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 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: Rez-de chaussée

[CLOS]Veillée funèbre

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Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
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MessageSujet: [CLOS]Veillée funèbre Dim 22 Jan 2017 - 22:36
Veillée funèbre


PREMIER POSTE


Une lourde tresse de cheveux noir repose sur le côté de mon corps, à droite, c’est d’un regard clair et perçant que j’observe les extérieurs du palais, la pupille observant le vol d’un zeppelin dans la nuit sombre, traçant sa forme entre les nuages, se dirigeant vers l’horizon, et détachant sa silhouette grâce à la rondeur pâle de la lune.
Je me tiens droite, dans mes appartements, seule. Elrich me manque, le son de sa respiration, les pages d’un livre qui se tourne. Avec lui, le silence prenait une forme plus paisible que celui présent, il était de bonne compagnie, ce soir, il me glace le sang.

Le corps cintré dans une robe d’intérieur, je n’ai pas l’air d’une chiffonnière, bien au contraire, le tissu brodé est noir, tout comme le tissu des jupons, je porte le deuil de mon époux et de cet enfant dont je ne saurais pas plus que sa présence furtive. Mon cœur est meurtri, comment ne pourrait-il l’être, mais je suis incapable de pleurer.
Pleurer ne me fera pas avancer, je ne sais pas le faire de toutes manières, peut-être que je suis forte ou sans cœur, mais je suis ainsi. Posant le verre de bourbon que je tiens entre mes mains, je ne suis pas ivre, mais je ne peux nier que ce n’est pas mon premier verre, les pieds nus, je me dirige vers un des passages secrets de ma chambre.

L’ouverture du couloir laisse venir à moi un air froid, comme le souffle mortuaire d’un fantôme, faisant bouger quelques mèches échappées de ma coiffure. Je ne devrais pas quitter ma chambre, Elrich sera enterré dans quelques jours, je ne suis pas au sommet de ma fort et je saigne encore. Les morceaux de coton retiennent entre mes cuisses la mort d’un petit être, je sens parfois une chaleur soudaine, souvenir d’une vie arrachée et je sens mon ventre se tordre.

M’arrêtant un instant, je devrais rester allonger, le médecin Impérial ne sait rien, je préfère, Elena seulement au courant, je préfère porter ce poids en solitaire, il n’est pas nécessaire que Hélène, ou mon frère,ou je ne sais qui soit au courant. Surtout Hélène, elle me ferait une viole de cet évènement et je devrais être méchante…je n’aime pas lui faire du mal. Elle m’y pousse toujours…

Je me retrouve à descendre des marches après avoir suivi mon couloir, le corps d’Elrich est exposé dans la chapelle Impériale, surveillés par les gardes, veiller par les cierges, je ne peux pas me résoudre à le laisser tout seul, je suis fatiguée, mais je ne peux pas. Ni avec une inconnue, Everard n’y est peut-etre pas vu l’heure, la nuit est tant avancée, que lorsque l’horloge lointaine sonne 3h, je redresse la tête, poussant la porte du passage qui grince dans un chuchotement belliqueux.

Mon visage éclairé par les flammes tremblantes des bougies, mes pupilles glissent et mon corps d’un sursaut recule, sous le regard d’acier de mon époux…

-Everard ! C’est vous ! Vous m’avez fait peur !

Pas un hurlement, seulement un mouvement de recul, posant ma main sur mon cœur, j’inspire et passe une main sur mon visage plus fantomatique que pâle. J’inspire, m’avançant sans attente dans la chapelle, me rapprochant du cadavre sans vie de l’homme que j’ai appris à aimer, peu m’importe le regard de son frère.

-Vous étiez avec lui…je craignais qu’il soit seul à cette heure-ci. Je dépose un baiser sur le front du cadavre, pas de lèvre teinte, je suis en deuil, et arrange ses cheveux d’un autre geste. Nous pouvons le veiller ensembles.

Et s’il ne veut pas, je doute que ce soit moi qui m’en aille, mais il le sait bien certainement cela, je n’ai pas envie pourtant de me battre cette nuit, je n’ai pas sommeil, je n’ai pas envie de rester seule, alors …. Nous devons bien faire un effort en son souvenir, demain les courtisans viendront rendre des hommages faux, jusqu’à son enterrement dans deux jours, alors, jje préfère profiter de la nuit avec lui.
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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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MessageSujet: Re: [CLOS]Veillée funèbre Lun 23 Jan 2017 - 9:38
La nuit était belle. Ou du moins, aurait dû être belle, mais à mes yeux, elle n’avait jamais été si glaciale, elle n’avait jamais été aussi froide, aussi noire, tout simplement… mais bon, que voulez-vous, la mort d’un être cher, d’un être si proche… nous étions plus que des frères… et voir son visage si similaire au mien, couché sur la pierre froide au pied de l’autel, ainsi que le voulaient les coutumes étaient étrange… je ne m’attendais pas à ce qu’il parte si tôt… j’avais voué ma vie à le protéger et à l’aider, comme me l’avait ordonné le Premier Intendant et comme me l’avait ordonné mon cœur… et voilà que j’avais la sinistre impression d’avoir failli à tous mes devoirs et ce, quand bien même on aurait pu me dire que je n’aurai rien pu faire, je continuais à avoir l’impression d’avoir failli, aussi étais-je resté près du corps depuis sa découverte ou presque. Seul le médecin impérial avait pu me forcer à me retirer. Et encore juste le temps de me changer et de me rafraichir. Autrement, je n’aurai pas quitté les lieux. Et je ne comptais ni les quitter, ni dormir, ni manger, jusqu’aux obsèques.

Je n’avais pas pleuré. Pas par manque d’envie, mais par manque de larmes. Rectification, je n’avais pas pu pleurer. Aussi m’étais-je plongé dans la prière alors que je commençais à dispenser les divers sacrements pour protéger l’âme de mon frère contre Syhn. Sur un linceul blanc, j’avais arrangé le corps dans une pose digne, uniquement couvert d’un pagne de lin simple. Rien de plus, comme moi. Les rites amethiens obligeaient celui ou celle qui se chargeait de nettoyer le mort de ne pas le vêtir plus que nécessaire. J’en ignorais la raison, mais c’était ainsi. Pour ma part, j’avais simplement les pieds nus, le torse nu, et la taille ceinte d’une sorte de long pagne qui me descendait jusqu’à mi mollet. D’ailleurs je reprenais un nouveau linge immaculé que je trempais dans la large bassine de cuivre qui contenait de l’eau parfumée je l’essorais et je commençais le troisième lavage du corps. Le dernier avant de passer à l’onction sacrée. J’avais déjà cousu ses paupières, ses narines et sa bouche avec du fil le plus fin pour que ce soit le moins apparent possible. De petites boulettes de tissu de la couleur de chair avaient été insérées dans ses oreilles. Ainsi, sur le chemin de son repas nulle vision, nulle odeur, nul bruit ne saurait le détourner du chemin par lequel le mènerait Barod. Il ne resterait plus qu’à marquer après du signe de Sarkemos l’emplacement de son cœur. Mais je ne pouvais pas le faire, il faudrait attendre le matin, que l’impératrice soit présente. Car c’était à l’être aimé – en l’occurrence le conjoint quand il y en avait un – à remettre son âme entre les mains du gardien des morts.

Alors que je lui lavais doucement les jambes, remontant ainsi vers le haut lentement et consciencieusement, je ne pouvais m’empêcher de lui trouver une certaine forme de sérénité. C’était le seul point positif. Pour le reste, sa mort me déchirait le cœur… et quand j’entendis des pas dans la chapelle impériale, je ne levais pas la tête de mon travail longtemps, juste le temps de croiser le regard de l’impératrice… et vu mon travail, je me doutais bien qu’elle ne me tiendrait pas rigueur de ne pas faire de révérence. Je nettoyais le corps de son époux, après tout.

« Je vous prie de m’excuser pour la frayeur Votre Majesté… loin de moi cette intention… mais… j’avais à faire pour le salut de son âme… je vous prie de ne pas prendre ombrage du fait que je n’ai pas attendu n i votre accord, ni votre présence… »

Je lui souris, contrit, et regardais rapidement sa tenue avant de faire la moue. Le noir n’était pas une tenue décente pour un deuil, dans le protectorat d’Ameth. C’était une couleur opposée à cette notion. Le blanc par contre, était parfait... ce qui expliquait la tenue que je portais. D’ailleurs, on pouvait apercevoir à la lumière des cierges que la marque au fer rouge sur mon cour avait été « peinte » en noir pour ressortir davantage. Enfin, je reposais le linge toujours aussi blanc, mais trempé, et le déposais dans une autre cuvette qui en contenait sept ou huit autres. Ils seraient brulés plus tard, une fois le corps brulé lui-même… je comprenais les intentions de son épouse, le veiller était naturel.

« Nous le pouvons, Altesse. Après tout, nulles autres personnes n’étaient plus proches de lui que nous. Par contre, puis-je vous demander de porter ceci, au moins en brassard, s’il vous plait ? »

Je lui tendis l’un des linges blancs. Puis je m’expliquais…

« Par chez nous, c’est le blanc qui est symbole de deuil… je n’oserai jamais vous dicter une autre tenue altesse, les us et coutumes de chacun sont important, et le haut seigneur Ameth n’a jamais été pour que tous abandonnent leurs différences… Il est tolérant, Il accepte, et Il reconnait. Mais je voudrais que vous portiez au moins un brassard blanc, si cela vous sied… par respect pour Elrich… »

Je finissais de lui laver le visage et enfin, j’en avais fini avec les lavages mortuaires. Puis je m’agenouillais près du corps et posais mon front sur son cœur avant de me relever et recommencer deux fois. Voilà pour les rites préliminaires.

« Désirez-vous évoquer le passé, Majesté ? Ou préférez-vous juste prier en ma compagnie ? »


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Veillée funèbre Mar 24 Jan 2017 - 15:54
Il fait si calme ce soir, j’ai l’impression d’entendre nos souffles et le bruit du chiffon que l’on mouille dans le baquet. La teinte imperceptible du bruissement de l’eau. Peu m’importe les règles ce soir, je n’en demande pas en privé je n’en ai pas besoin dans ce cercle restreint, à vrai dire, je ne note même pas cela. L’esprit est trop affilié à la douleur, bien trop proche de la souffrance pour se formaliser de quoi que ce soit.

-Je vous en prie Everard, ce serait moi qui serait mal aisé de vous en tenir rigueur.

Je voudrais sourire, mais je n’y arrive pas, ma peine est lourde, mon cœur est attaché à sa pointe par un petit fil dont on a fixé à l’extrémité un morceau de plomb. Tant de peine…je m’en serais pas cru capable pour un autre, mais il faut croire que je l’aimais plus que je ne le croyais. Je savais mes sentiments, mais je ne connaissais pas leur portée.
Mes jambes me soutiennent sans que je ne sache quelle force les porte, peut-être celle d’Aernia. La Grande Conceptrice a toute mes pensées et Ameth…Ameth a ma reconnaissance. Je veux ainsi aider le voyage de son âme, en suppliant intérieurement Barod et Sarkemos. J’aurais pu en vouloir à Mirai, mais je ne pouvais avoir cette pensée. Elle n’était pas fautive, elle avait pris ce que d’autres lui ont amené…

Sortant de ma contemplation, je redresse la tête en direction de Everard, prenant du bout des doigts le tissu, je n’avais pas oublié les coutumes, mais j’avais tout bonnement pas pu les tenir. Manque de blanc dans ma garde robe, et un corps souffrant et se dissimulant.

-Le chagrin m’a fait oublier les coutumes d’Elrich. Je ramenais le tissu à mon bras que je glissais doucement. Judith n’aura certainement pas oublier pour le jour des obsèques.

Je ne veux pas lui dire que j’ai perdu un enfant, la seule chose qui me rapproche pour une fois d’Everard c’est cette mort et je trouve qu’elle ne peut pas tout arrangée dans notre mutuel incompréhension. Nous ne nous connaissons qu’à peine, malgré ce temps et la seule personne qui nous unissait est morte.

-Je ne sais pas trop Everard, le silence me faire presque peur ce soir.

Il était omniprésent comme un cauchemar fait de réalité, je ne saurais croire qu’il soit si troublant moi qui l’adorait tant parfois.

-Il aurait préféré les prières. Mais nous pouvons faire les deux. L’on raconte l’importance des mots pour protéger le défunt, pour faire fuir Syhn qui pourrait profiter du silence pour se faufiler jusqu’à l’âme…qui essaye de le faire avant que Sarkemos ne l’ait entre ses mains…

Je frissonne. Dans mon enfance, j’étais terrifiée par les histoires de la dévoreuse d’âme que l’on nous racontait. Comment la dévoreuse prenait les âmes, je pensais que l’ame de ma mère avait été dévoré et je le pense encore. Entourant mes bras de mes mains, je suis glacée.

-Nous pouvons réciter sa préférée pour débuter ? Il me l’a enseigné dès nos premières heures d’époux. Je ne peux m’empêcher de sourire cette fois à ce souvenir.Il était heureux que je veuille l’apprendre,comme si je pouvais refuser….

Je chasse le silence de mes paroles,et je me réchauffe, je pense à lui et je me sens bien. Pas heureuse, mais bien, la souffrance partage le bonheur du passé, c’est si simple…


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Veillée funèbre Mer 25 Jan 2017 - 3:03
Le silence règne. Mais il ne règne pas à la manière d’un tyran, comme si nous avions peur de briser le lien avec Elrich et son corps en nous mettant à parler plus de raison, il avait quelque chose de reposant, quelque chose d’apaisant et d’agréable presque – car nul ne saurait attribuer décemment le terme agréable à cette journée ni à celles à venir, au moins dans un premier temps -  , comme une bienveillance divine née  pour soulager la difficile tâche qui m’amenait aujourd’hui, celle de l’enterrement de mon frère… frère pour qui j’aurai donné ma vie, vous vous en doutez bien… et cela ne faisait que remuer le couteau dans la plaie. Je devais veiller sur lui, être son ombre, le seconder, le servir, même d’une certaine manière. Un instrument entre les mains d’un Saint homme… Oui, Elrich avait été un Saint Homme. Nul doute qu’il serait honoré par la Lignée et le Premier Intendant… Nul ne mettrait cela en doute… je ne souris pas plus que l’impératrice. L’heure n’est pas au sourire. Nous veillerions donc ensemble, cela me convenait bien ! La nuit serait moins pénible si quelqu’un veillait à mes côtés. Et ce même si cette personne n’était pas la personne la plus proche que j’ai. Non. Mais c’était la personne la plus proche à part moi d’Elrich… oui, même si cela faisait des années qu’il était marié, nous étions plus proches que son épouse et lui. Ou du moins le pensais-je…

« C’est parce que je me doute que c’est le chagrin qui vous fait oublier que je me suis permis ce rappel, Majesté. »

Oui, ses préférences seraient allées aux prières, c’était une évidence, mais il était un homme attentionné et si cela avait fait plaisir à son frère comme à son épouse de parler d’une ou deux anecdotes… il aurait accepté avec joie, une immense et profonde allégresse même… il était de cette nature-là, assez réservée pour que rien ne transparaisse de sa propre préférence. Mais pendant que nous nous serions raconté des anecdotes, au plus profond de son cœur, il aurait été en prière, à la fois ouvert aux autres, et complètement tourné vers son propre besoin impérieux de prière… il aurait dû rester au fond d’un monastère. Sur le trajet pour venir à Ambrosia, il me l’avait répété tant de fois… au point que j’avais dû lui remettre en têt à coup de claques derrière les oreilles ce qu’il en était du devoir sacré de tout un chacun… moment pénible pour nous deux. Mais heureux, maintenant que j’y repensais…

« Il aurait dit oui tant à la prière qu’aux souvenirs, pour peu que l’un nous ravisse. Mais au final, sans prière il aurait été triste en effet… Et oui, la prière pour lutter contre Syhn… mais ce ne sont pas les mots qui ont du pouvoir, c’est la foi. »

Puis, en silence je récitais pour moi une prière à Ameth avant de finalement commencer à réciter la prière qu’il affectionnait particulièrement. Il s’agissait d’une prière presque enfantine, l’une des premières qu’il avait apprises, mais qui l’avait profondément marqué. Enfin, après un coup d’œil à l’Impératrice, je commençais à déclamer la prière, telle que je l’avais entendue pour la toute première fois.

« Saahar Namar Ur’ten Ameth
Seigneur de la lignée, fils du ciel, fils de la terre
Fils d’homme, fils de Dieu
Rempart contre le mal
Accompagnez-nous-en ce jour
De la naissance du soleil jusqu’à sa mort.
Accompagnez-nous-en cette vie
De la naissance de notre âme jusqu’à notre mort.
Que nous apprenions à Servir, à Guetter, à Obéir,
Que nous acceptions qu’il faille Servir
Que nous comprenions qu’il nous faille Guetter
Que nous nous préparions à Obéir.
Puisse votre retour être imminent. »


Je ne pus m’empêcher d’en rajouter une partie, issue du Livre de la Fin.

« Et je vis la terre se couvrir d’Ombre, de Nuit, et de Terreur. Du ventre de celle-ci fut vomie les douze légions de l’Innommable, êtres difformes, géants, gnomes, créatures de cauchemar. Mais face à elle, le cheval noir se dressera. Après le malheur viendra la félicité. Et après la mort viendra la vie. Les légions de métal entreront en guerre et le bruit des armes retentira pour les siècles et des siècles. A la tête de chaque légion, la lignée sera présente. Et un Saint sera son aide. La mort cessera d’être, et la vie seule sera. Les morts festoieront avec les vivants, et le monde renaitra. »

Puis, je me fendis d’une prière plus personnel.

« Seigner Ameth, père de ma foi, Accompagnez Elrich sur le chemin de sa renaissance, je Vous en supplie, ne laissez pas Syhn l’approcher et donner du cœur à l‘ouvrage à Barod. Puisse-t-il à jamais bénéficier de Votre appui ans Sa veille jusqu’à Votre avènement… Qu’il en soit fait selon Votre Volonté. »

Enfin je respirais plus profondément, comme avec le sens du devoir accompli. Comme soulagez d’un poids.

« Je me souviens que quand il a entendu pour la première fois la prière, et qu’il a fallu que nous l’apprenions, il a ouvert grand les yeux et au lieu de répéter, comme tous les autres, il a demandé pourquoi… j’ai ricané et j’ai pris une bastonnade sans précédent… »
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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Veillée funèbre Jeu 26 Jan 2017 - 15:31
Nous sommes si calmes l’un avec l’autre en cet instant. Il faut que ce soit un évènement regrettable qui nous permette de communiquer. Je ne déteste pas Everard, ni ne l’apprécie plus que de raison, en toute vérité, il est mon beau-frère, de ce simple fait, nous sommes liés. Mais nous n’avons jamais probablement pris le temps de faire plus ample connaissance, Elrich nous réunissait parfois, mais il n’y a jamais eu plus que cela.
Le brassard noué à  mon bras, j’ai envie qu’il parle, que tout s’arrête, que ce cauchemar…je n’ai pas la force d’être en colère, je le serais certainement, mais ma peine s’associe à ma douleur, toute physique de tout cela.

Je souris faiblement, prier, voilà qui aurait comblé Elrich dans tous les moments, même les pires. Je le connaissais pour savoir qu’il aurait donné ce résultat à tout et parfois j’avais dû le retenir de conseiller ce genre de chose en salle de doléance, l’excès de foi est mal pris des membres les plus demandeur du peuple, quand j’avais du lui apprendre, il avait été en désaccord, la Foi est une réponse à tout et une preuve pour les Dieux.
Le débat a été trop long pour le résumer…

M’accommodant au timing d’Everard, je prononce la prière, frémissant parfois quand les teintes de la voix de mon beau-frère se rapproche tant de celle d’Elrich, jusqu’à ce que je ne connaisse plus la suite. Laissant mes lèvres closes, je pose mon front contre celui de mon époux en fermant les yeux, lui communiquant ma tendresse et mon amour.

A sa prière personnelle, je me redresse et l’observe. Je ne suis pas une prêtresse, au contraire, je connais mes classiques et je parle à ma déesse comme étant sa représentante sur cette terre. Mes yeux se détachent enfin du corps pour regarder le frère.

-Je n’arrive pas à vous imaginer ricaner je dois l’avouer.

Je ne l’ai jamais vu que si sérieux, une douleur me vrille le ventre d’un seul coup, mais je me tiens droite, me redressant même pour ne rien laisser paraître. Il est dans ma nature de ne pas vouloir de l’inquiétude des autres.

-Mais je l’imagine bien demander pourquoi. Il avait souvent ce mot à la bouche…au début quand il ne me connaissait pas. Il demandait souvent pourquoi…. Quand j’ai finis par demander pourquoi il voulait savoir tout avec ses pourquoi t il me disait qu’il pourrait finir par devancer chacune de mes attentes pour être un bon époux. J’ai lui ai dis que c’était une brillante idée et que je ferais de même. Cela nous a fait rire. Je crois que c’est à partir de ce moment là que nous nous sommes mis à éprouver de l’affection l’un pour l’autre d’abord.

La seule chose dont il avait du mal était si intime, mais je ne lui en ai jamais voulu, je n’allais pas le bouder pour cela alors que tout le reste allait bien.

-Nous n’avons jamais réellement réussi à nous devancer l’un, l’autre, on a appris a ne pas aimer deviner nos attentes réciproques. Il disait que c’était un de vos meilleurs conseils.

Je sais qu’il parlait beaucoup à son frère, il se vendait parfois, d’autres, il gardait ce lien indéfectible des jumeaux. Je n’en ai jamais été jalouse, je les ai envié parfois,  mais c’était leur lien, comme nous avions le nôtre. La jalousie est hors de ma nature.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Veillée funèbre Ven 27 Jan 2017 - 4:18
La prière préférée de mon frère a été dite. Plus encore, même, car j’en ai rajouté une petite couche. Je ne pouvais pas m’en empêcher, mais qui m’en voudrai. Je savais que mon frère serait parmi les saints, pour moi, il ne faisait aucun doute qu’il aurait fini par devenir le Premier Intendant… et il n’aurait jamais cette chance. Ou ce fardeau. Je ne savais pas trop. Avant sa mort, je trouvais mon frère plus vieilli que moi… alors que c’était moi qui aurais dû me faire des cheveux blancs pour lui… mais étant son confesseur, je savais pertinemment pourquoi il s’en faisait. Pour lui, être prieur revenait à être berger. Et il se souciait tant de chaque brebis qui s’éloignait d’Ameth que de ne pas voir Ameth adoré partout, ne pas voir Ameth être adoré comme il se devait par sa propre épouse, le minait. Quand bien même il savait qu’il ne pouvait forcer qui que ce soit à croire sincèrement. Souvent il m’avait parlé de son doute d’être à la hauteur. Des doutes qu’il n’avait que peu partagés avec son épouse. Elle avait d’autres soucis en tête, et cela se comprenait. D’autant plus que ces histoires de religion ne regardaient que modérément son épouse, et me regardaient davantage qu’elle.

Enfin bref, je souris, bien que faiblement à sa remarque sur le fait qu’elle me voyait difficilement ricaner… mais bon, en même temps, ici, le travail était un fardeau si lourd que le rire n’était pas mon fort. De plus, n’aimant que peu les plaisirs de l’alcool – ou alors avec une extrême modération – et préférant la vie plus austère que la moyenne, je ne brillais que peu dans la société pour mes facéties. Je ne laissais pas cela continuer outre mesure. Je haussais donc les épaules. Ne sachant pas quoi répondre. De toute façon, elle ne s’attendait pas à une réponse, ou du moins si peu. La preuve, elle continuait à parler. Elle avait besoin de parler, pour se sentir mieux, et qui de mieux pour cela que moi, qui confessais mon frère ? Je me souvenais des conseils que je lui avais donnés. De chacun. Et devancer ses envies étaient l’un d’eux. Ou presque ! en fait il avait mal interprété le premier conseil en la matière que je lui avais donné. Je connaissais la diplomatie et son art sur le bout des doigts, et je lui avais donné un échantillon en cela.

« En réalité, Majesté, ce n‘était pas cela, le conseil que je lui avais donné. Il m’avait demandé ce qu’il devrait faire pour que cela se passe bien dans votre couple, une fois votre époux. Ce à quoi je lui avais juste répondu que je n’en savais rien… mais qu’en diplomatie, comprendre par avance les attentes de l’autre, c’était un bon pas vers l’entente… Je crois que c’était l’une de ses plus grandes qualités, il savait écouter les conseils, à défaut de retenir ce qu’ils sont et pas juste des morceaux…. Bien qu’il les oublie parfois un peu vite tant il était dans son monde… »

Oui, un saint homme mais qui avait ses défauts tout de même. Sinon, ce ne serait pas un homme… et puis bon, une sacrée tête de lard aussi quand il s’y mettait celui-là. Mais pas la tête de lard qui fonce sans réfléchir, non. La tête de lard qui vous trouve l’argument qui vous fait fléchir et parvenant même à vous donner l’impression que vous étiez à l’origine de ladite idée. Un meneur qui savait inspirer les gens…

« Dans tous les cas, je ne sais pas s’il vous l’a dit, mais j’étais son confesseur. Je n’ignorais rien de sa vie, de ses doutes, de ses rêves. A ses doutes, nous trouvions des réponses, ou des pistes. A ses rêves, nous trouvions des moyens de l’atteindre. Aussi, si vous le désirez, sachez que je suis à votre disposition pour remplir ce même rôle. Je suis sûr qu’il l’aurait voulu ainsi… »

Une proposition sensée quand on connaissait mon frère, vous en doutez bien.

« Il y a des choses dont nous devrions parler, Majesté, des choses que nous repousserons jusqu’à la fin des obsèques mais que nous ne pouvons pas différer. J’ai prévenu Nemar Wyross, le Premier Intendant pour les consignes à ce sujet. Agréez-vous à ce que je reçoive les directives du supérieur de mon ordre à ce sujet ? Ce sera l’affaire d’un jour, deux tout au plus… Peut-être voudra-t-il présider lui-même à la cérémonie… ce serait un honneur que de le voir se déplacer. Surtout à son âge. Mais mon oncle avait les plus grands projets pour lui, alors qui sait… »

Je lui souris avec douceur avant de lui dire sur un ton beaucoup plus bas.

« Dès son plus jeune âge, Elrich a toujours montré les meilleures dispositions… avec le temps il aurait sans doute été Premier Intendant lui-même… moi je n’ai jamais été qu’une ombre. Mais ça m’allait bien. Et même en venant ici, je n’ai été que l’ombre de mon frère. Le soutenant, le suppléant parfois, ou encore le conseillant. Ne vous méprenez pas, cela m’allait parfaitement. Un duo étrange sans doute, chacun à ses compétences… un jour, il m’a demandé si je n’avais jamais envié son poste… et quand, je répondis que oui, il a souri, a eu un geste de dénégation de la tête, et m’a répondu qu’il fallait être un crétin fini pour désirer occuper le devant de la scène, pour vouloir le pouvoir… et sans trop savoir comment je me suis retrouvé à faire pénitence pendant un an, et à m’en vouloir d’avoir jamais osé pensé des absurdités pareil… et en le voyant au fil des ans, j’ai compris à quel point il avait raison… il n’a jamais aimé commandé, ni même diriger une Eglise… mais sans doute était-ce ce pourquoi on l’appréciait autant… »
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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Veillée funèbre Sam 28 Jan 2017 - 23:13
Je ne réponds pas immédiatement quand il prend la parole. Elrich me manque, je ne sais pas qui a mener tout cela, mais ce quelqu’un paiera, très cher, et je serais certainement plus froide que l’on ne peut m’imaginer. Bien entendu, je suis l’Impératrice de Vapeur, je dois mesurer mes actes, mais celui-là…je ne promets rien.
Etrangement, plus il parle, plus mes yeux deviennent chauds, et ma vision se trouble, je ferme mes paupières, une larme coule sur ma joue, je ne me sens pas bien, mais je ne veux pas le montrer. On dit que les humeurs des femmes les rendent faibles,est-ce le cas ? Je viens de perdre mon époux, je suis en train de finir de perdre ce qui prouvait la présence d’un enfant dans mes entrailles, je crois que je peux être un peu fatiguée.

Inspirant, je reprends contenance, j’ai détourné le regard, pour dissimuler cette joue souillée et je reste un peu silencieuse.

-Il en sera fait selon le culte d’Elrich, nous devrons par principe partir du palais à pied jusqu’au temple d’Aernia, et de continuer la procession jusqu’au temple d’Ameth. Vous prendrez vos consignes et vous me ferez part de ce que décidera votre oncle. Il n’y a nulle personne mieux placer que vous pour faire comme Elrich le voulait.

Je n’arrive pas à croire que je dis cela, mais il le faut. Nous devions respecter Aernia car la capitale est sa citée et que nous nous sommes mariés dans son temple, elle a pris Elrich sous son regard, je ne veux pas faire d’offense à ma déesse. Les règles des Dieux sont strictes et il est d’importance de le respecter.
Je soupire et lui souris avec faiblesse, mes lèvres sont pales aussi maintenant, ma main vient saisit le rebord de l’autel, comme pour me soutenir. Ce qui est le cas, mais par orgeuil, je ne laisse pas les choses penser que je suis amoindrie, pourtant….

-Parfois, je me dis qu’il n’aurait pas pu y avoir d’homme plus fait pour moi que lui…et plus vous me raconter tout cela, plus mon cœur sait que j’ai perdu un grand Amour de ma vie. Oh, il n’était pas parfait notre amour, pas comme les romantiques le décrivent, mais Aernia et Ameth nous ont mis sur le chemin l’un de l’autre….

C’est ce que je me suis toujours dis, nos Dieux nous avaient guidés l’un vers l’autre, vers qui d’autre Aernia m’aurait emmené si ce n’est lui après tout ? J’ai été heureuse, et quelqu’un guidé par l’Innomable a mis fin à cela…que son monstre de protecteur le cache bien de moi, je serais sans pitié.

-Et heureusement que c’était lui, nous aurions eu beaucoup de mal à nous entendre, vous et moi.

Cela aurait pu arriver, mais non. Elrich avait été choisi des deux, et tout avait été parfait.

-Elrich pensait que je ne vous appréciais pas, mais il se trompait. Je ne peux déprécier quelqu’un que je connais peu et que je n’ai jamais réussi à connaître vraiment. Le pire c’est que je n’aurais pas souhaité que ce soit sa mort qui me fasse vous faire part de cela…

Je veux être sincère, comme Elrich m’a appris. Il aurait aimé que je me force un peu plus comme cela de son vivant et je disais toujours oui sans le faire. Mais je dois honorer sa mémoire ce soir et déjà, partager la préparation du corps, alors que nous sommes presque des inconnus…c’est une chose.

Je déglutis et cherche du regard un siège, me soutenant au bord de l’autel, gardant toujours mon orgueil de puissante en première ligne, je ne veux pas chuter devant lui.


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Veillée funèbre Dim 29 Jan 2017 - 11:55
Je cillais silencieusement en l’entendant dire qu’il en serait fait selon le culte d’Elrich. Non pas selon le culte d’Elrich, selon la Volonté d’Ameth, plus simplement. Mais ce n’était ni le lieu ni l’heure de relever cela ! Je ne cherchais pas le conflit, et encore moins un quelconque problème… enfin bon, de toute manière, le Premier Intendant me communiquerait les protocoles à appliquer et hurlerait vengeance. C’était certain ! Je posais la main sur la joue sans vie de mon frère, et je me tus, attendant la suite des évènements avec une certaine expectative. A vraie dire, je lui avais donné toute les cartes en main… je ne pouvais rien faire de plus. Et parfois, le silence invitait à la parole. Et elle avait – c’était visible - besoin de parler autant que de se taire… je la regardais alors, guettant un signe de bouleversement supplémentaire… elle était bouleversée, c’était évident. Mais je cherchais un signe que cela empirait peut-être, même si le protocole, l’étiquette, n’aimait pas qu’on la dévisage…

Je l’écoute, je continue à l’écouter, à la suivre, à l’entendre, à suivre le fil de ses propos avec ce que je sais et qu’elle ignore que je sais, tout bêtement. Mais bon, je restais silencieux, avec un léger sourire que je voulais rassurant… j’attendis donc de voir comment ça allait se passer. On verrait bien… et elle continuait de parler. Alors je l’écoutais parler, expliquer comment elle voyait les choses. J’opinais du chef.

« Je comprends. Il me parlait souvent de votre relation, une union bien plus profonde que ce que je pouvais imaginer, alors je vois bien ce que vous voulez dire… d’une certaine manière, nous avons tout d’eux perdu « l’homme de notre vie » ... d’une certaine manière… oui, je sais que c’est un calembour ridicule, mais ce n’est pas loin de la vérité… Les dieux ont décidé de vous réunir – et nos parents aussi, accessoirement - et ce fut une belle chose. »

Je me permis alors un petit geste très délicat, posant très brièvement ma main sur celle de l’impératrice alors qu’elle continuait à parler, parlant de notre propre relation, de la difficulté inhérente à celle-ci et je haussais les épaules avant de comprendre ce qu’elle disait… oui, Elrich me disait souvent de faire un effort, et cet effort je le faisais mais les seuls vrais contacts avec elle étaient ceux que j’avais eu dans sa chambre à coucher, quand elle pensait que c’était Elrich… enfin bon, je pensais que nous pouvions nous entendre, pour passer plus de temps ensemble, cela suffirait…

« Je pense qu’il nous aurait juste fallu que nous prenions le temps de nous apprivoiser. Elrich aurait voulu que nous passions des moments ensemble pour que nous nous entendions bien. Il était persuadé que c’était possible… c’est peut-être tout ce qu’il nous a manqué pour mieux nous entendre. Peut-être devrions tacher d’être plus amicaux et moins « cordiaux ». En son souvenir ? »

Oui, c’était une idée qui lui tenait à cœur, alors nous devrions peut-être en discuter ? Nous devrions peut-être nous y tenir ? Je ne savais pas du tout… mais c’était une idée à creuser, logiquement. La voyant un peu faible, je ne plus me résoudre à la laisser debout ou accroupie. Le corps étant au sol, je m’asseyais en tailleurs par terre. Et je lui faisais, d’un geste, signe de se mettre au sol avec moi.

« Si vous restez toute la nuit avec moi, puis-je vous conseiller de vous asseoir à mes côtés ? »

Je restais silencieux avant de laisser échapper malgré moi.

« Surtout dans votre état… »
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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [CLOS]Veillée funèbre Dim 29 Jan 2017 - 14:49
-Etat…quel état…il n’y a plus d’état.

Sont les mots que je murmure en gardant une dignité difficile. Je ne suis pas dupe, au contraire, il ne m’a pas proposé d’aide et d’une certaine manière, tout cela me touche, je le reconnais. Il n’a pas montré sa force masculine, ni fait le héros, ce que j’exècre.

Je suis à bout de force et je m’assois. Pourquoi ne suis-je pas étonné qu’il sache ? Parce qu’Elrich parlait à son frère et que je lui avais demandé s’il allait lui dire. Il m’avait dit non, mais son regard disait oui. Je ne lui en veux pas, je sais qu’il ne pouvait en être autre.

-En son souvenir, nous pouvons tout faire Everard, absolument tout. Même nous permettre de nous appeler, dans l’intimité, par nos prénoms.

Je ferme les yeux, ma respiration lourde, j’essaye de maîtriser le pic de douleur qui me vrille le bas-ventre, je ne pensais pas qu’une si petite vie naissante, puisse faire aussi mal à partir.

-Je savais qu’il vous en parlerait, je l’ai vu à son regard, il m’a promis que non, cela devait être notre secret, jusqu’au trois mois, mais je le savais…

Je ne suis pas en colère, non, juste je le savais. La douleur passe, j’ouvre le regard, restant à fixer droit devant moi, je murmure.

-Vous devez vous taire. Mais le jour où Elrich a été empoisonné, je l’ai été aussi. Quelqu’un était au courant en plus de nous deux, je ne sais pas qui, mais quelqu’un l’est. On ne m’a pas tué, on m’a donner les herbes nécessaires pour perdre l’enfant. Je perds mon époux et notre enfant, mais il ne faut pas divulguer cela.

Je détourne le regard sur Everard, fierté obsédante sur mes traits, il peut juger s’il veut, peu m’importe.

-Si c’est une personne de mon cercle, vu l’état de mes draps, elle sait. Mais personne n’est au courant et cela doit rester ainsi, je saurais qui a parlé, nous ne sommes que trois au courant.

Ma pupille semble irradier, je le fixe. Il ne peut peut-être pas comprendre pourquoi je refuse d’en parler, il y a beaucoup de raison, mais une m’est personnelle. Je ne veux pas de compassion, pas supporter les énervements du Protectorat, et tout autre, c’est assez difficile à supporter pour les gérer tous


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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS]Veillée funèbre Dim 29 Jan 2017 - 17:38
A on murmure je hochais à peine la tête… certes, je le savais, mais je ne voulais pas appuyer là où cela faisait mal… Elena m’avait raconté cela entre deux portes, au creux de l’oreille, juste au cas où… et je l’en avais remercié. Cela montrait à quel point elle avait besoin de voir son mari, même défunt, car l’impératrice aurait dû rester au lit, ou au moins se reposer. Ce qu’elle ne faisait bien évidemment pas ! Mais bon, je ne comptais pas la rappeler à l’ordre. Elle n’avait pas besoin de cela, elle avait besoin juste que je sois là, maintenant, sans forcément de raison, ou sans forcément que j’exprime un sentiment particulier. Je lui avais exprimé mon soutien. Elle ne voulait rien de plus. La compassion, c’était bon pour ceux qui ne comprenaient rien, et jouer la carte du rassurement n’était pas non plus une bonne idée. Elle ne voulait ni être rassurée, ni voir quelqu’un compatir. Elle voulait juste voir de la compréhension réelle. Tout simplement. Et je pensais être en mesure d’apporter cela ! Parce que oui, je comprenais, j’avais perdu, moi aussi un être très cher…

« Oui, nous pouvons essayer de nous appeler par nos prénoms, même si je reconnais que cela ne va pas être simple... Lilith… de même que nous devrions nous forcer à ménager un moment à partager ensemble, oh, pas tous les jours, mais à intervalle régulier, ne pensez-vous pas ? »

Oui, l’appeler ainsi m’avait fait étrange dans la bouche, comme si ce n’était pas vraiment normal… d’ailleurs mon hésitation avait été plus qu’évidente sur le sujet du prénom. Tellement habitué que j’en étais à lui donner du « Votre Majesté » ou du « Votre Altesse » à tout va… mais bon, les choses changeaient. Parfois en mieux, parfois en pire. Difficile à dire en fait pour cette fois-ci. Je serais bien parti sur du pire, mais je préférais attendre de voir ce que cela donnerait !

« Comme je vous l’ai dit, j’étais son confesseur comme il était le mien, aussi je n’ignore rien, je pense... mais je suis tenu, pour cela au secret divin de la confession, quant à nos conversations… je suis venu ici pour être son ombre, pour le protéger, aussi tout savoir était et reste mon travail… même si je me doute que vous n’aimez pas l’idée que je puisse en savoir aussi long qu’il en savait !Mais rassurez-vous, je ne dirais rien et je serai muet comme une tombe… vous pouvez compter sur ma discrétion autant que sur ma loyauté. Je resterai fidèle aux idées de mon frère… »

Quand elle détailla la situation je me contentais d’opiner du chef. Je savais bien sur tout cela, tout comme je devais me retenir de lui dire quelque chose là-dessus, comme quoi je savais et par qui, mais mes agents devaient rester secrets, même pour elle. Ainsi, on ne pourrait rien lui imputer en cas de bévue ou de découverte de tel ou tel agent. Et plus encore, cloisonner l’information était la meilleure solution… je soupirais profondément avant de finalement me décider à parler de manière intelligente.

« Si je puis me permettre, si vous avez encore l’origine de l’empoisonnement, mademoiselle Spina pourrait reconnaitre la source…. C’est une jeune femme compétence et en qui j’ai une très grande confiance... je dirais qu’il y a peu de personnes en qui j’ai autant confiance dans le pays… et si vous êtes d’accord j’aimerai qu’elle examine juste rapidement le corps… au cas où elle repère quelque chose que le médecin de la cour n’aurait pas trouvé… qu’en pensez-vous ? Une quatrième personne ne fera pas de tort. Surtout qu’elle sera, pour l’avoir eu comme pupille, muette comme une tombe… Le ferez-vous, Lilith ? Pour moi s’il vous plait… vous ne serez sans doute pas déçue… vous et moi n’avons rien à perdre ! »

La question était logique, et ainsi, je montrais qu’elle pouvait avoir, selon moi, confiance en Elena Spina… et puis de toute façon, la seule façon de garder un secret était de ne jamais le divulguer ? Parler de quelque chose à une personne comme étant un secret était déjà en parler à une personne de trop selon moi. Pour garder un secret, il n’y a besoin que d’une personne, après tout… mais bon… dans tous les cas je rajoutais, comme pour me rassurer moi-même…

« Mais sachez que je n’aurai aucun repos tant qu’il n’y aura pas eu de singuliers éclaircissements sur la situation. Le coupable payera… j’en ai fait le serment d’Ameth… je ne lâcherai rien ni personne tant que je n’aurai pas fait justice, quitte à devoir le faire moi-même ! »

La colère ravagea mes traits avant de me radoucir et de, doucement, sans plus rien dire, je laissais aller dans le silence, et, une fois celui-ci installé, je tournais le visage vers ma comparse de veille et je prenais sa main dans la mienne pour la serrer tendrement, comme pour insuffler du courage en toute discrétion…


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