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[CLOS]Cadeau et faveur[Pv]

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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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MessageSujet: [CLOS]Cadeau et faveur[Pv] Dim 25 Fév 2018 - 22:56
Je restais silencieux alors que je m’apprêtais à faire une bêtise… oui, une bêtise, je n’avais pas d’autre mot pour définir ce que j’allais faire. En effet, même si globalement et compte tenu de la situation, on pouvait dire que le bal ne s’était pas mal passé, et même plutôt bien au contraire, compte tenu des circonstances météorologiques de la soirée, et même s’il y avait forcément eu quelques esclandres, au final, ça avait été plutôt bien mené et assez calme, comparé à ce qui était envisageable. Je souris à cette pensée avant de me rembrunir. IL y avait d’autres choses que j’avais en tête, non pas que ce ne soit pas lié avec ça, mais disons que ça avait aussi son indépendance. Il y avait quelque chose que l’impératrice avait du oublier, pas forcément volontairement, mais c’était préférable !  Cela avait engagé un peu de frustration. Frustration que j’avais décidé de… disons d’« exorciser », cette frustration.

Voilà pourquoi je m’engageais avec une prudente impatience au sein d’un autre passage secret. J’en avais banni mon usage pour éviter les tentations, mais là, je voulais quelque chose, et j’espérais bien l’obtenir, quitte à briser mon interdit. Je poursuivais un couloir, puis un deuxième, montais un escalier, et en descendais un autre. Fort heureusement que j’étais vêtu, exceptionnellement d’une bure plus à l’ambrosienne que de coutume. Mon tailleurs avait du… changer… disons que les Protecteurs de la Foi faisaient leur travail, même si je regrettais fortement ce « contretemps » qui m’obligeait à changer de tailleurs au moins temporairement. Comprenez-moi : je ne donnais ma protection à personne, et si un protecteur de la foi devait interroger un de mes proches, je me contentais d’acquiescer et de lui souhaiter d’avoir le jugement sûr. J’étais soumis à des lois morales et divines, après tout !

Enfin bref, tout ça pour dire que je gravissais deux étages pour en redescendre un, et enfin, arriver devant la porte dérobée des appartements impériaux. Vous saviez depuis le début que je m’y rendais, je faites pas les naifs… je restais à la porte et écoutait. Une conversation. OU une fin de conversation, puis des portes qui claquent – pas assez fort pour que ce soit une dispute – puius plus rien, silence complet. Un soupire le brisa. Le bruit de la porte que j’ouvrais, aussi. Et avant même qu’elle appelle, qu’elle parle, ou autre, doucement, je me contentais de lui faire signe de se taire, d’un index sur mes lèvres. Enfin, je sortais de mon barda trois objets fort simples : deux livres et un rouleau.

« Il y a des choses qui ne s’abordent pas en public, y compris celles-ci... »

Je restais un moment silencieux en lui tendant deux livres, le premier, un livre de taille d’un livre de voyage, fait pour être emporté partout, s’appelait « Maximes et pensées au quotidien d’Elrich Zullheimer par Everard Zullheimer », le second, beaucoup plus épais, portait comme nom « Simple service de la lignée ». C’était un deuxième livre que j’avais écrit, et envoyé au Protectorat, où il avait été approuvé, puis, dans le monastère d’Argent, copié pour archive, puis copié pour cet exemplaire – à la main depuis l’écriture à l’enluminure – avant d’être envoyé à l’imprimeur où il serait édité en, environ, trois cents exemplaires pour Ambrosia. Les livres coûtaient tellement chers…

« Je voulais te donner cela en mains propres, avant qu’il soit accessible pour le grand public. Il n’existe que deux autres livres de la même plume, les autres étant juste imprimé. Un exemplaire est pour moi, et l’autre pour ma cousine. A ma connaissance, peut être que mon oncle en a un aussi. Chacun a des enluminures uniques. Je me disais que ce n’était pas le genre de cadeau qui se ferait en audience, même privée... »

Je montrais ensuite le rouleau.

« Et ceci… eh bien… disons que cela s’utilise avec un phonographe… tu en gardes un dans le coin, il me semble, non ? »

Dessus était gravée une valse typiquement amethienne.


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Cadeau et faveur[Pv] Lun 26 Fév 2018 - 21:12
Assise à mon bureau, de Voisin vient de quitter la pièce, toujours aussi lent et aussi affable, conciliant, tentant de me donner son avis d’une manière étrangement détournée. Nous avions fait le point sur les prétendants, et j’envisageais certaines choses. Non, rien qui ne concerne Everard et moi-même, j’en suis bien loin, croyez-moi. Mais plutôt d’autres prétendants, d’autres possibles, des tas d’autres choses.

Enfin seule, repensant encore au bal, je reste dans mon fauteuil, drapée dans une tenue qui aurait certainement convenus à bien plus de conservateur. D’une teinte beige légèrement foncée, contrastant juste assez avec ma peau, j’ai sur le haut du corps, une tunique de cuir entièrement lacée sur le flanc, mais de manière serré, ne laissant transparaître aucune parcelle de peau, puisque ce n’est qu’une façade de corsage. Une tunique suivant mes courbes, dissimulant visiblement un corsage parfait, tunique à col haut fermée par des rivets de cuivre, et laissant présence d’un décolleté sans excès mais pour autant appréciable.
Bon ce n’est pas une robe, hélas, puisque le laçage terminé à la taille, laisse apparaitre une fente, d’où se dévoile –à peine- ma jambe enfermée dans un pantalon de couleurs assortie, sur des bottines basses à talons haut.

Un chignon haut se jouant de tresse, une tiare frontale, un soupir franchit mes lèvres alors que je repense au bal. Cela n’avait pas été si dramatique, cela aurait pu être pire, des îles flottantes s’étaient alourdies, menaçant de tomber et la neige avait dégradé certaines choses, pour autant la ville s’était mise à son travail avec une ferveur…le froid est même moins violent.

Perdue légèrement dans mes pensées, je me redresse assez vivement à l’entente du passage secret, je me serais attendues à voir mon frère ou mon oncle, en fait, en toute logique. Il aurait été agréable que nous parlions tous trois des futurs prétendants. Pourquoi trois ? Parce que quoi que veuille croire Nicolas, il devrait tenir un rôle de potentiel conseiller, ou bien en apprendre les teintes. Dû moins, c’est ce que j’espérais pour l’avenir.

Mais ce n’est ni Nemrod. Ni Nicolas.

Je le dévisage, acceptant de me taire, fronçant un peu les sourcils. Seul peut rentrer Baptiste…alors je n’ai pas de soucis à me faire pour le reste. Je lui concède donc mon silence, me relevant de mon fauteuil, je laisse le bureau entre nous. Par hasard, par instinct, parce que…

Les sourcils froncés, je viens prendre sans effleurer ses doigts ou sa peau, chacun des livres, intriguée, curieuse, ouvrant le plus petit en silence, pour y lire quelques mots, quelques phrases, effleurant le papier du bout des doigts, un sourire plus grands sur les traits. Faisant de même pour le second, je me prends quelques instants pour admirer les enluminures et autres.

-C’est magnifique. Des petits mots s’échappant de mes lèvres, alors que je reste admirative, le cœur étreint par les souvenirs, le passé, j’aurais aimé avoir Elrich à côté de moi, mais je me contente de serrer les livres en souriant, probablement bêtement….

L’air un peu ailleurs, j’hoche la tête, hésitant à me séparer des livres avant de les poser sur le bureau et de m’éloigner de ma place. Oui, cette tenue aurait été délicieuse sans vêtement en dessous, dans l’intimité la plus stricte, elle devrait avoir quelque chose de délicieux, mais je suis descente, et si l’on n’aperçoit pas le bon côté, on pourrait croire à une robe.

-Donnes…

Soufflais-je simplement lui prenant le rouleau avant d’aller ouvrir le cache d’un meuble où se cache le phonographe. J’y installe simplement le rouleau, misant étrangement sur tout autre chose qu’une valse amethienne. Sans trop savoir pourquoi. Dos à lui, je ferme les yeux pourtant quand j’entends les premières notes, quelques fractions de secondes pour faire disparaitre mon sourire, et me retourner vers lui, d’une élégante révérence, lui accorder la danse.

Ai-je le cœur battant de cette attention étrange et de cette idée ? Je ne veux rien imaginer, je ne veux rien croire, je ne veux rien supposer. Après tout, je sais surtout que je lui ai déclaré mes sentiments et qu’il m’a envoyé balader. Que faisons-nous là, maintenant ? Je n’en sais rien et je me retrouve prête à valser avec lui…valsant avec lui-même.

-Tu as d’étranges idées, valser tous deux ici…pourquoi ? Ma voix est douce, elle prend son temps pour sortir de mes lèvres, elle se plait à parler avec plus tendresse qu’il ne le faut. Tu en avais envie ?

Bien sûr que je veux le savoir de ses lèvres, pourquoi ne le voudrais-je pas ? C’est agaçant, mais je n’ai pas envie de jouer d’hostilité, au contraire, malgré tout…nous pouvons rester des amis. Et je pense sincèrement que nous ne sommes guère plus, après tout…n’était-ce pas le mieux ? POurquoi faisait-il tout cela d’ailleurs ? Pour enterrer la hache de guerre ou pour prendre des points d’avance ? Je ne lui poserais pas la dernière question, parce qu’il sait que rien d’intime ne poussera ma décision en sa faveur.

L’Empire…toujours…avant tout.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Cadeau et faveur[Pv] Mar 27 Fév 2018 - 17:33
Des cadeaux de grande valeur, je le savais. Je lui avais apporté ces deux livres en sachant qu’elle saurait les chérir. Je lui fis un sourire, surtout en voyant la jeune femme et ses yeux presque pétillants de plaisir devant le cadeau que je lui avais fait. Oh, je ne pensais pas que j’avais fait le cadeau parfait, et je ne pensais pas non plus qu’elle en ait l’usage qui était fait à l’origine. Disons que si la biographie était faite pour inspirer – bien que je ne mente ni ne flatte dans mon ouvrage – les vocations. Car mon frère était un homme tel qu’on en croiserait sans doute pas avant des dizaines d’année ! L’autre livre était une sorte de petit guide commenté de réflexions qu’il avait pu me faire ou que j’avais recueilli auprès de tiers de premières mains.

« Pour le titre de la biographie, j’ai failli le nommer d’après une manière de le décrire qu’a eu mon oncle, mais ç’aurait été trop long… « Un homme qui vivait de tel manière qu’il n’était pas possible d’ignorer le regard que posait la Lignée sur lui » … Un peu long, mais tellement approprié… »

J’espérais juste qu’elle ne serait pas vexée de ne pas avoir eu son mot à dire concernant son époux… après tout, je ne lui avais pas vraiment fait parvenir d’ébauches, ni de manuscrits en vue de corrections… et puis… en tant que son épouse, c’aurait été quelque chose de normal en général, de lui proposer de participer, par ses avis, par ses témoignages, à la rédaction. Je restais un peu silencieux, espérant qu’elle prendrait ces livres uniquement du bon côté.

« Ne crois pas que j’ai voulu le faire sans toi ou dans ton dos. Je n’ai jamais voulu te le cacher. Je ne voulais juste pas te plonger ou te replonger dans la mélancolie. Je n’aurai peut-être pas du te ménager, peut-être m’en voudras-tu pour ça… mais je pense avoir bien agi. »

Je ne voyais pas quoi dire de plus, j’espérais qu’elle ne le prendrait pas mal, avec le recul, car pour le moment, elle était, semblait-il, sous le charme du cadeau. Puis elle me prit le cylindre et le glissait dans l’orifice prévu dans le phonographe. La valse Amethienne, et en plus, interprétée par le fameux orchestre a cappella des cœurs des Monastère d’Etain. Près de sept-cent-cinquante choristes. Magnifique en vrai, ici, moins bon, mais si l’on tendait bien l’oreille… je fis une petite courbette et je lui proposais ma main, histoire de danser. Je restais un peu à attendre qu’elle accepte. Elle accepta assez vite et je lui montrais comme je savais danser. Oh, certes, elle le savait. Il n’était pas rare qu’elle m’accorde une danse de temps à autres à un bal, en tant que beau-frère. Là, c’était complètement différent.

Sa question ne me prit pas de cours. Parce que je m’y attendais. Je lui fis un petit sourire avant de finalement répondre, sur un ton doux, comme une confidence, au rythme de la valse à quatre temps que nous dansions, lentement, aussi lentement que le rythme des valses amethiennes.

« Y-a-t-il toujours besoin d’une raison pour tout, surtout en privé ? »

Du coin de l’œil je vis Baptiste rentrer, faire une moue désapprobatrice et la dissimuler aussi sec pour un visage impassible. Je replongeais pour ma part, mes yeux dans les siens. Je m’en tenais aussi décemment que possible, ma main sur sa taille, ni trop haute, ni trop basse, te mon autre maintenant la sienne avec délicatesse, la conduisant sur notre salle de bal personnelle.

« Disons que dès l’instant où tu es entrée au bal, joliment vêtue de vert, j’ai voulu cette danse, et ton ministre nous en a empêché in extremis… aussi, je tenais absolument à rattraper cela. Ne t’en fais pas, je ne compte pas céder à une pulsion quelconque. Je suis juste là pour la danse. Une danse, et c’est tout ! »

Est-ce que j’essayais de me persuader ? Peut-être.

« J’ai une petite faveur à te demander, si cela ne va pas à l’encontre de la période du choix des prétendants. J’organise dans un bon mois une lecture publique de la biographie que j’ai écrite pour mon frère… enfin, publique…disons devant quelques fidèles, et amis d’Elrich. Et j’aurai voulu savoir si tu étais d’accord pour passer, et lire un morceau qui t’aurait particulièrement touché, qui t’aurai particulièrement plu. Pas forcément long, hein ! Ni longtemps ! Juste histoire de passer. Bien sûr, on peut faire cela ailleurs, si tu préfères que plus de monde puisse y assister… j’hésitais même à demander le droit d’investir la chapelle pour cela… »


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Cadeau et faveur[Pv] Mar 27 Fév 2018 - 17:45
Ah Everard…pourquoi tout lui parait si simple alors que tout est d’un complexe dans mon esprit. Mon père m’a fait enseigné des milliers de choses, mon oncle en a rajouté parfois, et pourtant…pourtant l’on ne m’a rien appris des relations plus privées, des choses à faire ou autre…je possède un sérieux handicap sur le sujet, autant se l’avouer. Et je n’ai jamais été friande de ces livres romanesques à quelques sous.

Quant aux exemples d’Opéra ou de théatre, autant s’en passer.

Pourquoi tant me préciser qu’il n’a pas voulu le faire dans mon dos ? S’inquiète-t-il de me vexer potentiellement ? Il ne devrait pas. Personne d’autre que lui aurait pu écrire quelque chose comme cela sur Elrich, pour la simple et bonne raison que même en étant la femme de son frère, je n’aurais jamais pu atteindre le même degré de complicité et d’entente qu’ils pouvaient avoir. Même avec la meilleure volonté du monde.

Alors je ne dis rien, je me contente de sourire, le laissant peut-être un peu volontiers se justifier et ne disant rien de plus. Je ne saisis pas à quel moment nous sommes dans notre relation maintenant. En avons-nous finis ? Ou bien n’en auront nous jamais finis ? Je ne sais pas. Je pensais…

Jusqu’à ce moment précis où ses mains me tiennent pour la danse, je ne sais plus. Je pensais que l’aveu de mes sentiments et sa réaction étaient pour me faire comprendre que tout était terminé et le voilà ici, à vouloir danser, à me dire qu’il n’est pas là pour me sauter dessus ou céder à une quelconque pulsion. Juste une danse.

Est-ce sa manière de s’excuser ? Ou bien encore une façon de me faire comprendre que nous n’irons jamais plus loin ? Et pourquoi m’indiquer qu’il ne cédera à aucune pulsion ? Nous sommes des amis maintenant, c’est cela. Et là où je me suis trompée en sentiment plus profond, lui…lui se contente de quelque chose de plus physique.

Cela doit être cela.
Je ne céderais pas de place à autre chose que ce simple sourire de plaisir. L’amitié sera bien plus simple et je dois avouer qu’il n’a rien à craindre quant à la pulsion, je ne peux pas lui céder de place sur le terrain des envies, parce que je ne peux y céder, je ne veux pas. Il doit comprendre puisqu’il me dit qu’il ne veut que danser et dès lors…cela devient une évidence qu’il sait et comprends.

Mon raisonnement est-il bon ? Je n’en sais rien, le lecteur doit plutôt se moquer de moi mais je ne suis guère omnisciente sur ces sujets là et plutôt amputée…de toutes capacités potable de compréhension. Je préfère donc ne rien dire sur ses paroles, ses mots, ses précautions, lui offrant plutôt un regard doux et bienveillant, ignorant la moue désapprobatrice de Baptiste car je ne la vois pas.

-La chapelle du palais ? Et les gens du peuple qui aimaient tellement Elrich ? Ils ne pourront pas venir… Murmurais-je. Tu peux investir la chapelle du palais, tu peux simplement installer tout cela sur le parvis des temples, comme l’aurait fait ton frère aussi. Mais tu devrais simplement faire comme tu le sens le mieux. Je viendrais lire un morceau de texte. Cela n’ira pas à l’encontre des prétendants, puisque je n’échangerais pas personnellement avec toi.

J’ai envie d’effleurer sa joue, de laisser courir ma main à sa nuque, de déposer un baiser sur ses lèvres, mais je reste à danser. Je devrais probablement me sentir fière et le haïr, ou me sentir outragée, je n’ai pas l’aisance de ce genre de sentiment car ils ne servent à rien. Rien qu’à y penser, cela me lasse…à la place, je reste telle que je suis, et telle que j’ai voulu l’être. Nous sommes amis. Peut-être que si je me le répète tout le long de la danse, vingt fois, en dix langues différentes, ça sera finalement évident ? Non ?

-Et si des prétendants pinaillent, peu importe, nous avons d’autres moyens de nous voir. Nous sommes liés pour bien des années depuis bien longtemps, ils faut qu’ils réalisent aussi que tu n’as pas qu’un rôle de prétendant.

J’entends qu’il est aussi mon beau-frère et un ami. Je soupire intérieurement. La valse me parait à la fois trop rapide et interminable. Trop rapide car je voudrais passer plus de temps encore comme cela, interminable car je voudrais aussi arrêter cette proximité troublante. Je suis probablement compliquée, comme toutes les femmes, peut-être un peu plus encore à cause de mes questions et de mes incertitudes.

-La tenue du bal était…audacieuse. Comme me l’a souligné de Voisin, sa manière de dire, un mauvais choix. Je retiens un rire amusé. Je prévenais les prétendants, j’espérais que cela en empêche certain de se présenter, il parait qu’une dizaine ce serait rétracté en quelques sortes en ne se proclamant pas ce soir là.

Bien entendu que je voulais dès ce soir là, les prévenir tous, que je n’étais pas une dame de robe, que j’étais plus que cela, j’aurais du me retenir ? Pourquoi ! Une épuration d’une dizaine a été faite ! Au moins ils savent, je ferais quelques efforts …plus tard.

-Alors, qu’est-ce que cela te fait d’être officiellement mon prétendant ?

Oh, je ne vais pas m’engouffrer dans des questions précises sur notre situation et sur nos sentiment, je ne veux pas. La trouille ? Probablement…


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Cadeau et faveur[Pv] Sam 17 Mar 2018 - 17:20
La situation n’avait rien de compliquée :  je cédais à un caprice. Tout simplement. Je ne faisais rien de plus, n’exigeais rien de plus que cette danse. Pour le reste, certes, si elle m’offrait l’occasion d’une conversation en dansant, je n’allais pas dire non, mais je n’allais pas la forcer à parler, surtout si je craignais de l’avoir vexée avec l’écriture de ce livre sans même l’avoir fait participer un tant soit peu… bref, tout ça pour dire que je ne comptais pas me mêler de ses pensées. Je n’en avais plus le droit dans la mesure où tout ce que nous partagions c’était le fait que j’étais prétendant, désormais. Et nous ne pouvions rien partager de plus sans que cela ne devienne trop difficile à gérer. Je ne disais pas qu’il fallait que je renonce à toute proximité avec elle. Ç’aurait été impossible, mais disons que je ne pouvais pas espérer grand-chose dans la mesure où j’étais prétendant, déjà, et ensuite ans la mesure où ça aurait été contraire aux règles du choix des prétendants, qui voulait mettre tous les prétendants sur un pseudo pied d’égalité… Quelle égalité, d’ailleurs !  Techniquement, elle ne devrait même pas être ! Pour la simple et bonne raison que le choix aurait dû déjà être fait, avec cet accord entre nos anciens dirigeants… mais bon, inutile de remuer le couteau dans la plaie.

Je comprenais sa volonté de voir le plus grand nombre de personnes écouter la lecture de ce livre, mais je savais aussi que les grands prêtres dans leur ensemble n’apprécieraient pas l’idée de voir quelqu’un lire la vie d’un hérétique – à leurs yeux – sur le parvis de leur temple… c’était logique, non ? Nous l’aurions bien fait sur le parvis d’une chapelle dédié au tout puissant Ameth, mais ç’aurait été compliqué, les chapelles n’ayant pas vraiment d’accès sur les grandes rues ou sur des places, mais étant plutôt « perdues » dans les bâtiments…

« Je crains que ce ne soit pas possible de le faire sur le parvis des temples. Je veux éviter les problèmes avec le reste des prêtres présents en Ambrosia, ç’aurait été mal pris, sans doute, et je préfère éviter… mais pour permettre à tout le monde d’en profiter, au moins chaque chapelle d’Ameth sera pourvu d’un exemplaire gratuit, afin que des fidèles et autres personnes puissent les consulter... »

Je ne pouvais pas faire mieux non plus… pour le reste, c’était plus compliqué, même en ce qui concernait le fait de se voir sans fausser le « jeu » des prétendants…mais je me demandais, moi, malgré mon envie que ça arrive, ces rencontres régulières, si elle pouvait se permettre de se perdre en vain palabre… mieux valait éviter, et… ; et serions-nous capables de résister tous les deux à la tentation ? Rien n’était moins sur… je lui souris, avant de finalement hausser les épaules. Inutile de trop délibérer sur ce sujet, nous y serions forcément perdants…

Ses commentaires sur la tenue qu’elle portait au bal me fit même rire légèrement, mais pas longtemps. Pour être audacieuse, elle était audacieuse, trip pour une cérémonie qui se voulait traditionnelle. Elle montrait juste en n’en faisant qu’à sa tête que les traditions n’avaient pas lieu d’être dans son empire… mais ce n’était pas une bonne solution. Il y avait des manières moins brusques de faire comprendre que le progrès était essentiel sans passer pour une personne capricieuse… or, là, on avait eu l’impression, ou du moins les conservateurs l’avaient sans doute compris comme ça, qu’au final, elle n’avait fait que montrer qu’elle avait fait un caprice. Savoir quand se raccorder à la tradition, et quand s’en détacher, voilà quelque chose de compliqué.

« C’est plus compliqué que ça… hélas... »

Voilà tout ce que je trouvais à dire. Je ne voulais pas gâcher le temps que nous avions ensemble avec un moment pénible, désagréable… juste au cas où… je lui fis un petit sourire avant de finalement répondre à sa question, sur un ton qui montrait clairement que je réfléchissais au fur et à mesure o je lui répondais.

« C’est excitant… et c’est effrayant en même temps… j’en avais envie, mais maintenant que c’est fait j’ai la trouille, un peu... »

Beaucoup, même !  Je lui fis un petit sourire et doucement, je me penchais pour lui susurrer à l’oreille, quelques mots.

« Au-delà de toute considération politique j’ai la trouille que tu en choisisses un autre, ça me rendra dingue et je le sais. Et par avance devant cette éventualité, je suis jaloux. »

Oui, j’en disais beaucoup. Beaucoup trop même, mais il y avait des choses devaient être dites, à un moment ou à un autre, non ?

« Et toi, j’ai vu que tu tachais de rester impassible, quand je me suis déclaré prétendant…. Qu’est-ce que ça t’a fait ? »


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MessageSujet: Re: [CLOS]Cadeau et faveur[Pv] Dim 18 Mar 2018 - 9:51
-Fait donc comme il le faut dans ce cas.

Je me contente de cette phrase, je n’ai pas envie de dire quoi que ce soit d’autre, ou même de mettre en avant des arguments qui ne me viennent pas, autant faire au plus simple, autant se faciliter un peu la vie, n’est-ce pas le mieux ? Pour moi si en tous les cas.

Et j’ai envie de danser avec lui, et de simplement en profiter, sans en vouloir plus, ni même en désirer plus. Mais je sais pertinemment que nous jouons un jeu dangereux, à la limite de la raison et si j’ose dire que je m’en fiche, pour quelques instants.

J’aborde le sujet de la tenue, avec un peu de légèreté, pour la seule et bonne raison que j’ai envie de savoir ce qu’il en pense. Son avis, ses idées, si cela lui a plu ? Je joue toujours sur la corde très raide de l’intimité, alors qu’il ne devrait plus y avoir de cela…mais je ne vais pas m’engager sur un mensonge, essayant de me convaincre de je ne sais quoi. Nous sommes là, à danser, il n’y a pas de choses à croire ou à dire, nous dépassons déjà les limites.

Je ne dis rien, laissant filer la conversation sur la tenue, pour savoir ce que cela lui faisait tout cela. Je l’observe, ma main s’est glissée à sa nuque et mon corps s’est rapproché, sans quand je ne fasse cela très consciemment. Je ne cesse pas de sourire, ni de me laisser toucher par l’odeur de sa peau.

-Everard Zullheimer a la trouille d’être mon prétendant ? Soufflais-je légèrement taquine me retenant furieusement de déposer un baiser sur ses lèvres pour l’empêcher de parler et seulement…seulement quoi ? Je ne le sais pas et je me sens stupide mais heureuse.

Heureuse d’être dans ses bras ? Ce n’est qu’une illusion temporaire, rien ne prédit qu’il sera mon choix, je dois peser tant de chose dans ma balance et je sais que je ne peux pas seulement mettre en avant mes sentiments. J’en suis incapable. Je voudrais mais...de toutes façons que sommes-nous maintenant ?

Pourtant, la suite de ses paroles me figent et me troublent, je ne saurais dire autre chose, me laissant perplexe. De la jalousie ? Pourquoi ? Je le dévisage, perplexe et perdue. Pourquoi me dire cela alors que…nous …

Je suis agitée par mes pensées, et sa question me trouble. Je cherche mes mots, même quand je me mets à parler.

-Mon cœur a eu un sursaut, il s’est étreint, et puis…je me suis souvenue que nous n’étions plus que des amis. Comme tu me l’as fait comprendre. Je ne vais pas mentir, mais je vais lui faire comprendre que je ne saisis plus rien. Cela ne m’a pas empêché de choisir le vert pour ce soir là… Je m’arrête. Je ne suis pas apte aux subtilités, je pousse un soupir perplexe, alors que je ne sais pas trop comment tourner mes mots. Everard, je ne comprends pas. Je t’ai dis que je t’aimais, et j’ai compris que tu…tu n’étais pas à ces sentiments là. Pourquoi me parler de jalousie ? Pourquoi être là ? Je ne comprends plus et je n’ai jamais été très perspicace pour ce genre de chose…alors éclaires-moi.

Je ne comprends plus et je suis inapte à saisir les subtilités les plus simples. Ses paroles défont ce que je croyais et je me sens perdue. Je déteste ce sentiment et cette faiblesse qui me rends instable, j’aime avoir l’impression de savoir mon sujet et d’avoir une certaine main mise sur ce qui m’entoure, mais là, ce n’est pas le cas et j’ai besoin de comprendre.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Cadeau et faveur[Pv] Dim 18 Mar 2018 - 10:40
Inutile de se poser trop de question, je ferais comme je pensais être le mieux et tout irait bien ! Je lui fis un petit sourire, elle comprenait fort bien, apparemment, ou n’avait pas envie d’épiloguer, ce que je pouvais comprendre ! Surtout si c’était une question de tranquillité. Nous avions eu assez de dispute, ces derniers temps, n’est-ce pas ? Alors inutile de se remettre à cela, n’est-ce pas ? Je la regardais dans les yeux en dansant, ne variant pas d’un iota la position de mes mais pour clairement lui montrer que je respecterais ce qu’elle avait clairement décidé pour nous, et que j’aurai déjà dû respecter la dernière fois. J’avais craqué et cela ne se reproduirait plus ! Je lui fis un petit sourire reconnaissant quant au fait d’éviter cette dispute !

J’avais tout à fait conscience de ses mains qui avaient changé de place, rapprochant nos corps pour la suite de la danse. Je ne réagissais pas, essayais de ne pas répondre, même passivement ne pas encourager cela, n’est-ce pas ? Je restais donc silencieux et j’attendais la suite, curieux de voir la réaction qu’elle avait à la petite bombe que j’avais lâché. Oui, j’étais par avance jaloux, est-ce que cela pouvait lui paraitre si étrange que cela ? En tout cas, elle en manqua un pas de danse, je l’avais clairement déstabilisée… je lui souris et je restais silencieux avant de finalement l’écouter, bien tranquillement. Ses propos me faisaient entendre qu’elle n’avait jamais cherché à comprendre si je ressentais quelque chose. Je n’avais rien dit sur le sujet. Elle m’avait tout dit, mais il fallait aussi qu’elle réfléchisse un peu à la manière dont j’avais réagi face à cela… mais bon, que croyait-elle ? Que j’étais du genre à lui répondre que moi aussi, et que tout irait bien dans le meilleur des mondes comme ça ?

« T’ai-je dit que je ne t’aimais pas ? Me prends-tu pour un animal, à te sauter dessus dans un couloir que parce que je peux être en manque de rapport charnel ? Non, ça n’aurait pas suffi à me faire agir de la sorte… La dispute n’aurait pas eu lieu d’être si je n’avais espéré que cela. Seulement, oui, nous ne sommes, nous ne devons être, que des amis, tout simplement… Alors me confier sur des sentiments n’aurait fait que tout compliquer. Donc je me suis tut. »

Oui, une bonne manière de résumer les choses, non ? Certes, c’était sans doute un peu facile, mais rappelez-vous : je ne pouvais mentir, aussi, je disais la vérité, partiellement !

« Il n’y a rien à éclairer, à quoi bon, faire espérer quand il s’agit de choses actuellement impossible ? Nous sommes des gens avec des responsabilités et en tant que tel, nous ne pouvons pas nous permettre d’espérer pour nous même, alors plutôt que de te voir te morfondre parce qu’une affection que tu éprouves serait réciproque mais contraire aux intérêts de l’empire te fasse davantage souffrir. »

Je ne rajoutais rien dans l’immédiat. Il n‘y avait rien à ajouter. La musique elle-même se taisait alors, lentement, avant de rester comme ça, sans bouger, la tenant toujours comme pour une valse Amethienne. Les sentiments n’étaient pas pour nous. La politique sabrait dans cette parcelle de nous.

« Aurais-tu préférer te morfondre à l’idée que tu aurais pu être heureuse avec quelqu’un dont l’affection pour toi était sincère et réciproque, ou alors ne pas le savoir pour essayer de prendre le peu de bonheur que tu pourrais trouver avec le mari que l’empire te préférera ? Le choix a été vite fait. Mais encore une fois, rappelle-toi que si ça n‘avait été qu’une relation charnelle, il n’y aurait pas eu de dispute et je serai parti sans me sentir humilié. Ma réaction ne t’a pas mis la puce à l’oreille ? »


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Cadeau et faveur[Pv] Dim 18 Mar 2018 - 20:06
-Donnes-moi des ambassadeurs belliqueux, des chefs d’état fous furieux, que je les comprendrais mieux que tout le reste. Murmurais-je sans défaire mon regard du sien, la gorge serrée et l’envie de me jeter à ses lèvres, trop consciente de cet impossible, trop réaliste sur la douleur, je reste à le regarder, sans rien dire, sans parler plus.

Réaliser ce que je n’avais pas vu, pas saisis, pas compris m’amène à comprendre le plus lourd de mes handicaps. On m’a tout appris, tout appris qui soit nécessaire pour diriger un pays, on m’a toujours fait comprendre le sens de chacune de mes priorités et aujourd’hui, je peux avoir conscience, totalement, que ce manque me fait patauger.
C’était si simple Elrich, je n’avais pas le choix, c’était ainsi et nous nous sommes quand même aimé….

-Je n’ai eu qu’une audace dans ma vie, et l’on connait parfaitement le bruit qu’elle a fait. Une audace… Un maigre sourire vient sur mes lèvres, se moquant de moi-même alors que je répète ce mot. Aimer la personne que je souhaite est une audace, te rends-tu comptes de ce que je dis ? C’est de la moquerie amère.

Mon front se pose contre le sien, dans le silence absolu, je ne sais que dire, la compréhension est trop forte, mais l’évidence est autre. La lutte est intérieure, ne pas oublier que nous ne sommes amis et comprendre en fait que nous sommes déjà plus loin. L’évidence de ces sentiments me glacent, je devrais m’en réjouir…mais comment ? J’ai à l’esprit bien des possibles sur les prétendants, bien des choses, bien des évidences, je pense aussi à des choses faisables, mais…

Tout cela me glace. Est-ce de la peur ? Je redresse mon regard et l’observe. Un peu de peur, un peu de chose, alors quoi ?

-Me voilà effrayée… Murmurais-je. Je n’ai jamais aimé un homme si proche, si capable de comprendre, et face à cette nouveauté, je suis effrayée. De te perdre peut-être plus…que tout autre chose. Je le regarde, silencieuse, le cœur serré de ces évidences maintenant. J’ai été idiote, je le sais, peut-être était-ce plus simple de croire. Je suis désolé de ne pas être plus perspicace, j’ignore ce qui va arriver, je ne sais pas ce que nous ferons. Je sais seulement que je peux me contenter de ta présence. Nous sommes capables d’être de simples amis…

Mon visage à l’effleurement du sien, je le regarde. Nous en sommes capable, si nous le voulons et par tous les Dieux, je tente de me convaincre que je le veux. Le souffle retenu et presque court, l’espace entre nos lèvres seraient aisément fendu, il suffirait d’une inclinaison de mon visage, d’un mouvement à peine de mes lèvres, je me rapproche de lui toujours trop, plus que j’en ai conscience.

-Je me sens à la fois comme une adolescente un peu stupide, tout en ayant aucunement la futilité de la jeunesse…c’est étrange.

Je ne saurais l’expliquer et je le regarde, une main repoussant quelques cheveux imaginaires de son front…je souris, bêtement je suppose, tendrement aussi.

-Je suis désolé.

Je ne sais pas pourquoi je dis cela. Peut-être parce que j’ai refusé de voir, de comprendre, je ne suis pas à l’aise dans ce schéma, il le sait, pas la peine de lui faire un dessin. Je me sens coupable de ne pas avoir compris et d’être probablement incapable de comprendre les choses pour moi…


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Cadeau et faveur[Pv] Lun 19 Mar 2018 - 12:00
Chacun ses domaines e conséquence, dans la vie, comme on pouvait le dire, et tout le monde n’était pas doué dans les domaines émotionnels. Je n’étais pas sot, et j’avais très bien compris que ce n’était jamais le cas avec elle :  si elle devait jouer à déterminer les sentiments de dix personnes, elle se tromperait sur les dix, je commençais à la connaitre suffisamment dans ce domaine, et même à la comprendre en général, pour être assuré sur le sujet !  Je restais donc un peu silencieux et j’attendais, bien tranquillement, et je continuais à plonger mon regard dans le sien, un regard possessif, comme pour lui rappeler le passé et conditionner son avenir sans que je ne m’en rende complètement compte…. Mais il n’y avait nulle convoitise. Pourquoi chercher de la convoitise dans ce qui avait déjà été offert ? Car oui, elle s’était offerte et avait offert son cœur sans la moindre hésitation.

« Pourtant tu as tes capacités, et tu es capable de comprendre l’autre lors de négociations… sentir les sentiments des autres, ça revient au même… peut-être essayes-tu un peu de t’aveugler, pour n pas être déçue ? Quant à l’audace, tu as tort, l’audace, c’est comment tout cela a commencé, tout simplement ! Et cela, c’est une fierté que je t’interdis de t’ôter ! Tu as eu le mérite de me rejoindre, dans ma chambre. Tu as eu l’audace de te déclarer. Moi je ne l’ai pas eu… alors pas de moquerie sur le sujet, compris ? »

Mais bon, ce n’était ni le lieu, ni l’heure de la psychanalyser ! Là, j’essayais juste de remettre les choses à plat, pour être sûr. Puis, je ne bougeais plus, la danse avait pris fin, mais pas l’étreinte, regard contre regard, yeux dans les yeux, front contre front… je ne faisais aucun geste, je restais tranquillement comme ça, j’étais bien ! Doucement, alors qu’elle e confiait, je l’enlaçais, jusqu’à la garder serrée contre moi, dans le cocon tranquille de mon étreinte… je lui souris et doucement, je baisais son front, avec la tendresse qu’elle et peu de monde seul me connaît. Je n’avais pour le moment rien à dire, à par quelque chose que je soufflais plus pour moi-même que pour elle quand elle parlait d’être capables d’être des amis.

« Il y a une différence entre être capable et le vouloir… »

Le voulais-je, en fait ? Je ne le savais pas vraiment… mais je n’aimais pas l’idée qu’elle se retrouve avec un autre, ça me dégoutait profondément. Mais bon, vous connaissiez le dicton, non ? Soumis aux impératifs du service. Elle comme moi ! Mais bon, cela n’empêchait ni d’espérer, ni de vouloir… je venais doucement caler sa tête contre mon épaule, quand elle disait qu’elle était effrayée et qu’elle avait peur de me perdre, je ne pouvais m’empêcher de me sentir davantage heureux, davantage soulagé, qu’au début de l’entrevue. Beaucoup. Mon étreinte se resserra brièvement avant que je ne rajoute au creux de son oreille.

« Tu ne me perdras pas. Pour la simple et bonne raison que je ne compte pas quitter le palais, même une fois mariée je serais au moins là comme ambassadeur… et que tu sais comment venir me voir, même si ce n’est que pour parler, ou tout simplement se taire ensemble, tu sais que ma porte te sera ouverte… »

Même si j’aurai voulu plus et elle aussi. Ma porte et ma chapelle. Cela allait sans doute, même si je la voyais mal venir prier un autre dieu qu’Ameth dans une chapelle dédiée à la Lignée. Mais bon, pour le principe !

Quant à son comportement… disons que je la comprenais :  après tout, elle n’avait pas eu d’adolescence, à cause de ses cours et compagnie, sauf peut-être son erreur avec l’autre dinde. Mais bon autant mettre ça, à juste titre, sur une rébellion de jeunesse ! Enfin bref, pas d’adolescence.

« Il te fallait bien que ça t’arrive un jour, la crise d’adolescence… »

A mon tour d’être moqueur… je lui caressais doucement les cheveux. Alors que j’ajoutais qu’il n’y avait pas de raison d’être désolée… je la gardais contre moi avant de doucement m’éloigner d’elle, m’écarter avant de craquer. Je préférais… je lui souris et doucement, je lui chuchotais.

« Pas besoin de s’unir dans la chair pour te faire ton éducation sentimentale… »


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Cadeau et faveur[Pv] Lun 19 Mar 2018 - 12:36
Le regard de Everard est possessif. Mon cœur en est étrangement troublé, mon esprit a envie de rire et de lui dire « Prieur, il suffit. » Avec une tendresse sans équivoque, avec de l’amour sans limite. Simplement de la complicité, peut-être est-ce cela que j’aime le plus entre nous, la potentiel complicité, malgré nos visages publics, malgré nos croyances différentes, malgré tant de chose ! Je ne suis pas dupe, je ne suis pas certaine qu’au quotidien nous nous supporterions, des différences de cultures et de religion trop grandes, mais…je ne sais pas, je n’ai aucun quotidien, je ne partage que quelques maigres soirs et quelques nuits…

Mais n’est-ce pas suffisant ? Je ne supporterais pas de toutes façons avoir un autre collé à moi…

Si seulement tout était si simple qu’une envie. Mon envie.

Mais ce n’est pas moi. Ce n’est pas ce que je dois faire, ce n’est pas l’envie qui me guide mais le devoir. Et je le déteste ce devoir quand il me regarde ainsi. Sans pour autant le haïr, hélas.
Mes mains glissent un peu plus autours de son cou, qu’importe si ce n’est pas très amicale, j’ai envie de sentir son odeur et de la laisser m’imprégner….

-C’est plus simple de ne pas comprendre que de réaliser quelque chose que l’on pensait autre.

Oui, je lui donne raison. Je préfère me faire des idées sur le sujet que de me sentir déçue, que d’avoir l’impression que j’ai espéré quelque chose qui n’existe pas. J’ai été élevé avec la raison avant le reste, cela ne sert à rien d’espérer, d’attendre, de regarder, mes audaces n’en sont pas. Je sais qu’il faut agir et non être passive, mais je ne lui dirais pas…

Front à front, soupir à soupir, je ne suis pas si mal ainsi, je ne pourrais y rester éternellement, mais je dois avouer que cela ne me dérangerait pas de profiter quelques longs instants. Confiant mes mots à ses oreilles, je le sens m’enlacer et me rapprocher. Mon corps vient à la rencontre du sien, simplement et nos parfums se mélangent. Un frisson glisse le long de ma colonne, mes doigts retrouvent sa nuque…

-Je sais…

Un murmure simple. Etre amis et le vouloir…cela me parait presque irréaliste en fait, je ne vais pas me mentir, comment être amis alors que nous sommes là, coller l’un à l’autre et que je ne ressente que le besoin de me sentir bien dans ses bras ! Sincèrement, je ne sais pas !

Avouant mes craintes, il m’enlace, ma tête se pose contre son épaule, alors que j’observe le mur de l’autre côté, l’esprit lourd de mes propres mots, tout autant que mon cœur et mon corps. Lourd d’une mélancolie que je n’ai jamais connue, d’une peur que je ne pensais jamais ressentir, d’une envie d’oublier le monde quelques instants, et rester enfermer là.

Il me fait fermer les yeux avec ses paroles, il ne partirait pas, il serait là et la cavalcade qui se joue en moi s’apaise de ces quelques mots. Il serait là. Un fin sourire se glisse sur mes lèvres, les traits apaisés, je ne dis rien, mes doigts se raccrochant à sa tenue, se refermant, silencieusement. Je ne veux pas perdre cet homme, et cela n’arrivera pas.

Les yeux rougis d’un sanglot silencieux alors que je l’entends me dire qu’il était temps que je fasse ma crise d’adolescence, je ne peux m’empêcher de laisser échapper un rire et de resserrer mon emprise. Mais il finit par me relâcher et je l’observe. Je n’ia pas honte d’avoir les yeux rougis quand il me regarde, je ne pleure pas à grosse larme, mais l’émotion est là. Je l’observe en silence, esquissant un sourire.

-Mon éducation sentimentale… Répétais-je avec douceur, délicieusement pensive mais sans le quitter du regard. Nous allons apprendre à seulement nous tenir l’un à côté de l’autre, sans un mot, sans un geste…seulement pour avoir le réconfort de l’autre. Et si je te dis que ça me suffit, me diras-tu que je suis folle ?

Non je ne pense pas l’être, je l’aime, hélas, je plains le futur époux qui viendrait jouer de roue obligatoire alors que je pourrais passer mes nuits à seulement être près de Everard. Ou d’autre à seulement parler ensemble…voilà que tout est foutu. Et le pire dans tout cela, c’est que cela pourrait me suffire. Tant qu’il est là…

-Que manque-t-il encore à mon éducation ?

Je suis curieuse de le savoir, j’ai envie de l’entendre aussi, il me fait du bien, c’est terrible. Il me fait découvrir quelque chose de moi dont j’ignorais l’existence et que je découvre, que j’apprécie de découvrir…


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