AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
RSS
RSS


 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: 2nd étage

Révélations [Nicolas et Nemrod]

avatar
Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t35-grand-lilith-de-choi
Nationalité : Ambrosienne
Messages : 2781
Date d'inscription : 14/01/2017
MessageSujet: Révélations [Nicolas et Nemrod] Mar 20 Mar 2018 - 10:44
Assis dans le bureau du second étage, Richard Welton vient de quitter mon office, il est prêt de 23h30, nous n’avons toujours rien mangé, nos yeux ne sont que des cernes et je n’ai au final, pas pu dîner avec Nicolas. Je l’ai fais demandé après le départ du ministre, alors que mon majordome, nous a fait déposé une assiette chacun d’un petit frichti. Un sorte de sandwich de viande, accompagné de thé chaud et quelques chips. Je ne suis pas convaincue par cette chose nommée chips, des morceaux de pomme de terre frit dans de l’huile...mais le cuisinez à transformer des patates douces ce coup-ci, mon péché mignon…

-C’est une bonne idée mon oncle, nous avons besoin de Nicolas aussi.

Nous venons d’en parler en quelques mots, la guerre de la popularité et de l’image est en train de se faire, je sais parfaitement que le Prieur va s’en donner à coeur joie et si je ne peux me rendre sur place, je sais que nous allons demander à Nicolas de le faire. Je lache mon stylo, et va chercher le sandwich dans lequel je mords. je n’ai pas réellement faim, mais si je ne mange pas, Nemrod va me dire que je dois rester en forme. D’ailleurs, je me méfie toujours du thé désormais … il serait capable de me faire dormir pour ma santé! Mais ce soir nous travaillons.

-Veuillez me pardonner, mais je ne supporte plus ceci…

Je viens défaire la coiffure haute que j’ai tenue toute la journée, je n’en supporte plus la présence et libère la chevelure ondulée dans un soupir. Si je le pouvais, je retirerais le corsage volontiers, mais je me contente de me défaire de ma veste et de m’installer au creux du fauteuil. De là, je mange mon repas, presque en silence, quelques instants,mais l’esprit encore à mes affaires.

Je ne suis sortie de mes pensées que par l’arrivée de Nicolas annoncée par le majordome. Je laisse le repas un instant, boit un peu de thé rapidement et me relève pour saluer mon frère.

-Nicolas! Je suis désolée d’avoir annulé le dîner, Monsieur Welton vient à peine de nous quitter...assieds-toi.

Je lui fais signe de prendre une chaise de l’autre côté du bureau et me réinstalle pour essayer de finir, même si je n’ai guère faim.

-Nous voulons aussi te parler, mais je t’en prie, commence.


avatar
Nicolas De Choiseul
Prince héritier / Soldat de l'armée ambrosienne
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t319-les-dignitaires-nicolas-de-choiseul-soldat-de-l-armee-ambrosienne#7164
Nationalité : Ambrosien
Messages : 516
Date d'inscription : 28/06/2017
MessageSujet: Re: Révélations [Nicolas et Nemrod] Ven 23 Mar 2018 - 9:16
Face aux flammes de l'âtres qui lancent ses flèches de feu qui s'évanouisse, le Prince reste muet. Si le silence est toujours sa compagne, ses  pensées sont tumultueuses. Le repas refroidis sur sa table, le dîner annulé, il n'a ni la force ni l'envie de se nourrir. Trouver une solution, il le lui a promis, une solution pour quoi, pour qui. Il ne le sait plus. Le vide de la pièce l'engloutit, tout ce faste l'étouffe, il se retient une fois de plus de se lever pour rejoindre l'écurie. C'est un geste qu'il contient à grand peine depuis des heures. Il a épuisé les autres dans la salle d'armes. Se vider l'esprit il a travaillé sans relâche son corps. Pourtant, impossible de se reposer après cela. Il a été là où on le demandait, s’assurant que les soldats étaient équitablement répartis par quartier pour aider ceux dans le besoin, lui-même se rendit disponible et descendit dans la cité, travaillant sans relâche dans le seul but avoué de faire fonctionner ses méninges à trouver une solution. Pourtant, maintenant que la journée s’est achevée, maintenant qu’il est seul, le vide semble l’étouffer. Il fixe les flammes sans les voir, percevant plutôt l’éclat d’une peau de miel qui luit doucement de la chaleur de l’âtre.

Que donnerait-il à cet instant pour ne plus être qu’un simple soldat, qui une fois la journée achevée rentre dans son foyer ? Il ne se voit pas dans ce futur ni cet avenir, les charges sur ses épaules s’alourdissent, il le sait. Que ce soit Lilith, ou Nemrod, chacun d’eux fait peser sur son destin le poids de sa naissance. Sa main se porte à son dos, si seulement. Si quoi ? S’ils avaient tous raison de le traiter d’imposteur ? Dans ce cas … Ce cas-là il n’aurait plus rien à faire ici, il n’y aurait alors pas de scandale, pas de pièce sur l’échiquier du pouvoir. Et Ameth n’aurait alors aucune avance tactique sur eux. Est-ce que c’était là la solution ? Il voyait bien les liens qui le retenait, les prochains jours seraient sans doute décisifs à ses yeux. Déjà ce soir il tirait sur le fil du destin. Ses yeux fixaient le feu de la cheminée, immobile il restait plongé dans ses pensées. Quand le valet vint récupérer le plateau il commença à s’inquiéter et demanda alors si le Prince n’avait pas aimé le dîner. Nicolas se tourna vers lui, et lui répondit qu’il n’avait pas faim avant de se retourner vers l’âtre. Il sentait que s’il tentait d’avaler quelque chose, cela ressortirait aussitôt et ne désirait pas avoir le médecin à son chevet. Il s’absorba dans la vision des flammes qui consumaient lentement le bois. Il avait retourné la situation dans tous les sens, plusieurs options se présentaient à lui, mais aucune qui le satisfasse vraiment. Quand le majordome de sa sœur l’informa qu’elle était à présent disponible pour lui parler Nicolas se leva.

Garder le secret n’avait jamais été dans ses intentions, cacher quelque chose d’aussi important à sa seule parente proche. Non il était injuste, il devait parler à Nemrod aussi. Il demanderait à Lilith de le faire mander s’il n’était pas déjà présent. Son pas étouffé par les tapis dans le couloir la mine sombre il prit le chemin tant connut des bureaux du deuxième étage. Il s’arrêta un instant, avant de reprendre son chemin, une pensée dérangeante qu’il ne parvenait pas à extraire de son esprit. Il la chassa, un autre jour peut-être il s’en ouvrirait mais à qui… Son regard azur est détaché d ce monde, comme déjà absent de celui-ci. Il entre dans la pièce et voit sa sœur occupée à manger. Il regarde le majordome partir et il remarque la présence de son oncle. Il est soulagé, devoir expliquer deux fois de suite le « problème » aurait sans doute été au-delà de ses forces. Il s’avance vers le bureau et fixe ceux qui composent sa famille, sent le poids de la culpabilité s’enfoncer un peu plus dans ses entrailles avant de secouer la tête lentement. S’asseoir, il ne se relèverait sans doute pas. Il note qu’ils semblent encore vouloir lui confier quelque chose et son esprit s’alourdit un peu plus. Si les cernes sur ses parents sont voyantes, les siennes auraient de quoi faire pâlir d’envie un ursidé.

« Je comprends ne t’en fais pas. Merci de me recevoir Lilith, mon oncle. » Il se tait un instant, par où commencer ? Le début ? Le résultat ? Il passe une main lasse de fatigue dans ses cheveux avant de relever la tête pour les regarder tous les deux. Il va les décevoir, il le sait déjà, et il encaissera les remarques sans rien dire. « Olympiane est enceinte.   » Pour son oncle qu’il regarde sans se détourner, il ajoute. « Cela ne se voit pas encore, mais ce saura rapidement. Et c’est de mon œuvre. » Il n’hésite pas, sa voix est claire, bien que sans doute moins puissante qu’à son habitude. « Le prieur et le premier d’Ameth sont déjà au courant, elle a outrepassé leurs ordres de se taire pour m’en parler.   » Le fait que le Prieur garde cette bombe diplomatique pour lui avait de quoi faire peur. Est-ce qu’il attendait le bon moment pour plier l’Empire à leurs pieds ? Nicolas n’avait que des suppositions à ce sujet. Est-ce que le dirigeant d’Ameth savait déjà qu’il serait sur ce bateau ? Avait-il placé Pia sur son chemin exprès ? Savait-il que le Prince serait déstabilisé et charmé par l’innocence de sa nièce ? Fragilisé par la nouvelle de la perte de son beau frère  et par ce fait plus enclin à chercher du réconfort ? La seule chose qu’il savait c’était que Pia n’y était pour rien. Elle n’était comme lui qu’un pion sur l’échiquier, et il avait été trop aveuglé par… Par ses sentiments naissant pour se détourner du papillon fragile qu’elle était. Maintenant c’était trop tard, bien que pas encore, certaine solution envisagées par lui la libererait mais.. « Elle desire le garder.   » Il le rajoute tout de même, lui… Lui ne sait pas, aujourd’hui il parait dix ans de plus que son âge et il attend la condamnation qui ne manquera pas d’arriver. Droit, les bras croisés derrière le dos, le soldat est prêt à entendre la sentence de sa faute.



THEMES
&
avatar
Nemrod L'Envers
Maître espion
Voir le profil de l'utilisateur
Nationalité : Ambrosien
Messages : 94
Date d'inscription : 05/03/2017
MessageSujet: Re: Révélations [Nicolas et Nemrod] Lun 26 Mar 2018 - 18:40
Cette réunion promettait d’être importante et intéressante, vous le saviez, même si vous ne compreniez pas pourquoi Lilith vous avait demander d’être présent… de toute façon, vous l’auriez bien écoutée depuis votre bureau, cette conversation… donc c’était sans doute qu’elle voulait un soutien de poids, un soutien qui ferait infléchir Nicolas dans la bonne direction… donc vous vous disiez que ce ne serai(-t pas triste, quoique l’on vous dise… vous lui sourîtes et restâtes silencieux, à attendre qu’il se montre, attendre que celui que vous considériez plus que comme un fils se montrer… certes, il était tard, mais les De Choiseul étaient très préoccupés, et même si vous étiez déçu de voir que Nicolas n’avait pas jugé bon de vous porter assistance, ni à elle, ni à) vous… c’était... décevant… « t vous comptiez un peu sur cette occasion pour lui rappeler ses devoirs, non seulement de prince, mais aussi d’ambrosien. Vous comptiez bien faire en sorte de remédier à ça, quitte à lui mettre une claque derrière les oreilles.

Quand vous le vites, vous ne comprîtes pas comment il pouvait donner l’impression d’avoir autant veillé que vous deux sans avoir eu le moindre fait en faveur de l’empire à son actif depuis les terribles évènements du bal… que lui était-il arrivé ? Cela demandait des explications, et vous vous promîtes de faire verser des somnifères dans sa boisson le soir pour qu’il soit forcé de se reposer… il avait l’air plus vieux et plus fatigué que vous, chose qui était aberrante, car peu de monde à par Welton et Lilith, peut-être, travaillait plus que vous... toutefois, avant de lui faire la moindre remontrance, elle laissa son frère s’exprimer en premier. Vous ne la contredîtes pas, les bonnes choses avant les mauvaises, en théorie. Vous restâtes donc silencieux, et l’œil un brin sévère, vous attendîtes de voir ce qu’il pouvait avoir à dire…

« Non. »

Votre voix était douce mais ferme, non, ce n’était pas de son œuvre. Vous rectifiez alors ses propos de cette même fermeté, en fait. Cela pouvait sembler étranger, mais cela ne vous semblait pas aberrant, vos explications, elles, étaient d’une pure logique politique, aussi, il s’agissait de la chose la plus probable… oui, ce serait normal.

« Elle t’a dit que c’était de ton œuvre, or, je ne vois aucune preuve qui puisse étayer son discours à part deux choses : une tentative pour éclabousser la famille d’un scandale, ou alors ce que les imbéciles appellent l’intuition féminine. Et quand bien même, ce ne sera jamais qu’un bâtard sans intérêt ni valeur faute de preuve. Mais je suppose que si tu nous en parle c’est que tu la crois sur parole ? »

Vous restates un moment silencieux avant de vous lever et de, doucement, poser la main sur l’épaule de votre neveu, avec douceur.

« Et un prieur qui ne préviens pas le trône de ses actions, c’est normal. Il n’a aucun serment de loyauté, il n’a aucune obligation de le faire, c’est un ambassadeur étranger, et il a donc sa part de secrets. Il nous cache peut-être beaucoup d’autres choses… et désolé de penser que je trouve plus noble de tenir sa parole que de la parjurer, puisqu’elle a désobéi à des ordres. Je pensais t’avoir mieux expliqué la politique que ça, mon garçon, alors assieds-toi, et dis-toi que ça n’a absolument aucune importance ! »

Vous restates un moment silencieux avant de finalement conclure.

« Dans le pire des cas, je ferai en sorte qu’elle reçoive une portion abortive, après tout, les fausses couches peuvent être facilement provoquées à l’insu des personnes visées et il n’y aura plus de problème. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous laisser distraire par ce genre de trivialité. Je laisserai Lilith t’expliquer pourquoi tu es là. »
Vous le forçâtes à s’asseoir avant de finalement vous asseoir vous aussi, soupirant d’aise, comme si tous ces propos n’avaient que peu d’importances dans le fond.

« Ah moins bien sur que tu n'aies autre chose à ajouter sur le sujet ? »


avatar
Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t35-grand-lilith-de-choi
Nationalité : Ambrosienne
Messages : 2781
Date d'inscription : 14/01/2017
MessageSujet: Re: Révélations [Nicolas et Nemrod] Lun 26 Mar 2018 - 19:55

Je dévisage mon frère, d’un regard perçant et trop bleu pour être sage. Il se passe une tempète muette dans mon regard, des questions silencieuses. Pourquoi ces traits tirés, t’inquiètes-tu de ton monde ? De ton royaume ? De ce genre de chose ? Ou bien pas du tout ? C’est étrange, tu as été éduqué comme moi, mais je ne te sens affolés que pour une demoiselle qui seule détient la vérité. Je te dévisage au son des paroles de notre oncle et je n’ai plus faim.
Tu me déçois ? J’ignore pourquoi tu sembles si tourmenté. A dire vrai, j’aurais espéré te voir à mes côtés, mais tu ne fais pas grand-chose, rien peut-être, pour ton royaume. Je t’ai demandé de te rapprocher de Beauregard et tu ne l’as pas fait, tu erres, tu avances, mais pour toi seul. Je crois que tu ressembles à notre mère.

J’inspire. Mon oncle vous avez raison, pourtant je vois Nicolas agité et je sais que cela ne suffira pas. Je ne pensais guère mon frère si naïf, mais l’amour rend idiot, si tant est que cela en soit. Je veux point juger sur cela et je reste impassible. Si Everard le savait, il l’a dissimulé pour des raisons que j’aurais prise moi aussi à mes fins.

-Est-cela qui te préoccupe Nicolas ? Finis-je par lui demander du bout des lèvres, l’expression des traits si clos, que l’on pourrait croire que je ne sais pas sourire. Mon oncle a fini de parler depuis un moment et même si j’ai laissé mes yeux se clore un instant à ce sujet, de faire perdre un enfant, je reviens à la réalité. Dis-moi que ce n’est pas ça…que le sort du peuple t’intéresse plus, que l’avenir de la capitale t’empêche de dormir. Que tu te soucis de ce qui nous préoccupes à tous. Que tes cernes sont dû à ce que ton titre et ton rang t’imposent en toutes premières préoccupations !

Je sais que nous n’en avons pas finis, à moins qu’il ne réagisse en enfant et ne s’en aille en courant, vexé, qu’il parte. Mais avant, j’ai des choses à lui demander, je repousse mon repas, sans en avoir désormais envie.

-Où en es-tu avec ce que je t’ai demandé déjà ? Car avant de te confier d’autres choses, j’aimerais savoir si tu accomplis celle que je t’ai déjà demandé…

Je suis froide, mais j’ai besoin de savoir où se situe mon frère dans le monde maintenant. Si je peux réellement compter sur lui ou pas ! En retour, il peut compter sur moi, quoi que tout cela peut laisser croire,mais notre oncle n’a dit que la vérité. Que Nicolas nous prouve l’inverse, mais qu’allons-nous faire ? Pour le bien de son propre enfant, Olympiane aurait du garder le silence, si elle aimait mon frère aussi, est-ce que je crois qu’il s’agit de son fils ? Allons, tant que je ne verrais pas de tâche dans le dos de cet enfant, il ne sera rien de plus qu’un possible…


avatar
Nicolas De Choiseul
Prince héritier / Soldat de l'armée ambrosienne
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t319-les-dignitaires-nicolas-de-choiseul-soldat-de-l-armee-ambrosienne#7164
Nationalité : Ambrosien
Messages : 516
Date d'inscription : 28/06/2017
MessageSujet: Re: Révélations [Nicolas et Nemrod] Mer 28 Mar 2018 - 9:14
Une gifle serait sans doute mieux passée que cette main douce posée sur son épaule par l'homme qui l'a élevé. Il ne voyait en Pia qu'une arriviste, pourtant sa soeur l'a rencontrée, et elle sait que la naïveté flagrante et la candeur de la jeune fille ne sont pas feinte. Il ne montre rien, parfait exemple de l'enseignement dont les deux personnes en fasse de lui on su faire de lui. Ils ne voient pas que c'est la jeune fille qui l'a réveillé, éveillé à lui même. Il ne dit rien, garde pour lui l'amertume que ce que son oncle annonce de cette voix calme et posée comme si ce n'était rien d'importance. Pourtant il ne s'assied pas, s'il le faisait il ne se relèverait pas et il avait besoin de tenir encore quelques heures. Le coup de l'empoisonnement le laisse sans voix, il retient l'exclamation de colère, garde le visage impassible et serre en son fort intérieur ses pensées. Un sourire passe pourtant sur ses lèvres, Lilith a donc gagné leur oncle à sa cause pour le Prieur, soit, il s'en doutait de toute façon qu'une issue simple ne serait pas envisageable. Il sent la pression sur ses épaules y résiste un instant avant de céder. C'est tout ce qu'ils lui demandent de faire, céder . Tout le temps, se plier encore et encore. L'injustice lui brûle les lèvres mais rien ne passe, pas encore, l'Impératrice n'a elle pas encore parler et il se doute que ce qui va suivre ne lui plaira pas plus que ce qui est déjà dit.

Et il a malheureusement raison, il conserve pour lui la douleur d'être rejeté ainsi, mais après tout, ils ne voient eux que l'Empire, le considère comme tous les autres que comme un pion sur l'échiquier du pouvoir, comme tous, un simple outils qu'on use et utilise à sa guise. A quoi s'était il attendu ? A pouvoir parler à l'oncle ? A la soeur ? Il avait demandé audience parce qu'en effet pour lui cela comptait, et surtout il avait entrevue les catastrophes au niveau diplomatique si la crise n'était pas géré dans les premiers temps. Il retient ce sourire narquois, penser à l'Empire, ils y pensaient eux ? Quand il venait chercher conseil et que les salles étaient vides ? Il ferma les yeux à son tour, revoyant les personnes démunies ceux à qui ils avaient distribué couverture et aidé à sortir des décombres les corps de personnes décédées. Ils n'avaient pas besoin de savoir qu'il avait en effet été dans les rues avec les autres gardes pour tenter d'offrir un peu de confort à ceux qui avaient beaucoup perdu. Alors oui, cela le préoccupait, et non, ce qui s'imposait à son esprit était la sécurité d'une seule personne. Sécurité que son propre oncle menaçait. Égoïste, oui il l'était, pour la première fois de son existence il se sentait prêt à se battre, et s'il devait pour cela abandonner derrière lui tout ce qui comptait pour lui il le ferait, sans hésiter. Il ne bouge pas, et ne montre pas le mal qu'ils sont en train de lui faire, conserve étonnamment son calme alors qu'il attend qu'ils aient finis avant de prendre la parole de nouveau. Si sa voix est lasse, on peut sentir la détermination derrière, si con coeur se fend et se durcit il l'ignore.

« Je n'étais venu que vous annoncer le scandale qui pourrait ternir la famille. » Il ne montre rien de cette blessure qui il le sent se creuse et poursuit de la même voix détachée que la leur. « En ce qui concerne ce que tu m'as demandé, sache que le prétendant dont tu veux que je m'approche ne semble voir en moi qu'un cafard, et même en cachant mes propres sentiments à son encontre, il ne désire qu'une seule chose. Retrouver le pouvoir. Par toi, avec, ou sans toi. Ou plutôt je dirais par la Princesse de Bretz peut être. » Il se tait une fraction de seconde avant de reprendre le sourire amer sur le visage.« Mais je ne t'apprends rien je le sais, du moins si tu as lu le rapport que je t'ai fait sur lui. Il semble pourtant pieux, bien que ses allégeances laissent sans doute à désirer. Il n'aime pas tes tenues, ta façon de faire et de régner et se chargera de changer tout cela dès qu'il sera au pouvoir s'il est choisit. » Il soutient le regard froid de sa soeur et dans le sien on peut voir une flamme s'y éteindre lentement, celle de l'espoir. « Si je suis venu vous parler ce soir, c'est également pour faire une requête. » Il scelle ce qu'il est, il le sait, ses yeux se ferment un instant rassemblant courage et détermination pour les rouvrir. « Je n'ai jamais rien demandé pour moi auparavant, je le fais aujourd'hui. Protégez Olympiane, elle ignore tout des dangers que porter notre enfant signifie, n'a aucune raison d'en vouloir à notre famille. Je ferais ce que vous me demanderez, je me plierais à tout ce qu'ils vous plaira de me faire faire. » Et qui vous comptez me faire épouser, il ne le dit pas ces mots sont beaucoup trop amer dans son esprit. « Contre la seule certitude qu'Olympiane n'aura pas à souffrir d'attaque de notre part. »

Ce n'était pas un sacrifice à proprement parler, il mettait juste aux oubliettes ses rêves, sa façon d'être pour se consacrer entièrement à l'Empire. S'ils lui donnaient la certitude qu'Olympiane serait protégée. Il était même prêt à ne plus la revoir, à s'éloigner d'elle définitivement simplement pour lui apporter la paix et la sécurité. Il se tourna vers son oncle, le fixa un instant avant de rajouter.

« Juste pour vous informer mon oncle, que si vous faites réellement absorber cela à cette jeune fille, ce n'est pas une seule mort que vous aurez sur la conscience. » Il ne détourne pas les yeux, il connait Pia, et perdre son enfant, après tout ce qu'elle traverse ces derniers temps, la tuerait certainement elle aussi. S'il se rend compte que sa phrase peu porter à confusion il n'y prête pas attention, la lassitude l'emporte lentement sur l'espoir, il donne une de ses cartes attendant de voir ce que l'Empire est prêt à lui porter en garantie.



THEMES
&
avatar
Nemrod L'Envers
Maître espion
Voir le profil de l'utilisateur
Nationalité : Ambrosien
Messages : 94
Date d'inscription : 05/03/2017
MessageSujet: Re: Révélations [Nicolas et Nemrod] Ven 30 Mar 2018 - 10:21
Les questions de Lilith, aux vues de ce qui venait d’être dit, étaient légitimes… car c’était en effet ce que cela laissait sous-entendre. Qu’il n’avait que cette demoiselle en tête. Oui, cela pouvait vous paraitre étrange, en fait, quand on vous présentait les choses comme ça, mais bon, il était jeune… et puis, quel homme n’avait pas déjà pensé avec ses couilles ? Vous-même l’aviez fait et, heureusement, le fruit de vos coucheries était loin. Enfin, loin…. De moins en moins, et bientôt ce fruit murirait aux vues et sues de tous, mais cela devrait être… et elle était une excellente recrue. Vous soupirâtes un peu, tout aussi curieux que Lilith de connaitre les réponses de Nicolas à ces questions. Quant au rapport... tiens donc, elle confiait ce genre de tache à quelqu’un d’autre qu’à vous ? Vous en seriez presque vexé si vous n’aviez pas autre chose à penser. Vous fronçâtes néanmoins les sourcils. De quel rapport parlait-elle ?

L’un des deux sourcils se leva quand il parla dudit rapport… ouais, d’accord, elle voulait quelqu’un qui lui fasse un rapport sur Beauregard… un imbécile arrogant, certes, mais un homme dangereux tout de même, et vous n’aviez pas encore pris le temps de creuser. Tant qu’il pouvait être choisi, il se tiendrait à carreau. C’était le « après » qui vous gênait davantage… vous lui fîtes un hochement de tête. En somme, il n’avait pas creusé lui non plus… ce n’était pas un hochement approbateur, juste de compréhension. Vous n’approuviez pas plus ce défaitisme que ce manque de professionnalisme.

« La princesse régente d’Eskr et ambassadrice n’est pas le sujet. Pour la surveiller personnellement, je te trouve bien prompt à juger. Je t’ai connu plus futé que ça, Nicolas. »

Oui, juste un petit rappel à l’ordre. Vous lui aviez appris beaucoup, mais jamais vous ne lui aviez appris à se satisfaire des on-dit, ou même juste de se satisfaire d’une approchez préliminaire. Ce gamin était en train de vous faire vriller les sangs… et sa requête n’arrangea pas les choses. Heureusement que vous n’étiez pas en train de voire ou de manger, ou vous vous seriez étouffé. Quoi ? Il verrait ce que vous coudriez tous les deux pour peu que l’on garantisse la sécurité de sa catin du moment ? Non mais pour qui se prenait-il ? Vous grondâtes en vous relevant. Difficile de rester assis dans ces conditions.

« Arrête là, fils, avant que tu ne dises quelque chose que tu puisses regretter pour la suite. »

Vous soupirâtes et allates vers une fenêtre que vous ouvrâtes pour prendre le bon air frais de la nuit. Vous étiez déçu. Déçu par son comportement, par son égoïsme. Vous essayiez de vous rappeler la dernière fois que vous aviez été égoïste, vous-même… cela remontait à… à la naissance de Constance en fait… mais vous aviez eu la décence de faire en sorte que ça ne se sache pas, d’une part, et de le faire avec une personne de confiance. Plus : vous aviez fait attention à ne pas vous amouracher. Il avait merdé sur tous ces plans. Vous revîntes ensuite vers le duo. Qu’est-ce que vous vous sentiez vieux, en cet instant. Trop vieux pour ces conneries.

« Bon, maintenant résumons. Pour continuer à faire ce que tu es sensé faire par nature, tu veux que l’on fasse en sorte qu’il n’arrive jamais rien de mal à ta chère et tendre c’est ça ? »

Oui, un résumé grossier.

« Depuis quand est-ce que tu penses avec tes couilles, mon garçon ? Sérieusement. Dès que tu trouveras un autre cuissot tu l’oublieras, parce que ce n’est pas de l’amour, ça c’est de la bêtise. Et de toute façon, quand as-tu eu le choix en la matière ? Tu n’as rien à demander pour le coup. Si elle ou son enfant nous gêne pour une gouvernance intelligente de l’empire, alors JE le ou la ferai éliminer sans me poser la moindre question, sans le moindre scrupule, sans le moindre regret. Deux vies au lieu d’une tu disais ? Ne me fais pas rire. Un avortement n’a jamais tué personne. Et rien ne te prouve que tu sois le père, sauf s’il était prouvé que le chiard a la tâche. Et je ne vais pas te laisser attendre et espérer. Pour ton propre bien. »

Oui, il ne comprenait pas, il ne pouvait pas comprendre.

« Tu te comporteras en prince, parce que c’est ce que tu es. Et n’envisage même pas de te dire « je prends exemple sur mon oncle et je renonce ». Parce que, d’une part, tu n’es pas dans ma position, et d’autre part, tu n’as rien à renoncer. Car même si tu renonces, tu seras toujours un outil de l’empire ou de ses ennemis. Que Lilith te dise oui à cette requête ou pas, elle ne pourra pas m’y engager. L’empire avant moi. Je fonctionnais comme ça avant ta naissance et si je dois le faire malgré vous deux, je le ferai. Mais apparemment, ça, gamin, tu ne le comprends pas. Pire, tu ne veux pas le comprendre. Je vais te dire une chose : quand ton père m’a demandé de venir l’aider, de gérer les affaires de l’ombre de cet empire, rien que pour avoir dit oui, j’y ai perdu ma femme et ma fille. Et si elles me manquent toujours, je sais que j’ai fait le bon choix. Parce que cet empire, c’est quelque chose de grand, qui nous dépasse tous, même lilith, ça la dépasse, au final. Donner sa vie pour cet idéal, pour ce Grand Œuvre, tu le vois comme un fardeau. Et oui, il y a des aspects qui rappellent un fardeau. Mais c’est un honneur, un privilège. Et tout ce que je vois, c’est un gamin qui a pas su garder ses chausses quand il le fallait. Tu me déçois, Nicolas, tu me déçois beaucoup. »

Vous vous étiez un peu emporté, sans doute, aussi vous vous radoucîtes. Et c’est d’un ton plus posé que vous reprîtes, pour conclure.

« Tu n’as jamais rien demandé pour toi, mais tu n’as rien à demander. Parce que la vie t’a beaucoup offert. Tu as un toit, des appartements, une famille qui t’aime, tu ne manques de rien. Et tu fais une requête parce que tu n’as jamais rien voulu pour toi ? Réfléchis et tu verras que c’est faux. Je vais te donner quelque chose que peu de gens en ce monde ont : je te préviens que désormais, mes meilleures oreilles te suivront. Et ne pense même pas à les semer, personne n’y est arrivé. Je t’offre le fait que tu saches que je te surveille plus que jamais. Et je t’offre aussi une question : Si un jour il s’avère que ce bâtard est vraiment le tien, chose improbable de base, et que quelqu’un l’utilise pour le faire monter sur le trône… à tout hasard… les Amethiens ? Après tout s’il a la tâche, ce n’est pas impossible. Que feras-tu ? Et demande-toi :  est-ce que je peux prendre le risque ? »

Certes, Lilith aurait le dernier mot, mais ce ne serait jamais que le dernier mot officiel.


avatar
Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t35-grand-lilith-de-choi
Nationalité : Ambrosienne
Messages : 2781
Date d'inscription : 14/01/2017
MessageSujet: Re: Révélations [Nicolas et Nemrod] Mer 4 Avr 2018 - 22:54
J’aurais aimé être plus douce, mais je n’en ai le courage, ni la volonté. Qu’avais-je vu d’Olympiane de Thiam ? Peu de chose, un après-midi, rien qui ne suffit à juger une personne. Elle aurait pu être excellente comédienne et me mener en bateau et j’en ai le doute, à cause de sa main sur son ventre et de son évanouissement. Etait-il réel ? Ou bien seulement une tentative pour me parler de cela avant de s’échapper. Et surtout, pour quelle raison l’avoir fait ? Je ne peux dire qu’elle est innocente, je ne juge les gens qu’après plusieurs rencontres, je sais s’ils sont stupides ou réellement comme ils veulent le paraître, dangereux ou mauvais. Je peux me tromper et je sais que je le ferais encore bien souvent.

Je me tais alors que j’écoute, mon oncle, mon frère, les deux hommes importants de ma vie. Peut-être que Nicolas pense qu’il passe après Everard, mais mon sang ne passe après rien. Mon trône non plus et je garde un calme impassible, tranchant et froid. Je n’ai eu aucun rapport de mon frère, mais il s’en rendrait compte lui-même, quand à ce qu’il me dit, je le pense avoir été proche assez de Raimond Beauregard et l’avoir entendu de ses lèvres pour me le répéter. A moins qu’il ne suppose ? Le rapport m’aurait intéressé, je ne le nie pas, mais je continue de me taire. Il n’est pas nécessaire d’interrompre, pour l’instant en tous les cas.

Impassible, imperturbable, j’hausse probablement un peu les yeux au ciel à ses requêtes et cette phrase fatidique. Je ne connaissais pas mon frère bêtement suicidaire pour une tierce personne, l’égoïsme des sentiments m’est affreux, c’est une chose que je ne discerne, ni ne comprends. Mais peut-être ne parle-t-il pas de lui, je l’espère. J’ignore tout à fait d’associer la demoiselle, car elle ne compte pas pour moi, mon frère si.

Mais les paroles de mon oncle me rassurent. Je ne sais comment l’expliquer, probablement car je me reconnais en elle. Et j’attends, je laisse couler les mots, les yeux froids, et l’air glaciale. La dernière question de Nemrod est juste, l’enfant n’aura pas de père, pas pour moi, et il est enfant d’Ameth, je n’ose imaginer l’Emprise qu’il peut y avoir dans tout cela.

-Mon frère…la question de notre oncle est juste. Un Amethien ne renie jamais son pays, car il est endoctriné à sa foi. Et si elle échappe à la règle, elle sera désignée hérétique par son propre cousin. Je suis lasse et ça se voit. Je souris pourtant. Qu’importe, réfléchis à ta réponse encore… Je me redresse, saisissant du bout des doigts un boitier d’argent pour en sortir les cigarillos fins dont j’allume l’extrémité. Ta requête me parait étrange, tu t’attends à ce que je la fasse condamner dans les intrigues de mon bureau ? De nous, que risque-t-elle ? Si tu étais avisé, et bien entendu, si tu es le père, tu lui conseillerais de trouver pigeon pour assumer son ventre plein. La discrétion d’un mariage rapide, un enfant dissimulé. Au lieu de cela, la voilà clamant à sa famille qu’elle est enceinte, peut-être de toi, elle vient me voir en jouant quelques teintes précises pour tenter peut-être de m’en parler, et qui plus est, elle vient te voir toi. Quand d’ailleurs ? J’ignore si c’est de l’égoïsme ou de la stupidité. De la naïveté ou de la manipulation, dans tous les cas, tout ceci, n’est qu’une erreur.

Je viens à laisser sortir de mes lèvres, la fumée du cigare, déversant mes pupilles sur mon frère. Me détournant, je me rapproche d’une carafe de whisky, dont je me verse le fond d’un verre. J’ai des habitudes masculines, mais Père et moi avions ces habitudes.

-Je t’aurais bien dit qu’elle aurait pu s’en sortir, en prétextant avoir mentit, mais… Un rire me gagne, oh discret, amer…Les Amethiens seraient capables de la passer à la question, enceinte ou pas. Je bois l’alcool, je ne les regarde pas. Maintenant, j’aimerais savoir ce que tu vas répondre à Notre Oncle. Moi, je peux t’assurer ne rien engager à son encontre…si cette affaire s’étouffe avant qu’elle ne devienne trop grosse.

Et pour l’instant, je n’ai pas l’impression que l’ampleur sera raisonnable.


avatar
Nicolas De Choiseul
Prince héritier / Soldat de l'armée ambrosienne
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t319-les-dignitaires-nicolas-de-choiseul-soldat-de-l-armee-ambrosienne#7164
Nationalité : Ambrosien
Messages : 516
Date d'inscription : 28/06/2017
MessageSujet: Re: Révélations [Nicolas et Nemrod] Dim 15 Avr 2018 - 16:45
Las, le prince l'est, face aux murs auquel il fait face. il ne relève même pas que son oncle défend la princesse d'Eskr. Sans doute que les coucheries des uns sont approuvés par les autres. Il aurait presque honte de ses pensées cependant le fait de se faire accuser de juger la jeune femme alors qu'il ne l'a pas fait, il n'a que mentionné les probables machinations du prétendant. Cela le lasse d'autant plus que l'oncle se dresse face à lui. Il se serait levé s'il n'avait retenu ses propres sang. Se fâcher face à eux n'est ni utile, ni constructif et il se détache de la situation lentement. Des choses qu'il regrette ? Il a juste voulut être franc, à croire qu'ils étaient aujourd'hui incapable de lui faire seulement confiance. Comme ils l'ont toujours été quand il se trouvait seul face aux accusations. Comme il l'a toujours été en fait. Il se retient face à ces personnes qu'il admirait, aujourd'hui il en est presque à les dédaigner. Par nature ? Qu'est ce qu'il entendait cet homme ? Le Prince ne bronche pas, les avertir aura été inutile, il aurait du les laisser dans l'ignorance et trouver seul une solution.

Il ne releva pas l'insulte suivante, ce n'était pas avec ses organes génitaux qu'il pensait, c'était avec ce qui faisait battre son coeur, mais à observer ses parents il commençait à douter qu'ils puissent en avoir un. Si son oncle espérait le voir courir la donzelle ild evait se tromper sur lui. Ainsi, le Grand Nemrod ignorait que son neveu n'était l'homme que d'une seule femme. Qu'à cela le tienne il n'en dirait plus un mot. Ils voulaient de la froideur entre eux ? Il avait toujours l'option de repartir d'où il venait, il n'était qu'en congé temporaire après tout. Il le décevait, et à cet instant il se rendit simplement compte que cela ne comptait pas pour lui. Il aurait du être abattu et face aux accusations qu'il prenait en pleine face il se détachait lentement et surement de cet empire qu'il n'avait pas désiré. Privilégié parmi les privilégié, combien de fois lui avait t'on répété cela, combien de fois avait il fuit. Il était peut être temps aujourd'hui de le fuir une bonne fois pour toute. Il eut pourtant envie de rire, nerveusement sans doute mais la phrase d'une famille qui l'aime.... Il en aurait presque eut les larmes aux yeux alors qu'il se faisait rejeter par les êtres qu'il avait placé au dessus de tout, qu'il avait aimé aussi.

Il en aurait haussé les épaules de dérisions si son oncle pensait le menacer de le faire suivre. Qu'il le fasse, c'est sa forme d'amour sans doute. La dérision de la situation manqua de lui arracher de nouveau un sourire. Il se retient, garde de nouveau pour lui ses impressions, aujourd'hui il le voit, le sait, il n'est réellement à leurs yeux qu'un pion encombrant. Il reste une manœuvre pourtant que le retirerait de l'échiquier. Simplement. Seulement ... Cela protégerais à la fois Pia, et éloignerait le problème de cette vie en devenir. Il n'observe que d'un regard lointain l'Impératrice qui s'abreuve et fume devant lui. Est ce vraiment là le seul soutien qu'il obtiendra ? Savoir ce que lui pense de cet enfant ? S'il est le sien ? Las, le manque de sommeil, les visions d'horreurs qui courent derrière ses yeux fatigués. Partir, s'éloigner de ces lieux lui semble l'unique solution. Puisqu'ils ne peuvent lui en apporter d'autre, ni la promesse d'épargner ces deux vies. Alors il prendra lui ses dispositions. Que son oncle le suive, qu'il voit ce qu'ils font de lui, cela il s'en moque. Il n'a alors que peu de temps, et peu de désirs. Le seul qui lui reste est de la voir une dernière fois et après.. Après et bien Aernia seule le sait.

La réponse à quelle question mon Impératrice ? Il se détache, ils font ce qu'ils désirent et pensent juste ? Il fera de même. Il se lève et croise les bras dans le dos dans une posture de soldat, pas un muscle qui ne soit contrôlé dans son corps. Prendre le risque que cet enfant soit utilisé contre l'Empire ? J'étais simplement venu vous informer de cette probabilité, vous désirez supprimer l'éventualité, je n'ai donc pas de réponse à donner, vu qu'il ne verra jamais le jour.

Il ne fait que répéter ce qu'ils ont décidé, il ne voit pas quelle autre réponse ils pourraient attendre. Il défait les mains de son dos, il s'était préparé à toutes les éventualités, il avait imaginé des scénarios plus désastreux les uns que les autres. Que ce soit le pire qui se réalise le surprenait et l’attristait. Il sortit de sa poche la lettre qu'il avait préparé avant cela, la pose sur le bureau de l'Impératrice, et remet les bras dans le dos. Le regard froid dénué de toute forme de vie ou chaleur il les regarde, les deux personnes les plus importantes de sa vie.

Voici ma démission des forces armées de l'Empire, le courrier est doublé et sera envoyé à mon supérieur dès le matin. Il regarde son oncle et ne montre plus rien qu'une lassitude qui s'empare de tout son être. Vous venez de dire, monsieur, que j'avais tout ce qu'on peut imaginer, aujourd'hui je renonce à tout, que ce soit honneur, privilège, toit ou appartement. Pas un instant il n'avait imaginé en venir à cette décision. Parce qu'avec tout cela, il me manquerait malgré tout ce qui est le plus important à mes yeux aujourd'hui. Il doutait que l'un ou l'autre l'ait vraiment aimé un jour, ils le condamnaient, et ils la condamnaient, n'avait même pas entendu sa demande. Et pourtant, il n'avait demandé que peu, une protection, même pas pour lui. Il fut un temps où il aurait donné sa vie pour eux, en le rejetant il ne voyait plus pourquoi il ferait ce genre de choses. Ainsi vous avez la réponse à votre question, si cet enfant à naître est bien le mien, il n'aura aucuns droits à ce trône Impérial, dont je ne veux pas et n'ai jamais voulut. Il n'avait plus aucunes envies de rester dans cette pièce, son regard passa de l'un à l'autre. Et contrairement à vous mon oncle, aucune demande ne me fera revenir sur cette décision, parce que cet Empire, aussi grand soit il, semble trop corrompu pour perdurer. Il l'avait traité d'enfant, lui exprimait aujourd'hui clairement ses sentiments envers ce qu'on lui a fait subir depuis son jeune âge. De la privation de sa mère aux insultes à son corps. Oui il avait eu une enfance dorée, protégée, mais isolée, solitaire. Et l'amour qu'il pensait avoir reçu n'était sans doute qu'une illusion de plus de ce monde d'artifice dans lequel ils l'avaient fait grandir.



THEMES
&
avatar
Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniqueambrosia.forumactif.org/t35-grand-lilith-de-choi
Nationalité : Ambrosienne
Messages : 2781
Date d'inscription : 14/01/2017
MessageSujet: Re: Révélations [Nicolas et Nemrod] Dim 15 Avr 2018 - 21:31

Ainsi donc, il met de l’Impératrice entre nous, Nicolas ne me connait que peu, j’en ai fort l’impression. Et je n’en ai que plus de douleur, il se présente face à nous dans l’idée d’obtenir quelque chose et parait nous mettre au dépourvu en admettant qu’il est père de l’Enfant et qu’il ne veut que sa protection. Je suis l’Impératrice de l’Empire, je ne plie pas, pas devant un fait accomplis, maintenant, puisqu’il préfère me voir en Impératrice alors soit. J’abandonne. J’ai toujours été froide et sur la retenue, mais s’il l’ignore, qui puis-je ? Peu importe…je le regarde, cette fois défait de la glace de ma pupille pour essayer de voir où se trouve mon frère.

- Un seul instant ai-je décrété qu’il serait mort ? Ai-je prononcé clairement ces mots ? Ou bien délires-tu mon frère ? Voilà que j’indique qu’elle aurait mieux fait de se taire, et qu’elle devrait trouver compagnon pigeons et voilà que tu vas plus loin que mes propres paroles…avons-nous décidé quoi que ce soit ?

Dans quelle stupidité s’embarquait-il, si je suis en colère, je n’ai nullement décidé quoi que ce soit et quand bien même je le ferais, je ne pense pas ainsi lui clamer haut et fort. Quoi qu’il en soit, j’ai compris et ce qui va arriver, ne lui plaira pas.

La suite, mon regard se perds, je dépose mon vers, le tabac, et laisse mon visage exprimer, en se dissimulant un peu, une peine écorchée. Que dire à mon frère et ses décisions stupides ? Je ne sais pas trop, je ne connais que ce que notre propre père m’a toujours enseigné…Délaissant les mètres qui nous sépare, je viens l’observer. D’une tendresse fraternelle aux pupilles, je viens repousser ses cheveux bouclés. Aimer mon sang et mon frère est une chose, aimer l’Empire une autre, je crains qu’il n’ait pris de notre mère pour en ignorer le sens.

Si jeune et si bête. Je voudrais hurler, mais j’en suis incapable. De la contenance, toujours, ne laisser jamais s’éprouver la colère ou le chagrin, tenir le visage, mais je le dévisage et j’ai mal. Ainsi il souhaite nous quitter, persuader que rien d’autre n’est possible, nous parlons, il vient les poings si fait…J’ignore même quelle sera ma décision, mais il parait savoir, à l’avance que tout cela est peine perdue. Comment me juge-t-il ? Comment parvient-il à me définir ? Que pense-t-il de nous ? Je ne pensais pas mon frère si éloigné pourtant…

-Un jour notre père m’a dit, Lilith tu as un frère. Vous serez liés par le sang, et je vous apprendrais à vous dévouer pour l’Empire, je vous enseignerais comment vous soutenir. J’ai promis à notre père, que j’aimerais mon frère, et que je veillerais sur lui. J’ai manqué à mes paroles quand notre mère a fait scandale.

On pourrait croire que je le pardonne de sa décision, au passage, à peine,j’ai pris sa lettre et je la tiens dans ma main. Alors, je viens enlacer Nicolas, calmement, je suis tellement désolée de ma décision immédiate, mais sans colère ni amertume, je me dois de la lui offrir.

-Mais tu es tellement comme elle, tu ne peux pas et tu ne veux pas comprendre ce qui est nôtre. Nos distances te sont de si grands ombrages ? Que penses-tu de nous en vérité ? A quel point nous méprises-tu ainsi qu’elle le faisait…je suis si désolée…

Et je le laisse s’éloigner, je ne sais point dire des mots d’amour, j’en ai la bouche scellée. Si c’est cela qu’il veut, comment lui expliquer. Aimer comme nous le faisons consiste aux sacrifices, à n’être ni plus ni moins que des figures de proue, les intimités que nous offrons sont nos preuves d’amour. Passer un instant avec Lui, rire comme je ne le fais jamais, ces riens indistincts qu’un aveugle ne peut voir. Je suis sa sœur, des sourires, des instants…mais hélas.

Alors que je jette sa lettre dans le feu, j’ouvre la porte du bureau.

-Sous ordre Impériale, Nicolas de Choiseul est mis aux arrêts. Pour crime de haute-trahison au trône et à son sang. Descendez-le à la plus éloignée des cellules du sous-sol. Discrètement.

Les gardes se figent, mais réagissent à l’immédiat, d’abord en le tenant en jouc, et puis en faisant pénétrer deux gardes pour le menotter. Il ne peut s’échapper, ni ne le fera et je le condamne au fer. Cela me déchire le cœur mais puisqu’il me trahit, je ne peux avoir confiance en lui. Cette trahison me lance l’âme à milles souffrances et je pourrais suffoquer, après seule, je suffoquerais.

-Notre oncle l’a fait mais c’était une utilité. Toi, non. Tu connais trop de chose, tu sais trop de chose et puisque tu sembles avoir pris ta décision depuis le début, en espérant nous en faire porter la conclusion, je ne te fais plus confiance.

Je n’ai rien de plus à lui dire. Oui je crois parfaitement qu’il en était décidé pour lui de cette conclusion, alors que nous parlons, nous discutons et si j’avais arrêté mon choix, il l’aurait clairement entendu. Que lui manque-t-il ? Je ne le sais pas, mes complaintes narratives ? Mon soutient indéfectible, je ne sais pas. Mon amour est une chose complexe, Hélène ne le comprenait pas, l’Empire avant tout et pourtant…j’ai aimé mon frère aussi fort que je l’ai pu, il y a peu encore notre retrouvaille était heureuse, mais aujourd’hui je n’observe qu’un enfant capricieux qui crache sur son héritage, et donc sur moi. Car s’il refuse tout cela, c’est moi aussi qu’il refuse. Notre oncle pourra peut-être essayer de me raisonner, mais le bagne finira probablement par recevoir un prisonnier au masque de fer.


avatar
Nemrod L'Envers
Maître espion
Voir le profil de l'utilisateur
Nationalité : Ambrosien
Messages : 94
Date d'inscription : 05/03/2017
MessageSujet: Re: Révélations [Nicolas et Nemrod] Lun 16 Avr 2018 - 15:40
Vous plaigniez Lilith… parce que le petit vous faisait de la peine, mais que devait-elle penser de cela ? A l’écouter, il était évident que quelque chose n’allait pas et Lilith assistait, impuissante, à une scission avec son propre frère. La personne qui aurait dû la soutenir le plus… il avait fait une demande qu’il savait forcément déraisonnable. Il n’avait, à proprement parler, aucun argument à) faire valoir qui puisse sembler valable… et vous excluiez la bêtise. Ce gamin était loin d’être bête. Aussi vous vous rassîtes. Beaucoup d’émotions et vous ne vouliez pas que vous jambes vous trahissent. Car elles allaient le faire s’il continuait à agir de la sorte… vous sourîtes à votre nièce, un sourire compatissant, et même plein de douceur, car vous saviez que de vous deux, c’était elle qui était la plus touchée par ce triste évènement…

Vous louiez même sa maitrise et son contrôle alors qu’elle évoquait les conséquences les plus logiques et les parades à celles-ci… elle eut même la grâce de faire un peu d’humour. Vous louâtes son courage pour cela… mais la suite vous fit très vite redevenir pleinement sérieux. La situation était complexe. Il était évident que cela en serait ainsi. Rien n’était jamais facile avec la politique. Sinon, il n’y aurait pas toute cette chienlit à la cour… enfin, bon, Lilith connaissait votre opinion sur ladite chienlit. Vos neveux n’y avaient sans doute pas été assez attentif… piégé, faut comme un rat. Pire encore il réclamait sa dose de mort aux rats… vous soupirâtes profondément alors qu’il continuait à parler. Non, vous n’aviez rien décidé, vous aviez émis des conjectures… mais ce fut la suite qui vous peina le plus : sa décision, ; prise à la va-vite. Elle vous peina tellement que vous sentîtes un chagrin énorme vous remonter le long de votre gorge jusqu’à vos yeux. Fort heureusement, Lilith prit la parole juste à temps pour que cela puisse être une diversion suffisante… pauvre enfant… elle avait perdu père, mère, et maintenant, c’est son frère qui la trahissait. Vous regardâtes un moment dans le vague, vers les flammes, et vous vous sentiez si las… plus que quiconque ne pourrait s’en douter. Las de cette vie qui vous avait pris votre femme, votre fille, vous avait empêché d’élever la seconde fille, et maintenant, cette vie vous privait de quelqu’un que vous aviez élevé et considéré comme un fils…

Pire encore, maintenant, il insultait sa propre famille… il insultait la seule personne qui aurait pu l’aider et le conseiller habilement s’il avait osé parler avant de cela. Il avait préféré s’enduire les yeux de merde et maintenant, il s’éloignait, définitivement, s’y enfonçant volontairement, semblait-il…
Toutefois, devant les difficultés en présence et devant les décisions de Lilith, vous vous levâtes. Non. Pas les fers. Il restait un prince de sang, et, eu égard dû à son rang, vous privilégiez une autre approche, moins directe, mais tout aussi efficace, sans doute. Vous vous levâtes péniblement et fîtes signe aux gardes d’attendre un instant, alors que vous posiez votre main sur l’épaule de Lilith, pour la faire un peu rationaliser, quitte à parler pour elle. Ce n’était pas la première fois, et ce ne serait pas la dernière.

« Tu t’emportes, ma nièce… laisse-moi gérer cela, je te prie. »

Doucement, Vous vous approchâtes de Nicolas et déposâtes votre main sur sa joue, la tapotant, avant de prendre la parole.

« Tu es un prince, Nicolas, et tu agiras comme tel. Et ce n’est pas une demande. C’est un ordre. Tu nous fais honte à tous, ici. Ton père aussi aurait honte. Et pire… tu t’en fous.
Et… vois-tu… la grande différence entre toi et moi, fils, c’est que toi, tu n’aurais jamais agi pour l’empire, juste pour ta petite personne. Ta mère était une foutue emmerdeuse, elle nous l’a mise profond, et tu suis – involontairement – les mêmes traces qu’elle. C’est enfant n’est pas le tien. Pour son propre bien, tu n’as rien à voir avec lui. Et eu égard à mon frère, que Sarkenos veille sur lui, à ta sœur, et à l’amour profond que je te porte, je te demande de réfléchir à ta position, à ta situation, et, si ce n’est aux intérêts du plus grand nombre, mais au moins à l’intérêt de ceux que tu aimes. Donc pas le nôtre, étant donné ce que tu nous dis. »


Vous soupirâtes avant de vous adresser aux gardes.

« Nous allons raccompagner le prince à ses appartements par les passages secrets. Je les condamnerai après votre passage et vous ferez évacuer ses appartements afin qu’il y soit complètement seul. Laissez-lui juste un valet, pour qu’il puisse être habillé et lavé régulièrement. Vous êtes tenus au secret. Le prince est malade et son état de faiblesse lui interdit toute sortie et toute visite jusqu’à nouvel ordre. »

Oui, voilà la bonne solution.

« J’irai faire des offrandes à Metil en public pour que son mal se résorbe et qu’il retrouve raison. Si je chope une seule personne dans ses appartements hormis lui, moi, l’impératrice, ou son valet, je fais fouetter tout le régiment des gardes qui auront laissé passer ça. Idem pour s’il sort de ses appartements. Vous fouillerez le valet pour être sur qu’il ne communique avec personne à l’extérieur. Et convoquez-moi le tuteur de sa Juliette. Lui et moi allons avoir une petite conversation sur les fréquentations de sa pupille. S’il est trop long, vous me le ramenez par la peau du cou. »

Bon, voilà, il fallait réagir vite. Et vous n’alliez pas perdre de temps. Vous sortiez un petit flacon de la poche de votre veston, puis vous versiez dans un fond d’eau un nombre de gouttes très précises. Mais pour deux verres. Il fallait qu’ils dorment un peu. Lui, pour éviter de faire une bêtise, et elle, parce que sinon, elle ne dormirait pas de la nuit.

« Bois, Nicolas. Toi aussi, Lilith. Tu as besoin de repos. Ah et Nicolas, je passerais te voir au plus vite, il y a des choses que je dois te faire comprendre. Ta finesse politique étant peu élevée, je vais t’expliquer une ou deux choses… »

Oui, vous donniez beaucoup d’ordres, mais quoi d’étonnant. Vous étiez celui qui gérait le mieux les crises…


Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Révélations [Nicolas et Nemrod]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Chroniques d'Ambrosia :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: 2nd étage-
Sauter vers:  
Il était une fois AmbrosiaNos Partenaires

Retrouver nous sur