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On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~

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Maxine Van Pelt
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MessageSujet: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Sam 3 Fév 2018 - 12:34
Ses talons résonnèrent en un écho brisant le silence de l'écurie et attirant l'attention de ses occupants. Elle vit leur tête passer l'ouverture des box  avec curiosité, observant l'intruse qu'elle était s'avancer sans invitation. Ces là où ils avaient tord pourtant, Maxine avait bien reçu une invitation elle avait juste pris certaines libertés d'interprétation en réalisant que son rendez-vous était en retard. Appréciant l'ordre et l'organisation, un retard n'était pas acceptable. On avait un plan, on s'y tenait, point barre.

Excédée avant même d'avoir rencontré le propriétaire des lieux, elle décida donc d'aller explorer. Le domaine était en travaux, l'hippodrome fermé mais on l'avait laissé passer. Attendant dans le fiacre sa montre en main, elle regardait les secondes passer et le délai s'écouler... ça commençait bien. Dédommageant le cocher, elle lui demanda de l'attendre, pensant que si son rendez-vous était en retard, il pouvait tout aussi bien ne pas se montrer. Ainsi démarra son exploration et, attirée par l'odeur des chevaux, elle se retrouva dans les écuries.

Après de longues semaines en mer, suivi par des journées infinissables à la Cour, se retrouver parmi les équidés était comme un retour aux sources. Changer de continent, d'entourage, de culture était assez déstabilisant mais elle se sentit parfaitement à son aise ici, entre hennissements, cuir et fumier. Étrange, n'est-ce pas ? Non, les crottins ne la dérangeait, ça faisait parti intégrante de l'équitation et monter à cheval lui manquait plus qu'elle n'aurait su le dire. Voilà donc que le destin l'avait amené au sein des écuries les plus prestigieuses de l'Empire, un beau coup du sort.

Alors qu'elle parcourait les stales, elle s'émerveillait des bêtes sous ses yeux. Certains aux sang chaud ou de mauvaises humeurs, la prévenait de ne pas s'approcher de trop par leur flehmen caractéristiques et leurs oreilles couchées vers l'arrière. Elle nota ceux qui étaient susceptibles de mordre et ceux qui étaient les plus passifs et, qui acceptaient qu'on leur caresse l'encolure sans plus de cérémonie que de leur présenter leur main pour qu'ils reniflent de leurs naseaux. Elle apprécia particulièrement la qualité des bêtes et les soins visibles qu'ils recevaient, aucun troubles du comportement liés à une isolation certaine ne se faisait sentir.

Le calme des lieux fut soudainement troublé par grondement, feulement et un chat en pleine attaque qui coursait un rat. Maxine s'écarta du passage, relevant ses jupes et prenant place sur une botte de paille, laissant le greffier coincer sa proie dans un coin dans un couinement funeste. Elle sourit tout en s'asseyant et réalisa qu'elle aussi avait une petite faim. Sortant une spécialité Raclusienne bien emballé de sa poche, elle regarda le sac à puce se délecter de son rongeur alors qu'elle entamait sa viande séchée artisanale. Cet endroit la faisait déjà se sentir chez elle.
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Zenon de Lascelle
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MessageSujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Dim 25 Fév 2018 - 22:31
Oui, bon, d’accord, j’étais en retard ! Mais en même temps, à quoi fallait-il s’attendre ? J’avais des resp… non, pardon, j’avais des dettes que je pouvais rembourser et le rendez-vous avec mes créanciers, outre le fait d’avoir été plus long que prévu, avait aussi été moins agréable que je ne l’avais espéré… j’en avais mal aux côtes du coup que j’avais pris pour me rappeler que payer dans les délais n’était ni une option, ni une faveur, mais un ordre… fort heureusement, avait-il rajouté, il n’avait pas demandé un remboursement devant un magistrat, et je devais bien m’en souvenir, que la prochaine fois, sa clémence serait sans doute moins marquée…

Je m’étais donc carapaté dès que j’avais pu, non sans y laisser l’argent prévu, et j’avais décidé de ne ^pas demander mon reste, préférant rentrer directement, à cheval, en espérant que la pupille serait en retard. Je n’avais pas de portrait, juste son nom… Van Pelt… définitivement, ils proliféraient comme la peste cette famille… enfin, au moins n’était-ce pas un prétendant non-Ambrosien supplémentaire… oui, j’étais pour un renfermement… trop d’étrangers, ça se sentait… mais bon, qui étais-je pour donner mon avis sur le sujet ? Je soupirais et faisais accélérer la cadence à mon cheval, ne pouvant galoper en ville, car trop dangereux, je lui permettais d’adopter un trot rapide et allongé… parfait, mais il n’en restait pas moins que j’étais en retard…. Enfin, non, là ma montre indiquait que j’avais encore une minute pour arriver, et donc je n’étais pas vraiment en retard. Et le fait que je sois encore à quinze minutes de chez moi-même à plein galop n’entrait pas en ligne de compte. Tant qu’il n’était pas l’heure dite, je n’avais pas ce stress d’être vraiment en retard…

*

* *

Ah voilà, j’y étais, et l’heure était passée d’une bonne vingtaine de minutes… oui, ça commençait à faire beaucoup… je soupirais pour attendre un moment en silence avant d’emmener ma monture dans l’écurie pour m’en occuper comme il se devait, alors, je retirais mes gants de monte et prenais l’animal par la bride pour le conduire à sa stalle. J’avais peu de chevaux de selle quotidiens, la majeure partie étant vendu… je préférais qu’il y en ait juste deux, et s’il me restait quand même davantage les vieux fatigués que les jeunes fougueux – les poulains se vendaient si cher), je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que je devrais être forcé d’en garder un nouveau à l’occasion, car celui-ci- commençait à être vieux… et dieu savait que les chevaux de fin de vie étaient chers à entretenir…

Je l’arrêtais dans mes pensées en voyant, sur une botte de paille, une femme rousse, une jeune femme, qui semblait être en train de manger en regardant Triste Sir manger… oui, Triste Sir, c’était soin nom… un chat qui, usuellement dormait et, quand on le faisait bouger, nous regardait d’un air triste, d’où son nom…. Eh bien ce triste sir avait réussi à attraper une proie…. Là je n’en revenais pas… ce feignant de chat avait une proie dans la gueule… je me raclais la gorge pour attirer l’attention de la rousse.

« Excusez-moi, vous êtes chez moi…. Puis-je savoir ce que vous faites dans un endroit interdit au public ? »  



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Maxine Van Pelt
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MessageSujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Mar 27 Fév 2018 - 17:10
Maxine festoyait donc en compagnie du chat, attendant que le retardataire fasse son entrée. Triste Sir, puisse que c’était son nom, jouait avec sa nourriture et elle le regardait faire, ce grand chasseur ronronnant qui semblait tout fier de sa prise. Il avait avalé la moitié de sa proie alors que bruits de talons et sabots résonnaient dans les écuries. Enfin… La jeune femme ne lui jeta pas un regard, pas un coup d’œil, se remémorant plutôt les diverses rumeurs qui courraient au sujet de M. de Lascelle.

Entres autres, des échecs matrimoniaux à répétition, un héritage envolé, une épée tenue pour la meilleure du Royaume, un homme qui courre fortunes et jupons et un… piètre détective. A moins qu’il attende l’arrivée d’une autre pupille, sa présence en ces lieux était élémentaire. Tout en avalant sa viande séchée, la Raclusienne sortit une montre à gousset de sa poche. Presque vingt-cinq minutes de retard, il venait de donner le ton et cette première impression n’était pas des plus agréable.

Elle devait tout de même lui reconnaître certaines manières, peu de nobles auraient accueilli une intruse si calmement. Il n’y avait peut-être pas que du mauvais dans ce dépensier invétéré mais elle ne pouvait pas repayer son retard par un sourire.

“Je vous attendais mais ne vous voyant pas arriver, j’ai commencé le tour du propriétaire sans vous. Quant à vous excuser, nous verrons.” dit-elle d’un ton calme et légèrement ironique en se levant et lui faisant face.

La jeune femme s’était longtemps demandée comment elle allait se comporter devant son tuteur. Lui montrer son vrai visage était hors de question, elle n’avait aucune amitié pour lui et ne comptait pas en avoir. Elle ne voulait pas démarrer sur une offensive immédiate mais il ne lui avait pas donné le choix, son retard était inacceptable. Elle le regarda donc, ce noble grisonnant aux vêtements défraîchis et à la posture imperceptiblement bancale, tout en se demandant ce qui avait pu lui arriver pour qu’il se tienne de cette façon. Une vieille blessure d’escrime peut-être ou une récente chute de cheval ?

“Je suis Maxine Van Pelt et vous êtes… en retard.” dit-elle en fermant sa montre dans la foulée.

C’était inutile de se présenter, vulgaire même, mais elle n’avait pas pu résister. Il aurait fallu qu’il soit sacrément lent d’esprit pour ne pas comprendre qui elle était mais elle doutait lourdement de son pouvoir de déduction. C’était bien sa veine… Quoi que, c’était bien sa veine ! S’il était réellement ralenti du cerveau, elle n’aurait aucun mal à exploiter ce trait de son caractère à son avantage mais elle en doutait. On n’en venait pas à devenir l’animal de compagnie de la Clark, cousine de l’Impératrice, sans une certaine vivacité d’esprit.
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Zenon de Lascelle
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MessageSujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Sam 17 Mar 2018 - 17:16
Au moins, une chose était sure, elle ne manquait ni de toupet, ni de répartie. Je l’appréciais déjà, si elle était capable de se tenir, et surtout, de tenir sa langue au bon moment. Comprenez-bien : j’étais un beau parleur, clairement, mais au-delà de ça, j’étais quelqu’un qui, s’il avait toujours un bon mot savait pertinemment quand le laisser sortit, et avec qui… ça, elle apprendrait, sans doute. La société ambrosienne, surtout la haute société, n’était pas des plus cléments en la matière. Je lui accordais un sourire en guise de bon point. Oui, j’étais en retard, et alors ? Je restais un moment silencieux avant de finalement répondre, plus ou moins, à ce qu’elle avait dit.

« Le retard n’existe que dans l’œil de celui qui patiente… de plus vous me sembliez fort bien occupée, pour quelqu’un lassée du retard. J’ose espérer que vous n’avez touché à rien durant votre petit tour du propriétaire… »

Le chat amena et déposa à mes pieds la demie proie qui lui restait et je faisais mine de lui donner un petit coup de pied pour qu’il s’en aille. Non, ce n’était pas que je ne l’aimais pas. Il avait son rôle ici, mais c’était ainsi. Et puis, je le poussais du pied, je ne le frappais pas, et le chat, comme un prince, reprit son morceau de proie et fila sans un coin sombre où il disparut…. Ce salopard connaissait mieux mes possessions que moi.

« En général, entrer chez les gens est une bonne occasion de recevoir être rossé, heureusement, eu-t-égard à votre nouveauté en ces lieux et les manières de sauvages que l’on apprend ailleurs, je vous dispense d’en recevoir une. »

Non que je ne critiquasse pas son éducation… enfin, si, mais juste un peu. J’installais ma monture dans une stalle et prenais les brosses, me désintéressant d’elle pour commencer à vigoureusement étrier l’animal pour lui lustrer le poil. Nous ne partions pas, elle et moi, du meilleur pas, mais je savais qu’elle serait un peu forcée de faire contre bonne fortune, bon cœur… et puis, ça ferait une paire de bras supplémentaires. Ce qui ne serait jamais de trop.

« J’espère que vous n’allez pas vous comporter en princesse en ces lieux ? Comme vous le voyez, tout le monde met la main à la pâte, même moi, il en sera de même pour vous. Alors y a-t-il quelque chose que je dois savoir maintenant ? Des indispositions quelconques à connaitre ? Des ignorances à combler en priorité ? »

Si elle s’approchait je lui indiquais de prendre une brosse et de travailler au lustre de ma monture avec moi. 



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Maxine Van Pelt
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MessageSujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Dim 18 Mar 2018 - 18:15
Le sourire qu'il lui adressa la désarçonna un instant, jusqu'à ce qu'il se lance dans sa tirade tout droit sortie du dernier roman, ça allait pas être triste. S'il lui servait des expressions à chaque fois qu'il était en retard, elle aurait de quoi écrire un recueil de mémoires dans l'année.

“Vous pouvez espérer.” dit-elle énigmatique en lui faisant un signe de tête.

Il n'avait pas l'air d'être de ceux qui perdent une demi-heure à faire les présentations, c'était déjà ça de gagner. Elle n'allait pas le faire non plus, un signe de tête valait toutes les révérences du monde et elle n'avait aucune intention de s'incliner face à lui. Il venait juste de la traiter de sauvage... Oh si seulement il savait... Quand à la rosser, qu'il essaye seulement de lever la main sur elle et il ne toucherais plus jamais une autre personne de sa vie.

“Vous m'avez invité sans spécifier l'étendue de mon invitation et devant votre absence je me suis simplement permise une interprétation. Néanmoins, je vous remercie de votre clémence, j'espère pouvoir accorder le même égard à votre retard.” lui répondit-elle avec un sourire.

Elle s'écarta ensuite du passage le laissant atteindre la stalle en réfléchissant à son sort. Elle ne l'aurait pas admis à voix haute mais Thémis lui manquait en cet instant. Cette ville était un enfer et sa famille l'avait transformé en tueuse mais au moins elle connaissait les règles et savait jusqu'où elle pouvait aller. Ici, ils avaient des coutumes bien étranges, qu'elle n'appréciait que peu. L'idée de s'enfuir en pleine mer avec Albéric ne lui semblait pas aussi terrible, son plan B d'abandonner le plancher des vaches comme il disait. Elle avait été séduite par cette fuite en compagnie de son meilleur ami et continuait de se laisser tenter après cette rencontre avec son tuteur.

Il était intelligent mais pas bien fin tout de même ! Il l'avait trouvé assise sur une botte de paille à manger de la viande séchée pas assise au coin du feu à siroter un verre de vin.

“Je n'ai rien d'une princesse.” dit-elle en lui passant dans le dos. Elle s'avança vers le cheval et lui tendit la main pour qu'il puisse sentir ses doigts, ne lui caressant l'encolure qu'une fois cela fait. “Je peux demander une lettre de référence si vous voulez, mes anciens précepteurs seraient ravis de vous éclairer.”

Enfin... ceux qui étaient encore en vie. Il avait un sacré culot de critiquer son éducation, ses manières et désormais ses connaissances en équitation, surtout ce dernier point. Si elle ne lui montrait pas beaucoup d'égards c'est simplement qu'il ne l'avait pas mérité, elle n'allait pas se confondre en excuses alors qu'il n'était pas capable de lui rendre la pareille. Elle l'observa un instant alors qu'il pansait sa monture. Ses gestes n'étaient pas sûrs, surtout lorsqu'il levait les bras et il compensait en mettant son poids sur une jambe en particulier. Il était donc blessé au niveau du torse et pas qu'un peu. Elle alla attraper une étrille et se mit à l'ouvrage.

“Dois-je faire appeler un médecin pour vos côtes ?”
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Zenon de Lascelle
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MessageSujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Lun 19 Mar 2018 - 11:58
Houlà, la cohabitation partait mal, il fallait le reconnaitre. Mais je n’étais pas n’importe qui, j’étais Zénon de Lascelle, l’homme qui charmait plus vite que sombre, non ? C’était devenu une forme de survie, ça, ; des femmes, plus ou moins fraiches, c’était certain…. Et puis, j’étais irrésistible, même Amelia ne pouvait plus se passer de moi… ou du moins, j’y travaillais encore un peu… je lui fis un sourire que je voulais charmeur, alors que je continuais à brosser l’animal, pour qu’il soit impeccable et puis… et puis quel cheval n’aimait pas se faire bouchonner comme il fallait ? Voilà, vous aviez votre réponse… d’autant que l’animal était plus que placide et se laissait bien faire.

« On appelle la courtoisie élémentaire de ne pas s’introduire dans le domaine de quelqu’un sans invitation expresse à ce sujet. Mais je suppose que vous allez me rappeler la courtoisie élémentaire est aussi d’arriver à l’heure, mais je vous rétorquerai que ce n’est pas moi qui commet le pire impair de nous deux… »

Je ne dis rien de plus et je balayais de la main tant ses propos sur ses qualifications, que son offre d’appeler le médecin, saisissant un pied du cheval pour commencer à le curer comme il fallait, tachant d’éviter la moindre douleur. Ce cheval était un chouillat douillet et j’en profitais pour examiner les fers… il me faudrait bientôt les changer… je soupirais à cette idée. Encore des frais… enfin, je m’en doutais un peu, étant donné l’usage… je restais un moment silencieux avant de lui demander, sur un ton plus agréable.

« Vous semblez savoir mettre la main à la pate en matière de chevaux… »

Oui, ce gros douillet aurait refusé qu’elle le touche si elle n’avait pas su s’y prendre… je souris et je me dis que c’était peut-être quelqu’un de bien dans le fond, si les chevaux savaient l’apprécier… je leur faisais davantage confiance sur le sujet qu’à mes propres intuitions. Je ne me fuyais pas forcément à elle, mais je lui laissais le bénéfice du doute…au moins, elle ne restait pas loin dans l’idée que ça sentait mauvais ou autre… même si de mon avis, sentir le cheval n’était pas une si mauvaise chose. Je ne disais rien jusqu’à ce qu’il soit pansé nourri et abreuvé à souhait, puis, je reprenais la parole.

« Bon, venez, que je vous montre où vous allez loger, puis nous discuterons un peu de la suite à apporter à votre arrivée ! »

Je me dirigeais vers la porte d’entrée du petit manoir accolé aux écuries, où je n’eus pas besoin de toquer pour que le vieil homme qui servait de portier et de majordome nous ouvre. Il était loin d’être sourd, a contrario, si on le regardait, on voyait ses yeux voilés par la cataracte. Il était presque aveugle… et il ne servait plus à grand-chose… mais je n’avais le cœur à le mettre dehors.

« Rebonjour, Louis ! Je vous présente ma pupille Maxine Van Pelt, elle va habiter ici…. Votre petite fille cherche-t-elle toujours du travail ? Si oui, faites-lui dire que je l’attends demain pour voir si elle pout servir de femme de chambre pour elle. »

Suite à cela, je faisais signe à la jeune femme de me suivre, et de monter à l’étage. Le manoir était délabré, c’était le moins que l’on pouvait dire. Oh, il n’était pas en train de tomber en ruine, mais peut être un peu de travaux, et quelques rafraichissements n’auraient pas été du luxe. Je la conduisais au deuxième étage où je lui indiquais une porte.

« Vos appartements. Je vous laisse les découvrir et nous nous retrouvons en bas dans… une heure ? Dans le petit salon, dirons-nous ? Alors à tout à l’heure ! Et si vous avez un doute sur l’endroit ou allez, demandez à Louis, il connait cet endroit comme sa poche, mieux que moi, c’est dire ! Et si vous souhaitez explorer, cette fois-ci, vous pouvez… et si vous avez besoin de quoique ce soit, demander à Margaret, elle se charge du linge et des repas. »

Comme ça, ça me laissait le temps de me soulager un peu les côtes, d’ici là.
Pour ses appartements, c’étaient les plus « corrects », autrement dit, la tapisserie était propre, pas trop défraichie et la chambre n’avait pas besoin de travaux, ni, d’ailleurs, la salle de bain attenante qui disposait, par contre juste d’une fourche et non d’une cuve dans laquelle se plonger…

Dans tous les cas, cette fois-ci, j’étais à l’heure, les côtes bien bandées et du baume contre les douleurs d’appliqué… Le petit salon était assez simple et similaire à un fumoir, avec une grande fenêtre donnant sur la cour, et de larges fauteuils un peu anciens, mais qui tenaient bon.



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Maxine Van Pelt
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MessageSujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Lun 19 Mar 2018 - 17:29
Il ne dit rien sur sa blessure et elle ne le releva pas. Maxine ne se souciait pas de sa santé plus que ça mais elle n’avait pas pu s’empêcher cette remarque. Si son sourire charmeur ne créa aucune réaction non plus, son compliment sur son soin des équidés lui arracha un sourire. Voilà qui était pour lui plaire. Si elle n’avait que peu d’amour pour les humains, elle n’aurait pas fait de mal à une bête, surtout aux chevaux et elle aimait à s’occuper d’eux. Ils étaient parfois plus intéressants que bien des gens qu’elle avait rencontré.

Une fois, la monture pansée, la jeune femme lui caressa l’encolure et lui gratta derrières les oreilles avant de suivre le comte vers sa demeure. Elle avait déjà remarqué la bâtisse en arrivant et elle lui avait rappelé le pavillon de chasse de son père. Un lieu où elle se rendait chaque année pour l’ouverture de la chasse, une torture indescriptible où elle faisait de son mieux pour s’échapper à la première occasion et ainsi ne pas assister à cette exécution lamentable.

Elle fit signe au cocher du fiacre de l’aider avec ses malles lorsqu’elle vit les yeux laiteux du majordome. Une Van Pelt ne voyageait pas léger et elle ne dérogeait pas à cette règle. Suivant son tuteur dans le manoir, elle salua Louis tout en notant que ce serait sa petite fille qui se présenterait pour la servir. Ainsi le comte préférait garder ce rôle dans la famille, elle n’y voyait aucun mal mais saurait en temps et en heure y mettre ses conditions.

“Une heure dans le petit salon.” confirma-t-elle en rentrant dans sa chambre.

Elle veilla à ce que ses malles soient montées, paya le cocher et demanda à Louis l’emplacement du petit salon pour être sûre de ne pas se perdre plus tard. Partir à la découverte du manoir aurait pu la tenter mais la soudaine autorisation que lui avait donné le comte enlevait tout le charme à cette entreprise. Elle choisit donc de rentrer seule et de commencer à s’installer. Ce n’était pas le grand luxe mais ça ferait l’affaire, le lit était confortable et il faisait chaud.

Elle enleva son manteau et commença à ranger ses affaires, sortant ses robes, son coffret à bijou et attrapa sa dague favorite qu’elle plaça sous son oreiller. Le lit était confortable, la salle de bain particulière et le décor d’un autre siècle mais elle devrait bien s’y faire. A quelques minutes de l’heure fixée, elle descendit donc vers le petit salon, sans se changer ni changer sa coiffure pour rejoindre Monsieur de Lascelle. Rentrant dans la pièce sans plus de cérémonie, elle fut ravie de trouver son tuteur à l’heure et alla s’installer tout en s’adressant à lui.

“De quoi souhaitez-vous discuter ?” demanda-t-elle avec un demi-sourire.

La pièce était à l’image du reste de la bâtisse et de son propriétaire, un peu défraîchie mais pouvait encore tenir la route. Elle regarda son tuteur un instant se demandant bien ce qu’il avait en tête et s’alluma une cigarette.

“La fumée ne vous dérange pas j’espère.”
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Zenon de Lascelle
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MessageSujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Mar 20 Mar 2018 - 19:56
Quand elle me rejoignit, je me rendis compte qu’elle n’avait pas pris la peine de se changer, de se coiffer différemment ou autre. Très bien, comme elle voulait, je haussais discrètement les épaules alors que je me levais pour l’inviter à prendre place dans un fauteuil tout aussi vieux que le mien, mais qui n’était pas aussi défoncé… je restais un moment silencieux avant de finalement l’entendre me demander un peu ce qu’elle faisait là, plus ou moins, et elle se mit à fumer. J’en profitais, au lieu de lui répondre, pour sortir un cigare que je m’allumais, cadeau d’un ami, je lui montrais par la même que sa fumée ne me dérangerait pas. Puis, Margaret vint pour s’enquérir de ce que nous souhaitions boire et je lui demandais un léger muscat, invitant mon invitée à choisir ce qu’elle voulait boire avant de m’attaquer à ce qui nous concernait vraiment :  comment ça allait se passer ici et la suite à donner.

« Eh bien, je suppose qu’n tuteur modèle demanderait ce qui vous a déjà été enseigné, aurait planifié avec vous des cours supplémentaires pour que vous puissiez vous épanouir à la cour autant que dans votre vie future. Il vous inculquerait les règles de son domicile, les us et coutumes des locaux, en plus de vous présenter aux bonnes personnes. Alors comme je suppose que je ne suis pas un tuteur modèle, je pense qu’il s’agira plus d’une sorte de questions-réponses. »

Je restais silencieux avant de reprendre.

« Donc je suppose que vous avez des questions peut être précises en tête ? Dans tous les cas, il y a des choses à clarifier de suite quant au fonctionnement de cette demeure. Vous avez rencontré Louis et Margaret, les deux autres personnes à temps plein ici, et qui habitent une dépendance sont Henri et son épouse Elisabeth, ils s’occupent des chevaux au quotidien. Euh… ah oui, l’hippodrome, je ne veux pas vous voir y trainer, car vous n’avez rien à y faire, les lieux sont en travaux pour les Grands Jeux à venir, mais vous pouvez aller aux paddocks et à l’écurie, dans la mesure où vous ne négligerez pas vos études ou les taches qui vous seront confiées. Les repas sont servis à heures plus ou moins fixe, à une heure près, pour soulager Margaret un peu, et si je n’exige pas que vous déjeuniez ou soupiez en ma compagnie j’estime qu’il est normal que nous partagions des moments, aussi, nous devrons nous ménager un temps, un repas régulier… »

Oui, je croyais que j’avais fait le tour rapide…

« Des questions ? »



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MessageSujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Mer 21 Mar 2018 - 16:24
“Bien.” dit-elle en le voyant allumer un cigare.

Un bon point pour lui. Fumer était un de ces péchés mignons et elle n’aurait su comment faire si on le lui interdisait. Ça la calmait et elle appréciait ce petit moment surtout accompagné d’un verre. En parlant de verre… Maxine resta un moment décontenancée par les boissons qu’on lui proposait. Ne laissant rien paraître, elle choisit d’accompagner son tuteur au muscat plutôt que se planter et de choisir quelque chose qu’elle n’aimerait pas. Remerciant Margaret par réflexe plus que par envie, elle reporta son attention sur son interlocuteur.

Il avait une posture, moins droite, signe qu’il avait soigné ses côtes. Elle sourit finement à cette pensée et prenant une petite gorgée de son verre. Pas si mal ce muscat… Elle l’écouta alors se présenter, de dépeindre en mauvais tuteur auquel elle acquiesça. La Raclusienne savait qu’elle ne serait pas non plus une pupille modèle, au contraire. Elle s’attendait d’ailleurs à ce que ces deux-là se crêpe le chignon à maintes occasions, ça pimenterait le quotidien. Contrairement aux cours dont il parlait, elle n’avait absolument pas envie d’avoir d’autres cours, d’autres précepteurs, des leçons assommantes avec des arriérés finis qui veulent inculquer des connaissances absurdes. Le pied…

Il fit ensuite un tour rapide, une petite synthèse du fonctionnement de son domaine.

“Quand vous dites que je peux aller aux paddocks et aux écuries, vous entendez que je peux m’y rendre ou que je peux monter à cheval à loisir ?”

Après des semaines en mer, et puis d’autres à attendre d’avoir un tuteur, elle avait cruellement envie de monter et ça la démangeait depuis qu’elle était rentrée dans les écuries. Elle parvint à garder son masque neutre, ne donnant aucun signe quant à cette envie et abordant ce sujet comme si elle voulait éclaircir une phrase mal tournée. Il avait le choix et les cartes en main, c’était son écurie et il pouvait prendre la décision qu’il souhaitait. Elle s’y plierait, les chevaux c’est sacré et elle ne penserait même pas à lui désobéir, un fait rarissime.

“Ah oui, m’autoriseriez-vous certains caprices ? Voyez-vous j’adore la musique et le piano en particulier. Si vous n‘en avez pas, je serais tout à fait prête à m’en procurer un, à mes frais cela va s’en dire. De même pour certains aménagements dans mes appartements, j’ai peur que l’intégralité de mes malles ne rentrent pas dans les armoires et qu’il faille en acheter d’autres.
En parlant de dépense, je souhaite également rémunérer moi-même ma femme de chambre, il est normal que je m’en charge puisse qu’elle sera là pour mon agrément, et non le vôtre.”
dit-elle avec un regard révélateur.

Son compte en banque allait chauffer… surtout s’il refusait de partager ses coursiers et qu’elle doive s’en trouver un. Fort heureusement, ses parents avaient fait le nécessaire pour qu’elle ne paraisse pas avec la même toilette à chaque réception et qu’elle fasse la honte de la famille. Ça et la générosité de sa grand-mère, qui avait rajouté à la pile et, elle se retrouvait avec un compte à la Gobelin qui aurait fait des envieux. Merci la famille…

“Pour finir quelles activités quotidiennes comptez-vous me confier ?”

Le meilleur pour la fin.
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Zenon de Lascelle
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MessageSujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Jeu 22 Mar 2018 - 11:30
Je prenais une bonne bouffée du cigare en attendant de voir si elle avait des réflexions, des questions. Après tout, elle était en territoire inconnu, elle était avec un inconnu, et il aurait été légitime qu’elle pose des questions sur son nouvel environnement. Et la première question m’arracha un sourire, en voilà une qui connaissait ses priorités, j’aimais bien cela… je restais silencieux un moment avant de lui répondre, sourire aux lèvres, et de manière enjouée.

« Bien sûr, bien sûr, oh, il y en a qu’il ne faut pas approcher ou monter, des chevaux qui sont déjà vendus mais en dressage, sinon, je ne vois pas le problème pour vous de monter dans l’enceinte du domaine dans un premier temps, jusqu’à ce que je sois sûr de vos talents hippiques. J’espère que vous comprendrez cela. Au même titre que si vous souhaitez partir en promenade à l’extérieur, pas de soucis, mais pas seule, une jeune femme de bonne famille ne part pas sans chaperon. Traitez-moi de vieux jeu si vous le désirez, mais c’est ainsi, et je préfère prévenir, semer votre chaperon sera sans doute tentant, mais vous ne le ferez pas, ou vos libertés seront restreintes… Il faut que je m’occupe de vous en trouver un, de chaperon, d’ailleurs….  Enfin, je trouverais. »

Je souris et j’attendais la suite, qui ne tarda pas à venir… pour le piano, il me semblait que nous en avions un… un vieux, qu’il faudrait faire accorder, mais si, il me semblait bien…. Il était sans doute dans l’autre petit salon. Oh, ce ne serait pas un grand piano à queue, mais un piano droit, c’était déjà bien, non ? J’espérais qu’elle n’allait pas avoir d’ennuis… quant à rajouter des armoires… tssst… les femmes et leur linge, quand même… et quant à savoir qu’elle rémunérait la suivante, j’étais partagé… en fait, d’un côté, j‘étais pour l’économie de dépense, ce qui était normal, mais d’un autre côté, j’avais l’impression que je perdrais un peu le contrôle de ma maisonnée… et ça, ça ne me plaisait clairement pas ! Du coup, mon sourire se réduisit quelque peu… mais elle savait que ça ne me plairait pas, n’est-ce pas ?

« Alors, pour le piano, il doit y en avoir un dans la pièce d’à côté, un piano droit, pas à queue, mais je suppose que ça vous conviendra ? Pour les armoires et penderies supplémentaires, il n’y a pas de problème, nous irons voir ce dont vous avez besoin exactement, car outre le fait d’acheter, nous pouvons bien dégarnir une autre chambre de ses armoires, par exemple. Par contre, je refuse que vous rémunériez votre femme de chambre, je m’en chargerais. C’est ma maisonnée et ma domesticité, avant tout… et je tiens à ce que cela reste ainsi. J’espère que vous comprendrez ma position ? »

De toute façon, je ne lui laissais pas vraiment le choix en la matière.

« Quant à votre emploi du temps, voilà ce dont il va s’agir : si vous voulez profiter des chevaux, vous aiderez à leur entretien de manière quotidienne, c’est normal et j’ai appris que travailler un peu au contact des animaux ne fait de mal à personne… »

Et comme ça, je profitais un peu pour soulager Henri à l’œil…

« Ensuite, vous aurez une sorte d’évaluation de vos manières, pour pouvoir constater si elles sont dignes de paraitre en cour, je ne veux pas me rendre ridicule en votre compagnie, sans vouloir vous offenser. Mais il y a toujours quelque chose à apprendre, ne serait-ce que des leçons sur les us et coutumes locales… donc le temps sera partagé avec cela et des sorties en bonne société. Vos parents espèrent-ils que vous reveniez avec un mari potentiel ou pas ? »

La question se posait en effet.

« Dans le même ordre d’idées, j’aimerai savoir ce que vous attendez de votre pupillat. »



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