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 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: Rez-de chaussée

Garde au garde fou ! [Pv]

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Nemrod L'Envers
Maître espion
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MessageSujet: Garde au garde fou ! [Pv] Mer 25 Oct 2017 - 23:49
La nuit venait de tomber et vous attendiez. Oh, qu’attendiez-vous au juste ? Eh bien que deux convoquées viennent honorer un rendez-vous d’injonction impériale… il y avait des situations où être dans votre position était pénible. Celle-ci en faisait partie. En fait si vous étiez le maitre des chuchoteurs et le principal conseiller de votre nièce, vous étiez aussi, et de manière plus officielle, une sorte de garde-fou pour le gouvernement, prenant à parti quand certaines rumeurs se répandaient, pour recadrer les choses ! Ce n’était arrivé que très rarement jusque-là, mis c’était arrivé, notamment avec Richard Welton, au sujet de ses conquêtes, surtout, qu’il se fasse plus discret ou qu’il arrête, ou son poste pourrait devenir plus que précaire. Il avait bien réussi à se calmer. Ou à se montrer plus discret, le chaud lapin !

Là il s’agissait, non pas de Richard Welton, mais de, conjointement, Mélusine Duval, et Estera Black. Entre les rumeurs et les faits que vous aviez établi, il n’était pas possible que cela puisse continuer comme ça ! Et faute d’avoir un temps fou, vous aviez décidé de faire d’une pierre de coup, les convoquant de venir toutes les deux à la même heure. Oh, vous ne leur aviez pas dit qu’elles seraient toutes les deux ! Non, chacune s’attendait sans doute à un tête-à-tête avec le garde-fou du gouvernement ! Mais ce ne serait pas le cas ! Vous sourîtes et regardâtes le bureau prévu pour l’occasion. Un peu votre bureau officiel ou vous n’étiez presque jamais et de fausses informations en cas d’intrusion, pour repérer les fouineurs et voleurs. Le bureau était simple, un mobilier spartiate avec des étagères remplies de livres et de traités, des archives pour la plupart. Une carte du monde très détaillée, sur un mur, et rien d’autre à part le bureau en lui-même et les trois fauteuils assez confortables.

Enfin, on toqua à la porte.

« Entrez ! »

Vous n’allâtes pas leur ouvrir la porte, tout au plus vous vous leviez, pour recevoir votre première convoquée.

« Madame la ministre. Bienvenue. Je vous prie d’excuser la convocation soudaine, mais il y a des choses à recadrer. Nous commencerons, si vous le voulez bien, une fois la dernière personne invitée… Comment allez-vous ? »

Pas plus de deux minutes après, un nouveau coup à la porte. Vous réitérâtes votre manège, l’invitant à entrer, lui demandant comment elle allait.

« Mesdames, je suis désolé par avance si vous n’appréciez pas le ton de cette convocation impériale. Vous vous attendiez sans doute à ce que ce soit l’impératrice qui vous reçoive… je suis là pour la suppléer dans cette tache désagréable… vous connaissez mon rôle au sein de l’Etat… aussi, vous avez peut-être une petite idée de la raison de votre présence ? Tout ce qui se dira ici ne sortira pas de ce bureau hormis par l’intermédiaire du rapport oral que je ferai à Son Altesse Impériale, cela va de soi… »
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Mélusine Duval
Ministre de l'éducation et des pupilles
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MessageSujet: Re: Garde au garde fou ! [Pv] Sam 28 Oct 2017 - 15:41
La Ministre de l'Education avait reçu une convocation impériale d'urgence, et elle avait été un peu sur les nerfs toute la journée, n'arrivant pas à se concentrer sur son travail. Le ton de la missive était assez direct sans donner de grandes précisions sur le but réel de cet entretien.

Juste avant ce rendez-vous, elle avait passé les dernières heures au Ministère à être d'une humeur plutôt massacrante envers le personnel, reprochant à certaines personnes de ne pas avoir correctement rangé les dossiers ou insistant sur le fait que son bureau n'avait pas été nettoyé. Mélusine avait beau être froide en temps normal, elle était rarement d'aussi mauvais poil, et personne n'avait osé la contredire ce jour-là de peur de s'attirer les foudres de la Ministre.

Juste avant de partir pour le Palais, Mélusine s'était autorisée un petit remontant, un alcool plus fort que le vin pour l'occasion, un verre de whisky pour se calmer les nerfs. Elle avait bien pris soin ensuite d'ôter l'odeur alcoolique qu'aurait pu dégager son haleine, en se brossant les dents et en mâchouillant un de ces bonbons miracles mentholés. Elle était habillée comme d'habitude, d'une veste cintrée et d'une jupe longue noire, coiffée d'un chignon stricte.

Pendant tout le trajet, elle s'était demandée ce qu'on allait lui reprocher. Elle avait néanmoins une petite idée. C'était sans aucun doute au sujet de la gifle sur Richard Welton. Bien que cet accident datait déjà de plusieurs semaines, les rumeurs s'étaient répandues comme une traînée de poudre à travers la capitale. Gifler un Ministre dans les couloirs du Palais, cela n'était clairement pas bien vu. Mélusine angoissait, elle se demandait si l'Impératrice n'allait pas lui ôter son poste de Ministre de l'Education et des Pupilles. Qu'allait-elle faire si on lui ôtait son travail ? Ayant déjà perdu sa famille, si elle n'avait plus ce poste, elle n'avait plus d'objectif ni de projet dans sa vie. Elle n'aurait plus rien.

La première surprise lorsqu'elle s'annonça au Palais fut de comprendre rapidement que ce n'était pas l'Impératrice qui allait la recevoir, mais son garde-fou, Nemrod L'Envers. Cela ne fit qu'accentuer le stress que ressentait la Ministre. Elle était plus angoissée à l'idée de se retrouver face au Comte qu'à Lilith elle-même. Cela devait être très sérieux, et elle ressentait son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Elle prit une grande inspiration avant de toquer à la porte de son bureau.

Essayant de garder son sang froid, elle entra alors dans la pièce, et salua poliment son interlocuteur.

- Bonsoir, Monsieur le Comte.

Elle s'avança vers lui pour lui serrer la main. Il y avait donc bien des choses à « recadrer ». Mélusine ne sourcilla pas et montra toujours son visage impassible. La deuxième surprise, c'est qu'on devait attendre une autre personne. Sans aucun doute Richard Welton. Donc la Ministre compris que c'était bien au sujet de la fameuse gifle. Que cela lui était pénible de devoir s'expliquer de cet incident devant le Comte et encore plus devant le Ministre de la Justice ! Mais elle restait calme, contrôlant l'angoisse qui montait et la boule au ventre qu'elle avait.

- Je vais bien, je vous remercie. Et vous, comment vous portez-vous ? J'avoue être plutôt surprise de vous voir à votre bureau.

Mélusine avait remarqué lors des soirées mondaines que le Comte semblait très occupé avec l'ambassadrice Eskroise, aussi c'était sans doute pour cela qu'il ne se trouvait pas souvent à son bureau.

Très peu de temps avait passé lorsqu'on frappa à la porte. Mélusine se retourna pour faire face à Richard. Mais elle fut étonnée de voir que ce n'était pas le Ministre de la Justice qui entra à son tour, mais la Ministre des Armées, Estera Black. Elle ne put dissimuler cet étonnement de son visage en la voyant. Bien qu'elle fut soulagée d'un côté de ne pas voir Welton, elle ne comprenait pas pourquoi elle avait été convoqué avec Estera. Qu'est-ce que cela signifiait ?


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Estera Black
Ministre des armées
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MessageSujet: Re: Garde au garde fou ! [Pv] Mer 8 Nov 2017 - 21:20
La journée touchait à sa fin. L'astre lumineux venait de disparaitre à l'horizon, laissant sa place aux ténèbres. Confortablement allongée sur un des canapés de son appartement, la Ministre attendait patiemment l'heure du rendez-vous. Son fume-cigarette à la main, elle formait des petits ronds de fumée en fixant le plafond. Sur la table d’appoint en ébène toute proche, une lettre reposait habillée du sceau impérial. Ainsi, la jeune femme était expressément convoquée dans la soirée, pour un motif qui lui était inconnu. Habituellement, une telle lettre ne présageait rien de bon. Il devait s'agir de quelque-chose de grave pour ainsi mobiliser l'attention de l'Impératrice. Estera entretenait pourtant de bonnes relations avec cette dernière, appréciant particulièrement leurs réguliers échanges à l'épée. Concernant sa direction du Ministère, personne n'avait jamais eu à se plaindre. Du moins à sa connaissance. Mais comme toute dirigeante, elle n'était pas à l'abri de quelques quérimonies clandestines.

La Ministre ne s'était ainsi pas questionnée très longtemps au sujet du motif de la fameuse lettre, préférant se détendre après une dure journée de labeur. Les jours se suivaient et se ressemblaient. Au moins cette convocation apportait un peu d'inattendu dans le routinier quotidien.

L'heure approchant, Estera avait terminé son énième cigarette, nettoyant minutieusement son porte-cigarette avant de le déposer dans son étui, le rangeant dans le tiroir du petit meuble. Vérifiant sa toilette, effectuant quelques ajustements à son maquillage à l'aide de noir à lèvre et mascara, la Ministre s'était finalement déclarée prête. Revêtant sa rapière d'apparat, elle quitta et verrouilla ses appartements, non sans avoir laissé comme à son habitude un moyen de s'informer d'une éventuelle intrusion à son retour. Sa prudence n'avait aucune limite.

D'un pas lent, elle traversa les couloirs tantôt vides, tantôt habités, sans faire cas des regards qui obliquèrent inévitablement dans sa direction. La Ministre était parfaitement consciente de sa réputation à la Cour. Elle était un mouton noir, mais n'en faisait pas cas. Elle n'avait de compte à rendre à personne, sinon à l'Impératrice et à la Nation. Seules les rumeurs qui courraient à son sujet l'exaspéraient. Rumeurs pour la plupart fondées, qui avaient entrainé le congé de quelques-uns de ses serviteurs. En n'affirmant pas ni n'infirmant ces rumeurs, elle espérait leur disparition, en vain.

Arrivant à la fameuse pièce indiquée par la lettre, elle toqua légèrement. Une voix familière l’invitant à entrer lui parvint. S’exécutant, elle fit ainsi face à son ancien supérieur, Nemrod l’Envers. Elle discerna alors bien vite la Ministre de l’Education qui avait semble-t-il également été convoquée, mais semblait également surprise de sa présence. L’entrevue allait donc se dérouler à plusieurs.

« Monsieur le Compte, Madame la Ministre, je vous souhaite également le bonsoir. Ma foi, j’avais d’autres projets pour la soirée.  Attendons-nous encore quelqu’un ? » Demanda-t-elle d’une voix monocorde.

Estera se doutait de la réponse. Elle commençait d’ailleurs à avoir une idée quant à la raison de sa présence et celle de la Ministre de l’Education. Même si elles n’étaient pas spécialement complices, elles possédaient indirectement un peu commun : les rumeurs qui circulaient. De ce que l’on pouvait entendre à son sujet,  la Dame Duval entretenait un amour un peu trop prononcé envers l’alcool. Quand à la Ministre des Armées, on disait qu’elle était accrocs à certaines substances que d’aucun aurait qualifié d’illicites.
Le discours de Nemrod  conforta son idée. Le ton n’était pas en effet des plus cordiaux. Non, Estera ne s’attendait pas spécialement à être reçue par l’Impératrice de Vapeur en personne, surtout à cette heure. Attendant que son ancien supérieur termine, elle conserva sa mine habituellement froide, effectuant quelques pas dans le bureau. Elle ne voulait pas être la pauvre petite élève convoquée dans le bureau du directeur qui baissait la tête lors du sermon.

« Je pense que nous gagnerions du temps à connaître les faits qui nous sont vraisemblablement reprochés.  » Dit-elle de sa voix toujours monocorde en posant son regard dans celui du Comte.

Elle posa ensuite son regard sur la Ministre de l’Education. Avait-elle saisie la raison de leur présence en ces lieux avec le Garde-fou de sa Majesté ? D’une certaine façon, Estera s’en souciait. Probablement par solidarité féminine. Après tout, elles étaient embarquées dans le même bateau. Face à Nemrod, il n’était de toute façon pas question pour la Ministre de se laisser chavirer. De plus, elle s’était retenue de demander des rafraichissements au Comte afin d’éventuellement faire tilter la Dame Duval. Une agréable attention.
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Nemrod L'Envers
Maître espion
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MessageSujet: Re: Garde au garde fou ! [Pv] Mer 22 Nov 2017 - 21:35
Sincèrement, vous ne saviez pas comment prendre cette phrase de la ministre Duval… surprise de vous trouver à votre bureau… par les dieux, vous ne quittiez que peu votre bureau, mais ce n’était pas votre bureau ici, trop impersonnel, cela se voyait, non ? Il n’y avait même pas une carafe de votre xérès préféré pour les soirées les plus difficiles… votre bureau était bien caché dans les murs du palais, et personne ne savait où précisément… bon, vous mettiez cela sur son ignorance de ce fait, sait-on jamais !  Vous lui sourîtes et la remerciâtes, lui disant vous vous portiez relativement bien mais que l’âge vous obligeait à travailler le plus souvent depuis vos appartements… une excuse bien pratique, il fallait le reconnaitre, pour ne pas avoir à se justifier davantage. Et mentir, cela ne vous ennuyait pas du tout. Question pratique.

Vous saluâtes enfin la deuxième arrivante, la ministre des armées. Mais contrairement à la ministre Duval, la ministre black lança un morceau de phrase qui ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd. Mieux à faire ? Depuis quand un ministre avait mieux à faire que de répondre à une convocation impériale ? Vous fronçâtes les sourcils et vous attendîtes qu’elle se soit posée pour prendre le temps de rajouter quelque chose, alors qu’elle ergotait encore sur le fait, après ma diatribe, qu’elle voulait que vous en vîntes au fait le plus vite possible.

« J’y viens, j’y viens, ministre Black. Mais vous me voyez fort marri de savoir que vous estimiez avoir d’autre choses à faire pour ce soir que de travailler à l’avenir de l’empire. Et répondre aux convocations impériales en fait partie. Aussi, si je vous prends toute votre soirée, non seulement vous n’avez pas à m’en faire la remarque, mais en plus, c’est votre devoir. Si vous n’êtes pas contente, je crois savoir que vous connaissez la manière dont se rédige une lettre de démission ? »

La question était purement rhétorique, c’était l’évidence, mais d’un autre côté, il fallait voir la logique de vos propos. Elle n’avait pas à faire de commentaires. Tout simplement. Et si elles étaient là toutes les deux pour que vous leur remontiez les bretelles. Et puisque c’était des questions liées entre autres à leurs statuts de ministre, alors il n’y avait pas de raison que vous les convoquiez séparément… vous vous calmâtes un peu et leur sourîtes.

« Donc, oui, la raison de votre convocation… vous n’êtes pas sans savoir que vous êtes sensées, toutes les deux, être des figures d’exemplarités. D’abord. Tout ce que vous faites aux vues et aux sues de tout le monde, vous le faites comme représentants de l’empire. Il en va de même pour votre vie privée si elle parvient à filtrer. Vous allez me dire que j’aurai dû contacter le ministre Welton, par la même occasion, mais son cas est à part. »

Non, vous ne disiez pas cela parce que c’était un homme, non, loin de là, vous le considériez comme un cas à part parce que personne ne pourrait mal voir une addiction ou presque à la caféine, d’une part, et ensuite parce qu’il avait dissimulé de mieux en mieux ses frasques de coureur de jupons… et ses affaires avec madame d’Argosme ne regardaient que lui tant que cela restait suffisamment discret pour éviter les scandales

« Je ne suis pas là pour vous dire comment faire votre travail, quoique je pense que dans certains cas, cela devrait être nécessaire. »

En disant cela, vous ne visiez bien sûr que la ministre Duval, cette histoire de juridiction et d’implications de la ministre dans les affaires de la justice vous avait fort contrarié, mais bon, il fallait bien qu’elle s’occupe. Elle ne devait avoir que cela à faire pour être allée sur le terrain pour faire le travail des gendarmes…

« Je souhaiterai vous entendre toutes les deux au sujet de vos addictions respectives. Vous, ministre Duval, l’impératrice goute fort peu votre rapprochement avec les alcools de ces derniers temps. Quant à vous, ministre Black, vos petites poudres et vos poisons font suffisamment parler d’eux pour que vous soyez mise sur la liste des suspects du meurtre du prieur par le ministre Welton. Je l’informerai de cela et une enquête minutieuse et publique sera menée. Quoi de plus logique qu’une ministre va-t’en guerre veuille en déclencher une ? Et qui de mieux placé pour assassiner le prince consort ? Un ressortissant étranger, un membre haut placé… »

Oui, vous aviez tout précisé, là, non ?

« Il va sans dire que j’attends de vous des explications, car le problème n’est pas la présence des faits, quoique, mais le fait que vous ne vous en cachiez pas suffisamment… »
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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: Garde au garde fou ! [Pv] Mer 13 Déc 2017 - 15:17
Le ton de la soirée avait été lancé par Nemrod. Il avait remis à sa place la Ministre des Armées de façon peu cordiale ce qui surpris grandement Mélusine. Elle resta un instant stupéfaite, figée par le ton qu'avait pris le Comte. Elle n'osa rien dire et pris place silencieusement dans l'un des deux fauteuils en face du bureau, se tenant droite en serrant ses mains sur ses jambes. Cette entrevue n'allait certainement pas être agréable ni pour l'une ni pour l'autre. Elle se sentait comme une enfant que l'on punissait d'avoir fait une bêtise.

Nemrod entra donc dans les détails de la convocation. Mais le fait de dire que Richard Welton était un cas à part énerva cependant la Ministre de l'Education. Comment pouvait-il être un cas à part ?! Son visage exprima une légère désapprobation. Cet homme était un excité sous caféine et on ne lui disait rien ?! Ah bien sûr, c'était le Ministre de la Justice, celui qui était censé sauver la veuve et l'orphelin... Donc il avait l'immunité même en cas d'échec. Mélusine essayait de rester calme même si elle avait terriblement envie de contester les propos du Comte mais elle remua un peu nerveusement sur son fauteuil.

Elle se sentit d'autant plus mal à l'aise par les propos de Nemrod qui la visait directement sur l'affaire de l'Orphelinat White. Donc apparemment, tout le monde était contre elle alors qu'elle essayait simplement de faire parler les gens dans cette affaire. Elle serra un peu plus ses mains en regardant impassiblement le Comte. Elle ne voulait pas revenir sur cette affaire délicate, et si c'était à refaire, elle ferait exactement pareil et peut être même plus. Alors sans doute, il n'y aurait pas eu ce lamentable échec de la part de Welton et les enfants auraient pu être sauvé. Elle se souvenait encore pourtant des paroles de l'Impératrice : « Des gendarmes enquêtent, mais peut-être pas assez à votre goût. Dans ces cas là, faites comme toutes personnes à qui cela ne convient pas assez, trouver vos propres moyens ». Elle avait appliqué cela à la lettre, et on la tenait maintenant responsable de s'être mise en travers du travail de la Justice. Mais elle ne le regrettait absolument pas. Non, la seule chose qu'elle regrettait c'était de s'être emportée et d'avoir giflé Welton en public. Elle aurait quand même pu attendre d'être dans son bureau, loin des regards, pour le frapper...

Le moment était donc arrivé de parler des soit disant addictions respectives des deux Ministres. Mélusine nota tout de même que Nemrod L'Envers semblait très proche de Richard Welton sur plusieurs sujets. C'était sans doute pour cela qu'il était « un cas à part ». Mélusine se détendit un peu et pris la parole avant Estera, non sans lever les yeux au ciel un instant sur ces affirmations non fondées.

- Je n'ai fait qu'accepter une invitation pour une soirée œnologique, et maintenant les rumeurs vont bon train ! Je suis plutôt surprise, Monsieur le Comte, que vous croyez ces inepties, alors qu'il y a également certaines rumeurs sur vous qui circulent sans que personne parmi les Ministres ne s'en soucie. M'avez vous déjà surprise en état d’ébriété quelque part ?

Mélusine savait parfaitement que le Comte n'avait rien de concret contre elle. D'une part, parce qu'elle arrivait à dissimuler l'odeur, d'autre part parce que la Ministre de l'Education tenait rudement bien l'alcool. Mélusine ne se considérait pas comme une alcoolique. Elle buvait juste un peu plus depuis le dénouement de l'affaire sordide, mais en général elle buvait seule chez elle, le soir en rentrant du travail, et des alcools bien plus fort que le vin. Cela l'aidait à trouver un sommeil de plomb sans rêves et sans cauchemars malgré le mal de crâne qu'elle avait parfois le matin au réveil. Elle buvait un peu au travail, une petite bouteille était toujours cachée quelque part, mais elle ne se saoulait jamais vraiment la journée. L'alcool l'aidait juste à supporter tous les drames qu'elle avait enduré.

Elle fit un sourire poli à Nemrod en attendant qu'Estera démontre elle aussi que les deux femmes n'allaient pas se laisser faire face à ses injustices et qu'elles accomplissaient parfaitement leurs rôles de Ministre dans la société. Pour Mélusine, les gens avaient simplement besoin de colporter des rumeurs pour que l'on s'intéresse à eux, mais sans preuves, les rumeurs étaient infondées...


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Estera Black
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MessageSujet: Re: Garde au garde fou ! [Pv] Ven 22 Déc 2017 - 12:15
Ainsi le Comte démarrait au quart de tour. Soit. Estera s'en accommoderait sans mal. Elle avait côtoyé par le passé des Colonels à forte voix qui se prenaient pour des généraux. Accueillant le bref "recadrage" verbal de son ancien supérieur sans sourciller, attendant le passage de la tempête. Elle rejoignit la Ministre de l’Éducation dans l'un des fauteuils, s'y enfonçant confortablement en allongeant ses bras sur les accoudoirs. Elle écouta alors le monologue du garde-fou de l'Impératrice, impassible, le regard droit, comme si elle préparait déjà une sorte de stratégie. Elle analysa chacun des arguments du Comte et les ordonna dans son esprit. Imperméable aux attaques à son encontre, elle prépara ainsi sa défense.

Ce fut néanmoins la Ministre de l’Éducation qui parla en première. Estera écouta sa réponse et nota quelques maladresses dans cette dernière. Retourner les rumeurs contre le garde-fou aurait pu sembler malin, mais malheureusement il s'agissait de Nemrod. De plus, les rumeurs les concernant s'appuyaient assurément sur des faits surpris en privé. Il n'y avait pas mille et une explications concernant l'origine des rumeurs qui les visaient. Certains serviteurs ne tenaient pas leur langue, bafouaient leur serment de discrétion. Cela pouvait très bien être assimilé à de la trahison. Néanmoins, faire remarquer ce détail revenait à confirmer ces fameuses rumeurs. Il y avait bien plus habile à jouer.

Une fois le discours de la Ministre de l’Éducation terminé, ce fut au tour d'Estera de répondre:

« Avant toute chose Monsieur le Comte et sauf votre respect,  si la journée je m'emploie à servir l'Empire, la nuit m'est, sauf cas exceptionnel, libre. J'avais donc en effet des projets pour cette soirée avant la réception de ce cas exceptionnel qu'est cette convocation. »

La Ministre espérait que le malentendu avait été résolu.

« Pour en revenir à votre demande d'explications, ma réponse est simple: si de telles rumeurs circulent, c'est assurément via des serviteurs malveillants, ou bien des membres de la Cour souhaitant nous nuire. Il serait donc en effet judicieux qu'une enquête minutieuse soit menée afin de confondre et arrêter ces diffamateurs. Mener des enquêtes n'est cependant pas de mon ressort. Puis-je donc vous demander les raisons de ma présence ici ?»

Estera avait fait l'impasse sur toutes les attaques dont elle avait fait l'objet en recentrant le sujet sur la source du problème: des rumeurs diffamatoires circulaient. Elles devaient cesser. Cela n'entrait pas dans les attributions d'un Ministre des Armées. La balle était donc à nouveau dans le camp du garde-fou.


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Nemrod L'Envers
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MessageSujet: Re: Garde au garde fou ! [Pv] Jeu 11 Jan 2018 - 20:37
Vous n’aviez pas envie de jouer au gentil vieillard qui devait aider tout le monde, là vous étiez dans ce bureau pour recadrer et vous recadreriez sans aucun état d’âme ni aucun remord. Vous étiez là pour faire le ménage et vous alliez le faire, quand bien même vous n’étiez pas le moins du monde muni de preuves. Le principe était simple : agir avant les crises pour les éviter. Et là, c’était limite trop tard, étant donné que les rumeurs étaient déjà lancées… et ces rumeurs, vous ne voyiez aucune raison de ne pas les croire… en fait, vous les pensiez tout à fait probables ces rumeurs. Donc il fallait régler le problème. Oh, certes, il fallait s’attendre à des dénégations en folies, des accusations de déloyauté, de trahison et de diffamation, mais vous ne vous arrêteriez pas là.. ç’aurait été trop facile ! Elles semblaient croire que ça ne vous  regardait pas, pas plus que cela ne regardait l’empire, et qu’elles étaient intouchables.
Elles ne l’étaient certainement pas.

Vous écoutiez alors les explications de Mélusine Duval. La ministre de l’éducation pocharde. Et vous ne faisiez aucun commentaire. Ou vous n’en auriez fait aucun si elle n’avait pas abordé le sujet de rumeurs courant sur votre propre personne… de quoi parlait-elle ? C’était bien la moindre des choses que de vous éclairer. Une rumeur que vous ne connaissiez pas ? Ben voyons… vous étiez les yeux et les oreilles de l’empire ! Il n’y avait pas rien de plus à ajouter que cela.

« Développez donc votre propos, je vous en prie… je suis curieux de savoir ce que la rue me reproche…. »

Vous ne commentiez pas ce qu’elle pouvait dire  sur elle-même. C’était fallacieux, vous le saviez, et elle aussi. Vous ne voyiez pas où était le problème. Vous n’étiez pas en train de parler de sanction, juste de faits gênants. Vous n’attendiez pas forcément des aveux non plus, ç’aurait été trop demandé à ces deux femmes. Enfin, la ministre des armées n’allait pas descendre au niveau qu’avait déjà baissé madame Duval, n’est-ce pas ? Pourtant, il y avait des chances que cela arrive, hélas…

D’abord, quand elle vous parla, ce fut pour clairement parler d’horaires de fonctionnaire… elle ne comprenait décidément que peu de choses au concept de « servir  l’empire ». Ce n’était pas un métier, un travail, c’était un sacerdoce ! Et par définition, un sacerdoce ne se limitait ni par l’heure, ni par le jour. C’était du 24h sur 24 !  Rien de moins ! Mais ça, encore fallait-il comprendre que le carriérisme était une erreur dans cette branche… mais bon, ça avant que certains le comprennent… cela risquait de devenir difficile pour elle.

« Fort heureusement que vous daignez venir à cette convocation.. ce n’est pas comme si servir l’empire était y mettre sa vie…. Mais comme vous l’avez si bien dit, il ne s’agit que de vos journées… je ferai remonter la requête à l’impératrice, donc, pour un ministre des armées pour la nuit…. À moins que j’ai mal compris ? »

Non. Vous aviez très bien compris, mais bon, puisqu’elle y tenait… voilà comment ça allait se passer si elle ne s’investissait pas suffisamment au goût de l’empire . Vous prites des notes sur la conversation, pour le compte rendu impérial, bien sur !  Vous restâtes un rien silencieux avant de finalement répondre à ses propos.

« Forcément, Madame Black, forcément. Il ne peut s’agir d’un quelconque problème ayant pour cause vous maniaqueries… vous êtes trop irréprochable pour cela. Mais c’est vrai que vous n’avez rien à faire ici alors… à croire que je vous ai convoqué par erreur… j’aurai du convoquer votre personnel, non ? A moins que je suive l’adage populaire : il n’y a pas de fumée sans feu... »

Vous soupirâtes profondément, hésitant quant à la suite à donner à la situation… puis vous eûtes un trait de génie… Qu’Aernia vous pardonne, vous saviez que votre idée était bonne, mais elle était un peu limite, peut-être ?

« Bon…. Voilà comment ça va se passer. Puisqu’il ne s’agit que de diffamations, je ne vous demanderai qu’une seule chose. Je vous demande de me jurer par Aernia que tout cela n’est que diffamatoire : que vous n’êtes pas une pocharde, Duval, que vous ne buvez pas en douce plus que de raison, d’abord, et que vous, Black, ne disposez ni des poisons, toxines ou produits illégaux, ni que vous en usiez d’aucune manière que ce soit. Puisque tout cela  n‘est que diffamation. Cela ne posera aucun problème, n’est-ce pas ? »

Vous prites deux feuilles et leur tendîtes votre plume pour qu’elles puissent le faire par écrit comme à l’oral, puis, pendant qu’elles décidaient si elles le faisaient, vous vous levâtes pour aller vers la porte d’entrée et hurler un « Gaël » retentissant, qui fit arriver à toute allure votre valet pour qu’il soit là.

« Je suppose que ce valet fera office de témoin neutre. Il apposera sa signature lui aussi. Étant Eskrois de basse extraction, il ne pourrait être plus neutre, se contrefichant royalement de toutes ces histoires. »

Maintenant, qu’elles osent...
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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: Garde au garde fou ! [Pv] Lun 29 Jan 2018 - 14:22
Mélusine ne se sentait pas à l'aise, et Nemrod ne facilitait pas les discussions avec les deux femmes. Il les jugeait trop facilement sur des rumeurs totalement aberrantes. La Ministre de l'Education gardait pourtant son sang froid, se tenant toujours droite dans son fauteuil. Peut être n'était-il pas très judicieux de retourner les reproches dont on les accusait contre Nemrod, mais peu importe, ce qui était dit était dit. Mélusine soupira.

- Voyons Monsieur le Comte, toutes les personnes en haut de l'échelle sociale sont victimes de diffamations et rumeurs, il aurait fallu réunir tous les Ministres dans ce cas là. Les petites gens que je côtoie me rapportent ce qu'elles entendent, mais pourquoi devrais-je m'abaisser à croire de telles infamies ? Je ne comprends toujours pas pourquoi sa Majesté y prête autant d'importance alors que nous avons toujours été, Madame Black et moi-même, loyale envers la couronne.

Elle avait parlé au nom de la Ministre des Armées, mais Mélusine était certaine de ce qu'elle avançait. Elle avait un profond respect pour Estera, et elle ne voyait pas celle-ci commettre un crime au poison, c'était totalement ridicule. Si Madame Black devait commettre un acte de violence, c'était plutôt à l'aide de sa rapière et en se battant, c'était une femme forte qui n'avait pas l'air d'avoir peur de qui que ce soit.

La suite des événements pris une tournure qui surpris énormément la Ministre de l'Education. Ainsi Nemrod en arrivait là, à les faire signer sur serment que ces rumeurs étaient fausses. Abject. Mélusine jeta un regard noir au comte lorsqu'il utilisa le terme de « pocharde ». C'était donc ainsi qu'il la voyait ? Une pocharde ! Ce faire insulter de la sorte révulsait Mélusine. Non, elle n'était certainement pas une pocharde, et elle bouilla intérieurement.

- C'est complètement ridicule...

Elle lâcha cette phrase en regardant les deux feuilles qu'il tendait. Puis lorsqu'il se leva pour appeler son valet, elle regarda Estera en la questionnant du regard. Qu'allait-elle faire ? Bien sûr, Mélusine pouvait signer ce papier en jurant sur Aernia qu'elle n'était pas une ivrogne, puisqu'elle en était convaincu. Mais devrait-elle du coup arrêter de boire en public ? Si ce n'était que ça après tout... Elle éviterait simplement de se rendre dans ces soirées qu'elle n'appréciait pas plus que cela. Elle resterait chez elle avec une bonne bouteille de vin et personne pour la juger, c'était aussi simple que ça...


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Estera Black
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MessageSujet: Re: Garde au garde fou ! [Pv] Jeu 15 Fév 2018 - 1:21
Décidément, le Garde-fou de l'Impératrice était véritablement insupportable. Toute discussion était impossible. Têtu, imperméable, il ne tolérait aucun autre avis que le sien. Il détenait la vérité absolue, se permettait tous les offenses. Se croyait-il donc intouchable ? Être mandater par l'Impératrice impliquait d'observer un comportement exemplaire. Ce qui n'était pas le cas, loin de là. Vivait-il dans une autre réalité ?

« De tout évidence. Souhaitez-vous que je vous le reformule ? » Répliqua-t-elle une nouvelle fois de sa voix monocorde.

Écoutant le nouveau monologue de Nemrod, Estera soupira intérieurement. L'estime qu'elle avait eu autrefois pour l'ancien Ministre des Armées s'évanouissait progressivement. Être le plus proche conseillé de l'Impératrice  lui avait-il fait quitter terre ? Le pouvoir lui était-il monté à la tête ? Autant de questions que la Ministre des Armées se posait. Elle resterait courtoise, correcte.

« Libre à vous de suivre les adages et de croire les rumeurs, Monsieur le Comte. Comme je vous l'ai dis, il n'est pas de mon ressort de mener des enquêtes sur mon personnel. Soyez sûr néanmoins que toutes les mesures seront prises afin qu'une enquête ai lieu à la cour pour confondre ces diffamateurs, peu importe leur statut. Je suis persuadé que Monsieur le Ministre Welton mettra un point d'honneur à mettre un terme à ces rumeurs infondées qui ternissent l'image de la Cour.  »

Une nouvelle fois, la Ministre des Armées renvoyait la balle dans le camp du Garde-fou. Ce petit jeu pouvait durer très longtemps. Ayant fait une croix sur sa soirée, rien ne la pressait. D'ailleurs le soupir de Nemrod la confortait dans sa position. Le temps était de son côté. Elle écouta donc la réaction de la Ministre de l’Éducation dont le discours sonna comme une évidence. Malheureusement, Nemrod ne semblait pas capable de faire preuve de bon sens. Ou bien le faisait-il sciemment, par stratégie. Dans le premier cas, un tel premier Conseiller de l'Impératrice apparaitrait comme très dangereux pour le Royaume. Sans doute serait-il judicieux d'en informer Sa Majesté impériale et de lui suggérer de changer de premier conseiller.

« Mademoiselle Black, Monsieur le Comte. Mademoiselle Black. » Rectifia-t-elle pendant le discours de Nemrod.

L'écoutant jusqu'à la fin, son visage changea pour exprimer l'incompréhension, puis l'inquiétude. La Ministre des Armées était bonne actrice. Pour elle, Nemrod venait de commettre une terrible erreur
Ignorant la feuille qui lui était tendue, elle parla à la suite de sa consœur, mais alla plus loin dans son raisonnement.

« Ridicule ma chère ? Offensant vous voulez dire. Envers la grande Conceptrice elle-même. Mes excuses Monsieur le Comte, mais avez vous bu ? Ou même consommé quelques substances illicites ? Êtes-vous souffrant ? De tels cas excuseraient votre blasphème. »

Continuant à jouer son rôle, elle tourna légèrement la tête et se massa les paupières. Prenant une voix grave, elle s'adressa au Comte.

« Je vous présente d'avance mes excuses Monsieur le Comte, mais je ne puis davantage fermer les yeux. Diffamation, offenses à l'encontre de la Ministre de l’Éducation et moi-même, et maintenant impiété. Il est de mon devoir d'en référer en Haut Lieu. »

Se tournant vers Mélusine, elle la regarda d'un air grave.

« Madame la Ministre, vous joindrez-vous à moi afin d'accomplir cette triste tâche ? » Dit-elle avant de tourner son regard vers le valet du Comte. « Et vous jeune homme ? Nous avons toute confiance en votre neutralité et votre sens du devoir. »

Désormais, la balle était dans le camp de la Ministre des Armées et de la Ministre de l’Éducation. Le rapport de force avait changé. Le Garde-fou allait devoir faire très attention à ses prochaines paroles, car si des rumeurs diffamatoires circulaient sur Estera, nul n'ignorait à la Cour qu'elle était une femme de parole.


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MessageSujet: Re: Garde au garde fou ! [Pv] Mer 14 Mar 2018 - 20:20
Vous ne leur proposiez rien de bien compliqué, en fait... en effet, si jamais elles n’avaient rien à cacher ni l’une ni l’autre, alors où était le problème ? Vous étiez fier de votre idée car, techniquement, elles n’avaient aucune autre solution. Signer ou avouer… oh, vous vous doutiez que ça ne se passerait pas comme ça… votre père avait une phrase pour ça :  il faut toujours prévoir un temps pour le quota d’emmerdes imprévues… et vous en aviez fait une sorte de devoir, toujours en prévoir. Et maintenant, vous vous attendiez à des emmerdes imprévues… et vous n’auriez pu être plus juste en la matière… en effet, vous entendîtes l’une puis l’autre protester. Toutefois, il y avait des choses à mettre en place, ou du moins dont la place restait à rappeler.

« J’ai déjà eu une discussion fort intéressante avec monsieur Welton il y a quelques temps, sur l’importance de l’image que l’on renvoie. En tant que ministre, madame Duval, vous êtes tenue de vous montrer impeccable, il ne faut pas, non pas que vous n’écoutiez pas les ragots, mais qu’ils ne vous entachent pas ! Voilà ce que le trône exige. Etre irréprochable. Car vous êtes l’image que renvoie le gouvernement. »

Vous restates suite à cela silencieux alors que sa comparse, réglée comme une horloge, poursuivait les protestations. Mais elles ne comprenaient pas ? Si elles ne voulaient pas signer, soit, elles finissaient d’entériner vos soupçons. Mais bon, qu’elles protestent, qu’elles protestent ! Par contre, vous aviez l’impression que la jeune black se fichait un peu beaucoup de votre tronches… vous la connaissiez plus ou moins bien sa politique : tuez-les tous, Aernia reconnaitrait les siens, non ? Vous sourîtes, mais sans chaleurs, alors qu’elle continuait de parler, continuant à estimer, sans doute que vous ne preniez pas le problème sous le bon angle, et vous la laissiez-faire, vous ne disiez rien, et vous attendiez de voir si elle finissait par – surprise – signer et encourager sa collègue à le faire, ou si elle exposait une autre solution. Vous connaissiez assez bien la ministre des armées et vous saviez donc qu’elle ne serait pas du genre à opter pour une autre option, qui serait, bien sûr, complètement à son avantage.

Elle oubvliait quelque chose d’essentiel. Vous étiez un vieux renard, bourru, certes, mais pas moins fin d’esprit… vous sourîtes alors qu’elle parlait d’offense et d’impiété, et cela vous faisait sourire, pas vibrer, pas de mal, non, juste sourire… vous restates silencieux, la laissant continuer, la laissant s’emballer. Et en référer en haut lieu… quel haut lieu ? L’impératrice ? Lilith ne vous reprocherait jamais vos manies…. Bien au contraire, elle percevrait la principale qualité de votre idée, mais selle voulait jouer à, alors soit, vous alliez jouer le jeu.

« Vous m’en voyez toutes les deux confus… je ne souhaitais pas vous sembler faire preuve de la moindre trace d’impiété, il me semblait courant de jurer par Aernia, alors le faire par écrit… cela ne me semblait pas être de l’impiété… Gael, allez-vous-en ! Je n’aurais plus besoin de vous ce soir. Mesdames, je vous en prie, allons-y ! »

Vous vous levâtes avant de finalement faire le tour du bureau en direction de la porte.

« Je répugnais à réveiller un prêtre pour faire cela, mais si vous y tenez, je ne vois pas d’inconvénient à tirer un homme pieu de son juste sommeil ! Mais puisque vous y tenez, je suis sur que le père De Voisin – frère de premier ministre – sera tout à fait disposé à discuter de cela et à agir en qualité d’officiant comme pour tout serment digne de ce nom… je tenais juste à avoir de vous une preuve de bonne foi, mais soit, allons-y ! »

Vous restates donc prêt à partir si elles étaient partantes.

« A moins que vous n’ayez autre chose à proposer ? »
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MessageSujet: Re: Garde au garde fou ! [Pv]
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