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Chapire 07 : Quel est ce bruit provenant des ruines ? [Ft Constance Jane Enverse]

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Sujet: Re: Chapire 07 : Quel est ce bruit provenant des ruines ? [Ft Constance Jane Enverse] Chapire 07 : Quel est ce bruit provenant des ruines ? [Ft Constance Jane Enverse] - Page 2 1545043444-icon-minipostedMar 22 Jan 2019 - 14:42
Gilliam tenait sa tasse à deux mains. Il aimait sentir la chaleur passer dans ses paumes et remonter le long de ses bras ... Mais pas trop longtemps, sinon il se brûlerait et cela n'était pas dans la liste de ses objectifs. Retirant à demi, à intervalle de temps réguliers, une paume après l'autre, tout en la recollant quelques secondes ensuite. Le temps que le breuvage refroidisse avant de pouvoir y tremper ses lèvres.

  Il tentait de ne pas regarder son hôte fixement, mais, malgré lui, il s'attardait sur ses yeux. Le regard de cette personne avait un quelque chose de particulier mais Gilliam peinait à en comprendre la raison. Acquiesçante devant les explications qu'il lui fournissait, elle ne semblait pas trouver à redire. La chaleur sortant de l'âtre crépitant venait caresser son visage avant de s'élever vers le ciel en passant par le trou dans le toit du dilettante, ravit de converser avec une personne à priori prompte à la réflexion.

Des médecins d'Aernia ? Non, Gilliam n'y avait pas pensé. Disons plutôt qu'il préférait éviter d’amener des officiels à ce projet. Leurs jugements moraux n'était pas le terreau fertile de l'avancée scientifique. Le jeune Tolano ne voulait pas prendre le risque d'être considéré par ses pairs comme travaillant en dehors de la morale. S'il voulait être reconnu, mieux valait éviter toute tâche sur sa réputation en gestation. Il fronça les sourcils à nouveau, réprimant de justesse une grimace de négation avant de relever les visage pour observer l'expression accompagnant la question.

  La jeune femme devant lui n'avait pas l'air sûre non plus, mais elle souriait. Devant cette vision, Gilliam eut un soupir incontrôlé, subtil mais audible, de soulagement. Profitant qu'elle se servait à son tour, il laissa ses yeux contourner sa silhouette et prendre une photo d'ensemble. Quelque chose le triturait. Il était presque sûr désormais d'avoir en face de lui, bien plus qu'une simple passante comme il en voit défiler toute la journée de sa fenêtre. Ses mouvements mesurés, calculés, ainsi que sa vigilance vis-à-vis de son environnement ... C'est une personne qui a quelque chose d'athlétique. Soit dans la profession, soit dans les occupations. De ceci l'inventeur en était sûr.

Ses pensées furent coupées  court lorsqu'elle énonça sans sourciller son nom et son métier. Un frisson glacé le transperça à l'idée d'avoir en sa demeure une personne si proche de l'Impératrice. Tentant tant bien que mal, mais plutôt mal, de ne laisser rien paraître, il passa l'air de rien, une main sur son visage pour avoir l'air de se masser le front. En réalité, Gilliam tente ainsi de cacher son étonnement qui doit se lire bien trop facilement sur sa tête. Constance Jane Enverse ... Il martela l'info pour qu'elle entre dans sa mémoire et n'en ressorte jamais. Se ressaisissant peu à peu, il sourit lorsqu'elle lui dit qu'elle ne lui en voulait pas totalement. En son for intérieur Gilliam savait qu'il avait failli se passer quelque chose de grave aujourd'hui mais qu'Aernia soit remerciée, rien de fâcheux ne devrait en découler.

En se redressant doucement, il maintint un rire à l'énonciation de l'adjectif qu'elle lui accolait. Il laissa alors retomber son bras et arrêta de cacher ses traits. "Farfelu" lui allait. Ni insulte, ni compliment, voici une bien belle façon de décrire quelqu'un à priori. Vraiment, Constance Jane Enverse, c'est ainsi qu'elle semblait être nommée, n'avait rien d'hostile à son égard. Mais est-ce que son invention sera achevée ? A temps ? Ou pas ? Rien n'était fait encore, mais les encouragements ravivaient la motivation de Gilliam et assuraient sa volonté. Elle prit ensuite le pari de ne pas se brûler en goûtant directement son café encore trop chaud pour l'inventeur. Lui, décidait de poser sa tasse pour l'inciter à ne pas goûter tout de suite. N'osant pas lui indiquer verbalement son manque de vigilance "apparent". Elle ne semblait pas être du genre à se laisser avoir par ces choses. Gilliam prit alors la parole d'une voix nette, ponctuée par le crépitement des bûches :

_ " C'est un honneur d'accueillir une garde du Palais. Votre mansuétude vous rend mille grâces. J'aimerai réellement faire plus. "

Ainsi Gilliam avait l'occasion de faire connaissance avec quelqu'un qui vivait aux côtés de l'Impératrice elle-même. Il sentait ses joues chauffer sous l'effet que la nouvelle lui procurait. Non pas qu'il nage dans une adulation sans limites pour elle, mais pour l'épater il fallait qu'il en sache plus sur elle. Il ne veut pas non plus l'impressionner pour l'impressionner. Ce qu'il désire par dessus tout, c'est obtenir la reconnaissance des ses pairs, et surtout, de la plus talentueuse de tous : l'Impératrice. Un large sourire aux lèvres, les yeux nimbés de joie, il reprit la parole :

_ " Vos encouragements m'honorent. J'ai pour vocation d’amener un prototype fonctionnel de cette machine fantabuleuse à l'exposition universelle. Mais je crains qu'il ne me faille travailler nuit et jour pour cela, et même comme ceci, rien n'est sûr. Aernia sait. "

Il leva les yeux au ciel brièvement, reprenant un air sérieux temporairement avant de regarder à nouveau son hôte dans les yeux en souriant légèrement.

_ " Ainsi vous êtes garde au palais. J'avoue que si nous pouvions conserver cet incident entre nous, cela me permettrait de m'y faire connaître plus tard pour une raison plus agréable. "

Affichant une bonhomie avenante ponctué d'un clin d'oeil sympathique, il finit tout de même par poser cette question qui ne voulait pas rester dans ses pensées :

_ " Est-ce que l'Impératrice est aussi géniale qu'on le dit ? "

Le visage illuminé par la curiosité, tel un enfant à la recherche exaltée d'un trésor perdu.


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Sujet: Re: Chapire 07 : Quel est ce bruit provenant des ruines ? [Ft Constance Jane Enverse] Chapire 07 : Quel est ce bruit provenant des ruines ? [Ft Constance Jane Enverse] - Page 2 1545043444-icon-minipostedMar 12 Fév 2019 - 14:03
L’inventeur avait l’air un peu fou, mais nullement mauvais. Tu aurais pu le jurer en l’observant et l’écoutant. Il avait une sorte de fantaisie affichée à ses prunelles et c’était ravissant. Non que cela te séduise, tu étais une garde et tu n’envisageais rien de tel, jamais. A la place, tu l’observais et tu écoutais avec le sentiment de sécurité, malgré tout. Il avait l’esprit que devait avoir ta cousine et nombre de tes cousins. Dans un sens, cela te plaisait de l’entendre parler de tout cela, est-ce que cela aurait été aussi appréciable de la bouche de ceux qui ne savaient pas que tu étais de leur sang ? Tu te le demandais…Tu te présentas au final, car c’était mieux ainsi, dire qui tu étais n’étais pas obligatoire mais c’était la règle de politesse la plus simple. Tu le regardas prendre cet air surpris et tu te demandas ce qui était si frappant, mais n’en fit pas échos, tu ne voulais pas le mettre mal à l’aise ou l’être toi-même. Tu préféras l’encourager et le rassurer, il aurait été idiot de te retrouver en hostile présence. Tu avais déjà l’impression, à cause de l’homme de l’autre jour, que les ambrosiens étaient hostiles, de part nature, comme s’ils n’avaient pas le temps. La tasse venant à tes lippes, tu en sens la chaleur avant qu’elle ne t’approche et tu souffles dessus, doucement, tes grands yeux portés sur l’inventeur, tu sirotes un mince filet brulant qui suffit à te convaincre de ne pas trop en prendre plus.

« Ce n’est pas nécessaire, ne vous tracassez pas. »

Tu ignorais tout à fait, encore une fois, ce que tu pouvais faire, dire, agir. Tu étais modeste, c’était vrai, tu étais discrète et fort peu convivial, tu manquais de travail sur la société hors caserne. Ce n’était pas ta faute, c’était ton éducation, ta mère aurait pu ta prendre, mais ta mère était morte dans ta jeunesse. Ton père ne t’avait rien instruit sur la chose et aujourd’hui…et bien, tu étais là, sans trop savoir où marcher, un peu bancale dans ton approche de la normalité.

« Fantabuleuse ? »

Te surpris-tu à répéter, ce terme tu ne l’avais jamais entendu et il sortait de ses lèvres si naturellement que cela te fit sourire. L’inventeur te surprenait et tu aimais, un sourire gagna ta bouche et une pointe minuscule rougissante sur tes joues accompagna ton amusement. Rien de bien extraordinaire. Le mot te plaisait. Il sonnait comme exceptionnel et magnifique. Cela disparut rapidement quand il te regarda.

« Oh, ne vous tracassez pas, je ne pense pas qu’il soit important de narrer comment j’ai faillis me faire ébouillanter. Mes frères d’Armes pourraient en rire et je n’aime pas trop que l’on rit de moi. »

Ce défaut te déplu à annoncer, tu ne sais pas pourquoi. Mais cela ne te plaisait pas. En tous cas, la question qu’il te posa, te laissa surprise et tu ne sus que dire un instant, cherchant une réponse, en tortillant tes lèvres, alors, plus sur un ton de confidence, tu abaissas ton visage et souffla.

« Allez-vous être déçu, si je vous dis que je ne l’ai jamais réellement rencontré ? Ou en tous cas, pas encore… »

Tu aurais aimé pouvoir lui narrer tout ce que tu pouvais dire, étrangement, mais tu n’avais rien de fantabuleux à raconter de ton côté. Hum…tu réfléchis un peu afin d’étayer tes propos.

« Je suis jeune recrue, je sors à peine de ma caserne de l’île d’Envers. J’ai renconté Monsieur son oncle, Nemrod l’Envers. Et je n’ai pu qu’apercevoir sa Majesté. Passant dans un couloir en parlant affaire avec son Premier ministre. C’est une femme impressionnante. C’est bien tout ce que je peux vous dire. Grande, très belle…ah si, je l’ai vu une fois, elle s’était arrêtée sur un automate de couloir, elle a sorti un tout petit tournevis de sa poche pour … rajuster son mécanisme parce qu’il faisait du bruit. Elle l’a bidouillé deux minutes et effectivement, avant il faisait un minuscule clac, qu’il ne fit plus après. »

Tu avais été à peine présente dans la scène, totalement en retrait, sous le regard des autres gardes qui connaissait bien ta cousine, vu leur temps ici, mais toi.


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