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 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: 1er étage

Clos| Le silence de nos nuits [Everard]

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Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
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MessageSujet: Clos| Le silence de nos nuits [Everard] Lun 19 Mar 2018 - 16:21
Je suis épuisée, autant physiquement que moralement, la dernière réunion entre mon oncle et moi vient de se terminer. Nous avons parlé longuement de budget, de conflit mondiaux et d’autres choses. Si nous devons prendre des décisions, enfin, moi, sous l’œil avisé de son conseil, nous devons faire ce genre de chose régulièrement. Pour l’instant, les différents pays sont relativement assagis dans l’attente d’une décision sur mon futur époux, je dis relativement, car dès qu’un choix sera clairement définit, les tensions renaîtront, les jalousies, les pas-content et j’en passe. Je commence à envisager de faire mon choix et de marier Nicolas rapidement après pour en satisfaire plus d’un. Je lui ai évité ce genre de chose depuis longtemps, je ne pourrais pas le continuer éternellement.

Les conflits au sein de la capitale grossissent, les prêtres jouent à qui prient mieux que l’autre et les Amethiens n’aident pas. Pas tous. Je ne parle même pas des financements à déployer, et de toutes ces choses qui deviennent pressantes et vitales pour la capitale. Si la dernière réunion avec mon oncle a été la plus reposante de toutes, l’après-midi conflictuels avec différents ambassadeurs a eu raison de mes forces.
Je n’ai pas encore dîné et je n’ai pas réellement faim, le bain a été court, il ne me détendait pas, la seule impression de perdre du temps me gagne l’esprit. Cela faisait longtemps. Longtemps que je ne l’avais pas eu. Cette idée que si je lâche mes dossiers, je me sentirais coupable d’arrêter. Et déjà revenu à ma chambre, j’ai l’idée de retourner à mon bureau, de demander à Baptiste de me préparer un petit casse croûte et d’y travailler cette nuit. D’éplucher mes dossiers, les lettres, les demandes….

Le pire c’est que je prends le chemin de cela, je pourrais aller voir Nicolas pour passer la soirée avec mon frère, histoire de renouer avec des choses d’enfances, mais je pense qu’il a mieux à faire. Nicolas ne s’intéresse pas trop aux histoires Impériales, des fois, je me dis qu’il pourrait venir essayer de m’apporter son soutien, mais il ne demande rien. Cela ne l’intéresse pas. S’il n’y avait pas oncle Nemrod, je me retrouverais bien seule…
Enfin, pas tout à fait.

Pas tout à fait…

Debout, un dossier à la main, encore dans ma chambre, je m’arrête, le laissant sur le rebord du meuble, je finis par ouvrir la porte pour m’échapper de mes appartements. Les chiens me suivent, alors que je me dirige vers le passage secret qui m’intéresse. Si Baptiste est alerté par mes mouvements, il ne dit rien, finissant de m’accompagner le long du couloir. Un instant je m’arrête, entre ces deux chambres, il y a la nurserie et pour la première fois, je m’arrête.

-Vous l’avez faites vider ?
-Dès que c’est arrivée votre Majesté. Je n’ai laissé que l’ourson de son altesse Zullheimer.

Je souris tristement à Baptiste, Elrich avait une peluche qu’il m’avait offert pour l’enfant, un petit ourson bleu, tout mou, que je trouvais adorable. Je n’ai pas le cœur à me rendre à cette chambre d’enfant vide, le berceau impérial doit y être bâché. Alors je souris seulement bêtement et je me faufile là où je dois me rendre.

Je connais bien trop le chemin, aussi, je me dépêche, si les temps se sont radoucis, le vent frais des passages n’est pas pour me ravir. Parvenu à la chambre qui m’intéresse, je laisse un instant mon esprit s’assurer de sa solitude. Il est tard et je le sais à prier. Le cliquetis de la porte me précède, rien ne l’interrompt souvent quand il est dévoué à Ameth, ainsi, je reste quelques secondes à l’observer, à genoux, et sans un bruit, je clos le passage et m’installe dans un fauteuil.

Je ne veux rien dire, je ne viens que passer du temps avec lui, m’empêcher de passer une nuit blanche, l’écouter prier. Et je trouve place dans un des fauteuils, les bras sur les accoudoirs, les chiens couchés aux pieds, un fin sourire aux lèvres. Je me sens bien, dans le silence, avec lui…

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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos| Le silence de nos nuits [Everard] Mar 20 Mar 2018 - 21:33
Je ne vais pas vous mentir, en ce moment, l’actualité offre à un prêcheur comme moi du pain béni. Après la tempête venue de nulle part, il me semble tellement évident qu’elle est un signe que les gens ne croient plus assez… et puis, comme lilith n’a aucunement le temps d’être présente à toutes les distributions, moi je fais en sorte qu’il y ait toujours un serviteur d’Ameth impliqué. Et à chaque fois que j’entends ou que l’un d’eux, entend le fait que l’impératrice, elle, ne se déplace pas, il fait taire cette langue de serpent en expliquant que tout le monde ne peut pas être sur le terrain et que chacun soit aider selon ses capacités. Et si cela peut vous sembler peu religieux de ma part que de mettre en place des stratégies de business pour que nous puissions nous faire remarquer, soit. Oh, bien sûr, je crains pour les rixes diverses, mais elles sont généralement liées aux plus extrêmes de nos gardiens de la foi qui voient en ce signe une preuve de l’hérésie de la capitale, et je dois me servir de toute mon influence pour éviter qu’ils ne veuillent mettre la ville à feu et à sang. Mes journées étaient particulièrement chargées à un point tel que quand je ne travaillais pas à calmer mes « troupes », je priais pour que la Lignée me donne la force de surmonter les épreuves, me donne la force de faire ce qui était juste.

Alors oui, ce n’était pas correct vis à vis de lilith que de « profiter » du malheur, mais est-ce que l’on pouvait vraiment dire que je profitais ? En effet, les chapelles dédiées à notre Seigneur étaient présentes dans toute la ville et faisaient porte ouverte pour accueillir ceux qui ne trouvaient de place nulle part ailleurs, car les dégâts matériels étaient colossaux. Les serviteurs de la Lignée devenaient des serviteurs du peuple et on louait, pour beaucoup, leur générosité et leur don, car s’il fallait partager des repas, ils le faisaient, quitte à jeuner un peu. Le printemps serait là et bientôt on apprendrait qui pourrait prêter davantage de récoltes, il fallait d’ailleurs que je sache vite à quelles conditions mon oncle voulait que je propose une partie de notre grain en surplus…

Mais pour le moment, il s’agissait surtout de prier, de prier, et de se confier, voilà pourquoi j’étais au sol, sur la moquette du boudoir que j’avais reconverti en chapelle privée. J’avais passé la journée dehors à visiter les malades et les miséreux, j’étais fatigué, mais au-delà de la fatigue, je ressentais le besoin de prier, le besoin de me confier à notre Seigneur Ameth. Et pour cela, je n’avais besoin que d’une seule chose : prier. Je n’avais pas besoin de parler, mais, prostré, à genoux et le front touchant presque par terre sous les sabots levés de la statue cabrée, je priais en silence, avant de commencer à chanter un psaume, dans notre langue morte et langue mystique dont on apprenait le langage uniquement au monastère…

Je n’eus pas besoin, alors que le chant finissait, pour deviner qui venait d’entrer. Mon cœur avait manqué un battement… elle était là, je le savais. Et puis, le bruit des griffes des chiens sur le parquet du petit salon l’avait trahie, elle était venue, comme d’habitude, avec les chiens. Je ne lui parlais pas, je ne l’ignorais pas, mais je ne la regardais pas. Il y avait un précepte amethien qui disait que nul n’était jamais ignoré grâce à sa simple présence, ainsi, il était normal que quand je continuais à prier, mélangeant les langues, je mentionne son prénom, au même titre que le mien dans mes prières demandant force, courage et sagesse, à notre Seigneur Ameth, demandant aussi conseil à Elrich, par Son intermédiaire…puis je continuais, recommandant les miens, es amis, mes proches, la ville sinistrée ou du moins ses habitants, lilith, et moi à tous les deux, un à un, à nouveau dans le silence le plus complet. C’était… exaltant, j’en avais de légers frissons dans le dos tant la prière me permettait d’avoir l’esprit serein… entre chaque prière pour les dieux, je m’humifiais les lèvres et laissait une marque mouillée sur ma bure, au niveau du cœur, et sur le front… une manière de prier chaque Dieu par la Divine Médiation du Seigneur Ameth, et de la Lignée en étant à chaque fois purifié. Dans un pays avec des étendues arides comme le Protectorat d’Ameth où l’eau pouvait se faire rare loin des fleuves et des rivières, il fallait reconnaitre qu’l’eau revêtait alors tout un symbole…

La prière dura encore trois heures avant que je ne la conclue par un chant et ensuite je me retournais vers Lilith, et lui souriais, l’invitant sans un mot à se joindre à moi ailleurs, au petit salon, le lieu de prière n’était clairement pas un lieu pour parler, vraiment. Et puis, j’étais dans un état étrange. Physiquement, j’étais vidé. Mais spirituellement, j’étais regonflé à bloc. Plein et vide en même temps, c’était un mélange étrange… mais ce n’était pas déplaisant pour autant. Je regardais l’heure, et ne dérangeais pas mon valet, je prenais deux verres et y versait un fond d’alcool bien de chez moi.

« Ça me fait plaisir de te voir. Est-ce que ça va ? Tu m’as l’air épuisée, mentalement encore plus que physiquement… »

Je déposais un baiser sur son front, tendrement, avant de m'asseoir.


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: Clos| Le silence de nos nuits [Everard] Mar 20 Mar 2018 - 21:56
Trois heures, cela aurait pu être plus...peu m’importe. Je me sens bien. A vrai dire, la nuit aurait pu s’écouler entière, que je serais restée là, à écouter ses prières, à entendre sa voix, que je n’aurais pas eu meilleur place en ce petit monde. Assise sur le fauteuil, les jambes repliées, je reste, à observer son dos, prise entre deux mondes, celui du réel et l’autre, un peu plus rêveur. Je me sens bien, trop bien en sa compagnie et j’affectionne cela, il me suffit de le sentir, de l’entendre, de le voir...pour trouver dans cette tumulte, une certaine paix. Et les yeux mi-clos, je siège à son arrière, sans rien dire, sans bouger.

Le temps file, il s’écoule et mon esprit parvient à s’apaiser comme il n’a pas su le faire avant. Quand il a terminé, je ne me dis pas même enfin, au contraire, doucement, délicatement, mon corps se déplie pour le suivre, le pas léger et fluide, un sourire en réponse au sien, le regard doux et bienveillant. Dans le silence, je le suis au petit salon, quand il vient à reprendre la parole, je ne peux m’empêcher d’avoir un frisson. Une sensation idiote, qui court sur ma peau, avant de s’éteindre dans le creux de mon ventre.

-Tu as les mots juste, je suis épuisée mentalement...je n’arrive pas à trouver...ce petit levier qui me fera arrêter de réfléchir, d’envisager,de penser…

J’arrête de parler, son baiser sur son front je le prend avec affection, la sensation de sa barbe,le contour de ses lèvres, instinctivement, je viens m’assoier à côté de lui, repliant mes jambes, mon épaule contre la sienne, l’odeur de son corps qui vient me chatouiller l’odorat. Le verre à la main, j’observe le liquide dans l’étau transparent.

-Quoi que...je viens de le trouver. T’écouter prier et me joindre à toi en pensée, sans un mot… Mon visage est vers le sien, nous sommes trop près je le sais, mais je suis avec l’homme que je considère comme mon plus proche ami. Je l’aime certes, mais je parviens à avoir la vision de notre nouvelle barrière. Me laisser porter par ta voix… Pourtant, je sais que ma voix a moins de force à mesure que je le regarde, il suffirait de rien, alors...je détourne mon regard, je porte le verre à mes lèvres et laisse l’alcool venir sur ma langue.

Je me suis jointe à ses prières pieusement, sans réfléchir, laissant mon coeur et ma dévotion se portaient à ses mots, maintenant, je n’ai qu’envie de me tenir près de lui, et avec fatigue, je laisse ma tête se poser contre son épaule. Je pourrais rester longuement ainsi.

-Je déteste avoir ce sentiment...de ne pas avoir le temps, d’en perdre si je m’éloigne...de mes dossiers, des réunions de… je soupire, j’ai envie d’enlacer mes doigts au sien, mais je ne el fais pas. Tu sais bien ce qui préoccupe...j’avais besoin d’être un peu avec toi.

Je me confie facilement avec Everard j’ai l’impression, le temps passe et m’influence dans cette facilité, je ne sais pas encore si c’est une bonne ou une mauvaise chose ceci-dit.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos| Le silence de nos nuits [Everard] Jeu 22 Mar 2018 - 11:29
Je lui souris et je m’installais face à elle aussi confortablement que possible. Pas longtemps, cela dit, puisqu’elle vint se blottir contre moi. Oui, elle avait besoin de se reposer, et pendant un instant j’envisageais de lui donner un somnifère, mais non, pas la peine. Doucement, ma main vint serrer la sienne, très tendrement, et je ne disais rien, je n’avais rien à ajouter, rien à dire, sa présence seule me faisait bien…. Et au fond de moi, j’espérais qu’elle ne prendrait pas mal le fait que je me gavais au niveau popularité, au sein de la ville… je lui souris en coin, la regardant alors que finalement, elle venait troubler le silence, pour se confier. Si elle en avait besoin, je saurai l’écouter jusqu’au bout… je lui fis un sourire et je lui offrais une oreille attentive. Je savais en effet ce qui la préoccupait, je savais comme la situation était difficile et je faisais au mieux de mon réseau pour essayer d’aider la capitale à s’en sortir. C’était le moins que nous pouvions faire, clairement. Je lui souris et je resserrais mon emprise sur sa main, laissant aller ma tête contre la sienne, doucement, restant ainsi, tranquillement. Je me sentais bien avec elle…

« Je sais, nous avons tous l’impression de perdre du temps quand on ne travaille pas… parce que nous y avions dédié notre vie… »

Je lui faisais un sourire très doux, laissant un moment cette phrase en suspend avant de finalement reprendre la parole pour expliciter le point où je voulais en venir, extrêmement simple, et pourtant, essentiel, quand, comme nous, ; on était marié à son travail, mais ça, encore, c’était quelque chose que nous devrions tous savoir, même si ce n’était pas quelque chose d’agréable.

« Parfois, pour avancer, il faut savoir s’arrêter…. Et, même si c’est le plus difficile, il faut aussi parfois savoir reculer… »

Mon pouce, doucement, caressais le dos de sa main lentement, comme par de petits cercles très délicats sur son derme avant de porter sa main à mes lèvres et déposer un délicat baiser dessus. Que le Seigneur Ameth me pardonne, ça avait été plus fort que moi que ce léger baiser… je n’aurais pas dû, et je le savais…

« Désires-tu te confier un peu plus ? »

Oui, je me devais de le lui proposer… je lui fais un sourire avant de finalement retourner me murer dans le silence. Pourquoi est-ce que je m’obligeais à parler ? Cela ne servait à rien, en fait, après tout, nous étions tout aussi bien, dans le silence, non ? Nous n’avions pas forcément besoin de converser. Loin de là, même ! Je lui fais un sourire et je restais silencieux, fermant les yeux pour savourer juste sa présence, inspirant à plein poumon la fragrance qu’elle dégageait.


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: Clos| Le silence de nos nuits [Everard] Ven 23 Mar 2018 - 10:12
Savoir s’arrêter...voilà ce que je faisais, je m’arrêtais. Un instant, près de lui, la sensation de ses lèvres sur ma main et l’envie de simplement les sentir encore. Je m’arrête. Les problèmes, les dangers, les risques, tout un tas de chose. Je ne pense plus. Ni aux mondes en péril, ni à Ameth grossissant sa popularité. J’arrête et je ferme les yeux, avec une sensation paisible au fond de moi.

Vous savez, il n’y a rien de plus compliqué dans une vie que d’avoir conscience de vos deux facettes. L’impératrice et Lilith. Lilith est plus fragile qu’elle ne veut le montrer mais moins intransigeante que l’Impératrice.Quoi que...il suffit de me blesser réellement une fois pour que vous deveniez l’être à abattre.Pour me blesser, il faut beaucoup en faire. Ma mère m’a blessé dans le passé et malgré les gifles monumentales que Nemrod a pu me donner, me rappelant qu’on ne parle pas de sa mère ainsi, je ne lui ai jamais pardonné. Le scandale et tout le reste, je l’ai pris au coeur, comme une insulte. A une époque, je me suis dis...que grande je comprendrais, mais je ne comprends toujours pas.

Comment est-il possible de croire que l’on puisse être heureux en crachant sur sa famille? Pour moi c’est ce qu’elle a fait. Cracher sur ses enfants, sur son époux, sur nous tous. Pour pouvoir vivre le plaisir de la chair et de ses amants...son amant? J’ignore combien l’on été. Mais je n’oublierais jamais ses larmes face à moi, me disant qu’elle n’aimait pas Père et qu’elle lui avait donné les enfants qu’ils voulaient. Je n’ai pas écouté quand elle a dit qu’elle m’aimait mais qu’elle ne savait pas percer ma carapace. Je l’ai regardé avec dédain quand elle a supplié mon père de lui laisser voir ses enfants malgré tout, surtout Nicolas. Au fond je l’ai détesté elle et ses larmes, sa faute était faite, elle aurait du réfléchir avant.

Je ne sais pas pourquoi je pense à ma mère maintenant. Peut-être à cause de Nicolas….et j’ouvre alors les yeux, la tête contre l’épaule du prieur, silencieuse, les pupilles indigo fixent un point quelconque dans la pièce.

-Il y a un problème assez important qui perturbe mes pensées, qui vient parasiter mon humeur et j’ai beau essayer de le mettre de côté, il revient,sans cesse, sans que je puisse l’empêcher…

Voulais-je me confier plus? Oui. Mais le sujet ne serait pas possible entre Lilith et Everard, pas sans dévier sur le prieur et l’impératrice. Lui en voulais-je? Je l’ignore. Je ne sais quand sa cousine s’est confiée à lui, j’ignore s’il souhaitait m’en parler le jour où Nicolas nous a surpris. Je ne sais pas non plus s’il voulait le faire l’autre jour mais je sais qu’il ne se serait pas défier, alors au fond, je sais qu’il ne l’a simplement pas fait.
Plusieurs possible à cela: Garder une bombe...préserver sa cousine....chercher une solution avant tout...une qui nous mettrait à genoux ou bien décider en amont de la manière diplomatique à appliquer.

Si Nicolas avait été femme et qu’il aurait été engrossé. Je l’aurais retiré de la vie publique durant une année, et l’aurait exilé sur une île secrète où je lui aurais fait avoir l’enfant et laisser là pour l’élever. Il serait revenu en Ambrosia, et cet enfant serait caché. Le pauvre enfant...je l’aurais peut-être fait quitter son corps avant qu’il ne naisse. Malgré la douleur que cela représente.
Je dois avouer que mes pensées traînent tant de possible. Rien qui ne convienne aux bonheurs mais hélas, nous sommes au delà de cela. Le bonheur s’acquiert différemment, au sein d’un peuple aimant, qui ne manque de rien, aux grès des solutions pour affronter les problèmes, au monde qui continue de vivre en progressant, tant de chose qui ne sont pas intimement nôtre. J’ai rejeté Hélène pour ce genre de Bonheur...et je ne le regrette pas.

J’inspire longuement, réfléchissant, je me redresse. Je suis aussi venue pour cette pensée qui m’accapare,mais je voulais m’octroyer d’abord sa présence. Je sais...je me permet des instants, je ne suis pas de nature hystérique, j’aborde tout d’un calme froid et je gravis les échelons de la colère avec seulement un regard blessant.

-Prieur, il faut que nous parlions.

Je me redresse, et là où mon corps s’était présenté plus languissant, plus léger, il se raidit, dans une stature impériale, alors que mes mains, devant mon bas ventre, se réunissent en triangle. Lilith s’efface, je prends mon rôle.

-Il semblerait qu’un incident diplomatique soit en train de se concrétiser, il prendra un peu de temps, neuf mois en tout, mais je crains que nous soyons déjà privé d’un premier trimestre, je le suppose.

Une supposition calculé sur le temps du navire. Je réalise bêtement, qu’au delà de mon frère et de sa cousine, je pourrais être en train de lui annoncer que je suis enceinte. Et mon coeur se heurte brutalement à une blessure….un choc silencieux qui me fait perdre un instant mon air sévère, pour une souffrance maternel, mais je me reprends.

-Bien entendu, vous êtes au courant et je conçois que vous ayez gardé cette affaire secrète. J’aurais moi aussi, profiter de la situation pour tenter de retomber sur mes pattes ou pour préserver l’un des miens. Voir chercher comment mieux mettre à terre l’autre. Hélas, je vous en voudrais si … je n’étais pas apte à faire de même. Les jeux de politique. Néanmoins l’empire est fort capable...de comprendre. Et il n’est pas en position de s’offusquer ces derniers temps. Bien entendu, je ne parle que pour l’Empire.

Je ne me mets pas en avant, j’ignore ce que je ressens et mon handicap est là. Ainsi je reste muette et je le dévisage paisiblement.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos| Le silence de nos nuits [Everard] Mer 28 Mar 2018 - 17:02
Elle savait une chose : si elle se confiait avec moi, je n’utiliserai jamais ce qu’elle pourrait dire maintenant contre elle en aucune circonstance publique. Car si nous nous affrontions âprement sur certaines négociations, il était évident, bien sûr, qu’ici, nous étions juste nous, sous le regard des dieux. Je restais silencieux et j’attendais, en silence, parfois, le silence avait beaucoup de valeur, et d’une certaine manière, ces silences là valaient toutes les places au paradis, si je puis blasphémer ainsi sans risque. En effet, il m’était évident qu’elle en disait plus à mon attention en se taisant, et moi, en faisant de même, calés l’un contre l’autre, sans nous enliser dans des propos qui nous blesseraient l’un l’autre, pas par leur manque de sincérité, mais justement par leur excès d’honnêteté et de vérité. Une vérité qu’il valait mieux taire. Je lui fis un sourire tendre alors que je savourais ce contact…

« Je t’en prie, je t’écoute… »

Je baisais ses cheveux de jais avant de finalement attendre, attendre qu’elle spoulage sa conscience et son cœur, sans rien dire avec la tendresse sérieuse qui nous va si bien, une tendresse qui n’impose ni bêtise, ni naïveté, ni mièvrerie. Juste quelque chose qui nous permettait de parler sérieusement sans pour autant que nous soyons forcés de cesser nos tendresses, de faire perdre ce petit moment rien qu’à nous où nous pouvions être blottis l’un contre l’autre, sans autre réel besoin. Toutefois, je grognais doucement en l’entendant prendre un ton plus « professionnel ». Toutes les bonnes choses avaient une fin. Mais je ne pouvais m’empêcher de rétorquer, doucement.

« Si tu souhaites parler au prieur fais comme tout le monde, prends rendez-vous, ou fais comme personne d’autre, convoque-le… »

Je restais un moment silencieux avant de finalement soupirer alors qu’elle abordait le fait qu’il y ait un potentiel incident diplomatique… était-ce forcément maintenant qu’il fallait en parler ? Oui, sans doute, cela me brisait un peu le cœur de cesser ce bon moment. Mais je me levais, pour rompre tout contact avant de finalement m’installer non plus à côté d’elle, mais en face d’elle, que nous puissions discuter vraiment, J’inspirais à fond et je regardais l’impératrice.

« Soit, parlons-en, Majesté. »

J’y mettais toute la déception de mettre fin aussi cruellement à un de nos trop rares moments de tranquillité. Mais je ne lui en voulais pas, je ne pouvais pas lui en vouloir, en fait… je lui fis un sourire un poil aigre alors que je l’écoutais.

« Je sais, et je n’e parlerai pas. Mes serments me l’interdisent. Toutefois, je vous remercie de me faire savoir qu’apparemment, d’autres personnes n’ont pas le même sens du sacré ni de la promesse. Je crains qu’il nous faille juste chacun gérer les choses de notre côté et attendre de connaitre la position de ma hiérarchie sur le sujet. Mais nous n’en parlerons pas plus. Parce que cela me forcerait à revenir sur des droits sacrés que vous-même respectez, votre Altesse. »

Je me taisais encore un peu avant de reprendre sur un ton plus doux.

« Et parce que mes serments contradictoires me déchirent le cœur, je ne veux pas faire porter sur toi un tel blâme… plus que quiconque… »

Je lui souris avant de finalement conclure.

« Alors je sais mais nous n’en parlerons plus parce qu’il n’y aura pas de raison d’en parler pour le moment. Je vous promets une chose, Altesse : sauf ordre de ma hiérarchie, ce n’est en aucun cas un élément que j’utiliserai contre vous. Considérez ce sujet en suspend jusqu’à ce que j’aie mes ordres, et je vous en informerai au plus vite. »

Je soupirais.

« Bonne nuit Lilith. »

Je l’invitais à partir.


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: Clos| Le silence de nos nuits [Everard] Jeu 5 Avr 2018 - 18:10
Le silence retombe entre nous, quiétude étrange entre deux corps, nous sommes tenus à des choses, des liens, qui nous éloignent et retiennent qui nous sommes. L’Empire, le Protectorat, tout ce qui nous compose n’est qu’opposition. Je viens d’entendre ce que je devais entendre, je voudrais être navrée de penser que cela se déroule ainsi, mais je sais que j’en suis incapable. Détachant mon corps de sa prestance impériale, je coule vers Lilith. Le silence règne, il devient pesant, je n’ai pas envie de partir, ni envie de lui en vouloir, parce qu’il n’y a pas de raison. Les jeux de politique et le sens de la famille passent avant qui nous sommes. Nicolas, mon oncle, tous les de Choiseul passent avant et il a fort raison de dire, que cela doit se gérer de notre côté d’abord.

Je le dévisage, j’ignore ce qu’il pourra être quand le moment viendra de régler cela. Nous ne pouvons nous appuyer seulement sur les dires de Mademoiselle de Thiam, ce n’est pas ainsi que se joue le monde. Je ne saisis toujours pas pourquoi, elle a offert le nom du père, naïveté ou bêtise, peu importe, elle condamner cet enfant à devenir une roue de l’engrenage politique. Peut-être est-elle incapable de penser à cet être. Je pensais que les Amethiens pensaient d’abord à Ameth avant de penser à la famille…

De quelques pas, je me rapproche de Everard, il n’y aura pas de cri, pas plus de question, nous savons désormais tous les deux. Nous aviserons quand nous devrons nous confronter politiquement. Je n’ai pas envie de partir, mais en ai-je un autre choix. Proche de lui, mon regard dans le sien, je glisse ma main à sa joue, la laissant aller à un passage volubile, pour glisser mes doigts à son oreille, repoussant ses cheveux laissant mes ongles s’y faufiler.

Je n’ai rien envie de dire, mais je n’ai pas envie de partir. Je sais que je ne pourrais pas dormir, malheureusement pour moi et je pense que mon oncle prépare déjà les somnifères nécessaires. Il me faut quelques secondes pour reprendre ma main, quelques secondes trop longues, avant que je ne rapproche de ses lèvres, un mouvement faible, j’espère qu’il va retenir sa respiration, mais…je dévie et vient poser ma bouche sur sa joue. Un baiser tendre et doux, protecteur, une confidence d’amour. Je ne devrais pas.

Tout comme je ne devrais pas l’inviter à revenir sur le canapé et s’y asseoir, que je ne devrais pas m’y installer à son coté et me glisser entre ses bras. Rester ainsi là, dans le silence…en vérité, le plus dur pour moi est d’avoir conscience du soutient que peut représenter Everard. Cela me manque, quelqu’un qui ne soit pas mon oncle, ni un membre de mon sang, mais contre qui je puisse tout simplement me lover pour prendre un peu de repos. Malgré ce que nous sommes publiquement, les intimes n’y mêlent rien. Son refus d’en parler plus me convient, il sait que je sais, j’aurais peut-être du lui en vouloir, devenir glaciale…peut-être. Mais cela aurait été avouer une erreur : quel que soit nos sentiments, ils ne passeront jamais avant nos pays. Cela me convient, car je ne pourrais réellement offrir autre chose.

J’écoute les battements de son cœur, me laissant porter par ceux-ci. Au contact de sa chaleur et de son odeur, je m’endors, le sommeil m’attrape, soudainement. Sans que je puisse lutter.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos| Le silence de nos nuits [Everard] Sam 14 Avr 2018 - 21:54
Pas d’autres mots ? Soit, très bien, cela m’allait… je lui souris et je revenais m’installer avec elle, doucement, pourque nous soyons à nouveau ensemble… je la serrais avec tendresse dans mes bras. Nous avions fini avec ces instants de difficulté… je restais un moment sans rien dire. Non, en fait, sans rien dire tout court. Je n’avais rien à expliciter. J’avais espéré qu’elle fasse suffisamment bien le distinguo pour que je puisse savourer sa présence, tout simplement… mais elle ne pouvait pas. Je lui avais donc demandé de partir… mais au final, je ne pouvais pas. Je n’y arrivais pas… je restais donc avec elle, près d’elle, prenant cette dose de drogue, une dose des plus douces, à mon avis. Je lui fis un sourire avant de infâmement la sentir, doucement, se détendre… entre mes bras, je sentais son buste se soulever et s’abaisser doucement, sa respiration se calmait... ; et avant que je n’aie pu comprendre ce qui se passait, je voyais qu’elle en avait fermé les yeux.

Je devais la renvoyer dans ses quartiers… nous étions, après tout, dans une situation dangereusement ambigüe… allez, juste un peu plus longtemps, à l’entendre dormir…. A la regarder dormir… je percevais des détails, que je n’aurais sans doute pas perçu habituellement… tenez, par exemple, elle émettait un léger son proche d’un grognement toutes les seize ou dix-sept respiration… à cette occasion, elle avait tendance à retrousser légèrement son joli petit nez… enfin bref, je m’égarais… allez, une fois cette petite heure écoulée, je la renverrais chez elle, ou je l’y porterais, avant de la border…
Enfin, j’aurai du, mais avec l’heure écoulée, j’en laissais passer une autre, et, manquant de m’endormir, je l’allongeais doucement, avant de lui poser sur les épaules, la seule couverture que je pouvais lui passer : Je me défaisais de ma bure d’hiver, une lourde bure noire en l’aine, et je la lui étalais de sorte à ce qu’elle fasse une couverture, qu’on puisse la confondre avec une couverture classique, pus j’allais verrouiller avec une clef la porte d’entrée, pour ne pas risquer que l’on la découvre ainsi, avant d’aller, à regret, moi aussi me coucher.  


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MessageSujet: Re: Clos| Le silence de nos nuits [Everard]

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