Les Chroniques d'AmbrosiaConnexion

L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith]

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Sujet: L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] 1545043444-icon-minipostedVen 15 Fév 2019 - 14:46
Qu’il était dur de s’acclimater. Voilà quelques jours que Daphnée était arrivée au sein de la capitale du royaume de Vapeur et, pourtant, il lui semblait que l’air y était irrespirable, étouffant. L’eau à son état gazeux était omniprésente dans l’air et rendait l’atmosphère bien moins supportable pour la Raclusienne qui, certes venue de terres glacées, n’était pas habituée à l’humidité ambiante. L’air de ses îles était sec, pas chargé d’un brouillard invisible qui venait encombrer ses bronches. La jeune blonde avait l’impression de tousser un peu plus chaque jour. On lui avait pourtant assuré que les choses changeraient, que son corps finirait par s’habituer, comme la première fois qu’elle était venue à Ambrosia, mais cela lui semblait éternellement long. Assise devant la petite coiffeuse de sa chambre, une jeune femme s’occupait de coiffer sa longue chevelure argentée, la remontant gracieusement en un chignon maîtrisé orné d’un petit diadème argenté. Vêtue d’une robe aux couleurs qui étaient les siennes, le blanc et l’azur, elle surveillait attentivement la mise en plis de ses cheveux immaculés. L’heure n’était plus à simplement faire face à la Cour, l’heure était venue pour elle de rencontre l’Impératrice.

Quelques jours plus tôt, elle avait été cordialement invitée à rejoindre son Altesse Impériale pour un thé en sa compagnie. La jeune Raclusienne, au-delà de l’honneur que cela représentait, fut tentée de refuser. Elle n’avait rien de la grâce que pouvait avoir la compagnie de l’Impératrice. Les convenances, la politesse… Elle avait bien entendu reçu une éducation stricte et en adéquation avec les ambitions de ses parents, mais elle était soudainement intimidée par toutes ces circonstances. Non seulement elle allait se retrouver en la compagnie de la femme la plus haut-placée du nouveau monde, mais en plus, elle était destinée à épouser son oncle. Voilà qui ne pouvait que la pousser dans ses retranchements les mieux construits. Et pourtant, l’honneur était tel que, malgré la peur, elle ne pouvait se résoudre à refuser. Alors elle avait soigné les apparences, s’apprêtant pour l’événement, passant une longue partie de la journée à réfléchir à la meilleure manière de paraître pour ne pas sembler trop ridicule.

Poussant un énième soupir, elle finit par adresser un geste de la main à la jeune femme qui était là, la congédiant de ce fait. Bijoux, vêtement, coiffure… Tout avait été calculé pour la jeune femme qui avait quasiment son âge. Quelques coups furent frappés à sa porte et la Majordome de sa Majesté s’annonça à travers le battant. D’un hochement de tête, elle confirma l’entrée de l’homme, se levant du petit tabouret rembourré sur lequel elle se trouvait. Tout sourire, ce fut derrière une mine réjouie qu’elle dissimula sa peur. « Je suis prête. » Et alors, elle suivit cet homme droit et âgé. Plus âgé que son futur époux ? La question lui vint en tête. Elle avait assez surprise de découvrir que celui qu’elle allait épouser avait un âge plus qu’avancer, ce qui ne faisait que pousser ses craintes à être plus fortes encore quant à la mort presque providentielle qui semblait l’attendre…

A travers les couloirs, quittant le troisième étage où on lui avait généreusement offert une chambre dans l’attente des célébrations qui ferait d’elle la tante par alliance de sa Majesté, elle fut conduite dans les jardins. Regrettant presque l’absence de son ombrelle, elle prenait garde à chaque pas qu’elle posait par terre, se redressant, essayant de relâcher ses épaules tout en gardant un port de tête altier. Et finalement, elle aperçut celle qu’elle venait rencontrer. Prenant une longue inspiration, le majordome s’avança jusqu’à l’impératrice pour l’annoncer. Daphnée Samabartel, fiancée de son oncle. Elle n’avait nul autre titre si ce n’était d’être née en ligue Raclusienne et avoir des parents plutôt durs en affaire. Se présentant devant la jeune femme qui semblait lui être entièrement opposée, elle s’inclina avec respect dans une révérence légère. « Votre Majestée, c’est un honneur de vous rencontrer. » Elle osait à peine relever le regard sur elle, craignant brûler sur place si ses pupilles venaient à croiser les siennes.


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Sujet: Re: L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] 1545043444-icon-minipostedSam 23 Fév 2019 - 15:11
Le destin se profilait, pas à pas, peu à peu, il prenait place et formait l’avenir. Le destin était composé de choix, de décision et d’évènement que les grands comme les petits de ce monde faisaient avancer à un rythme précis. J’avais le poids, hélas, du choix. Et j’avais commencé à le faire. En vérité, je l’avais pris juste après mon entretient avec Raimond Beauregard. Un choix qui prenait une forme d’égoïsme à mon esprit, parce que je choisissais « la facilité ». Mais ce n’était pas le cas. L’Empire se tenait devant trois gouvernements distinct, trois mondes qui attendaient une décision et qui espérait placer ses billes auprès du plus grand destin du monde. Il fallait faire preuve de diplomatie, il fallait aussi faire preuve de tact. Et il fallait surtout trouver un stratagème pour calmer les esprits qui allaient s’emballer avec démesure. C’était compliqué et délicat.

Il y avait une promesse qui me liait au Protectorat bien avant ma naissance. Cette promesse « facilitait ma vie ». Si je puis dire. Elle soutenait le choix du cœur trop aisément et cela me confondait dans le doute. En vérité, j’éprouvais une sorte de gêne, après tout, si je respectais les détails d’un contrat ancien, et bien…je me vautrais dans mon propre bonheur. N’était-ce pas parfait ? Je n’avais jamais appris à penser à moi, indirectement ce choix me permettait aussi de penser à moi. N’était-ce pas trop parfait ?
Il y avait deux, ou plus, solution, à nos problèmes. Enfin, problème, possibilité à venir. Mon oncle, bien qu’ayant ouvertement refusé l’héritage du trône restait un des meilleurs partis qui soit. Amélia pareillement, c’était la seule de mes cousines bonnes à mariée, mais je la laissais suivre son chemin, elle avait disait-on, celui de l’Ambrosien, ce qui m’arrangeait indirectement. Mon frère…pour l’instant je le mettais largement de côté, mais j’envisageais totalement la promesse d’un mariage avec Eskr, et plus encore avec un Beauregard. Si je n’alliais pas déjà mes propres enfants, je pouvais considérer mon imbécile de frère dans ce schéma. Il y avait Charlotte, Philippe et autre encore. Bref, mon choix était le plus regardé, mais cela ne signifiait pas que je ne pouvais pas contenter chaque nation.

C’était pour cela que j’avais pris contact avec les Samabartel. Négoces de fourrure, riches Raclusiens et assez éloignés de la politique ou en tous cas, n’œuvrant pas entièrement à la chose. Ils ressortaient assez du lot, assez bien pour que cela me plaise. Les Van Pelt s’enlisaient, les de Fremont avait un héritier stupide dont le navire avait fait naufrage à sa décision de retour subite. L’affront lavé de son départ, j’aurais pu être chagrine de sa disparition, si j’en avais eu quelque chose à faire.
J’avais pris contact avec les Samabartel et vu l’arrivée de leur fille, elle était plus jeune que moi de deux ans, deux ans et demi je pense, mais elle ne traînait qu’une réputation de dame de glas que je ne prenais pas au sérieux. Non que je sois capable de jouer sur la vie de mon oncle, mais je le pensais plus fort et résistant qu’un enchaînement de hasard. C’était tout et je l’avais convié au thé.

Je prenais souvent le thé l’après-midi, ou plusieurs café. Cette fois, je me tenais à la terrasse d’un des jardins suspendus, sous la voute de lierre qui protégeait d’un soleil de plomb. Il y avait sur la table des dossiers, j’aimais travailler en extérieur par le temps, même si mon travail se faisait dissiper par la présence d’une longue vue. Le panorama sous mes pupilles étaient horriblement haut, je voyais les escaliers que formaient les étages et la lagune du port qui s’étendait, j’observais de là les avancées d’un chantier navale, appréciant ce que je voyais. Mais il me fallait délaisser tout cela, elle n’allait point tarder.

Ma chevelure se composait d’une complexe coiffure de chignon, relevée, haute, enroulée de tresse, des bijoux d’émeraude les maintenant. C’était le présent de Everard que je portais en apparat. La couronne de l’empire se composait d’un diadème de roue frontale, et ma tenue s’accordait de vert profond et de noir. Corset serre taille sur une chemise de jabot noir, je portais une veste ceintrée, au grand dam des traditionnalistes, le bas de la vêture se composait d’une fausse jupe dissimulant un pantalon et des hautes bottes. J’avais l’allure féminine conjugué à l’obligation masculine du pouvoir, chose que j’appréciais toujours de mettre en contraste.

Je me tenais droite, de dos désormais au panorama quand Baptiste parvint et présenta celle qui avait été convié. Je l’observais. Ces derniers temps j’avais eu peu souvent à faire à la fine fleure de l’étiquette, Olympiane, Albéric, des noms qui s’effaçaient dans mon histoire et qui pourtant durcissait la barre de mes exigences. Je la vis donc s’exécuter parfaitement dans son approche et j’en fus ravis. Un sourire gagna ma bouche et je m’avançais pour lui accorder de se relever.

-Mademoiselle Samabartel, c’est un plaisir de vous voir ainsi au palais. Je vous en prie, relevez-vous et installez-vous.

Je me déplaçais après ses paroles pour aller m’installer à la table dont les dossiers avaient été rangé et se faisait emmener, Baptiste, habile, rapide, disposait mon étui en argent de cigarillo et le nécessaire pour le fumer, je m’installais, croisais une jambe et prenais en main le bâton de tabac légèrement vanillé.

-Comment votre voyage s’est-il passé ? J’espère que vos appartements vous conviennent, nous savons toutes deux qu’ils ne sont que temporaire,mais je m’en voudrais qu’il vous déplaise.

Elle était belle, mince mais gracile et je notais les détails de sa beauté avec minutie. Mon oncle aurait pu avoir pire comme alliance, mais c’était le lot des unions importantes, n’est-ce pas ? Mon défunt mari avait bien eu plus de dix ans avec moi…


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Sujet: Re: L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] 1545043444-icon-minipostedDim 10 Mar 2019 - 0:22
Tenant le tissu léger entre ses doigts, elle tremblait. Son corps frêle aurait pu être repoussé par une simple bourrasque de vent tant elle se sentait bien trop peu ancrée au sol en cet instant. L’Impératrice se tenait face à elle, forte de sa présence et de sa prestance. Elles avaient beau se côtoyer dans les âges, elle semblait si impressionnante à celle venue de la Ligue qu’elle se sentit soudainement enfant devant une adulte. La large ceinture de cuir qui soulignait sa taille semblait soudainement la gêner, l’empêchant de respirer convenablement. Une seconde, elle crut qu’elle allait défaillir. Mais non. Elle tint bon, maintenant sa nuque basse, les genoux légèrement pliés. Et finalement, se levant du siège sur lequel elle trônait, elle s’avança vers elle, lui offrant le droit de se relever doucement.

Joignant les mains devant elle, Daphnée tenta de rester digne, droite, masquant l’inquiétude de cette rencontre et les faux pas qu’elle pouvait commettre à tout moment. Un sourire neutre sur les lèvres, elle se contenta de suivre les directives imposées par celle qui dirigeait le Royaume dans lequel elle devrait évoluer à l’avenir. Docile, elle prit place sur l’un des petits fauteuils sous la voute de lierre, levant ses pupilles azurées pour observer cette végétation qu’elle ne connaissait que par ses souvenirs ou les voyages. Là où elle vivait, seuls les conifères parvenaient à se faire une place, se couvrant d’épine aussi dures que pouvait l’être le froid du Nord lorsqu’il les recouvrait de givre. Devant elle, le panorama était des plus impressionnant et, bien qu’elle ne souhaitât nullement paraître comme l’enfant émerveillée, elle ne pouvait se retenir de contempler ce qu’il se passait en contrebas.

L’Impératrice prit place à ses côtés et déjà, Daphnée se sentit plus petite, sentant le rose monter à ses joues. L’intérêt de la brune pour elle la touche, bien qu’il ne s’agît très certainement là que des convenances nécessaires et minimum à un quelconque entretien. « Très bien. Moi qui ne suis que peu habituée à voguer sur les flots, j’ai su occuper mon esprit par quelques lectures. Quant aux appartements, ils sont plus que suffisants et je remercie sa Majesté de s’être montrée si grâcieuse à mon égard. » Rendre les politesse en choisissant chaque mot. Voilà ce que la jeune femme aux mèches blanches tentait de faire, non sans mal. L’angoisse se sentait dans chaque syllabe sur laquelle elle hésitait avant de mieux poursuivre ses phrases. Et son regard ne croisait que très peu celui de la femme qui se tenait face à elle. « Je remercie son Altesse pour sa sollicitude et cette invitation que vous m’avez adressée. Ne connaissant personne à la Cour, vous avez su briser ma solitude. » Elle eut un léger mouvement de tête respectueux, son sourire s’étirant en quelque chose de plus franc.

Ses pupilles azurées finirent par se relever timidement sur la jeune femme qui lui faisait face. Des cheveux corbeaux relevés dans un chignon complexe, une couronne portée avec la classe que seule la famille Choiseul possédait et des vêtements d’apparat qui faisaient pâlir de honte et de jalousie la garde-robe la mieux lotie. L’Impératrice était telle que ses parents la lui avaient décrite, royale. Et il était normal de se sentir intimidée face à une telle présence sans quoi, cela aurait pu être perçu comme une marque de non-respect. Et la douce Daphnée, quoique téméraire autrefois, redoutait plus les jours à venir qu’elle ne se sentait de les dominer. Toussotant légèrement, ses bronches trahissant leur fragilité dans une atmosphère si lourde, elle finit par reprendre doucement. « Mes parents vous adressent leurs respects et honoreront avec joie leur part de ce contrat que cette union implique. » C’était dit sur une pointe d’amertume. Elle regrettait leur absence autant que d’avoir été celle qui devait servir de messager. Mais ils ne viendraient que si le mariage se devait d’être réellement célébré… Ou bien même après celui-ci, qui sait ?


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Sujet: Re: L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] 1545043444-icon-minipostedVen 22 Mar 2019 - 18:52
J’avais été déçue du comportement du dernier raclusien que j’avais croisé. Ainsi donc, il reposait, sans qu’elle le sache, sur ses épaules une certaine forme d’obligation. Elle se devait de rattraper les mœurs de son compatriote, et cela de façon tout à fait injuste. Mais à son port altier et son teint pâle, je savais qu’elle ne me décevrait pas. Je l’observais dans chacun de ses mouvements, les yeux posés sur elle et je souriais. Il était plaisant de voir qu’elle suivait l’étiquette ainsi qu’elle devait le faire. Pour l’instant tout était parfait. Conviée à ma table, je lui offrais le temps de prendre plaisir à discerner ce qui nous entourait et de comprendre, par le biais de ce panorama, qu’elle allait pénétrer au sein d’une famille puissante et dirigeante.
Mon oncle ne portait plus la possibilité du trône, mais il faisait partie du gouvernement et c’était aussi cela qu’elle allait côtoyer. Il lui était demandé de paraître parfaitement et d’être bien heureuse de se marier avec mon oncle. Elle avait alors la possibilité de devenir dans le secret une main de la cour, tout dépendait de ses capacités ou bien rester une jolie épouse. Je ne lui demanderais pas de faire venir à son giron un héritier, je laissais à mon oncle le choix de le refuser.

J’écoutais ses réponses à mes propos et j’inclinais la tête en signe de satisfaction. Si son voyage avait été bon, l’essentiel était là. Qu’elle me remercie pour sa chambre, aussi. Je concédais donc d’incliner mon visage, pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas à me remercier. Je l’impressionnais et je savais que je ne pouvais en faire autrement. J’étais impératrice, mon visage intime ne se dévoilait qu’au grès de la confiance dûment acquise. Mais je pouvais essayer de paraitre moins dure, je notais son angoisse dans sa façon de parler et son attitude intimidée.

Je me redressais quelque peu, prenant le temps d’aspirer la fumée du cigarillo, de la savourer avant de la laisser s’échapper.

« Je ne vais pas vous mentir Mademoiselle Samabartel, la solitude est le premier des sentiments qu’offre la cours. » Si vous étiez paria c’était pire. Et si vous étiez trop grand, peu de visage était réellement amicaux. Ce n’était pas un secret pour grand monde de toutes façons. « Il est de bon temps que nous nous rencontrions mademoiselle, bientôt nous formerons une famille. » C’était la seule vérité, et je faisais tomber la cendre du petit cigare dans le cendrier. Je ne levais pas les yeux vers elle, me concentrant sur la cigarette et ses cendres. Je finissais par l’observer et rencontrer son regard.

La grâce s’était penchée sur elle pour l’inonder. Outre ses yeux limpides et ses cheveux presque d’argent, elle avait la douceur de l’oiseau. Cette grâce unique qui venait vous frapper tout simplement. J’adoucissais mon regard, elle serait ma tante, jeune certes, mais ce n’était pas important.
Je notais son amertume, et je pouvais le comprendre, toute fois, je laissais passer le silence, venir le calme avant de reprendre.

« Comment avez-vous réagis, lorsque l’on vous a annoncé que vous aviez été promise à l’ancien Empereur, oncle de l’Impératrice et membre de la famille de Choiseul ? Ne soyez pas inquiète de ce que vous pourriez dire, je comprendrais tous sentiments. » Je voulais donc juger sa façon d’envisager les choses, comprendre peut-être sa façon d’exister. Ce n’était certes pas assez pour dessiner un portait clair de la jeune femme, mais ce n’était pas non plus insuffisant. « J’ai été moi-même frappée par la décision de me promettre avant même ma naissance. »

Je lui souriais. L’engageant par ce partage à ne pas craindre de me répondre, je ne voulais pas la faire tomber dans un piège, juste l’encourager à parler avec moi.



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Sujet: Re: L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] 1545043444-icon-minipostedSam 30 Mar 2019 - 13:38
Assise sur le petit fauteuil d’extérieur, ses mains froissaient le tissu de sa robe, posées sur ses genoux, sa nervosité s’exprimant à chaque pli que prenait la matière immaculée. Ses pupilles océanes avaient bien du mal à venir se frotter à celle terriblement sombres de l’Impératrice qui avait pourtant un âge quasi similaire au sien. Elles auraient eu d’autres vies, peut-être auraient-elles pu simplement devenir amies, se promenant au bras de l’autre en riant avec une légèreté insolente. Mais elle devait épouser l’homme qui était son oncle, qui avait quitté un trône qu’il possédait pour mieux servir sa nièce. Et dans ce monde où Daphnée semblait perdue, elle aurait aimé pouvoir avoir une amie, elle qui baignait dans une solitude triste que sa réputation ne cessait de renforcer. Aussi, quand la souveraine de ce monde souligna qu’il s’agissait là d’un habit presque habituel dans cette Cour, la blonde ne sut masquer entièrement sa déception, posant son regard sur ses mains, laissant échapper un léger soupir. Elle n’y était guère habituée, elle l’enfant choyée, la jeune fille appréciée de ses paires en ligue Raclusienne. Voilà qu’elle avait donc dû tout quitter, sans euphémisme, pour une vie nouvelle qui ne lui semblait guère réellement assurée. Pourtant, venant à l’encontre de cette déclaration, l’Impératrice ne tarda pas à ajouter une autre phrase qui poussa Daphnée à la regarder, cette fois-ci. Une famille. Voilà des mots peu évidents à entendre, surtout qu’il ne s’agissait guère d’intégrer cette famille en tant que cousine ou sœur. Mais en tant que tante. Et c’était si difficile pour l’étoile du Nord de se figurer pareil schéma. Elle lui adressa un sourire doux quoique faiblard.

L’observant tirer sur son petit cigare, elle songea un instant à toutes ces choses qu’elle n’avait jamais faites et qui, entre ces murs, semblaient tout à fait normal. Elle n’avait jamais fumé et n’en avait nullement envie, supportant difficilement l’odeur fumée de ces tubes de papier et de tabac. La fragilité de Daphnée était parfois bien réelle et les migraines qu’elle pouvait avoir à cause d’un si petit objet étaient bien désagréables. Mais en extérieur, fort heureusement pour elle, les volutes de fumée s’échappant de l’objet s’éloignaient d’elle plus qu’ils ne cherchaient à venir caresser son être. Alors, l’Impératrice lui posa une question qui la désarçonna doucement. Comment avait-elle réagi ? Haussant ses sourcils parfaitement dessinés, elle la regarda sans comprendre, au départ. Si Lilith de Choiseul mettait en avant les titres et la position de son nouveau fiancé, Daphnée n’avait guère pensé à cela, quand on lui avait annoncé la chose. Non. Bien au contraire. Tout ceci n’était venu qu’en second temps, avec toutes les interrogations autour de cet homme dont elle ne connaissait que les faits notables qui avaient longuement alimenté les conversations d’une époque antérieure à elle. Cherchant à la rassurer en lui assurant que nul jugement ne seraient portés sur ses mots, la gouvernante du royaume appuya sa propre position et un mariage planifié avant même qu’elle ne voit le jour. De ses yeux azurés, la Raclusienne l’observa avec une certaine compassion avant de soupirer doucement. Elle ne pouvait décemment pas s’exprimer sans filtre, bien qu’elle ignorât où les limites de celui-ci se plaçaient. Alors jouant de franchise, elle se contenta de mettre des mots sur ce qui avait pu se passer en elle, à ce moment-là. « J’étais en colère… Pas à cause de votre oncle, votre Altesse, mais parce que mon père m’avait bien juré que jamais il ne forcerait ce schéma tragique à se répéter. Il m’avait promis de ne jamais forcer le destin à m’offrir un nouveau deuil. » Car si certains s’amusaient de toutes ces morts qui l’entouraient, ils oubliaient la peine, le chagrin et tous ces sentiments qui pouvaient vous entourer dans pareil instant. Daphnée, elle, gardait en mémoire ces instants terribles, marqués au fer rouge dans son esprit rêveur, bridé par une réalité sinistre.

Baissant un instant le regard, elle haussa les épaules. « Je ne saurais pardonner à mon père d’avoir brisé cette promesse, qu’importe la grandeur de ce mariage qu’il m’a promis. Ce n’est qu’après cette colère que j’ai compris à qui il avait promis ma main. Et j’ai été… Décontenancée. Ce serait mentir que de vous dire votre oncle est homme dont rêve toute jeune femme de mon âge, je pense que vous en conviendrez. Et puis finalement… C’est résignée que je suis arrivée ici. Votre oncle s’est montré très délicat et attentionné me concernant, même si nous n’avons eu que peu l’occasion de converser… » La première rencontre lui avait laissé un agréable souvenir, loin de ce qu’elle aurait pu imaginer.


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Sujet: Re: L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] 1545043444-icon-minipostedJeu 4 Avr 2019 - 18:32
Je regardais la jeune femme, retenue et inquiète probablement, se confronter à moi. Pourtant il ne s’agissait pas là d’affrontement mais de rencontre et je ne voulais en aucun cas qu’une forme d’hostilité nous réunisse. Je voulais au contraire lui offrir la sérénité d’une alliée, si elle devenait la mienne bien entendu, car au fond, c’était ce qu’elle était: une future alliée. Ou un pion. Mais cela pouvait être différent. Bien entendu elle servait les intérêts qui étaient mien, et cela, sans le savoir. A dire vrai, elle ne pouvait imaginer tout ce qu’elle faisait pour moi, une raclusienne épouserait un ambrosien, une eskroise épouserait un ambrosien et je serais libre….

Libre d’utiliser les engagements d’avant ma naissance pour pouvoir parvenir à une volonté qui aurait pu s’avérer terriblement égoïste et stupide pour une Impératrice. Mais j’étais fébrile du possible qui venait. La chose était pour moi et j’en culpabilisais mais j’avais la mauvaise foi de me cacher sous l’idée que je n’aurais pas fait ce choix, si les contraintes avaient été autre.

Le mot famille parut fort peu l’enchanter, comme si elle n’était pas certaine que cela allait arriver, hors, la chose était vraie et je la dévisageais sans dureté. Ne pouvant m’empêcher de lui demander.

“Vous n’avez pas l’air convaincue.”

Mes paroles s’accompagnaient d’un sourire légèrement intrigué. Est-ce qu’elle manquait de courage ou d’envie? Je ne lui reprochais point de manquer d’assurance, ou même de faire preuve d’enthousiasme. Tout au contraire, cela rendait sa personne plus franche, ce que j’appréciais. Et peut-être que l’on pouvait même lui rajouter qu’elle n’avait pas la superficialité de la courtisane. Celle qui se serait enthousiasmé d’une telle approche, j’espérais discerner une jolie tête sur des épaules réalistes.

“Mais j’apprécie votre retenue.”

Je la rassurais, je l’espérais. J’appréciais de voir son sourire, et je le considérais comme une retenue. Toutefois, je notais un manque probable de volonté. Enfin, disons, que le statut paraissait ne pas lui importait, mais c’était un jugement péjoratif et probablement inadéquat pour le moment.
Je lui demandais alors, sa réaction. Elle fut surprise, mais c’était volontaire. Ma question était vaste, volontairement. Qu’allait-elle prendre en compte de ce fait dans sa réponse? Le prestige du nom, l’âge de mon Oncle, la place qu’elle allait prendre, les contraintes que cela lui allaient lui apporter? Je voulais savoir. Je continuais de la juger, de peser son comportement, de détailler les choses. Je lui confiais pourtant, afin de la rassurer, que j’avais été aussi dans son cas, que je comprenais. J’étais née en sachant que je serais mariée et j’avais grandis avec cela. J’aurais pu être révolté, mais je n’avais fait qu’accepter, m’autorisant quelques bêtises de jeunesse, un peu trop audacieuses certes mais...le fait est que je n’avais pas modifié les choses. Je les avais suivi, ainsi qu’il en était voulu. Ainsi donc, je déclenchais chez elle de la compassion. Mon sourire se fit entendu.

Sa franchise s’exprima. Elle parla de colère et mon regard fut intrigué et interrogateur. Contre quoi? Mais contre son père. Je fronçais les sourcils quand elle parla de deuil, je connaissais bien le surnom qu’on lui donnait et je dois dire que je me mis à sourire, un rien gênée, un peu amusée. Elle avait le malheur avec elle, et je prenais probablement d’affreux risques pour mon oncle, mais croyais-je en sa damnation? Non. A vrai dire je pensais que Pohn avait fait de sa route un chemin sinueux. Mais elle n’était ni damnée, ni condamnée.

“Condamnez-vous déjà mon oncle à cause de votre proximité?” Elle partait désabusée. Oh, je pouvais la comprendre, voir même envisager qu’elle était au centre de ces choses, la plus touchée, la plus effleurée, la plus soumise aux choses. Elle était ballottée par les choses, vagues qui l'emmenait bien malgré elle. J’aimais qu’elle soit capable d’émotions telles que celles-ci. Elle restait en colère contre la promesse brisée avant tout, peu importait la grandeur et la place.

Elle était réaliste et sans mensonge sur le fait qu’elle ne rêvait pas de mon Oncle, il était désormais âgé.

“Vous avez pensé à vos douleurs et à la trahison avant de discerner la place que cela vous accorderait. Votre âme est belle. Vous n’avez pas fait preuve de mensonge, vous n’etes pas emballée mais vous apprendrez à l’être où en tous cas je l’espère. Et je suis heureuse que l’âge de mon oncle n’ait pas été votre premier argument, cela vous aurait rendu, superficielle.”

Je laissais le cigare dans le cendrier et je souriais. J’appréciais cet entretien, il était un début intéressant aux choses. Elle se présentait pas comme une superficielle créature, idiote, mais comme un être profondément plus réfléchis, conscient de ses émotions et capable d’en parler. J’aimais ce que je discernais et mon esprit plaidait en sa faveur.

“Je vais ainsi vous jurer ici, que si le malheur revenait sur vous, j'interfèrerais mais pour que votre père ne puisse jamais plus trahir la promesse qu’il vous a faites. Et s’il venait à ne point m’écouter, je vous conseillerais d’embrasser la voix des religieuses pour être défait de vos tourments. Mais, maintenant, vous voilà engagé dans l’avenir d’Ambrosia, je ne vous promet qu’une famille bien trop observée mais forte, vous allez devenir la femme d’un homme qui a vécu, et qui vivra encore. Vous allez être observée, courtisée, et vous devrez deviner qui s’intéresse à vous pour votre place ou votre personne. Les dignitaires de ce monde ne vous épargneront pas. Vous en sentez-vous capable? ”

Une autre question. Elle paraissait si fragile que la question était légitime. Son devoir allait de se trouver place désormais, ce qui n’était pas chose aisée.

“Si vous ne l’êtes pas, ne vous tracassez pas, vous avez un fiancé et une impératrice pour vous aider.”


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Sujet: Re: L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] 1545043444-icon-minipostedLun 15 Avr 2019 - 0:25
Vous n’avez pas l’air convaincue. Comment pouvait-elle seulement l’être quand il lui semblait surréaliste pour elle de devenir membre de la famille royale ? Baissant ses yeux de glace, elle déglutit avec difficulté. Elle n’avait aucun dégoût à cela, tout comme elle n’avait guère une envie farouchement inscrite dans sa tête de s’infliger tout ceci. Non, Daphnée était juste effrayée de cette vie qui fut la sienne et qui semblait lui échapper toute entière pour la transformer en autre chose qu’elle ne contrôlait plus. « Il m’est difficile de l’être seulement quelques jours après mon arrivée, votre Altesse. Il ne s’agit pas moins de retenue que de tout cet inconnu dans lequel je plonge depuis mes premiers pas à Ambrosia. » La réponse la plus intelligente qu’elle pouvait lui offrir, certainement, se dissimulant derrière le manque de temps passé entre ces murs pour se familiariser avec eux, pour mieux faire d’eux les siens. Cela ne pouvait que promettre à l’Impératrice qu’elle le serait déjà un peu plus si elle se revoyait d’ici quelques semaines.

Qu’il lui était étrange de parler aussi librement, de s’entendre dire quelles émotions profondes avaient pu la traverser dans des moments si intimes… Et elle ne se livrait guère à n’importe qui mais bien à celle qui avait échafaudé tout ceci, d’un certain point de vue, celle qui possédait toutes les cartes du Royaume en main. Daphnée essayait de ne pas se montrer dure, envers ses parents, envers cet homme qu’elle allait devoir épouser et qui faisait de ses devoirs une priorité plus qu’elle, frêle enfant perdue, persuadée qu’elle provoquerait sa mort. D’ailleurs, sur ce point, face à la question de l’Impératrice, elle écarquilla doucement les yeux, plongea son regard dans le sien, soudainement mortifiée. Le condamner ? L’entendre ainsi énoncée à haute voix lui glaçait le sang et elle crut que l’air, jamais, ne saurait revenir dans ses poumons. « Je… Non… Seuls les Dieux sont en possession de son sort mais ils sont également en possession du mien et semblent se jouer de moi, qu’importe mes prières… » Et qu’il était dur de penser que même les entités gouvernant le monde entier vous avez tourné le dos. Daphnée priait, matin et soir, se rendant aux divers offices dès lors qu’elle le pouvait, pieuse et dévouée, cherchant des réponses dans des silences qui lui semblaient si éloquents. Elle n’avait su se résoudre à leur demander de lui accorder la survie de ce nouveau fiancé, trop effrayée de les voir déjà se questionner sur la manière dont ils allaient le lui enlever.

Reprenant la parole, l’Impératrice décrypta alors les dires de la blonde qui se tenait face à elle sous l’œil rond de cette dernière. Prenant une longue inspiration, Daphnée la laissa dire, lui offrant quelques louanges, priant pour la joie à venir d’une telle union et visiblement satisfaite d’entendre une âme sincère face à elle. L’honnêteté était vertu dont Daphnée espérait pouvoir se vanter et elle comprit rapidement que peu semblaient la posséder dans cette cité du Royaume de Vapeur. Pourtant, quand elle avait mis en avant la beauté de l’âme de la jeune femme en plaçant d’autres sentiments que son ambition à obtenir telle place, l’étoile du Nord fut désarçonnée. Comment pouvait-elle mettre en avant quelque chose qu’elle ne comprenait pas ? Car oui, si tous lui dessinaient une place précieuse et enviable de bien des femmes, elle semblait imperméable à ce qu’elle représentait, n’en comprenant pas réellement les dessous. Interdite, elle ne pipa mot, observant le cigare de la brune venir s’échouer dans le cendrier.

Alors, quand elle lui promit de la manière la plus solennelle possible qu’elle interférerait en sa faveur si le sort devait s’acharner, la Raclusienne se sentit comprise et cela la toucha plus profondément qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Hochant la tête, la remerciant en silence, elle sentit sa gorge se serrer et espéra que l’Impératrice en personne saurait faire entendre raison à son père. Mais avant cela, il faudrait que le mariage pour lequel elle était promise n’ait guère lieu. Et alors tout pris une forme bien plus protocolaire, tel un avertissement. Comme une leçon brève qui résumait cette place qui serait sienne, Lilith de Choiseul ne l’épargna guère, lui dressant le pire portrait possible de ce statut. Et à cet instant, Daphnée eut envie de fuir. De courir à travers les jardins aussi vite que ses jambes le lui permettraient, d’effacer toute cette vie qu’on lui destinait pour réécrire la suite par elle-même, forte de cette imagination et de ces rêves qui ne se réaliseraient jamais. Et pourtant, elle resta pétrifiée par les mots de la brune. Vous en sentez-vous capable ? Non. La réponse était si évidente qu’elle était impossible à dissimuler, la peur se lisant dans le regard de la jeune femme qui semblait bien trop désorientée pour assumer toutes ces responsabilités. Alors quand l’Impératrice souligna qu’elle serait présente tout comme son fiancé pour l’y aider… Daphnée comprit qu’il n’y avait déjà plus de marche arrière possible. Plus de possibilité de se rétracter quand les seules solutions qu’on lui offrait était une simple aide pour faire face et non un radical changement à tout ceci. Et elle prit peur, pour de bon.

Elle ne comprenait pas son rôle. Elle ne comprenait pas ce statut que tous lui offraient déjà, avec envie, avec respect. Elle ne comprenait pas plus les responsabilités qui deviendraient siennes. Daphnée était plongée dans un noir si obscur qu’il lui semblait à peine possible de respirer. Déglutissant avec difficulté, elle en vint à regretter de porter un corset aussi serré car elle crut un instant défaillir. Pourtant, le souffle court, elle garda conscience, essayant de comprendre toutes ces choses qu’on lui plaçait sur les épaules tout en devant continuer à les porter. Et ses premiers mots furent tremblants, affichant cette terrible vérité aux yeux de celle qui était le plus à même de la juger. « Je… Je ne sais pas… » Si cela pouvait semblait être une esquisse de réponse à la dernière question posée par l’autre femme, c’était surtout la mise en lumière de cette ignorance profonde, de ce déni qu’elle faisait quand d’autres auraient très certainement jubilé de se savoir fiancée à un homme qui fut Empereur, qui est désormais l’Oncle de l’Impératrice. Prenant le temps de reprendre son souffle, elle sentit une larme solitaire glisser sur sa joue pâle, trahissant cette faiblesse qui la définissait que trop bien quand une véritable force se cacher au fond d’elle, prostrée, désabusée.

Laissant ses doigts venir écarter cette goutte salée d’un geste grâcieux, elle reprit. « Ce serait mentir, votre Altesse, que de vous dire que je comprends tout ce qui se passe. Les choses ne sont guères différentes en ligue Raclusienne et pourtant, nous n’avons nulle famille aussi prestigieuse que la vôtre. Vous semblez respecter le fait que je n’ai guère vu dans la position de votre oncle une opportunité mais… Je crois que j’ignore tout simplement ce que cette union signifiera pour moi. Je l’ignorais, en tous cas, avant que vous ne m’en décriviez bien brièvement la contenance. » Elle eut un sourire quelque peu reconnaissant pour la femme qui se tenait prêt d’elle. De tous, elle avait été la plus directe et pourtant, c’était elle qui venait de provoquer un électrochoc suffisant pour qu’elle comprenne de quoi tout ceci retournait véritablement. « Alors non, votre Majesté. Je n’en suis guère capable car j’ignore tout simplement de quoi tout ceci retourne. J’ignore jusqu’au titre que les gens me donneront dès lors que le mariage aura lieu… » S’il a lieu. La pensée effleura rapidement son esprit, bien vite balayée par ce qu’elle avait à dire. « Je m’efforce de paraître digne de tout ceci quand j’ai encore pourtant bien des choses à apprendre, jusqu’à l’étiquette de la Cour. Que dire ? A qui le dire ? Quoi faire, dans quelles circonstances ? Tout ceci peut sembler naturel à certains quand, pour moi, c’est une véritable transformation que j’ai le sentiment de devoir opérer, non pour moi, mais pour l’honneur de votre Oncle et le Vôtre. » Parce que s’il y avait une chose qu’elle avait compris, c’était bien ceci : ses actes et ses mots seraient désormais associés à ceux d’une famille respectable et respectée et si, de quelques paroles, l’impératrice lui promettait protection, elle devait la lui rendre sans commettre d’impair. Sa réputation personnelle était déjà ternie et c’était l’effet de ricochet qu’elle cherchait à éviter. « Je ne pense pas être sotte et c’est avec une détermination sans faille que je suis prête à apprendre tout ceci, votre Altesse. Je ne souhaite nullement être un fardeau pour vous et votre famille. Si vous me laissez du temps, alors je saurais changer cela et alors, peut-être, oui, pourrons-nous devenir une famille… »


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Sujet: Re: L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] 1545043444-icon-minipostedVen 19 Avr 2019 - 8:50

Je me répète probablement, mais j’aimais son discernement et sa manière de pensée. Elle avait la franchise de ne pas être ravie, elle était consciente de ce que cela faisait et de quel point, il pesait désormais sur ses épaules. Elle se tenait face à moi en paraissant me promettre que plus tard, une fois habituée, elle le serait. Il ne fallait peut-être que jamais elle ne le soit, mais j’aimais son réalisme et je lui souriais alors, simplement, en guise de réponse, aussi bienvaillante que je pouvais l’être.

Elle passait chaque “épreuve” avec un succès saisissant.Il était “drôle” et je m’exprime bien là avec tous les guillemets du monde que je jauge ainsi la fiancée de mon oncle, comme si ce fut moi la matriarche ancestrale de notre famille. Je ne l’étais en rien. Enfin, si j’étais, dans un sens, mais là, n’était pas le propos.

“Les épreuves qu’ils ont mis sur votre route n’étaient peut-être que le chemin qu’il vous destinait pour parvenir jusqu'ici. Qui sommes-nous pour le savoir?”

Moi-même, je n’étais qu’un de leur priant, et qu’Aernia nous protège, mais je ne me considérais pas plus au dessus que les autres. Je ne vivais que pour Ambrosia et ses terres, ma déesse et son enseignement, je pouvais comprendre ses paroles, parfois l’on pouvait penser les Dieux capables de nous ignorer mais nous n’étions que des humains et nous ne pouvions qu’attendre et vivre pour espérer un jour saisir les grands dessins qu’ils faisaient de nous.
Je me permis de faire compliment sur sa personne, j’aimais bien trop sa sincérité pour la savourer, c’était une denrée rare, qui j’espère, ne nous ferait pas défaut. Elle était un met que les courtisans dévoraient comme des charognards. Enfin...je lui accordais quelques louanges pour expliquer la suite. Je lui accorderais mon soutient, et puis, je lui mettais le visage face à la place qu’elle allait occuper. J’étais née pour être observée et je savais que la chose était effrayante, parfois, non, tout le temps. J’avais appris à ne jamais oublier la crainte d’un faux pas, et je lus la peur et l’inquiétude. Je n’aurais su la ménager, ni même la couver, ce n’était pas chose que l’on m’avait enseigné, aller de l’avant et faire face était le plus vivant de mes leitmovit. Voilà tout. Elle versa une larme et je l’observais.

Toujours franche, elle avoua son ignorance et je la détaillais dans sa posture. Une partie du monde venait se poser sur ses maigres épaules, se posant avec lourdeur, brusquement, et pourtant, plus elle parlait, plus elle me décrochait un sourire de fierté, d’honneur et de respect. Oui, ce petit morceau de femme était plus que prometteur et je pris boisson pour la porter à mes lèvres; j’inspirais, heureuse de ses paroles, et presque soulagée de les entendre, j’observais un rien le panorama.

“Oh ne vous en faites pas très chère, le temps, vous l’aurez, et vous aurez le meilleure professeur pour veiller à vos apprentissages, nul n’est meilleur que mon oncle à ses choses. Vous n’allez pas être seule, nous allons être avec vous, ensembles, et je vous promet que tout ira bien, ou plutôt pour le mieux. Je suis vraiment heureuse de voir cette lueur de force qui se cache dans votre pupille, cette détermination, elle est plaisante. Ainsi donc Ma Dame, nous nous engageons sur une route ensemble. Et nous en venons à la fin des discours de responsabilité et de devoir. Détendez-vous et prenons la route un peu plus légère de la conversation. Vous voulez bien?”

Mon travail était fait, je l’avais donc posé devant le fait accompli et poussé vers la réalité, elle avait eu toutes les réactions qu’ils fallaient et qui lui convenaient. Maintenant, je pouvais cesser de chambouler son esprit.

“Souhaitez-vous des conseils sur qui fréquenter? Ou bien qui rencontrer? Je vous laisse tout le choix de la conversation, maintenant que j’ai fais ce que je devais, ayez la liberté de vous engager sur le chemin de parole que vous souhaitez.”


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Sujet: Re: L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] 1545043444-icon-minipostedJeu 25 Avr 2019 - 19:06
Comment pouvait-elle contredire ce que, au fond d’elle, elle estimait être l’ultime vérité. Les Dieux ne pouvaient guère être contesté, ni dans le sort qu’ils réservaient à leurs fidèles, ni dans le dessein qu’ils créaient doucement pour eux. Alors oui, Daphnée avait fini, seule, par se convaincre que sa présence aujourd’hui, ici, n’était nul hasard mais bien l’œuvre de ces divinités qui, peut-être l’avaient choisie pour se trouver dans une famille plus qu’enviable à bien des égards. Les fiançailles que son père avait pu lui créer auparavant n’avaient fait que placer des obstacles sur cette voie, obstacles que les Dieux avaient alors chassés d’un revers de la main, les repoussant comme des jouets que l’on rejette. Qu’importait les souffrances et les peines de la jeune enfant alors, si les Dieux lui destinaient quelque chose depuis le jour où elle avait ouvert les yeux. Alors peut-être cet homme ne mourrait pas avant leurs noces. Peut-être l’épouserait-elle vraiment. Cette pensée la fit frémir, mais elle ne sut quel sentiment se cachait sous ce frisson qui chatouillait sa colonne vertébrale.

Pourtant, la conversation se poursuivant, Daphnée finit par laisser son masque se fissurer, dévoilant le vrai visage qui se cachait sous ses traits de porcelaine. La détermination était là, sous-jacente à cette peur qu’elle ne dissimulait plus, à ces doutes qui ne pouvaient que l’interroger plus encore sur la légitimité de sa propre place en ces lieux et à cette franchise dont elle faisait preuve, quand bien même la femme qui se trouvait face à elle pouvait la punir à cause de quelques mots prononcés. Reprenant doucement son souffle, une promesse de lien plus fort à l’avenir fut formulé, seulement, l’Etoile du Nord devait d’abord trouver ses marques en ces lieux pour pouvoir se sentir capable de donner autant que de recevoir ce qu’un lien impliquait. Elle ne voulait pas que les choses soient déséquilibrées, surtout avec son Altesse Impériale. Elle préférait s’assurer d’être pleinement disponible pour elle plutôt que de lui offrir de faux espoirs. Portant son thé à ses lèvres, la brune demeurait illisible, ne laissant rien paraître. Et pourtant, quand elle reposa la tasse, Daphnée perçut ce sourire qui semblait convaincu, même si le regard de cette femme à l’aura puissant s’échappa sur l’horizon. Reprenant la parole, elle ne tarda pas à lever le voile sur tout cela, assurant à la blonde qu’elle aurait à la fois le temps mais aussi le meilleur des professeurs pour s’acclimater à ce nouveau monde dans lequel elle évoluait. Visiblement, Nemrod l’Envers avait bien des choses à lui apprendre et serait ce précepteur qui devait tant gagner sa confiance qu’elle la sienne. Voilà qui semblait transformer ce couple qu’il devait former en autre chose, de prime abord. Un instant, Daphnée eut le sentiment d’être de retour dans une autre forme de pupillat et pourtant, elle ne serait pas uniquement l’enfant qui doit apprendre et devrait s’ouvrir à cet homme afin de lui laisser une chance de, doucement, abattre les barrières qu’elle plaçait machinalement entre eux.

La force qui vibrait en elle était grande, oui. Plus grande qu’elle ne pouvait elle-même le mesurer. L’aspect chétif de son corps n’était qu’un leurre pour mieux appâter les plus présomptueux. Visiblement, alors qu’elle pensait déplaire, elle n’avait fait que séduire un peu plus cette personnalité de notoriété publique qui lui assura vouloir faire un bout de chemin avec elle, spirituellement parlant. Daphnée sourit à son tour, reconnaissante, plus encore quand l’Impératrice déclara enfin être venu le temps de la fin de cet entretien purement politique. Alors, comme elle le lui demanda, ses épaules se délacèrent doucement, la tension de ses muscles la quittant doucement. Et comme pour marquer ce changement, à son tour, son hôtesse l’ayant devancée, elle porta le thé à ses lèvres pour laisser une gorgée brûlante se glisser dans sa gorge, la desserrant.

Alors la conversation se pencha sur les fréquentations de cette Cour. Mieux encore, elle offrit à Daphnée le choix de la conversation ce qui la fit doucement rire. « Je crois que nous devrions commencer par qui ne pas fréquenter… Les autres m’éviteront certainement d’eux-mêmes et seul le temps me permettra de les convaincre que m’approcher ne provoquera pas leur fin. Après tous, seuls les rapaces sont prêts à défier la mort et je préfèrerais savoir de quels noms me méfier. » Elle haussa les épaules, comme convaincue de son propos. Puis, fronçant doucement les sourcils, sa curiosité l’entraîna sur un sujet bien différent. « Votre Oncle n’a su me répondre clairement… Mais avez-vous une idée de quand nos fiançailles seront-elles officielles et quand le mariage pourrait-il avoir lieu ? » C’était une grande question, comme une épée de Damoclès qui vacillait au-dessus d’elle. La légèreté n’avait su la gagner entièrement et pourtant, après toutes ces questions, il y aurait tant de choses qu’elle avait envie de demander, de dire…


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Sujet: Re: L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] 1545043444-icon-minipostedVen 10 Mai 2019 - 8:07
Nous en étions au repos, après la dureté et l’effort, l’instant calme. La jeune femme me plaisait, elle pouvait tout à fait devenir un soutient et une alliée de choix, une force pour mon Oncle et notre famille. Quelqu’un qui saurait être plus qu’une jolie potiche ou une incapable. Les choses se dessinaient d’excellente façon et je savourais la chose, par un sourire, par une attitude plus détendue. Je lui avais peut-être fait peur, elle était probablement encore moins sereine qu’à son arrivée, mais je n’étais pas pour que les gens se leurrent. L’avenir se trouverait être compliqué, pour elle, pour nous, pour le monde, parce que quand on était dans les rouages du pouvoir, rien n’était aisé.

Elle m e provoqua un sourire sincèrement amusé, quelque chose qui pris siège sur ma bouche et ne bougea pas. Je restais pensive, qui éviter, j’aurais pu lui donner milles noms, milles personnes mais elle ne pouvait pas toutes les éviter…

« Méfiez vous du Chevalier de Mordon. » Je donnais ce nom comme une évidence. « C’est un conservateur, il est de mauvais entourage et il est de ceux dont il faut se méfier. Si vous ne craignez pas les personnages un rien brusque, je vous convierais à ne pas craindre Raimond Beauregard, malgré son statut. »

Lignée des anciens empereur, l’homme pouvait être effrayant pour une demoiselle mais un excellent entraînement pour le pire. Comme le meilleur. Dans tous les cas, je lui offrais ce nom pour qu’elle ne le craigne pas, je faisais confiance à cet homme pour être lui-même.

« Quand mon choix sera annoncé. » Je la dévisageais. « Mon oncle épousera une raclusienne. Je ne vous indique pas clairement pourquoi n’est-ce pas ? » Et cela aussi devait rester secret. Je lui offrais un sourire bienveillant. Elle pouvait présumer que ce ne serait donc pas un prétendant de la ligue qui serait retenu, mais depuis que le jeune de Frémont avait fait preuve de son irrévérence, autant vous dire que la ligue avait perdu de nombreux point. Et que cela, quand ça se saurait, enverrait du négatif sur la famille toute entière.


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Sujet: Re: L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] L'humilité est le contre-poison de l'orgueil [PV Lilith] 1545043444-icon-miniposted
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