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Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard]

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Sujet: Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard] Jeu 5 Avr 2018 - 20:59
Dans les jardins du palais, le labyrinthe, abritant les amours passionnels d’empereurs et d’Impératrices passés. Sur une petite île adjacente que l’on traverse par un pont métallique, au cœur des jardins privés. Un dédale amoureux, avec en son centre, un mausolée d’intimité. Personne ne sait ce qu’il se trouve dans ce mausolée, autrefois Agnès de Choiseul fit installé un salon pour lire l’après-midi durant sa grossesse, épouse d’Auguste, elle aimait s’éloigner de la cour et se croire ailleurs. Eléas y rajouta un lit de tendresse pour y venir avec son épouse adorée, et il paraîtrait que mon père y m’a conçu. J’aime ce panthéon, au-delà de ces arrangements.

Plusieurs arcades de vitre permettent de s’ouvrir sur le cœur de verdure, l’été, y être est un délice sans égal, je le sais pour y avoir passé du temps, plus jeune. Je venais m’y cacher pour dévorer des livres, ou simplement me trouver seule, retrouvée uniquement par mon Oncle ou mon Père, qui venaient me rappeler que j’avais probablement mieux à faire que jouer aux louves solitaire. Cette fois…je me retrouve là, seule avec Baptiste et Balor. Le majordome termine d’arranger la table à l’extérieur. Un brunch est disposé, le soleil taquine un temps doux, et il fait bon.

Je n’ai pas misé sur les couleurs qu’il apprécie, pour une excellente raison, je n’ai guère envie de l’inviter au faux pas. Le Prieur est prétendant, nous serons de toutes façons dans nos rôles respectifs, point d’autres choses. Une robe m’habille, peut-être plus simple qu’il ne le faudrait, mais un manteau idéal pour la température la complète. Aux teintes identiques à la robe, il vient apporter cette impression plus…autoritaire, ou masculine, à ma tenue féminine. Les cheveux réunis dans une coiffure semi-libre, aux boucles ondulantes, un diadème d’argent à mon front.

-Votre altesse. –M’interpelle Baptiste, m’arrachant à la lecture de mon dossier. – Votre dossier je vous prie ?

Je souris au majordome, il vient me rappeler, comme à ma demande, de lâcher mes tâches et de les lui donner. Ce ne sont que des rapports sur Everard,rien de bien méchant, seulement ses dernières apparitions publiques faisant gonflés son image. Je n’ai pas eu le temps avant. Offrant le dossier à l’homme, j’observe le brunch.

A l’entrée du labyrinthe, Olgor attends Everard qui a reçu sa convocation lui aussi. Le chien connait le parcours pour l'amener. Je sais ce que pourrais dire les rumeurs sur le lieu de rendez-vous, mais vous savez, chacun a été fait dans des endroits précis. Le bienveillant de cuivre par exemple a reçu mon voyage de noce, l’Elégant fut à mon père pour le sien, etc etc. Personne ne va se formaliser sur ce lieux, j’espère que Everard n’y verra rien de bien particulier, je ne l’ai pas fait dans cette intention…mais je n’aurais pas pu y emmener un autre prétendant.

Spoiler :


Sujet: Re: Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard] Sam 14 Avr 2018 - 21:55
Je ne vais pas vous mentir : j’étais d’un avis partagé en ce qui concernait le choix du lieu du rendez-vous impérial. Il était de tradition que chacun soit invité dans un lieu particulier, et si j’aimais la symbolique du labyrinthe en rapport aux nuits que nous avions passé ensemble, je n’aimais pas pour autant le message que cela aurait pu renvoyer aux autres prétendants et les rumeurs que cela pouvait faire courir… surtout que, d’une certaine manière, je faisais partie, par alliance, de la famille impériale… enfin bref, je regardais la masse de verdure… j’avais toujours aimé l’idée de découvrir le cœur du labyrinthe… on le disait magnifique. Il fallait reconnaitre qu’il avait un côté mystérieux… ce n’était pas négligeable dans son attrait en la matière. Le chien m’attendait, assis. Je lui caressais la tête et lui demandais de me conduire à Lilith, ce que le chien s’empressa de faire. Je suivais alors Olgor en ce dédale de verdure… je lui dirais – à Lilith – qu’elle n’avait peut-être pas eu l’idée du siècle, même si j’aimais beaucoup cette idée... oui, tant de contradictions… mais c’était la politique…

Nous avançâmes au gré d’un chemin fort connu par lui, supposais-je, et j’admirais la régularité millimétrée de la coupe des haies, c’était à la fois beau et impressionnant, il fallait le reconnaitre… et ça donnait vraiment au lieu une sorte de touche un brin mystique… quand enfin nous arrivâmes au cœur, une sorte d’ilot pourvu d’une sorte de grand belvédère aménagé. C’était fort charmant, il fallait le reconnaitre. Je pénétrais le bâtiment pour rejoindre Lilith… mais je me stoppais avant d’avoir fini pour admirer sa tenue… c’était une tenue magnifique… elle me coupa le souffle… tout lui allait si bien… et je me demandais ce que cela aurait donné si la jupe avait eu des reflets vert sombre… c’aurait été encore plus beau… enfin, après m’être repris, j’entrais, m’inclinais profondément. Je ne disais rien, parce que je n’avais rien à dire… je n’étais pas sûr de pouvoir rendre les choses à leur juste valeur si je commençais à parler… je me contentais de la saluer comme il fallait.

« Bonjour, votre Majesté. »

J’aurai pu être plus éloquent… mais elle m’avait coupé le souffle et je tâchais de me remettre de tout cela, d’ordonner mes pensées, pour enfin sortir un compliment qui me semblait bien terne.

« Vous êtes ravissante. Radieuse… »

Oui, je n’avais rien de mieux à dire. Mais voilà tout ce que je pouvais dire avant d’avoir la moindre invitation à poursuivre ou à m’asseoir… ce repas, ce moment, c’était protocolaire, que nous le voulions ou non…


Sujet: Re: Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard] Ven 20 Avr 2018 - 20:12
Ai-je le droit de dire que j’aime lui couper le souffle ? Oui et non. Ce serait mélangé privé et professionnel, quoi que…en tant qu’impératrice, j’apprécie particulièrement de couper le souffle à un membre de ma cour et je viens à sourire, plus pour moi-même. C’est une victoire comme une autre, qu’aucune femme ne peut déprécier. Je le salus, ainsi qu’il le fait et je retiens mal mon sourire par la suite. Allons Lilith ne soit pas stupide ! D’un geste élégant, je viens à lui présenter l’extérieur du belvédère.

-Je vous remercie Prieur, vous êtes parfait vous aussi. Nous frôlons une frontière et je ne déteste pas cela, à dire vrai, j’apprécie la chose, trop. Il va falloir que je me reprenne, ce ne sera point trop difficile, je l’espère. Mais un étrange côté joueur se réveille en moi, que je devrais se faire taire ! Oui, voilà qu’il éveille cela, une sensation inconnue depuis des années, mais…

Avec ce qu’il se passe en ce moment, j’ai la sensation de n’avoir, en dehors de mon oncle, qu’une seule personne assez proche de moi, pour pouvoir offrir de l’intimité. Mais ce n’est pas le moment. Ce n’est pas maintenant que cela doit arriver et…mon cœur se cache une souffrance qui s’approfondis. La trahison de mon frère, car je ne le prends qu’ainsi, creuse un bruit que mon entêtement refuse de voir, mon oncle saura me résonner je l’espère car je suis bien incapable de le faire moi-même.

Je voudrais avoir plus d’aisance pour pardonner en vérité, mais je ne le peux. Au fond, je me moque bien de la jeune femme, de l’enfant et de tout le reste, ce qui me fait le plus mal, c’est sa décision traîtresse. Ce sentiment qu’il a fait naître, cette étrange sensation d’abandon. Mon père me manque, du sang de souche il ne reste que peu de monde, oui, alors, je me sens trahie. Et il ne me reste que notre oncle, et puis, étrangement Everard, même s’il ne restera peut-être qu’un ami dans le futur, les deux seuls qui paraissent comprendre comment je peux être et comment je peux me dévoiler.

Ma pensée furtivement occupée, j’indique l’extérieure à Everard.

-Le repas se fera au dehors, si cela vous convient, la journée se prête à profiter de ce qu’Aernia a créé.

Bien entendu, ma peau pâle supporte aussi bien le soleil que le feu, et la large ombre de l’arbre, plus, la toile du parasol, saura tout à fait m’éviter une rougeur écarlate. L’intérieur de la bâtisse s’évitera élégamment et je viens prendre le bras qu’il me présente forcément pour aller dehors, suivie de bien près par les chiens, déjà heureux de pouvoir se reposer et flâner dehors. Il nous dépasse d’ailleurs, Balor décidé à aller fouiner la terre de sa truffe, quant à Olgor, il s’écrase déjà dans une parcelle de pure soleil, la tête posée sur une dalle de pierre en guise de coussin.

-J’ai choisis l’endroit qui m’éloignerait le moins du palais, tout comme vous. J’espère que vous ne vous offusquerez en rien de ce qu’il est, nous ne pouvons nous permettre d’être au loin de nos affaires en même temps, n’est-ce pas ?

Soucieuse de cela, je veux que ce soit claire, ainsi, j’engage le sujet, l’air de rien, plissant déjà les yeux en sortant.


Sujet: Re: Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard] Ven 20 Avr 2018 - 21:07
L’ambiguïté de la situation était compliquée à gérer… mais d’un autre côté, je n’avais en aucune manière envie de trancher d’un côté ou de l’autre… ce serait renoncer à une partie d’elle que de trancher… et cette légère « duplicité » vis-à-vis du tout venant n’était qu’une petite bouffée jouissiez de liberté. Nous avions nos secrets, nous avions notre secret, et elle appréciait cet état de fait autant que moi, cette parcelle de liberté était notre jardin secret, et d’une certaine façon, ce jardin secret s’illustrait bien par le choix du cadre, un havre de verdure perdu dans les mystères et méandres du labyrinthe… en somme, c’était une belle mise en abime : un secret au sein d’un secret ! Je lui fis un sourire à cette pensée alors qu’elle me complimentait. Ma tenue n’avait rien d’exceptionnelle… peut être était-elle légèrement plus ambrosienne qu’à mes habitudes, mais en quoi cela aurait-il dû être autrement ? La bure noire, juste de légères décorations discrètes…

« C’est à mon tour de vous remercier, Majesté… »

J’avisais l’extérieur, suite à son geste. Tout avait, semblait-il été préparé pour que nous puissions profiter de brunch en toute tranquillité, au soleil, profitant des lumières et de la chaleur… c’était une excellente idée, il fallait le reconnaitre. Je lui proposais mon bras, bien aimablement, comme il fallait, et je ne permettais aucun écart. Même si j’en brulais d’envie, comme elle sans doute ! Je lui souris et signifiais mon accord d’un signe de tête. Je m’enivrais un peu de son parfum, léger, présent, absolu… puis, je la guidais, en toute galanterie, jusqu’à son fauteuil que je lui tenais, pour lui laisser l’opportunité d’arranger ses jupes avant de, doucement, pousser celui-ci pour qu’elle puisse s’y asseoir le plus confortablement possible.
Servir était un privilège.

« C’est une excellente idée, Majesté… et je ne saurai vous expliquer à quel point un soleil, même frais comme celui-ci, me manque quand il s’absente pour l’Hiver… »

Je restais silencieux un moment avant de finalement prendre la parole, sur un point léger, mais qui me tracassait quelque peu, alors que l’un des deux chiens avait fini de fouiller le sol de la truffe pour poser son épaisse tête sur ma cuisse, je laissais glisser ma propre main, gantée de noir aussi, sur son crane… il ferma les yeux. Puis, je prenais la parole, non sans une bonne inspiration pour le courage.

« J’ose espérer, Majesté, que vous ne prenez pas ombrage de mon comportement ainsi que celui de mes subordonnés, durant ces derniers jours. Je ne cherche en rien à vous déprécier auprès du peuple, je m’élève d’ailleurs contre cela et vous défend en toute occasion qui me le permet… mais il était de mon devoir de faire autant que je le pouvais pour soulager vos sujets de ces maux qui les tourmentent… »

Oh, je pensais qu’elle comprendrait, mais je préférais en parler tout de suite, histoire de continuer à crever tout abcès avec elle… je lui souris, doucement avant de soupirer pleinement, un rayon de soleil venant jouer avec des reflets d’or dans mes cheveux comme dans ma barbe. La tenue en noir était aussi un avantage pour la chaleur…

« Nous ne pouvons que tacher de ne pas nous laisser écraser par notre tâche… d’ailleurs, je tiens à rappeler que s’il y a quoique ce soit que je puisse faire pour soulager vos efforts en suppléant par les miens, pour aider au rétablissement d’une situation normale à la capitale, n’hésitez pas… mais ce n’est pas tant la capitale que ses environs qui m’inquiètent… vos récoltes n’ont pas trop souffert ? »

Il serait regrettable que toutes ces pauvres âmes en peine crient famine…


Sujet: Re: Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard] Ven 20 Avr 2018 - 21:50
-Vous le trouvez frais et moi je le trouve déjà chaud. Souriais-je, la différence de nos habitudes climatiques m’amusent, les amethiens sont habitués aux chaleurs et j’ai tendance à en souffrir, mais ce petit rien de détails de civilisation est aussi inutile que plaisant à dire vrai. Je ne saurais dire pourquoi…un détail de l’existence sans importance mais qui est pourtant là !

Mes yeux se froncent un peu, légèrement, pour détailler sa prise de parole, et sous le sérieux de celle-ci, je le dévisage. Perdant un peu, je l’avoue, mes pensées sur l’or du soleil jouant avec les reflets de sa barbe ou de sa chevelure. Il me parait garder son odeur naturelle à mon flanc et cela me fait inspirer plus lourdement. Mais ce n’est qu’un vestige fantôme et je me trouve idiote. Mais qu’importe.

-Sans ombrage Prieur, je ne puis dire que deux choses. La première est que je ne peux tout à fait vous en vouloir d’aider mes sujets et de veiller à ce que leurs tourments soient allégés. Et j’ai bien conscience que vous faites cela d’abord pour aller vers autrui. La seconde est que on ne peut pas tout à fait omettre que l’opportunité était à saisir, sans vouloir vous pointer de quoi que ce soit. Hors, j’ai bien conscience que les vôtres prennent soin de ne point dénigrer la couronne, car nos deux pays ne sont points ennemis, et que nous nous devons, dans ce genre de moment, travailler de connivence. Je n’ai hélas point assez de subordonné pour pouvoir agir aussi pleinement que les vôtres et seule Madame Duval sait apporter le nécessaire.

Je ne dirais rien de plus, Elrich oeuvrait bien pour ce genre de chose, mais maintenant qu’il n’ait plus là, c’est hélas plus complexe. Cela l’est toujours plus. Un automate se met en marche et se rapproche pour verser de l’eau chaude dans ma théière, ce sera du thé de violette aujourd’hui pour moi, ce que je trouve idéale pour le printemps. Puis, se rapproche de Everard pour en verser dans la sienne, il aura bien le choix des cinq possibilités sur la table, tandis que Baptiste, si discret, se contente de rapprocher le récipient de mon breuvage. Il connait bien trop mes habitudes pour avoir besoin que je lui dise quoi que ce soit.

-Il est probable que nous ayons un retard de récolte, mais point de pénurie, le froid a fait repoussé le printemps de quelques temps, mais ce n’est pas si grave. D’autant plus que l’ouest éloigné de l’Empire a été le moins approché par la tempête, nous devrions être en paix de ce côté-là. Je sais parfaitement que le protectorat pourrait veiller à ne pas nous laisser mourir de faim, mais je n’ai que la main de mon frère a proposé pour l’instant et je dois avouer que j’ignore si elle serait suffisante. Ah non, ne pas revenir à lui ! Je prends note de votre aide proposé Prieur, il est plus que certain que je ne peux que me tourner vers vous en cas de nécessité.

Accompagnant cette phrase d’un sourire plus touché que je ne le voudrais, je me reprends en laissant infuser la boule dans la théière, remerciant Baptiste de sa présence, alors qu’il dispose sur la table, de quoi continuer le brunch. Il nous laissera une fois servis, et sera aussi discret que les automates.

-Mes inquiétudes se portent encore sur ceux qui ont pris place à l’ancien Orphelinat, je suis plutôt rassurée, on m’a dit que des Protecteurs de la Foi veillent sur les personnes qui y vivent, tout comme ils officient aux mieux avec mon confesseur…

Voilà un sujet plus épineux, que nous ne devrions pas aborder, car pour l’instant, rien de concret ne se décèle, je finis par soupirer et lui offrir un sourire bienveillant. C’est étrange de converser avec lui, dans un rendez-vous de prétendant, et je ne peux que lui souffler.

-Je remarque que nous sommes incapables de ne pas parler des affaires de notre monde, alors que notre rendez-vous devrait-être plus léger. Mais vous savez combien, je ne sais pas comment être plus légère…

Non, en fait, il sait que j’en suis capable, mais pas maintenant. Il me plait d’être là et même de seulement partager cette table, elle n’est point trop grande, ni point trop petite. Pas assez petite pour que nous soyons trop proche, pas assez grande pour nous éloigner. En tous les cas, la confiture de lavande me fait déjà de l’œil et c’est un esprit gourmand qui s’éveille en moi…je n’y peux rien.


Sujet: Re: Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard] Mar 1 Mai 2018 - 8:42
Je vivais depuis des années à Ambrosia, mais je continuais à trouver qu’il y faisait froid. Mais c’était normal, nous ne venions, en effet, pas du même climat. Oui, le soleil était frais, mais je savais qu’elle ne pourrait se rendre au protectorat, au risque de se liquéfier sur place, et sans doute difficilement de la bonne façon. La chaleur y était toute autre, il fallait le reconnaître. Dans bon nombre d’endroits de la contrée méridionale, la neige n’était qu’une sorte de chose bizarre, inconnue… donc quoi de plus normal que l’on puisse trouver les températures ambrosiennes fraîches, et ce, même si je n’étais pas forcément le plus frileux de mes concitoyens. Pour dire, je n’utilisais jamais d’eau chaude… sauf quand… enfin bref, inutile de revenir sur le passé, ce serait bien mal faire que cela… je lui fis un sourire aimable alors que l’on nous servait, bien poliment, par son automate que je savais être anti-poisons. Je ne remerciais donc pas, toutefois, je souris à Baptiste qui me répond par un regard froid. Baptiste répondit de même. OH, ce n’était pas que nous ne nous entendions pas, mais il désapprouvait beaucoup notre complicité passée, entre Lilith et moi…

« Je vous remercie de votre compréhension… il est vrai que votre ministre fait ce qu’elle peut, mais elle ne peut pas se rendre aussi disponible qu’elle ne voudrait sans doute : on croirait qu’elle néglige son ministère… c’est bien compliqué que de régler ce genre d’histoire. c’est en de tels moments que les amis sont utiles. Quant au retard de récolte, je suis soulagé de savoir que la tempête n’a rien endommagé trop sévèrement hors de la capitale. c’est déjà bien assez compliqué juste avec la capitale... cela doit vous soulager, j’en suis sur. »

Oui, elle ne pouvait que se tourner vers moi, ou plutôt, vers le protectorat, tout simplement parce que c’était quelque chose que nous seuls pourrions fournir en quantité suffisante. Oh, bien sur, elle pourrait demander à la ligue et aux eskrois, mais cela signifierait faire comprendre aux amethiens qu’ils ne comptaient plus pour les négociations… enfin bref, c’était compliqué ! Je lui souris et je restais silencieux alors que finalement elle me parlait de l’ancien orphelinat et enchaînait sur l’ancien confesseur… instantanément mon visage se durcit. j’avais fait passer le mot qu’aucune douleur, aucun relâchement ne serait toléré… j’envisageais même de lui faire couper les vivres...

« Ne parlons pas de ce qui fâche, je vous prie... »

Je n’en disais pas plus. Je préférais lui sourire à nouveau alors qu’elle parlait de notre incapacité à ne pas parler de travail… ne pas savoir être plus légère… oui, c’était bien elle, et le problème c’était que nous savions tous mes deux où ça nous avait amené de ne pas parler de travail…. Et il n’était pas question de nous recommencions. c’était une question de raison plus que d’envie, bien sur…

« Je crains que cela soit compliqué de ne pas parler de travail étant donné la situation… et puis... »

je me permettais une petite aparté rapide.

« Toi comme moi, nous savons ce qui se passe quand nous dérivons vers plus de légèreté... »

Oui, voilà, je n’en disais pas plus là dessus.

« N’hésitez pas à me faire parvenir pour certaines denrées simples que l’empire ne peut fournir aux nécessiteux… de plus, nos chapelles sont reconverties en dortoirs, nous pouvons encore héberger plusieurs familles si le besoin s’en fait sentir. De plus, nous avons chois des textes de circonstances pour nos prêches. Pour encourager les fervent partisan de la Foi à héberger ou donner aux miséreux de quoi survivre. Je dois avouer que j’ai fait mettre à disposition mon propre stock de draps et de couvertures… mais s’il IA quoique ce soit, n’hésitez pas, je vous prie. »

Je commençais à boire.


Sujet: Re: Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard] Mer 2 Mai 2018 - 21:47
Quelques mots tutoyés, comme un rappel à l’ordre, alors que j’essaye de trouver une possibilité de conversation, sans y mêler notre vie publique. Je crois que c’est impossible, nous accorder quelques légèretés obligent aussi à aller au-delà du raisonnable et je ne veux plus que cela arrive. Parce qu’il est trop compliqué de se dire qu’il faudra retourner à la normalité, éviter d’enfreindre la ligne, entre autres choses !

Le thé versé, la nourriture servie, et un remerciement pour les propositions d’aide, il flotte un silence. Non que je ne sache pas de quoi parler, mais il vient un moment de latence, simple, je n’avais pas besoin de parler avec Everard, c’était le souci, j’apprécie nos silences et nos instants sans parole, j’aurais aimé cependant me tenir à son côté, et profiter plus encore, mais ce n’est pas possible.

Ainsi je reviens à quelques sujets de conversations faciles, empêchant un silence de s’installer, évitant les sujets fâcheux pour parler un peu plus de politique, d’Empire entre autres choses. Des sujets impersonnels et faciles, plus adéquat à nous faire éviter de déraper sur le personnel, et cela avec une aisance qui nous va parfaitement. Le temps est clément, le moment plaisant, et une heure s’écoule, sans même que je ne puisse m’en apercevoir.

Je suis en train de rire avec lui, nous avons réussi à dévier, malgré nous, parlant d’Elrich et de sa réaction lors d’un dîner protocolaire au début de son règne, alors qu’il avait été choqué par un invité et qu’il tentait de nous convaincre que c’était terrible. Le souvenir me fait venir les larmes aux yeux, sous le souvenir, des bêtises plaisantes, plus ou moins approuvés par Baptiste lors de son départ pour aller ramener une desserte vide, et en ramener une autre. Bref, du service de table, un peu compliqué par le labyrinthe.
Dans mon élan rieur, le visage dissimulé par ma main, je réalise qu’au levé de mon regard, le nuage qui s’est amoncelé soudainement, et les yeux relevés vers le ciel, j’inspire et souffle à Everard.

-Je crois que le temps ne restera pas aussi plaisant q….

Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase, que le ciel s’est obscurcit un peu plus, et déverse un flot brusque et imprévu de pluie lourde. Le genre de gouttes épaisses, qui vous trempe rapidement et dans un mouvement surpris, je me redresse, les chiens déjà à l’intérieur du mausolée, ne nous ayant guère attendus.
Je m’élance de ma place, relevant le bas de ma jupe, saisissant Everard par la main pour nous entraîner vers l’intérieur à mon tour. Mouillée, je le suis, cela ne me dérange pas, mais la sensation des tissus mouillés sont moins agréable. A l’abri, j’observe l’extérieur, ayant lâché le Prieur.

-Par Hélia… Ce n’est qu’une giboulée de printemps, le genre qui s’abat aussi brusquement qu’elle s’arrête et je dévisage la pluie, avant de tourner mes pupilles sur Everard. Je crois que le rendez-vous va se finir à l’intérieur du palais. Et nous aurions l’air fin à courir sous la pluie mais rester ici est idiot, cependant, à peine ai-je finis ma phrase, qu’une fine petite grêle tombe, faisant crépiter ses gravillons, sans gravité. Une vraie giboulée sans incidence, mais désagréable, pourtant, mon cœur se brusque dans ma poitrine. Une nouvelle tempête ? Je me détourne de l’entrée, croisant les bras sur ma poitrine trempée, et grelottant un instant.

-Baptiste devrait arriver rapidement…

Lâchais-je simplement, consciente que la giboulée n’arrêterait pas le domestique. Ce serait mieux qu’elle ne l’arrête pas, alors que je me retrouve seule avec Everard, ici, et trempée. Non que cela soit le problème, que ce dernier point, c’était le fait d’être seule, avec Everard qui en est un.


Sujet: Re: Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard] Mer 2 Mai 2018 - 22:59
Le silence ne prend place à aucun moment, nous discutions de chose et d’autres, sans réussir à passer trop ouvertement sur des sujets plus délicats que sont les sujets privés… c’était trop difficile de ne pas tomber dans le piège de la complicité et de la tranquillité d’esprit. Bien sûr, je ne pus pas ne pas m’enquérir de la santé de son frère, mais je préférais ne pas m’étendre dans le sujet et lui avais même demandé d’oublier la question quand j’avais vu son visage se refermer… d’accord, encore un sujet à ajouter aux pentes glissantes. Enfin, nous trouvâmes sujet à rire avec des souvenirs d’Elrich… c’était, il fallait le reconnaitre, particulièrement amusant, au début, quand il venait de se marier, des réactions étranges… mais elles étaient compréhensibles… et à ses anecdotes qui nous faisaient tous deux rire aux larmes, je lui racontais nos quatre cents coups, enfants… car même si c’était un homme droit, bon, et juste, plus qu’aucun autre de ma connaissance, ; il avait été, comme tout un chacun, un polisson quand il était enfant…

J’en venais aussi à) lui raconter une anecdote un peu particulière… celle de notre première arrivée à Ambrosia, nous allions faire notre pupillat, alors, chez deux personnes différentes, mais nous avions fait le trajet ensemble. Nous étions sur les docks, et nous venions de descendre quand il avait aperçu un groupe de trois jeunes femmes, près d’une porte cochère. Leurs tenues étaient outrageusement courtes, elles laissaient même apercevoir leurs cuisses jusqu’à mi-hauteur… dans sa sainte naïveté, il m’avait demandé pourquoi des tenues aussi courtes, et je n’avais pas eu le cœur de lui dire la vérité… je n’avais alors pas encore fait vœu de vérité, et donc, je lui avais menti en lui expliquant qu’elles agissaient pour porter des messages toute la journée, dans la ville, et donc que ces jupes courtes étaient une sorte de tenue de travail, pour ne pas gêner leur course. Encore une fois dans sa grande naïveté, il m’avait cru, et il avait mis cinq ans avant de comprendre que je lui avais raconté des histoires et qu’il s’agissait en fait de femmes de petite vertu.

Je restais un moment suite à cela sans pouvoir m’arrêter de rire… et ce, jusqu’à ce qu’elle me parle du temps qui n’allait pas rester aussi clément… et aux vues des nuages sombres, je ne pouvais que lui donner raison. D’ailleurs à peine cela décidé que les premières gouttes tombaient, il ne s’agissait pas des gouttes fines, non, de très grosses gouttes, qui en étaient presque à faire mal, et qui alourdissaient ma bure de manière plus qu’impressionnante… je n’eus même pas le temps d’atteindre le belvédère avec Lilith… j’en aurai presque ri… mais cela ne durait pas.  En effet la pluie cessa et de gros grêlons se mirent à tomber, émettant un bruit du tonnerre de d’Helia alors qu’ils s’écrasaient sur le belvédère… au moins nous étions à l’abri… pour le moment du moins…

« J’espère qu’il n’arrivera pas trop vite… le pauvre homme pourrait se blesser. A l’abri, c’est encore là où il serait en sécurité. Et pareil pour nous… dans le belvédère, ça va… »

Je restais un moment sans rien dire avant de soupirer. Je retirais ma bure, révélant un pantalon et une chemise longue, comme devraient les porter tout gentilhomme ambrosien qui se respectait… la chemise était humide, mais pas mouillée, ce serait mieux que rien… je la retirais avant de remettre ma bure trempée. Je ne mourrais pas ni n’attraperai froid. L’avantage d’un corps sain, d’un esprit sain, et d’une vie austère. Puis, je lui donnais donc ma chemise qui, à défaut qu’entre parfaitement sèche serait légèrement humide, mais chaude de chaleur corporelle.

« Tiens, mets ça, tu seras un peu plus au sec, ce sera mieux que rien… et au diable d’éventuels ragôts, je ne me pardonnerai pas que tu attrapes froid… »

Je me détournais pour qu’elle puisse se changer un peu, si elle le désirait. Je n’y voyais aucun inconvénient, et même si j’avais suffisamment vu qu’elle pour ne pas me sentir gêné par sa nudité si elle par le fait de s’exposer, les convenances, vous comprenez… voilà… et puis bon, il ne fallait pas tenter l’innommable, comme on disait… enfin, je pensais à notre situation… et j’y voyais une délicate et délicieuse ironie que je ne pouvais pas de m’en empêcher.

« C’est amusant, non ? D’une certaine manière, en nous forçant à nous réfugier ici c’était comme si les Dieux nous encourageaient à laisser parler ce que nous réfrénons… et je préfère cette idée à celle que ce soit un simple hasard… ce serait une ironie bien trop cruelle, tu ne trouves pas ? »

Oui, ce devait être un signe… nous forcer ainsi à nous installer à cet endroit, tous les deux, et y rester bloqué…


Sujet: Re: Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard] Mer 2 Mai 2018 - 23:59
Je tremble légèrement de froid, je n’ai pas une santé fragile, mais je ne peux pas dire qu’il fasse chaud et l’appréhension de me retrouver enfermé avec lui…c’est une chose qui se pose là. Il faut le reconnaître, j’ai espoir que Baptiste arrive avec un je ne sais quoi de valable pour me sortir de là. Pourquoi craindre de me retrouver avec Everard sincèrement ? Je suis adulte, je suis capable de me retenir, ou même, capable de ne pas lui sauter dessus ! Encore heureux n’est-ce pas ? Trempée, j’ai la sensation de ressembler à un chaton mouillé et cela me fait avoir des gestes de coquetterie que je n’aurais pas devant quelqu’un d’autre, hélas, je pense sincèrement que ma coiffure est désormais ruinée.

-Nous n’avons de toutes façons pas bien le choix…

Si cela n’avait été qu’une question de pluie, j’aurais pris le choix de courir jusqu’au palais, mais la grèle…non, je ne suis pas à ce point effrayée de me retrouver seule avec lui, tout de même ! Je crois que je me couvre de ridicule vis-à-vis de moi-même et chasse cette foutue sensation pour faire front à une situation sans…rien de dangereux. Lui, moi, sa bure qui s’enlève, oui, sa chemise qui se retire, son torse aperçu, aussi parfait que musclé, l’idée qui me vient de l’empêcher de … non rien.

Je pouffe. Je ne peux pas m’en empêcher et plutôt que de penser à tout un tas de chose gênante, je prends partis d’avouer ma complicité avec lui. Après tout, les amis savent l’être non ? Les amis se doivent de l’être, et c’est naturellement que je lui souffle.

-Prieur, vous ne cherchez pas à profiter de la situation pour avancer vos arguments et vos avantages ? On m’a toujours dit, certes, que le prince consort devrait être un homme bien fait, mais là, vous profitez de l’opportunité que Hélia met à votre disposition.

Je ris doucement, saisissant sa chemise dont je devine déjà l’odeur, celle de sa peau et de ce savon simple…et puis, au fond, le parfum de son cuir est une douce fragrance qui me parait protectrice, comme un cocon intouchable. Ma taquinerie lancée, je ne vais probablement pas me faire prier, car les frissons me gagnent encore et je retire d’abord, le serre taille, dont je déclipse les rivets.

-Ce serait fâcheux que je tombe malade, je n’ai pas le temps de l’être ! Me rapprochant d’un meuble, j’y dépose le serre taille, avant de défaire la chemise qui compose le haut de la robe, dévoilant un corsage blanc. Il n’a pas été touché par l’eau, ou à peine, mais je suis heureuse de quitter le tissu froid et trempé. Il se détourne de toutes façons et j’écoute ce qu’il me dit, répondant pourtant après sa première phrase. Quoi donc ?

Qu’est-ce qui était amusant, alors que je prenais le temps, un instant, de respirer le parfum de sa chemise, bêtement, je vais avoir son odeur sur moi un long moment et je ne voudrais pas même la chasser, ainsi donc, je finis par enfiler le tissu plus sec, refermant à peine quelques boutons, l’écoutant parler de la possible approbation des Dieux.
Au fond, je ne sais que répondre, le cœur serré plus que je ne le voudrais, et l’envie de lui dire de ne pas s’aventurer là. Il y en a des sujets donc, sur lesquels on ne veut pas s’aventurer, pourtant…

-Tu saurais défaire ma coiffure ? Je viens près de lui, la chemise entrouverte sur le corsage, et me présentant de dos à lui. Il devrait défaire le chignon, car la pluie intensifie mes ondulations et je n’ai pas envie non plus, de garder les mèches trempées, toutes amassées les unes aux autres. Silencieuse, j’attends, ne reprenant la parole que pour souffler. Les Dieux nous soufflent peut-être des choses, nous isoler ici, pour nous mettre à l’épreuve… Soufflais-je. Et dire que c’est moi la rabat-joie, presque, pour une fois. Inspirant, j’arrête ses mouvements, s’il en a fait, et prenant sa main, je la glisse à ma joue. Un regard long sur lui, avant que je ne finisse par sourire, le relâchant à contre cœur.

Il faut être raisonnable, c’est une épreuve, les Dieux veulent peut-être nous dire des choses, mais nous devons rester sur nos…

-J’ai envie de dire des choses plus que raisonnables, posées, pensées, mais l’idée de ton torse, nu, sous ta bure, accapare toutes mes bonnes phrases. Je viens à rire, lui avouant ceci comme si c’était aisé de le prendre à la rigolade, dissimulant ma bouche de ma main, avant de le regarder, sans honte, mais amusée. Pohn ne serait pas si sadique avec le hasard… Quand est-ce que je me suis rapprochée aussi près ? A quel instant mes lèvres sont venues frôler les siennes, ne laissant que quelques millimètres les séparer ? Quand est-ce que mon sourire est devenu si joueur et gourmand, alors que mon nez s’amuse à effleurer le sien jusqu’à ce qu’un baiser effleure sa bouche, tendre et délicieux, mes mains tenant le tissu de sa bure désormais. Comment ne pas lui prendre un baiser alors que mon corps le désirait tant…

Me voilà déraisonnable…mais mes tremblements ont cessé…j’éloigne mes lèvres, rattrapant son gout sur les miennes.


Sujet: Re: Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard] Jeu 3 Mai 2018 - 9:22
Il y a certains détails qui font que je n’apprécie pas le fait d’apprécier ce moment. La tentation. Elle était présente, elle était très forte. Oh, pas celle de se retourner, celle de céder à ce que nous avions laissé derrière nous pour des raisons évidentes. Le problème c’était que l’être humain n’était pas fait pour être raisonnable. L’être humain était Emotions, l’être humain était guidé par cela, et du coup, le cœur prenait le pas sur la tête… et là, tout partait en vrille. C’était pour cela que les Dieux manifestaient Leur Volonté par des signes divers… Il appartenait aux serviteurs de ces Dieux de savoir trouver, reconnaitre et interpréter ces signes. J’en étais un, et pourtant je doutais de ce genre de signes. La météo en soit n’était pas un signe, mais son timing l’était peut-être…
Une terrible ironie que de se retrouver prisonnier d’un si petit espace de la personne que je ne pouvais vraiment approcher. L’isolement, et ce lieu chargé de symbolique, ne sauraient me retenir à n’être qu’un ami… c’était trop… tentant. Il fallait le reconnaitre… et même la plaisanterie de Lilith ne parvenait pas à me dérider, ni à me faire changer d’humeur. Cette grêle était forcément un signe…. Mais Helia seule savait ce que cela pouvait signifier…

Je lui faisais un sourire, peu joyeux cependant, alors que je la laissais prendre conscience de mes propos, m’approchant pour répondre à sa demande…. Défaire sa coiffure… c’était bête mais je n’étais pas sûr que ce soit une bonne idée, en fait… comprenez—moi : nous allions être guettés au retour du palais. Et même si essorer ses cheveux ne seraient sans doute pas du luxe – et j’aurai adoré y glisser mes doigts – mais il valait mieux une coiffure chargée d’eau que des impressions de laisser aller. Le lieu était déjà sans doute un peu trop orienté pour que les mauvaises langues ne s’y mettent pas.

« Je ne pense pas que ce serait une bonne idée… »

Les rumeurs, que vouliez-vous… je lui souris un peu pauvrement alors que finalement, je l’entendais donner son avis. Une mise à l’épreuve ? Ce n’était pas forcément faux, ce serait bien dans les possibilités à voir… une mise à l’épreuve, pour savoir si nous méritions notre proximité ? Ou pour voir si nous saurions nous tenir aussi. Personnellement, j’avais toujours dit que les Dieux ne nous éprouvaient jamais plus que ce que nous étions capable de supporter : une manière de nous offrir la chance de nous découvrir. J’avais toujours aimé cette idée, mais là, là elle me semblait bien cruelle cette idée… et pire, Lilith elle-même, en venant vers moi jusqu’à ce qu’elle frôle de ses lèvres les miennes. J’eus un frisson, mais pas de froid. Non, un frisson de désir que je réfrénais. Je m’écartais, elle aussi.

« Ne recommence pas. S’il te plait. »

Oui, c’était préférable… doucement, alors, je me laissais descendre au sol, m’installant en tailleurs, sur les dalles, m’installant ainsi pour pouvoir doucement commencer à prier, fermant les yeux et me rendant dans mon moi intérieur paisible et inaccessible, comme une forme de méditation, et là, je commençais à prier, à interroger la situation, et surtout, cela m’évitait de supporter la tentation, je priais, cela remplaçait tout le reste.
Mais je n’arrivais pas à me concentrer sur mes prières. La situation n’aidait pas…. J’en aurai enragé dans d’autres moments, mais au final, je rouvrais les yeux et je prenais la parole, de la voix la plus distante et froide possible.

« On s’était promis d’éviter ce genre de dérapages… et je suis toujours de cet avis. »

Un baiser ce n’était rien, allait-on me dire. Mais c’était un premier pas. Il fallait le voir ainsi :  le premier pas vers une erreur, vers un vrai dérapage… et je savais que ni elle ni moi ne voulions en arriver là. De plus, jamais personne ne pouvait être assuré d’être complètement seul ici, que rien ne serait vu ni ne serait entendu… oui, même ici, même dans ce belvédère il y avait un risque. Aussi improbable que cela soit. Je lui souris avant de doucement me relevais, faute d’avoir pu prier et je plongeais mon regard vers l’extérieur, regardant les boules de glace frapper le sol, ce ne serait pas une nouvelle tempête, non, cela ne pouvait être. Ce serait un présage bien trop mauvais… je me dirigeais dans ce petit pavillon. Il n’y avait pas une vraie structure, ce n’était pas une vraie masure, mais il y avait quelque chose que je pouvais faire. Je m’approchais du petit poêle que je mettais en route pour elle prenant le temps, pour qu’elle puisse se réchauffer et sécher un peu ses cheveux et ses vêtements. Le système était habile… c’était son père qui l’avait fait installer avant son mariage, en plein hiver. Je le chargeais un peu pour qu’il chauffe bien. Pour elle. Puis doucement je l’invitais à venir s’asseoir au sol, près de moi, à côté dudit poêle.

« Viens. Et puisque cela est forcément une intervention divine, ou au moins un signe, alors que dirais-tu d’essayer de prier ensemble ? »


Sujet: Re: Clos| Au coeur du labyrinthe [Everard] 
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