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 :: L'histoire Ambrosienne :: 4 ème niveau de la cité

Atomes crochus [LIBRE]

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Beth Coste
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MessageSujet: Atomes crochus [LIBRE] Ven 11 Aoû 2017 - 16:16
C’était une soirée claire d’hivers de celles qui savent ravir un observateur. Aucun nuage à l’horizon et une pleine lune qui illuminait la voûte céleste merveilleusement. Beth n’avait pas grand-chose d’un Astronome, préférant les créatures vivantes aux astres. Malgré tout, elle avait eu à faire à ce domaine du vivant lors de ses études et il est vrai que les étoiles avaient ce je ne sais quoi qui captive. Peut-être une sorte d’immensité grandiose qui fascine ou encore l’impression d’observer le passé alors que l’on est dans le présent.

Emmitouflée sous ses habits d’hivers et une cape à capuche, elle avait pris le soin de bien se couvrir et de se ganter avant de se mettre en chemin vers les hauteurs. Un des professeurs de l’Université, lui avait parlé d’un point de vue parfait pour une telle soirée dans la partie Sud du 4ème niveau. Un bel espace vert pratiquement en bordure du niveau qui offrait une vue magnifique de la voie lactée mais aussi de la ville. En route, elle songeait au Professeur en question, un sacré loufoque mais un homme passionné qui avait amélioré ses propres instruments de mesure et en particulier les télescopes portatifs qu’il prêtaient aux étudiants.

Son coin d’observation était bien connus de ces derniers mais ils avaient la visite d’un chercheur étranger cette semaine-là et Beth avait le champs libre… Il lui fallut plus de temps que prévu pour arriver à bon port s’étant perdue quelques fois mais elle y parvint finalement. C’était en effet le coin parfait, un petit joyau perdu dans ce quartier chic et relativement silencieux et elle devrait prendre garde à respecter ce silence ou on n’hésiterait pas à lui donner la chasse. Par chance, la petite esplanade n’était pas occupée et, elle s’installa sur la banc face à la ville, afin de soulager ses jambes et son épaule qui avait porté le poids du télescope.

Il avait beau être portable, il n’en demeurait pas moins assez lourd sur de grande distance. Et ce break lui ferait du bien. Alors, qu’elle se reposait, la jeune femme regarda la paysage. Par cette soirée sans nuage, elle décerna sans souci le Temple d’Aernia sur la droite et les lumières de la gare si distinctives plus au loin. Dans ce recoin de noblesse, on devinait le commun des mortels qui s’affairait dans sa routine. Là, elle imaginait des scénarios plausibles ou complètement à côté de la plaque sur chaque lumière qu’elle voyait. Une famille qui dînait, une réception privée, un conseil secret, un lève tard avec son café, un malfrat avec sa prochaine victime, un employé faisant des heures sup ou même un voyageur du futur qui aurait pris une machine pour revenir dans le passé.

Elle pouffa toute seule tout en sortant sa carte du ciel. Elle l’étudia un instant sous l’obscure clarté des éclairages publics tentant de se rafraîchir la mémoire quant à l’emplacement des constellations. Laissant sa carte sur la banc froid, elle ouvrit l’étui du télescope et le monta sur son trépied. L’objet semblait assez régulier, aucune décoration riche ou métaux précieux. Un simple outil d’observation ni plus ni moins… Alors qu’elle portait son œil à l’objectif, ajustant sa vision grâce aux engrenages des divers miroirs internes, elle chercha sa constellation de départ, la plus facile à repérer… enfin normalement…

“Orion… où te caches-tu ?”

[HJ: RP libre si quelqu'un souhaite se joindre à moi Smile]
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Raimond Beauregard
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MessageSujet: Re: Atomes crochus [LIBRE] Ven 1 Sep 2017 - 22:47
La nuit était belle, la nuit était fraiche, et si je n’étais pas habitué aux rigueurs d’un véritable hiver, grâce au fait que le château du phare était en bord de mer, et les hivers y étaient moins rigoureux que dans le continent. Ici, il faisait juste deux ou trois degrés de moins que chez moi, mais rien qui puisse m’empêcher de profiter de la nuit. Elle était sans nuage, et nul ne pouvait imaginer autre chose, pourtant j’avais hâte de voir les fameuses tombées de neige de la capitale ambrosienne ! Je souris et regardais ma montre à gousset. J’avais encore deux bonnes heures avant que cela ne commence. Quoi donc ? Eh bien, sans en être fier, je n’en étais pas honteux, mais j’avais un duel de prévu, sous les étoiles, dans la nuit. Comprenez-moi bien, quand une noble Dame voit son honneur bafoué, il est normal qu’un duel soit organisé entre le bafoueur et le champion de la bafouée. Et étant un excellent ami de feu son époux monsieur Sauteroy, je m’étais fait fort de lui proposer ce défi, fer opposé au fer, dans un coin tranquille du quatrième cercle. Mais je n’avais pas confiance en cet homme que j’allais affronter, connu pour son côté sournois. Inutile de vous donner son nom. Il ne le méritait pas… enfin bref, j’avais décidé de me rendre sur le pré plusieurs heures à l’avance, pour m’assurer que tout se passerait bien, et vu que la nuit était belle, j’avais pris un petit objet, qui, cela dit, ne me quittait quasiment pas. Je m’étais dit que je ne pourrais pas trouver meilleur moment, quitte à m’asseoir dans l’herbe fraiche et sortir un instrument du commun que je trouvais amusant dans sa simplicité. Un pipeau, tout simplement. Oh pas juste un pipeau grossier. Mon rang me valait quelques avantages, comme le fait que le facteur – nom d’un fabricant et/ou réparateur d’instrument, NdlR – avait créé pour moi un pipeau d’argent avec, partant du bec et de chaque côté de petits filigranes d’or formant des vignes sur les côtés. Un instrument remarquable, valant plusieurs rames d’or.

Comme toujours pour un duel, j’étais vêtu simplement, mais c’était un « simplement » qui rimait avec un « richement » bien sûr !  Je portais un pantalon léger qui ne me collait pas trop pour ne pas être gêné et une chemise que je pourrais, à loisir, remonter aux manches pour croiser le fer. De plus, je portais un veston classique un ainsi qu’un gilet » à l’Eskroise », une sorte de veste sous forme d’une longue cape qui gardait une épaule libre, s’attachant sous l’aisselle droite, une mode très prisée à la cour Eskroise. La mienne était, bien évidemment, brodée au blason de ma famille, et comme je ne cachais pas mon ascendance, c’étaient deux blasons côte à côté que je portais. Le raisin et la coupe pour les Beauregard dans un écu, aux épaules, et plus bas, vers les reins, les pic jumeaux, symbole des « Deux-Cimes », l’ancienne lignée impériale ambrosienne. Exceptionnellement, en prévision du duel, j’avais attaché mes cheveux, d’habitude libres sur mes épaules, en une queue de cheval sur la nuque, histoire, encore une fois, de ne pas être gêné… j’avais fier allure ! Et pourtant, un peu après, je me plaçais à même le sol, dans l’herbe, assis en tailleurs, et j’attendais, sortant de ma manche mon pipeau et le plaçais à mes lèvres. Je ne connaissais pas les grands classiques. Je n’aimais pas cela. Je préférais les airs à danser et à rire des tavernes – au grand dam de feu ma mère – ce qui avait tendance à plaire à la populace, d’où mon plaisir de jouer en ville, au gré de mes pérégrinations.

Je commençais, doucement, par entonner Jon aux trois pieds, un air enjoué, mais pas trop mauvais, et plutôt sobre, voire même prude, selon certains, compte tenu du titre, mais ça me plaisait. C’était l’essentiel. Je ne m’arrêtais qu’à la fin de deux autres chansons, respectivement l’or du poisson, et les souhaits de Betty. Là je pu reprendre mon souffle. Je ne m’en étais pas forcément rendu compte de l’heure et je me relevais, pour aller me dégourdir les jambes un peu. Je me disais que je n’aurai qu’à reprendre ma place en revenant. Je ne marchais pas longtemps, juste une petite vingtaine de minutes, mais quand je revins, je vis que quelqu’un s’était installé… dommage…. Ou alors on pouvait partager un peu l’esplanade. Elle n’était pas immense, mais assez grande pour une dizaine de personnes ! Je claquais de la langue quand même avant de m’approcher. Dans tous les cas, il y aurait un duel ici, un duel pas forcément bien légal… il y aurait juste nos témoins et nous, les duellistes. C’était déjà bien assez. Mais bon, je n’allais pas la virer sans ménagement. Ce n’était pas mon genre. J’avais été mieux élevé que ça !

« Bonsoir, ma Dame, je vous prie de bien vouloir excuser mes manières un peu cavalières, mais étant un fervent adepte de cette esplanade, je me demandais, est-ce que cela vous dérangerai que je m’y installe et joue un peu de musique… je ne suis pas un grand joueur, et je ne joue pas vraiment les classiques, mais qu’importe ! »

Je lui souris, par politesse avant de lui faire une petite remarque que je ne pensais pas déplacée…

« Si je puis me permettre, vous être orientée trop à l’ouest pour apercevoir Orion, à cette heure, rectifiez un peu vers l’est et vous devriez la trouver, vers l’horizon… mais je ne suis qu’un amateur, et à peine éclairé, je me trompe sans doute… »

Oui, j’avais eu des cours de base, par un précepteur, sur le sujet, juste de quoi me repérer dans la nuit pour m’orienter et me diriger.

« Je manque à tous mes devoirs et je vous prie de m’en excuser. Sire Raimond Beauregard ! Enchanté de vous rencontrer ! »

Je lui fis une petite révérence courtoise. Je préférais éviter de préciser prince ou autre, car si je l'étais ce n'était jamais que théorique, déjà, et que ça intimidait beaucoup...
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Beth Coste
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MessageSujet: Re: Atomes crochus [LIBRE] Lun 4 Sep 2017 - 15:19
Normalement….

En fait, elle galérait. La jeune femme pensait avoir correctement positionné le télescope et avoir assez étudier la carte du ciel pour parvenir à se repérer sans avoir besoin d’y revenir, cependant, elle s’était bien trompée. Elle n’avait pas pensé à se soucier de l’heure qu’il était et forcément, la position des astres en était affectée. Voulant s’en sortir par elle-même, elle resta l’œil à l’objectif tout en pensant à haute voix.

“Allez ma belle, montre-toi… Allez… Orion, je vais te trouver ! Et quand se sera fait, je vais… t’observer ma vieille et oui, faut pas me chercher !” s’exclama-t-elle alors qu’on s’adressait à elle.

Se redressant brusquement, elle passa de la surprise au sourire une fois que les battements de son cœur se calmèrent. Elle n’imaginait pas qu’une autre personne soit dehors à cette heure et encore moins un homme de sa carrure. Bien vêtu, soigné, riche semble-t-il, elle avait toujours pensé que les hommes tels que lui ne se rabaissaient pas à parler à des jeunes femmes de sa condition et qu’au mieux elle serait ignorée. En revanche, le nouveau venu était et courtois. Il n’avait rien de l’image qu’elle c’était faite des résidents du 4ème niveau.

Souriante à son tour, elle lui fit un signe de tête tout en l’étudiant. C’est vrai qu’il était bien vêtu et dans un style qu’elle ne connaissait pas, non pas que Beth soit une amatrice de la mode. En général, elle reprisait ses vieilles robes et s’évertuait à donner un coup de jeune à sa garde de robe de temps en temps. Pourtant, les habits de cet homme semblaient neufs, chers et magnifiquement brodés. Elle n’avait même pas un mouchoir qui arrivait à la cheville de ces motifs. Son maintien dégageait un certain charisme, une présence assez étrange… Elle aurait dû se sentir intimidée mais il lui avait paru si agréable qu’elle oublia le gouffre social entre eux pendant un instant.

“Bonsoir, non pas du tout et jouez à souhait. J’aime la musique même si je sais pas jouer moi-même.”

Alors qu’elle pensait que la conversation était close, il s’adressa à nouveau à elle, lui donnant un conseil cette fois-ci. Il n’était pas seulement poli, mais aussi cultivé. Elle aurait dû s’en douter, après tout, il avait certainement reçu une bonne éducation. Elle reprit sa carte d’une main tout en regardant la voute céleste à l’œil nu cette fois. Bon sang, mais c’est qu’il avait raison. Elle se sentit assez stupide l’espace d’un instant et se gratta la tête tout en se mordant la lèvre.

“Non… il semblerait que vous ayez raison… l’Astronomie n’est pas vraiment mon sujet de prédilection. Enfin, ce n’est pas mon sujet d’étude. Merci en tout cas, j’étais vraiment loin dans but.” dit-elle tout en ajustant son télescope vers la bonne direction.

La jeune femme se résolut à son instant d’étourderie, après tout, ça arrivait à tout le monde de se précipiter et d’oublier un point important. Elle pensait juste être au-dessus de ça !

“Beth Coste, enchantée !” dit-elle en faisant une pause en le voyant révérence. “Sire… Vous faites partie de la famille royale ?” demanda-t-elle en clignant des yeux.
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Raimond Beauregard
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MessageSujet: Re: Atomes crochus [LIBRE] Mar 5 Sep 2017 - 16:57
Elle avait un côté un peu étonnant, quand on y pensait. Oh je ne disais pas que parler seul soit un défaut. Il fallait savoir parfois trouver un interlocuteur à sa hauteur. Et un de mes précepteurs prétendait aussi que c’était une preuve d’intelligent ce que de verbaliser ses pensées parfois ! Je lui fis un petit sourire alors qu’elle me disait apprécier la musique. Eh bien parfait ! J’étais du genre à avoir le pipeau qui me démangeait. Non, pas celui-là, je parlais de l’instrument de musique, bien sûr ! Voilà qui était intéressant ! Une jeune femme, vue son âge, elle devait être une étudiante ou une jeune travailleuse, et la noirceur de la nuit ne permettait pas de déterminer précisément ses traits, mais qu’importe cela, n’est-ce pas ? Je me tus un peu. Avec le sujet de l’astronomie, je pus donc déterminer qu’elle était bel et bien une jeune étudiante. Après tout, le sujet d’étude qu’elle n’évoquait pas davantage, n’était, selon ses dires, pas l’astronomie. Je ne voyais pas qui pourrait en faire un véritable sujet d’étude. Non pas que je ne refuse pas l’intérêt de la science pure, mais à quoi servait-elle sans application pratique ? Voilà ma véritable question. Nous avions suffisamment de connaissances inconnues ici-bas sans avoir besoin de se pencher sur les étoiles et autres sciences trop fantasques.

« Beaucoup de chercheurs ont commencé en se trompant. Savez-vous que le célèbre savant Eddy Thomasson avait échoué des milliers de fois avant de créer l’ampoule à incandescence ? Et quand on lui parlait de ses échecs, il se contentait de dire qu’il n’avait pas échoué, mais qu’il avait trouvé une nouvelle manière de ne pas créer son ampoule à incandescence. Etre loin du but n’est pas un mal, l’essentiel est de chercher. »

Je me contentais de lui sourire et donc, de l’encourager, d’une certaine manière. Mais bon, la conversation n’était pas finie. Et une fois qu’elle eut donné son nom, je fis un baisemain fort correct, presque parfait, avant de finalement rajouter, suite à cela, un petit compliment comme il se devait.

« Je vous prie d’accepter mes excuser mais je ne suis pas enchanté, mais réellement charmé, ma Dame ! »

Mais la suite me fit un peu sursauter… membre de la famille royale ? Question difficile et épineuse, non ? Du coup, j’hésitais à répondre franchement… car c’était forcément délicat ! Oui, je l’étais, et davantage que les De Choiseul. Mais la famille royale officielle, les usurpateurs, ne me comptaient pas parmi les leurs, alors que ma lignée était presque militaire… je lui fis un petit sourire un peu gêné.

« Rassurez-moi, vous n’êtes pas historienne ? Parce que sinon, il va falloir revoir vos cours… Je m’appelle Raimond Beauregard, pas Raimond De Choiseul ! »

J’y avais mis une petite dose d’humour pour ne pas la vexer, pour qu’elle ne le prenne pas mal, et on distinguait un peu d’ironie, d’ailleurs, dans ma voix, pour faire comprendre cette forme d’humour. Je lui souris et retournais les questions.

« Et vous, êtes-vous étudiante ? »
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Beth Coste
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MessageSujet: Re: Atomes crochus [LIBRE] Mer 6 Sep 2017 - 11:26
En entendant son anecdote sur ce chercheur en électricité, elle esquissa un sourire. Elle était connue dans son groupe d’amis pour ses annales et historiette en tout genre au point que chacune de ses phrases commençant par – saviez-vous– était souvent accueillit pas des ricanements et des yeux levés au ciel. Qu’est-ce qu’elle pouvait les soûler avec ça…

“Je l’ignorais mais je m’en souviendrais ! L’échec, surtout dans les sciences expérimentales, fait partie du quotidien du chercheur.
Heureusement, et grâce à vous, la recherche n’a pas duré longtemps. Merci encore.”


Que dire, les recherches scientifiques étaient envoûtantes et même troublantes ! Même si elle ne participait pas aux séries de test physique ou encore à de la chimie active, elle savourait la beauté d’une hypothèse qui se confirme. C’était le but des sciences après tout, apporter des réponses ou ainsi l’avait-elle toujours vu. On lui avait souvent reproché de poser trop de questions et de s’immiscer dans les affaires des autres alors qu’elle n’avait rien à y faire. Enfant, elle recevait une remontrance et une tape sur la main, adulte… c’était à peu près la même chose en fait.

Bref, il était bien connu que son exubérance la poussait souvent à l’indiscrétion et qu’elle ne réfléchissait que peu avant de s’adresser à quelqu’un. Pourtant, si le personnage devant elle était bien un membre de la famille royale, il y avait tout un protocole à respecter qu’elle ignorait complètement. En essayant de lui faire la révérence, elle se mélangerait sans doute les pinceaux et finirait par tomber la tête la première, prisonnière de ses jupes. La classe… Pourtant, son interlocuteur s’empressa de la détromper à son grand soulagement.

“Non, pas historienne, les dates ne sont pas ma tasse de thé.” avoua-t-elle avant d’enchaîner. “Veuillez m’excuser, votre titre m’a certainement aveuglé, Sire.” ajouta-t-elle en essayant de ne pas laisser une pointe de moquerie sonner dans sa voix.

Elle hésita un instant à continuer, songeant qu’il devait savoir que l’origine des noms familles nobles venaient souvent d’un nom caractéristique à leur mode de vie, de résidence ou encore une particularité physique. Ainsi se retint-elle de demander si son aïeul était connu pour battre des cils et fut d’ailleurs distraite par leur nouveau sujet de conversation qui se focalisait cette fois sur elle. Beth lui fit un large sourire en réponse réalisant qu’il était observateur en plus de charmant et savant.

“Tout à fait, je fais un Master Recherche Sciences de la Vie à l’Université.” expliqua simplement la jeune femme.

Elle avait tellement l’habitude que les gens sachent ce que cela signifie qu’elle n’alla pas plus loin. Elle n’avait pas conscience que ça voulait dire tout et n’importe quoi et qu’une personne peu familière avec le cursus ne comprenait pas forcément quelle genre d’étude elle faisait.

“Et vous ? Avez-vous une profession ou vivez-vous de vos rentes ?”
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Raimond Beauregard
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MessageSujet: Re: Atomes crochus [LIBRE] Sam 9 Sep 2017 - 10:42
Oui, cette fois-ci, la recherche aurait duré moins longtemps qu’escompté, mais d’un autre côté, je ne voyais pas pourquoi je ne l’aurai pas aidée à trouver ce qu’elle désirait, en l’occurrence, la constellation du chasseur, aussi appelée constellation d’Orion ! Je n’étais pas un bourreau… je lui souris amicalement alors qu’elle me remerciait encore. C’était bien trop peu pour mériter un merci…

« Allons, allons, je vous en prie ! »

Oui, inutile de continuer à trop en faire ! Mais bon, en fait, c’était compliqué pour cette histoire de titre, mais comme elle n’était pas historienne, je n’allais pas la bassiner avec cela, si ? Oh si, peut-être un peu… mais je me demandais si c’était une bonne idée… après tout, l’intimider ne serait pas particulièrement productif, mais cela pourrait me servir quand je devrais la faire s’en aller, peut être…. Alors autant commencer à laisser des allusions ou un brin de vérité…

« Disons que je suis un prince sans royaume, si vous voulez de la précision, donc de facto, je ne suis pas un réel prince comme vous l’entendez … même si ma lignée est plus noble et plus ancienne que celle des De Choiseul. Je suis l’héritier des fondateurs de l’empire, c’est dire ! Mais bon, dans les faits, comme je le disais, je ne suis pas grand-chose, alors je peux bien continuer à me vanter… »

Une manière de dire qu’elle n’avait pas forcément à en faire grand cas, un acte, encore, généreux de ma part, mais bon, d’un autre côté, peu en auraient fait cas ici ! Tout simplement parce que ç’aurait été faire acte de trahison que de me soutenir, même discrètement… je lui souris, doucement, avant de finalement l’entendre parler des sciences de la vie, de la philosophie naturelle en somme ? Eh bien, il fallait des chercheurs dans tous les domaines !  Mais il ne s’agissait jamais que d’une science ayant besoin de chercheurs, comme toutes les autres, au sein de ce centre du savoir qu’était devenu l’empire ambrosien…

« Pour ma part, à vraie dire, je suis viticulteur… ou du moins mes gens exploitent mes domaines viticoles… si je vous donne le nom du vin, vous n’allez peut-être pas me croire ! Je suis le producteur du célébrissime « Don de Natos » ! »

Oui, je m’en enorgueillissais.

« En avez-vous déjà gouté ? »

Sans doute pas… c’était un vin extrêmement cher, plusieurs roues d'or la bouteille, voire plusieurs rames d'or pour certaines années particulièrement fameuses, et les étudiants n’en auraient pas les moyens…
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Beth Coste
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MessageSujet: Re: Atomes crochus [LIBRE] Mar 12 Sep 2017 - 22:46
En fin de compte elle ne s'était pas si trompée que ça. Le personnage en face d'elle était bien de sang royal même si son titre et ses responsabilités se limitaient à son duché et non pas à un royaume entier. Qu'est-ce qu'elle entendait dans sa voix ? De la grandeur mêlée à de la rancœur peut-être... La jeune femme aurait put se sentir extrêmement intimidée en cet instant, certainement au point de faire ses excuses et de décamper sur le champs ! Elle l'aurait probablement fait s'il n'avait pas conclus qu'il n'était pas grand-chose. Après tout, elle ne pouvait pas le contredire.

D'un point de vue purement scientifique, même physique, tout humain était peu de chose. Si on le voyait de façon moléculaire, ils représentaient encore moins atomiquement parlant que la voix lactée qui se dessinait au dessus de leur tête. Une poignée d'atomes sur la toile de l'univers.

“Je vois tout à fait.” dit-elle en lui faisant un petit sourire et en laissant tout cela de côté.

Contrairement à la routine, il n'alla pas plus loin et ne la questionna pas sur le sujet concret de ses études. Peut-être comprenait il la problématique de ses recherches et qu'il n'avait pas besoin de plus d'explications. Elle se sentait soulagée, c'était toujours un peu compliqué pour elle de faire le tour du problème sans tomber dans une description trop technique. Continuant leur discussion tranquillement comme deux anonymes qui étaient amenés à se rencontrer, elle fut ravie de découvrir qu'il avait en effet une profession. Et quelle profession...

“Vous plaisantez ? Je ne pourrai même pas m'offrir le bouchon alors de là à boire un verre...” dit-elle en rigolant.

C'était une blague, bien sûr. Elle pouvait s'offrir un bouchon et même une bouteille... à condition qu'elle soit vide ! Et si je verre était de mauvaise qualité, c'était encore mieux, elle pourrait au  moins marchander le prix... Peu experte dans le domaine, elle buvait du vin de table chez son oncle de temps en temps mais sinon elle se cantonnait aux boissons moins coûteuses. Le vin dont ils parlaient était rentrer dans le langage populaire comme une référence de grandeur et de luxe. On utilisait souvent cet appellation en comparaison afin d'expliquer la qualité et la valeur d'autres mets par exemple. C'est digne d'un Don de Natos, qu'il disait...

Pourtant, son intérêt était piqué au vif et elle se remémora une conversation qu'elle avait entendu dans sa jeunesse...

“On m'a dit que chaque crû avait des goûts différents. Floral, mineral... Est-ce vrai? Quel bouquet a le Don de Natos?”
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Raimond Beauregard
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MessageSujet: Re: Atomes crochus [LIBRE] Lun 25 Sep 2017 - 17:19
Je ne lui avais pas demandé beaucoup de choses sur ses études on par désintérêt, mais parce que je n’étais pas sûr d’avoir les bases solides nécessaire à leur compréhension ! Alors je préférais ne pas étaler mon ignorance. Je voyais juste qu’elle était promise, pour peu qu’elle réussisse, à un bel avenir, surtout dans cette ville qui plaçait la recherche scientifique, presque, au niveau d’une vertu majeure… ici, elle avait toutes les clefs pour réussir ! Il y avait une grande bibliothèque, presque aussi grande que la bibliothèque de Lornel, qui était, pour l’avoir vue, immense ! Plus d’une centaine de personnes y travaillaient, c’était dire ! Une véritable fourmilière, grouillante de vie et de personnes affairées dans un véritable  labyrinthe de couloirs d’étagères.

Je lui souris, néanmoins, alors qu’elle ouvrait des yeux comme des soucoupes en apprenant qui j’étais ! Il était vrai qu’il était particulièrement cher de gouter à une simple lampée du Don de Natos. Je souris face à sa réaction, un peu incrédule. Voilà qui me plaisait, comme regard. Mais surtout, c’était sa question qui me plut le plus. Quel était son bouquet… je supposais que je parlais à une néophyte qui ne comprenait peut-être pas tous les mots qu’elle employait… alors je me disais que lui faire gouter serait sans doute plus parlant… alors je portais ma main à ma veste à la recherche de ma petite flasque… oh, elle ne contenait que quelques gorgées, mais il s’agissait d’un excellent vin quand même ! enfin, avant tout, je pouvais la guider un peu dans ses explications !

« Eh bien… voyez-vous, il a un côté iodé dans ce vin, qui est très minéral… on sent le fait que ce vin a poussé presque au bord de la mer ! Mais… tenez ! Vous allez pouvoir vous faire une petite idée ! »

Je lui tendis la flasque que je sortais d’une poche intérieure. Puis je la lui tendis. Comme ça, elle pourrait gouter et se faire un avis un peu plus tranché sur quelque chose qu’elle n’avait jamais gouté !

« Alors, qu’en pensez-vous, au juste ? Enfin… peut-être n’aimez-vous pas e vin ? »
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Beth Coste
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MessageSujet: Re: Atomes crochus [LIBRE] Mer 27 Sep 2017 - 17:14
Cet événement justement était un repas de famille il y a bien longtemps. Enfant, elle était autorisée à jouer avant le dîner avec ses cousins avant de se mettre à table. Ils passaient de pièces en pièces, riant et courant, jouets en main et bruyant la plupart du temps. Lors de cette soirée particulière, ils étaient plus perturbateurs que d’habitude, se poursuivant autour de la table et bousculant les convives alors qu’ils prenaient un apéritif. Un beau rappel à l’ordre et Beth se retrouvait au coin, bien loin de ses cousins et, près des hommes de la soirée.

Ils étaient en train de déguster du vin justement, une discussion d’adulte qui lui semblait ennuyeuse à l’époque. Elle se souvient pourtant que les initiés présents parlait du cépage particulier de cette bouteille, pas du Don de Natos, trop luxueux, mais une bonne bouteille quand même. Conversation qui partit sur le bouquet, l’exposition et… et… elle n’écoutait déjà plus. Elle était jeune mais elle se souvient bizarrement de cette soirée de fête. Une étrange sélection, n’est-ce-pas, les souvenirs d’enfance que l’on garde en mémoire sans raison apparente.

Voilà d’où venait les rares connaissances viticoles qu’elle avait, une maigre image du passé qui lui avait permis de poser une question à un individu expert. Pourtant, ce pauvre savoir engendra une réaction qu’elle n’aurait pas pu envisager. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elle se retrouvait avec une flasque dans sa main et une explication de base des saveurs du fameux Don de Natos. Ainsi dans ce simple récipient ce trouvait un liquide exquis qui représentait le désir des vignes par excellence.

“Merci, avec joie, à la vôtre alors !”

Elle ouvrit la petite flasque… Elle ne connaissait rien de la dégustation des vins mais son instinct botanique la poussa à sentir le liquide. Elle recherchait toujours l’odeur des plantes inconnues comme source d’information, alors pourquoi pas le raisin macéré… L’iode était apparente ainsi que d’autres senteurs qu’elle n’arrivait pas à identifier. Portant ce vin d’exception à ses lèvres, elle en prit une gorgée et resta pantoise.

Il avait raison, ce vin avait poussé en bord de mer…

“C’est… Non… Ce n’est pas que je n’aime pas, j’en bois très rarement. Pourtant, votre vin…” dit-elle en lui tendant la flasque. “Ça me rappelle… un pique-nique à la plage, chercher des coquillages, l’odeur du sable, des falaises calcaires, une…”

Elle s’interrompit et pouffa devait sa stupidité. Voilà, qu’elle s’égarait.

“Pardonnez-moi, voyez-vous, je suis bien plus habituée à la bière en fait ! Votre vin est vraiment complexe en tout cas, je comprends la fascination.”
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Raimond Beauregard
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MessageSujet: Re: Atomes crochus [LIBRE] Lun 16 Oct 2017 - 17:38
Je lui proposais une flasque qui, chez les autres devaient être remplie de gnole mais qui chez moi était juste rempli d’une petite quantité du Don de Natos, et lui en faire gouter quelques gouttes était le meilleur moyen à mes yeux de lui faire comprendre ce qu’était le don de Natos. Un vin d’exception. Mais bon, je ne m’attendais pas forcément à ce qu’elle ait le palais assez fin pour se rendre compte de cela, quoiqu’on en dise ! Je lui souris alors que je la regardais boire une gorgée pour se faire un avis. Pour gouter, il ne fallait pas plus d’une gorgée, sinon, cela perdait de son sens, de sa saveur, trop en bouche et le palais devait abandonner. Il fallait en prendre juste un peu, et le gouter. Mais il ne pouvait se sublimer dans une vulgaire flasque métallique… il fallait, pour cela, le verser dans une carafe en cristal, contrôler l’aération, et enfin, le boire dans un verre approprié, à la bonne température… je restais silencieux et je la laissais donc à sa dégustation… son avis était intéressant, et amusant… il avait quelque chose de naïf, mais de très imagé que j’appréciais beaucoup, c’était un peu mignon, comme manière de présenter les choses… je restais encore un peu silencieux, avant de me décider à agir comme il se devait : attendre qu’elle ait fini pour la féliciter pour son long palet et en apprendre plus sur elle.

« Eh bien voilà un avis à la fois éclairé et imagé… j’avoue que je m’attendis davantage à un « j’aime », ou « j’aime pas », mais il faut croire qu’en la matière, vous n’êtes en rien une béotienne, ce qui est souvent le cas des gens quand on parle de vin… hélas, je me félicite de voir que vous ne faites pas partie de ceux-là, et que vous avez l’esprit vif. »

Un compliment, en effet, mais je ne voyais pas le problème à reconnaitre un esprit fin quand j’en rencontrais un… et non seulement elle avait un esprit fin, mais le palais qui allait avec… peut être pourrai-je lui trouver une utilité parmi mes gens ? Possible… j’aviserai plus tard ! Je réfléchissais néanmoins un peu à cela. Je n’en frais pas une vigneronne, mais elle pourrait étudier les plans et essayer de comprendre en quoi le don était si exceptionnel… cela me permettrait d’étendre le cépage, et d’augmenter intelligemment la production, sans baisser le prix, bien sûr ! Cela n’avait aucun intérêt…

« Je connais bien la bière, et j’avoue aimer aussi… mais disons que selon les mets, un pichet de bière peut e pas valoir un bon vin, par exemple avec une pièce de gibier, ou même simplement dans la cuisson ! Un cuissot de sanglier délicatement arrosé de vin de Natos durant la cuisson, avec un cuisinier expert, cela va sans dire, est une pure merveille ! »

Mais bon, pourquoi lui détailler ce à quoi elle n’aurait sans doute pas accès ? Je me contentais donc de changer de sujet.

« Mais dites-moi, si vous étudiez la science du vivant, serait-il possible que vous puissiez vous intéresser, justement au raisin, à la manière dont il pousse, à comment le sol, l’exposition, l’environnement, en modifier la qualité ? Hypothétiquement, bien sûr ! Et le vin n’est-il pas la démonstration de la résurrection ? La mort du raisin avant sa sublimation ? » 
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MessageSujet: Re: Atomes crochus [LIBRE]
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