Les Chroniques d'AmbrosiaConnexion

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Sujet: Visite du bagne... Et mer.e PV Estera Black Mar 27 Fév 2018 - 13:03
La bonne nouvelle du jour c'était que son tuteur était près de la zone portuaire, là c'était juste fantastique, parce qu'il pourrait voir sa chérie tous les jours et s'assurer que les travaux engagés avanceraient bien. Le soucis, c'était que la zone dans laquelle il devait se présenter était réglementée, et qu'il se trouvait devant les portes depuis pas moins d'une vingtaines de longues minutes. Et que la prochaine personne qui venait lui parler lui demandait encore une fois ce qu'il faisait là il sentait qu'il allait envoyer purement et simplement son poing dans ladite personne... Rajoutez à cela que l'Imprévisible avait subit des dégâts avec la tempête, qu'il n'avait bien entendu pas pu les constater sur l'heure puisqu'on l'avait lui contraint à prier... Prier.... Foutaise que cela, il se moquait bien de ces eunuques à soutane qui se prosternaient devant l'invisible...

Donc la rage de notre jeune prétendant, contenue avec difficulté menace fortement de débordée alors qu'il est encore en tenue d'apparat. Se changer ? Dès que les portes ont été ouvertes il s'était précipité dehors, bondissant par dessus les parapets et courant au port s'assurer que l'équipage qui était en train d'amarrer le bateau n'avait pas subit de travers. Enfin cela il avait pu le faire dès qu'il avait fait lâcher prise à la matamore qui l'avait arrêté... Il n'était pas homme à juger une femme sur son apparence, mais à un bal il ne s'était pas attendu à trouver quelqu'un de force à l'empêcher de faire quelque chose. Il n'avait pas fait d'esclandre, uniquement parce que sa préoccupation avait été ses amis et son bateau, mais sinon ... Qu'est ce qu'il en avait eu à faire de l'Impératrice et son ordre, cela ne concernait que les personnes sous son autorité...

Et au bal il n'était pas encore entièrement pupille ... Il se hérissa de nouveau alors qu'il avait été dédaigneux sur le titre prononcé, qu'est ce que cela pouvait lui faire qu'elle était ministre ? Il rageait encore contre la situation quand enfin un militaire se présenta qui l'attendait. Quand il lui fit la remarque qu'il était en retard le sang d'Albéric ne fit qu'un tour. Ses nerfs déjà mis à mal par le contrôle lâchèrent alors qu'il suspendait dans les airs par le col le militaire qui appela du renfort.

Et la faute à qui imbécile si je suis en retard ? Vous êtes tous mou du bulbe ici ?


Il lâcha avec dégoût le militaire qui se trouva entouré par ses camarades alors que le prétendant fulminait. Honnêtement il n'en avait cure, là il avait vraiment besoin de se défouler, et si c'était la confrontation qu'ils cherchaient ils allaient la trouver ! Des minutes qui suivirent, contusions et bleus plus tard, Al se trouvait non pas dans le bureau d'accueil mais dans une cellule après avoir amoché pas moins d'une petite dizaine de militaires. Lui même affichait un œil au beurre noir et une vilaine plaie à l'épaule mais il se sentait encore en ébullition. Seul le coup en traître à sa nuque avait maîtrisé le raclusien, on l'avait ensuite traîné et abandonné dans une pièce sans soin pendant que les autres allaient se faire soigner.

Le bagne accolé au ministère... Quand il reprit ses esprits, Albéric feula de rage contenue à grand peine avant de passer une main sur sa tête la retirant avec du sang. Ces fils de femme de peu de vertus ne perdaient rien pour attendre, il allait leur faire payer au centuple... Dès qu'il sortirait... Il déchira la manche de son habit de soirée complètement fichu maintenant pour se faire un bandage de fortune sur le bras et commença à tourner comme un lion en cage dans l'espace restreint... Rencontrer son tuteur était à présent très secondaire...
Sujet: Re: Visite du bagne... Et mer.e PV Estera Black Mer 28 Fév 2018 - 5:52
Le soleil était levé depuis longtemps déjà sur le port de l'Est. En pleine effervescence, on voyait ça et là militaires et ouvriers s’affairer à réparer les dégâts de la nuit. Une tempête de neige surnaturelle pour le Bal et le Festival du Renouveau. Un affrontement divin entre Divinités, qui avait fait son lot de victimes. Après de tels évènements, quiconque à Ambrosia ne pouvait se considérer comme athéiste.

Les souvenirs étaient encore frais dans la tête de la Ministre des Armées. Présente au Bal, elle avait vu, constaté, ressenti le divin à l’œuvre. L’Innommable avait tenté de corrompre la puissante Hélia, mais au terme d'un combat titanesque, avait été repoussé grâce aux prières. Aussitôt l'affrontement terminé et les portes du Palais rouvertes, Estera avait libéré un jeune sot de son emprise pour le laisser disparaitre dans la nuit. La Ministre lui avait évité bien des problèmes en l'empêchant de commettre les pires actes durant ce triste évènement: la désobéissance et l'impiété. Récupérant sa rapière et allant signifier son congé auprès de son Altesse Impériale, elle s'était empressée d'aller mobiliser les forces Armées de la ville qui s'étaient jointes à la Garde Impériale afin de gérer la crise. Finalement, aux premières lueurs du jour, elle s'était éclipsée pour aller offrir quelques offrandes aux Dieux. Après un petit saut au palais, elle avait finalement rejoint le Ministère des Armées, convoquant le cabinet Impérial pour une séance extraordinaire. Très animée, elle s'était achevée par la prise de directives et de décisions afin de mobiliser les forces armées pour prêter main forte aux autorités de la ville. Congédiant l'assemblée après d'ultimes instructions, la Ministre s'était retirée dans son bureau. Se portant à l'une des fenêtres, elle avait silencieusement observé le port et la ville, ses pensées allant vers les victimes de la catastrophe. Ses yeux s'étaient alors clos un instant, pour se rouvrirent légèrement embrumés.

Finalement, la Ministre s'était remise au travail. Armée de sa plume, elle avait écrit, signé, contresigné des dizaines de documents scrupuleusement organisés sur son bureau. Sa secrétaire vint après quelques heures récupérer les dits documents. Néanmoins remarquant son attitude sortant de l'ordinaire de sa secrétaire, la Ministre l'interrogea.

« Cécile. Que vous arrive-t-il ? » Demanda-t-elle d'une voix monocorde.

« Je... Rien Madame la Ministre. »

Le ton de la jeune femme trahit une nouvelle fois l'inquiétude qui semblait être la sienne et qui n'avait pas échappé à Estera. Adoptant un ton plus cordial, réconfortant, se laissant aller à un sourire, elle poursuivit son enquête:

« Vous n'avez jamais su mentir ma chère. Quelle est donc cette inquiétude qui a assombri votre cœur et fait disparaitre la précieuse gaieté que vous apportez à ce ministère ? Dites-moi que votre foyer est sauf. »

« Il l'est Madame. Malheureusement, nous avons eu à souffrir de la perte de grands amis. »

« Mes pensées vous accompagne ma chère. »

« Merci Madame. Mais. Et vous Madame ? »

« Je n'ai pour l'heure pas eu le temps de m'en enquérir. Néanmoins, étant donné que l'occasion semble se présenter. »

Attrapant un morceau de papier et sa plume, Estera écrivit une courte missive, qu'elle tendit à sa secrétaire.

« Pouvez-vous faire transmettre cette lettre au  Colonel Andrew Black qui réside à la dépendance numéro 4 du Palais Impérial. »

« Ce sera fait Madame. »

Jetant un œil à la petite pendule de son bureau, la Ministre fronça les sourcils en se remémorant un document reçu quelques semaines plus tôt.

« Ah Cécile. Peut-être avez-vous oublié de m'en informer mais, le Pupille que je devais rencontrer ce jour est-il arrivé ? »

« Non Madame. Je serais venu vous avertir en ce cas. »

Soufflant légèrement du nez, la Ministre jeta un nouveau coup d’œil à sa pendule.

« Trouvez le moi s'il vous plait. »

« Bien Madame »

Une fois sa secrétaire sortie, Estera s'enfonça dans son fauteuil en pestant. Elle détestait les retards et les absences injustifiées. Ce nouveau pupille ne lui était pas encore présenté qu'il la contrariait déjà. Reprenant son travail, elle fut finalement interrompue par la lumière de son téléphone. Amenant l'écouteur à son oreille, elle écouta le compte rendu de sa secrétaire. Ses sourcils se froncèrent et son regard devint sévère.

« Merci Cécile. » Dit-elle de son habituelle voix monocorde avant de raccrocher.

Se levant lentement de son siège, la Ministre récupéra son manteau et son écharpe. Ouvrant brusquement la porte de son bureau, elle la referma un peu fort derrière elle. Les employés de bureau du Ministère de la pièce mitoyenne habituellement bruyant se turent. L’œil noir, Estera traversa la grande salle de travail, ses talons résonnant au milieu d'un silence de mort. Nul n'osa croiser son regard. Chacun connaissait la Ministre ici et les risques encourus à l’incommoder d'une quelconque façon lorsqu'elle était contrariée.

Quittant prestement le Ministère, elle s'enfonça dans le vent glacial de l'Hiver et emprunta la longue passerelle menant au bagne. Les militaires sur son chemin se mirent au garde à vous, officiers comme simples soldats. Voyant Estera venir à leur rencontre, l'un des gardiens de la passerelle se hâta d'aller prévenir ses collègues que la Ministre était là pour ce qui semblait être une visite surprise. Arrivant à la porte du bagne ouverte pour l'occasion, Estera se vit accueillir par le directeur des lieux, un vieux Colonel en fin de carrière. Ce dernier se fendit d'une légère courbette.

« Madame la Ministre. Je vous souhaite la bienvenue. Nous ne nous attendions pas à une inspection. »

« Merci Colonel. Ce n'est pas le motif de ma venue. Un jeune homme a rejoint vos murs il y a quelques heures à la suite d'une altercation avec certains de nos soldats. Je souhaiterais que l'on me conduise jusqu'à sa cellule. »

« Bien Madame. »

Faisant un signe au chef des gardiens, il lui transmis le souhait de la Ministre. Sans se faire prier, ce dernier s'exécuta et la guida dans les couloirs du bagne, escorté par deux autres gardiens. Estera dénoua son écharpe, constatant que ses directives concernant le traitement des prisonniers avaient été suivies, notamment au niveau du chauffage des lieux. Au bout de quelques minutes, le guide s'arrêta face à une lourde porte en bois renforcée de planches d'acier. Faisant jouer le verrou, il ouvrit la porte et  s'écarta pour laisser entrer la Ministre et son escorte. Escorte qu'elle congédia d'un signe de main. Hésitant, les deux gardes jetèrent un coup d’œil vers leur supérieur qui hocha la tête. La porte se referma derrière elle.

Enfin seule, Estera fit face à l'individu adossé à l'un des murs de la cellule. Il ne lui fallut que quelques secondes pour le reconnaitre. Il ne s'agissait ni plus ni moins du jeune sot avec qui elle avait eu mésaventure au Bal. Le Divin Pohn était décidément d'humeur taquine en cette matinée. Le jeune homme était dans un triste état dans sa tenue de soirée. Contusionné, un œil ébène, un bandage de fortune au bras. Comme le lui avait laissé entendre sa secrétaire, il avait eu  affaire à forte partie, mais s'en était bien accommodé. Malgré la leçon reçue et son état, son pupille semblait encore faire montre de contrariété.

« Mon cher pupille, vous êtes en retard. » Dit-elle de sa voix monocorde. « Pouvez-vous me fournir quelques explications quant à votre présence en ces lieux ? En des termes courtois, cela s'entend. »


Sujet: Re: Visite du bagne... Et mer.e PV Estera Black Dim 4 Mar 2018 - 21:52
Un lion en cage aurait sans doute été plus amical avec les géôlier, au moins il n'aurait pas tenté de défoncer la porte à plusieurs reprises. Si Albéric se moquait bien de se faire mal il en avait déjà assez des barreaux derrière lesquels il se trouvait mais n'arrivait pas à canaliser sa colère. D'abord contre les imbéciles qui avaient empêché son chemin, ensuite face à l'incompétence générale qui régnait à ces yeux dans ces lieux. Il souffla et examina la porte, cherchant les points de levier possible pour la dégonder, rageant en voyant que  ceux ci étaient renforcé et que cela lui prendrait sans doute la journée s'en libérer. Heureusement pour ceux qui l'avaient enfermé qu'il lui ait retiré sa ceinture, il aurait déjà usé de la sacoche de poudre dans le compartiment secret pour détruire la fenêtre. Il pesta d'autant plus qu'il ne devait pas vraiment faire montre de ces talents ici. Il baissa les yeux sur son bras, remarquant le linge tâché de sang et s'adossa finalement contre le mur. S'énerver ne servait à rien, Max aurait déjà trouvé comment sortir des lieux. Lui ... Et bien lui manquait définitivement de subtilité et de patience. Il s'efforça de faire le point sur la situation, le fait qu'il soit en retard allait forcément arriver aux oreilles du tuteur et si celui-ci s'enquérait de la situation il allait forcément le sortir de là. Ou pas ... Dépendre du bon vouloir des autres n'était pas vraiment dans ses habitudes. Il releva donc la tête et commença à examiner la fenêtre. Étroite, il aurait sans doute du mal à s'y faufiler, mais après tout cela valait sans doute mieux de s'occuper l'esprit à la déboîter.

Il en était là de ses réflexions quand il perçut des bruits de pas semblant venir dans sa direction. Il se mit dos au mur et banda ses muscles, s'ils venaient chercher de nouveau une correction, même avec un bras de moins il ne comptait pas les laisser faire facilement. Il vit la porte s'ouvrir et une robe se profiler dans l'encadrement. Allons bon, voila qu'une bonne âme charitable venait sans doute lui faire une leçon sur sa conduite. Il allait la renvoyer d'où elle venait et sans tar.....Il ne dit rien, observant celle qui l'avait mis de mauvaise humeur la veille au soir et patienta alors que le battant se refermait derrière elle. Il sentit son humeur s'assombrir plus encore s'il en était possible sous l'inspection muette dont il était l'objet et resta droit, défiant du regard l'intruse en était toujours bien remonté contre les gardes. Quand elle s'annonça, cette fois pas en tant que ministre, mais en tant que tutrice il fit les gros yeux, dévisageant le calvaire des trois années qui se profilait devant lui. Bon, la blague n'était pas mal mais elle ne le faisait pas rire. Face à la voix monocorde il se figea, réalisant qu'une personne de son importance ne devait pas souvent venir voir les détenus et compris que même si l'humour se personnifiait devant elle, elle ne devait pas le reconnaître... Il haussa les épaules et se crispa sous la douleur sans en montrer un seul iota. Il s'était bien suffisamment laissé allé à des expressions faciales, point n'était besoin d'en montrer plus. Prenant un ton bien différent de celui de la ministre, chargé d'ironie et de désinvolture il croisa les bras derrière sa tête et la dévisagea lui faisant passer le même examen auquel elle l'avait soumis plus tôt.

Et bien chère tutrice, il semblerait que l'accès qui devrait être le mien à votre bureau n'est pas vraiment été informé aux bas étages, et après la troisième ou était ce la quatrième explication de la même chose à des vertébrés qui semblent dénués de cervelle j'ai perdu patience. Il se peu que j'ai qualifié ces êtres de planctons et autres animaux qui semblent plus évolués que ces gardes, et ils n'ont que peu goûté la plaisanterie.


Il commençait à mesurer les avantages certains à être dans l'entourage de la ministre, elle devait avoir accès à tut pleins de documentation et devait peut être examiner les navires de la flotte... Tant de beauté réunies dans un même panier c'était presque trop beau... Bon il commençait mal, restait qu'elle devait continuer à penser qu'il n'était qu'un gamin arrogant, cela le servirait sans doute. On ne se méfit jamais assez des gens qu'on sous estime. Heureusement que les gardes ne prenaient pas part aux combats clandestins, il aurait sans doute été dans un pétrin encore plus grand. Restait qu'elle l'avait vu sous le coup de la colère, et que ce n'était pas forcément bon pour lui. Il haussa de nouveau les épaules en regardant la porte avec attention et prêt à rentrer dans le lard aux autres quand il reprit la parole.

Pour ce qui est du retard, voyez avec les incompétents qui gèrent les autorisations et qui ne sont pas capable de communiquer assez entre eux pour laisser passer ceux qui en ont le droit. Quand à être cordial, je le suis en général, mais face à la mauvaise foi contre laquelle je me suis trouvé confronté pendant deux bonnes heures à la porte dans le froid elle s'est évaporé malheureusement.


Il l'était pourtant suffisamment pour prendre le temps de lui répondre, et avec courtoisie comme elle l’exigeait. Par contre, si elle en venait à faire une remarque sur sa tenue, elle se rendrait vite compte qu'il se moquait de son apparence comme d'une guigne. Par contre il n'aurait rien eu contre un remontant ou même un linge propre pour vérifier que ces imbéciles en plus de le blesser ne l'avait pas privé de l'usage de son bras. Il ne pensa même pas que l'incident pouvait avoir des répercutions plus grandes, au vu de son statut de prétendant et surtout de son appartenance à la famille responsable d'Adop. Si la fatigue de la nuit ne se lisait pas sur son visage, il avait pourtant passé des heures entières au port à aider les marins et vérifier les navires. Bien entendue sa chère, très chère Imprévisible avait été la première à recevoir sa visite et son expertise, mais il avait apporté son savoir aux autres bateau.
Sujet: Re: Visite du bagne... Et mer.e PV Estera Black Mar 6 Mar 2018 - 4:06
Le regard défiant du jeune sot n'échappa pas à la Ministre des Armées. Ce dernier devait se souvenir de leur désagréable rencontre au Bal. Néanmoins cette dernière n'en fit pas cas, demeurant impassible même lorsque les yeux de son nouveau pupille s'élargirent pour la fusilier du regard à la délivrance de la redoutable information. Les faits étaient là, actés, approuvés par son Altesse Impériale. Elle serait sa tutrice, il serait son pupille, pour les trois années à venir.

Pressée par le temps, Estera remis à plus tard ses réflexions sur son état d'esprit, la justesse du choix de l'Impératrice de Vapeur et sur ses futurs accommodements que nécessiteraient ce pupillage. Se concentrant sur l'essentiel, elle écouta attentivement les explications désinvoltes mais passablement décentes du jeune Brun. Elle releva néanmoins sa posture inconvenante et le nota dans un coin de sa tête.

Comparant la version de son pupille et celle qui lui avait été donnée par sa secrétaire, elle décida du classement prochain de cette regrettable affaire, mais avec la manière. Laissant un silence de quelques secondes planer, elle répondit à son pupille.

« Merci pour ces explications concises et décentes mon cher Pupille. Je vous prie d'accepter les excuses au nom du Ministère pour ce dysfonctionnement dans la procédure. Nos forces armées sont passablement occupées et déstabilisées après les évènements de la nuit. Les pertes, matérielles et humaines sont nombreuses comme vous avez dû le constater. » Dit-elle simplement de sa voix monocorde.  

Courtoisie, justice, diplomatie. Autant de qualités qu'Estera arboraient constamment en public. Néanmoins, la Ministre était également comme tout être humain, bourré de défauts. Prolixe, un peu trop porté sur le protocole et la discipline, froide, elle n'était pas des plus faciles à vivre. Son pupille allait l'apprendre à ses dépends. Le regard de la Ministre devint perçant, semblable à des lances qui allèrent se planter dans celui du jeune homme.

« Permettez-moi de me présenter à nouveau. Je m'appelle Estera Black, Ministre des Armées, Aide de camp de son Altesse Impériale et Porte-parole des Armées. Je suis imperméable à l'ironie et je ne tolère pas la désinvolture, je vous prierais donc de recondenser votre cordialité et votre bienséance au plus vite afin que nos échanges se déroulent dans les meilleures conditions. Vous pouvez m'appeler Madame la Ministre, Madame Black, Miss Black ou Tutrice. »

Faisant quelques pas dans la cellule, elle jeta un regard rapide vers la fenêtre avant de se retourner vers le Brun. Son ton fut cette fois-ci plus cordial, comme un professeur à son élève.  

«Vous êtes désormais mon pupille Monsieur De Frémont, contre vent et marées. Désormais, vous me représentez moi, le Ministère des Armées et même son Altesse Impériale qui de part son choix vous a confié à moi. Je vous prie de bien vouloir croire que je place de grands espoirs en vous, comme m'ont invités à le faire les lettres de recommandations que j'ai pu recevoir. Ternissez votre image d'une quelconque façon et vous ternirez la mienne, celle du Ministère, celle de notre inestimable Impératrice, mais également celle de votre famille et de votre cité. Cette dernière étant déjà bien entachée par les récents évènements, je ne pourrais que nous conseiller de repartir sur des bases saines. Si je puis vous dispenser un premier conseil mon cher pupille, je vous inviterais à me rédiger ultérieurement une lettre de tempérance suite à votre attitude. Transmise à nos soldats et à qui de droit, elle saura immanquablement classer définitivement cette triste affaire. »

Suite à son discours, Estera espérait que son pupille allait abandonner son attitude désinvolte et retrouver un peu de prestance. Une trêve, un compromis, car tout avait mal commencé.

« Un dernier petit point de procédure sur l'attitude que vous devrez adopter après avoir franchi cette porte. Vous devrez avoir retrouvé votre calme, vous montrer bienséant et discret. Vous ne parlerez que si l'on vous adresse la parole et répondrez avec politesse et courtoisie. Si malgré tout vous veniez à souffrir du moindre désagrément de la part des gardes, vous ne réagirez pas et vous me le rapporterez lorsque vous me rejoindrez sur la passerelle. Bien. Je vais désormais m'employer à vous faire libérer. La journée est chargée et nous n'avons perdu que trop de temps avec cette affaire. »

Allant toquer à la porte, elle fit de nouveau face au Chef des Gardiens. Sans détour, elle lui exposa ses intentions.

« Veuillez prendre acte de mon souhait de libération immédiate de mon pupille détenu ici présent dont je me porte garante. Je souhaite également qu'il soit conduit au plus vite à l'infirmerie et que lui soient donnés des vêtements propres et chauds. Je l'attendrais sur la passerelle. »

Estera nota la légère hésitation des deux gardes. Hésitation qui gagna même l'espace d'un instant le Chef des Gardiens. Ces derniers devaient autant être surpris par la nouvelle que le concerné quelques instants plus tôt. La Ministre fit néanmoins montre de son empressement:

« Dois-je me répéter messieurs ? »

Les trois hommes finirent par s'activer et Estera s'enfonça dans les couloirs pour rejoindre la cour. De nouveau accueillie par le Colonel, elle lui fit part de son "souhait" concernant son pupille et celui d'accès à la ligne directe avec le Ministère. Après quelques instants, elle tomba sur sa secrétaire:

« Cécile. Mon pupille va être libéré sur l'heure. Veillez à ce que son signalement et son statut soit communiqué à toutes nos forces, soldats, gardes, sous-officiers. Je me chargerais moi-même de le présenter aux plus gradés. Je laisse à votre discrétion l'organisation des possibilités de déplacement du laisser-passer de ce Monsieur de Frémont. Merci Cécile. »

Raccrochant, elle salua une dernière fois le Colonel avant de quitter le Bagne. Avançant de quelques mètres sur le passerelle, elle fixa l'horizon et attendit patiemment l'arrivée prochaine de son pupille, octroyant cette fois-ci toute liberté à ses réflexions sur ce pupillage. L'une d'elle se distingua toutefois des autres: la nécessité d'un banc sur cette passerelle.


Sujet: Re: Visite du bagne... Et mer.e PV Estera Black Ven 9 Mar 2018 - 18:44
S'il s'attendait à pas mal de réactions, les excuses apportées au nom d'un ministère entier le surprirent bien qu'il n'en laissa rien paraître. Bof, des paroles, ces politiciens, ils ne devaient sans doute que faire cela de la journée, gérer les bourdes de leurs sous fifres. Les mots étaient en plus atténués face à la tentative de limiter les faits de ces abrutis par cause de tempête. Si en effet il n'en avait pas encore vu de cette force, il avait sans doute été parmi les seuls à s'inquiéter des biens matériels aquatiques en tout cas. Quand elle se présenta une fois de plus, il crut qu'elle avait une mémoire défaillante, ou alors elle voulait faire montre d'autorité sur lui ? Mes aïeux, la pauvre n'imaginait pas sur qui elle était tombé, la discipline et Al, cela allait si mal ensemble. Il nota tout de même l’imperméabilité qu'elle citait, là ... il allait y avoir sans doute un soucis, l'ironie était partie prenante de sa vie, s'en défaire serait sans doute difficile, et changer pour quelqu'un ?? Il ne l'avait pas fait pour sa famille, il n'allait pas le faire durant son pupillat, aussi sévère que pourrait être sa tutrice. Par contre ... La suite le fit déchanter, si c'était vraiment pas une blague... Il avait à la fois des possibilités énormes, et des années de servitudes qui l'attendait... Il soupira et leva les yeux au ciel avant de suffoquer à la demande de la jeune femme. Sérieusement ? S'excuser ? Quand il n'était pas en tord ? Là c'était aller loin, très loin.... Le sang qui ne s'était qu'à peine calmé s'échauffa de nouveau il n'en montra rien à grand renfort de désinvolture qu'elle lui reprochait.

Il resta adossé sur son côté de mur, non, il n'en bougerait pas, d'une part parce que la douleur commençait à le lancer et d'autre part parce qu'il ne se sentait pas de tenir au garde à vous devant cette femme. Même si c'était ce qu'elle attendait. Il ne répondit rien, les monologues semblaient légions ici, il s'en accommoderait très bien. Si ce qu'elle venait de lui demander n'était pas déjà insurmontable, elle en rajouta une couche, demandant ou plutôt exigeant une attitude de sa part qui lui semblait improbable. Ne pas répondre aux provocations serait au delà de ses forces, surtout raréfiées à cet instant précis. Il ferma les yeux, donnant peut être un signe à la femme qui fit comme s'il n'avait rien à répondre. Il serra les dents, si c'était comme ça que commençait tous les pupillats, il espérait juste que Max elle avait plus de chance. Il ne perdait pas une miette de ce qu'elle disait aux gardes, restant lui en retrait ruminant dans son coin et son regard croisa juste l'un des gardiens. Si son animosité s'était dompté derrière son regard, la réticence des autres était palpable. Il ne montra rien de ce qu'il pensait de ces marionnettes, les fixant en retour avec un air indifférent. C'était le mieux qu'il pouvait faire, ne pas répondre c'était ce qu'il se répétait en tête, quand elle haussa le ton il détourna le regard vers la fenêtre. Max, où que tu sois j'espère que tu n'es pas aussi derrière des barreaux.. Quand elle partit, le son de ses bottes claquant sur les dalles brisa seul le silence installé entre Al et ses géoliers. Avec un manque d'entrain évident ceux -ci lui firent enfin signe de quitter les lieux. Juste par esprit de contradiction il serait bien resté là, mais la perspective de soin n'était pas si dégoûtante que cela. Il se détacha enfin de la fenêtre abandonnant là ses réflexions et suivant à distance les soldats.

Ils le conduirent d'abord à l'infirmerie, là le Raclusien toisa l'infirmier et l'éloigna de son bras. Sans geste brusque, juste par prévention, il ne laissait personne d'autre que lui soigner son épiderme. Les poisons glissent si facilement dans les mains, et il en était bien avisé. Aussi il trancha lui même ce qui restait de sa dernière chemise potable, et soupira et en jeta les lambeaux au sol. Il nettoya sans grimacer la plaie, regardant les soldats du coin de l’œil, s'assurant qu'ils n'avançaient pas. Il banda ensuite son bras avec un talent qui ne devait pas échapper aux autres mais il s'en moquait. Il accepta la chemise mais laissa la veste, le surcot et la cravate sur la chaise. Il retroussa les manches et toisa les hommes qui lui faisait face. A en déduire de leurs expressions ils n'étaient pas ravi de la situation mais n'insistèrent heureusement pas à le vêtir plus. C'est d'un pas rapide et cadencé que le pirate traverse les couloirs, il n'attend qu'une chose, sentir l'air du dehors, enfermé entre ces murs, c'est la seule chose de la cellule qu'il a apprécié. L'air glacé du dehors, une fois sortit il marche sur la passerelle laissant derrière lui les gardes sans leur adresser un mot. Ils pourraient attendre longtemps la lettre que la ministre a demandé au jeune homme. Déjà le faire asseoir et écrire sera une chose insurmontable ou presque. L'air le fouetta et le sourire revint sur ses lèvres, tenir son rôle, il le ferait, et s'il le pouvait plus encore pour sa famille, contre vent et marrées comme elle l'avait si bien dit. Il s'approcha de la ministre et s'inclina devant elle, cette fois avec un art consommé d'un apprentissage précis. Ni trop raide, ni trop bas, il s'empara de la main de la femme devant lui et déposa un baiser aérien sur le dos, ni trop appuyé, ni trop léger. Il se redressa et libéra la paume prisonnière avec un sourire qui illuminait son visage légèrement rougit du froid.

Vous vous êtes présentée par deux fois Madame, sans me laisser le loisir de le faire. Je suis Albéric, Frank, Kristoff De Fremont, à votre service pour mon pupillat de trois années, également prétendant auprès de l'Impératrice de Vapeur. Il souriait dans le froid, se sentant revivre après l'enfermement, se moquant que les tatouages qui barraient ses bras soient exposés, il se serait même étiré s'il n'avait pas noté qu'elle ne voulait pas qu'il ait une apparence trop indolente. Vous avez d'une journée chargée, je ne voudrais pas vous retenir plus longtemps, je vous suis, et je vous suis aussi reconnaissant, je ne pensais pas visiter aussi vite l'un de vos lieux de travail. Il testait l'ironie, sachant pertinemment qu'elle l'avait prévenu qu'elle en manquait, pour lui ce n'était pas envisageable de travailler dans des conditions pareilles. Il allait la dérider, après tout son sourire était communicatif, on le lui avait toujours dit.

Sujet: Re: Visite du bagne... Et mer.e PV Estera Black Sam 7 Avr 2018 - 22:21
Durant ses réflexions sur la justesse de ce pupillat, la Ministre des Armées avait fait appel à ses souvenirs récents. Les soupirs, l'attitude, la désinvolture de son pupille, autant de points noirs qu'elle avait ajouté à sa liste des contre. S'attaquant désormais à l'élaboration de la liste des pour, elle cherchait, cherchait, sans parvenir à trouver un seul avantage à ce Monsieur de Frémont dont on lui avait confié la charge. Sans oser remettre en question le choix de l'Impératrice de Vapeur, pour qui sa fidélité était absolue, elle s'interrogeait sur le raison de ce choix. Son Altesse Impériale avait-elle rencontré ce jeune homme et avait constaté comme elle son insolence ? Le lui avait-elle confié pour qu'elle le remette dans le droit chemin ? Ou bien simplement était-ce un choix par défaut qui n'avait pris que le temps d'une signature sur un document ?

Se tenant droite comme un I au milieu de la passerelle, elle aperçut finalement son pupille arriver, en bras de chemise. Soufflant du nez, elle se demanda durant un dixième de seconde si ses ordres avaient bien été suivi par les gardiens du bagne, avant de se raviser. Elle n'avait aucun doute là-dessus, ce monsieur De Frémont était l'unique responsable de sa tenue. Une telle désinvolture vis à vis de la bienséance vestimentaire n'était pas acceptable. Avait-il écouté ses précédents discours concernant l'image ou bien s'était-il contenté de les ignorer ? La seconde option était des plus probables. Le laissant se présenter après une courbette démontrant qu'il détenait le savoir des manières, elle attendit que ce dernier ai terminé pour réagir. Impénétrable, froide, elle lui répondit.

« Le bagne n'est pas un de mes lieux de travail.   Dit-elle tout d'abord. Avant de nous diriger vers le Ministère et que vous ayez revêtue une tenue digne de votre statut, je vous prierais de bien vouloir répondre à quelques questions. »

Plantant son regard dans celui de son pupille, elle poursuivit.

« Qu'espérez-vous prouver en affichant une telle désinvolture et vous montrant aussi rebelle ? Qu'attendez-vous de ce pupillage Monsieur de Frémont ? »

Les questions étaient simples, directes et offraient la possibilité au jeune homme d'exprimer ses intentions, à ses risques et périls toutefois. Ce dernier était têtu, rebelle, borné. Rebelle, Estera ne l'avait jamais été, mais têtue et bornée, c'était une toute autre histoire. Une chose était sûr, si ce Monsieur De Frémont nourrissait quelques espérances à pouvoir travailler et apprendre à ses côtés, il allait devoir souffrir de quelques concessions. La tenue et l'attitude en premiers cas. Dans le cas contraire, le bagne l’accueillerait inévitablement. L'influence autant que la patience de la Ministre avaient des limites. Cette dernière n'était pas prête à voir son image et surtout celle de l'Impératrice entachée par un simple pupille rebelle.

D'ailleurs, le jeune homme n'avait peut-être pas réalisé qu'il était loin d'être mal tombé. Estera était exigeante mais juste. Elle se trouvait sur l'une des plus hautes marches du gouvernement et pouvait lui apporter moult expérience et connaissances. Sans parler des privilèges qui pouvaient être les siens. Être Ministre apportait quelques passe droits. Comme celui de faire libérer quelqu'un du bagne sans justification. Enfin, peut-être aurait-il préféré tomber sur un dignitaire marchand, ou même sur un autre Grand. Malheureusement, l'Impératrice avait fait son choix. Il pouvait toujours écrire une lettre à son Altesse pour se plaindre du Pacte pour la Paix de Longue Durée. Estera était impatiente de voir cela.



Sujet: Re: Visite du bagne... Et mer.e PV Estera Black Dim 15 Avr 2018 - 20:50
Il la regardait sans animosité aucune, d'une part parce qu'il avait la tête à d'autres choses, certaines concernant son bateau, d'autres vers une personne qui lui était chère. C'était fort dommage qu'elle prenne de telles intonation, sa voix aurait sans doute de très jolies intonations. Il ne montra pas d'impatience face à ses questions, il avait bien des raisons et explications pour le moment elle semblait ne pas voir d'autres idées que la bienséance. Il la regarda attendant d'autres questions, n'en voyant pas venir il retint son sourire qui semblait exaspérer la femme et prit la parole après avoir respiré un grand coup d'air marin.

En quoi le fait de refuser des vêtements choisit uniquement pour m'humilier fait de moi un être rebelle. Je suis peut être étranger à certaines de vos coutumes, mais je sais reconnaître un blason de femme. Je ne porterais pas ces habits, ni cette cravate choisit uniquement pour me moquer.


Il lui rendait un regard droit et sans faille, sa détermination était au moins aussi grande que celle de la ministre, quand à ce qu'il avait dit ce n'était que la stricte vérité. Les gardes avaient suivit ses ordres, cependant elle avait omis sans doute de préciser des vêtements pour son rang, hors jamais il ne s’abaisserait à porter des vêtements tes que ceux qu'on lui avait présenté. Peut être qu'elle aurait aimé cela, le voir en vêtement de femme, mais lui cela ne l'intéressait pas du tout de parader dans ces habits là. Il reprit sans pour autant mettre froideur ni rancune dans sa voix, ne faisant que répondre à sa question.

Quant à ma désinvolture Madame, cela malheureusement prendra du temps pour que je ne m'en défasse, mêmes mes trois années d'armée n'ont pas suffit à supprimer ce mauvais trait de mon caractère.


Pour la dernière question il hésitait à répondre franchement pour la simple et bonne raison qu'il n'avait aucune réponse à lui donner. Lui même avait pensé être trop vieux pour ce genre de choses, il avait été surpris d'avoir été envoyé, à part sans doute pour tenter de prendre la place vacante avec la disparition du précédent prince consort. Pour le reste, qu'est ce qu'il espérait ? Avoir une place dans l'armée pas vraiment, apprendre les choses de cours ? Cela lui passait loin au dessus, par contre il était vrai qu'avec son statut elle avait accès aux navires.

Pour le reste je suis au regret de ne pas pouvoir répondre à votre question, pour ceux qui ce sont préparés, il est aisé de répondre, pour moi dont cela reste une surprise malgré le trajet en navire, je n'ai à ce jour aucune requête spéciale pour cette durée de ma vie qui m'ait prise.
Sujet: Re: Visite du bagne... Et mer.e PV Estera Black Sam 5 Mai 2018 - 2:14
Observant son nouveau pupille d'un œil toujours aussi froid, elle attendit ses réponses. Visiblement, si ses ordres avaient été suivis, ils avaient été détournés par les gardes. Une moquerie, une vengeance qui ne resterait pas sans conséquences. Désormais, ce Monsieur de Frémont la représentait elle et on ne se moquait pas impunément la Ministre des Armées. Néanmoins, elle réglerait cette affaire en temps voulu. Pour l'heure, il était question de son pupille et de son accoutrement digne d'un marin sur le bâtiment d'un corsaire.

« En rien. Merci de m'en avoir informé. » Concéda-t-elle non sans lorgner sur les manches retroussées et les tatouages de son pupille. « Néanmoins nous ne sommes pas en mer. C'est pourquoi de nouveaux vêtements vous serons donnés à notre arrivée au Ministère. Je suis assuré qu'ils seront dignes de votre rang. »

Il était inconcevable que le jeune homme se pavane ainsi dans les couloirs de son Ministère. Sa secrétaire se chargerait de tout. Sa fidèle Cécile ne la décevrait pas, elle. Néanmoins, l'habit ne faisait pas le moine. Un caractère aussi rebelle, une telle désinvolture. Estera avait côtoyé des hommes semblables lors de son apprentissage à l'armée. Tous avaient fini par la respecter et à obéir à ses directives. La méthode était simple: servir d'exemple et exploiter les failles. Être juste, mais strict. Donner sa chance. Le jeune homme semblait ne pas apprécier que l'on se moque de lui. Il y avait là sans doute une faille à exploiter.

« J'ai bon espoir qu'elle disparaitra, ou du moins qu'elle sera invisible après quelques mois en ma compagnie. Du moins, si vous désirez inspirer le respect plutôt que la moquerie. »

Estera ne forcerait pas les choses. Elle laisserait une chance à ce jeune pupille qui, comme il le confirmait, ne savait pas ce qu'il faisait ici. N'avait-il donc aucune ambition ? Aucun désir, sinon de se trouver ailleurs, libre de toute contrainte ?

« C'est ma foi fort dommage. Ces années risquent d'être un calvaire pour vous mon pupille, même si je m'emploierais à les rendre instructives. Car on vous a confié à moi pour apprendre. Néanmoins, n'avez-vous donc aucun intérêt dans votre existence ? »

Le jeune homme devait bien avoir quelques passions, quelques intérêts sur lesquels la Ministre pourrait éventuellement jouer. Pour faire avancer les mules, il n'y avait après tout rien de plus utile qu'une carotte.


Sujet: Re: Visite du bagne... Et mer.e PV Estera Black Dim 12 Aoû 2018 - 0:28
Il tiqua en la voyant fixer ses tatouages. Ah ça, Madame il faudra vous y faire, ils sont gravés dans la peau et y resteront à jamais. Heureusement que ceux des bras sont tribaux, ceux du torse sont plus.. Exotiques pour celles qui ont eu la chance de les voir ils ne laissent pas indifférent. Mais il doutait fortement que la femme tiré à quinze épingles de toutes parts devant lui était intéressé par ce genre d’activité. Ceci dit l’habit ne fait pas le moine, il n’y a qu’à le voir lui, on pourrait prendre son indolence pour de la paresse, il faut se méfier de l’eau qui dort camarade, on ne sait jamais quel monstre s’y cache. Il hoche simplement la tête, elle n’aime pas être défiée apparemment, et le respect semble important dans sa vie. Il sait que c’est essentiel sur un navire mais ignore pourquoi dans les autres circonstances les gens y sont si attachés. Il eut un sourire en coin, peut-être trop charmeur pour ce qu’en attendait la ministre, mais il aimait bien sa nonchalance, elle cachait tant de traits de son caractère, la perdre serait perdre l’une des facettes qui lui permettait de cacher sa nature profonde.

Que ce soit pour ne pas susciter la moquerie, en général on tentait une fois de se moquer de lui, pas deux après un bon règlement de compte à l’ancienne et aux poings… Mais c’était sans doute un peu trop macho à imaginer pour cette femme qui c’était élevée au-dessus des autres pour devenir ministre. Il ne put qu’être d’accord avec elle, s’il savait plier pour ne pas se retrouver aux fers trop souvent il savait aussi que devenir « docile » ne serait aisé en aucun cas. Il n’était pas si doué que cela pour jouer la comédie, quand à respecter cette femme, il avait un esprit très ouvert et ne considérais pas les autres par rapport à leurs sexes. Il hésita de nouveau à répondre à sa question suivante, il n’aimait pas vraiment l’étaler ni confier ses intérêts quand il ne connaissait pas la personne, et savait qu’une fois lancé dans le sujet il se laissait bien souvent emporté par sa passion. Aussi c’est empreint de prudence qu’il commença à donner quelques clés sans offrir non plus les plus grandes.

J’ai ma famille Madame, elle occupe une grande place dans mon existence, tout comme mes amies et en tant que capitaine  de la compagnie familiale j’ai suffisamment à m’inquiéter. Bien que ce rang soit suspendu le temps que j’aurais à passer ici.

Il en était d’ailleurs peiné, son Imprévisible c’était la plus grande partie de sa vie,  et son équipage était la partie vivante bien que l’âme de son bateau lui appartenait à lui propre. Qu’ils rejoignent la flotte de la compagnie était logique, ils n’allaient pas passer trois années à ne rien faire, ce serait lassant pour eux aussi, mais les savoir sous la coupe d’un autre le hérissait quelque part. Quant au bateau, qu’elle ait pâtit de la tempête l’avait affolé, les dégâts étaient importants mais pas irréparable, mais du coup la mise à cale était avancée afin que les ouvriers puissent se mettre au travail. Enfin cela serait sans doute seulement quand les réparations de la ville seraient finies. Il le comprenait bien, mais préférait grandement qu’elle soit à l’abri avant qu’une autre calamité ne lui retombe sur la coque ou la proue. Pourtant il était chanceux, il n’avait pas eu de perte humaine, et rien que cela il en remerciait les dieux des mers d’avoir protégé ces êtres avec qui il avait connu beaucoup de choses.  Avait-elle du coup par son silence prolongé qu’il était marin avant tout ? La mer restait son élément de prédilection, il avait appris à nager avant même de marcher comme ses cousins d’ailleurs.

Et vous-même ? A part votre métier avez-vous d’autres centres d’intérêt  hormis les évidences bien entendu ? Se renseigner sur les autres, chercher les renseignements sans en confier soi-même de trop, les techniques raclusiennes ont du bon tout de même quelque part…


Spoiler :

Estera a écrit:
Aucun désir, sinon de se trouver ailleurs, libre de toute contrainte ?

Mais tellement si elle savait qu’elle a vu juste  xD
Sujet: Re: Visite du bagne... Et mer.e PV Estera Black Mer 21 Nov 2018 - 15:23
Un famille, un nom, un titre. Certains naissaient avec un bagage digne de ce nom, d'autres non. Mais avec le système mis en place sur Ambrosia, tous devaient faire leurs preuves. Ce Monsieur devrait donc faire les siennes et pour le moment, rien n'avait été prouvé sinon son caractère rebelle et sa propension à finir derrière les barreaux. Pupille il ne resterait pas longtemps avec une telle attitude.

La Ministre demeura impassible à l'énumération d'évidences de son pupille. Tout le monde avait une famille après tout, presque tout le monde avait des amis. Son capitanat n'était pas non plus une surprise. Elle avait lu attentivement les documents qui lui avaient été fournis concernant son futur pupille. Néanmoins, les lettres de recommandation étaient infirmées par son attitude et les derniers évènements.

« Votre rang est peut-être suspendu, mais votre titre, votre nom demeurent. Je me montrerais sans doute insistante à ce sujet mon pupille, mais si vous portez à votre famille l'importance que vous me dites. Je ne saurais trop vous conseiller de vous montrer exemplaire et digne d'elle. Vous êtes dans la politique à présent, malgré vous. Chacun de vos actes, chacune de vos paroles auront des conséquences. »

Estera inspira fortement bien malgré elle, ne pouvant cette fois demeurer impassible. Son regard devint incisif.

« J'insiste encore, mais vous me représentez moi, le Ministère des Armées et par extension notre Auguste et Vénérable Impératrice de Vapeur qui a jugé bon de vous confier à moi. Soyez exemplaire. »

La Ministre avait appuyé ses deux derniers mots. Un seul faux pas et la réputation de toutes les personnes citées serait entachée et la réputation de l'une d'elle ne pouvait par essence l'être. L'Impératrice, premier serviteur de la Grande Conceptrice, sa personne était sacrée. Nul ne devait y porter atteinte, de quelconque façon que ce soit.

Expirant lentement, Estera retrouva sa sérénité et son impassibilité. Son pupille lui avait posé une question et allait s'employer à lui donner une réponse. La question était des plus personnelles, la réponse risquée. Néanmoins la confiance devait régner.

« La lecture mon pupille. Si l'exercice vous intéresse, sans doute pourrais-je vous conseiller quelques ouvrages. »

Se détournant, la Ministre se réengagea sur la passerelle. L'air était frais et le petit pont n'était pas propice aux longues conversations.

« Venez mon pupille. Nous avons a faire. Veuillez couvrir vos bras je vous prie. »


Sujet: Re: Visite du bagne... Et mer.e PV Estera Black 
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