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La neige, on l'enlève, elle revient. Toujours. Encore et encore. Et nous, pauvres âmes chagrines, nous perdons notre regard dans l'horizon blanc de notre solitude.

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Emily de Brez
Future cantatrice
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Nationalité : Eskroise
Messages : 102
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MessageSujet: La neige, on l'enlève, elle revient. Toujours. Encore et encore. Et nous, pauvres âmes chagrines, nous perdons notre regard dans l'horizon blanc de notre solitude. Lun 10 Juil 2017 - 21:24
Se tenir droite, sans affaisser ses épaules et sans courber le dos. Penser avant de parler, réfléchir, se tenir, s’affirmer, regarder….et patati et patata et fait ceci, fait cela. Emily sature. Emily n’a de cesse de faire bien ou mieux, mais il y a toujours quelqu’un pour lui rappeler que ce n’est pas parfait et ça l’agace. Les conseils qu’on lui donne, comme si elle ignorait ce qu’elle doit faire, l’épuise totalement. Vous devez faire ceci et cela, comme ça et comme ci. Elle sait ! Elle n’est pas stupide, elle sait ! Parfois, elle oublie ou bien elle rate mais ce n’est pas faute d’essayer de se reprendre.

Il ne faut pas s’émerveiller sur la neige, il ne faut pas faire cela …. Pfiou, que le monde politique est compliqué. Ils ne font rien de plus que se tenir comme des statues de sel, en se permettant à peine de sourire, sauf pour pouffer devant une erreur, les courtisans la saoulent. Sa jeunesse la rend vive et peut-être emportée, elle se tait, prends sur elle, renferme ses petites manies et rentre dans un costume serré aux encolures mais c’’est comme ça !

Aujourd’hui, elle a besoin de décompresser et dans le fiacre qui l’emmène, elle reste pensive à regarder les rues enneigées. Un joli sourire trône sur ses lèvres, la vue de la neige lui provoque cela. C’est le temps qu’elle adore, il lui rappelle chez elle. Thorm lui manque vraiment, son époux la fatigue de lettres amoureuses dont elle n’a que faire. Ce n’est pas la faute à son cœur si elle ne l’aime pas. Il aurait peut-être gagné celui-ci en ne la mariant pas de force, mais le Rossignol de Thorm est têtu et rancunier. Alors elle n’arrive pas à lui pardonner et franchement, le pourrait-elle de toutes façons ?

En façade oui, en vérité pas du tout.

Un manteau de cuir et de fourrure sur les épaules, la jolie demoiselle porte une toque doublée faisant ressortir ses yeux, elle tapote du pied sur le sol de l’habitat en espérant arriver plus vite, pestouillant intérieurement quand il s’agit d’attendre dans les rues mais finalement la bibliothèque ambrosienne finit par se faire voir.

Sans empressement qui pourrait être mal jugé, la demoiselle prend son temps de descendre, de signaler à son chauffeur de revenir en fin d’après-midi et elle grimpe pour aller s’enfermer dans la bibliothèque, non sans avoir envie de croiser le bibliothécaire taciturne mais pas méchant pour un sou des lieux. Elle s’installe à des tables privatives, qu’elle réserve chaque jeudi après-midi et dépose ses affaires. Elle ignorait bien qu’il était possible de faire cela, mais apparemment être altesse donne des privilèges.

Tranquillement, elle prend son petit carnet de note, pour les cours de géopolitique et d’autres, et ne pas paraître bébète face à son tuteur, elle se doit d’aller chercher certains ouvrages, notamment des très ennuyeux parlant de tension et autre. Elle se glisse rapidement dans les allées, en prenant son temps, ce n’est qu’au bout de quelques minutes, qu’elle trouve enfin son bonheur. «Bonjour Monsieur Oak ! Vous vous portez bien ? J’ai besoin de vous pour trouver des livres s’ilvous plait ! »

Face à sa légendaire maladresse, Emily a pris soin d’une habitude, demander au bibliothécaire de lui prendre ceux les plus en hauteurs. Elle serait bien capable du pire ! Ce qui a peut-être déjà faillis se produire. Mais elle aime bien aussi parler avec cet homme, ou essayer en tous les cas. Elle est comme un enfant qui se tourne vers l’homme qui les aime le moins et qui pourtant ne leur fait pas de mal. Elle sourit à l’homme avec ses grands yeux clairs et elle se tient sagement avec sa robe beige. «Si cela ne vous dérange pas bien entendu. »




"C'est fou comme c'est une chose pratique le mariage.
On passe de fille de pécore à future duchesse de Brez"
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Dante Oak
Bibliothécaire à l'Université
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Nationalité : Raclusien d'origine, ambrosien d'adoption
Messages : 16
Date d'inscription : 25/06/2017
MessageSujet: Re: La neige, on l'enlève, elle revient. Toujours. Encore et encore. Et nous, pauvres âmes chagrines, nous perdons notre regard dans l'horizon blanc de notre solitude. Mer 12 Juil 2017 - 21:17


Grisaillant et froid, un vrai temps de chien. C'est ce que Dante préféré, parce qu'il pouvait de cette manière, passer impunément du temps supplémentaire au sein de la bibliothèque. Ce n'aurait pu être qu'un lieu de travail, mais cela ressemblait plutôt à quelque chose comme... toute sa vie. Il y consacrait énormément de son temps et s'acharnait plus que de raisons à veiller à ce que tout soit en ordre en quittant le lieu tard le soir. La météo n'était qu'un prétexte pour rester plus longtemps entre ces murs. Bien qu'en vérité, la bibliothèque avait un charme réconfortant et il était bon de se trouver là, alors que dehors le vent se déchaînait en bourrasques.

Malheureusement, avec un temps tel que celui-ci, les gens aimaient peu sortir de chez eux. C'est pourquoi la bibliothèque était plus silencieuse et plus vide qu'habituellement. Dante aurait pu s'ennuyer, mais que nenni ! Même sans visiteurs, il avait trop peu de temps devant lui pour faire tout ce qu'il désirait. Ranger les livres, veiller à leur bon état, se charger du registre des emprunts, se mettre en quête de nouvelles acquisitions pour l'endroit. Sans oublier les autres tâches moins reluisantes mais toutes aussi importantes : épousseter étagères et bibliothèques, changer les lumières quand celles-ci rendaient l'âme, aérer les espaces tout en faisant attention que pluie et neige ne rentre pas en ces lieux, porter les livres abîmés au relieur, etc. Passons, il avait de quoi occuper le plus clair de ses journées, et quand il le pouvait, il feuilletait les quelques acquisitions de l'université pour sa bibliothèque afin de savoir au mieux de quel sujet en retournait le livre, afin de savoir où le placer sur les étagères.

C'était justement ce à quoi il était occupé (ce livre de médecine était bougrement surprenant!)  lorsque une voix fluette et agréable, reconnaissable entre toutes, se fit entendre auprès de lui.

« Bonjour Monsieur Oak ! Vous vous portez bien ? J’ai besoin de vous pour trouver des livres s’il vous plaît ! »


Dante se tourna pour faire face et accueillir la jeune femme qu'il avait bien reconnu : Emily Thoromir. C'est ainsi qu'elle avait signé le registre lors d'une de ces précédentes visites. Et celles-ci étaient fréquentes. Cela faisait effectivement plusieurs semaines qu'il l'avait remarqué. La jeune femme avait pris pour habitude de le quémander pour lui trouver un livre, puis elle filait s'attabler près de la grande fenêtre le plus au fond de la grande salle pour lire et étudier semblait-il. Ce qui fut une habitude devint un acquis quand Dante privatisa la table pour elle chaque jeudi.

Le bibliothécaire se doit d'être honnête. La dite Emily Thoromir l'a rendu bien curieux, et comme à son habitude, quand c'est le cas, il laissa traîner ses oreilles à droite, à gauche, dans chaque recoin, de chaque réception, de chaque événement pour collecter quelques informations sur son compte. On contait énormément d'aventures et de sujets divers au sujet de la vie de cette jeune femme. Il avait bien conscience que la moitié de tous ces bavardages n'étaient que des qu’en-dira-t-on futiles et abracadabrantesques. Mais il avait également appris au fil du temps, que toute rumeur prend sa source suite à un événement véritable. Quoiqu'il en soit, il portait peu d'importance aux racontars, et privilégiait l'expérience personnelle et réelle avec la personne concernée. Pour faire court, il apprendra bien par lui-même qui était la jeune femme. Chaque chose en son temps.

« Si cela ne vous dérange pas bien entendu. »

Manifestement Dante avait tardé à répondre et cette phrase était là comme pour le sortir de son songe. Il s'était perdu dans sa contemplation de la jeune femme. Si elle avait un sourire doux et emprunt d'innocence, son regard était quant à lui vif et déterminé. Elle semblait tout à la fois énergique et impulsive. En voyant une jeune femme telle qu'elle, il ne pouvait s'empêcher de penser à son Eliza, sa sœur cadette, se demandant à quoi elle pouvait bien ressembler aujourd'hui, de quelle manière elle agirait en public, comment elle se présenterait, quelle attitude elle adopterait. Et il espérait secrètement qu'elle serait comme la jeune fille rousse qu'il avait devant lui. Bien que certainement plus jeune que l'âge que devrait avoir Elizabeth aujourd'hui, il voyait en Emily comme un reflet de sa sœur. C'était quelque peu ridicule, un brin fantasque. Enfin, bien plus que cela même. Mais Dante ne pouvait réprimer cet impression, ce sentiment.

« Bonjour Mademoiselle. Je vais bien, je vous en remercie. Et vous-même ? »

Madame ? Mademoiselle ? Ou autrement encore ? Il ignorait tout à fait la manière dont il devait s'adresser à elle. Si besoin est, elle le reprendra, il l'espérait. Et devait-il laisser paraître ce qu'il savait déjà d'elle ?

« Bien évidemment, cela ne me dérange pas. C'est mon travail que de vous aidez. »

Elle avait pris pour habitude de faire appel à lui pour attraper un livre trop haut perché. Ce qui était quelque peu ironique puisqu'elle mesurait près de quinze centimètres de plus que lui. Mais quand bien même le dit livre aurait été trop élevé sur l'étagère, une dame n'avait pas à monter à l'échelle. Il repéra celle-ci un peu plus loin et s'avança déjà prestement vers elle, paraît à toute éventualité.

« Que souhaitez-vous ? »

La neige, on l'enlève, elle revient. Toujours. Encore et encore. Et nous, pauvres âmes chagrines, nous perdons notre regard dans l'horizon blanc de notre solitude.

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