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Beauté solaire d'une belle-de-nuit. [Pv]

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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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Date d'inscription : 14/04/2016
MessageSujet: Beauté solaire d'une belle-de-nuit. [Pv] Ven 8 Juin 2018 - 16:31
La nuit portait conseil, disait-on. Eh bien on avait tort. En fait, la nuit n’apportait aucun conseil. La vie n’apportait rien de plus que son lot d’incertitude. C’était la réflexion qui portait conseil, notamment au travers de la méditation, par exemple. Mais le meilleur moyen était la prière. Encore fallait-il comprendre ce qu’était vraiment la prière. A vraie dire, le véritable sens était on ne peut plus éloigner de ce que l’on entendait désormais par le terme « prier ». Aujourd’hui, prier, c’était demander. Mais en vrai, prier était à des kilomètres de cela. Prier, c’était penser, discuter, confier. Au final, demander était un raccourci que l’on nous avait appris à ne pas prendre. Les Dieux n’étaient pas là pour exaucer nos demandes. Il ne s’agissait jamais que de récompense pour des actes désintéressés. Mais, en aucun cas il ne pouvait s’agir de vraie prière. La vraie prière était simplement donner de soi, et si l’on ne voyait pas quoi donner, alors, on donnait son temps, tout simplement. Moi, ce temps de prière me permettait d’exposer mes doutes, de Lui en parler, et d’y réfléchir à haute voix. Au final, c’était quelque chose d’exaltant car les choses, dans ce genre de moments, m’avaient toujours semblées plus claires.
Pour la première fois de ma vie, je ne pus trouver de réponse qui me convenait. Pour la première je me sentais un peu perdu. Pour m’éclairer l’esprit je décidais de faire un jeûne d’une semaine, mes repas iraient aux démunis, donc rien ne serait perdu, et je ferai de ma vie ascétique un moyen de me mettre en condition pour obtenir la réponse par la réflexion. Car oui, nul Dieu n’offrait de réponse toute prête. J’aimais Lilith plus que ma propre vie, et je savais cela immuable. Rien d’autre ne comptait. Enfin si, mais difficile de remettre cela en relief et difficile parfois de ne pas juste l’observer un instant ou une vie, alors qu’elle parlait.
Mais j’avais des responsabilités et je savais que je ne pouvais me permettre tout cela. Dans le fond, je m’inquiétais de choses qui n’avaient pas lieu d’être. Pas parce que ce n’était pas important, mais que je n’avais absolument aucun contrôle là-dessus. Donc ce n’était pas que je ne devais pas m’en soucier, juste me concentrer sur ce que je pouvais maîtriser.

*
*     *

La nuit était avancée. Cela faisait quatre jours que je jeunais. Un jeune complet, avec juste un bouillon le soir. Ça remettait les idées en place, faisait relativiser des choses. C’était une contrainte intéressante et, au final, agréable, d’une certaine manière. Je lui fis un sourire et je restais silencieux un moment avant de finalement me redresser. Je sortais d’une séance de prière de cinq heures d’affilée et je regardais l’horloge. Il était cinq heures du matin. Je n’avais pas sommeil. Je privilégiais l’idée d’aller regarder la nuit. Ça me ferait du bien, et plus, la lune, pleine, dispensait une lueur légèrement rousse qui la rendait encore plus belle. Non que je n’aimasse point la lumière blafarde de la lune, mais cette lune là au moins, n’était pas de la couleur de la peau de Lilith. Comment cela, je faisais des comparaison permanentes de tout et de rien avec elle ? Peu importait. Je soupirais et plongeais mon regard dans la nuit quand un éclat attira mon regard ? Puis un autre. Puis un autre. Et je me rendis compte d’une chose : il était hors de question de ne pas partager cela avec elle. Surtout que la connaissant, elle était sans doute déjà dans son atelier.

Je m’y rendais aussi sec, passant par les passages secrets pour rejoindre l’atelier en question. Et je n’eus pas besoin de plus pour savoir qu’elle était là. Je l’entendais travailler, pensant tout haut. Doucement, je toquais et entrais, comme à mon habitude. Enfin, je lui souris, la voyant affairée et du coup, je ne m’approchais pas, privilégiant l’idée qu’elle m’entende avant de me voir, pour éviter que je ne me fasse crever l’œil par inadvertance.
En tout cas il était trop tôt pour les chiens, je n’eus droit qu’à un coup de truffe paresseux avant qu’ils ne se recouchent.

« Lilith ? Tu as un instant ? Il y a quelque chose d’urgent que tu dois voir… maintenant. »

Oui, je ne mentais pas, et j’étais fébrile de le lui montrer. Il fallait qu’elle le voie, qu’elle le constate par ses propres yeux. C’était importante.


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Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
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MessageSujet: Re: Beauté solaire d'une belle-de-nuit. [Pv] Ven 15 Juin 2018 - 21:02
-Et m… Le doigt coincé dans un rouage, je le retire de justesse avant qu’il ne se coince entièrement. Dans le bureau, tout est si calme, une solitude étrange, alors que je ne suis pas tout à fait assez apprêtée. La robe d’intérieur donne l’illusion, elle cache les affaires de nuit et la tresse serrées en fait de même. Mon étrange simplicité est ce qu’elle est, mais la nuit est faite pour dormir…n’est-ce pas ? je devrais m’habiller plus tard, et je laisse bien mes domestiques dormir un peu, alors que moi-même, j’en suis incapable. Après, je ne saurais que trop vous avouer apprécier, mes quelques heures d’inventrice, enfermée dans ma tenue convenable mais pas tout à fait…cela me fait sourire.

Deux jours ont été nécessaire pour la fièvre, deux jours de sommeil presque profond, avant de ne me sentir plus en état, j’ai été sérieuse et j’ai pris garde à me remettre, me languissant peut-être un peu de la présence de Everard…une sensation présente, flottante, comme un aveu contre lequel je n’arrive pas à lutter et contre qui, je n’ai pas envie de lutter. Au-delà de mes sentiments, qui sont hélas ce qu’ils sont, quoi que je ne dirais pas Hélas, sa présence me suffit amplement. Ainsi donc, sera-t-il l’homme à mon flanc, aimé dans le secret, sans que les limites de nos cœurs échangés ne se dépassent ? Cela se pourrait.

Oui, la fièvre m’a fait comprendre quelque chose. Quel que soit le possible avenir, j’ai appris à aimer en compagnie de Everard, un amour vrai, profond, puissant, jalonné de possible et d’impossible, quelque chose qui lui appartient. Et qui ne pourra être à quiconque. Je pense que la trahison de mon frère est aussi pour beaucoup. Le seul sur qui j’aurais espéré compter, me trahit, et plus le temps passe, plus je ne sais tout à fait si je serais capable de lui pardonner. Quoi que…pardonner. Oui. Mais cela ne veut point dire que je pourrais encore l’avoir en face de moi.
Les de Choiseuls sont normalement une famille forte, il faut croire que ma génération est exempt de cette vérité, j’aurais aimé avoir un frère comme mon oncle et je suis attristée à l’idée que mes enfants, si j’en ai, ne seront pas même épaulé comme il a pu nous épauler.

Drôle de réflexion matinale après avoir pris mon doigt dans le rouage et manqué de donner un juron. Le doigt entre les lèvres, comme pour retirer la douleur vive, avant de me remettre à l’affaire.

-Entrez ! Lançais-je seulement à ce bruit toqué, pensant à la venue de Baptiste me prévenant qu’il était tard, déjà. Pas maintenant Baptiste, laissez-moi encore une demi-heure ! Lançais-je avant de me pencher sur l’objet de mon intérêt, relevant les yeux afin de voir sa réaction, ou son désaccord habituel. Mais je souris, sans contrôle, en voyant Everard. Je le dévisage un instant, surprise…Oui, j’ai quelques moments devant moi.

Saisissant un chiffon pour essuyer mes mains, je m’éloigne pour atteindre le pichet d’eau et la bassine de cuivre histoire de nettoyer mes doigts, un peu, profitant du reflet de mon visage sans fard dans le miroir, furtivement, pour m’assurer de n’avoir rien par là. Une coqueterie idiote, non ? Mais je souris toujours aussi merveilleusement.

-Qu’est-ce qu’il se passe ? Il a l’air impatient plus qu’inquiet et je suis curieuse, ne le nions pas. Je m’approche, plus à l’aise que d’habitude encore, j’assume étrangement mes sentiments et ne me sent pas soucieuse de ce que cela nous fait. Du mal ? Peut-être, mais j’ose penser que tout ceci n’est pas un mal, simplement un fait de vie…un point de nôtre existence, une épreuve à connaître d’une nouvelle façon….


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: Beauté solaire d'une belle-de-nuit. [Pv] Sam 16 Juin 2018 - 11:46
Il fallait qu’elle voie quelque chose ! oui, ce que j’avais aperçu comme prémices… il fallait qu’elle voie le paroxysme. Et avec cela je me fichais royalement qu’elle soit occupée, ou que ce soit fort peu convenu…. En fait si cela dépassait le cadre des convenances, ce serait sans doute normal. Mais il fallait qu’elle voie cela. C’était hors de question de ne pas lui montre. Il était hors de question qu’elle n’admire pas, qu’elle ne reste pas coite devant tant de beauté ! Je lui souris alors que je la voyais travailler… c’était drôle de la voir tellement absorbée qu’elle me confondait avec Baptiste. Moi je n’aurai pas pu. Le simple bruit de ses pas était quelque chose de particulier. J’aurai su qu’elle arrivait dans mon dos. Mais je n’étais ni blessé ni vexé. Elle était bien trop absorbée dans son travail. Une vraie De Choiseul… je m’approchais d’avantage quand je lui demandais si elle avait un moment. Et puisqu’elle en avait un, je comptais bien le lui montrer. Je la laissais nettoyer ses mains diaphanes avant de doucement prendre l’une des siennes dans l’une des miennes, siffles les chiens pour qu’ils viennent avec nous.
Je ne lui disais rien, je restais en silence, avec cet air mystérieux. Oh, oui, j’allais lui montrer…

« Tu verras. Mais il faut que tu voies. C’est urgent et essentiel. »

Je regardais autour et apercevais un petit morceau de velours noir. Il était long et fin, parfait. Je me permettais de le prendre pour venir, doucement, lui bander les yeux. Il ne fallait pas qu’elle se gâche le plaisir… je restais un moment sans rien dire avant de finalement lui caresser les cheveux, trop envoie de sentir la soie de sa chevelure entre mes doigts. Et nous étions seuls, après tout.

« Il va falloir marcher un peu. Tu me fais confiance ? »

Toute personne sensée, devant une telle proximité aurait sans doute dit que non, elle ne faisait pas confiance pour rester sange, mais n’était pas le sujet. Doucement, je l’entrainais à ma suite, la tenant par les mains, lui indiquant les marches et les tournant pour qu’elle ne se prenne aucun obstacle, extrêmement prévenant avec elle. Oui, c’était important que je n’abime pas l’impératrice de vapeur… je restais silencieux un moment avant de finalement la faire stopper. A peine cinq minutes de marche dans les passages secrets, jusqu'à franchir une porte. Le spectacle commençait vraiment, c’était magnifique. Nous étions dans une sorte de renfoncement, face au vide, dans les passages secrets. Ce n’était donc pas un vrai balcon, et officiellement il n’existait pas. Mais c’était parfait, car le renfoncement de celui-ci nous offrait une parfaite discrétion. Aucune fenêtre ne nous dévoilait rien, juste le vide, et le ciel.

Je retirais alors son bandeau pour lui montrer le spectacle. L’aube pointait et arrosait le monde de sa lueur rosée en contraste avec le reste de la nuit. L’aube e levait lentement alors qu’en même temps, dans le ciel, se dévoilait trainée de flammes après trainée de flammes, une magnifique et tardive pluie d’étoile filantes, allant en disparaissant vers l’aube. Le spectacle était sublime. En contrebas, la ville s’éveillait doucement, encore peu bruyante… tout était parfait. Et ça l’était sans doute trop car des mots échappèrent à mes lèvres, comme s’il fallait ça pour gâcher le moment, alors que mes bras, doucement, étaient enroulés autour de sa taille, lui offrant le repos de mon torse pour sa tête.

« Je t’aime. Et je ne voulais partager une telle beauté qu’avec toi. »

Bon, d’accord, la situation était peut-être suffisamment romantique pour que ça passe, mais cela n’en restait pas moins une erreur… je lui baisais doucement les cheveux.


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: Beauté solaire d'une belle-de-nuit. [Pv] Sam 16 Juin 2018 - 15:54
-Mais qu’est-ce que… Je souris bêtement, surprise, mais charmée, trop charmée, me laissant emmener par sa présence, sa prestance, même plus que cela, notre complicité. Je pourrais parler des heures de cette sensation, de notre étrange dualité, de mon impression d’être plus à ma place dans ce monde quand il est à mes côtés. Je pourrais, mais je vais éviter, préférant encore simplement savourer ce moment, cédant complètement à ses actions. Je ne le crains pas, au contraire, je m’abandonne en confiance, frôlant ses doigts des miens quand il bande mes yeux.

Une coquetterie idiote me vient à l’esprit, me demandant si ma tenue peu présentable n’est pas…détestable à son regard. A moins que ma chevelure ne soit que trop en désordre, et je pourrais aisément me moquer de moi-même de penser ce genre de chose, mais j’apprécie étrangement ces élans, comme s’il m’invitait à m’alléger d’un sérieux que je porte trop souvent.

-Qu…bien sûr que je te fais confiance. Privée de ma vue, j’aperçois simplement un trait de lumière plus clair à cause de l’arrête de mon lit mais rien qui ne dévoile la destination à laquelle il veut m’emmener. Emmenée par ses soins, je ne pense point à quoi que ce soit de physique, je sais en être arrivée au point évident, que je n’ai pas besoin de cela avec lui. Avoir l’envie est une chose, le faire une autre, parvenir à comprendre que nous sommes au-delà, encore autre et je pense en avoir saisi l’esquisse.

Me voilà presque idiote d’en apprendre encore à mon âge, mais mieux vaut tard que jamais. Prudente et rassurée, je me laisse entraînée, m’amusant à lui glisser quelques bêtises durant notre parcours, assez pour le faire rire, des batifolages à vrai dire, sous entendant des choses que l’on ne devrait pas répéter trop fort, et le cœur bondissant étrangement à l’entente de sa voix. Nous nous arrêtons pourtant enfin, et mon sourire n’a pas disparu, les yeux libérés, j’observe l’étendu du ciel les yeux figés sur l’horizon.
Sans pouvoir me détacher du spectacle de la nature, je me laisse prendre dans ses bras, admirant les orangés naissant et le violine fuyant, les tracés enflammés passent dans le lointain. Mes mains viellent l’enlacer aussi et puis…il y a cette phrase, et mon oreille contre son torse, le battement de son cœur et le spectacle, je ne réponds pas, préférant resserrer mon étreinte…

Que lui dire ? Que je l’aime aussi ? Que je suis heureuse qu’il m’aime en retour ? Que je voudrais pouvoir vivre encore milles fois cet instant plus qu’aucun autre ? que cela me suffit ? Oh je pourrais en dire des choses, mais je relève les yeux vers lui, au bout de long instants. Est-ce que je prends un chemin d’adultère avant même qu’il n’ait commencé ? Je ne pense pas. Notre proximité sera l’apanage d’un souffle d’histoire, trop proche mais plus rien, sauf s’il devient mon époux et je ne voudrais pas prononcer que je pense de plus en plus.

Les yeux sur lui, je laisse ma main glisser à sa tempe et sourire.

-Je t’aime…

Tant pis que cela ne soit pas raisonnable, peu importe, je souris, à l’aveu ainsi confié, je ne me sens pas honteuse, je n’ai pas même mal, j’ai accepté cette situation, plus que je n’aurais jamais pensé le faire, c’est ainsi, c’est comme ça. Et je ne m’avance même pas mes lèvres, non, je lui souris, avant de retourner mon regard sur l’horizon, en silence, je me blotti contre lui, laissant lever le soleil, laissant le monde apparaitre, dans un silence total et parfait, juste lui et moi…combien de temps le monde prends pour se réveiller, je l’ignore. Mais nous sommes là et au bout d’un long moment alors qu’il ne reste qu’un peu d’orange sur le monde, je murmure.

-On reste comme ça jusqu’à midi ?

C’est une plaisanterie, à demi vrai.


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MessageSujet: Re: Beauté solaire d'une belle-de-nuit. [Pv]

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