jouez divinement bien. Est ce que je peux me permettre de vous demander votre nom ?
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Olympiane de Thiam
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MessageSujet: Re: clos | Emois en mer (PV Nicolas) Jeu 6 Juil 2017 - 22:45
Heureusement que j'avais mon manteau sur moi, il ne faisait pas très chaud sur le pont. On ne m'avait pas dit qu'il pouvait faire aussi froid en mer. Au bout d'un bon moment de musique, je délaissai finalement mon violon malgré les déceptions de quelques spectateurs désireux d'écouter un morceau de leur choix. Je dus leur expliquer tout en gardant le sourire que mes doigts allaient finir par tomber si je continuais. Ils étaient gelés. Je rangeais alors mon instrument dans son étui lorsqu'un jeune homme s'approcha de moi.

Il y avait souvent des gens qui venaient vers moi en entendant mes notes. Aussi je ne me focalisais pas trop sur le fait que sa demande ressemblait fortement à de la drague. Il était plutôt charmant, étrangement vêtu à vrai dire. De tels vêtements étaient tels ceux des hommes d'armes. Je me demandai bien ce qu'il faisait sur ce navire. Je soufflai quelque peu sur mes doigts pour les réchauffer et lui tendis ma main.

"Et bien merci monsieur" lui répondis-je. "La houle n'aide cependant pas vraiment à sortir mes plus belles notes de mon instrument à vrai dire. Sachez bien que je ne divulgue pas mon nom au premier venu monsieur. Alors si vous désirez connaitre le mien, il va falloir que vous donniez le vôtre" dis-je avec malice.

Je n'étais pas sotte. Ma mère m'avait bien mit en garde de ne pas faire confiance à n’importe qui. Et j'étais bien curieuse d'en savoir un peu plus sur mon admirateur. Je n'avais pas souvent l'occasion qu'un homme vienne à ma rencontre. Il fallait avouer que mon physique n'était pas spécialement avantageux. Il y avait bien plus jolie que moi. Et bien plus calme aussi. Si je me tenais bien en public c'était simplement pour faire honneur à ma famille. La plupart du temps, je m'imaginais encore courant dans les jardins de notre demeure à Ameth.

Avant même qu'il ne me réponde, j'ajoutai quelques mots pour pousser encore plus la curiosité, souriant et les yeux pétillants de l'envie irrépressible de savoir.

"Mais dites moi monsieur, quel est donc ce carnet que vous avez bien vite rangé dans votre poche ?"

Car oui, je l'avais remarqué depuis un petit moment déjà ce beau jeune homme. Et je n'avais pas manqué le voir cacher ce fameux livret dans sa veste. Je ne pouvais pas m'en empêcher. Je voulais absolument savoir ce qu'il y avait dedans. Un vilain défaut comme disait ma mère. Moi je ne le voyais pas comme ça. Après tout, ce n'est pas mal que de vouloir connaitre des choses, de s'intéresser aux autres et à ce qui nous entoure. On était mieux protégé comme cela.


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Nicolas De Choiseul
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MessageSujet: Re: clos | Emois en mer (PV Nicolas) Jeu 6 Juil 2017 - 23:09
La jeune musicienne se réchauffait les doigts sans doute un peu raidis par l'effort qu'elle leur avait infligé en jouant ainsi alors que la fraîcheur était tout de même vive. La réponse vint enfin mais pas vraiment celle qu'attendait le prince qui eut un sourire un peu grimaçant avant de soupirer, non pas qu'il n'aimait pas se présenter, mais les gens changeait tout à fait d'attitude malheureusement quand il prononçait son prénom en premier. Sa question après amena un sourire remplit d'au moins autant de malice qu'elle. Elle ne voulait pas répondre, et osait poser une question ? La jeune femme ne manquait pas d’aplomb, mais ne pouvait il pas comprendre ? Elle était seule, il avait finement observé son attitude, et vu qu'elle ne jetait pas de regard aux alentours pour quémander un quelconque soutien il en déduisait que d'après son âge elle devait partir pour être pupille. Oui, en quelques coups d'oeil il en était arrivé à autant de déduction, en même temps quand on vous conditionne dès enfant à ne manquer aucuns détails sur les autres vous n'en négligez aucuns à force et portez les conclusions qui s'imposent. Il se redressa et croisa les bras son regard pétillant de taquinerie démentant l'aura qui devait émaner de lui à cet instant.


- Malgré ces vagues vous avez pour autant sortit de très belles notes, avez vous pour vocation de jouer de manière professionnelle ? Ah et pour mon nom ... Et bien..... Pour le savoir il va vous falloir me suivre en ce cas, dans un endroit un peu moins peuplé si possible.


Non pas qu'il rechignait, il espérait juste éviter les rencontres avec des femmes de cours sans doute à bord et sur ce même pont même si raréfié il n'était pas exempt de se faire coincer avec "Vous connaissez untel ? Elle est jeune en bonne santé et de bonne famille. Et même s'il aurait aimé lui répondre tout de suite il préférait prévaloir un peu de son intimité à bord, aussi il avança mais qu'elle ne croit pas de mauvaise farce il resta sur la même coursive, s'étant juste éloigné des autres personnes. Il se retourna et attendit qu'elle fasse son choix avant de poursuivre et qu'elle soit assez proche.

- Et puisque vous ne me laissez pas le choix, je suis Nicolas. Nicolas De Choiseul en route pour retrouver ma nation et les miens, pourrais je maintenant savoir le votre ?

Il desserra les bras et attendit l'inévitable successions de révérences qu'allait suivre sa phrase, il espérait juste ne pas avoir dit la phrase trop haute, et était prêt à empêcher son mouvement pour se fondre dans une courbette. Une fois le moment de gêne passé il se rappela sa question sur son carnet et haussa les épaules lentement pour les détendre, et pour aussi faire un tour d'horizon derrière la jeune femme pour éviter des oreilles trainantes. Il sortit un carnet similaire au premier, deux précautions valent mieux qu'une, son oncle l'avait bien formé après tout, et le tendit à la jeune femme avec un sourire.

- Ce ne sont que des notes, rien de fabuleux, des réflexions que je me suis fait en monter sur ce vaisseau et sur les derniers évènements...

Il n'y avait rien de personnel, ce n'était qu'un résumé des derniers actes, et des personnes montées à bord, peut être figurait elle même sur cette liste de personnes qu'il avait aidé à se repérer sur le navire. Un service en vaux un autre, une faveur peut être demandé même des années après. Et le prince avait beau ne pas désirer du fardeau de l'Empire, il le servait pleinement et entièrement, n'en déplaise à son âme qui rêvait d'un tout autre chemin qu'il n'emprunterait pas. Peut être que le carnet n'était pas tout à fait identique au premier, sans doute moins feuilleté, sans doute moins tourné dans tous les sens, et si elle avait un regard perçant elle l'aurait remarquer. Mais on ne donne pas directement à son ennemi des armes tant qu'on ignore tout de son identité... Surtout une arme capable de le détruire plus surement qu'autre chose....


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Olympiane de Thiam
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MessageSujet: Re: clos | Emois en mer (PV Nicolas) Ven 7 Juil 2017 - 2:19
Tiens donc, ils soupirait et grimaçait lorsque je lui demandai son nom. Voilà qui n'était pas très poli ni galant. Mais son expression changea du tout au tout lorsque je lui parlai de son fameux petit carnet. Décidément, cet homme était bien étrange. Il me toisa même de ce petit regard malicieux que j'arborais souvent moi-même. Cela m'arracha un léger sourire. Allons bon, monsieur voulait jouer apparemment. Cette traversée n'allait peut-être pas être aussi ennuyeuse que je me l'étais imaginé.

"Et bien, si cela puis vous intéresser, monsieur sans nom, oui je compte bien en faire mon métier une fois que nous serons en Ambrosia."

Mes yeux s'arrondirent cependant lorsqu'il m'enjoignit de le suivre dans un endroit à l'abri des regards. Cela devenait un brin louche tout de même. Un inconnu qui me demandait de le suivre quelque part. Un beau parleur qui plus est. J'hésitai un moment, encore assise sur mon siège, le regardant s'éloigner un peu. Je posai mon regard un peu autour de moi, essayant de trouver quelque chose sans savoir vraiment quoi. Je finis par me lever et le rejoindre. Ma curiosité était plus forte que tout, je voulais savoir qui était ce jeune homme qui semblait tant apprécier ma musique. Et cela au détriment de tous les conseils de ma mère.

Je tombai des nus en apprenant finalement son nom. Je ne pensais pas une seule seconde qu'il pouvait être un quelconque imposteur. Pour moi, un véritable imposteur se serait surement vanté devant la foule amassée précédemment devant nous. Je perdis alors mes moyens face à lui. Cela m'arrivait assez peu souvent pour que ça soit notifié.

"Je je je... enchantée de vous connaitre votre Altesse. Mon nom est Olympiane de Thiam. Pardonnez mon attitude envers vous. Je ne savez pas que..."

Je me courbai alors en une révérence quelque peu maladroite avec mon étui dans la main. Mais il me retint pour m'en empêcher. Je lui lançai alors un regard surpris. Pourquoi m'en avoir empêché ? Ma mère m'avait bassiné avec tout un cours sur la famille impériale d'Ambrosia, sur ce qu'il fallait faire et ne pas faire, comment il fallait se comporter. Sur le moment, je ne comprenais vraiment pas ce que j'avais pu faire de travers.

Alors que je restai coi devant lui, il me tendit le fameux calepin. Des notes selon lui, sur différentes personnes. Je posai mon instrument près de moi sur le sol et feuilletait le livret sans vraiment regarder. Cela eut le mérite de me remettre les idées en place. Enfin, au moins quelques minutes. Il n'y avait effectivement que des noms et des faits récents survenus. Pas grand chose d'intéressant. Tout du moins pour moi. Peut-être que ça l'était plus pour lui. Je soupirai légèrement en le lui rendant, un brin déçue. J'eus une mine un peu triste en m'adressant à nouveau à lui.

"Je vous présente toutes mes condoléances pour votre beau-frère... Puisse mon cousin reposer en paix dans les terres d'Ameth."

Mon regard se fit un peu vague. Je me sentais affectée par sa perte alors que je ne l'avais pas connu. C'était un peu étrange à bien y penser. J'avais entendu ma mère m'en parler quelques fois. Les gens de la Ville Sainte disaient beaucoup de bien de lui. J'aurais aimé le connaitre à vrai dire.

"Soyez sûr que je porterai mes condoléances à votre soeur dès mon arrivée à Ambrosia, votre Altesse" repris-je alors.

Pia n'était pas qu'une enfant turbulente et pleine de vie. Je pouvais aussi être une femme calme et pleine de compassion. Je savais bien que la mort faisait partie du long cycle de la vie. Mais la mort dans ces circonstances ne devrait jamais arriver. Il ne pouvait être l'oeuvre que de l'Impie. Et cela renforçait d'autant plus ma détermination à servir Ameth afin d'éliminer cette menace de notre monde.


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Nicolas De Choiseul
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MessageSujet: Re: clos | Emois en mer (PV Nicolas) Ven 7 Juil 2017 - 12:21
Et voila, encore une fois une réaction classique à son rang, il en aurait grincé des dents du qualificatif qu'elle utilisait envers lui. Altesse, c'était son père, sa sœur, son oncle, pas lui, il ne supportait pas ce rang, que n'avait il été rejeté lors de l'examen .. Au moins il n'aurait jamais été entre deux mondes, sans appartenir ni réellement à l'un ni réellement à l'autre. Est ce qu'elle serait de ceux qui doute ? De ceux qui croit ? De ceux qui juge ? Encore une fois les réactions spontanées s’effaçaient face à un rang qu'il ne se vantait jamais d'avoir. Ne s'était il pas lui même présenté comme Nicolas ? Pas Prince ? N'était il pas un homme avant d'être le frère de l'Impératrice ? Il avait prévenu son geste, il l'arrêta alors qu'elle commençait à courber. Non, il ne l'avait pas aborder pour cela, il voulait l'aider, le talent n'était pas souvent mis en avant à son goût surtout pour les arts, aussi il désirait sincèrement l'aider.

L'avantage quand elle se redressa un peu étonnée de son geste c'était qu'il avait enfin son nom, il le noterait après pour s'en rappeler. Il récupéra ensuite son calepin qui rejoignit sa poche aussitôt avant d'accepter les condoléances pour son beau frère décédé. Il se doutait qu'à Ameth cela avait été une très grande perte, il ne visualisait pas exactement toutes les implications mais sa présence sur ce bateau avec autant d'Amethien allait se transformer en cortège funèbre si on apprenait sa présence. D'où le fait qu'il avait retenu le geste de la jeune femme. Mais le fait qu'elle lui soit apparenté risquait pour elle aussi de devenir une succession de courbettes peut être fausses et ennuyantes alors qu'ils pouvaient tous profiter de ce temps pour panser des blessures et laisser le temps agir sur cette perte.

- Je vous les présente de même, puisse Aernia le guider vers le renouveau.

Il essaya de sourire, pour chasser de ses traits le fait que la perte d'un nouveau membre impérial l'affectait, même s'il n'avait côtoyer son beau frère que peu de temps comparé à sa sœur, il avait apprécié l'homme pieu et proche des dieux qu'il avait été. Il hocha la tête quand elle parla de porter les mêmes paroles à l'Impératrice. Il essaierait d'en toucher deux mots à Lilith, qui avait du en entendre tant et tant qu'elle devait être lassée, les mots de cette jeune personne semblait vrais, et moins creux que ceux qui ont sans doute fait le déplacement uniquement pour se faire bien voir. Les parasites, ceux là ils avaient envie de les embrocher, et souriait d'ailleurs en imaginant les choses se dérouler à la manière de son oncle. Malheureusement ces méthodes n'étaient pas reconnus comme viable. Il posa son regard sur l'étui puis sur le soleil qui semblait grandir dans le ciel et préféra poursuivre la conversation dans un autre endroit plus couvert pour qu'elle n'ait pas froid. Si lui ne sentait qu'à peine le vent glacé filer dans ses cheveux bouclés, il doutait qu'elle n'ait elle pas l'envie d'une boisson chaude pour se réchauffer.

- Que diriez vous que je vous raccompagne pour déposer votre étui et de parler plus longuement dans un salon autour d'une boisson chaude ? Si cela vous sied bien entendu.

Si elle acceptait il serait content de trouver en elle quelqu'un qu'il puisse aider et surtout protéger contre les médisances, tout comme d'une âme qui avait elle aussi la perte d'un proche à dépasser. Il n'avait pas oublié le conservatoire et si elle acceptait son aide il serait plus qu'heureux de lui apporter, sans pour autant dévoiler qu'il n'était pas qu'un prince guerrier et stratège. Il lui offrit le bras, galamment, attendant sa réponse pour poursuivre la conversation dans un endroit plus chaud que la coursive ouverte au vent. Et si elle refusait, il ne serait pas offensé mais comptait bien essayer de lui fournir de l'aide qu'elle soit reconnue comme violoniste en Ambrosia rapidement, son talent méritait d'être entendu !


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MessageSujet: Re: clos | Emois en mer (PV Nicolas) Sam 8 Juil 2017 - 0:40
Lorsqu'il me donna ses condoléances à son tour, citant Aernia je souris légèrement. Un Amethien dans les bras d'Aernia, ce n'était pas prêt d'arriver. Je lui indiquai alors que j'en ferai de même avec l'Impératrice dès mon arrivée et il hocha la tête. Je me mis tout à coup à frissonner légèrement sous la brise. Nous n'étions même pas en hiver et déjà nous sentions les premiers froids arriver. Cela promettait de belles tombées de neige à n'en point douter. Heureusement que ma mère m'avait tanné pour prendre son gros manteau fourré et bien chaud. Je ne pensais pas qu'il me servirait si vite. J'aurai peut-être du l'enfiler avant de sortir sur le pont au lieu de ma légère veste.

C'est alors que Nicolas me proposa de continuer notre discussion à l'intérieur. Je ne me fis pas prier pour cela ! Hormis le fait qu'il était au final un membre de ma famille par alliance et qu'il était un fervent admirateur de mon art, il était vraiment très charmant. Nombre de jeunes filles avaient déjà dû tomber dans ses filets, je ne me faisais que peu d'illusions sur le sujet. Et puis, il était le frère de l'Impératrice après tout. On devait déjà lui avoir arrangé un mariage avantageux dès son enfance sans doute. Pia réveille toi voyons. Je soupirai alors, me sentant tout à coup stupide d'avoir ne serait-ce qu'une once de ces pensées en tête.

"J'irai volontiers à l'intérieur votre Altesse" dis-je en prenant son bras. "Mais vous ne croyez pas que les ragots vont aller bon train si on me voit à vos côtés ?" ajoutai-je avec malice. "Après tout, je ne suis personne pour la plupart des gens. Peu connaissent mon lien de parenté avec Elrich. Et si on voyait le prince Nicolas de Choiseul avec une étrangère que diraient les gens ?"

Je disais cela sur le ton de la plaisanterie alors que nous rentrions et nous dirigions vers le salon. Mais je n'en pensais pas moins. Les rumeurs allaient vite. Les gens ne savaient jamais garder leur langue, surtout s'ils y trouvaient leur compte. C'était pour ça que je voulais rester le moins de temps possible à Ambrosia. Trois ans obligatoires pour mon pupillat, rien de plus. Ensuite je rentrerai tout droit au Protectorat. J'eus un regard lointain en passant à côté d'un hublot. Ma terre natale me manquait déjà. J’espérais que ma mère s'en sorte sans moi. Heureusement que Madeleine veillait sur elle. Ma chère gouvernante s'arrachait tellement les cheveux lorsque j'étais jeune. Une léger sourire passa sur mon visage en y repensant. Je lui en avais fait voir de toutes les couleurs la pauvre.

Je reportai mon regard sur le jeune homme à mon bras. Je sentais bien quelques regards envieux de vipères se glisser sur nous alors que nous marchions. Lui ne semblait pas les voir. Ou alors, il feignait bien l'indifférence. Je desserrai alors ma prise sur lui, me sentant quelque peu mal à l'aise.

"Nous pourrions nous mettre un peu à l'écart votre Altesse, vous ne pensez pas ?" dis-je en regardant un peu autour, lui indiquant quelques fauteuils dans un coin un peu plus tranquille.

Une fois installés, je posai mon instrument non loin de moi. J'avais oublié de passer le déposer à ma cabine. Mais ce n'était pas grave après tout. Il était un peu une sorte de réconfort, mon porte bonheur peut-être. Je demandai alors un chocolat chaud et attendit que ce cher Nicolas passe sa propre commande.

"Alors, vous me disiez donc revenir voir votre famille à Ambrosia. Même si nous arriverons malheureusement trop tard pour les funérailles d'Elrich. Mais bon, la vie est ainsi faite. Que faisiez-vous donc à Ameth ?"

Curieuse un jour, curieuse toujours. Et cela même s'il était Nicolas de Choiseul. Après tout, je voyais peu d'ambrosiens venir au Protectorat. Alors cela piquait ma curiosité. Que pouvait venir faire le frère de l'Impératrice de Vapeur chez nous ?


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Nicolas De Choiseul
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MessageSujet: Re: clos | Emois en mer (PV Nicolas) Mar 11 Juil 2017 - 20:25
Il lui sourit quand elle accepta et l'escorta en la tenant galamment par le bras en respectant la décence elle même si elle pouvait se personnifier.  Il ouvrit la porte et fit passer la jeune femme devant lui avant de suivre la coursive maintenant abritée et voyant qu'elle ne prenait pas les choses en main pour le conduire à sa cabine il entra dans l'un des nombreux salons du bateau et accompagna la jeune femme jusqu'à une table situé un peu à l'écart mais qui offrait tout de même un confort décent. Non pas qu'il en cherche, mais il espérait qu'elle n'était préparé à peut être un niveau de vie moindre sur le bateau. En effet, bien que construit avec toute l'ingéniosité humaine, il y avait toujours des choses qui manquaient à un quotidien. Pour sa part une salle d'arme aurait vraiment été appréciable, mais il était sans doute le seul à regretter cela.

Elle finit par demander à plutôt aller dans un coin vraiment isolé du reste et il ne fit rien pour la contredire, bien qu'il aurait préféré ne pas l'exposer tout de suite aux commérages qui allaient sans doute venir rapidement. Il n'y prêtait pas attention, rodé depuis son plus jeune âge, il avait rapidement saisit que tout ses gestes et faits étaient annotés et ensuite décortiqués de toutes les façons possibles et s'en moquait comme de sa première couche culotte. Si des harpies sur le bateau voulaient vraiment essayer d le faire sortir de ses gonds, vu le peu d'exercice disponible à bord elles feraient bien de se rendre compte que ce seraient elles les punchingball de ses nerfs !  Une fois à l'écart, les regards se détournant d'eux lentement il lui sourit en regardant le soin qu'elle portait à l'instrument. Il avait relâché son bras quand elle l'en avait dégagé et n'avait pas insisté, pour lui chaque être avait droit à ses préférences et il n'imposait en rien la sienne aux autres. Il lui avança le fauteuil et fit sa commande de chocolat chaud, lui même hésitant une seconde avant de demander un café noir sans sucre. Surveiller sa ligne n'était pas ce qu'il faisait, il n'appréciait que peu les choses sucré, réservant son palais pour le salé. Une fois en place il lui laissa tout le loisir de poser les questions, il n'avait aucuns mystères à préserver dans sa présence, aussi c'est donc avec bonne grâce qui commença à assouvir la curiosité de la jeune femme.

- Pour les ragots, sachant qu'avant toute chose qu'ils ne m'atteignent pas tant qu'ils ne sont pas fait par des proches. Ce que pense les autres les regarde, pour ma part je répondrait que je prends le thé avec une camarade de croisière. Mon titre n'est pas vraiment connu, donc si vous cessez de m'appeler votre altesse il n'y a que ceux qui vont à la cours et encore qui l'auront côtoyer dans les cinq dernières années qui sauront vraiment qui je suis. Je n'ai pas posé pour beaucoup de tableaux.

Et pour cause, il préférait les faire lui même, et bien que talentueux, il n'avait pas la patience des modèles et écourtait en général ces obligations à ces yeux. Sur ce début de réponses les collations arrivèrent accompagnés de biscuits, les tasses trouvant toutes deux leur place sur la table basse entre eux.

- Quant à être personne, et bien, je dirais pour ma part que vous êtes fascinante au contraire, et qu'en effet se mettre si à l'écart ne peut que vouloir dire que j'ai de mauvaises intentions à votre égard ce qui n'est pas la vérité, mais laissons les mauvaises langues où elles sont !

Il tourna par mécanisme la cuillère dans l'eau sombre de la tasse, son regard se portant sur l'onde turquoise à l'extérieur avant de se reporter sur la délicate silhouette de la jeune fille. Si elle n'était pas d'une beauté à se pâmer au sol, Nicolas voyait avec les yeux de l’artiste, le diamant à l'état brut de la demoiselle et se demandait si l’orfèvre choisit pour elle pour son séjour se rendrait compte du joyaux qu'elle était ? Son regard se fit plus lent alors qu'il notait là une fossette, là le recoin dans lequel son sourire se logeait plein de malice. Puis il reprit pour ne pas laisser un silence gênant s'installer tout en continuant de remuer la cuillère dans la tasse.

- Ce n'est en effet que trop vrai, faute est à cette permission qui n'a pas été délivrée à temps, mais le temps que le courrier arrive... Il était de toute façon trop tard. Je reviens en des temps sans doute troubles mais impatient de les revoir c'est sur.

De nouveau son regard dériva, les vagues léchant la coque du vaisseau se retrouvaient mimées de manières réduite dans les tasses. Pour le moment en effet rien n'était moins sur que son retour ne soit pas remarqué. Quant à ce qu'il ferait une fois rentré, lui même n'était pas certain de pouvoir seulement y réfléchir posément. Il but un peu du liquide amer avant de détailler discrètement le contour du visage de la jeune femme. Intrigué il se demandait quel était la couleur exact de ses iris avant de lui sourire de nouveau en reposant la porcelaine dans la soucoupe.

- Je n'ai pas eu le temps de voir Ameth en vérité, je viens d'une île située entre Ambrosia et le protectorat, et le bateau le plus rapide était celui-ci, ce qui a porté mon choix sur une courte traversée vers votre ville avant de monter à bord la veille du départ. Qu'en est il de votre propre voyage ? Veniez vous des terres ? Que pense votre famille de votre période de pupille ? Est ce qu'il vous a été difficile de préparer ce départ ?

Une provision de questions au moins aussi impressionnante que la sienne sans doute, mais apprendre à se connaitre n'est il pas le but du jeu qu'ils viennent d'entamer ? Il n'est pas pressé, le voyage dure longtemps, et s'il peut s'assurer d'une aussi charmante et agréable compagnie pour le séjour, il tachera d'en être également un parfait divertissement pour la jeune femme.


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Olympiane de Thiam
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MessageSujet: Re: clos | Emois en mer (PV Nicolas) Mer 12 Juil 2017 - 20:28
Je l'écoutai répondre à mes interrogations avec curiosité. Son début de réponse me fit sourire. Après tout, c'était vrai. Nous venions à peine de nous rencontrer. Nous ne pouvions pas nous considérer autrement que des passagers passant le temps ensemble. Je fis une moue un peu désolé quand il m'enjoignit de ne plus l'appeler par son titre. Et je me demandai si cela le dérangeait vraiment qu'on le reconnaisse comme tel.Je fus prise de court pour répondre par le serveur qui vint nous porter nos commandes.

Je prit ma tasse en main, soufflant dessus pour refroidir le breuvage fumant. Et je faillis renverser tout ça quand le compliment franchit les lèvres de Nicolas. Je n'étais clairement pas habituée à cela et ça me surprit d'autant plus. Je rougis quelque peu, ne sachant quoi répondre. Aussi je bus quelques gorgées de mon chocolat, manquant de me bruler au passage. Sentant son regard sur moi, je relevai la tête et mes yeux croisèrent les siens.

Une nouvelle fois, il combla le silence entre nous. Mais cela ne me dérangeait pas au final. Les gens avaient souvent tendance à me parler de façon volontaire. Ce décès le touchait visiblement beaucoup. Est-ce qu'il connaissait Elrich ? Cela me plairait d'en connaitre un peu plus sur lui. Je baissai alors le regard sur mon breuvage avant de m'adresser plus à moi qu'à lui.

"J'aurai voulu que mon début en tant que pupille en Ambrosia démarre de façon plus gaie je l'avoue..."

Moi-même je n'avais pas pu me rendre plus tôt en Ambrosia. Il y avait tellement de préparatifs à faire d'après ma mère, tellement de choses à apprendre. Au final, cela me faisait plus peur qu'autre chose. J’espérai ne rien oublier de ce qu'elle m'avait enseigné. Ou que l'Impératrice ou Everard ne me tiendrait pas rigueur de mon absence aux funérailles.

Tout en repensant à tout ça, je reposai ma tasse enfin vide sur la table entre nous. Mon regard croisa son sourire alors que je levai les yeux et je ne pus m'empêcher de le lui rendre. Il arrivait à effacer quelque peu ma peine de ce simple geste. Et je ne pouvais m'empêcher d'écouter sa douce voix. Je finis par sourire, voyant que lui aussi m'abreuvait de questions. Ce voyage allait être amusant au final.

"Et bien, je vois que la curiosité n'est pas que mon propre défaut votre... Enfin Nicolas."

Je ne savais pas si c'était très approprié d'appeler le prince par son prénom mais après tout, c'était lui qui lui avait signifié de ne plus l'appeler par son rang. Et je me disais que l'appeler par son nom de famille revenait au même au final. Si jamais cela le dérangeait, il pourrait toujours me le dire je ne m'en offusquerai pas.

"C'est dommage pour Ameth" repris-je. "Le Protectorat est un beau pays vous savez. Vous devriez vous y attarder un jour vous ne le regretterez pas. Moi-même je viens de la Ville Sainte d'Ameth pour tout vous dire. C'est une grande ville pleine de vie. J'y ai passé de très beaux moments avec ma mère dans la maison familiale. J'ai eu un peu de mal à partir pour tout vous avouer. Même si ma mère avait tenu à me faire faire un voyage en Ambrosia lorsque j'étais plus jeune, je suis quand même un peu anxieuse. Après tout, je pars pour trois ans et non plus pour quelques jours."

Et comme d'habitude je me mettais à parler et raconter ma vie à un inconnu. Mauvaise manie que j'avais là. Mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Et puis, c'était lui qui avait voulu savoir ça. Alors je ne me focalisai pas vraiment sur ça pour le moment et continuai mon monologue.

"Ma mère m'a préparé à ce voyage depuis longtemps maintenant. J'ai du prendre des cours sur la géographie de notre monde, le fonctionnement d'Ambrosia, la famille impériale et j'en passe" fis-je avant de soupirer. "Elle est à coeur que je fasse honneur à notre famille. C'est une femme bonne et aimante. Elle me manque déjà..."

Mon regard se porta vers l'extérieur et mon sourire s'évanouit quelque peu. Nous ne voyions plus du tout la terre à présent. Juste de l'eau à perte de vue. Je ne pouvais m'empêcher de penser à elle même en si charmante compagnie. Oui j'étais la petite fille à sa maman, nous ne nous étions que peu quittés depuis ma naissance; Aussi la séparation était-elle difficile.

Mes yeux revinrent au moment présent et au jeune homme qui me faisait face.

"Je vous prie de m'excuser. Je ne suis jamais partie pour si longtemps à vrai dire" dis-je en riant légèrement. "J'espère ne pas passer mon temps de pupille à ressasser ma terre natale de façon nostalgique. Je me demande si la ville a beaucoup changé en huit ans d'ailleurs. De même, je n'arrête pas de penser à mon futur tuteur ou ma tutrice. J'espère bien qu'on ne m'attribue pas quelqu'un de trop strict et sévère" fis-je en fronçant un peu les sourcils. "Comment était votre tuteur ? Et qu'est censé faire une pupille au final ? Ma mère m'a dit que je devrai le découvrir moi-même mais cela tourne et retourne dans ma tête. J’aimerai bien savoir à quoi je m'attends en arrivant à Ambrosia."


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MessageSujet: Re: clos | Emois en mer (PV Nicolas) Sam 15 Juil 2017 - 11:47
C'était vrai que son séjour sur Ambrosia ne commençait pas vraiment sous les meilleurs hospices, le décès de son cousin devait sans doute gâcher la joie du départ et l'envol vers l'inconnu. Nicolas tenta de se remémorer son propre départ, il était impatient de cela il en est certain, et surtout il avait hâte de quitter le cocon étouffant de la cour. Et les regards sur lui aussi... D'aucuns dirait qu'on s'y habitue, d'être toujours celui qu'on montre du doigt, en grandissant seulement il avait remarqué qu'on le traitait non plus comme un paria mais comme un bout de steak comestible sous peu. Et c'était cela qui l'avait fait attendre le départ avec impatience et surtout avec soulagement une fois qu'il fut sur le bateau. Ses iris saphir avaient balayés une dernière fois le pays avant d'aller à la poupe. Mais sans doute que le poids qu'il portait alors sur ses épaules était différent d'aujourd'hui ? Maintenant il savait très bien ce qu'on attendait de lui, restait simplement à trouver une bifurcation adéquate qui convienne à tout le monde. Il sourit en l'entendant répondre avant de perdre quelques battements de coeur quand elle prononça son prénom.

Diantre, que ces quelques syllabes avaient une consonance douce à ses oreilles quand prononcé par une aussi jolie bouche. Il eut juste un sourire plus grand et un hochement de tête appréciateur pour lui montrer qu'il préférait grandement cela. D'une part cela aidait à briser la glace, et si ce voyage était long autant se trouver des amis avec qui discuter sans avoir peur de casser des œufs, ou tout simplement être "le prince" et pas lui même. Il l'écouta parler du protectorat, comme toute infante de celui-ci elle en vantait les charmes avec une douceur qui l'aurait presque inciter à en voir plus. C'était cependant impossible, il le savait avec son retour, il n'aurait plus le droit de quitter Ambrosia une fois chez lui. Et même s'il adorait sa famille, il se sentait prisonnier de choix dont il n'avait pas la possibilité de changer le cours. Il nota qu'elle parlait de sa génitrice mais jamais de son père, gardant la question dans un coin de son esprit, ce n'était pas vraiment le but de lui rappeler un autre décès s'il n'était plus de ce monde.

Elle était touchante dans ces mots, se confiant sans avoir peur de le faire, il appréciait qu'elle avoue ses peurs, même s'il essaierait sans doute de lui apprendre à ne pas le faire avant la fin du voyage. Ne donne pas d'armes à tes ennemis Nicolas, ils peuvent être partout et nul part, ne dévoile jamais ce que tu es. L'écho dans son esprit de conseils donnés, ou plutôt ordonnés résonna. Mais peut être que cela ne s'appliquait pas forcément aux autres ? Pourtant il avait envie d'éviter que la jeune femme naïve et spontanée devant lui ne se fasse dévorer par les requins de la cité. Il fut étonné qu'on oblige ainsi les pupilles à apprendre tant de choses étranges, pourquoi donc les contraindre à apprendre les membres de la famille impériale ? Bon l'Impératrice et les précédent empereurs, oui, mais les autres membres ? Il était quelque peu surpris, lui même ... Bon lui avait esquivé les leçons en jeune homme indiscipliné et rêveur mais il n'était pas une référence.

Quand elle parla de son mal du pays il ne pu que compatir, lui même avait une âme voyageuse et n'était pas touché, mais durant les soirées de caserne, nombre de ses camarades parlaient avec émois d'Ambrosia. Il lui aurait bien prit la main pour la réconforter, mais ce geste aurait peut être été mal perçu par la jeune femme, il remarqua sa tasse vide et poussa doucement l'assiette de douceur vers elle. Un chocolat ça remonte le moral ! Il sourit en se rappelant avec une tendresse profonde les paroles qui sonnait à ses oreilles comme un conseil avisé. Il lui sourit, offrant à cette enfant retirée de sa patrie un réconfort visuel au moins.

- Ne vous excusez pas, beaucoup on le vague à l'âme en quittant leur contrée, la cité à tant de choses à offrir que vous n'aurez sans doute même pas le temps de vous rendre compte que les trois ans se sont écoulés. Il prit une pause et son regard à lui s'égara sur les monts écumeux des vagues. Je ne saurais vous répondre pour les changements de la ville, voila longtemps pour ma part que j'en suis partit, et la dernière fois je ne suis resté que le temps d'une permission pour l'enterrement de mon père.

Il fixa les vagues en tachant de se rappeler de ce moment douloureux dans son histoire. L'Empereur avait passé l'arme à gauche si vite, il avait eut peur pour son oncle après, pour sa soeur aussi, tout juste Impératrice. Il avait hésité le temps de son séjour sur la marche à suivre et avait finalement continué sur la voie des armes. Mais était ce le bon choix ? N'aurait il pas du à l'époque rester près des siens ? Aurait il pu empêcher le drame qui souillait de nouveau de sang les marches Impériales ? Il ferma les yeux chassant la douleur comme on le lui avait enseigné pour reprendre un visage impassible bien que souriant, la flamme au fond de son regard partiellement éteinte avant de se rallumer pour la suite des questions.

- Pour le tutorat et bien, je pense comme votre mère que vous devrez le voir par vous même, parce que cela serait moins drôle si vous saviez ce qui vous attend. Cependant je peux vous le dire, les tuteurs et tutrices sont toutes des personnes matures, qui savent ce qu'il faut enseigner, et qui s'adaptent aussi à leurs pupilles. Je vous donnerais ce simple conseil, restez vous même et ils ne pourront qu'être conquis comme je le suis par votre personnalité !Il lui sourit de nouveau avant de faire mine de chercher dans sa mémoire. Au vu de naïveté elle le croirait sans doute s'il disait n'importe quel tâche mais s'il était taquin il savait où s’arrêtait une plaisanterie. En ce qui concerne ce que vous devrez faire en tant que pupille, et bien pour ma part j'ai appris les armes, parce que c'était ce qu'avait fait mon oncle, peut être ai je voulu le mimer. Je pense que cela dépend des tuteurs, certains vous enseigneront peut être la comptabilité ou les mathématiques, d'autres les arts. Cela dépendra dans quel branche ils sont je pense. Mais ne vous en faite pas, si vous ne voulez pas faire quelque chose un simple non permet de remettre les choses en place. Ils n'ont pas le droit de vous imposer des choses, sauf si cela concerne la bienséance. Mais je pense que vous n'aurez qu'à jouer quelques notes de votre instrument, et votre tuteur ou tutrice saura exactement vers quelle endroit vous diriger ! Il réfléchit une seconde et sortit son calepin avant de tracer dessus quelques lignes puis le tendit après avoir imprimé sa marque sur le papier. Et s'ils n'ont pas de contact au conservatoire, voila qui devrait vous en ouvrir les portes, sinon mentionner seulement que vous venez en mon nom, je ferais le nécessaire pour que vous ayez votre place là bas. Votre talent mérite d'être entendu de tous !



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