Les Chroniques d'AmbrosiaConnexion

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Sujet: [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  1545043444-icon-minipostedMar 27 Mar 2018 - 12:24


Chapitre 01 : Parvenue au palais.
©️ Never-Utopia

La traversée t’avait paru longue, mais tu étais tellement impatiente. En regardant l’île disparaître de ta vue, tu t’étais sentie adulte, décidée, déterminée. Il était temps de prendre ta vie en main et d’arrêter d’obéir à ton père. Mais tu t’étais aussi sentie minuscule, qu’allait-il dire ? Il ne pouvait plus te cacher, tu n’en pouvais plus de l’île, tu avais grandi, tu voulais être garde impériale comme il se devait. C’était le seul rôle que tu connaissais et c’était le seul que tu pouvais endosser. Tu avais tout appris, tu étais prête. Maintenant tu étais au palais, dans une chambre, tu te demandais si ton père savait, mais à la place, tu te présentais à ta compagne de chambrée. Une grand femme qui t’avait regardé de haut en bas avant de t’accueillir et te présenter la chambre. On t’avait confié à elle, pour qu’elle te présente l’endroit. Vous étiez trois dans la chambre, il y avait trois lit et une armoire au pied. Heureusement que tu n’avais pas trop de vêtement, ta livrée et deux trois chemises, un pantalon. Elle te fit de la place avant de te présenter ton lit, celui tout en haut. Tu étais la plus jeune, tu grimperais pour dormir. Cela ne te dérangeait pas, tu es seulement un peu proche du plafond, mais ce n’est pas dérangeant. Tu ne prends pas tant de place que cela. Elle te fit faire le tour, la grande salle servait de lieu de repos et de cantine, tout était en dessous. Ce n’était pas grave, puisque tu ne passerais pas ta vie au repos. Elle te présenta les douches rudimentaires, non-mixte et t’ indiquas qu’elle prenait sa garde, te laissant donc t’installer. Tu devais être mise en place en début d’après-midi, en attendant, tu te changeas dans ta chambre, pour enfiler ton costume de garde impériale et ce fut avec une fierté non dissimulée, que tu enfilas le casque, en t’ observant dans le petit miroir. Tu étais enfin où tu devais être, et tu étais désormais plus patiente. Tu finis d’attacher ta lanière pour tenir le plastron et tu inspiras d’un grand air satisfaite. Tu y étais ! Tu allais rencontrer quelques-uns de tes camarades dans une heure, pour le repas et ensuite…ensuite les choses sérieuses allaient commencer. On frappa à la porte, ce qui te surpris. Peut-être s’agissait-il de ton supérieure ? Avec rigueur, tu indiquas d’entrer, avant de te mettre au garde à vous. Tu ne bougeas pas d’un pouce, quand tu reconnus le comte de l’Envers, et tu attendis, au garde à vous, le visage fixait sur un point en face de toi, comme le bon soldat que tu étais.


[Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  YrNCXKn
Sujet: Re: [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  1545043444-icon-minipostedMer 28 Mar 2018 - 0:03
La lettre que vous aviez reçue vous avait fait l’effet d’une petite gifle. Comprenez bien une chose :  vous ne l’aviez pas écartée seulement pour prendre vos précautions en vue d’un scandale, en réalité, cela aurait pu être relativement mineur, si les langues avaient parlé… que l’on confie l’enfant à un ami faute de parent à la mort de la mère, il était logique qu’elle soit confiée à une sorte de père de substitution, de parrain… mais dans le doute, il était préférable qu’elle soit élevée à l’écart, et vous espériez faire museler les rumeurs facilement… et ainsi éviter qu’elle soit mêlée aux intrigues de la cour, où elle pourrait être une arme dangereuse… même si vous aviez abdiqué en votre nom et au nom de vos descendant, la tâche des de Choiseul restait la Tâche… qu’on le veuille ou non… donc oui, deux motifs pour un seul acte. Et le trône était gagnant sur les deux tableaux.

Seulement… seulement, avec ces derniers évènements, c’était pour le moins compromis… Il fallait le reconnaitre… vous soupirâtes profondément. Oui, vous compreniez qu’il soit préférable de la faire venir, si elle était si douée que cela – ce dont vous ne doutiez pas – alors elle était un atout de poids… mais elle n’en restait pas moins une arme à double tranchant. Vous restates silencieux un instant avant de finalement vous lever en grognant. Oui, elle devait être installée, vous deviez aller voir si elle était encore en salle des gardes pour lui parler. En privé, dans son élément naturel. Vous appuyâtes sur le mur pour ensuite toucher l’endroit qui émit un clic en déverrouillant le passage secret. Ledit passage secret s’ouvrit donc et vous vous y engouffriez. Direction les sous-sols.

Vous connaissiez le chemin par cœur et ne vous donniez même pas la peine de vous cacher quand vous arriviez dans la salle de garde… ils vous connaissaient tous, pour les plus vieux, ils avaient suivi sous vos ordres et vous les connaissiez suffisamment bien, vous vous entendiez suffisamment avec eux pour qu’ils essayent de vous proposer un rafraichissement maison, une bonne bière bien fraiche, que je refusais. Je me dirigeais vers les dortoirs après avoir obtenu confirmation que la bleue était là. Et puisqu’elle était là, j’allais toquer à la porte du dortoir des femmes d’où une voix vous parvint, sèche et ferme, comme toute réponse d’un soldat digne de ce nom. Vous restâtes silencieux avant de finalement entrer et la regarder, au garde à vous, comme il fallait. Vous l’observâtes, ne parvenant pas à dissimuler un sourire. Est-ce que vous étiez fier de la jeune femme qu’elle était devenue ? Oui, clairement. Ses instructeurs n’avaient pas tari d’éloge. Et vous les connaissiez tous, aucun ne vous épargnerai sous prétexte qu’ils savaient tous qu’elle était votre bâtarde.

« Repos, la bleue. »

Oui, pas de « repos jeune fille », ou de « repos jeune femme », ou encore de « ça me fait plaisir de te voir ma fille ». Pas non plus de « tu m’as manqué, Constance ». C’était bien inutile. Et ça l’était d’autant que vous aviez plus confiance en la tripotée d’hommes et femmes dans la salle d’à côté que dans tout le palais… Vous lui faîtes un sourire plus paternaliste. Voilà qui devait bien se dérouler.

« Alors, le voyage s’est bien passé ? »

Vous ne lui parlâtes pas des compliments de ses instructeurs pour ne pas lui faire prendre la grosse tête.

« Il y a une tradition ici. Montre-moi ton uniforme, je te prie… »

Une petite mise en boite qui ne durait en général qu’un petit mois ou deux, et comme pour vous rappeler que vous faisiez partie d’eux, c’était à vous que cette tache incombait. Et vous aimiez cela.

« Te sens-tu prête à travailler dur au palais. Tu n’as jamais rien connu de tel, c’est un nid de vipère. Ou un panier de crabe, comme tu préfères. »


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Sujet: Re: [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  1545043444-icon-minipostedJeu 29 Mar 2018 - 8:45
Il te traita de bleue, ce qui ne te fit rien. Tu l’étais, et ce n’était pas anodin qu’on te le rappelle, c’était une chose normale. Tu te mis au repos et tu attendis. Tu n’attendais rien de ton père, pas de câlin, pas de bienveillance, ni même de favoritisme. Tu l’aimais, il t’avait manqué, mais il devait en avoir cure de le savoir. Tu savais que cette phrase dans tes pensées n’était pas méritée, tu savais que Nemrod était, comme il devait être, mais parfois, tu avais besoin de preuve. Cette preuve prit son existence dans un sourire. Et tu faillais y répondre, le coin de tes lèvres s’y engagea, ce fut un minuscule sourire avant de reprendre ton air concentré et fixe.

--Très bien Monsieur.

Ta réponse était brève, mais il n’y avait rien à ajouter, tu ne parlais pas pour ne rien dire, tu devais être concise et précise, c’était ce qu’on t’avais appris. Peut-être que tu aurais été plus expansive en n’étant pas le soldat, mais tu l’étais, et il n’avait pas indiqué autre chose, alors tu faisais ce que tu savais faire. Tu t’avanças d’un pas vers lui quand il parla de montrer ton uniforme. Tu venais de passer ton habit de garde car tu étais impatiente de le porter et d’aller prendre ta place. Tu le portais donc. Et tu t’avanças. Tu savais que tu serais mise en boite, tu savais que tu serais bizutée, cela ne te dérangeait pas, cela signifiait que tu appartenais à la garde, tu en étais impatiente.

--Je suis prête Monsieur et ce que j’ignore, je l’apprendrais.

Encore une fois, bien concise, tu oses poser ton regard sur ton père. Pour ne pas changer, comme l’enfant que tu étais, tu le regardais avec admiration. Te souvenant de tous les mots de ta mère quand elle parlait de lui. Tu l’entendais dans ta tête, comme depuis des années, alors qu’on aurait pu croire que tu avais oublié le son de sa voix. Ce qui t’impressionnera le plus, ma fille, c’est le regard de ton père. Il porte une sagesse étrange, mêlée de bienveillance et d’autorité, jamais tu ne pourras réellement lui mentir. Et tu n’avais jamais sû. Malgré votre carapace, Nemrod pouvait tout te faire avouer, tu avais bien trop peur de lire de la déception dans ses yeux pour oser mentir. Tu voulais qu’il soit fier, c’était le plus important pour toi.

--Avez-vous des conseils ?

Tu te risquas à lui demander. Tu avais envie de l’appeler Père, mais ce n’était pas le lieu, tu avais envie de le tutoyer mais tu ne le ferais pas. Tu étais toute en dualité avec lui et tu savais que c’était normal. Tu savais aussi, que tu cherchais à lui tenir tête en étant ici et qu’il ne pouvait plus te renvoyer sur l’île, parce qu’il ne pouvait pas gâcher ton potentiel. En tous cas, tu l’espérais.


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Sujet: Re: [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  1545043444-icon-minipostedJeu 29 Mar 2018 - 19:39
Vous la regardâtes. Elle avait fière allure, c’était le moins que l’on pouvait dire. Vous revoyiez très bien sa mère dans ses traits. Sauf quelques détails tout à fait choiseuliens. Vous lui faîtes un signe de tête approbateur alors qu’elle approchait que vous preniez dans votre poche quelque chose, il s’agissait d’une masse de petites rubans munis d’épingles pour les accrocher au vêtement. Oui, des rubans bleus. Tout le monde, tous les nouveaux, avaient les mêmes. Et elle ne ferait pas exception. Comme pour tous les autres, vous les lui accrochiez aux épaulettes, les faisant tomber sur ses bras, de sorte à ce que chaque fois qu’elle bouge les bras, la multitude de petits rubans se mettaient à bouger, comme pour souligner par chaque geste qu’elle n’était jamais qu’une bonne vieille bleusaille. D’ailleurs son casque aussi devait le signaler. En général, il y avait toujours un petit malin pour peindre trois lignes bleues en travers du casque… et vous passiez outre les bizutages classiques.

« Non, bleusaille, tu n’es pas prête. Ou du moins, tu l’es autant que tu peux l’être en sortant de l’île. Mais tu le seras bien tôt ou tard. Ce n’est pas un choix, mais une fatalité, tu seras prête. »

Oui, voilà de quoi bien rappeler sa situation, elle venait d’arriver, elle n’était pas prête, pas prête au venin, aux paniers de crabes, à quelle situation désamorcer et quelle situation laisser dégénérer… mais vous saviez conçu le fonctionnement de la garde impériale. Elle ne serait pas seule, pas avant plusieurs semaines. Pour chacune de ses gardes, chacune de ses missions, elle serait accompagnée d’un vétéran, et ce, pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’elle soit rodée. Oui, il n’y avait rien à dire de plus. Vous lui adressâtes un geste de la tête approbateur pour la suite, alors qu’elle demandait conseil. Demander conseil était la chose la plus sensée et pourtant peu de nouveaux tentaient le coup.

« Ne pas merder, ce serait un bon début. »

Oui, voilà un conseil avisé. Le premier que vous aviez toujours donné à toute personne qui vous avait demandé conseil. C’était quelque chose qui semblait évident, mais ce n’était pas si simple que ça. Bien au contraire en fait. Ici, on merdait très rapidement.

« Il y a une ou deux choses qui seraient à ne pas oublier… comme le fait de ne croire personne sur parole, hormis ta hiérarchie, et de te rappeler que si tu cours un jour le moindre problème, il y a toute une armée qui soutiendra ton choix tant que tu pourras montrer qu’il est judicieux, ou qui te tombera dessus si tu ne le peux pas. Que tu dois être irréprochable tant au niveau de ta tenue que de ton comportement. Et enfin que tu ne dois jamais perdre ton sang-froid. Sous aucun prétexte. Et tes affinités ne doivent jamais entrer en, ligne de compte. »

Oui, tout cela était facile à dire, mais tout cela, c’était bon de s’en souvenir. Puis, plus personnellement je rajoutais.

« Et en voici un qui t’est vraiment dédié. Sur l’île, tes instructeurs pouvaient être mes yeux et mes oreilles. Mais ici, ce sont tous les murs qui le sont. Rien ne m’échappe jamais. Je mets parfois une petite semaine à le savoir, mais je finis toujours par le savoir. Et tout particulièrement, ce que l’on ne voudrait pas que je sache. »


[Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  CwDXVua
Sujet: Re: [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  1545043444-icon-minipostedMar 3 Avr 2018 - 21:15
Tu te demandes si tu lui ressembles, mais tu ne le crois pas. Tu as l’impression de ne pas assez lui ressembler. Peut-être aimerais-tu que ce soit plus flagrant, plus évident, pour avoir une attache plus forte. Tu sais qu’une tâche seule te relie, une simple tâche. Peut-être le bleu de tes yeux, le noir de tes cheveux, mais tu as l’impression d’être si loin de Lui. Cela ne devrait pas te préoccuper. Pas tant que ça en vérité. Ce n’est pas ce qui est important. Tu es prête pour ce qu’il doit faire et tu te tiens devant lui, sans te perturber. Tu aimerais parfois le prendre dans tes bras, ou bien juste l’enlacer, mais tu ne sais plus le faire, enfant, peut-être, en prenant sur toi, mais aujourd’hui, tu es trop grande. Tu es trop beaucoup de chose. Il t’installe le rappel que tu n’es qu’une bleusaille, tu es fière de cela. Enfin tu es au palais, et si tu n’appartiens pas à cette famille impériale, tu ne laisseras jamais rien de fâcheux leur arriver. Tu es une Garde Impériale et rien n’est plus important pour toi !

--Oui Monsieur.

Il t’a repris, une erreur que tu prendrais soin de ne pas refaire, même si ton supérieur a une forte tendance à reprendre plus vite que son ombre. Mais tu n’es personne pour juger ce fait, tu le connais, tu dois faire attention à ne pas recommencer, il risquerait de te prendre pour une idiote, ou pour moins bien que tu ne l’es. Et tu ne veux pas de cela. Mais pour toi, tu es prête à être Garde, tu devrais simplement apprendre à être face à des menteurs et des manipulateurs. Néanmoins tu lui demandes conseils, car ceux-ci sont précieux. Tu as envie de sourire à son premier conseil, très avisé, certes, mais qui te provoque une envie de sourire. Ne pas merder. Ce n’est pas dans tes attentions, mais tu sais que ce n’est pas toi qui décide, tu dois agir.

--Merci Monsieur.

C’est tout ce que tu peux dire après l’énoncé de ses conseils, un remerciement. Même si au fond tout ceci est évident, on t’a appris tout cela, tu le remercies. Tu n’es pas impulsive et tu n’es pas non plus aisée à mettre en colère, au contraire, mais sait-on jamais.

--Est-ce une manière, détournée, Monsieur de dire que vous m’avez à l’œil ou que vous veillez sur moi ?

Cette fois, tes yeux se sont posés sur lui, comme une enfant regarde son père, tu as besoin de savoir car tu ne parviens pas toujours à comprendre quelles sont vos limites. Est-ce le père et/ou le supérieur ? Un de ces mélanges-là ? Qui ? Elle se racle la gorge et se remet fixe. Devant ton audace rapide, tu ne faiblis pas, cela ne te fait rien d’avoir demandé, ou en tous cas, tu en donnes l’impression, au fond, tu ne sais pas ce qui se passe en toi, tu voudrais … non, rien. Tu n’aimes juste pas cette sensation. Une dualité étrange, ton besoin d’être sa fille, mais ce refus de l’être. Tu te cherches peut-être à moins que tu ne sois enfin en train de faire ta crise d’adolescence, disons-le. A ta manière certes, comme tu le peux bien sûr, mais peut-être qu’il s’agit de cela.

--En avons-nous finit Monsieur ?

Tu dis cela comme si c’était normale, un terme à votre échange, tu n’as pas envie, mais tu as des frères et des sœurs d’armes à rejoindre ! Tu ne peux pas juste rester avec lui.


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Sujet: Re: [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  1545043444-icon-minipostedMer 4 Avr 2018 - 10:10
Vous ne lui diriez ps, mais elle était devenue une femme dont on pouvait être fier, que l’on soit un père, un oncle, un supérieur, elle faisait votre fierté, entre autres… mais la véritable épreuve approchait… vous lui sourîtes et attendîtes un peu, qu’elle comprenne ce que vous lui disiez. Oui, il fallait reconnaître que c’était quelque chose qui semblait relativement simple et basique, mais pour de vrais conseil...non, vous préfériez qu’elle se fasse elle même sa propre expérience. C’était quelque chose qui se passait de tout conseil. IL fallait qu’elle fasse ses propres erreurs, qu’elle les assimile une fois faites… c’était la seule bonne manière de s’avérer douée à sa tâche…  Vos conseils ne seraient jamais aussi utiles que l’expérience de ses propres égarements… ça, c’était essentiel… du coup, vous vous repreniez.

« En fait, si, merde dès le début, merde bien comme il faut, et comme ça tu apprendras. N’aie pas peur de faire des erreurs, aie peur de ne rien en tirer. On te le reprocheras, mais chaque fois que tu merderas, ce sera la dernière que tu fers une connerie comme ça. Mais quand je te dis merde pas, c’est juste : merde pas en vain ! »

Oui, c’était peut être plus clair. Car elle merderait forcément à un moment ou à un autre. C’était humain de merder !  Vous aviez donc peut être du préciser cela, mais ce n’était pas vain que de lui détailler ce point, car ça n’était plus un conseil vide, mais quelque chose de concret et  qui lui servirait toujours. ON vous avait donné le même quand vous étiez jeune. Et ce on n’était pas n’importe qui. Alors vous précisiez à nouveau.

« C’est mon propre père qui m’a donné ce conseil quand j’ai intégré l’armée. Donc il est normal de te le transmettre. »

Oui, voilà, tout était bien explicite, comme ça, et ce, jusqu’à ce qu’elle reprenne la parole con cernant votre avertissement sur le fait que les murs avaient des oreilles… est-ce que c’était une manière de dire que je veillais sur elle ou que je la surveillais ? Hm… difficile à dire précisément… en fait c’était sans doute un peu des deux, dans le fond. Ou aucun. Vous restiez un moment en silence avant de finalement tendre la main et la laisser posée sur son épaule.

« Je pense qu’il ne s’agit ni de l’un ni de l’autre en fait… les murs ont des oreilles ici, souvent, ce sont mes oreilles, mais pas toujours. Vois ça comme à la fois un conseil de prudence, car tu dois veiller sur tes mots, d’une part, et d’autre part, tu sais aussi que si tu es en détresse, je saurai t’entendre. »

Bon, d’accord, c’était paternaliste, un peu, mais que vouliez-vous… les enfants, je n’en avais pas eu des mille et des cents...

« Je suppose que ça dépend, il n’y a rien à traiter en plus de ce qui s’est déjà fait. IL ne reste rien sur le plan professionnel. Sur le plan personnel, il y a encore deux choses à faire. »

Vous vous approchâtes et lui baisâtes le front, vos mains sur ses épaules, avant de finalement lui murmurer quelque chose qui était cette fois, vraiment les propos d’un père à sa fille.

« Promets-moi que tu seras prudente... »


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Sujet: Re: [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  1545043444-icon-minipostedMer 11 Avr 2018 - 9:59
Tu fronces les sourcils, nullement certaine de le comprendre. Avant qu’il ne dise sa dernière phrase, de ne pas merder en vain. Tu le regardes, toujours les sourcils froncés et tu esquisses un sourire un peu forcé, en hochant la tête. Tu as compris. Et tu n’as rien de plus à répondre à cela. Tirer leçon de tes erreurs est une évidence, même si tu n’aimes pas l’idée de pouvoir commettre des erreurs. Pour toi, c’est une trahison, non seulement envers la Garde et la couronne, mais surtout…un peu…ton père et ta famille. Ils ne te connaissent pourtant pas et ils n’auront jamais à te connaître, tu ne cherches pas cela, tu veux agir pour eux, pour ton Impératrice et tu es fière de le faire. Tu ne peux prétendre au trône et ce ne sont pas tes intentions. Ton père a abdiqué pour toute sa lignée, mais toi, tu peux toujours servir l’Empire en servant l’Impératrice et sa lignée. Et de cela, tu es si fière de pouvoir le faire. Rien n’est plus important, personne ne sera plus important que cela. Un jour, peut-être, tu rejoindrais le sang de Neiman. Même si tu ne connais pas encore cette société secrète, au fond, tu y es prédestinée. Tu ne le sais pas. Mais un jour, tu apprendras.

--Merci Monsieur.

Tu retiens un rougissement, il te donnait donc un conseil de famille. De ton grand-père, et tu baissas les yeux, pour ne pas voir poindre sur tes joues un rouge trop carmin. Avec ta peau claire, cela aurait été bien trop visible. Et puis, cela ne veut peut-être rien dire, il donne ce conseil peut-être à tous les soldats de la garde. Mais quand même, tu décides de le garder pour toi. Pour une fois. D’ailleurs tu décides à demander. Est-ce un avertissement pour le soldat ou la fille ? Tu te le demandes, au fond, tu as besoin de savoir. La dualité en toi est forte. Ton père ou ton supérieur. Ton besoin d’émancipation ou ton obéissance. Tu demandes donc.

--Bien monsieur.

Tu es à moitié déçue, mais tu n’arrives pas à dire plus de chose. Tu te tiens comme il le faut, sans te trahir. Alors que tu as envie d’être prise dans ses bras, ou de l’appeler Père une fois. Tu ne l’as pas beaucoup fait dans ta vie. Tu penses que son paternalisme et son aide, en cas de détresse, il ne le fait pas que pour toi et tu ne sais pas. Alors tu reste cette femme obéissante de la Garde, pour te protéger. Et puis, il parle de personnel et tu le regardes, plus qu’étonnée. Quoi donc ? Le baiser sur ton front te fait cette fois rougir, les joues pourpres, tu le laisses faire. Tu aimes ton père. Malgré l’étrange façon de t’avoir fait éduquer, tu comprends.

--Je vous le promet père.

Le mot s’étrangle dans ta gorge, tu le murmure, pour que les murs à oreille n’entendent pas, et dans un mouvement, puisqu’ils n’ont pas d’yeux, tu viens enlacer Nemrod, tes bras autours de son cou. Oh, ton mouvement n’est pas fluide, tu hésites même deux fois, tu ouvres grand tes bras, un peu trop, avant de réussir à l’enlacer. Tu as l’air gauche, très gauche. Mais tu es aussi grande que lui maintenant, tu ne l’as pas enlacé depuis que tu étais plus jeune et plus petite. Tu le sers fort avec tout l’amour que tu as pour lui. Si fort que tu pourrais l’étouffer. Tu souffles alors que ton visage est caché contre lui.

--Je suis désolée, je ne voulais pas vous désobéir. Vous comprenez pourtant, n’est-ce pas ?

Malgré ton besoin de t’émanciper, d’avancer, de quitter l’île, il devait comprendre. Et tu te dois de lui dire. Alors tu le fais, en espérant qu’il ne se fâche pas, mais il l’aurait probablement déjà fait.


[Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  YrNCXKn
Sujet: Re: [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  1545043444-icon-minipostedLun 16 Avr 2018 - 16:14
Elle était un bon soldat, et ce que vous saviez d’elle avait de quoi vous rendre fier. Fier du chemin qu’elle avait parcouru, fier de qui elle était. En somme, vous étiez fier à la fois du voyage, et de sa destination… mais vous ne lui disiez pas… ou du moins pas maintenant… elle savait, n’est-ce pas ? Elle savait ce que vous pensiez d’elle. Forcément. Vous reconnaissiez volontiers vos torts en tant que père. Vous saviez ce qu’elle valait, mais vous, en tant que père, vous ne valiez, au final, pas grand-chose… et vous en aviez un peu honte. Ce n’était pas votre fille, qui était votre honte, mais c’était votre comportement qui l’était…

Finalement, quand elle vous prit dans ses bras et vous lui rendîtes ces embrassades, la serrant contre vous, caressant ses cheveux alors qu’elle avait enfoui son visage contre votre épaule… vous n’aviez jamais été un excellent père… mais un contact comme ça… ça vous avais manqué… vous vous souveniez d’elle, plus jeune, à qui vous le faisiez, mais cela faisait des années… aussi, même si c’était maladroit, son geste, vous le lui aviez rendu avec naturel, sans la moindre hésitation. Et vous ne répondîtes pas tout de suite à ses paroles, vous restiez silencieux, savourant sa présence. Celle de votre enfant. Votre fille. La seule chair de votre chair qu’il vous restait. Enfin, vous prîtes la parole, sur un ton très doux.

« Il arrive toujours un moment où les parents doivent laisser l’enfant prendre ses propres décisions. C’est ça, grandir. Alors je ne vois pas de raison de te reprocher cette désobéissance. La lumière ne peut se cacher éternellement sous le boisseau. Et te voir à Ambrosia remplit mon cœur de joie… »

De joie et de fierté. La fierté de la voir porter cet uniforme, la fierté de voir sa beauté, sa droiture, ses compétences. Doucement, vous vous écartiez pour la regarder dans les yeux, un sourire aux lèvres, alors que vous posiez les mains sur ses épaules. Oui, vous étiez fier d’elle.

« Et puis… je ne peux pas jouer les protecteurs indéfiniment… tu es une adulte, une jeune femme talentueuse et superbe. Un bon soldat, selon tes instructeurs. Ta place ici, tu l’as largement mérité, et j’aurais été bête de t’en vouloir. Ta place ici est légitime. »

Vous hésitâtes encore un instant avant d’ajouter.

« Et, plus que jamais, et plus qu’aucun autre, je suis fier de toi. Ma fille. »

Ça avait été difficile à sortir, mais c’était sincère.


[Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  CwDXVua
Sujet: Re: [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  1545043444-icon-minipostedMar 24 Avr 2018 - 11:18
Tu ignores ce qu’il pense, car tu n’es pas certaine qu’il sache ce que toi-même tu penses. Parfois tu te dis que c’est la personne qui peut le mieux te connaître dans ce monde, d’autre, tu as l’impression d’être l’étrangère. Mais au fond, tu sais que quelque chose de fort vous unis. Le sang peut-être et même le secret, votre force est votre différence et votre acceptation. Tu acceptes de ne pas être une fille reconnue et de trouver ton histoire normale. Mais pourquoi ne le serait-elle pas à vrai dire ? Tu sais parfaitement qu’elle est et cela te suffit. Dans tous les cas maintenant, tu veux juste lui montrer tout ce dont tu es capable, et tu le ferais. Car tu crois qu’il ignore encore tout ton potentiel. Non qu’il te dévalorise, simplement, il ne le sait pas. Et puis, tu le prends dans tes bras, un peu maladroitement, tu en as besoin autant que envie, mais tu es gênée de ce geste car il ne t’est plus coutumier. Tu souris en le faisant, dissimulant ton visage, car c’est ton père. L’être unique et incomparable que ta mère avait idéalisé et que tu idéalises aussi. Tu voudrais lui dire que tu l’aimes, crier que tu es sa fille, mais tu sais que tu ne peux pas le faire. Pour la simple et bonne raison que ce serait ridicule, au moins, dans ce grand-royaume, ce secret est le vôtre et c’est ça qui fait ta force. C’est à toi et seulement à toi. La reconnaissance publique ne t’intéresse pas, tu préfères être le secret !

--Je vous aime père.

Tu lui dis cela sans trembler, sans honte, toujours en le serrant contre toi. Tu n’as pas honte de dire ce mot car tu l’as déjà dis, enfant. Et quoi qu’il puisse rester, tu es son enfant, alors tu peux le dire sans avoir de gêne. Il s’éloigne de toi et malgré la timide rougeur sur tes paumes, tu souris, plus radieuse qu’auparavant. Il donnait sa reconnaissance et offrait beaucoup à ton cœur et ton âme. Car oui, tout cela t’était nécessaire pour exister comme il se doit. Mais alors, quand il te dit être fier de toi, sa fille, tu baisses la tête, touchée, gênée, intimidée, mais tu te tiens droite, et tu souris un peu bêtement. Parce que ces phrases te rendent heureuses, tu essayes de te retenir, mais tu n’y arrives pas, alors tu souris et tu le regardes.

--Je…

Tu ne sais pas quoi dire, seulement, tu arranges une mèche de tes cheveux et tu laisses un souffle traverser tes lèvres, c’est rieur et gêné.

--Je suis fière que vous soyez mon père.

Tu lui dis cela sans savoir que dire avant de le serrer une dernière fois dans vos bras, cette fois, le geste est bref, tu te remets en position de soldate, inspirant et essayant de chasser cet immense sourire sur tes lèvres, tu attends qu’il dise que tu peux t’en aller, car tu as hâtes de découvrir les autres et tu sens que ces premiers jours vont être aussi intenses que ce moment qui vient de se dérouler.


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Sujet: Re: [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  [Clos]Chapitre 01: Parvenue au palais.  1545043444-icon-miniposted
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