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On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~

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Sujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Mer 1 Aoû 2018 - 21:24
Son avertissement la fit sourire. Il considérait la curiosité comme un vilain défaut ? Vraiment ? quel dommage… C’était si beau la curiosité et fouiner était si grisant. La peur de se faire prendre, de ce qu’on va découvrir, le stress, l’adrénaline, les sueur froide alors que quelqu’un s’approche de votre cachette des documents auquel vous n’auriez jamais dû avoir accès dans votre poche. Ça lui rappelait des souvenirs tiens…

Elle savait que M. De Lascelle allait se montrer intransigeant avec elle. Un seul faux pas et elle allait le payer cher ! Une simple erreur et elle resterait à domicile pour faire pénitence pendant de longues semaines si ce n’est plus ! Pour un noble à la réputation si légère, il la surprenait grandement. Il aurait pu lui lâcher la grappe quand même, elle était sûre que lui-même se la donnait de temps en temps alors pourquoi lui mettre de telles restrictions ? Il était pourtant préférable de laisser passer ce commentaire et de l’accepter avec une révérence.

A son retour, elle fit un crochet par la salle de musique avant de revenir vers la salon fumoir où elle fut accueilli pas une lettre. Lisant le plis, elle pensa un moment à une erreur administrative, l’a renvoyait-on sur l’île des Pupilles ? Était-ce une bénédiction ou un malheur ? Et bien non, c’était tout bonnement une invitation à sortir. Elle l’a lu et questionna son tuteur du regard qui lui répondit.

“Il serait malvenu de refuser une invitation si précoce soit-elle et je ne puis vous laisser sortir sans escorte.” dit-elle d’un ton narquois.

Elle lui rendit la lettre et songeant à cette soirée qui s’offrait à elle. N’ayant jamais assisté à une scène de théâtre en Ambrosia, elle ne savait pas à quoi s’attendre mais elle doutait qu’il y avait de lourdes différences avec les représentations auxquelles elle avait assisté à Thémis ou Adop.

“Que pouvez-vous me dire sur cette dame et sur la pièce que nous allons voir ?”

Priant pour que ça ne soit pas une comédie, ou pire une romance, elle songea à ces contes dramatiques qu’elle affectionnait tant. Une histoire qui se finit mal est dans la plupart des cas une belle histoire, bien plus réaliste qu’un heureux pour toujours. Le malheur des héros fait généralement le bonheur de leurs ennemis et, il lui était bien difficile de s’attacher à la princesse seule dans sa tour démunie et qui attend d’être sauvée. Pourquoi devrait-elle avoir une belle fin ? Elle n’avait rien fait pour l’obtenir !

Bref, laissant ses divagations de côté, elle demanda enfin si elle était présentable pour sortir en public, curieuse de savoir si sa toilette pouvait être un faux-pas ou non.

“Cette robe ira ou faut-il que j’aille me changer à nouveau ?”


Sujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Dim 5 Aoû 2018 - 11:00
Je trouvais qu’il était possiblement trop tôt pour emmener ma pupille ou que ce soit. Mais je considérais aussi qu’il était très malvenu, très malpoli de refuser une invitation comme celle-là. Elle se faisait trop rare et trop précieuse pour que nous rations, ma « chère » pupille comme moi-même, une soirée comme celle promise par ce morceau de carton. Même si je me doutais que l’organisatrice soit plus du genre à espérer que je vienne accompagné d’une certaine blonde influente que de ma pupille. Et normalement j’aurai averti Amelia avant d’y aller pour que nous nous accordions si jamais elle souhaitait y aller. Je restais silencieux et je lui souris alors qu’elle prenait la parole, confirmant qu’en effet c’était une bonne idée d’y aller… et j’éclatais de rire pour l’escorte, h, je savais que c’était sans doute une pique, mais elle ne savait pas, sans doute, que j’étais l’homme à ne jamais agresser. Je n’avais pas d’argent pour une rançon et ma douce Amelia s’arracherait les ongles, les yeux, et la langue, que de payer pour me récupérer… oui, j’avais une opinion assez pauvre des choses, mais bon, cela importait peu. Et je lui répondais tout aussi narquois.

« Oh, ne vous en faites pas pour ça, je ne vais pas demander à une faible femme d’assurer ma protection, je passe par des professionnels quand cela s’avère nécessaire… »

Oui, moi aussi je pouvais me moquer d’elle, mais je pariais que l’humour, avec elle, passait bien moins quand elle était victime que quand elle était instigatrice d’un trait d’humour. Mais cela n’importait pas, dans le fond. Je lui fis un clin d’œil un rien fripon avant de finalement l’entendre poser une question fort intelligente. Elle voulait des informations sur notre hôte et sur la pièce de théâtre, des questions intelligentes et sans aucun doute légitimes.

« Alors, Madame Sanssart d’Ajort est une veuve fortunée comme seule notre époque sait les faire : une jeune femme aussi riche que belle, et avec beaucoup d’esprit. Mais c’est une vipère, ne l’oubliez jamais, et si elle vous complimente c’est soit qu’elle cache une moquerie soit qu’elle compte obtenir quelque chose de vous. Ne l’oubliez jamais. Toutefois elle a un certain talent pour la tragédie et j’espère que nous le verrons ce soir avec sa nouvelle pièce… elle fait partie de la très vieille noblesse, avant même que Mérimin ne soit sur le trône, et sa famille est éminemment respectée. Je pourrais aussi vous parler des rumeurs, mais je préfère que vous vous fassiez votre propre idée sur le sujet. »

Puis je regardais sa toilette d’un œil critique. Elle serait passable pour une dame, et sans doute assez en accord avec ce que l’on attendait d’une autre compagne qu’Amelia au bras de Zénon de Lascelle… je haussais les épaules.

« Disons que cela pourrait convenir si vous voulez renvoyer une image similaire à la mienne, mais pas si vous désirez faire vraiment une bonne impression. C’est votre première sortie publique et vous n’aurez pas deux fois l’occasion de faire bonne impression… »

A demi-mots je lui demandais de se changer, en effet.

« Mais cela peut attendre que nous ayons pris notre diner léger, je pense. »



Prière de me MP sous le compte d'EVERARD ZULLHEIMER
Sujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Lun 13 Aoû 2018 - 15:18
La pique de retour la fit rire également. En quelques heures, ils avaient commencé à rire l’un de l’autre avec une certaine légèreté. Elle savait pertinemment qu’elle ne devait pas pousser ses chances, mettre un orteil ou deux sur la ligne était peut-être apprécié dans l’intimité mais franchir la ligne signifiait des barreaux à sa fenêtre et plus si elle se montrait trop impertinente en public. Oui, décidément, elle n’en démordait pas. Cette menace lui pesait lourd sur la conscience ! L’idée seule d’être enfermée suffisait à la contenir, semblait-il. Décidée à ne pas montrer cette faiblesse et plutôt son meilleur jour, elle lui fit un signe de tête signalant que sa remarque était bien placée et acceptée.

Écoutant donc la description de Madame Sanssart d’Ajort, elle se demanda si les personnes que fréquentait son tuteur étaient toutes formées sur le même modèle. A l’écoute, il semblait qu’il décrivait une autre Amelia Clark… Il semblait avoir un goût prononcé pour les femmes revêches et piquantes. Nul doute que son habitude à de telles fréquentations expliquait la facilité avec laquelle il avait subis les répliques de Maxine. Loin d’être une experte en la matière, les comparses de M. de Lascelle avaient des années d’expériences derrière elle. Entrer si vite dans la cour des grands lui envoya une décharge électrique dans la nuque. On ne jouait plus désormais, c’était pour de vrai.

Le plus dur était de savoir répondre à ces moqueries souvent peu dissimulées. Renvoyer une pique sans paraître affectée par la remarque, juste assez pour faire rire son monde et toucher la vipère. L’intriguer même, cherchant à lui faire comprendre que son jeune âge ne voulait pas dire naïveté et essayer d’inspirer un sentiment d’entendement. Elle n’était pas sûre d’en être capable face à cette veuve de la tragédie qui devait manier les mots comme certains maîtrisent la dance ou la calligraphie. Des fois, la meilleure des choses à faire était pourtant de sourire et de renvoyer le compliment…

“Tant mieux, je préfère les tragédies…
Je me demande bien ce qu’elle pourrait vouloir de moi. Je n’ai aucune relation à part vous et quelques autres et aucune histoire à lui conter qui ne pourrait l’intéresser.”


Laissant ainsi entendre que son arrangement avec la cousine de l’Impératrice était protégé, elle savait que le reste de ses mots était un brin ingénu. Il y avait beaucoup dont on pouvait espérer d’une héritière étrangère assignée à un puissant Comte Ambrosien dont les relations faisaient rougir d’envie la Cour. Cette rencontre avec la Dame de Théâtre serait un bon moyen de montrer à son tuteur qu’il pouvait compter sur elle et, qu’à défaut de lui faire confiance, il pouvait au moins lui accorder un certain crédit de discrétion et de tenue.

“Bien, j’irai donc me changer…” dit-elle résolue.

Le seul souci étant que ses toilettes les plus raffinées demandaient de l’aide… Peut-être que Margaret saurait venir à sa rescousse ? Elle n’en était pas sûre mais serrer quelques fils n’était pas si compliqué, elle trouverait bien une paire de main charitable pour l’assister en temps et en heure. Un peu distraite par ses soucis de garde-robe, ce qui était bien étrange pour elle, la jeune Raclusienne suivit donc son tuteur pour dîner.

“Pensez-vous que d’autres de vos relations seront présentes ce soir ? Des personnes que je devrais connaître ou à l’inverse éviter ?” demanda-t-elle.


Sujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Jeu 23 Aoû 2018 - 19:12
Moi, là, j’essayais de garder un air quand même détendu, même si j’avais un peu foies de foirer mon rôle de tuteur… enfin bon, j’espérais quand même finir par y arriver. Je lui fis un sourire, tachant de garder une certaine noblesse dans la nonchalance de ma mise, ou encore dans la manière que j’avais de parler. Non que ce soit mon style de fonctionnement, mais bon, j’essayais de donner le change, quoi. Je restais un moment en silence alors qu’elle posait une question intelligente. Que pouvait bien vouloir notre hôte… peut être pouvais-je être vraiment honnête avec elle sur le sujet ? C’était sans doute la meilleure méthode, même si cela ne serait pas agréable à entendre pour elle.

« A vraie dire je subodore qu’elle espère que ce sera Amelia qui m’accompagne… mais bon, pour ce genre d’invitations, vous êtes prioritaire, en tant que pupille. C’est mon devoir que de vous emmener là-bas au lieu d’y venir avec Amelia à mon bras. Donc vous allez faire la surprise… mais bon, je ne doute pas que ce genre de surprises, vous sachiez les gérer. Vous n’êtes pas n’importe qui, en plus… »

Mais je ne m’arrêtais pas là.

« Ici, à Ambrosia, si la mode vestimentaire est très dictée par les vêtements impériaux, il faut savoir qu’en matière de « lieu où aller », c’est Amelia qui donne l’exemple. On écoute la cousine et on l’imite. En somme, la bonne société vit au rythme qu’elle impose plus ou moins, donc savoir qu’elle est venue voir sa pièce encouragera beaucoup d’autres personnes à aller la voir aussi, et pourrait en faire un succès. Voilà pourquoi elle espérait que je lui demanderai de m’accompagner. Mais elle a un train de retard : elle ne sait apparemment pas que vous êtes déjà ici… »

Puis, je lui expliquais mon autre raison de l’inviter, la mienne celle-ci.

« La morale m’impose, certes, de vous emmener, mais ne vous méprenez pas. C’est un test. Car je doute qu’il y ait du plus grand monde à ce genre de soirée… il y aura sans doute beaucoup d’artistes, moins attachés aux convenances, aussi, à moins de défier l’honneur de quelqu’un, il y a peu de chances que vous commettiez un impair définitif… mais sinon, non, je ne pense pas qu’il y ait des personnes en particulier dont vous devriez vous défier. Je préfère vous lâcher parmi les fauves et que nous en parlions après. Je me ferai ainsi, au passage, une opinion de votre faculté de jugement… »

Voilà, oui, c’était le mieux à faire.

« Enfin bon. Dinons ! »

Je l’entrainais vers la petite salle à manger où la table était mise et un repas léger était attendu sous quelques instants. 



Prière de me MP sous le compte d'EVERARD ZULLHEIMER
Sujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Mer 26 Sep 2018 - 16:43
Ainsi donc, Maxine n’était vraiment voulue à cette soirée, elle serait le cheveu sur la soupe dès lors qu’elle apparaîtrait au bras de son tuteur. Une situation bien inconfortable surtout qu’elle voulait faire une bonne première impression et, désormais, tous les yeux seraient sur elle. Tant pis, elle avait l’habitude de ces situations délicates et rien de mieux que cette occasion pour faire ses preuves.

Elle offrit un sourire à une remarque en particulier. Oui, elle n’était pas n’importe qui, c’est vrai. Elle faisait quand même parti d’une des douze plus grande maison de Raclus, il ne fallait pas l’oublier. Si sa famille n’était pas bien vu par la Ligue ces derniers temps, elle restait une noble tout à fait respectable en Ambrosia et son cousin germain était prétendant auprès de sa Majesté. Ça pesait quand même son poids.

“Notre hôte est donc mal informée, c’est bon à savoir.”

Son sourire s’élargit à cette information, rien de mieux qu’une personne qui ne vérifiait pas ses informations pour donner le ton de son propre chef. Elle comprenait tout de même les intentions de cette Dame de théâtre, avoir Amélia Clark à sa pièce lui assurait une salle pleine pour ses prochaines représentations, c’était bien joué de passer par Zénon de Lascelle pour arriver à ce résultat. Elle avait de la suite dans les idées au moins…

Arrivés à la salle à manger, elle s’attabla comme il se devait.

“Je ne doute pas que cette soirée donnera le ton. Si je puis vous rassurer, je ne compte pas commettre d’impair, d’aucune sorte soit-il. Je me comporterais comme une pupille doit le faire en essayant de vous faire honneur et de me faire honneur. Si je me suis permise quelques écarts de langage ou de comportement avec vous, c’était avant tout pour voir comment vous alliez réagir.
Je suis consciente que les personnes présentes essayeront de faire de même avec moi mais je ne montrerais aucune hostilité.”


Elle se redressa sur sa chaise en soupirant. Un groupe d’artiste… elle ne s’y connaissait pas beaucoup en arts ambrosiens. On lui avait enseigné les mouvements dominants et des références classiques mais c’était tout. Elle serait bien perdue si on en venait à discuter de styles plus modernes. Qu’à cela ne tienne, l’assemblée à cette soirée serait bien plus indulgente que les salons de la Cour. Autant se faire la main avec eux, tester les eaux et profiter de cette soirée.

Déjà on leur servait le repas.

“Je vous souhaite un bon appétit.”


Sujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Dim 4 Nov 2018 - 14:46
Je souris, Oui, elle était mal informée, mais là était toute la beauté de la chose. Elle allait avoir une surprise de taille, et dans ce même enchainement de pensée j’appréciais la finesse d’esprit de la jeune femme que l’on avait mis à ma garde… oui, elle était mal informée et oui, c’était extrêmement bon à savoir, car cela permettait de percevoir les limites de son influence… je lui faisais un sourire avant de finalement lui dire.

« Exactement… profitez-en pour noter tout ce qui est possible de retenir sur les invités qui vous semblera intéressant ; je pense que ce serait à la fois un bon exercice, et en même temps, une personne informée est une personne armée… »

Oui, c’était une leçon importante. Car dans une grande mesure, savoir, c’était pouvoir… et donc, plus elle en saurait sur les bonnes personnes, plus elle serait capable d’évoluer dans ce monde sans subir aucune anicroche. Cela avait une grande importance que de ne pas vexer les personnes dangereuses, notamment. ; enfin bon… cela, elle s’en rendrait sans doute compte. Peut être même la laisserai-je se fourrer dans quelques ennuis de ce genre, mais sans pousser le vice à lui rendre la vie infernale…. La cour était un univers dangereux et où l’on marchait sur des œufs. Peut être l’apprendrait-elle d’instinct, d’entrée de jeu, ou alors peut-être devrait-elle subir une ou deux humiliations. Cela ferait du bien.

A table, elle chercha à me rassurer… je me contentais de hausser les épaules. Nous verrions bien ! Je ne savais pas si c’était ce qui allait se passer, bien sûr, mais bon, ce serait sans doute le plus intelligent de sa part, mais je ne savais pas si c’était ce qu’elle ferait. Hélas. D’ailleurs, ma seule réaction fut un sourire, en plus du petit geste d’épaules, puis je rajoutais juste quelques petits mots.

« Connaissez-vous votre philosophie ? Aucun homme ne demande à un autre homme ce qu’il pense car seuls ses actes apportent une réponse valable. »

Je lui fis un sourire avant de finalement à laisser déduire ce qu’elle devait. Car oui, je n’avais pas décidé de lui dire ça sans raison. C’était en rapport avec ce qu’elle disait. Puis, après les politesses d’usage, nous commençâmes à manger et si je mangeais lentement, je ne parlais pas pendant le repas, privilégiant l’idée de manger en silence, sauf si elle interrompait celui-ci, du moins. Toutefois, la majeure partie des préparatifs pour la suite des événements était déjà fait. Je restais sans rien dire avant de finalement, alors que je finissais mon repas.

« Comment voyez-vous la suite de votre pupillat en Ambrosia ? Avez-vous des objectifs précis en tête ? Ou attendez-vous juste de voir comment cela se passera ? Vous avez peut-être envie de rencontrer quelqu’un de précis ? »



Prière de me MP sous le compte d'EVERARD ZULLHEIMER
Sujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Dim 23 Déc 2018 - 16:34
Il n'était décidément pas bête du tout. Il savait l'importance d'être bien informé et la poussait dans cette voie. Maxine avait passé de longues heures en société Raclusienne à observer les convives, à noter leurs humeurs, deviner leurs pensées et mettre bout à bout certaines déductions afin de les cerner. Elle hocha la tête lui signifiant qu'elle avait compris. Cela ne lui ferait d'ailleurs pas de mal de se remettre à ce genre d'exercice. Elle avait déjà un bon panel d'information sur la société Ambrosienne mais pas sur celle qui allait fréquenté cette soirée.

Suivant sa réflexion, elle haussa un sourcil. Celle-ci l'avait piqué au vif… qu'avaient-ils tous avec les actes et cette certitude qu'ils étaient plus parlant que les mots ? On pouvait passer des années à être la personne la plus loyale possible et ce dévouement s'en trouverait donc brisé au premier faux pas ? C'était seulement noir ou blanc ? Elle ne savait pas quoi penser sur le sujet, à vrai dire, elle n'avait pas faut son opinion. La seule chose dont elle était sûre, c'est que cette réflexion l'avait irrité. Ainsi…

“Connaissez-vous votre anatomie ? Je suis une femme.”

Oh, elle avait bien compris là où il venait en venir. Inutile de faire de grand discours, cet homme ne jugeait que les actes. Bla bla bla ! Le repas se poursuivit en silence, un calme qu'elle accueillit à bras ouverts. Elle aurait pu passer des jours sans parler si ça avait été possible. Des semaines mêmes. Durant un hivers agréablement doux il y a quelques années, Maxine s'était d'ailleurs amusée à ne pas piper mot. On aurait pu imaginer que cette brise de calme aurait soulagé ses parents mais il en fut tout autre. Elle crut après plusieurs jours qu'ils allaient devenir fous, comme si son mutisme ne laissait présager rien de bon. La jeune femme avait d'ailleurs bien rit lorsque son père lui avait offert une nouvelle pouliche particulièrement difficile à débourrer, commentant que cette nouvelle activité lui ferait grand bien et exigeant qu'elle le remercie à haute voix. Le simple mot de gratitude qui avait passé ses lèvres avait suffit à rassurer son paternel. Pour la première fois de la semaine, il serait remis à respirer normalement.

A la pensée de cette annecdote, un sourire naquit sur ses lèvres alors que son regard s'assombrit quelques peu. Sa jument lui manquait. Elle avait mauvais caractère, ruait, cabrait, elle mordait à tout bout de champs mais elle lui était chère.

“J'avais des projets et des envies mais l'on m'a bien fait comprendre que je n'étais pas à ma place, et ce avant de me rendre à la Capitale. Je doute que ce soit compatible avec nos leçons d'escrime, l'entretien des écuries et mes autres cours de tout façon. Je n'aurais pas le temps de tout faire.
Il y avait des personnes que j'aurai souhaité rencontrer en effet. On disait qu'Yvan Marielli allait assister à l'exposition universelle, cela m'aurait plût de faire sa connaissance. Hélas… sinon j'aurai voulu être présentée à la Ministre de l'éducation et à la Ministre des armées. Pensez-vous cela possible ? ”


Marielli était un de ses musiciens préférés. La nouvelle très récente de son trépas avait secoué la communauté musicale et l'Empire se préparait même à lui rendre hommage. Quand à sa demande de rencontrer les Ministres, elle pouvait sembler incongrue et elle se demandait bien comment Zénon allait réagir.


Sujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ Mer 13 Fév 2019 - 11:36
Je ricanais silencieusement à sa seule réplique. Oh, l’avais-je piquée au vif ? Si elle s’irritait pour si peu, les choses étaient sans doute bien plus mal engagées que ce que je pensais. Enfin bref, nous verrions bien. La société ambrosienne exigeait un calme olympien et une maitrise de ses émotions comme de ses gestes… si elle ne pouvait pas en arriver là – ce dont je doutais, venant d’une grande famille raclusienne on lui avait forcément inculqué cela - alors elle n’avait rien à faire ici en tant que pupille. Tout simplement ! Je lui fis un sourire avant de finalement hausser les épaules, avec un petit geste de la tête laissant entendre qu’elle était un rien désespérant avec ce genre de remarques.

« Au temps pour moi, il est vrai que vous êtes une femme, quand on regarde de plus près, mais ce n’est pas forcément évident au premier coup d’œil. »


Voilà, ça, c’était fait. Si elle voulait jouer à ce petit jeu, j’étais une grande gueule, alors ça allait être compliqué, pensais-je, pour elle d’avoir le dernier mot. Je restais un moment silencieux, alors que j’attendais une réponse de sa part à ma question. Bon, pour Marielli, c’était hélas compromis pour des raisons… disons que si, elle pouvait le rencontrer, mais il y aurait une difficulté : je ne savais pas comment communiquer avec les esprits… enfin bref, passons. Pour les deux autres, c’était compliqué, mais pas inabordable. Je me contentais donc d’un geste de la tête, signe que j’avais compris. Mais j’avais un sourire un rien moqueur aux lèvres

« Au moins, vous avez des objectifs plutôt haut placés. C’est bien. Comme ça vous irez loin, et dans le pire des cas vous n’y arriverez pas et vous serez toujours un ou deux crans en dessous, ce sui ne sera pas mal. Toutefois, ces deux dames ne sont pas les plus mondaines du monde. »

Oui, voilà, autant voir la réalité en face. Elles n’étaient pas présentes à beaucoup de soirées mondaines. Mais je n’allais pas lui dire non, j’allais essayer, et j’allais l’aider à construire son réseau à Ambrosia, tout simplement.

« Mais bon, je ne vais pas vous dire non. Nous allons voir ce que nous pouvons faire pour ça, ensemble. Mais ce ne sera pas pour tout de suite… cela prendra du temps, mais c’est possible ! Il va falloir gravir les échelons, trouver une personne qui vous présente une personne, qui vous présente une personne, etc. nous verrons cela et essayerons de vous trouver un « parcours » avec les bonnes personnes pour en arriver là. Mais c’est à une seule condition : que vous ne me fassiez pas honte. Ne me faites jamais regretter de vous emmener en mondanités où vous n’y mettrez plus un pied pendant tout votre pupillat. »

Voilà !  C’était l’accord que je lui proposais. Je l’aiderai à atteindre ses objectifs. Mais pour ça, il allait falloir qu’elle ne démérite pas d’ici là. Tout simplement.

« Alors, êtes-vous prête ? »



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Sujet: Re: On est bien chez les autres, mais mieux chez soi ~Zenon~ 
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