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 :: L'histoire Ambrosienne :: Îles alentours :: île de la Pourrière

Demande de lancement de rp - Dante Oak et Eva Chesterfield

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Aernia
La Grande Conceptrice
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MessageSujet: Demande de lancement de rp - Dante Oak et Eva Chesterfield Lun 31 Juil 2017 - 19:09
Demande de lancement de rp – Dante et Eva


L’île de la Pourrière est un joli endroit, la neige l’a rendu aussi blanche que la plus pure des porcelaines et sur le ferry qu’ils ont pris pour se rendre sur la petite île, en ce dimanche froid, Dante Oak Et Eva Chesterfield se retrouve coincés. En effet, le ferry a une petite panne mécanique à cause du froid, rien qui ne serait pas rapidement réparé mais cela immobilise tout de même ceux qui devaient se rendre sur l’île pour flâner à la Foire de l’Hiver.
On peut apercevoir les éléments de la foire et même la grande roue qui tourne au lointain, elle n’est pas si loin, mais là, à la nage, je pense que personne n’aura envie de tenter. Par la radio, on  envoie deux petits bateaux qui feront navette pour emmener les passagers sur la terre ferme, en attendant, il n’y a qu’à prendre son mal en patience.

Sur le ponton métallique, un marin apporte des tasses de café fumant que le bar du ferry sert gratuitement en dédommagement, il s’empresse de passer entre les passagers et il tend une tasse à Eva, puis à Dante, les deux protagonistes sont prêt l’un de l’autre.

-Tout de même c’est un scandale !  Moi qui pensait que nous étions à la pointe de la technologie.

La grosse dame qui vient de parler tient un tout petit chien blanc dans ses bras, elle porte une grosse fourrure et en se baissant pour poser son petit chien à terre, ses grosses fesses (son fauxcul en vérité) pousse Dante vers Eva. Elle se redresse, ignorant bien ce qu’elle vient de faire et le nez dressé vers les cieux et l’air hautain, elle s’éloigne pour aller parler au capitaine.

Les gens…je vous jure !
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Eva Chesterfield
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MessageSujet: Re: Demande de lancement de rp - Dante Oak et Eva Chesterfield Sam 12 Aoû 2017 - 19:59
Eva se réjouissait de pouvoir retourner à l’île de la Pourrière. Elle adorait cette période de l’année où se rendre sur l’île promettait la foire animée, le gel permettant de faire le patin à glace. Elle aimait aussi simplement contempler les étendues enneigées, la façon dont cela dénudait et habillait les arbres. Il y avait un petit air d’exceptionnel, tout simplement, et c’était parce que cela différait du quotidien ordinaire, qu’elle adorait s’y rendre. Et puis, les foires avaient le don de se renouveler et de se montrer plus attrayantes chaque année, que cela soit au niveau des stands, ou encore pour les gens qu’on y voyait passer.

Mais pour l’heure, elle était bloquée sur le ferry, à contempler l’île devenue soudain aussi inaccessible qu’une dangereuse montagne. Les yeux bleu-vert de la jeune femme glissait sur les remous de l’eau, mais aucune idée fantaisiste d’y aller à la nage ne la traverse, évidemment. Même si elle n’avait pas froid aux yeux, elle n’était pas excentrique à ce point ; par-dessus tout, cela risquait fort de gâter la fourrure, les gants et l’écharpe qui l’emmitouflaient, et qui lui gardaient une agréable chaleur. En-dessous, une robe à faux-cul classique, au corset presque étouffant, mais elle s’y était habituée. Le tout était de ne pas se mouvoir trop vite, ce qui lui convenait. Autre source de chaleur : la tasse de café fourni gracieusement par le bar du ferry. C’était tant mieux, car en vérité Eva avait connu des jours meilleurs pour l’Impériale, tout de même…

Elle réchauffait ses mains autour du café – ses gants étaient plus là pour paraître élégants que pour tenir vraiment chaud – quand elle entendit vaguement une femme près d’elle se plaindre. Une dame avec un petit chien. Eva n’était pas très adepte des animaux de compagnie et s’en passait aisément, au risque de ce que cela pouvait dire sur sa personnalité. Elle n’aurait pas prêté davantage attention à la remarque offusquée de la dame, si elle ne s’était pris soudain une secousse et un corps contre le sien. Le choc était léger, mais suffit à lui faire lâcher la tasse de café, qui alla nourrir les poissons des eaux aux alentours, un type d’alimentation sans doute parfaitement adapté pour ces créatures.

Laissant échapper un juron fort peu adapté aux manières d’une dame, elle eut une pensée de regret pour le liquide bienfaisant, et se retourna vers celui qui lui était rentré dedans. Elle se trouvait face à un homme de même taille qu’elle, droit comme un i ou presque, pourvu d’une barbe bien entretenue. Le visage inspirait probablement la confiance, mais pour l’heure, il était surtout responsable de la perte de son café.

« Drôle de manière d’aborder les femmes. Ne vous a-t-on pas dit qu’il y avait plus élégant, et possiblement moins dangereux ? Avec une rambarde plus petite, vous auriez dû aller me repêcher dans l’eau glacée. »

Eva adorait faire des caprices, ou des remarques acerbes, selon la personne en face. Il ne fallait guère s’étonner de sa réaction, qui n’était d’ailleurs pas non plus méchante, plutôt moqueuse. Elle ne connaissait même pas l’homme de vue, mais elle jugerait vite de quel genre il était, selon sa réponse. Et vu la bourde qu’il venait de faire, il avait intérêt à avoir au moins un certain sens de l’humour.

Enfin un peu d’animation dans cette attente froide.


“J’aurais voulu qu’elle eût peur et me demandât grâce, mais, cette femme était un démon.”
           
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Dante Oak
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MessageSujet: Re: Demande de lancement de rp - Dante Oak et Eva Chesterfield Mar 15 Aoû 2017 - 21:02
Dante laissa s'échapper un long soupir d'entre ses lèvres gercées par le froid glacial. Il commençait à regretter quelque peu sa décision de se rendre à la Foire de l'Hiver ayant lieu comme chaque année sur l'Île de la Pourrière. Onze années. Cela faisait onze longues années, onze hivers qu'il ne s'était rendu à la foire. Sa dernière visite remontait à ses années en tant que pupille, accompagné de son tuteur et d'autres gentlemen. Il avait énormément apprécié ses précédentes et lointaines visites, mais son chemin de vie fut différent par la suite, et il se priva de lui-même de ses sorties pourtant fort distrayantes. En réalité, il n'avait même pas eu la sensation que ces escapades sur l'île lui avait manqué avant d'avoir embarqué sur le ferry. Mais dernièrement, l'homme avait envie de changement. Il souhaitait délaisser sa vie d'ermite au profit d'une vie plus dynamique et enjouée. Ses dernières rencontres devaient y être pour quelque chose. D'abord son Altesse Emily de Brez, quelques jours plus tard le vicomte Valerian d'Andressy. Deux jeunes personnes avec de fortes personnalités, des caractères imposants, qui l'ont poussé, exhorté littéralement à s'ouvrir quelque peu. Tous deux lui ont donné un avant goût de ce qui devait l'attendre, là, de l'autre côté des murs de la bibliothèque, et ici, à l'extérieur de sa demeure. En bref, Dante Oak en avait assez d'être embourbé dans cette solitude pesante. En ce dimanche d'hiver, il lui avait pris l'envie de délaisser ses livres au profit d'êtres humains, bien vivants et bien réels.

Seulement après quelques instants sur le ferry qui relie la terre d'Ambrosia, à celle de la fameuse île, ce qui était une douce félicité tourna bien vite au cauchemar. Une panne technique avait immobilisé leur transport, et ils se retrouvaient littéralement bloqués au milieu des flots et du vent froid et sec. Il y avait bien trop de monde au goût du bibliothécaire. Au moindre mouvement, il avait la nette impression qu'il allait se retrouver tout contre l'un des autres passagers. Il se sentait étouffer, compressé, vraiment pas à son aise. Les odeurs et les bribes de conversations se mêlaient les unes aux autres, étourdissant ses sens. Et ce qui devait arriver arriva. Une forte dame, avec un grand claquet et peu de bonnes manières – l'on en a déjà tous rencontré une –, le bouscula dans sa précipitation et le fit se percuter malencontreusement à sa voisine. Allant de suite présenter ses excuses, il fut interrompu dans son élan par une voix féminine qui poussa un juron des mieux choisis, soit dit en passant. Dante examina la femme à ses côtés, celle-ci regardant en contre-bas, en direction des vagues, et eut confirmation sur la provenance du blasphème, lorsqu'elle se tourna vers lui, le jaugeant d'un regard inquisiteur et lourd de reproches. S'en suivit une réplique acerbe concernant son (manque d') éducation, qui le fit blêmir, si cela fut possible d'être déjà plus pâle qu'il ne l'était avec ce froid. Passé l'étonnement, il s'empressa de lui répondre avec courtoisie. « Je vous prie de me pardonner Madame. C'était une bousculade, et non une intention toute volontaire de ma part. » Que dire d'autre face à ce sourire... moqueur ? Était-elle vraiment en colère ou se jouait-elle de lui ? Quoiqu'il en soit, il s'efforça de lui rendre son sourire, le sien étant contrit et sincère, mais un peu gêné. « Soyez certaine que si vous aviez basculé, je me serai immédiatement jeté à l'eau pour vous repêcher... » Diantre ! Qu'était-il en train de baragouiner ? Encore une fois, il devait avoir l'air du parfait idiot de village, se repentant, à travers mille excuses et maladresses... Il proféra mentalement quelques insultes et sobriquets, à sa propre intention, les yeux perdus dans le vague un court instant, puis sembla se rappeler la présence de la jeune femme. Il la dévisagea rapidement, prit note de son allure globale, nota la silhouette et la posture assurées. C'était une belle jeune femme, qui aurait pu le charmer, sans aucun doute. Mais en cet instant précis, le sourire qu'elle arborait le laissait tout à fait incertain sur comment il se devait d'agir, mais aussi sur le caractère de la femme en question.

Après un moment qui lui parut immensément long, il lui tendit le café qui lui avait été donné. « Prenez, il est encore chaud. » Si elle tenait tant à pouvoir se réchauffer avec le doux breuvage, il lui en faisait cadeau volontiers. Il pourrait se contenter de son chapeau, de son épaisse écharpe et de son lourd manteau jusqu'à leur arrivée sur l'île, bien qu'il sentait le froid lui piquer le bout du nez. Et comme toujours, sa conversation s'arrêta sur cette phrase. Que dire de plus ?


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Eva Chesterfield
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MessageSujet: Re: Demande de lancement de rp - Dante Oak et Eva Chesterfield Lun 21 Aoû 2017 - 17:21
La cantatrice n’aurait certainement pas supporté une vie d’ermite comme celle de Dante. Elle était une créature sociable, ayant besoin de bruit et de lumière pour se sentir exister, bien que de rares moments d’introspection ne soient pas inexistants chez elle. Mais comme cela tournait à chaque fois en une mélancolie aigre, elle ne s’y élançait que lorsqu’elle n’avait vraiment pas le choix. Elle ne négligeait pas non plus la lecture. Mais pourquoi aurait-elle dû s’y cantonner, quand elle pouvait rire, danser, chanter et parler ? Elle était amoureuse même de la vie, et pour elle cela ne signifiait pas prendre une retraite prématurée, volontaire. Elle et Dante avaient sans doute, a priori, des caractères très différents, quoique ce dernier se soit mis en tête de changer et de rompre la routine de sa solitude. Si Eva avait eu conscience de cela, elle y aurait sans doute donné un sourire approbateur, voire un encouragement.

Mais tout ce qu’elle pouvait considérer, dans le froid qui régnait sur le ferry, son café perdu avant même d’avoir été bu, c’était qu’elle faisait face à un homme maladroit, responsable du vol plané de son breuvage, et qui s’excusait. Ah, que ses excuses aillent à Pohn, il saurait sans doute mieux s’en débrouiller qu’elle ! Les excuses, ça témoignait d’une certaine éducation, sans doute tant mieux, mais ce n’était que des mots, reflétant ou non le cœur, et ça ne lui rendrait pas son café. L’homme en était devenu bien pâle, comme si Eva l’avait finalement accusé d’un crime plus grave. Cela eut le don de la faire sourire, amusée, en voyant qu’il s’empêtrait au-delà de son air franc. Elle se rapproche de deux ou trois pas, le fixant dans les yeux.

« Et vous auriez pris le risque de mourir d’hypothermie ou de finir sous la glace. Faut-il que vous ne teniez pas beaucoup à la vie, pour sauver une inconnue...insensé... »


Elle n’acheva pas la fin de sa phrase, le regardant continuer à s’empêtrer tantôt dans sa maladresse, tantôt dans ses excuses. Il dut se rendre compte qu’il était en train de tourner en rond, ou bien de se rendre complètement ridicule, ses yeux se perdant le vague pendant un instant. Elle n’en montra nulle rancune, constatant qu’encore une fois, il suffisait parfois de répliques un peu cinglantes pour faire perdre ses moyens à quelqu’un. Ça ne tenait donc pas à grand-chose, l’assurance !

Eva baissa les yeux vers le café qu’il lui tendait. Un demi-sourire se forma sur ses lèvres, mais le regard qu’elle lui adressait, était cette fois plus malicieux, que moqueur. Un peu trop d’éducation. Ce n’était donc pas un mauvais bougre. Et puis il ne s’était pas offusqué. Elle raffermit l’écharpe autour de son cou, croisant les bras.

« Vous me donnerez la dernière gorgée et je vous pardonnerai. Nous en avons encore pour un moment ici. »

Elle se rapprocha de la rambarde, s’y appuyant, non sans jeter un regard à l’homme barbu.

« Vous êtes certain que ce n’était qu’une bousculade ? On a souvent dit que les transports de l’Impériale comportaient leur lot de sabotages ou d’accidents techniques. Peut-être qu’on vit nos derniers instants. »

En dépit de la menace morbide évoquée par ses mots, le ton d’Eva était léger et insouciant, comme si cela n’était qu’une aventure de conte qui n’était pas près d’arriver. Il fallait dire que la jeune femme n’avait pas peur de grand-chose, y compris la mort ou les aléas décidés par Pohn. Par contre, ce n’était peut-être pas la meilleure chose à dire devant un homme qui souffrait d’avoir autant de monde autour de lui. Sa main tapota légèrement la rambarde à côté d’elle, indiquant à Dante qu’il pouvait prendre place à ses côtés, s’il le voulait.

« Je m’appelle Eva Chesterfield. »


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Dante Oak
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MessageSujet: Re: Demande de lancement de rp - Dante Oak et Eva Chesterfield Mer 23 Aoû 2017 - 14:57
Ah l'assurance ! Il s'agissait bien là d'un terme dont Dante n'avait qu'un début d'idée, une évocation abstraite et lointaine de sa personne. Le schéma était le même à chacune de ses rencontres, et elle s'appliquait encore une fois à ce cas précis en ce jour même. Pour faire court, il s'empêtrait dans sa propre maladresse, se recroquevillait encore plus qu'à l'habitude, et se montrait tout bonnement courtois, mais surtout muet. La jeune femme le sortit de son mutisme en s'approchant de plusieurs pas, le fixant toujours en arborant ce superbe sourire, quoique amusé par la situation. C'était cela. Cette femme s'amusait des gens comme lui, des personnes trop timorés. Elle devait certainement croquer la vie à pleine dents, faire fi des qu'en dira-t-on, mener sa vie comme bon lui semble. Le bibliothécaire perçut dans ses yeux bleu-vert déterminés toute cette fougue, cette passion pour la vie en elle-même. Elle devait être un parfait opposé de sa petite personne réservée, discrète, serviable.

« J'aurai pris ce risque car je n'aurai pas réellement réfléchi, là est l'explication. » s'entendit-il répondre presque bien trop longtemps après qu'elle ait évoqué le sujet. Elle avait refusé le café, répliquant qu'ils le partageraient ensemble. Il aurait pu aller en chercher un second, faire l'effort de se frayer un chemin à travers la foule pour réclamer un nouveau gobelet. Mais il n'en fit rien, parce qu'il avait compris que ce n'était pas ce qu'elle désirait. Il porta donc le café à ses propres lèvres, se délectant de la chaleur qui en émanait. Peut-être qu’on vit nos derniers instants. Ces mots claquèrent dans l'air et résonnèrent aux oreilles de Dante, qui arqua légèrement les sourcils de surprise. Seulement cela avait été dit d'un ton bien trop léger, ce qui lui permit de commencer à cerner le personnage auquel il avait affaire. Elle l'invita d'un geste, et il se plaça près d'elle, s'accoudant à la rambarde, non sans lui adresser un sourire amusé. L'homme avait beau paraître quelque peu maladroit, voire même coincé, il n'était pour autant pas dépourvu d'humour. Le franc parlé et les sarcasmes d'Eva Chesterfield lui plaisaient.

Il retira son chapeau un court instant pour la saluer poliment, sans se défaire de son sourire. « Je suis Dante Oak. Enchanté de vous rencontrer malgré ces circonstances, Madame. Au moins aurai-je eu le plaisir de vous faire la conversation avant... nos derniers instants. » Il emprunta sa formule avec malice mais ne pu soutenir le regard d'Eva bien plus longtemps. Il fit face à la mer, son regard se plongeant dans les flots, apaisait par la simple présence de cette femme charismatique. Dante en avait oublié ce bruit épouvantable qui, quelques minutes auparavant, le rendait malade. Il se rappela alors qu'elle avait évoqué les transports de l'Impériale, comme-ci elle possédait certaines connaissances à ce sujet. Bien plus que lui en tout cas. « Vous avez pour habitude de vous rendre sur l'île de la Pourrière ? » Le tout était de ne pas lever la tête, ne pas croiser son regard, et il serait capable alors, de lui faire la conversation comme il venait si bien de le dire. « Quelle est cette raison pour laquelle vous avait pris la décision de vous y rendre ? Y'a-t-il à la Foire de l'Hiver quelque chose qui mérite votre attention, Madame ? » C'était quelque peu intrusif comme questions, peut-être pas le sommet de la galanterie, mais Dante était un homme curieux, et il avait compris que ce genre de questions ne froisseraient pas Eva Chesterfield. Un homme vint prendre place à côté de lui. Affreusement pâle, les yeux clos et serrés avec force, il agrippa fermement la rambarde, comme pour se convaincre qu'il irait vite mieux, et non, absolument pas qu'il était pris d'un terrible mal de mer.

Miséricorde ! L'homme n'y avait même pas songé une seconde, mais sûrement la dame était-elle accompagnée. Il se tourna et scruta la foule du regard, cherchant une quelconque personne qui regarderait vers eux, qui ferait mine de les rejoindre.


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Eva Chesterfield
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MessageSujet: Re: Demande de lancement de rp - Dante Oak et Eva Chesterfield Sam 2 Sep 2017 - 16:17
Pour autant, le bibliothécaire ne devait pas se laisser marcher sur les pieds. Eva pouvait vite transformer ses plaisanteries en critiques cinglantes, quand elle le voulait, et il ne serait pas le premier homme à se faire avoir, simplement parce qu’elle avait décidé qu’il fallait ouvrir les yeux à certaines personnes trop timorées et discrètes, s’abstenant par là-même de vivre vraiment, du moins, selon la définition qu’elle en donnait. Elle pouvait faire le bien de temps en temps, mais ça n’ôtait en rien le fait que la jeune femme était égoïste à sa manière, et que son mode de vie, aussi idéal qu’il lui paraissait, pouvait être parfaitement vain. Quand on vivait sur l’apparence sans se résoudre à s’attarder sur les profondeurs, sans chercher volontairement l’introspection, cela témoignait d’un certain mal, après tout.

L’homme barbu répondit après coup, et à tout bien réfléchir, oui, il se serait quand même jeté à l’eau. Cela fit sourire Eva, amusée, mais elle ne le critiqua pas sur ce point. On n’avait pas toujours le temps de réfléchir avant d’agir, et là, c’était l’instinct ou un principe moral qui agissait. Elle pouvait donc voir vers quelle éthique se dirigeait cet homme, et cela n’ôtait rien au fait qu’il paraissait maladroit, mais sympathique, et d’un bon fond. La cantatrice apprécia que malgré sa réserve, il n’était pas suffisamment impressionné pour refuser de prendre place à côté d’elle. Heureusement, car il fallait bien l’avouer, la plupart des gens sur ce bateau lui semblaient exécrables, et aucun d’une bonne compagnie. Elle-même n’en était pas une, à proprement parler, au mieux était-elle d’une bonne mauvaise compagnie. Il eut même un sourire aussi amusé que le sien, avant de retirer son chapeau.

Un bon fond, et gentleman avec ça. L’homme commençait à monter dans son estime, mais elle jugeait rarement au premier regard. Les événements à venir lui diraient bien de quelle étoffe cet homme était exactement fait.

« Enchantée également, Dante. Appelez-moi Eva. Si on est si près de la mort, on peut au moins s’appeler par nos prénoms, » ajouta-t-elle sur le même ton que lui, malicieux, mais également sincère.

Elle avait assez de cérémonies à faire dans sa famille ou à la cour, en des lieux publics, pour s’encombrer d’une pareille pesanteur en d’autres lieux. Qu’il réponde à son humour lui plaisait, même s’il détourna ensuite le regard devant celui que lui adressait Eva. Elle reprit également sa contemplation des flots glacés, glissant sa main sur sa joue.

« Oui, je viens chaque année. Les festivités me plaisent et ça me sort du quotidien ennuyeux. J’aime surtout aller voir les artistes de rue et faire quelques jeux. L’intérêt pour l’art d’un côté… le divertissement de l’autre. »

De manière générale, il lui fallait quelque chose d’animé, de vivant. Elle ne disait pas non aux distractions et la Foire de l’Hiver se renouvelait chaque année, offrant des activités et des spectacles  différents.

« Et vous ? Vous y allez pour un but particulier ? » demanda-t-elle en se redressant.

Ce fut à cet instant qu’elle remarqua l’homme malade qui prenait place à côté de Dante. Pâle, les yeux fermés, les mains serrées, bref, prêt à vomir le café offert par la compagnie, et éventuellement tous les autres repas de la journée. Eva agrippa fermement le bras de Dante et l’attira vers elle, reculant de deux ou trois pas, le maximum qu’elle pouvait faire dans la foule serrée qui les entourait.

« On va éviter de se faire vomir dessus, dans la mesure du possible, » sourit-elle gentiment. « Je tiens à ma garde-robe. »

Pareille remarque indiquait son degré de futilité, mais quelle importance, puisqu’elle n’éprouvait aucune compassion à l’égard de l’homme malade ? Eva remarqua alors que Dante regardait autour d’eux, cherchant visiblement quelqu’un, ou quelque chose. Mais elle interpréta cela d’une autre manière, dans l’ironie de la situation.

« Vous avez perdue votre petite amie dans la foule ? Risque-t-elle de m’envoyer dans les flots si elle vous voit avec quelqu’un d’autre ? »


Comme depuis le début de la conversation, son ton était léger et badin, comme si cela n’avait aucune importance de toute manière. Elle était, pour sa part, venue seule. Il était vrai qu’elle se montrait de temps en temps avec l’homme auquel elle était fiancée, surtout dans des occasions publiques, mais autant que Pohn et Karos le permettaient, elle avait sa propre indépendance. Elle aurait sans doute dépéri sans cela, et elle avait de la chance d’être tombée sur un fiancé qui partageait un peu près sa vision de la vie – et qui approuvait de repousser sans cesse un mariage ennuyeux.


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Dante Oak
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MessageSujet: Re: Demande de lancement de rp - Dante Oak et Eva Chesterfield Ven 15 Sep 2017 - 12:14
Puisqu'elle l'y autorisait, il ne se priverait pas de la nommer ainsi, s'en réjouissant d'avance, Eva étant un bien beau prénom à ses yeux. Directe, sarcastique, sans chichis, cette femme plaisait de plus en plus à Dante, bien qu'il fut d'un premier abord un peu perturbé par son franc parlé. L'homme oubliait constamment combien la nature humaine était diversifiée, et que tous n'étaient pas comme lui, taciturne et parfois fantomatique, bien heureusement ! Ainsi sans savoir qui elle était, quelle était sa profession, sa place dans cette société, elle le traitait d'emblée d'égal à égal.

Eva Chesterfield : franche, pleine d'humour, piquante, enjouée, portant un intérêt pour l'art et le divertissement, ajouta mentalement Dante à sa note mentale dressée sur sa personne. Seulement un point ne lui échappa pas. Eva s'ennuyait ferme dans sa vie quotidienne. Il releva la tête et la dévisagea, tentant de démêler le vrai du faux. Pleine de vie et de mordant mais n'ayant pas la possibilité d'exprimer ses envies comme elle le voudrait, la jeune femme devait être accablée par une responsabilité qui lui était incombée et qui lui prenait beaucoup de son temps.

« Contrairement à vous, il y a bien des années que je ne me suis rendu à la Foire de l'Hiver. Je ne sais à quoi m'attendre après aussi longtemps et ne m'y rends que par curiosité. J'espère y retrouver... »

Il fut interrompu par Eva elle-même qui avait à son tour remarqué le nouveau venu et qui l'attirait deux pas en arrière. Le geste l'amusa plus qu'il ne le gêna, et il recula en harmonie avec sa compagne de croisière. Il tapota doucement sa main qu'elle avait toujours posé sur son avant-bras et lui confirma quant à sa toilette : « Ce serait fort regrettable en effet. » Sa moustache frétilla alors qu'il se retenait de sourire, prenant une mine affligée, montrant combien la question était d'une grande importance, capitale même.

Alors qu'il cherchait du regard l'éventuel compagnon d'Eva, il se défit de manière douce et imperceptible de son bras toujours autour du sien. L'homme n'était pas fou. A la remarque de celle-ci, il partit d'un grand éclat de rire. Il ne se moquait point, mais était simplement amusé à l'évocation de son amie projetant sa rivale, d'un geste incontrôlée et plus que furieux, en contre-bas. Il gratifia Eva d'un regard rieur et brillant, ne se défaisant pas de son sourire.

« Il n'existe pas de Madame Oak, personne n'intentera à votre vie aujourd'hui. » Il prit le ton de la confidence et se fit plus sérieux, bien que taquin. « Je cherchai en réalité votre ami. Que risquerai-je à mon tour à me tenir ainsi à vos côtés s'il réapparaissait maintenant ? Je vous prie de m'en tenir informer de suite, je dois savoir à qui j'aurai affaire et comment en découdre. »

Son regard se fit vide, ses traits s'affaissèrent alors qu'il jouait le rôle de celui qui se préparait au combat, inquiet mais déterminé. C'était certes quelque peu immature, mais amusant, et de cette manière il aurait sa réponse. Réellement, Dante n'était pas un causeur de troubles, et toujours pas un coureur de jupons, dusse-t-il se répéter encore et encore. Il se considérait comme un gentleman. Malgré ses fréquentations exclusivement féminines (à une ou deux exceptions près), il se tenait convenablement et n'avait jamais fait défaut à ses principes. Convaincu, que le compagnon d'Eva ferait son apparition, il chercha toujours avec attention l'homme qui se détacherait de la foule compacte pour les rejoindre. En vain. Pourtant Eva Chesterfield devait sans aucun doute être fiancée. Une dame de cette envergure ne pouvait rester seule bien longtemps. Le bibliothécaire se rendit compte alors du regard amusé, absolument pas dissimulé, qu'elle lui portait et comprit alors son erreur.

« Il n'y a de Monsieur Chesterfield sur ce ferry. » Ce n'était pas une question, mais une simple affirmation. « Cessez de me regarder ainsi et buvez avant que ce ne soit froid. » dit-il en lui tendant le gobelet comportant le reste de café. Il fit semblant de s'offusquer, grommelant seul un moment. Il avait marché, couru même, et tout seul, elle n'avait eu à ouvrir la bouche pour qu'il s'imagine un compagnon imaginaire. Bon, soyons honnête, il était en cet instant un peu grognon, pour de vrai.


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Eva Chesterfield
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MessageSujet: Re: Demande de lancement de rp - Dante Oak et Eva Chesterfield Jeu 28 Sep 2017 - 12:20
Eva n’était pas le genre de femmes à penser tout d’abord aux rangs – sauf en circonstances officielles et guindées – pour choisir de converser avec ceux qui l’intéressaient. Pour une occasion aussi simple que ce voyage jusqu’aux festivités de l’hiver, elle n’y dérogerait donc pas. Cela expliquait sans doute pourquoi elle avait parlé avec Emily de Brez davantage comme à la personne qu’elle était, plutôt qu’en voyant sa royauté, même si ces points n’étaient pas négligés, dans un coin de sa tête.

En revanche, Dante se faisait certaines illusions sur le poids et le côté preneur de temps des activités d’Eva. Quand on exceptait l’opéra et la danse, et les obligations familiales, elle était assez libre, et elle comptait à ce que cela le reste – quitte à dérober quelques soirées sous un autre accoutrement, comme elle avait parfois pris plaisir à le faire. Ça n’empêchait pas que les barreaux invisibles restent – comme pour chacun, à sa propre manière, dans toutes les existences.

La cantatrice ne sut jamais ce que Dante espérait retrouver à la Foire de l’Hiver, puisqu’un nouveau venu malade les interrompit dans leur conversation. Elle vit bien qu’il avait du mal à retenir un sourire, vu le frémissement de la moustache, et qu’il prenait un air faussement affligé, pour la plaisanterie. Ce qui avait de quoi être agréable à Eva : de se savoir sur la même harmonie de pensées que son camarade amené par le hasard de Pohn. Le rire lui plut, aussi. Bien sûr, elle n’avait pas attendu autre chose que cette réaction, en fait : Eva ne se serait pas laissée projeter hors du bateau par une rivale, fortes étaient les chances que ce soit l’autre femme qui ait fini par-dessus bord, en vérité…

« Tout va bien, en ce cas, »
affirma-t-elle.

Avant de froncer les sourcils face à l’évocation de son ami. Se pouvait-il que finalement, Dante Oak se soit souvenu d’avoir déjà vu son visage quelque part, et par la même occasion, rappelé que la jeune femme avait un fiancé ? Cela risquerait de fort incommoder le reste de leur dialogue. Elle laissa le suspens planer, juste pour voir de quel bois était cet homme, quelle attitude lui aussi pourrait avoir à son tour, lors d’un éventuel combat, quoiqu’il n’ait l’air ni Don Juan ni querelleur, plutôt du genre à bien se comporter et à être digne d’honneur en toutes circonstances, en fait. Son humour et son air sympathique le sauvaient, de ce côté.

Le regard narquois de la cantatrice lui fit enfin comprendre, ainsi que devant le vide abyssal d’homme se présentant, furieux, pour réclamer sa fiancée, qu’il se trompait. Elle hocha la tête à ce qui était plus une affirmation qu’une question, et ne se gêna pas pour boire le reste du café. Les yeux bleu-vert d’Eva le suivirent alors qu’il grommelait dans sa moustache.

« Je ne sais pas ce qui vous vexe le plus, l’idée que vous vous êtes trompé, ou le fait de ne pas avoir à faire un combat de coqs, » souligna-t-elle devant sa bouderie. « Dans les deux cas, vous êtes pourtant sauf. »

Elle se faufila tant bien que mal jusqu’à une poubelle pour y glisser le gobelet désormais vide, et revint avec tout autant de difficulté, dans la foule du bateau, vers Dante. Elle veilla à ne pas se faire trop entendre des autres gens, parlant doucement.

« Il y a un Monsieur, au-dehors du bateau, qui cependant ne porte point mon nom et dont je ne porte pas encore le sien. En fait, cela fait même une ou deux années que notre mariage est repoussé. Etre fiancée hypothétique a ses avantages. Et puis, il n’est pas possessif. Vous ne craignez donc rien. »

Elle croisa de nouveau ses mains sur la rambarde du pont, contemplant les flots glacés. Puis elle releva les yeux.

« Qu’espérez-vous retrouver à la Foire, alors ? Vous me semblez plutôt discret. Des connaissances, une ambiance particulière, des souvenirs de jeunesse ? »


“J’aurais voulu qu’elle eût peur et me demandât grâce, mais, cette femme était un démon.”
           

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