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 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: 1er étage

Clos | La famille avant tout ? [Pv]

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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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MessageSujet: Clos | La famille avant tout ? [Pv] Mer 6 Sep 2017 - 16:22
Cousine,

J’ai eu vent de vos maux et j’espère que ces quelques mots sauront vous trouver en bonne santé, ou du moins, sur la voie de la guérison. J’ai préféré vous laisser en paix pour vous remettre jusque-là, mais je pense qu’il est désormais temps que nous nous retrouvions pour fêter dignement ces retrouvailles et votre arrivée en terre païenne. Aussi puis-je compter sur vous mardi en huit pour la dégustation d’un thé bien de chez nous avant l’office du soir. Cela nous laissera le temps de discuter, puis, si vous le désirez, nous prierons ensemble durant l’office que je préside. Ce sera pour nous l’occasion de parler du passé comme de l’avenir.
Affectueusement
Everard Zullheimer
Premier serviteur de la Lignée en Ambrosia.



Un mot simple, sobre, presque sévère, quand on y réfléchissait, mais cela collait à mes manières austères voire même parfois spartiates en termes de décoration comme en termes de tenue. J’étais de ce genre là à garder certaines habitudes monacales, ce qui me convenait très bien ! Je me demandais à quel point Pia avait grandi depuis la dernière fois que je l’avais croisée. Pas seulement grandie physiquement, mais aussi si elle avait mûri. Je me souvenais d’elle plus jeune, et je me souvenais qu’elle me faisait sourire. Mais bon, surtout, elle venait d’arriver ici, et il était important qu’elle s’y intègre bien, qu’elle voit par elle-même quel nid d’impiété était Ambrosia, et que je ne sois pas le seul à en parler à mon oncle… voilà qui était une bonne idée. Surtout si, selon ma tante, elle se destinait toujours au monastère de l’acier. Un bel avenir pourrait l’attendre.

Lui proposer de venir une semaine plus tard lui laissait le temps d’être prête, je savais que c’était stressant : outre le fait que nous étions cousins, j’étais la plus haute autorité religieuse concernant le service de la Lignée, donc son supérieur hiérarchique à tout point de vue ! Je souriais avec une certaine hâte de la retrouver, même si je comprenais ça. J’imaginais fort bien qu’elle était très occupée aussi, elle devait commencer) à avoir un bon tuteur, enfin j’espérais. Un tuteur qui puisse convenir à une jeune femme comme elle. Si possible un vrai croyant qui puisse l’accompagner comme un chaperon à chaque office sans exception. Par contre étant la plus haute autorité sur le service de la Lignée, justement, je m’étonnais de ne pas l’avoir déjà entendue en confession. Peut-être lui en parlerai-je quand elle arriverait… ce qui ne devait pas trop tarder, d’ailleurs.

Je n’avais conservé personne à part un jeune serviteur de la Lignée qui ferait le service, comme il était mon clerc, il acceptait bien volontiers de me rendre ce genre de petits services !  J’étais dans le petit salon, assis sur un fauteuil d’osier sans doute plus confortable si j’y avais mis des coussins. Voilà qui serait parfait ! J’avais fait préparer des thés parfumés, qu’elle ait le choix, quelques biscuits, pour une bonne collation, et il serait bientôt l’heure pour qu’elle soit là. Je le reconnaissais, j’étais impatient de la retrouver…

« Votre éminence ? Votre invitée est arrivée. »

Ah, voilà ! Je lui souris et je lui fis signe de faire entrer ma cousine. Je me levais et allais l’attendre à l’entrée du petit salon, dans ma bure noire brodée du cheval et du corbeau. La voyant j’écartais les bras, accueillant !

« Bienvenue ! »

J’attendais qu’elle soit à ma hauteur pour poser le bout de mes doigts sur son front en lui offrant la bénédiction de la lignée avant de la saisir par les épaules, sourire aux lèvres, et l’embrasser (au sens propre : je la pris dans mes bras.).

« Cousine, quel plaisir de vous revoir ! »


Dernière édition par Everard Zullheimer le Ven 16 Mar 2018 - 10:14, édité 2 fois


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Olympiane de Thiam
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MessageSujet: Re: Clos | La famille avant tout ? [Pv] Jeu 7 Sep 2017 - 0:28
Je relisais encore la lettre de mon cousin et j'en sentais le palpitant cogner dans ma poitrine. Voilà que Valerian nous avait porté la poisse ! Il m'invitait effectivement à prendre le thé chez lui. Mais chez lui, cela voulait aussi dire le palais... Là où se trouvait tous les grands de ce monde... Dont l'Impératrice que je n'étais toujours pas allé voir... Ou même... Nicolas... Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir lui dire si jamais je le croisais ?

Bonjour Nicolas, je porte un enfant et c'est toi le père. Allons Pia ne sois pas stupide ! Personne ne doit savoir !

Non personne... Tout du moins, l'identité du père. Pour ce qui est de mon ventre, je ne ferai bientôt plus illusion. Je regardai mes robes avec un air presque de dégout. Je n'avais aucune envie de mettre cet instrument de torture. Mais avais-je vraiment le choix ? Si je venais à lui en pantalon, m'est d'avis qu'il le prendrai plutôt mal. Tout en soupirant, je passai alors tous ces froufrous et essayai de ne pas serrer trop fort les lacets. Je n'avais pas envie de m'évanouir encore une fois.

Je m'arrangeais devant la glace pour me rendre présentable et soigner ma coiffure, plus que d'ordinaire. Tout en faisant ça, je jetai un oeil à la signature d'Everard. "Affectueusement" ? Je levai un sourcil à cette mention. Se pourrait-il qu'il puisse se montrer autre chose qu'austère ? Je souris légèrement à cette pensée, en riant presque. Puis le vieux majordome vint m'apporter mon manteau et mes gants. Tout en m'aidant à m'habiller, il me rappelait les consignes de mon tuteur. Comme de faire bien attention à chaque chose que je faisais. Je soupirai alors lui adressant un sourire.

Puis le fiacre m'amena enfin vers ma destination. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en allant là bas. Valerian aurait voulu m'accompagner mais je l'ai presque obligé à aller à ses répétitions plutôt que me suivre, lui promettant au passage de prendre bien soin de moi. Enfin, de nous... Il est vrai que je n'étais plus seule à présent, je devais penser pour deux.

Alors que tout tournait dans ma tête, nous arrivâmes devant le palais impérial. Il était juste... magnifique. Je devais bien avouer que les ambrosiens étaient capables de prouesses dans leurs bâtisses. Je finis par m'annoncer et on me conduit alors aux appartements d'Everard. Je m'émerveillais de chaque chose que je voyais. Je n'avais jamais vu pareils ornements. Même si pour moi c'était clairement trop ostentatoire à mon goût.

Lorsque la porte s'ouvrit, je vis alors mon cousin un sourire radieux aux lèvres venir vers moi. Je restai un peu indécise sur le coup. Mon cousin sourire ? Je crois bien que c'était quelque chose que je n'avais pas vu depuis longtemps... Il s'approcha alors de moi pour me bénir et je baissai la tête en fermant les yeux. Puis c'est alors qu'il me prit dans ses bras. Sur le coup, je me demandai bien ce qui le rendait si heureux. Est-ce que c'était vraiment la joie de me revoir moi ? J'hésitai un moment puis je lui rendis son accolade.

"Bonjour cousin. Le plaisir est partagé" finis-je par dire. "Vous avez l'air en forme dites-moi" ajoutai-je en me détachant de lui.

Je prie le parti de sourire. Après tout, il avait l'air réellement ravi de cette rencontre. Pourquoi ne le serai-je donc pas aussi ?

"Je vous prie de m'excuser de ne pas être venue plus tôt. De même je ne voulais pas vous inquiéter outre mesure. Je vous remercie pour vos quelques mots. Je vais mieux à présent."

Mieux ? Si on pouvait le dire oui. J'avais certes moins de nausées avec ce que m'avait donné Elena mais il fallait encore attendre quelques mois pour que j'aille "mieux". Je me demandai d'ailleurs si elle avait fini par tenir sa langue ou pas. Mais de toutes façons, je comptais bien le mettre au courant avant que quelqu'un d'autre ne le fasse. Même si certains détails n'avaient eux pas besoin d'être évoqués.

"Je... vous adresse mes plus sincères condoléances pour Elrich. Ainsi que celles de ma mère. Sachez que nous partageons votre peine. Même si j'avoue ne pas l'avoir connu moi-même."

J'avais les yeux baissés en disant cela. C'était une entrée en matière relativement morose mais au moins cela était dit. Et je pensais sincèrement les mots que j'énonçais. J'aurai voulu trouver le coupable de cette immondice et qu'il paie pour ses crimes impies. Mon sang bouillonnait rien que d'y penser et mes poings se serraient.


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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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MessageSujet: Re: Clos | La famille avant tout ? [Pv] Sam 9 Sep 2017 - 13:36
J’étais en effet en joie de retrouver ma cousine. Je n’irai pas jusqu’à dire que nous étions comme les doigts de la main, mais d’une certaine manière, j’avais toujours été en Ambrosia avec ma famille, en la présence de mon frère jumeau. Depuis son décès, et malgré mes aventures nocturnes avec son altesse impériale, je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir plus seul que jamais. Alors savoir que ma cousine était venue et pouvoir la revoir me faisait un bien fou ! Oui, moi aussi j’avais mes problèmes. Et sa présence m’apportait une certaine forme de tranquillité, de paix, même. Je coptais veiller sur elle à distance, vous vous en doutez bien ! J’avais perdu un frère, je ferai attention à ma cousine ! Bien logique ! Mais peut-être trouverait-elle cela envahissant ? Je n’aurai trop su le dire… peut être aurai-je dû en parler avec elle. Mis je me souvenais fort bien que sa mère m’avait envoyé une lettre me demandant de veiller un peu sur elle. Oh, pas de la surveiller comme du lait sur le feu, mais veiller de loin, pour intervenir si elle se retrouvait engluée dans les ennuis jusqu’au cou.

Mon accolade avait de quoi la surprendre, je n’étais pas connu pour mes douceurs et pour ma joie ambiante. J’étais réputé comme quelqu’un d’austère, et je faisais en sorte de conserver cette réputation, mais certaines personnes pouvaient m’arracher des sourire. J’aimais l’idée qu’Olympiane le puisse, même s’il faudrait mieux se connaitre pour cela ! Mais je, perdis bien vite mon sourire à la présentation de ses condoléances. Je me contentais d’opiner du chef. Il n’y avait que peu de choses à ajouter, tout était très vite dit, et d’ailleurs, je fis le speech habituel. J’en étais un peu fatigué…

« Merci. Il nous manquera beaucoup à tous avant longtemps… je ne sais pas si vous avez essayé d’entendre un peu ce que le peuple en pensait, mais il était très aimé… il n’était pas ici par plaisir, en plus, il était là par devoir. Son plaisir personnel aurait été de rester à prier, contemplatif, dans un monastère… Mais bref, je manque à tous mes devoirs !  Je ne voudrai vous fatiguer, surtout dans votre état ! Asseyez-vous je vous en prie. »

Oui, cette jeune femme était convalescente, non ? Alors il fallait la ménager un tant soit peu… je n’étais pas un monstre que diable ! Je pris le plateau pour l’approcher et lui permettre d’accéder ainsi aux petites gâteaux et à une bonne tasse de thé. Je faisais venir mes thés du pays. Le meilleur thé du monde y était cultivé, après tout !  Je ne pouvais pas proposer mieux. Ou du moins, pas depuis le palais impérial d’Ambrosia !

« Comment aimez-vous votre thé, cousine ? Cela fait tellement longtemps que je ne saurai, à ma grande honte, m’en souvenir… »

Je lui laissais choisir, puis je me servais à mon tour et m’asseyais face à elle, séparé par le plateau de gâteaux. Voilà qui était simple ! Je pris une petite gorgée avant de reposer mon thé et reprendre la parole.

« J’ai reçu une lettre, bien que très lacunaire, de votre mère. Comment va-t-elle ? Et avez-vous vu notre oncle avant votre départ ? J’attends des nouvelles qui tardent… hélas… et vous ? Etes-vous bien installée ? Je peux vous obtenir des appartements au palais, si vous le désirez !  J’ai le bras long ! »


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Olympiane de Thiam
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MessageSujet: Re: Clos | La famille avant tout ? [Pv] Sam 9 Sep 2017 - 23:55
Alors qu'il me répondait je sentais dans sa voix que ce discours il l'avait tenu à maintes personnes avant moi. Mais je ne serai pas une bonne cousine ou ne serait-ce qu'une bonne personne tout court si je ne lui présentais pas mes condoléances pour son frère non ? Et puis, cela était fait au moins et nous pouvions clore ce chapitre et parler d'autre chose à présent. Même si je ne pensais pas qu'Elrich était aussi pieux. Je me demandai si je pourrai être à la hauteur de mes cousins dans le but que je m'étais fixé...

Sa dernière remarque me tira de mes pensées et me crispa légèrement. Un moment je restai plantée là sans rien faire. Mon état ? Était-il au courant de mon réel état ?

Pia ne sois pas stupide ! C'est toi même qui lui as dit que tu étais souffrante !

C'était vrai... Il fallait vraiment que je me détende ou je n'allais pas tenir très longtemps. Je n'avais clairement pas l'habitude de garder tous ces secrets. Je n'y portais guère attention à Ameth. Après tout, je n'étais qu'une cousine éloignée, nul besoin de m'intéresser aux intrigues quelles qu'elles soient. Tout changeait à présent avec ce... désagrément ? Non il n'avait pas demandé à être appelé de la sorte. Avec cet enfant, tout simplement. Mon enfant...

Alors que mes pensées m'assaillaient, mes épaules se détendirent peu à peu et je prenais place dans le fauteuil. Les petits gâteaux avaient l'air tout à fait appétissants. Heureusement qu'Elena m'avait donné quelque chose contre les nausées. Qu'Ameth la bénisse, j'arrivai à nouveau à garder les aliments dans le ventre. Je ne me fis pas prier pour en prendre un et l'enfourner dans ma bouche. Je le regrettai presque en me rendant compte que cela pourrait paraitre totalement déplacé.

"Ne vous excusez pas voyons" dis-je à Everard après avoir avalé ma bouchée. "Je le prends nature, sans sucre ni lait. Mais j'ai malheureusement l'habitude de mes jeunes années à touiller avec une cuillère la tasse pure" ajoutai-je avec un sourire un peu gêné.

Une fois servie, je savourait avec délice le thé de nos contrées. J'en soupirai de bonheur tant cela n'avait rien à voir avec ce qu'ils avaient ici. C'était vraiment une des choses qui me manquait le plus depuis que j'étais à Ambrosia. Une bonne tasse de thé du pays d'Ameth avec quelques pâtisseries. J'aimais partager ces moments avec ma mère, toutes les deux seules à rire. Et c'est d'ailleurs à elle que mon cousin fit référence à ce moment-là.

"Mère va très bien. Enfin, quand je l'ai quitté tout du moins elle allait bien. Même si elle était un peu inquiète de me voir partir."

Je me demandai si effectivement c'était le cas. Je ne lui avais toujours pas envoyé de lettre depuis le diagnostic. J'avais trop peur de sa réaction et ne savait pas trop comment le lui annoncer...

"Pour ce qui est de notre oncle, je vous avoue que je ne l'ai pas vu beaucoup ces derniers temps. Il avait l'air très préoccupé, c'est tout ce dont je me souviens. Mais je suis sûre qu'il vous enverra des nouvelles bientôt. Quand à moi, je vous remercie, je suis très bien installée chez mon tuteur. Je n'ai pas besoin d'appartements dans le palais. Je... ne m'y sentirai pas à ma place à dire vrai..."

C'était tellement vrai... J'aspirai à une vie simple, je n'aimais pas franchement qu'on espionne mes faits et gestes et jouer les hypocrites auprès des courtisans. Les ronds de jambe ce n'était vraiment pas pour moi. Et puis, être ici c'était prendre le risque qu'on découvre le fin mot de l'histoire sur mon état. Et cela n'était pas envisageable. Tout du moins, pour le moment. Je ne pourrai pas garder cela pour moi indéfiniment, je le savais...

C'était aussi risquer de croiser Nicolas... Je ne savais pas encore quoi lui dire ni même comment j'allais réagir en face de lui. Mais j'y réfléchirai plus tard. Ce n'était ni le lieu ni le moment pour cela.

Je reprenais alors un petit gâteau et touillait mon thé. Il faudrait vraiment que je me défasse de cette vieille manie. Cela en était presque ridicule.

"Et vous cher cousin, vous plaisez-vous au palais ? J'imagine que vous devez côtoyer souvent l'Impératrice en étant ici en votre qualité d'ambassadeur et de premier serviteur à Ambrosia. Le peuple ambrosien a l'air de beaucoup l'apprécier en tout cas. Je n'ai malheureusement pas encore eu l'occasion d'aller lui présenter mes condoléances, en grande partie dû à mon état" fis-je un peu tristement.  "Je ne voulais pas prendre le risque de la contaminer si cela avait été contagieux. Fort heureusement, ça ne l'est pas."

Nul besoin de s'étendre sur le sujet. Tout du moins pour l'instant. Je me noyais un peu dans ma tasse pour éviter de faire ma pipelette et d'en dire trop. Encore une mauvaise manie à perdre si je voulais garder mon secret.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos | La famille avant tout ? [Pv] Dim 10 Sep 2017 - 17:21
C’était bien ma cousine, ça ! Fraiche, presque trop nature ! Elle avait du travail, pour arriver à la hauteur de la cour ! Mais je ne doutais pas qu’elle saurait atteindre les attentes de notre oncle. En effet, il ne l’envoyait pas sans raison, logiquement ; Je n’étais pas dans sa tête, mais il devait y avoir des plans précis pour elle, sans doute millimétrés. Notre oncle était quelqu’un qui prévoyait à long termes, et sans nul doute qu’il aurait, s’il avait pu, désigner son candidat à sa succession ! C’était un minimum… je souris à Pia avec tendresse alors que je la voyais manger. Quand l’appétit allait… vous connaissiez le proverbe, n’est-ce pas ?

« C’est bien, vous savez donc boire un vrai thé… ici, ils y plongent une bonne cuillère de miel… quelle horreur… »

Quelle horreur, j’en aurai presque eu un frisson de dégout, rien qu’à l’idée. Un thé sucré ? Allons, cela n’avait pas de sens !  Un vrai thé devait être parfumé, mais sans doute un peu amer, oui, amer !  Voilà la vraie saveur d’un thé. Il n’y en avait pas d’autre possible. A mon avis du moins. Mais la discussion serait ardue si on commençait à me détromper sur ce sujet !  Mais bon, je n’allais pas poser le moindre problème avec une puriste du thé, comme moi !

« Les parents sont toujours inquiets de voir partir leurs enfants… c’est normal. Mais je vous en prie, si vous voulez la rassurer, écrivez-lui une lettre et je la lui ferai parvenir par les canaux internes que nous possédons et auxquels vous n’avez pas accès. Ce sera plus rapide que de passer par les courriers habituels. »

Je ne pouvais pas lui proposer mieux et quand elle parla de notre oncle, je me contentais d’opiner du chef. Je n’avais jamais celui-ci qu’avec une grande ride s’inquiétude lui barrant le front. Il en avait vieilli prématurément, de cette nomination. Cela montrait à quel point le pouvoir pouvait user les hommes qui l’exerçaient.... Notre pauvre oncle, je me demandais combien de temps il tiendrait, pressé ainsi par le pouvoir, à y mettre chaque goutte de son énergie…

« Le palais convient à quelqu’un e mon… importance… mais de là me plaire. Il procure des avantages, mais je n’aime pas tant que cela les manies de cour, je n’y suis toujours pas complétement à ma place… et je trouve qu’il aurait fallu qu’il soit moins ostentatoire, sans doute… enfin… je suppose que je dois m’y faire… »

Et d’ailleurs on voyait l’austérité de mes appartements….

« Mais je suis content que vous soyez bien installée. Qui est votre tuteur ? »

Oui, j’osais espérer qu’on ne l’avait pas confiée à n’importe qui ! Même si je l’avais espéré au palais, je supposais qu’avec son nom je pourrais faire davantage attention à elle, notamment grâce au serviteur de la Lignée présent dans son quartier, ou, à défaut, le plus proche. D’ailleurs à ce sujet …

« Et quel est le serviteur de la Lignée qui est le plus proche, géographiquement. Que nous ayons une petite discussion à votre sujet, lui et moi … notamment sur le temps que nous estimons que vous devriez passer dans sa chapelle… De plus, je connais un ami qui sera ravi de commencer votre formation, je parle de celle que l’on enseigne dans le monastère de l’acier… il est un moine d’acier venu ici pour traquer l’impiété… il a du travail… je vous mettrai en relation si vous le désirez… »


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Olympiane de Thiam
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MessageSujet: Re: Clos | La famille avant tout ? [Pv] Lun 11 Sep 2017 - 3:15
Je levai un sourcil à sa remarque. Du miel dans le thé ? Quelle drôle d'idée. J'avouais fort bien qu'étant plus jeune je mettais un peu de sucre dans le mien pour l'adoucir. Mais à présent, je ne me voyais pas dénaturer ce précieux breuvage. Et je le buvais avec plaisir.

Nous parlâmes ensuite de ma mère. Et sa proposition de faire passer ma lettre de façon prioritaire fut acceptée par un sourire et un hochement de tête. Cette missive devrait effectivement arriver au plus vite. Mais j'espérai tout de même qu'elle ne tombe pas dans les mains de mon oncle ou d'une quelconque autre personne et dévoilerait ainsi mon secret.

Je l'écoutais alors me parler du palais tout en m’empiffrant littéralement. Cela faisait des jours que je n'arrivais plus à manger. Et à présent, le manque se faisait ressentir. Et le petit bout faisait déjà des siennes pour avoir sa part. A ce rythme là, j'allais ressembler à un beau petit porcelet si je continuais... La vue de ma silhouette quelque peu boursoufflée me ramena à l'ordre et je reposai alors le gâteau que je venais à peine de prendre. Non sans regrets bien sûr. Quoi qu'il en soit, à l'écouter parler je voyais bien que je n'étais pas la seule à ne pas me sentir à mon aise ici. Et à voir ses appartements, je voyais bien qu'il aspirait lui aussi à quelque chose de plus sobre. Notre maison à Ameth était certes une belle bâtisse. Mais nul besoin de faire montre de tout ce luxe et cette superficialité. Nous avons toujours aspiré à des choses confortables mais simples. Voilà aussi pourquoi je me sentais bien chez Valerian. Son appartement n'était pas des plus cossus mais il me suffisait amplement.

Je souris alors, cela avait l'air de vraiment le préoccuper que je me sentes bien ou pas chez mon tuteur. Je me demandais s'ils se connaissaient d'ailleurs. M'étais d'avis que non car ils n'évoluaient pas vraiment dans le même monde. Mais après tout, tout arrive à Ambrosia.

"Mon tuteur est Valerian d'Andressy" répondis-je alors à sa question. "C'est un comédien apparemment célèbre ici. Il fait beaucoup de manières mais il est très attentionné, je puis vous l'assurer. Il prend son rôle auprès de moi très à coeur."

J'avais aimé de voir qu'il tenait sa promesse au final. Il voulait vraiment prendre soin de moi alors que je lui ramenais des problèmes. Il était toujours aux petits soins à s'enquérir de mon état. Cela me fit sourire rien qu'en y repensant.

Mais Everard reporta à présent la discussion sur autre chose. J'avouais que je n'étais pas encore allée à confesse pour confier ma petite incartade sur le bateau... J'avais bien sûr assisté aux offices, même dans mon plus pire état, au grand dam de mon tuteur au passage. Mais je n'avais pas fait de zèle, menaçant de vomir littéralement sur le serviteur... Je donnais donc son nom à mon cousin, non sans avoir réfléchi un peu pour être sûre de ne pas me tromper.

"Je serai ravie de rencontrer votre ami. Cela me permettra en effet de mieux appréhender ce qui m'attendra au monastère d'acier. Je devrai cependant jongler avec mon métier ici. J'ai pu décrocher une place en effet comme violoniste dans les musiciens de l'Opéra. Je tenais à ne pas vivre aux crochets de mon tuteur."

Commencer ma formation... Je n'avais pas pensé une seconde que cela pourrait se faire ici à vrai dire... J'avais déjà un engagement auprès de l'Opéra. Mais pouvoir parler avec un moine d'acier était une occasion inespérée. Et puis, je me doutais bien quels enseignements on prodiguait dans les monastères. Et avec cet enfant à naitre, je ne pouvais pas réellement me permettre de faire trop d'efforts physiques... Je soupirai alors, me sentant coincée sur un carrefour, ne sachant vers quel chemin me diriger...

Je me remis alors à touiller mon thé, perdue dans mes pensées. J'en bu une gorgée et repris.

"Il est vrai qu'Ambrosia est une grande cité. Elle doit attirer beaucoup d'impies en ses rues. Je ne doute pas que votre ami doit avoir beaucoup de travail. Je ne voudrai pas lui voler trop de son temps. Et puis, je dois aussi me ménager dans mon état" finis-je par dire.

Mais je me rendais compte que cela devenait ridicule. Je ne pouvais pas rester muette alors que j'étais venue pour lui confier mon secret. Bon, pas l’entièreté de la chose. Mais il était ma famille et mon sang sur ces terres. Et aussi la plus haute autorité ici pour moi. Je ne pouvais pas ne pas lui dire. Je pris une grande respiration et posai ma tasse sur le plateau.

"Écoutez Everard... Je dois confesser quelque chose. Je... Je sais qu'en tant que confesseur vous ne me jugerez pas. Mais promettez-moi que vous ne le ferai pas non plus en tant que cousin. S'il vous plait..."

Je ne savais pas trop comment aborder la chose. Je ne savais même pas s'il était déjà au courant, si Elena ou un autre avait parlé. Mais il fallait que ça soit dit. Après tout, il serait sans doute à même de me conseiller pour savoir ce qui serait le mieux pour nous tous.

"Je... Voilà. La réalité sur mon état est que... j'attends un enfant" finis-je par lâcher de but en blanc. "Je n'avais pas prévu la chose bien entendu. Mais Ameth a apparemment décidé que je porterai la vie. Nous ne sommes que quatre au courant. Il y a vous, moi, mon tuteur et mon médecin. C'est à dire Elena. Enfin, cinq si nous comptons le majordome de mon tuteur. Mais c'est un vieux monsieur qui ne tient pas à créer des problèmes."

Je finis par me taire, baissant les yeux, n'osant pas soutenir son regard. J'avais volontairement laissé les passages gênants vides. J'avais eu assez de mal à en parler à Elena. Alors à Everard... Je me tortillai un peu sur mon fauteuil avant de m'y enfoncer et de poser mes mains croisées sur mon ventre. J'attendais alors une réaction de sa part, n'importe laquelle. J'avoue que je m'attendais plus au couperet qui déciderai pour moi de tout arrêter plutôt qu'autre chose. A cette pensée, je me mis à trembler légèrement.


Dernière édition par Olympiane de Thiam le Lun 11 Sep 2017 - 18:31, édité 1 fois


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos | La famille avant tout ? [Pv] Lun 11 Sep 2017 - 4:36
En tout cas, elle avait un « coup de fourchette » assez conséquent, il fallait le reconnaitre. Elle avait faim. Qu’elle se fasse plaisir ! C’était là pour ça. Je lui souris et je la regardais, ravi de voir qu’elle allait décidément beaucoup mieux. Voilà qui était une bonne chose, même si trop manger n’était pas forcément une mauvaise chose, il ne fallait pas exagérer. Vous connaissiez le proverbe, non ? Toute chose en excès était mauvaise. J’écoutais donc ce qu’elle pouvait à dire concernant mes questions. Valerian d’Andressy… Orgalt allait pouvoir se faire la main comme enquêteur. Parce que oui, l’enquête serait sérieuse et plus que minutieuse. Mais elle était essentielle :  je savais qu’il serait très doué dans cette affaire. Oh, je ne lui demandais pas de traquer l’impie, pour le coup, mais il était doué pour connaitre les petits secrets des gens, et je ne voulais pas que ce genre de choses lui retombent dessus ! Question de réputation, déjà, et de sécurité, ensuite ! Je restais silencieux un petit moment, méditant sur ce que j’allais demander exactement comme rapport à Orgalt. Le plus complet possible sans doute, avant d’envoyer un message à notre oncle pour qu’il soit « rassuré » par la situation.

« Vous connaissez vos maximes, je suppose ? Quoique l’on fasse il faut s’y donner complètement. Donc non, rencontrer Orgalt attendra ! Chaque chose en son temps. Vous choisissez l’opéra, c’est votre droit. Mais du coup, le monastère d’acier attendra… toutefois, je crains qu’il ne faille quand même servir à la chapelle de la lignée d’Ameth un minimum… vous n’êtes pas n’importe qui ! J’informerai oncle Wyross que les débuts de votre formation seront retardés. Il sera compréhensif, je pense. »

Je me tus et je restais un peu silencieux, de nouveau. Pourquoi en rajoutait-elle sur son état ? Elle était malade, et maintenant elle était sur la bonne pente, non ? Je m’asseyais un moment et je restais donc à réfléchir un peu de ce qui se passait, de ce qu’elle disait… que ne me racontait-elle pas ? parce que oui, quand on commençait les sous-entendus, c’était pour faire entendre quelque chose d’autre… et d’ailleurs, j’avais raison ! Puisqu’elle me parlait de ne pas la juger… enfin, personnellement… je le comprenais parfaitement. Je ne pouvais pas promettre une telle chose…

« En tant qu’homme, je ne puis promettre de ne pas vous juger, cousine. J’ai fait vœu de vérité, et je ne saurai même pas mentir pour vous soulager… cela irait contre ms vœux, et je ne puis me parjurer… toutefois, je puis vous promettre d’apporter mon soutien, en premier lieu, si c’est en mon pouvoir et non contraire à mes vœux. Ensuite, je peux essayer de comprendre…. Quoi demander de plus ? »

Oui, c‘était bien triste, mais je ne pouvais pas faire mieux, hélas… même si je le voulais. Je joignais toutefois les mains et adressais une prière au Seigneur Saahar Namar Ur’ten Ameth, actuel représentant de la lignée sur notre terre… voilà qui devrait suffire avant que je ne l’écoute faire sa petite confession. Ainsi, c’était donc un enfant qui était la cause de sa maladie… elle attendait, comme on le disait, un heureux évènement… je comprenais sa gêne mais je ne me voyais pas lui faire de gros reproches pour avoir un enfant. Je lui reprocherai juste de ne pas avoir été prudente…

« Je vois… je suppose donc que les félicitations sont de rigueur cousine, et je suis heureux de voir que vous vous êtes adressée à la meilleur… et je vous remercie de votre confiance. L’apprendre de la part d’Elena en confession… cela m’aurait beaucoup déçu, je dois bien l’avouer. Alors merci beaucoup de votre confiance ! J’ose espérer que vous continuerez à la voir régulièrement, n’est-ce pas ? »

Je lui fis un sourire encourageant avant de reprendre sur des sujets moins joyeux.

« Seulement, je suis presque sûr que vous auriez dû prendre vos précautions, déjà, et ensuite, je voudrais connaitre le nom du père de l’enfant. Non que je lui fasse des reproches, bien que je crains d’avoir une poussée de pensées violentes à son encontre. Chose logique, je suis sûr que vous le comprendrez… mais vous comprendrez que je doive tenir au courant notre oncle, il avait peut-être d’autres projets pour vous, y avez-vous pensé ? »

E restais un peu silencieux

« Toutefois je suppose que nous pourrons travailler ensemble sur votre projet d’expiation. Cela attendra la fin de la grossesse, bien sûr, et une fois l’enfant mis au monde… humm connaissez-vous bien els procédures ou préférez-vous que je vous instruise ? »

Il fallait juste que je revienne sur un petit détail.

« Ah et… juste une petite chose ! Personne chez nous ne vous reprochera de remercier le Seigneur Ameth et Sa Lignée pour chacun de vos bienfaits. Mais si Sa Divine Seigneurie intercède pour nous auprès des Dieux, c’est la Mère et elle seule qui vous offre ce bienfait. Vous devriez davantage vous ouvrir au reste des Dieux… et vu votre état, peut-être faire quelques offrandes à Meira… ne serait-ce pas approprié ?


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Olympiane de Thiam
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MessageSujet: Re: Clos | La famille avant tout ? [Pv] Lun 11 Sep 2017 - 19:23
Je souris quand il m'assura que le fameux Orgalt comprendrait ma situation. Et je hochais la tête quand à servir dans sa chapelle. C'était le moins que je pouvais faire après tout. Cela me fit par contre frémir qu'il parle de notre oncle constamment. Je me sentais légèrement traquée et sous surveillance. Je savais que oncle Wyross aimait savoir les faits et gestes de sa famille. Mais je ne pensais pas à ce point là. Et je n'aimais pas vraiment ça...

Lorsqu'en fin je me décidai à lui révéler la chose, je ne m’attendais pas à ce qu'il le prenne aussi... bien ? Je souris cependant de façon plus que gênée à ses félicitations. Je ne savais pas vraiment pourquoi il fallait se réjouir après tout. Certes je portais la vie. Mais je n'avais encore aucune idée de comment tout cela allait finir.

Je redressai la tête quand il fit mention du silence d'Elena. Alors elle n'avais finalement rien dit. J'ai été sotte de croire qu'elle pourrait briser le silence. Je m'en veux légèrement et je ferai mieux de m'excuser auprès d'elle la prochaine fois, même si elle ne comprendra pas forcément pourquoi.

"Je compte effectivement continuer de confier ma grossesse à Elena" fis-je en souriant.

Après tout, elle était de mon point de vue la personne la mieux placée pour s'occuper de moi. Enfin, de nous.

Je fis finalement une moue en entendant ses remontrances légères au sujet de "précautions". J'avais été plus que stupide sur ce coup-là. Enfin, nous l'avions été lui et moi. Je ne pensais pas que cela m'arriverait à moi. Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais...

"Je sais..." dis-je en soupirant, légèrement agacée qu'on me pointe du doigt ma bêtise.

Mais mon sang se glaça quand il me demanda le nom du père. Plus encore quand il parla d'en faire mention à notre oncle. Des... projets ? Oncle Wyross aurait vraiment des projets pour moi ? Est-ce pour ça qu'il m'aurait envoyé ici ? Est-ce pour ça que ma mère était si inquiète en me voyant partir ?... Je n'y avais jamais pensé non, je devais le confesser. Je ne me sentais pas concernée par toutes ces choses.

Je me contentai de rester muette à sa demande. Je ne pouvais pas lui dire qui était le père de mon enfant. Mais je ne pouvais pas lui mentir comme Valerian me l'avait proposé... Je gardais les yeux baissés. Après tout si je ne disais rien, était-ce un mensonge ?

Pia tu tournes les choses comme elles te conviennent. Ce n'est pas bon et tu le sais...

Oui je le savais... Je l'écoutais me parler de repousser mon projet. C'était pour le cas évident... Je relevais la tête à sa question me sentant tout à coup légèrement nauséeuse. Allons bon, ce n'était pas vraiment le moment pour ça... Je pris une grande respiration et cela reflua quelque peu.

"Je... Je veux bien que vous m'expliquiez ce qu'il en est en détails je vous prie" finis-je par dire. "Et promis, j'irai adresser mes prières et offrandes à Meira" ajoutai-je en essayant de sourire, sans grands succès.

Un nouveau haut le coeur m'assaillit alors, suivi d'un vertige qui me poussa à fermer les yeux et me renfoncer dans mon siège. Je suivais les conseils d'Elena dans mes respirations pour tenter de m’apaiser. Je ne voulais pas avoir recours au médicament miracle constamment. Et puis, pour le moment présent, c'était plus la situation qui me procurait cet état que l'enfant que je portais. Je sentais qu'elle m'échappait et je ne savais pas quoi faire pour y remédier. Toutes les solutions que j'avais en tête n'amenaient à rien de bon pour personne. Si on apprenait que Nicolas, le frère de l'Impératrice était le père de mon enfant, cela ferait scandale. Ce n'était pas envisageable...

N'en pouvant plus, je pris un petit flacon dans ma pochette et en respirait le contenu. Il fallait que je retrouve mon calme, ce n'était pas bon dans mon état. Une fois un peu plus apaisée, je plongeais mes yeux dans ceux d'Everard.

"Je suis désolée mais je ne peux pas vous révéler le nom du père de cet enfant..." finis-je par dire. "Je dois porter ce secret et en assumer les conséquences seule. Cela n'amènerait rien de bon de révéler son identité, croyez-moi... De plus, est-il vraiment nécessaire d'en informer oncle Wyross ?..." dis-je inquiète. "Croyez-vous vraiment qu'il avait prévu quelque chose pour moi en me faisant venir à Ambrosia ?"

Je redoutais réellement la réaction de notre oncle, bien plus que celle de tout autre être. J’espérais qu'il ne me rappelle pas à Ameth. Malgré tout, je voulais rester ici. Mais je savais très bien que je n'aurai pas mon mot à dire s'il en décidait autrement...


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos | La famille avant tout ? [Pv] Lun 25 Sep 2017 - 19:04

Bon, très bien, si Elena continuait à suivre la grossesse d’Olympiane, j’aurai de quoi tenir au courant qui de droit ! Oui, je ne pouvais pas garder tout cela pour moi, c’était logique, voyons ! Je n’avais pas le choix… enfin bref, dans tous les cas, Elena me ferait son rapport. Et cela me convenait tout à fait. Je notais mentalement de laisser à la jeune femme un petit mot sur le sujet. Qu’elle y pense. Je lui souris et attendais de voir ce qu’elle pouvait bien avoir à dire. Le nom du père. Voilà ce que j’attendais. Et aussi sa réaction sur le fait que notre oncle pourrait ne pas apprécier… devant ses inquiétudes, je tâchais de me montrer rassurant et je lui posais doucement une main assez chaleureuse. Ça lui ferait du bien, enfin, j’espérais… je n‘étais pas du genre réconfortant, pour le coup. En effet, j’étais un peu le porteur de mauvaises nouvelles puisque j’obéissais à notre oncle.

« Très bien, je comprends… vous ne voulez pas dire le nom, et je ne vous y forcerai pas. Mais vous connaissez notre oncle Nemar aussi bien que moi… mieux vaut que ce genre d’information vienne de vous que par un tiers… faites attention...il a des yeux t des oreilles. Et la population masculine qui puisse correspondre au nombre de mois de grossesse où vous en êtes… il finira par trouver le nom. Pas par moi, si vous voulez. Mais il finira par le savoir… »

Ma voix était devenue un peu lugubre, sans doute, mais je ne cherchais pas à la menacer, c’était un état de fait dont je lui faisais part, tout simplement. Elle et moi savions très bien que c’était un homme plein de ressources et dangereux s’il le voulait… qu’il n’était pas bon de l’empêcher d’obtenir ce qu’il voulait. Pareil, pour la suite, ce que j’allais dire, j’en étais sûr, ça n’allait pas lui plaire.

« Pour la suite de votre grossesse, vous avez un choix, même si aucune option ne vous plaira sans doute. Vous pouvez choisir de privilégier cette nouvelle vie en vous, auquel cas vous devrez dire adieu aux chances d’intégrer le monastère de l’acier pour retourner vivre au protectorat sous le regard bienveillant de la lignée, pour trouver une nouvelle activité à faire et élever seule votre enfant. L’autre option, c’est de rentrer au monastère d’acier comme vous le vouliez, mais alors vous devrez abandonner votre enfant. Nos règles sont simples, techniquement, vous devriez l’abandonner pour entre au monastère. Eu égard à notre famille, vous aurez peut-être cinq ans devant vous, à partir de la naissance, pour choisir. Les autres ‘ont que quelques mois… »

Les deux choix étaient cruels ; Mais elle n’avait pas été bien futée aussi. Elle aurait dû mieux réfléchir, mieux choisir, mieux faire les choses. Elle avait oublié tout ça pour céder à ce qui n’était jamais qu’une amourette d’enfants…

« Je sais, ça ne vous plait pas, et c’est normal, car il ‘y a rien de plaisant…la seule solution pour changer la donne, ce serait que notre oncle intervienne en votre faveur. Et je vous promets de tout faire pour vous aider à y parvenir si vous le désirez. C’est bien la moindre des choses. Mais pas avant que vous ayez tout confessé, cela va de soi. Je ne vus demande pas de vous confesser auprès de moi, mais auprès d’un serviteur de la lignée qui se trouve en ville. Celui-ci m’avertira, et le secret de la confession sera de votre côté. Je ne demanderai jamais ce que vous lui avez dit, ni ne chercherai à le savoir. »

Voyant qu’elle n’était décidément vraiment pas en forme, je lui demandais.

« Voulez-vous que je fasse prévenir Elena ? »


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Olympiane de Thiam
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MessageSujet: Re: Clos | La famille avant tout ? [Pv] Mar 26 Sep 2017 - 0:40
Pia tu es stupide...

Je me rendais compte à quel point j'avais été naïve de croire que j'étais là par choix, enfin, le mien. Ma voie était sans doute tracée depuis longtemps. Je souris en me disant qu'oncle Nemar avait été bien  aimable de me laisser faire ma vie jusqu'à mes vingt ans. Depuis que j'avais embarqué pour Ambrosia en réalité je n'avais plus le choix de ma vie. Le rêve que j'avais vécu avec Nicolas avait été doux. Maintenant, les conséquences étaient amères en bouche. Je baissai à nouveau les yeux. Les gens nous avaient vu lui et moi sur ce bateau. Mon ventre arrondi ne tromperait personne quand au père de cet enfant. Le dire maintenant serait peut-être en effet plus sage non ? Je soupirai, tout s'embrouillait dans ma tête.

J'étais cela dit plus attentive à mes rares options évoqués par Everard. Des choix restreints à des cases préétablies. Qu'elle était loin ma vie avec maman où je n'avais à me soucier de rien... Cinq ans, je fis un léger rire narquois en entendant cela et me renfonçait dans mon siège. Mais avais-je bien le choix ? Si je choisissais mon enfant, je ne pourrai atteindre mon but et ça, je ne sais pas si je le supporterai. Mais choisir d'intégrer le monastère c'est abandonner cette vie qui grandissait en moi, peut-être le fruit de notre amour avec Nicolas. Un choix cornélien et tout à fait impossible. Tout du moins, pour le moment.

Je relevai les yeux, mon cousin était visiblement disposé à intercéder. Il n'était pas aussi froid et sans coeur que je le pensais au final... Il fallait juste une confession de ma part. Et il ne demandait même pas à la recueillir lui-même. Cela me laissa quelque peu pensive.

Je me contentai de secouer la tête en souriant légèrement quand il me demanda si je voulais ma sage-femme. Le calme commençait à revenir, ce n'était qu'une énième crise d'angoisse. Il fallait que j'apprenne à passer outre, ça ne serait surement pas la dernière.

"J'aimerai si possible attendre au moins la fin de mon pupillat pour me décider. Je ne souhaite pas autre chose. Je veux juste profiter de mon pupillat comme cela est mon droit. Je m'occuperai moi-même de cet enfant dans ce laps de temps. Après, je ne sais pas. Peut-être que j'aurai prit ma décision avant. Peut-être que quelqu'un l'aura fait pour moi. Et moi après tout, ma grossesse n'est même pas dit d'arriver à terme non ?" ajoutai-je en un sourire triste.

Je ne savais pas s'il me comprendrait ou s'il accèderait à cela. Mais au moins j'aurai tenté ma chance. Par "il", je pensais bien sûr à notre oncle. Everard n'est que son intermédiaire ici. Dans tout Ameth, il n'y avait pas une personne qui savait se qui se tramait dans les rouages de Nemar Wyross. Ce n'était pas aujourd'hui que ça allait commencer.

Je finis par me recroqueviller en position foetale sur le fauteuil, entourant mon ventre de mes bras comme un cocon protecteur. Cela n'était clairement pas confortable mais j'avais besoin de ça. Je me mis à regarder la neige tomber à travers la fenêtre. L'hiver était décidément très froid par ici. Je ne pensais pas qu'il ferait aussi froid en embarquant sur ce bateau. Mes yeux perdus quelque peu dans le vague, ma voix prit une teinte basse et légèrement monocorde.

"Confessez moi Everard" dis-je sans même le regarder. "Après tout, vous l'avez dit vous-même, tout finit par se savoir. Et vous le saurez tôt ou tard. Autant vous le dire céans de ma propre voix."

Je rajustai ma tête sur l'assise mais ne fis toujours pas un regard vers lui. Mes yeux restaient posés sur l'immense manteau neigeux qui se formait au dehors. Je laissai planer le silence un temps puis reprit toujours de cette voix résignée.

"Ça a été dur de laisser maman derrière moi ce jour-là. Nous avons beaucoup pleuré, elle comme moi. Mais il le fallait, nous le savions toutes les deux. Est-ce qu'elle savait plus de choses qu'elle n'en a voulut m'en dire ? Peut-être. Je me mets à douter de tout maintenant" fis-je en un léger sourire qui s'effaça presque aussitôt. "Le premier jour fut un calvaire. J'ai du m'habituer au roulis de ce gros rafiot et cela m'a cloué au lit. Dès la deuxième journée, j'ai reprit mes  exercices de violon. Je me suis trouvé un petit coin pour travailler mais des gens sont venus s'attrouper. Et il y avait cet homme au milieu. Il a apprécié ma musique et nous avons discuté. Nous avons apprit à nous connaitre. Enfin, je me dévoilai bien plus que lui. Il restait discret sur pas mal de choses. Cependant il n'a jamais caché qui il était. De plus, il me faisait sourire. Et un soir, nous avons diné ensemble dans sa cabine, la faute à une épidémie clouant le personnel du restaurant dans leur lit. Quelque chose de pas trop grave fort heureusement. Il m'a dit de rester. Et je l'ai fait. Pourquoi ?" fis-je en souriant avant de laisser planer une seconde le silence et de reprendre. "Peut-être pare que j'en avais envie moi aussi. Après tout, il n'était pas désagréable à regarder. Mais surtout, il me faisait rire. Je ne vais pas vous détailler la suite, vous comprenez très bien ce qui s'est passé ce soir-là. Et plusieurs autres soirs par la suite. Nous faisions bonne figure devant les autres passagers. Mais les nuits n'étaient plus aussi fraiches qu'avant. J'ai fini par quitter le navire seule, sans me retourner. Alors que nous avions passé une nuit délicieuse la veille. Parce que pour moi, il n'y avait rien de possible débarqués sur les côtes ambrosiennes. Nous le savions tous les deux. Est-ce qu'il m'a aimé ? Oui, j'en suis sûre. Est-ce que je l'ai aimé ? Sans doute. J'avoue avoir du mal à mettre un nom sur ce sentiment. Quoi qu'il en soit, je ne l'ai pas revu depuis."

Tout du long, j'avais gardé les yeux rivés sur la fenêtre, regardant au travers comme me remémorant les différents instants passés ensemble. A présent je laissais le silence s'instaurer entre nous. J'avais prit la décision de ne rien dire, de tout garder pour moi, d'affronter les choses seule. Car quelque part, je me sentais fautive de tout ça. Et pourtant, me confier à mon cousin m'avait allégé de mon fardeau quelque part. Je retournai mon visage vers lui, comme revenant au présent. Après tout, tant qu'à être arrivée jusqu'ici...

"Cet homme là... c'était Nicolas de Choiseul."


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MessageSujet: Re: Clos | La famille avant tout ? [Pv]
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