Les Chroniques d'AmbrosiaConnexion

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Sujet: Ne pas aimer les petits ragots de courtisans [Daphnée] Dim 10 Fév 2019 - 18:40
Emily de Brez angoisse, la rumeur n’en est pas une, son mari ne saurait tarder à venir à la capitale, pour les jeux. Elle angoisse pour plusieurs raisons, jamais vraiment plaisantes, toutes un peu différentes. Revoir un homme qu’elle n’aime pas, montrer de quoi elle est capable, s’assurer de ne pas faire d’erreur, bref, beaucoup trop de chose qui ne l’aide pas. Son cœur comme son esprit sont bien trop agités, préoccupé pour prendre attention aux rumeurs des autres demoiselles de la cour. Emily a de toutes façons beaucoup d’autres choses à apprendre ou comprendre, surtout, pour réussir à faire quoi que ce soit. Les gens s’agitent beaucoup trop autours d’elle, ce qui lui donne déjà assez chaud en plus du temps plus que clément qui s’installe à la capitale.

Emily ne connait que des étés frais, agréable, où l’on porte une veste en fin de journée pour ne pas avoir froid, ici, le soleil vient brutalement chauffer la matinée de ses rayons et que dire du temps à midi. La cour parait apprécier ce changement qui les rends d’humeurs élégante, à moins que cela ne soit l’annonce des jeux qui arrivent, l’un ou l’autre, Emily se fond à peine dans le paysage et pense plutôt à tout ce qui va se tramer pour elle bientôt, de quoi occuper largement son esprit en plus des cours de politique, de maintien, de diction etc etc…entourée de jeune pupille s’exerçant à l’art de cour, eskroises de bonne famille, elle se sent un peu absente et mal à sa place, l’envie de partir et d’aller chevaucher ou bien se baigner lui est bien plus plaisant que tout le reste, et elle donnerait volontiers sa place à n’importe qui plutôt que de rester là.

Sortant de son absence, assez soudainement, elle observe une de ses « amies » qui semble avoir voulu attirer son attention, Emily sourit en coin, perplexe et hoche la tête sans savoir trop à quoi elle a répondu. Rien de bien important visiblement car les jeunes femmes se mettent à chuchoter à l’apparition d’une belle jeune femme à la maigreur affichée et aux beaux cheveux blonds. On marmone son surnom un peu comme une insulte et Emily fronce les sourcils. A vrai dire, elle ignore encore les rumeurs au sujet de la promesse d’épousailles avec son tuteur, elle ne sait pas qui est cette jeune femme, mais les moqueries ne sont pas de son humeur, et plutôt que de rester à cancaner comme une petite peste de pie, elle se relève et s’excuse. Prête à s’en aller, elle réalise connaître le nom de la dame pour une excellente raison, et quand cela lui vient, elle reste un peu hésitante avant de se décider…

D’un pas, Emily s’avance, dans sa robe « royale » au corsetage brun, elle sourit un peu maladroitement, mais finit par prendre son courage à deux mains. Elle se rappelle toutes les précisions de politesse d’approche de Nemrod, consciente de sa potentielle maladresse, elle parvient pour autant à se rapprocher de la dame.

«Mademoiselle Samabartel, il m’est fort agréable de croiser votre route. Permettez-moi de me présenter, sa majesté Emily de Brez. Je tenais à vous rencontrer, je suis, une grande amatrice de fourrure. »

Elle ne peut se revendiquer trop grossièrement dans la fourrure, elle est désormias une chichiteuse, mais la fourrure est fierté de son pays, non qu’elle soit commerçante, mais les fourrures de Thorm sont un produit de luxe. Et elle s’y connait un peu dans tout cela…


Sujet: Re: Ne pas aimer les petits ragots de courtisans [Daphnée] Lun 18 Fév 2019 - 20:38
Les regards la dévisageaient quand les murmures chantaient sous ses pas. D’un couloir à l’autre, la jeune Raclusienne semblait tant découvrir la remarquable demeure impériale autant que les Serpents qui y vivaient. Et elle semblait être tombée dans un véritable panier de vipères, leur langue fourchue venant chatouiller ses joues blafardes que le soleil, jamais ne saurait teindre d’un doux hâle. Tâchant de rester droite, de les ignorer, elle entendait pourtant ce sobriquet qu’on lui offrait, détestable surnom morbide annonciateur de malheur plus grand. La Dame au Glas. Fermant ses paupières un court instant, elle retint un soupir qui trahirait l’atteinte que de tels mots pouvaient avoir sur elle.

Cela faisait maintenant une bonne dizaine de jours qu’elle était arrivée à Ambrosia. Chaque jour était une épreuve nouvelle où elle devait s’acclimater autant que tenir la place qui était la sienne. Fiancée. Le mot lui était étranger autant qu’il semblait lui être collé à la peau, le nombre de fois qu’elle ait pu le porter défiant bien des records. Pour la septième fois, elle se retrouvée l’obligée d’un homme qui, en plus d’être issu d’un rang bien supérieur au sien, avait une quarantaine d’années de plus qu’elle. Cette première rencontre avec celui qui, normalement, deviendrait son mari, c’était faite de manière bien protocolaire, respectant l’intégrité des deux partis, échangeant sur des choses tant banales qu’il semblait difficile à la jeune femme de s’aventurer dans des sujets divers avec un homme qui semblait ne rien avoir en commun avec elle. Son esprit se faisait d’aventures imaginaires quand lui était si terre-à-terre, tant à cheval sur sa position et son rôle politique. Comment pourraient-ils seulement s’entendre un jour ? Parleraient-ils encore seulement ensemble d’ici leurs noces ? Elle n’en avait pas la moindre idée et toutes ces questions lui faisaient peur.

La solitude l’enveloppait avec un égoïsme non caché, les âmes osant venir lui parler se faisant bien rares pour ne pas dire fantomatiques. Daphnée était seule, perdue, n’osant pas même s’approcher de quiconque, de peur de mal agir, d’avoir une parole déplacée qui ne saurait que lui porter préjudice et risquait de ternir sa réputation, qu’elle avait déjà bien mauvaise à cause de ces quelques rumeurs qui l’avaient accompagnée jusqu’à la capitale d’un autre royaume. Alors, elle jouait ce jeu. Reine de la Mort, elle serait s’il le lui demandait. Ayant renoncé à ses atours clairs, affichant l’innocence et la candeur de son être, elle s’était à nouveau vêtue de noir. Un bustier couvrait son torse, soulignant sa taille bien maigre, réhaussant la frêle poitrine d’un balconnet savamment inventé. Le tissu était beau, soigné. Le bas du bustier était orné de plumes, celles de corbeaux, permettant de fondre plus facilement la jupe tout aussi sombre, mousseline légère à demi transparente. La chaleur, elle ne la supportait pas, forçant ses vêtements à sembler bien léger contrairement à d’autres, mais c’était ainsi quand on venait d’un froid polaire. Des bottes en cuir noir, lacées tout le long, surélevées par un léger talon, faisait de chacun de ses pas un claquement léger, annonçant sa venue. Ses longs cheveux d’argent avaient été peignés avec soin, reposant sur ses épaules dans une cascade hypnotique, encadrant son visage de quelques mèches portées plus en avant. Un diadème prenait place dans ses cheveux, orné lui aussi d’un plus de corbeau qui reposait dans sa chevelure, comme posé là, au milieu de l’immaculée cascade.

Entrant dans une pièce plus large où les jeux se déroulaient habituellement, elle sentit un léger silence se faire sous sa simple présence. Pinçant délicatement les lèvres, les mains jointes devant son ventre, elle les dévisagea tous, autant qu’ils étaient, d’un air légèrement supérieur, les défiant presque de l’appeler par ce surnom terrible maintenant. Pourtant, nul ne vint à sa rencontre et les choses reprirent leur cours. Un instant, elle songea à quitter les lieux aussi rapidement qu’elle était venue, mais son regard fut attiré par une chevelure flamboyante. Une jeune femme semblait s’avancer vers elle et, Daphnée, décontenancée autant surprise, fit un léger pas en arrière, comme pour être sûre qu’il s’agissait bien d’elle qui était visée. Ses pupilles océanes se posèrent alors sur cette étrangère qui s’avança, n’ayant aucune peur quant aux présentations, à la prise de paroles. Emily de Brez. Le nom lui évoquait quelque chose, oui… Mais elle était incapable de se souvenir où elle avait pu l’entendre la première fois. Sa Majesté. Ah… Daphnée sentit son sang faire un tour, s’inclinant alors rapidement au-devant de la jeune femme avec le respect qu’elle devait à son rang. « Oh, votre Altesse, l’honneur de cette rencontre me revient, d’autant plus que vous semblez me connaître… Veuillez me pardonner cependant, je ne suis guère encore familière avec les noms de tous les membres de la Cour, même si le vôtre me semble familier… Si vous connaissez les fourrures qui ont fait la fierté de ma famille, peut-être êtes-vous une cliente de choix de mes parents… ? » La curiostié était un vilain défaut, quoiqu’il fallait être un âne pour ne pas voir la mine contrite de Daphnée, ses sourcils froncés s’interrogeant autant que ses iris vibrantes cherchaient à garder sous contrôle toute la situation. Ses doigts s’étaient refermés sur le tissu de la jupe, jouant nerveusement avec tandis que les regards se posaient un peu plus sur ces deux jeunes femmes, curieux d’une telle rencontre.


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