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[CLOS]Je prends des risques, j'ose...où irons-nous?[Everard]

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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: [CLOS]Je prends des risques, j'ose...où irons-nous?[Everard] Ven 15 Sep 2017 - 23:36
La nuit est oppressante, elle porte le silence, affreusement. Les notes lourdes et brutales de l’absolu quiétude, dans un palais souffrant seulement du tic tac des horloges, de la respiration lourde d’un chien ou le crépitement sec d’un feu vif. Dehors le monde s’alourdis, la neige pèse sur les structures, persécutent les gens, les toits, mais elle a pris un peu de repos. Les accalmies font gelé les rouages, on s’acharne à les débloquer, sans parler des eaux qui se cassent pour laisser passer les navires. Il fait froid, mais le temps se calme, l’hiver est glacial, les Dieux l’ont ainsi voulu…

Devant le feu de l’âtre, mon visage est éclairé par les flammes dansantes, jouant leurs ombres sur mes traits, une liqueur en main, les jambes croisées, je reste sans un mot à fixer les braises. Le dos droits et l’air ailleurs, il vient à mes lèvres, de temps à autre, le tabac d’un cigare, fin, savoureux, aux fragrances sucrées, qui délaisse sur ma bouche sa puissance.

Il fait nuit, il est tard, je garde un lourd silence qui se bloque dans mes pensées, une envie de hurler, un besoin de le faire, ce n’est pas aisée de lutter contre soi-même, il court quelques rumeurs, quelques choses, qui n’ont guère de sens et guère de vérité.  
Je devrais être changée, dans mon lit, proche du sommeil, mais je n’en ai pas la moindre envie. Je combat des idées, des mots, des pensées, beaucoup trop de chose. Je garde la machoire serrée, l’envie impulsive, et quand je dois lutter contre mes agitations terrible, j’avoue ne pas avoir  beaucoup d’aisance à la chance.

J’écrase au final dans le cendrier, la fin du cigare, je bois la liqueur. Sur ma langue il reste la fragrance forte des herbes de lavande, roulant au fond de ma gorge, une chaleur aimable. Je me redresse. Les chiens m’imitent, intrigués, et d’un pas je franchis des limites, je coupe les distances. Je connais le chemin par cœur, trop facile, trop aisé, il me faut quelques minutes pour y parvenir, m’arrêter.

La nuit s’est avancée lourdement, j’ignore si l’incident de l’après-midi ne sera remédiable, j’y pense, je cherche, je veux le voir. Mais devant la porte du passage secret, je m’arrête. J’attends, j’écoute…l’oreille contre la paroi, je retiens ma respiration. Qu’est-ce que j’espère entre ?Qu’il est seul ? Ou bien en galante compagnie pour se remettre de tout à l’heure. Si j’ai un doute, je pourrais tout à fait observer…par un interstice qui me rendrait cette faveure.

Spoiler:
 


Dernière édition par Lilith de Choiseul le Jeu 28 Sep 2017 - 18:59, édité 1 fois


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Je prends des risques, j'ose...où irons-nous?[Everard] Lun 18 Sep 2017 - 20:38
Apaisé. Voilà le bon terme, je suis apaisé, je suis en paix. Non pas que la colère, ou d’autres sentiments plus ou moins nobles s’en soient allés, bien au contraire. Mais la prière m’aidait à me sentir calme et serein, quitte à ce que ce soit juste la création d’une digue qui retiendrait tout ce qui devait l’être. J’avais prié pendant des heures pour me décharger de mon énervement, de ma frustration. Mais ça avait payé, et une fois lavé, et purifié par des ablutions, j’avais pris le parti de me détendre avec des mouvements d’exercice des arts gestuels Amethiens, nos arts guerriers à mains nues. Je me contentais de suivre le rythme qui se devait, répétant des séries de mouvements de plus en plus complexes, mais pas acrobatiques, pas ici… il y avait trop de risques de me blesser stupidement… alors j’étais parti des mouvements de base et je les complexifiais, je les accélérais, je me rendais clairement compte que j’avais une colère et une rage refoulée qui me donnais envie de massacrer quelques petites choses comme ça. Non pas que je ne réprouve pas la violence, bien sûr que si, mais je ne pouvais pas m’empêcher de vouloir me défouler… quel dommage que je ne sois pas en possession d’un vrai sac de frappe. Cela m’aurait fait le plus grand bien, imaginer la tête de cette tête de lard de prince en train de triompher alors que je me sentais trahi par celle qui partageait mes nuits. Oui, trahi. Elle aurait dû expliquer, clarifier, et ne pas se contenter de se cacher derrière un frère bien moins intelligents qu’il n’y paraissait. Ce qui n’était pas une mince affaire ! Loin de là !

Mentalement je repassais en tête cette scène, encore, encore, et encore !  Mais je ne voyais qu’une seule chose, elle avait eu ce qu’elle voulait, et c’était tout ! Rien de plus ! Et puis son frère était arrivé et je m’étais fait jeter parce que, je supposais, elle préférait tout simplement la version que son frère lui présenterait, que j’étais sans doute un enfoiré qui avait profité de sa faiblesse. Ah ça, qu’elle était l’initiatrice, elle s’était bien gardée d’en parler quand j’étais là, ôtant toute légitimité et bonne raison à ma présence. De plus, de quel droit osait-il me juger, ce gosse ? Je grondais silencieusement en la regardant.

Le seul bruit qui perçait était celui de mes mouvements fendant l’air ambiant, point de bruit d’étoffe, je l’avais réduite à un simple pantalon de braies, pour plus de praticité. Je frappais le vide, le fendant, l’attaquant, avec une certaine forme de rage. Quand j’entendis un grincement suivit d’un gémissement et d’un petit coup que je connaissais : un raclement contre du bois… l’un des chiens de Lilith, Balor, sans doute ! Je ne cessais pas mes mouvements. Mais pris d’une sorte d’intuition, je me contentais de prendre une serviette, et éponger ma sueur, puis j’allais verrouiller la porte d’entrée afin de ne pas être dérangé, et ‘enfilais une chemise.

« Entrez. »

J’étais loin du « entre » amical, affectueux. Oui, cela me restait en travers de la gorge, toute cette histoire. J’étais le prieur, je n’avais pas à m’expliquer devant qui que ce soit, et certainement pas devant lui. Mais ça avait le mérite de me montrer où était ma place. Enfin, où il pensait que ma place était. C’était instructif, mais c’était humiliant, vexant, frustrant, et ça m’énervait. Eh bien à elle de réparer les pots qu’elle s'était amusée à regarder se casser sous ses yeux sans intervenir.

Quand elle entra je ne la regardais pas.

« Que voulez-vous ? »

J’avais peut-être envie d’elle, mais j’avais surtout de la colère, dont une partie à son encontre. Je retenais une digue qui, par la seule présence de mon ex-amante pouvait se briser au moindre mot en trop !


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Je prends des risques, j'ose...où irons-nous?[Everard] Lun 18 Sep 2017 - 21:03

Des mots secs à la résonnance brutal, voilà tout. Un instant mon esprit se fige, je réfléchis, prise entre l’idée de simplement m’en aller et celui de rester. Il aurait été nécessaire que je ne vienne pas, que je ne reste pas, que je pense même pas à être là et pourtant. La fougue de l’après-midi n’était plus, bien ou mal peu importe, devant sa colère et sa froideur, je rentre. Chassée de mes sentiments hésitants et fébriles, me plongeant dans la sensation de faiblesse inadéquat, je redresse mon visage, le port impérial.

Prieur et Impératrice donc. Ni plus, ni moins, et pourtant, à la vue de son visage et à la colère de son regard, ma pupille s’ancre. Prieur et Impératrice, donc. Etait-il fâché que je n’ai pas chassé mon frère pour céder à une chose que nous avions mis fin ? Il avait été odieux, mais sous cela, j’avais été incapable de montrer mes sentiments.

Cela ne risquait pas d’arriver à l’instant. Pas du tout en vérité, refroidie préférant ne pas m’engager dans un terrain glissant, et bien obligée d’attendre que le chien cesse de faire des fêtes à Everard, mon visage fermé le dévisage. Je voudrais … je ne sais pas…je n’ai rien à faire là.

-Rien, Balor m’a échappé.

Je suis incapable de dire la vérité, parler de sentiment, faire découler de mes lèvres quoi que ce soit, je siffle le chien, pour me détourner prête à m’en aller, avant d’inspirer et de m’arrêter. Droite et lui tournant le dos, je serre mon propre poing, ferme les yeux un instant.

-Confessez-moi.

Il ne peut pas refuser et il n’y a que sous l’auspice de la confession que je peux parler. Je lâche cela entre mes lèvres. Le cœur serré, s’il refuse, alors je ne ferais jamais plus aucun effort pour ce genre de stupidité, et j’espère que le protectorat finira par le rappeler, me libérant de sa présence que je désirerais autant que je l’exècrerais !


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Je prends des risques, j'ose...où irons-nous?[Everard] Lun 18 Sep 2017 - 23:20
J’avais volontairement été sec. Je voulais bien instaurer la distance et la froideur qu’elle m’avait manifestées lors de cet entretien. Et je n’avais aucune envie de me sentir stupide à nouveau parce qu’elle déciderait soudainement qu’elle n’y était pour rien. Balor fut le premier à surgir du passage secret et je le saisissais par le collier et tachais de l’empêcher de me faire des fêtes. Ce n’était pas le moment. Mais il était costaud, l’animal ! Je peinais à le retenir et quand enfin, il cessa, par dépit plus que par satiété. Mais je n’avais pas le cœur à faire des fêtes avec le chien. Qu’il aille en réclamer à sa maitresse.

« Menteuse… »

Oui, menteuse, elle était là, au même titre que Balor, peut être avant... il l’avait trahie, c’était aussi simple que ça… trahie par un chien… au final, je ne comprenais pas où était la difficulté de dire qu’elle voulait me voir ou quelque chose comme ça. Au fond qu’importe !  Je soupirais profondément…. Bon, que voulait-elle, au juste ? Me narguer ? Faire comme si de rien n’était ? Je ne croyais ni l’un, ni l’autre, hélas. Ç’aurait été beaucoup plus facile, sans doute… mais je n’aimais pas la facilité et elle ne m’aimait pas. Peut-être venait-elle alors pour savoir ce que je souhaitais lui dire tout à l’heure ? Peine perdue ! Tant pis pour elle.

Mais quand elle donna sa raison, je me crispais… je ne pouvais pas imaginer qu’elle disait cela sérieusement. Je serrais même les poings, et enfin, je la regardais, davantage en colère qu’avant. Elle n’avait pas le droit de souiller mes vœux de la sorte… non, elle n’avait pas le droit, alors pourquoi le faisait-elle ? Elle avait tout simplement balancé ça comme si c’était normal, et comme si c’était la seule chose que je pouvais faire… non, diable non, je ne pouvais pas faire ça, l’aurai-je voulu que c’était impossible. Mais le lui dire comme ça ? Non. Même moi je pouvais être mesquin par moment…

« Pourquoi vous donnerai-je le droit de ne pas être jugée alors que, apparemment, m’offrir en pâture aux jugements ne vous dérange pas ? »

Oui, je pointais juste, et parce que je me doutais qu’elle se défilerait, je me déplaçais, venant me placer entre elle et le passage secret. Qu’elle m’affronte un peu, qu’elle parle.

« Et je n’ai pas le droit de confesser les païens. Vous le savez aussi bien que moi. Le faire, ce serait souiller mes vœux, mes serments. C’est m’insulter que de me le demander, mais je suppose qu’encore une fois, ce n’était pas votre but ? »

Le « encore » avait toute son importance… »


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Je prends des risques, j'ose...où irons-nous?[Everard] Lun 18 Sep 2017 - 23:56
Touchée ? Je veux bien le reconnaitre quand je le suis, je n’ai pas envie de l’accepter, mais le reconnaitre ne me dérange pas. Je pourrais être percer au cœur, je ne le suis pas, au contraire je m’ensevelis sous la pudeur, sur mes sentiments, sur ce que cela me fait et je m’enfonce. Je suis parfaitement ridicule, ainsi j’exècre ce moment et sa mesquinerie me révulse. Pour autant je ne dis rien, je ne prends pas même le temps, ou la volonté, de m’en aller. Je suis l’Impératrice et me traiter de païenne vient de lui faire blasphémer Aernia, la conceptrice de son dieu de fanatique. Oh et bien soit. J’ai eu erreur de croire qu’il me comprenait mais ce n’est pas le cas.

Cela ne l’a jamais été.

Et j’en viens à me demander ce qui l’agace le plus, dans tout cela. Le jugement de mon frère ? Mais qu’en a-t-il à foutre ? Cela ne regardait pas Nicolas, cette dispute et ces échanges n’avaient pas lieu d’être, rien n’aurait du être.

-Effectivement ça ne l’était pas. Finis-je par lâcher défaite de toutes sensations instables de sentiments. A quoi bon ? Cela n’avait pas de raison d’être.. pourtant je serais bien plus forte que ma carrure impériale ne pourrait l’être, préférant lui avouer une bonne fois pour toute ce qu’il en serait et en finir avec ces intermèdes ridicules et cette erreur que de m’accorder quoi que ce soit. Cela prouvait que je n’avais besoin de rien. Je voulais te voir, te demander pourquoi ce baiser et pourquoi cet acharnement à vouloir tout expliquer à mon frère ? Quelle importance de lui donner milles raisons de ce qu’il a vu ? S’il pense des stupidités, qu’importe ? Ma supplique de te demander d’arrêter, car elle faisait revenir à moi les barrières que j’ai eu tant de mal à ériger, ne peut être comprise que d’une seule manière, que tu coninues. Maintenant, tout ce que je voulais c’est m’extirper de votre soudaine dualité, prise dans un étau moins oppressant pourtant que le trouble que tu as provoqué. Et si tu es assez stupide pour ne pas avoir compris, alors soit !

Je veux m’en aller, mais je reste, je veux le dévisager et je le fais. Si je dois avouer alors tant pis, je le fais. Mais qu’il me laisse partir ensuite et qu’il reste à son entraînement et à ses conneries d’égo dont je me fous maintenant littéralement.

-Je n’étais pas capable d’être avec toi ou lui, de départager, mais vous avez pensez à ce que vous vouliez avant le reste. Toi être seul avec moi et lui de même. Oh ne t’en fait pas, ton égo se rassure, je lui ai bien expliqué, ce que j’ai fais, ce que j’ai cherché, dans quoi je nous ai entrainé et combien je le regrette aujourd’hui.Parce que je pensais être assez forte et loin des faiblesses de cœur pour te garder à la place d’amant, mais j’ai cessé tout avant, car ce n’était pas le cas. Maintenant que le mal est fait, que tout en est là, que j’éprouve pour toi plus d’amour que je ne devrais, soit. Rassures-toi Everard, je ne te demande rien si ce n’est de me laisser passer.

Et qu’il le fasse où je donne un seul ordre aux chiens ou je porte à lui, ma main pour le lui faire comprendre. Qu’il laisse, que tout cela se termine, que nous en cessions là et que nos vies reprennent réellement l’un sans l’autre ! Je n’ai pas été méprisante, j’ai été calme, vraie…peut-être un peu froide et au fond je bouillonne.
Quelle idée étrange ai-je eu de me laisser faire avec lui.
Quelle idée stupide ai-je eu de venir là. Je ne veux que m’en aller, maintenant qu’il sait, peu m’importe, qu’il en fasse des psaumes pour son Dieu sectaire et qu’il me foute la paix. Peu m’importe, peu importe mon état de peine, ce ne sera qu’une donnée solitaire, que je garderais pour moi. Tout comme je l’ai déjà fait par le passé.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Je prends des risques, j'ose...où irons-nous?[Everard] Lun 25 Sep 2017 - 19:07
Oui, la situation était épineuse, je lui en voulais, et elle ne semblait pas du genre à essayer de jouer les compromis. Pas ce soir. Ce soir, elle ferait comme aujourd’hui : rester là, sans doute pour, encore une fois, me reprocher quelque chose. Je le voyais gros comme une maison. Ma tolérance état grande, usuellement, mais là, ce soir, ce n’était clairement plus le cas, surtout depuis la dernière insulte… oh, bien sûr qu’elle ne l’aurait pas fait exprès !  Vous pensez bien, jamais !  Sinon, ça aurait été trop fort !  Mais de là à s’excuser, peut-être ? Non, apparemment pas… je soupirais profondément mais je ne disais rien. Je me forçais à être disposé à l’écouter. Même si je n’avais aucune envie. Par principe. Parce que c’était ainsi que j’avais été formé, à écouter les autres quand ils parlaient, que ce soit en confession ou pas. Tout simplement. Je ne pouvais rien trouver de plus à faire. Alors je m’appuyais contre le mur, sur la porte du passage secret, pour l’écouter, même si les bras croisés devant moi montraient clairement que niveau ouverture d’esprit, il y avait zéro !

Je n’étais pas bête, je savais bien qu’elle était dans le trouble, sans aucun doute possible. Mais que je puisse l’être ne l’avait pas effleurée un seul instant. J’éprouvais beaucoup d’affection pour elle, trop sans doute, et cette impulsion, dans un couloir esseulé… j’avais craqué. Est-ce que je le regrettais ? Pas un seul instant… ou du moins, je ne regrettais pas l’acte en lui-même. Mais je regrettais profondément la suite, là où nous aurions dû être solidaires, elle avait pris de la distance, je ne dis pas qu’elle aurait dû prendre à cent pour cent parti pour moi, mais elle aurait dû au moins un peu, au lieu de faire le jeu de son frère, et de prendre son parti de facto, même si elle ne disait rien !

Qu’elle ait donné la vérité à son frère une fois que je sois parti n’était clairement pas une bonne chose, cela lui ôtait toute valeur ! Mais bon, que voulez-vous. Par contre, qu’elle ne croit pas cette histoire d’ego, car ce n’était pas que l’ego qui avait été blessé par son manque de soutien, soutien qui aurait dû être légitime… au moins un morceau de soutien. Quitte à soutenir un peu les deux partis. Mais au final, chaque seconde de son silence avait été un clou qu’on me plantait dans le corps, tout simplement !

La suite, par contre, me surprit. Pas de sentiments, ça avait été le credo prévu. Et je ne niais pas que j’éprouvais beaucoup d’affection pour elle, mais par ses mots détournés, elle venait de me dire qu’elle m’aimait. Plus ou moins… du coup je restais choqué. Et quand elle posa la main sur mon torse pour partir, je posais la mienne part dessus, je ne la lui faisais pas ôter, mais ma main glissa contre ses phalanges, avant de casser doucement le dos de sa main, la malléole de son poignet avant de lui saisir doucement le bras, sans forcer, ni serrer. Pas de violences contre elle.

« Et moi je ne te demandais rien, si ce n’était juste de ne pas attendre que je sois parti pour avoir le peu de soutien que je méritais. Je n’ai pas eu ce que je voulais. On n’a pas toujours ce qu’on veut. Ni toi, ni moi. Tout simplement. Je n’ai pas eu ce que j’aurai aimé, ce que je n’ai pas exigé parce que c’était normal, et bien toi, pourquoi aurais-tu ce que tu demandes ? »

Mais bon, je n’allais pas la séquestrer dans ma chambre ! Donc de mauvaise grâce, je m’écartais. Seulement… seulement il y avait une dernière chose à dire.

« Ne t’en fais pas, tu n’auras pas à te soucier que je recommence, Lilith, d’abord parce que j’ai pris le parti de prendre quelques jours de recueillement et de prière, au moins jusqu’au bal du renouveau, et ensuite, parce que tu m’en voudras beaucoup quand j’aurai remis les pendules à l’heure avec ton frère. Quitte à lui mettre une raclée à l’entrainement. Puisqu’apparemment, il faut tout faire dans son coin. »

Je ne plaisantais pas. Je lui ouvrais le passage en grand.

« C’est bête… il aurait suffi que tu expliques au gosse avant que, tous les deux, vous ne me forciez à choisir entre prendre congé ou m’humilier, et nous n’en serions pas là. Maintenant, fous le camp, puisque tu y tiens. »


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MessageSujet: Re: [CLOS]Je prends des risques, j'ose...où irons-nous?[Everard] Lun 25 Sep 2017 - 20:14
-Mais je ne t’ai absolument rien demandé.

Soufflais-je sans siller d’un iota. Disparue et envolée les faiblesses inutiles, points faibles bourrés d’erreurs et place à ce que j’avais toujours préféré choisir d’être. Impératrice avant femme. Les incartades sont de mauvaises choses, elles ne me font plus sourire, plus le moins du monde, alors que je discerne combien j’ai été idiote. Oh ce n’est pas sa faute, c’est la mienne.

Un des chiens hésite à gronder, alors qu’il m’a touché, mais il se contente d’être proche, alors que j’esquisse un sourire.

Lui, lui, et absolument lui. Lui qu’il fallait laver de toutes suspicions de mon frère, de suite, dans l’immédiat et là encore je distingue une parfaite et absolue différence entre les frères. Everard est incapable de laisser passer quoi que ce soit si cela défavorise son statut.
Il fallait laver immédiatement son honneur, être juste, être capable d’expliquer à mon frère, être réactive ! Mais je ne ‘lavais pas été. Et je ne le suis pas plus.

Alors j’esquisse un sourire, triste. AU fond, ne l’étais-je pas un peu ? Oh que si. Il s’était ridiculisé en voulant absolument être réhabiliter, il s’était en allé de lui-même, et je secoue la tête

-Tout est si ridicule.

Oh oui, ça l’est et je crois que je suis trop poussée vers la réalité pour trouver autre chose à dire. Il n’est donc pas capable de le voir ? Là où il aurait espéré que je le défende, alors que nous étions en public, je me suis retrouvée sans accroche stable à une falaise qui s’effrite. Là où il s’est offusqué en essayant de ridiculiser Nicolas immédiatement, tout comme il semble prêt à le faire encore, pour assouvir son égo blessé, je n’ai vu qu’un entreillât de privé et de public qui n’aurait pas dû être !

-Je suis déçue de nous. Souriais-je tristement en l’observant. S’il me laisse faire, d’un mouvement, je me rapproche pour déposer un baiser sur sa joue. Un seul geste bienveillant et triste à la fois. On y va. Je claque des doigts pour faire comprendre au chien d’y aller. La tristesse est sereine, étrangement…

C’est la vérité. Je suis déçue de nos positions différentes, de notre incapacité à nous entendre et cela, au fond, cautérise ma plaie. Ameth et Ambrosia se supportent plus qu’ils ne s’entendent. Et nous en sommes donc la preuve évidente. Je m’en vais, puisqu’il me laisse le passage, déçue de nous deux. Je ne m’étais rien imaginé, je ‘navais rien envisagé, juste…je suis déçue et quand je referme le loquet du passage secret je ferme un instant les yeux.

Il a raison, tout en ayant tords mais je suis bien incapable de faire preuve de douleur ou de m’écraser en lui pleurant que je ne voulais pas cela. Ce n’est pas moi ! Sommes-nous trop fiers tous deux ? Oh nous sommes beaucoup de chose, des idiots, des orgueilleux, des inaptes…lui d’avoir été si défensif, moi si passive…tout cela est stupide.

Je condamne par précaution le passage permettant de passer par la chambre de Elrich, en silence, en retournant à ma chambre. Je ne vais pas me coucher sous ma couette pour pleurnicher, je suis l’impératrice et j’ai une longue, très longue préparation à faire pour l’avenir. Les prétendants…épuisants.

Peut-être que je pourrais satisfaire Ameth en mariant Olympiane à Nicolas….quant à moi, j’aurais bienséance de choisir un Ambrosien. Mon frère serait heureux et moi je serais loin de ces stupidités…je suis fatiguée ce soir…

Déçue et fatiguée…
Et je me sens de nouveau seule…à mon rôle et ma place, les seuls choses que je comprenne réellement. Cela ne me blesse pas,au contraire. Je suis plus à l’aise dans cette place là que dans aucune autre.


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