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Clos | Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv]

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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Clos | Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv] Jeu 3 Mai 2018 - 19:26
Nous étions le surlendemain de ce tête-à-tête dans le labyrinthe. Baptiste ne s’était pas montré avant la fin de la grêle et en rentrant, nous avions trouvé le pauvre homme à moitié assommé en train de venir, un œil au beurre noir, et un magnifique œuf de pigeon ou deux sur la tête. J’avais dû le porter à l’intérieur. La grêle avait été particulièrement violente. Les gens n’avaient pas besoin de ça… enfin bons, je les avais raccompagnés jusqu’aux appartements de Lilith et les avais laissés sur une révérence respectueuse avant de repartir de mon côté.

Bon, il fallait bien que ça arrive… en même temps entre l’air frais et les vêtements humides, j’avais attrapé une légère goutte au nez. Rien de bien transcendantal, certes, mais de quoi avoir légèrement la reniflette… je soupirais profondément. La personne qui m’inquiétait le plus, dans cette histoire, c’était davantage lilith. Oh, elle n’était pas d’une faible constitution, mais je n’étais pas un imbécile, je savais reconnaitre l’œil vitreux quand on était malade, j’en avais suffisamment vu comme ça. Je restais sans rien dire dans l’immédiat toutefois, alors qu’elle avait demandé à me voir pour régler une bonne fois pour toute cette histoire de mines d’or sur l’ile au large des côtes amethiennes. En effet, nous trouvions notre « revenu » légèrement trop bas et elle m’avait donc proposé d’en discuter ensemble ce matin, de bonne heure.

Et je n’étais pas stupide : elle était malade comme un chien. Oh, certes, son discours était cohérent, mais le reste partait légèrement vau-l’eau… elle était légèrement affaissée, tremblait, et elle avait le teint rougis…. Je la laissais terminer son exposition avant de finalement l’arrêter avec une question qui devait faire trembler par sa bêtise due au fait que la vision de son simple état rendait cette question stupide :

« Lilith, est-ce que tout va bien ? Parce que ça n’a pas l’air… »

Nous n’étions que nous, donc il n’y avait pas de risques, a priori, d’autant que nous étions dans son bureau. Seul Baptiste restait, comme à son habitude, avec cet air de désapprobation qu’il me réservait usuellement renforcé par son bandage sur la tête. Sauf qu’aujourd’hui, il n’était pas pour moi. Ou alors, il n’était pas complètement pour moi. Pas un pour rattraper l’autre… ils étaient tous les deux de grands malades…
Je restais silencieux un moment avant de lever et de m’approcher d’elle.

« Et ne me mens pas, tu sais très bien que j’ai un radar pour ça… »

Et j’avais une vue normale… en fait, même se montrer en public dans cet état serait contreproductif. Il valait mieux qu’elle se repose un peu, cette discussion n’avait absolument rien d’urgente. Après tout, que nous en parlions aujourd’hui ou dans une semaine, rien ne pressait, il suffisait que nous nous mettions d’accord librement et ouvertement.


Dernière édition par Everard Zullheimer le Ven 8 Juin 2018 - 16:28, édité 1 fois


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: Clos | Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv] Sam 5 Mai 2018 - 14:39
La fièvre…je l’ai sentie arrivé le soir même, une fois posée, prête à aller au repos, elle m’a gagné petit à petit, agitée par un frisson qui m’a rendu les gestes lourds. La tête dans le coton et la sensation d’épuisement. Elle est restée malgré ma nuit sous les draps chauds et elle est devenue plus vivace à mesure des heures. Je devrais probablement me coucher et me reposer, raisonner mon esprit, mais je n’y parviens pas. Les dieux me punissent probablement pour le baiser que j’ai pu offrir à Everard, à moins qu’il ne s’agisse de ce que j’ai fais à mon propre frère. Une chose ou une autre, je prend cela comme une expiation, préférant affronter au quotidien que me reposer.

Est-ce que j’ai peur que ce soit pour mon manque de tenue avec le prieur ? Non, pas tout à fait. Je dirais certainement qu’il s’agit un peu de cela et que je me sens fautive encore, dans la nécessité d’expier. Je devrais aussi confier mon angoisse pour mon frère et mon manque total d’acceptation, voir de mon refus entier de faire un premier pas. Si mon oncle apprend mon état, il va se charger manu, militari de me forcer au repos !

Je parle à Everard dans le bureau, sous le regard désapprobateur de Baptiste qui sait parfaitement mon état. Le médicament que j’ai pris au petit déjeuner n’a fait aucun effet et plus je m’obstine, plus cela se sent. Le costume masculin que je porte est trop léger et je me sens frigorifiée, mes cheveux tressés me tirent, et me voilà à me forcer et à continuer parce que je veux expier, parce que je ne veux pas baisser les bras, parce que je suis une trop forte tête aussi.

Pourtant, je crois que je ne trompe pas l’homme en face de moi. Non, en fait je le sais tout à fait, alors que j’ai ma veste fermée et un manque cruel de mon aisance habituelle. J’ai froid, au plus profond de mes os et envie de dormir, ma lutte est inégale. Je veux lui répondre, mais ma bouche s’ouvre pour ne rien dire, se referme et je le regarde se rapprocher, avant de fermer les yeux et de secouer négativement la tête.

-ça va…ce n’est rien, juste un peu de…fatigue. Je lui mens tout à fait, mais je ne veux pas l’inquiéter et encore moins qu’il ne vienne toucher mon front ou essayer de le faire, je chasserais probablement sa main, sans force, s’il vient à le faire. On peut continuer ?

Je veux juste continuer, ma main passe mollement sur mon visage et je tente de lui sourire, il faudrait que je me relève pour lui prouver que tout va pour le mieux, mais je n’en ai pas la force, mes jambes sont cotonneuses et mon esprit engourdis.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos | Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv] Ven 11 Mai 2018 - 10:40
Elle s’obstinait à faire son devoir au péril de sa propre santé, pire, ; elle le savait parfaitement. Et qu’y pouvais-je ? Je n’étais pas un imbécile, je savais très bien que si jamais elle acceptait de renoncer à cette discussion aujourd’hui, elle ferait venir quelqu’un d’autre pour en discuter… elle ne se rendait pas compte, qu’à l’heure actuelle, elle n’était bonne à rien… parce que cette discussion, elle devrait l’avoir à nouveau avec moi une fois guérie. En somme, l’impératrice faisait perdre son temps à son interlocuteur… et ça elle ne le voyait même, pas… je soupirais devant son, état… qu’elle ne me dise pas qu’elle allait bien… je la regardais profondément dans les yeux, sans la lâcher, attendant son aveu, parce que oui, de sa part, ce serait un véritable aveu… et s’il fallait, pour qu’elle aille se coucher et se soigner, que je lui dise pourquoi ça n’allait pas, son état actuel, alors je le ferai, même si ça ne lui plairait pas ! Mais c’était nécessaire, parce que je ne voyais pas d’autre moyen de faire les choses…

« Juste un peu de fatigue ? Prends-moi pour un jambon… »

Je me détournais et je regardais Baptiste. Lui aussi avait trinqué, mais il était au moins assez lucide pour que je comprenne que pour une fois, ; il était de mon avis, alors je ne perdais pas plus de temps en formalité. La réunion était terminée. Je lançais au majordome plus dévoué à l’impératrice qu’à sa propre vie, je ne savais pas s’il avait une famille, mais s’il en avait une je la plaignais un peu… car elle devait être fortement négligée par lui… enfin bon, je n’étais pas là pour le juger d’une manière ou d’une autre. Lilith ne pouvait pas avoir meilleur appui, je le savais, aussi, c’était normal que je m’adresse à lui pour ce genre de choses.

« Moi j’abandonne la réunion, Baptiste, vous êtes lucide… comment pouvez-vous la laisser agir dans cet état ? »

Mais je ne me faisais aucunement d’illusions sur le sujet. Il l’était bien mal placé pour ordonner quoique ce soit la concernant. Il était à son service, certes, mais cela signifiait lui obéir même si ça ne lui plaisait pas… d’ailleurs elle ne s’était même pas rendue compte qu’elle était revenue ^plusieurs fois sur le même point et que nous avions tourné en rond un moment je posais mes mains de part et d’autre de sa tête, sur ses épaules, et je lançais à la femme que j’aimais malgré moi, ou plutôt, j’ordonnais à celle-ci.

« Tu viens, tu vas aller te coucher et si jamais je te retrouve debout avant demain, je te jure que je te rosse. Et Baptiste aussi tant qu’à faire pour ne pas avoir fait son travail en te gardant en convalescence. Ce n’est pas une journée d’arrêt qui va te tuer… continuer à bosser, par contre, ça pourrait. »

Bon, elle n’était sans doute pas assez malade pour mourir de surmenage, mais ça ne lui ferait aucun bien, et ça, c’était une certitude absolue ! Je restais un moment sans rien dire avant de la saisir par le bras, faisant peu de cas de lui forcer la main. Et je me tournais vers Baptiste le regard noir.

« Annulez ses entretiens et réunions de la journée, et allez vous reposer… si vous ne pouvez pas l’aider en la retenant alors vous n’êtes d’aucune utilité, je vais prendre du temps pour m’occuper mieux d’elle que vous. »

Oui, c’était clairement un reproche, mais qui me l’aurait fait remarquer ? C’était mérité… je lui fis un sourire néanmoins pour calmer le jeu avant de prendre Lilith dans mes bras, la soulever du sol, et portée comme une princesse je l’emmenais au travers de ses appartements jusqu’à sa chambre où je m’employais à la mettre en tenue pour se recoucher. Parce que oui, j’étais sérieux, j’allais la coucher. Sauf que j’avais une meilleure idée au dernier moment. Je la laissais dans sa chambre et lui faisais couler un bain bien chaud. On disait que de laisser le bain refroidir avec soi dedans ça pouvait servir à faire chuter les mauvaises fièvres. Une fois que le bain commençait à couler, je retournais dans la chambre.

« Je n’ai aucun scrupule à te donner des ordres. Il y a un bain qui t’attend. Et tu n’en sors pas avant que l’eau soit tiède, voire froide. »


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: Clos | Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv] Jeu 24 Mai 2018 - 23:00
Je ne me sens pas d’attaque d’affronter Everard qui me désapprouve, peu importe, je suis là, et je sais parfaitement que je m’engage sur un terrain glissant, mon esprit est lourd, trop, et je tente pourtant de faire front, par entêtement, ou simplement parce que je n’accepte pas la faiblesse, l’un ou l’autre, même les deux, je suis même certaine que je puisse reconnaître quoi que ce soit dans l’état actuel des choses. Les dieux me punissent tout simplement et je suis tout à fait disposer à l’accepter. C’est tout. Je l’entends s’imposer, et ça me fait mal, au fond de moi. Mal parce qu’il ne devrait pas, ce n’est pas que l’ami, à moins que ce ne soit que moi qui ait envie de cela. Non, je…

Ma tête tourne, il me soulève, je tente de protester avec mollesse sans vraiment en avoir la foi, l’impression de bouillir de l’intérieur, sans parler de cette chute vertigineuse en moi-même, je ferme les yeux et me recroqueville un peu.

-Les dieux me punissent… Marmonais-je faiblement, incapable d’offrir plus de soutient à mes propos, son odeur me frappe et je me supplie en moi-même de ne pas m’y raccrocher. Cette odeur de parfum, cette fragrance de presque rien et l’odeur de sa peau…

Il m’emmène dans ma chambre, j’ai abdiqué depuis un petit moment je crois, incapable de protester, je n’ai pas envie de lui obéir, ni même de lutter pour ne pas le faire, je suis trop lasse, et frigorifiée, les membres tremblants, pourtant une voix faible vient tomber de mes lèvres.

-Everard… Tentais-je de le rappeler à l’ordre, parvenant à peine à l’empêcher de m’aider à me déshabiller avant d’attraper ses mains. Everard. Ferme mais épuisée, j’attrape ses mains, je ne veux pas m’énerver, ni même avoir l’air ingrate, mais…Tu dépasses un peu les limites. A prendre les choses en main, et à commander, mais je ne vais pas le repousser, ni même avouer que son inquiétude, sa façon de faire, cette attitude de ne pas même chercher à me raisonner ou agir ne me va pas…pourquoi a-t-il fallu qu’il soit si….lui ?

-J’aime que tu prennes les choses en main, mais tu vas un peu trop loin… C’est tout, je frissonne et vient lâcher ses mains, vacillant un instant sous la montée brusque d’une bouffée de chaleur, je me rattrape à lui, les jambes dans du coton et la sensation écrasante du monde sur mes épaules, je laisse mon front brûlant tomber sur son torse, j’ai besoin de son aide, j’abdique volontiers, tenant le tissu de sa bure entre mes doigts. J’ai tellement froid…

Baptiste ne va probablement pas s’empêcher d’appeler le médecin impériale, je marmone au Prieur de m’aider à défaire le corsage, et je marche lentement vers la salle d’eau, ne quittant mes habits qu’une fois à l’intérieur pour trouver la chaleur brûlante du bain…


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos | Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv] Lun 28 Mai 2018 - 15:03
Je n’étais pas du genre à aimer voir les dieux de partout. Loin de là, même ! En fait, j’avais tendance à estimer que les dieux guidaient, mais que leurs signes et leur colère n’était pas aussi flagrants que cela, il fallait avoir passé des années à apprendre pour repérer et interpréter.… et on ne tombait pas malade à cause des dieux. On tombait malade parce qu’on ne prenait pas assez soin de sa santé. c’était « normal » dans le fond. Je lui fis un Detroit sourire avant de finalement l’aider autant que je pouvais, quand bien même elle trouvait que je dépassais les limites. d’ailleurs, quand elle dit ça, je rétorquais aussitôt, sans hésiter, et le plus sèchement possible, comme pour qu’elle cesse ‘aborder le sujet.

« C’est ta faute. Si prenais de soin de toi, cela n’aurait pas besoin d’être. »

Oui, voilà, si elle faisait davantage attention à elle, elle ne me forcerait pas à faire ce genre de choses… donc je ne l’écoutais pas, je faisais ce que je pouvais et ne la lâcherais, la laisserais vraiment, qu’une fois qu’elle aurait accepté ou serait contrainte de rester couchée, quitte à ce que je la veille un moment pour qu’elle reste couchée sous ses draps pour se reposer, et ainsi mieux se reprendre ? Je lui fis un sourire encourageant alors qu’elle semblait être en train d’abdiquer. Parfait. De toute façon, elle n’était pas vraiment en manière de lutter ! Oui, je me doutais qu’elle penserait que j’irai trop loin. Mais si elle n’était pas capable de s’occuper d’elle alors j’allais le faire. j’aimais trop pour la voir dans cet état. Ça me fendait le cœur, alors je faisais ce que je pouvais pour qu’elle se soigne.

« Dans le bain ça ira mieux. »

Oui, dans le bain, elle serait bien au chaud, ça lui ferait le plus grand bien. c’était ce que j’espérais, du moins. Je lui fis un sourire avant de finalement me glisser derrière elle pour défaire son corsage. Cela me rappelait une époque pas si lointaine et je dus me faire violence pour retirer mes mains directement après avoir dénoué le dernier nœud…  j’avais envie de sentir sa peau contre la mienne, de sentir à nouveau son corps, nu, contre le mien, j’avais envie de baiser sa peau avec douceur, qu’elle soit fiévreuse ou ardente…. j’en eus un frisson et je m’écartais promptement, juste assez pour me maîtriser alors que je la soutenais, si elle le désirait, jusqu’à ce qu’elle soit dans son bain. Puis, je fermais la porte pour la laisser seul, non sans un dernier mot.

« Je reste derrière la porte si tu as besoin de quelque choses... »

Je susurrais alors que je fermais la porte un « je t’aime » et je m’installais dans la chambre, sur un fauteuil, attendant, pour m’en aller, que soit, elle m’appelle, soit que le médecin arrive, auquel cas je m’éclipserai discrètement. Je ne me faisais aucune illusion. Je ne pouvais ni ne devais, replonger, aussi, je préférais, sauf urgence, la laisser seule. C’était préférable.
J’avais volontairement choisi un fauteuil proche du passage secret, pour m’éclipser rapidement.

Les minutes s’égrenèrent. Au bout d’une dizaine je toquais à la porte de la salle de bain et demandais si tout allait bien. Juste au cas où...


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MessageSujet: Re: Clos | Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv] Ven 8 Juin 2018 - 14:07
Sa façon de me répondre sèchement me donnerait en d’autres occasion, l’envie de sourire. Mais en l’instant, à part la sensation de glace dans le corps, je n’éprouve guère de chose. Faire attention à moi est une notion étrange, un reproche que l’on me fait souvent, je sais parfaitement que tomber malade et ne pas me soigner est nuisible pour mon rôle, mais est-ce que cela signifie que je suis capable de veiller sur moi-même ? Je ne dirais pas que non, mais la réponse n’est pas des plus positives.

Dans l’étau cotonneux du corps malade et amoindris, je me laisse faire, vacillante et incapable de prendre conscience de ses gestes, je les reçois pourtant comme une forme trop intime de tendresse. N’est-ce pas cela ? Mon cœur déjà emballé par la fièvre prend garde de ce qu’il se passe et défaite de mes atours de tissus, je vais jusqu’au bain, m’y glissant silencieuse…
Au cœur de la chaleur de l’eau, je ferme un instant les yeux, l’envie de rendre le peu de nourriture prise tout à l’heure me vient comme une idée étrange, flirtant avec le bord de mes lèvres, j’inspire, en fermant les yeux, hochant la tête aux mots du prieur…

Il me semble perdre des instants, des minutes, sans pour autant m’endormir tout à fait, dans cet état à moitié éveillé, à moitié inconscient, je sursaute quand sa voix me revient. Un frisson de glace dans le dos, l’eau n’est plus assez chaude, j’entoure mon corps dénudé de mes propres mains et la voix rauque sort de mes lèvres pour lui demander de venir m’aider.
Un peu désorientée, j’arrive à me sortir du bain, et cherche des yeux le drap de bain. Me voilà presque toute petite entre les mains du prieur, moi qui suis d’habitude tout à sa mesure et je le laisse m’aider encore, sans mot dire, avant de me diriger vers le lit. Je m’y engouffre avec la volonté de disparaitre sous le draps et la couette, sentant des courbatures dans ma nuque.

-Merci…tu devrais y aller, je vais finir par te le refiler.

Je n’ia pas envie qu’il s’en aille, pas du tout, à vrai dire, je voudrais qu’il reste à veiller sur moi, mais je ne vais pas lui demander cela, même si j’en ai envie…je ne veux pas que son esprit souffre. Si j’avais entendu ce qu’il a soufflé, je lui aurais déjà dit de partir. pour son propre bien!


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Clos | Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv] Ven 8 Juin 2018 - 15:05
Sincèrement, si je l’avais pu j’aurais veillé sur elle ainsi au quotidien sans me soucier de quoique ce soit d’autre. Et ça me mettais mal. Pas parce que je n’aimais pas l’idée, bien au contraire, j’adorais l’idée, mais justement, j’aimais trop l’idée, et en sa présence, j’avais envie de me laisser aller. En fait, là, tout de suite, même le Protectorat semblait se reléguer de lui-même au second rang. Puisse la Lignée un jour me le pardonner. Je regrettais que je n’aie plus de frère à qui j’aurai pu en parler, car le doute qui m’assaillais n’était bon ni pour elle, ni pour moi, ni pour les miens. Douter de la sorte… je frissonnais un peu d’horreur en y pensant. J’allais avoir besoin d’une sacrée méditation et d’une nuit complète de prières pour me rasséréner… au moins. Oui, cela m’aiderait. Je fis un sourire, ravi, alors qu’elle m’appelait. Je la rejoignais et m’armais d’une de ces immenses serviettes où l’on aurait pu s’installer tous les deux en même temps dedans pour l’en envelopper alors que je l’aidais à sortir, la frictionnant doucement. Amoureusement, même, je le reconnaissais bien, y allant suffisamment fort pour la sécher, suffisamment doucement pour ne pas la brusquer non plus. Elle était faible et fragile, là, tout de suite.

Je l’aidais à ce coucher, ensuite, renonçant à la vêtir d’une chemise de nuit, privilégiant l’idée de la trouver bien au chaud, bien à l’abri, et à se reposer. La voir dans cet état ne me plaisait pas. Mais je savais que je resterais encore un peu avec elle pour la simple et bonne raison. Je lui fis un sourire alors que je regardais sa tête émerger de sous les draps, de sous la couette, et doucement, je prenais ma main dans la sienne, seule partie d’elle hormis la tête qui ne disparaissait pas. Doucement, je la serrais dans la mienne et je restais silencieux avant d’approcher un fauteuil. J’avais un peu de temps, pas beaucoup, mais un peu, avant le prochain rendez-vous, parce que j’avais compté large, juste par sécurité. Je lui souris, paisiblement, alors que je l’entendais parler d’une voix fatiguée.

« Contrairement à toi je fais en sorte de bien résister aux maladies, alors tu te tais te tu dors, puis, ensuite, je partirais. »

Oui, enfin, si elle ne mettait pas trop longtemps pour ça bien sûr. Je lui souris et serrais encore doucement sa main sans la mienne. Je n’avais jamais eu l’impression d’être plus qu’elle, même physiquement. C’était Lilith, et elle en imposait, c’était le moins que l’on pouvait dire. Je me penchais, embrassais son front fiévreux, et j’entamais alors un petit air. Le seul dont je me souvenais de ma mère, en fait. Je ne l’avais pas connue longtemps, elle ne me manquait pas, mais je me souvenais de cet air, ainsi que des paroles. L’air était doux, lent, ni trop joyeux, ni trop triste, une berceuse, dans une vieille langue du protectorat, qui se transmettait de Mère en Fille… et je l’avais apprise car elle l’utilisait pour m’endormir. Je ne vous retranscriraient pas les paroles, parce que le sens précis s’est un peu perdu, il ne restait que l’air et les paroles originelles déformées par le temps.


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MessageSujet: Re: Clos | Il ne faut pas confondre fièvre et ardeur [Pv]

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