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 :: L'histoire Ambrosienne :: 2nd niveau de la cité :: Le Moulin Rouge

[CLOS]« Un douloureux imprévu - Adrianne & Matilda »

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MessageSujet: [CLOS]« Un douloureux imprévu - Adrianne & Matilda » Mar 19 Sep 2017 - 21:12
Cette nuit-là était particulièrement noire, et particulièrement froide. Le temps hivernal avait ce fâcheux talent de rendre les quartiers reculés encore plus moroses, pour ne pas dire morbides. En général, chacun évitait de sortir dans un tel moment, et on comprend aisément pourquoi. Seulement, tous n'étaient pas en mesure de se tenir à une telle raison, que ce soit par obligation ou par choix. Si certains maudissaient chaque seconde passée sous les vents glaçants et les froids douloureux, d'autres étaient prêts à consentir à un tel sacrifice car ils avaient un but précis en tête. Qu'il s'agisse d'une envie ou d'une mission, ce n'est pas un secret que si les hommes sortaient tard le soir, c'était avant tout pour assouvir ce drôle de besoin qu'ils avaient de se divertir. Dans ce cas, été comme hiver, ils avaient pour eux deux choix de qualité, -si l'on peut parler ainsi- l'un étant quelque bordel où ils trouveraient une volée de charmantes femmes prêtes à les accueillir; l'autre étant un cabaret où leurs yeux admiratifs s'émerveilleraient devant une seule et unique vedette.

Si le monde affluait en direction du Moulin Rouge, ce n'était pas pour rien. Tous savaient ce qu'ils pouvaient y trouver, et tous n'avaient que cette hâte en tête.
Seulement, parmi les gentleman et les hommes du peuple semblait s'être glissée une jeune personne qui n'avait rien à faire avec l'avide clientèle si fidèle au Moulin Rouge. Une jeune personne qui nous est on-ne-peut plus familière, étant donné qu'il s'agissait de nulle autre que Matilda.
Elle était essoufflée. Ce n'était pas tant le fait d'avoir couru aussi vite que ses jambes le lui permettaient qui l'avaient mise dans cette état, mais bien les sanglots qui avaient envahi son visage rougi de ces affreuses émotions que sont la colère, la panique et, sûrement mais étrangement, la peur.
Pourtant, Matilda ne pleurait pas. Elle était bien trop fière, bien trop têtue pour se permettre de verser quelques larmes lorsqu'elle était contrariée. Avec le temps, elle avait développé bien d'autres manières pour montrer son mécontentement, et avait ainsi délaissé les pleurs comme elle avait abandonné d'autres futiles habitudes d'enfance. Ainsi, il était rare de voir Matilda pleurer. Alors qu'en était-il de ces sanglots-ci ?

La jeune fille était passée comme un fantôme entre toute cette foule qui se pressait à l'entrée du Moulin Rouge, ne saluant personne et ne se retournant pas une seule fois pour s'excuser des bousculades. Certains eurent cru entendre un quelconque gémissement incompréhensif, mais cet instant fut bien trop bref pour parler avec certitude, et surtout, ils avaient tous autre chose à faire pour réellement s'en soucier.
Seulement, si Matilda franchit ce troupeau d'hommes, ce n'est pas pour accéder à l'entrée la première. Non, elle, elle avait rejoint une petite porte un peu plus loin qui la menait à un autre chemin, celui-ci la conduisant à ce que l'on appelle plus communément «l'entrée de derrière» -ou l'accès réservé aux employés et autres personnes autorisées.
Matilda était une habituée des lieux, mais contrairement à ces messieurs, elle ne venait pas pour admirer le spectacle (ou du moins, pas seulement). Elle venait ici pour y retrouver Adrianne, une des rares personnes sur qui elle savait qu'elle pouvait plus-ou-moins compter dans la vie, la balance penchant d'un côté ou de l'autre en fonction des événements.
Cette fois-ci ne fut pas une exception à la règle; Matilda venait bel et bien voir Adrianne. Seulement, ce qui motivait sa visite si imprévue et improvisée, là était le véritable sujet -le véritable problème.

Il y avait cet homme qui se chargeait de garder l'accès de la partie privée de l'établissement, à savoir la porte qui menait aux appartements d'Adrianne. Cet homme connaissait Matilda, et il fut le premier surpris de la voir arriver ainsi, pas tant pour le côté impromptu de sa visite, mais bien à cause de la jeune fille elle-même; Matilda était à peine et très légèrement vêtue (il faut comprendre qu'elle travaillait ce soir-là), et qu'elle n'avait pas pris la peine de se rhabiller pleinement avant de venir ici, n'ayant sur ses fines épaules qu'un simple châle qui, par ailleurs, lui avait été offert par Adrianne.
L'homme déduit aisément que Matilda voulait voir la propriétaire du Moulin Rouge, même si ce qui semblait être les plaintes gémissantes de la jeune fille n'étaient pas vraiment compréhensibles. En réalité, il était lui-même assez troublé, si bien qu'il ne se posa pas d'avantage de questions avant d'ouvrir la porte de la pièce où se trouvait Adrianne dont le numéro ne devait pas tarder, et qu'il dit, d'une voix assez confuse qui allait de paire avec ses yeux écarquillés:

« Madame, pardonnez-moi, mais il y a... »

Seulement, il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il fut interrompu par une bousculade d'une force inattendue. Matilda venait de se frayer un chemin entre l'homme et la porte afin d'accéder directement à la chambre d'Adrianne, n'étant visiblement pas disposée à attendre d'être annoncée et invitée à renter.
La jeune fille se précipita à l'intérieur, et s'immobilisa net une fois au milieu de la pièce. Pour un instant, un instant seulement, elle resta silencieuse et parfaitement statique, avant que ses yeux inondés de larmes et sa respiration saccadée ne se décident à reprendre leur crise.
Le châle tomba au sol et dévoila ce qui était ni plus ni moins qu'un massacre. Il n'y avait pas d'autres mots pour exprimer une telle horreur survenue d'une manière aussi inattendue. Entre quelques hématomes, le creux de la nuque de Matilda portait une vilaine plaie dont s'écoulait un sang frais qui était bien évidemment le sien. Son épaule entière était tâchée, et il en était de même pour la dentelle fine qu'elle portait, et qui à son tour portait à présent la marque de quelque infâme événement.
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Adrianne Langlois
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MessageSujet: Re: [CLOS]« Un douloureux imprévu - Adrianne & Matilda » Mer 20 Sep 2017 - 0:29
Adrianne se sentait en liesse ce soir. Le froid redoublait d'effort pour confiner les gens chez eux. Mais cela ne les empêchait pas de venir se masser toujours plus nombreux devant les portes du Moulin Rouge. Depuis qu'elle avait fait l’acquisition de la bâtisse et qu'elle avait lancé son nouveau spectacle, la salle ne désemplissait pas. Toujours plus de public venu la voir, toujours plus d'applaudissements et de chaleur. La jeune femme adorait ça ! Cela confortait sa petite personne et dans le fait qu'elle avait eu raison de s'offrir ce bel écrin carmin.

Elle était assise devant la coiffeuse, réajustant son maquillage et sa coiffure. L'entrée en scène ne devait pas tarder, juste le costume à enfiler et ensuite, elle pourrait se baigner dans les cris de joie de la foule scandant son nom. Rien qu'en y pensant, elle avait un grand sourire sur les lèvres. Elle en profita pour y appliquer son plus beau rouge à lèvres. Juste un baiser adressé à son reflet avant de se lever et de se diriger vers son costume.

Mais elle se figea alors que la porte s'ouvrait et qu'elle entendait son gardien lui parler, signifiant quelque chose qu'elle n'eut pas le temps de comprendre. Elle écarquilla les yeux voyant une furie débouler dans son antre sans même en avoir donné l'autorisation. Pour un peu elle l'aurait fiche dehors cette malpolie ! Mais elle se retint voyant la jeune fille s'effondrer en larmes devant elle. Matilda était bien la seule à pouvoir pénétrer son antre comme elle venait de le faire. Mais elle était bien la dernière qu'Adrianne avait l'habitude de voir sangloter.

La jeune femme s'approcha d'elle alors pour lui demander ce qui pouvait causer autant de chagrin mais resta immobile à la vue du corps de sa protégée une fois le châle au sol.

"Et merde !" jura t-elle en se précipitant vers elle. "Gustave, des linges, des bandages, du désinfectant, tout ce que vous trouverez et vite ! Et dites aux autres d'assurer le spectacle, je ne monte pas sur les planches ce soir ! Mais pas un mot sur la raison c'est compris ?"

Adrianne attrapa le premier linge qu'elle trouva et commença à panser les plaies de Matilda, essayant de stopper le saignement tant qu'elle pouvait en attendant mieux. Le vieil homme était parti d'ailleurs aussi sec sans broncher. Il savait bien que pour sa sécurité on ne discutait jamais les ordres de la patronne. Elle s'évertua à lui retirer le peu de choses qu'elle portait encore sur le corps et la porta tant bien que mal sur son lit.

"Je vais m'occuper de toi ma belle, t'en fais pas" fit-elle avant de partir chercher un sceau d'eau dans la salle de bain et de revenir au chevet de Matilda. "Je savais que ça finirait par arriver un jour. Je me demande bien pourquoi tu t'obstines à rester dans ce cloaque..."

Elle parlait plus pour elle que pour sa patiente allongée devant elle, pansant les plaie comme elle pouvait sans oser trop appuyer sur les autres traces que son corps comportait. Adrianne gardait un air sévère. Non pas à l'encontre de la malheureuse jeune fille mais on ne touchait pas impunément à sa protégé. Et cela, le fautif allait assurément l'apprendre.

"Cela n'aurait jamais dû arriver" dit-elle en lui caressant la joue. "Je jure de châtier celui qui t'a fait ça tu m'entends ?"


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MessageSujet: Re: [CLOS]« Un douloureux imprévu - Adrianne & Matilda » Mer 20 Sep 2017 - 8:37
Matilda était maintenant entre de bonnes mains. Des mains prêtes à la soigner, des mains soucieuses qui ne lui voulaient aucun mal, et qui ne feraient que tout le contraire de ce que les précédentes lui avaient infligée. Oh, bien sûr qu'elle le savait: elle était celle qui avait pris l'initiative de venir ici. À peine son dernier client eut-il quitté sa chambre, la jeune fille prit ses jambes à son cou, se recouvrant du premier vêtement lui étant passé sous la main pour filer en flèche, poussée par ses sens en alerte et ses instincts de survie à vif. Car oui, après avoir été témoin (et même plus; après avoir été au sein de l'action) de ce qu'il s'était produit dans cette chambre, cette nuit-là, on ne pouvait plus que penser à sa propre survie avant tout.

Ainsi, Adrianne était la première personne à qui Matilda avait pensé une fois prise au dépourvu et exposée devant le fait accompli. Elle n’avait même pas songé à se plaindre auprès de la maquerelle qui gérait l’établissement où elle travaillait, allez savoir pourquoi. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle devait avoir ses raisons, et ces-dernières devaient sembler plus que légitimes à ses yeux scandalisés.
Se laissant porter jusque sur le lit où Adrianne la posa, la première chose que Matilda fit une fois posée sur les draps doux et propres (qu’elle aurait presque honte d’abîmer de ses blessures), ce fut de serrer la première chose qui lui passa sous la main, à savoir la couverture sur laquelle elle était allongée –enfin, si l’on peut appeler ça « être allongé »… Elle était bien plus crispée qu’autre chose, les genoux repliés et les membres cherchant désespérément à effectuer quelque mouvement en signe d’inconfort. Bien évidemment, ce n’était pas le lit qui la dérangeait, mais bien son propre état. Quoi que, en y repensant, la dernière chose qu’elle aurait sûrement aimée en ce moment, c’est de se retrouver à nouveau allongée, attendant que l’on s’occupe d’elle, que ce soit en bien ou en mal.

En attendant que Gustave revienne avec tout le nécessaire pour soigner la jeune fille (tout en avertissant les autres artistes de l’imprévu dont elles ne connaîtront aucun détail et qu’elles prendront sûrement pour un caprice de Diva), Adrianne s’était donc chargée de stopper le saignement qui émanait de la plaie principale de Matilda. En faisant cela, elle avait adressé à la jeune fille quelques paroles qui avaient l’air de lui être passées par-dessus la tête. Mais avec le temps et les soins, les sanglots de Matilda s’atténuaient et alors que la main d’Adrianne lui caressait la joue, elle semblait être devenue plus disponible à avoir une conversation autour de ce qui les préoccupait toutes les deux.
Seulement, ce qui s’était montré être un geste de tendresse avait une toute autre connotation aux sens chaotiques de Matilda. Si le fait d’être approchée lui procurait déjà un sentiment d’insécurité, qu’en était-il des caresses, même celles qui se voulaient réconfortantes ?
Alors Matilda fuit le geste d’Adrianne, mais lui répondit tout de même sur un ton étrangement plus serein que ce que l’on aurait pu espérer. Sa voix ne tremblait pas autant que ses pleurs, et plutôt que de faire preuve de désarroi, elle semblait maintenant ressentir une immense colère.

« Je n’ai rien pu faire… T’imagines ? Une fille comme moi porter plainte contre un homme comme lui ! Au mieux, j’aurai été ignorée. »
C’est à ce moment que Gustave revint, portant dans ses bras tout le nécessaire qu’Adrianne lui avait ordonné de se procurer.
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Adrianne Langlois
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MessageSujet: Re: [CLOS]« Un douloureux imprévu - Adrianne & Matilda » Mer 20 Sep 2017 - 20:02
Alors qu'Adrianne tentait d’apaiser la jeune fille, cette dernière se détourna d'elle. En ce simple geste, la jeune femme comprit à quel point cela s'était mal passé. Les hommes, elle les connaissait bien. Elle savait de quoi ils pouvaient être capable. Et ce n'est pas parce qu'on est irrésistible qu'on est protégé de toute leur folie... Au fond, les deux femmes étaient quelque peu similaires. Seul le contexte changeait. Et c'était en ça qu'Adrianne appréciait Matilda. Elle se voyait un peu en elle lorsqu'elle-même était jeune.

La diva se concentra alors sur les soins et laissa de côté les attentions pour le moment. Elle ne voulait pas aggraver la situation. Que pouvait faire le vieil homme ? Elle ne pouvait pas faire grand chose de plus sans le matériel adéquat. En écoutant Matilda parler, elle s'assied sur le sol et posa ses bras sur ses genoux en soupirant.

"Tu t'es foutu dans la mouise jusqu'au cou ma chérie..." dit-elle alors.

Adrianne n'était pas femme à prendre des pincettes, même avec Matilda. De même que son langage était des plus fleuri lorsqu'elle était sur les nerfs. Et voir sa protégé dans cet état la mettait vraiment en boule.

"Je te l'ai déjà dit, ne jamais faire confiance aux hommes. Toujours leur faire croire qu'on leur appartient, jamais ne leur appartenir vraiment. Mais je ne vais pas t'apprendre ton boulot que je sache."

La jeune femme se remit alors à panser la blessure qui avait fort heureusement quasiment cessé de saigner. Puis entendant la porte s'ouvrir, elle fit signe au gardien de déposer son chargement sur une tablette non loin du lit et des les laisser. Mais il hésitait à partir.

"Madame... Le public s'agite et vous réclame..." dit-il légèrement gêné.
"Et bien qu'ils crient ! Je n'en ai rien à faire ! Et si ça ne leur convient pas qu'ils aillent au diable ! Maintenant laissez-nous !" hurla t-elle.

Adrianne ne supportait pas qu'on la contredise. Lui dire non était impensable. Et le vieux gardien le savait très bien. Aussi ne se fit-il pas prier pour évacuer les lieux, non sans avoir fait une courbette au préalable. C'était aussi pour ça qu'elle l'avait engagé, pour qu'il s'occupe de ce genre de petits problèmes.

La jeune femme prit alors le nécessaire sur la table et commença à s'occuper plus sérieusement de sa patiente, encore agacée du comportement de Gustave. Elle fit d'ailleurs un ou deux mouvements brusques sans s'en apercevoir.

"Désolé..." fit-elle en fermant les yeux et se décrispant les mains. "Par contre ça va piquer un peu" ajouta t-elle avant d'appliquer le désinfectant.

Puis elle reprit les soins de façon plus douce tout en remuant la situation dans sa tête. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer dans cette chambre ce soir pour qu'elle se retrouve en si piteux état ? Il allait falloir lui faire cracher le morceau. Adrianne voulait avoir toutes les cartes en main pour réfléchir au mieux à tout ça.

"Écoute ma belle, il va falloir que tu m'en dises plus si tu veux que je t'aide" lui dit-elle alors de but en blanc.

Elle n'était pas sûre que la petite lui parle mais il fallait tenter le coup, ne serait-ce qu'avoir le nom de l'horrible type qui lui avait fait subir ça, histoire d'aller lui rendre une petite visite amicale entre gens distingués...


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MessageSujet: Re: [CLOS]« Un douloureux imprévu - Adrianne & Matilda » Mer 20 Sep 2017 - 21:18
« Tu t'es foutue dans la mouise jusqu'au cou ma chérie...»


C'était le cas de le dire. Matilda en venait presque à se demander comment les choses avaient-elles pu dégénérer jusqu'à un tel stade, un point de non-retour qui lui laisserait des séquelles bien plus que physiques. Des blessures qui resteront à jamais gravées dans sa mémoire; voir son corps soudainement transformé en quelque toile macabre, œuvre d'un artiste aussi tordu que malsain.
Avant de courir rejoindre le Moulin Rouge, Matilda s'était aperçue dans le miroir, débraillée et ensanglantée comme elle était, et cette image allait la hanter dans les jours, les mois, peut-être même les années à venir. Elle lui reviendrait comme un flash, à chaque fois qu'un homme mettra les mains sur elle, à chaque fois qu'elle en regardera un dans les yeux et qu'elle y verra un désir ardent qui pouvait tout aussi bien dégénérer que rester contenu, et à chaque fois qu'elle se verra dans sa glace, elle se souviendra de ce soir où elle-même avait failli ne pas se reconnaître. Sa peau de lait, si lisse et impeccable, ternie par le plus effrayant des sangs.
Avec un peu de chance, le temps se chargera de panser ces blessures-là, comme Adrianne était en train de le faire en ce moment. Mais mêmes si le corps guérit, l'esprit cicatrise souvent d'une bien vilaine manière. Il ne restait plus qu'à espérer d'oublier.

Même dans l'état dans lequel elle se trouvait, Matilda fut surprise par la réaction d'Adrianne face à ce Gustave désemparé de devoir contenir la foule qui exigeait et acclamait la diva de vive voix. Faire l'impasse sur un de ses précieux numéros, c'est un sacrifice que Matilda savait ne pas être des moindres pour la propriétaire du fameux Moulin Rouge. Elle ne pouvait en être que reconnaissante, au fond, même si une partie d'elle l'empêchait de la remercier en bonne et due forme. Cela allait peut-être venir, après tout. Laissons d'abord à la jeune fille le temps de se remettre.

Alors qu'Adrianne appliquait le désinfectant sur la plaie de Matilda, celle-ci se crispa à coup sûr, se mordant la lèvre, mais ne broncha pas une seule seconde. Il faut croire que la douleur qui avait causé la blessure avait été bien plus intense que celle qui servait à la soigner, ou qu'au moins, Matilda avait la perspicacité de comprendre que cette douleur-ci était bénéfique, contrairement à la précédente.
D'ailleurs, Adrianne ne tarda pas à poser la question du "Qui ?" et du "Comment ?". Oh, elle avait trouvé une bien belle manière de faire cela. Elle avait formulé sa phrase avec des mots encourageants, réconfortants, et surtout -elle cherchait à convaincre Matilda qu'elle la questionnait pour son bien. Nul doute que c'était le cas, mais où pose-t-on les limites de la curiosité bienveillante ? Dans une pareille situation, où s'arrêtait la décence, et quels détails devait-on épargner ?
Matilda était loin de se poser ces questions. En réalité, il y avait bien autre chose qui lui revenait en tête, et qui lui faisait froncer les sourcils avec énormément d'amertume dans ses colériques yeux clairs. Elle était révoltée; elle l'avait toujours été. Et pourtant, on put aisément voir, tant dans sa manière de répondre que dans sa manière d'agir, qu'elle hésitait à dévoiler toute l'histoire à celle qui pourtant, était assurément une des personnes les plus aptes à l'aider, et sûrement la seule qui serait prête à le faire.

« Qu'est-ce que tu veux que j'te dise ? » demanda-t-elle dans un premier temps, tournant brusquement son regard glacé vers la diva. Cette brutalité n'était pas dans ses intentions; elle était plutôt instinctive. « Que c'était un gentleman ? Ah, ça oui, il l'était assurément. Un Monsieur de fortune, un monsieur qui avait les moyens de revenir et de se payer le meilleur champagne. Ça a du être sa cinquième visite. Ou sa sixième, j'en sais plus rien...»
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Adrianne Langlois
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MessageSujet: Re: [CLOS]« Un douloureux imprévu - Adrianne & Matilda » Ven 22 Sep 2017 - 3:03
Adrianne fronça légèrement les sourcils à son tour en voyant le regard brulant de Matilda se tourner vers elle. Mais elle resta froide et sévère dans le sien. En temps normal, elle aurait hurlé et renvoyé l'auteur de cet affront. Cependant, elle savait que la jeune fille venait de subir un grave traumatisme, même sans savoir la nature exacte de celui-ci. Alors elle se contenta de l'écouter déverser quelque peu sa bile sans ciller.

"Tiens toi tranquille" lui dit-elle finalement, toujours de façon froide, soutenant son regard.

Puis la jeune femme continua les soins, appliquant ensuite le bandage précédemment apporté par le gardien sur la plaie. Pendant qu'elle faisait cela, elle réfléchissait au peu d'informations qu'elle venait d'avoir. Elle se demandait alors pourquoi une telle escalade sur un habitué ? Et pire, si ce n'était pas la première fois qu'il l'a frappait ? Une fois fini, elle se leva et se dirigea vers la coiffeuse sans rien dire. Là elle y tira son étui à cigarettes et en alluma une. C'était extrêmement rare qu'elle la fume à même le filtre sans la poser dans le porte cigarette qu'elle affectionnait tant. Elle tira une ou deux bouffées puis se tourna vers Matilda.

"Je ne suis pas une infirmière mais le bandage devrait tenir au moins jusqu'à demain. Il te faudra le changer tous les jours. Je ferai venir une véritable infirmière pour cela" fit-elle sans vraiment lui laisser le choix.

Puis Adrianne parcourut quelque peu la pièce, tirant sur sa cigarette pour trouver un semblant de calme. Ses yeux se posèrent à nouveau sur la jeune fille, détaillant l'état pitoyable dans lequel elle était. Elle posa finalement son mégot dans le cendrier avant de se diriger vers la salle de bain. Elle tira un peu d'eau dans une cruche et le porta à la malheureuse sur le lit.

"Tiens, si tu as envie de boire ou autre chose. Désolé, elle est fraiche. Mais je peux demander à Gustave de la faire chauffer si tu y tiens."

Installer un système pour chauffer l'eau faisait partie des travaux prévus pour cet appartement. En attendant, elle avait fait mettre une petite cuisinière pour chauffer si nécessaire. L'appartement du Moulin Rouge n'était pas très grand et elle n'y vivait pas vraiment. Elle s'était juste créé un petit cocon secret pour elle et ses conquêtes. Et elle aimait aussi à s'y retrouver seule quelques fois, loin de tout.

La jeune femme reprit finalement une délicieuse bouffée de nicotine avant de poursuivre, visiblement plus calme.

"Bon, ce type, ce n'était donc pas sa première fois. Est-ce que tu sais pourquoi ça a dégénéré comme ça ? Est-ce que..."

Adrianne s'arrêta un moment et baissa les yeux sur sa tige fumante entre les doigts. Il fallait qu'elle sache même si cela risquait de faire remonter sa fureur. Personne ne touchait à Matilda. Personne ! Elle ne laisserait clairement pas passer ça, que l'homme en question soit un pilier de comptoir ou le cousin de l'Impératrice.

"Est-ce qu'il t'a déjà violenté avant ?" fit-elle finalement, n'osant pas regarder la jeune fille.


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MessageSujet: Re: [CLOS]« Un douloureux imprévu - Adrianne & Matilda » Ven 22 Sep 2017 - 17:40
Maintenant que le bandage était fait et que le pire était vraisemblablement derrière elle, Matilda retrouva un certain calme, mais qui ne tarda pas à laisser sa place à une amertume bien prononcée. Après tout, c'était bien là un trait de caractère proéminent chez elle; derrière les doux battements de cils et les regards ardents, il y a toujours eu cette haine passive qui ne fait qu'attendre le bon moment pour se manifester. Ce qu'il s'était passé ce-soir là était une occasion en or pour la jeune fille qui se retenait souvent de manifester sa colère, et par conséquent, certaines de ses attitudes lui venaient toutes seules sans qu'elle ne les contrôle réellement. Ainsi, si Matilda n'avait aucune raison d'en vouloir pour quoi que ce soit à Adrianne, c'était malheureusement en la compagnie de cette-dernière que toutes ses émotions enfouies qui remontaient à la surface.

Matilda obéit à l'instruction -ou plutôt au conseil de la patronne du Moulin Rouge, et resta tranquille, se contentant de rester en place sur le lit, légèrement redressée, mais toujours allongée. Elle poussa un long soupir qui quitta ses lèvres de manière quasiment inaperçue, témoignant à la fois de sa fatigue, de son surplus d'émotion, et surtout, d'un certain soulagement presque inespéré.
Aussi, la jeune fille ne s'opposa en aucun cas à la venue de l'infirmière. Elle avait toujours fait attention à sa santé (étonnant pour quelqu'un travaillant dans un bordel), bien plus que la plupart de ses "collègues". Alors même s'il y avait aux Vices et Délices une fille qui aurait très bien pu se charger de refaire les bandages de Matilda quotidiennement, cette-dernière préférait certainement avoir affaire à un professionnel. Et puis, c'est Adrianne qui insistait.

« Merci », souffla-t-elle simplement lorsqu'Adrianne lui apporta de l'eau. « Pas besoin de la chauffer », ajouta-t-elle en prenant la cruche en faisant attention à ses gestes afin de ne pas aggraver la douleur de sa blessure, et elle en but quelques gorgées avant de la reposer sur le meuble à côté du lit.
Et puis, évidemment, la conversation reprit. Adrianne aborda le sujet de cet homme, ce qui était une inquiétude absolument justifiée. Seulement, on comprendra aussi que pour Matilda, se remémorer cette personne-là était plus qu'un effort; c'était remuer le couteau dans la plaie à vif. Son visage était comme gravé sur sa rétine, et elle n'était certainement pas prête d'oublier ses allures, ses mots, et ses gestes. Elle se souvenait de ses mains, et elle se souvenait de ce dont ces mains étaient capables. La lueur dans ses yeux, le trémolo de sa voix, tout cela la faisait frissonner longuement d'aversion, et de haine.

« J'ai tout de suite vu que c'était son truc », annonça-t-elle avec un calme profond, malgré l'atrocité de la révélation qu'elle venait de faire. L'homme avait été violent dès le premier soir. Dès sa première visite, il avait annoncé la couleur de ses attentes, et pourtant, ces nuances avaient paru bien atténuées à côté de ce qu'il en était réellement. Il aimait ce qui était vif, et il aimait ce qui était violent. Ainsi, si Matilda avait toujours eu un tempérament farouche, il s'était lui-même chargé d'ajouter cette touche finale qu'était la douleur.
« Mais ce n'était pas comme ça au début. J'ai cru qu'il s'agissait d'un penchant, et ça s'est avéré être une obsession. »
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Adrianne Langlois
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MessageSujet: Re: [CLOS]« Un douloureux imprévu - Adrianne & Matilda » Mar 26 Sep 2017 - 1:44
Adrianne ferma les yeux et tira sur sa tige en entendant la cruelle révélation. Elle aurait préféré que ça soit un accès de colère, que ce n'était pas quelques chose de répété. Mais il n'en était rien. Sa pire crainte était fondée. Elle relâcha presque difficilement la fumée sans regarder la jeune fille qui lui parlait d'un calme olympien. Elle, le devenait de moins en moins. Jusqu'à entendre la fin de l'annonce.

"C'est plus qu'une obsession là ma chérie ! Regarde à quoi tu ressembles !"

La jeune femme n'en pouvait plus. Elle avait fini par craquer. Elle se doutait bien que Matilda n'avait surement pas besoin de ça ce soir-là. Mais c'était plus fort qu'elle. Elle écrasa vivement le mégot dans le cendrier puis crispa ses mains sur le dossier de la chaise. Mais bien vite le cendrier vint rencontrer le mur dans un accès de rage de la diva. Celle ci se passa finalement les mains sur le visage puis les ramena sur sa nuque en soupirant longuement.

"Donne moi son nom et je jures de m'occuper de son cas" fit-elle finalement froidement.

Elle osa s'avancer vers le lit une nouvelle fois mais ne tenta cette fois aucune approche. Elle se contentait d'être là en une présence rassurante malgré son geste. S'attaquer à Matilda c'était comme s'attaquer à elle. Elle l'avait véritablement prise sous son aile, comme la fille qu'elle n'avait jamais eu. Elle avait déjà pensé d'ailleurs à tout cela. Le pourquoi elle n'avait pas d'enfants. Avec toutes les conquêtes qu'elle avait et toutes les fois où ils avaient partagé leurs corps avec Philip, jamais elle n'était tombée enceinte. Pas une seule fois. Elle avait bien prit quelques potions certaines fois et prenait assez bien ses précautions en général. Mais il pouvait arriver des accidents. Et visiblement, aucun avec elle. Après tout, peut-être que Philip en aurait voulu et que c'était pour ça qu'il avait fini par lui dire de partir en vérité ? Et peut-être qu'elle aussi en aurait voulu ? Est-ce que ça aurait changé les choses ?

Depuis que Matilda avait croisé sa route, Adrianne ne cessait d'y penser. Cela ramena un air triste sur la diva qui ne put retenir une larme. Cependant, elle la sécha bien vite pour se recentrer sur le problème présent. Elle pourrait faire le point sur sa vie plus tard. Là celle qui importait, c'était Matilda. La jeune femme se dirigea vers sa penderie et en sortit une chemise de nuit, la plus sage qu'elle trouva. Elle était en coton blanc et s'arrêtait juste au dessus des genoux. Surement un vestige d'un de ses spectacles passés.

"Tiens" fit-elle à la jeune fille en la lui tendant. "Enlève cette lingerie et passe ça, ça sera mieux et plus confortable."

Adrianne lui indiqua alors le paravent si celle-ci était trop pudique. Elle ne savait pas vraiment sur quel pied danser. Elle essayait d'avoir un ton neutre de peur de faire quelque chose de travers.

"Écoute, il faut vraiment que tu me dises qui il est. Je me fiche de savoir qu'il paie bien. Je ne veux plus qu'il te touche. Que ce soit pour ton travail ou... pour ça..."


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MessageSujet: Re: [CLOS]« Un douloureux imprévu - Adrianne & Matilda » Jeu 28 Sep 2017 - 22:49
La brutalité de la réponse d'Adrianne surprit la jeune fille. Enfin, brutalité n'est pas exactement le bon mot... Disons simplement que naïvement, Matilda n'espérait pas entendre ce qui se rapprochait de près ou de loin à des reproches. Encore une fois, il ne s'agissait pas vraiment de reproches. Mais il y avait dans le ton de la diva ce petit quelque chose qui fronçait les sourcils de la jeune fille. Ce quelque chose n'était nul autre que la vérité, et on sait pertinemment que celle-ci n'est que rarement agréable à entendre. Même Matilda, cette formidable contradiction, se butait souvent au point de nier la vérité. En l'occurrence, on pouvait croire qu'elle essayait de dédramatiser la situation dans laquelle elle s'était dramatiquement fourrée. Pourtant, les choses n'étaient pas aussi simples...

Lorsqu'Adrianne la questionna au sujet de l'identité de cet homme pour la première fois, la jeune fille se tut. Elle prit l'air songeuse, et en réalité, elle l'était quelque peu. Il y avait bien certaines pensées qui dérangeaient son esprit, toutes plus ou moins étroitement liées à l'homme en question et à son identité. Qu'avait-il de si fameux pour que Matilda se taise ? Était-ce la fierté déplacée de cette enfant quelconque qui l'empêchait de prendre la meilleure décision ?
Quoi qu'il en soit, elle fut tirée de ses pensées par le bruit violent du cendrier envoyé valser contre le mur. Elle sursauta et se retourna vers les débris dudit cendrier, laissant ses yeux faire plusieurs allers retours entre ces restes et la Diva, calmement, mais non sans une certaine lueur trouble. Pour une raison ou pour une autre, Matilda semblait indécise. Elle hésitait cruellement entre dire quelque chose et en dire une autre, et ce cendrier brisé n'allait pas arranger les choses.

Puis, un certain calme revint voiler le visage de Matilda encore rougi par les pleurs et terni par la peur. Un « Merci...» presque silencieux quitta ses lèvres lorsqu'Adrianne lui sortit cette nuisette, bien plus chaste que tout ce que la jeune fille aurait pu espérer de la part de la patronne du Moulin Rouge. Après tout, Adrianne était experte dans tout ce qui touchait au charme. La lingerie, par conséquent, était profondément ancrée dans ses cordes, et il n'était pas rare que Matilda elle-même s'inspire des conseils de la maîtresse en la matière, ou qu'elle vienne lui demander quelque nouvelle pièce à l'occasion. Adrianne savait toujours dégoter de belles choses pour Matilda lorsque celle-ci le demandait (et lorsqu'elle rendait un service adéquat), des choses peut-être un peu trop belles pour une fille de son genre, ni plus ni moins qu'une prostituées des Vices et Délices. D'un autre côté, c'en était pas pour déplaire aux clients qui, en plus de bénéficier de la compagnie d'une fort charmante créature, avaient également l'impression qu'elle n'était pas n'importe qui. La qualité, ça influe beaucoup plus que ce que l'on peut le croire.

Matilda se débarrassa donc de ce qu'il lui restait de vêtements. Une dentelle délicate, finement faite qui, si elle n'avait pas été ainsi tirée et saccadée, aurait divinement épousé la silhouette de la jeune fille. Mais le client de ce soir semblait en avoir également fait son affaire, et ni la dentelle, ni la demoiselle n'étaient restées intactes.
Ensuite, elle enfila cette nuisette blanche, et celle-ci recouvrit sa peau souffrante avec une infinie douceur. Il est drôle de penser cela d'un vêtement, mais dans la situation de Matilda, même un infime détail aurait pu la faire pencher d'un côté extrême ou d'un autre. En l'occurrence, elle était soulagée. Du moins, un petit peu -et ce n'était certainement pas rien.

Puis, la question de l'identité revint comme une évidence. Sur le coup et étonnement, cela fit même sourire Matilda -mais ce sourire n'en était pas réellement un. Il s'agissait d'une expression plus douloureuse qu'autre chose, pleine de cette cynique ironie dont Matilda faisait souvent injustement preuve, mais jamais envers elle-même. Et pourtant, sur le coup, c'est bien de sa propre personne qu'elle sembler se moquer, et se moquer amèrement. Elle s'en voulait, et elle avait la haine. Loin de cette douce créature qu'aiment les uns et désirent les autres, Matilda redevenait Matilda. Une enfant butée, obstinée et enragée jusqu'à la moelle. Un corps sublime ne servant que trop bien de façade pour ce qui était en réalité un amas de colère et d'ambition, de lamentations et de serments. Matilda, la maudite Matilda...

« Il paye bien ? Ça oui. Enfin, il honore ce qu'on lui impose. Mais tu veux savoir son nom, hein ? Ah, ça... Il était Henry le premier jour, et Théodore le suivant. Lewis une fois, Harker une autre. Si créatif ! J'aurai presque dû m'en douter. Il avait bien la tête de ceux qui changent de peau autant que d'envies. Il aimait expérimenter, ça, je peux te l'assurer. »
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Adrianne Langlois
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MessageSujet: Re: [CLOS]« Un douloureux imprévu - Adrianne & Matilda » Mer 4 Oct 2017 - 4:10
Adrianne se détendit quelque peu lorsqu'elle vit Matilda dans le vêtement de nuit de coton. Elle ne voyait à présent plus vraiment les marques qui la mettaient hors d'elle et arrivait à retrouver un certain calme. Une nouvelle fois elle tenta de savoir vainement le nom du coupable qui avait osé toucher à sa protégée. Mais la réponse qu'elle eut ne lui plut pas le moins du monde... Elle ne pensait pas revoir ce visage sur la jeune fille de si tôt, plein de choses trop adultes pour sa si douce personne. Elle préférait la voir rire et sourire. Elle aurait aimé lui offrir une belle vie, loin de tout soucis. Mais ce n'était pas elle qui décidait malheureusement...

"J'aurai dû m'en douter..." soupira la diva.

Adrianne finit par se laisser aller, tombant sur le dos sur le lit. Elle n'avait plus de solutions, elle n'avait plus de pistes, plus de coupable. Elle était où maintenant la belle écrivaine armée de sa plume remplie de fiel ? Même pas capable de protéger l'être qu'elle chérissait le plus ici bas hormis elle... Miss Cancan n'était pas en reste. Tout ce glamour, toute cette notoriété, tout cet argent... Et tout ça pour quoi ? Pour rien. Rien ne pourrait résoudre le problème qui la taraudait à présent et elle s'en rendait compte. Elle passa ses mains sur son visage de façon lasse se sentant démunie.

On entendait les rires, la musique et les chants dans la salle principale du Moulin. Les gens s'amusaient, ils s'étaient finalement fait à l'idée qu'elle ne monterait pas sur scène ce soir. Elle n'en avait de toutes façons aucune envie. Elle resta là quelques secondes et finit par se redresser. Puis elle se dirigea vers un petit bar d'où elle sortit une bouteille de bourbon. La jeune femme s'en servit un verre et commença à faire tourner le liquide à l'intérieur, l'air songeuse.

"Je veux que tu viennes habiter ici" finit-elle par dire avant de boire une bonne rasade. "Du moins le temps que je retrouve ce détraqué. Moi vivante, il ne te touchera plus, j'en fais le serment" fit-elle en plantant son regard dans celui de Matilda.

Elle vida finalement le verre d'un trait et se resservit. Adrianne se rendait compte à présent en faisant à nouveau les cent pas dans la chambre qu'elle n'avait jamais montré cette façade là d'elle-même à la jeune fille. Elle devait à présent se rendre compte à quel point elle comptait pour elle. Et non pas que pour les affaires qu'elles faisaient ensemble. Et Adrianne était femme de parole. Elle avait décidé de se lancer dans la chasse aux sorcières, ou en l’occurrence au boucher et elle ne lâcherait pas avant de l'avoir trouvé. Mine de rien, elle possédait un vaste réseau de renseignement, Matilda n'était pas la seule à lui fournir sa matière première. Et lorsqu'elle le trouverait, il vaudrait mieux pour lui qu'il ne fasse pas de vagues. Adrianne était aussi une femme d'affaires aguerrie, Philip lui avait toujours dit de s'entourer de personnes qui pouvaient faire ce que tu ne pouvais faire toi-même, parce que quelques fois il fallait bien le faire. Tout le monde voyait Miss Cancan, la pimpante meneuse de revue toujours prête à écarter les cuisses au premier venu. Personne ne savait à quel point elle pouvait être froide et sévère lorsqu'on touchait à ses affaires. Et en l’occurrence, c'était ce que cet homme avait fait avec Matilda. Et pour ça, il paierait. Ce n'était pas l'affaire de la police, c'était une affaire personnelle.


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