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[Clos]Soupçons

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Everard Zullheimer
Premier serviteur d'Ameth en Ambrosia
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Nationalité : Amethien
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Date d'inscription : 14/04/2016
MessageSujet: [Clos]Soupçons Lun 30 Jan 2017 - 16:43
Etroits, les passages secrets se révélaient presque impraticables pour quelqu’un de ma corpulence à certains endroits. J’étais obligé de m’aplatir contre le mur… certains étaient bien sûr définitivement condamnés mais pas tous… et déjà que pour une tenue d’homme, ce n’était pas simple, mais avec une tenue plus féminine, une robe, ou même juste une longue robe de chambre, qu’importe, c’était difficile d’éviter de s’accrocher quelque part ... et le fait que nous ne soyons qu’une poignée à les connaitre n’arrangeait pas les choses. Il y avait des toiles d’araignées, à un ou deux endroits, des rats qui nous glissaient sous le pied, ou des cadavres de rat… y lâcher un ou deux chats ne seraient clairement pas du luxe… et l’épaisseur des cloisons faisaient que le couloir était plutôt froid. Logique quand on savait qu’il donnait en plusieurs endroits, sur l’extérieur… un vrai dédale dont il n’existait aucun plan et aucun registre, alors il fallait chercher, s’habituer sur les trajets qui nous intéressait. Personne ne devait savoir qui passait ici et qu’il y avait des passages secrets, plus généralement.

J’avais été surpris de voir que la jeune femme, Elena ne prenne la peine que d’enfiler une robe de chambre… bon, d’un autre côté, de ce que j’avais vu, c’était ça ou être nue, étant donné que la chemise de nuit qu’elle portait quand elle avait ouvert était diaphane. Enfin bon, le service de sa majesté, comme elle l’avait dit, n’attendait ^pas, et ce, même si elle allait prendre froid dans les couloirs des passages secrets. Je lui avais bandé les yeux avec la cravate que je portais par-dessus ma tenue, le temps d’ouvrir le passage secret. Qu’importe qu’elle sache où il était dans la mesure où elle ne saurait pas comment l’ouvrir… puis je lui avais commandé de me suivre au pas de course, lui expliquant grosso modo la situation. L’impératrice comme moi lui offrions notre confiance pour avancer dans la cause de la mort de mon frère. Nous lui demandions notre aide, sait-on jamais qu’elle reconnaisse les effets d’une plante ou de plusieurs d’entre elles qui nous permettraient de trouver une piste…

Nous avions passé un escalier qui nous avais permis de nous rendre au bon étage et après plusieurs minutes de marche rapide je m’étais stoppé à un endroit, avait plaqué l’oreille contre une paroi, e, n’entend rien de suspect, j’actionnais le mécanisme d’ouverture. La porte s’ouvrit pour donner accès à la chapelle. J’entrais et faisais une très rapide génuflexion en direction de l’autel – et donc de l’impératrice – mais plus pour les dieux que pour elle. Puis je m’effaçais pour dévoiler la présence d’Elena.

« Votre Majesté, voici mademoiselle Spina, comme convenu. Nul ne nous a vu, et une fois fini, je la ramènerai en toute discrétion. »

Je souris doucement à l’impératrice avant de ‘avancer et de m’agenouiller au sol à côté de la dépouille de mon frère, laissant la dépouille entre moi et l’impératrice, alors que prenais la main du corps sans vie allongé sur le sol. Voilà, j’avais hâte d’entendre ce qu’Elena pourrait bien avoir à dire, sait-on jamais que quelque chose soit révélé pour trouver le fils de putain qui avait osé le tuer…
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Lilith de Choiseul
Impératrice de vapeur
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MessageSujet: Re: [Clos]Soupçons Mar 31 Jan 2017 - 21:56
Allongée à son flanc, j’aurais aimé l’entendre rire et passer son bras autours de mes épaules, me dire que moi,la grande Impératrice je pouvais venir réclamer un moment tendre.
Je ne suis pas très démonstrative, il l’avait si bien compris.
Me blottir contre lui arrivait, quand les choses ne le laissaient pas deviner et je pouvais rester des heures à entendre son cœur, toute blottie pour le plaisir de son odeur. Je ne suis pas de pierre, mais je pense que cela n’est plus à démontrer.

Allongé contre son cadavre, toute en solitude alors qu’Everard est parti à la recherche d’Elena, je regarde son profil se détachant sous le vacillement des bougies. Un sourire triste sur les lèvres, une douleur dans la pupille, ce visage cireux ombragé de barbe que tu n’as jamais voulu raser. Moi qui avait tant essayé de te convaincre, pour voir, jamais…

Dans mon esprit je te parle, Prince, nul doute que Meira veille sur notre enfant il a rejoint la cohorte de ceux qui ne sont pas nés, les chérubins à sa suite sur qui elle veille depuis l’éternité, la Mère. Et dont elle replace parfois les âmes à la demande d’Aernia.
Nous ne l’avions pas nommé, nous lui parlions déjà, et vous me laissez… A qui vais-je désormais parler…

Je t’entends déjà dire, à Everard, et je sais que tu as raison. Qui sait ce que nos efforts donneront.

Mon corps est douloureux, j’abandonne cette conversation muette, pour me rassoir, saisissant le ciseau qui a servis à couper le fil pour clore ses lèvres et ses yeux, je tire sur une boucle de ma chevelure pour la couper, me penchant, je fais de même sur une mèche de ses cheveux et doucement, je tresse ensemble ce tout que j’enferme dans le médaillon autours de mon cou, disparaissant entre mes seins, aux armoiries des de Choiseul.

A cet instant, le bruit du passage secret et le mouvement d’air, je me redresse du sol, avec lenteur, me tenant droite désormais, les mains jointes devant moi, je fixe l’arrivée de Everard et Elena, le port altier et impérial.

-Merci Elena, nous convenons que tout ceci est dans l’absolu discrétion de cette nuit.

Je souris à Elena, cet enfant risque de faire partie des dessous du palais, qu’elle le veuille ou non, son destin de toutes façons l’y a amené déjà, et l’entraîne encore sur cette voie, le réalise-t-elle ? Je l’ignore.



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Elena Spina
Herboriste
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MessageSujet: Re: [Clos]Soupçons Mer 8 Fév 2017 - 21:04
Elena s’était encore couchée fort tard, la veille. Pouvait-on seulement, déjà, parler de veille ? Quelle heure était-il exactement ? Alors qu’elle suivait Everard, son mentor, à travers des couloirs dont elle ignorait l’existence, emplis de toiles d’araignées, d’insectes et… d’autres choses, elle réfléchit un instant à sa courte nuit. Combien de temps avait-elle réussi à dormir ? Elle avait veillé longtemps, sur ses manuscrits d’herboristerie, peaufinant certaines notes, certaines descriptions, ajoutant une nouvelle plante aux nombreuses pages que comptaient déjà ses calepins. Elle n’avait accepté d’aller dormir que lorsque la chandelle avec laquelle elle avait éclairé son plan de travail, s’était éteinte, consumée. Elle s’était rapidement lavée, à l’eau froide pour ne pas avoir à chauffer de l’eau, puis s’était couchée… Et avait dû dormir une heure ou deux tout au plus, avant que quelques coups, donnés sur sa porte, ne la réveillent en sursaut. Elle était habituée aux urgences. Tant en tant qu’herboriste – pour soigner des maux soudains et insupportables – qu’en tant que sage-femme. Les nouveau-nés se moquaient bien de savoir s’ils naissaient en pleine journée ou au beau milieu de la nuit.

Elena manqua de foncer tout droit dans un mur, perdue qu’elle était dans ses pensées. Heureusement qu’il faisait sombre dans ces passages secrets. Sinon Everard aurait pu la voir rougir violemment. Alors que quelque chose frôlait sa cheville, elle poussa un petit cri aigu, avant de se maudire mentalement. Se reprenant, et se promettant de prendre un bon bain bien chaud au petit matin, elle se remit en marche, pour ne pas perdre Everard des yeux. La tête qu’elle avait faite, en le découvrant devant sa porte ! Sous le choc, elle n’avait pas songé à sa tenue en le voyant. Ce n’était que lorsqu’il lui avait proposé de se changer, avant de le suivre, qu’elle s’était souvenue qu’elle ne portait qu’une chemise de nuit aussi légère que diaphane. Elle s’était aussitôt empourprée. Mais comme il lui avait précisé que l’Impératrice avait besoin de ses services, elle avait refusé de s’habiller, et s’était contentée d’enfiler une robe de chambre en velours par-dessus sa chemise. Heureusement, elle avait eu la présence d’esprit de se chausser ! Ces couloirs devaient grouiller de vermine en tout genre. Brrr. Rien que d’y penser, elle en frissonnait. Elle n’était pas du genre à pousser des cris ou à s’évanouir pour un rien mais… Tout de même. Un coup de balais ne serait pas de refus ! À nouveau ailleurs, elle fonça tout droit dans le dos d’Everard, qui s’était arrêté pour écouter de l’autre côté d’un mur – la sortie sans doute. Aussitôt, elle fit un pas en arrière, et s’excusa, à voix basse. Heureusement qu’il la connaissait bien sinon il aurait pu la prendre pour une étourdie, ou une jeune fille niaise et maladroite. Après les années qu’elle avait passées en tant que sa pupille, puis ces dernières années passées à la cour, heureusement, il savait qu’il n’en était rien. Du moins… Il savait qu’elle n’était pas niaise. Ni même maladroite. Dans son métier, il valait mieux être concentrée au contraire.

Une fois qu’elle se fut reculée, elle le vit ouvrir une porte dérobée puis, comme il quittait les couloirs, elle s’avança et fut stupéfaite de se découvrir dans la chapelle du palais impérial. Elle aurait été bien en peine de retrouver son chemin mais… Elle demeurait impressionnée qu’un couloir caché ait pu l’amener jusqu’ici. Après qu’Everard se fut incliné, puis écarté, Elena s’avança à son tour, sortit du tunnel, et fit une profonde révérence pour l’Impératrice.

- « Votre Majesté. »
-Merci Elena, nous convenons que tout ceci est dans l’absolu discrétion de cette nuit.

Doucement, Elena secoua la tête. Elle n’avait nul besoin de la remercier. Elle était à son service. Bien que ce n’était pas tant parce qu’elle y était obligée, qu’elle avait accepté de suivre Everard dans ces couloirs. Elle avait un profond respect, et une grande affection pour l’Impératrice.

- « Bien entendu, Votre Majesté. »

Cela faisait peut-être beaucoup de « Majesté » en si peu de temps mais… Elena avait été bien élevée. Et la politesse était une valeur à laquelle elle donnait beaucoup d’importance. Elle ne supportait pas les êtres rustres et malpolis. Comme ceux qui crachaient dans la rue, ou buvaient plus que de raison avant de s’adresser aux jeunes femmes avec des paroles si… Enfin, il n’était pas question de cela en cet instant. Si elle était dans cette chapelle, à cette heure de la nuit, ce n’était pas pour parler politesse et éducation. Détournant les yeux de l’Impératrice, Elena les posa sur le corps sans vie de celui qui avait été l’époux de l’Impératrice, ainsi que le frère d’Everard. C’était un homme si bon, si généreux, si pieux. Lentement, elle s’avança vers la dépouille, et pria mentalement pour son âme. Quand il était venu la chercher dans sa chambre, Everard lui avait expliqué ce qu’ils attendaient d’elle. Mettant de côté ses émotions, elle inspira profondément, avant d’examiner le corps. Son teint était cireux, ses yeux ouverts laissaient voir une expression de douleur, alors que ses lèvres, cousues, étaient figées dans un sourire triste… La mort avait dû être rapide, ou indolore, jusqu’au dernier instant. Mal à l’aise, elle essuya ses mains sur sa robe de chambre. Plusieurs personnes avaient d’ores et déjà touché le défunt, il fallait donc en conclure que rien dans son décès n’impliquait une possible contagion. Il ne s’agissait pas non plus d’une maladie qui se transmettrait dans l’air, puisque nul n’était mort après être entré dans cette chapelle. Levant les mains, elle les posa sur les joues du Prince consort. Il était froid, évidemment. La mort avait cet effet. Ce qui expliquait qu’elle aimait tant la chaleur qui était pour elle signe de vie. Descendant vers sa nuque, elle palpa son cou. Aucune boule, rien. Elle descendit alors les mains vers celles du défunt, et tenta de les soulever. Mais elle n’y parvint pas. Trop de temps s’était déjà écoulé depuis qu’ils l’avaient trouvé, le matin-même dans cette même pièce.

- « Si cela peut soulager votre peine, Votre Majesté, je ne pense pas qu’il ait souffert. La mort a dû être rapide, et le prendre par surprise. »

Ce qui ne permettait pas de dire quelle en avait été la cause. Néanmoins, si cela avait été naturel… Il l’aurait probablement senti venir. Il ne devait pas s’agir d’une longue maladie, auquel cas elle aurait été au courant. Certaines personnes mouraient soudainement, mais elles ressentaient toujours une vive douleur avant de s’effondrer. Ce qui ne semblait pas être le cas ici. Non, définitivement, il avait dû être empoisonné. Mais comment… Avait-il avalé quelque chose ? Lui avait-on administré du poison ? Dans les deux cas… Quoi ? Elle poussa un soupir désolé.

- « Pour pouvoir vous aider… J’aurais besoin d’examiner le corps… Sans vêtements… »

Certains poisons laissaient des traces visibles. Si rien ne marquait le corps du Prince, elle pourrait éliminer bon nombre des poisons qu’elle connaissait.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [Clos]Soupçons Jeu 9 Fév 2017 - 23:07
Si quelqu’un pouvait aider le trône à faire la lumière sur la situation, sur les évènements, nul doute que ce serait elle qui pourrait m’apporter, nous apporter, une part de lumière… non uniquement par sa connaissance des herbes et des poisons, mais aussi parce que si elle ne connaissait pas la réponse, peut-être qu’une autre personne pourrait la connaitre et qu’ele connaitrait cette personne dans le petit monde des herboristes… je lui souris, alors qu’elle était en présence de sa majesté, en petite tenue. Oui, elle était en robe de chambre, et rien de plus… je lui souris et l’encourageais à se présenter à l’Impératrice malgré a tenue. Je doutais fortement qu’elle puisse faire outrage en ce moment de toute façon... et vue la réaction de Lilith en la matière, j’avais eu bien raison ! Je lui souris avant de finalement laisser s’approcher Elena du cadavre, histoire qu’elle puisse l’observer de plus près, qu’elle puisse se décider en la matière…

Je la regardais qui avait déjà repris son regard expert bien loin de la jeune femme qui avait émis un cri aigu en sentant sans doute une souris passer contre son pied ! J’en avais souris au passage, bien amusé par sa réaction… je lui fis un petit sourire encouragent, mais elle ne semblait pas avoir besoin de cela, pour preuve, elle se penchait déjà sur le corps pour l’observer de plus près… j’étais fort curieux de voir la jeune femme à l’œuvre… et je me doutais qu’elle serait fort appliquée. Elle ne voudrait pas me décevoir en quoique ce soit, donc elle ferait de son mieux… je me souvenais encore de ses années de pupillage, une jeune femme plein de talent, qui était à la fois résolue et déterminée… et qui surtout avait pu apprécier la valeur de la vraie foi avant de l’embrasser et de la suivre, même si elle était plus exigeante que les autres… et elle avait certains talents forts utiles… qu’elle ne veuille pas avoir de mort sur la conscience pouvait se comprendre et je m’en accommodais très bien !

« Faites ce que vous avez à faire, mon enfant, nul doute que les dieux n’y verront aucun outrage… s’il plait à sa majesté, du moins… »

Je regardais Lilith, mais je me doutais bien qu’elle ne refuserait pas de bien vouloir m’appuyer… je lui posais presque paternellement la main sur l’épaule, pour qu’elle ose faire ce qui se devait… et si jamais elle avait besoin, je pourrais aller l’entendre en confession plus tard, mais il ne serait je pense, pas nécessaire… en tout cas, si jamais elle trouvait quelque chose, je savais que je la récompenserai, au même titre que, j’en étais sûr, sa majesté saurait la remercier à la hauteur de son aide.

« Et par pitié ne cachez rien, aucun détail, sait-on jamais quel détail peut avoir de l’importance… et qui sait, si vous ne pouvez en reconnaitre la source, peut-être une de vos connaissances saura identifier pour nous l’horreur qu’il a subie… »


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [Clos]Soupçons Ven 10 Fév 2017 - 22:31
Je reste si silencieuse, ce n’est pas contre Elena, mais je reste sans un mot. Ecoutant, attentive, pleine de question. Est-ce que je veux que l’on vérifie le corps de Elrich, sous toutes les coutures, pas vraiment, mais je veux savoir et je crains pourtant de troubler son repos. Mais Everard semble encourageant, et les mots de Elena me laisse toujours autant perplexe.

Pas de souffrance, une mort rapide, cela ne me soulage pas. Je voudrais sourire, même tristement mais je n’y parviens pas, la mort du ou des coupables serait lente et douloureuse, je le jure sur Aernia et même si le désir de vengeance est un péché, je n’en ai pas honte. J’inspire, le port digne.

-Faites Elena.

Je me tiens altière et droite avec tant de douleur et de colère au fond de moi, je ne peux me soutenir à Everard devant un tiers, je lui ai proposé de faire des efforts entre nous, mais quelqu’un est présent. Et alors que je suis dans cette chapelle, elle commence à m’oppresser, ressemblant à un étau qui m’enveloppe, les bougies m’offenssent de leur simple présence et je dois déglutir.

La douleur, cette moiteur angoissante qui m’envahit, je ferme un instant les yeux, je n’ai pas dormi, je n’ai pas mangé et mon corps verse le sang d’une fin de vie. Je ne sais pas comment je fais pour tenir, mais je tiens. Il n’est pas dit que je chuterais et j’ouvre mes pupilles en puisant la force de l’Empire au fond de moi, fixant mon regard sur le corps de Elrich, tenir, oui.

Un mouvement imperceptible de mon corps semble me trahir, un petit mouvement d’avant en arrière et je serre la mâchoire, cela se voit, je me force, je me tiens, mais il fait soudainement chaud à mon gout et un voile blanc semble vouloir gagner ma pupille, je ferme encore un instant les yeux.



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Elena Spina
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MessageSujet: Re: [Clos]Soupçons Sam 11 Fév 2017 - 17:16
« Faites ce que vous avez à faire, mon enfant, nul doute que les dieux n’y verront aucun outrage… s’il plait à sa majesté, du moins… »

Un seul Dieu comptait à ses yeux, mais il avait raison : un crime avait été commis, nul dieu ne lui en voudrait de chercher la vérité, grâce aux talents qui lui avaient été donnés. Car son savoir, elle le tenait certes de ses parents, de son père et de sa belle-mère, mais si les dieux n’avaient pas voulu qu’elle devienne l’herboriste qu’elle était devenue, ils auraient trouvé le moyen de l’en empêcher. En sentant la main d’Everard se poser sur son épaule, Elena sentit son estomac se serrer, comme à chaque fois qu’il la touchait ou la frôlait. Au début de son pupillage, elle avait éprouvé pour cet homme un profond respect. Mais plus les semaines avaient passé, plus il lui avait appris… Plus ses sentiments avaient changé, évolué. Oh bien sûr, il n’en savait rien. Nul ne savait.

-Faites Elena.
« Et par pitié ne cachez rien, aucun détail, sait-on jamais quel détail peut avoir de l’importance… et qui sait, si vous ne pouvez en reconnaitre la source, peut-être une de vos connaissances saura identifier pour nous l’horreur qu’il a subie… »

Anxieuse, Elena acquiesça. D’accord, elle ne leur cacherait rien, aucun détail. Une nouvelle fois, elle frotta ses mains sur ses cuisses, par-dessus sa robe de chambre, puis se retourna vers le corps inerte. Ce n’était pas la première fois qu’elle examinait un corps sans vie. Mais elle éprouvait toujours ce sentiment de malaise quand elle devait le faire. Et le fait qu’Everard et l’Impératrice étaient dans la même pièce n’était pas pour l’aider. Mal à l’aise, elle commença à défaire les liens qui retenaient les vêtements du défunt. Elle travaillait lentement, méticuleusement. Elle ne voulait rien déchirer, rien abimer. Une fois que son torse fut entièrement nu, elle commença à l’examiner, tout aussi méticuleusement. Elle observa d’abord son épaule gauche, sa clavicule, l’autre épaule, palpa les côtes, palpa son ventre plat. Il n’y avait aucune trace visible, ni aucune masse. L’étape suivante était de vérifier ses jambes. Mais cela impliquait de lui ôter le reste de ses vêtements… Incertaine, elle se tourna vers l’Impératrice, pour quérir son approbation. Mais ce qu’elle vit changea ses plans. Elle semblait très pâle, trop pâle même.

- Votre Majesté ?

Comme celle-ci vacillait, Elena quitta le chevet du défunt et accourut vers l’Impératrice, prête à la soutenir ou à l’aider à s’assoir. Des sels, il lui fallait des sels. Et boire un remontant. Se tournant vers Everard, elle lui demanda son aide.

- Pourriez-vous aller chercher quelques remèdes dans ma chambre, Monsieur ?

Lui seul connaissait le moyen de rejoindre sa chambre. S’il acceptait, elle lui indiquerait que chercher et où les trouver. En l’occurrence, les sels se trouvaient dans une petite boite en bois, dans le coffre contenant quelques remèdes qu’elle gardait toujours prêts. Quant au remontant… Il s’agissait d’une recette de famille : une sorte d’hydromel avec quelques plantes qui redonneraient de l’énergie et de la force à l’Impératrice. Rien de dangereux, dans tous les cas.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [Clos]Soupçons Sam 11 Fév 2017 - 21:30

Voilà, avec Elena qui s’occupait du corps, je n’avais plus qu’à attendre en silence de voir ce qu’elle allait découvrir. J’étais curieux, très curieux, et impatient, mais c’était normal ! Seul un impie pouvait s’attaquer à un haut représentant de l’un des dieux, et le plus important même ! Alors si je mettais la main sur le coupable, il subirait le châtiment de l’impiété et sans doute même celui des vénérateurs de l’innommable ! Oh oui, rien de moins, le ou les coupables ne savaient pas à quel point la vengeance que je leur concoctais serait terrible ! Ils allaient le regretter pendant des années avant de finalement mourir. On entendrait encore les cris par-delà la mort pendant des dizaines et des dizaines d’années, peut-être même des centaines, d’ailleurs tant que je rêvais que de revanche… et nul doute que l’Impératrice verrait les choses comme moi !

Dans tous les cas, il fallait que je prenne mon mal en patience, aussi, pendant l’Impératrice et moi laissions faire Elena, je priais silencieusement en plus de faire vœu d’avoir ma vengeance. Le Seigneur Ameth n’était pas contre la vengeance, surtout si elle s’exerçait contre quelqu’un coupable de blasphème et de lèse-divinité ! Car oui, à mes yeux, c’était de la lèse divinité doublé d’un blasphème que de mettre fin aux jours d’un des hommes les plus saints de tous les cultes existant… Et nul doute que Nemar Wyross verrait les choses comme moi ! Je savais qu’il enverrait des hommes issus des monastères d’argent, des hommes durs et inflexibles, doués dans la traque de l’impie comme de l’hérétique et qui y vouaient leur vie ! Justice et vengeance allaient de pair, pour une fois !

Je regardais donc Elena travailler, d’un œil perçant, scrutateur même, essayant e décortiquer chaque geste… en général quand j’observais quelqu’un travailler, j’aimais l’entendre parler, décrire ce qu’il ou elle faisait, car j’aimais comprendre, aussi paradoxal que ce soit pour un homme dont toute la vie reposait sur la foi, sans doute, mais bon. Je restais donc, impassible à regarder la jeune femme agir, jusqu’à ce qu’elle s’interrompt pour se précipiter aux cotés de sa majesté, qui vacillait légèrement. Que se passait-il ? Etait-elle empoisonnée ? Malade ?

« Oui, dites-moi quoi aller chercher et j’y vais ! »

Si elle avait beaucoup appris de moi, j’avais aussi appris d’elle, et j’avais des bases en matière d’herbologie, même si elles étaient loin d’être aussi fouillées que celles d’Elena mais si elle me disait où chercher, je pouvais le faire sans prévenir la garde, je connaissais tous les passages secrets du palais ou presque, après tout ! Qu’elle me le dise et j’irai ! J’attendais ses demandes, tout simplement… et peu m’importerait alors l’avis de sa majesté… elle savait d’ores et déjà que je ne plierai pas devant elle !


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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [Clos]Soupçons Mar 14 Fév 2017 - 10:33
D’une sensation d’étau étouffant à une douleur cinglante, mon corps a envie que je paraisse faible. Et je déteste cela. J’exècre ce sentiment au plus haut point et je ne saurais le supporter, pourtant pendant quelques instants, j’oublie entièrement la chose, j’essaye de lutter sans trouver vraiment la force, c’est une connerie de ma part de vouloir toujours paraître parfaite ou droite, mais je ne peux mentir en l’instant.
Ils s’agitent d’ailleurs et je me dois de rouvrir le regard.

-Il suffit, je vais très bien !

Mentis-je en serrant les dents, et en ouvrant les yeux soudainement si limpides qu’on aurait pu me croire plus en colère que jamais. Je ne le suis pas, mais je ne veux pas tant d’attention, toujours la pudeur la plus orgueilleuse qui soit…
Dans ce mensonge impériale, j’inspire, me forçant à sourire, ainsi que le font les gens qui cachent mal leur état, posant ma main sur l’avant bras d’Elena je ne veux point qu’elle pense à une quelconque méchanceté de ma part à son encontre.

-Une vive douleur, uniquement.

Lui confiais-je, ce qui n’est pas tout à fait faux, sans pour autant être tout à fait vrai. Passant une main sur mon front, je déglutis.

-Ne vous déviez pas de votre tâche Elena, s’il vous plait.

J’ai besoin de savoir, pas seulement qu’on me dise que sa mort a été rapide.

-Déterminer la nature du poison nous aidera à avancer, alors s’il vous plait Elena, si ça vous rassure je m’assois.

Prétendre que ça la rassurerait pour ne point assumer que c’est moi qui ne suis pas très vaillante, c’est une chose que je sais faire. Ma gouvernante devait se battre avec moi pour me faire admettre que j’étais malade, mais je pense que cela vient de mon éducation et aussi de mon caractère. Je ne peux me refaire…



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Elena Spina
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MessageSujet: Re: [Clos]Soupçons Ven 24 Fév 2017 - 20:46
C’était une vraie déformation professionnelle chez la jeune femme. Dès qu’elle voyait quelqu’un qui souffrait ou qui semblait aller mal, elle ne pouvait s’empêcher de vouloir lui venir en aide. Impératrice, noble, ou simple paysan. Cela lui venait de son métier, mais aussi de son caractère serviable et protecteur. Elle aimait aider son prochain. C’était en partie pour cela qu’elle avait toujours refusé d’utiliser ses connaissances pour tuer. Rendre malade était une chose. Tuer… En était une autre. Alors, ajoutez à cela la profonde affection et la loyauté qu’elle ressentait pour l’Impératrice et… Et vous obteniez la mine soucieuse qu’elle affichait à présent, alors qu’elle soutenait l’Impératrice et demandait à Everard lui-même d’aller chercher de quoi aider Sa Majesté. L’homme n’avait pas perdu de temps, avant d’acquiescer. C’était un homme bon et volontaire, lui aussi. Et profondément loyal envers l’Impératrice, même si Elena ignorait certaines… Facettes de leur amitié. Pour elle, ils étaient amis, ils faisaient aussi partie de la même famille, dans une certaine mesure puisque Lilith avait été, jusqu’à très récemment, mariée au frère d’Everard. Toutefois, avant qu’elle ait pu dresser la liste de ce qu’il devait aller chercher, l’Impératrice intervint, les sermonnant vivement. Très bien ? Elena fronça les sourcils. Il était clair qu’elle n’allait pas très bien. Elle avait le teint pâle – plus qu’à l’ordinaire – et elle avait vacillé ! Elle l’avait vue faire. C’étaient là les signes d’une fatigue importante, ou d’un affaiblissement. Encore un peu et elle se serait effondrée.

-Une vive douleur, uniquement.

À nouveau, Elena fronça les sourcils. En quoi une vive douleur était-elle censée la rassurer sur l’état de l’Impératrice ? Après ce qu’elle avait vécu… Instinctivement, elle baissa les yeux vers le ventre de Lilith.

-Ne vous déviez pas de votre tâche Elena, s’il vous plait. Déterminer la nature du poison nous aidera à avancer, alors s’il vous plait Elena, si ça vous rassure je m’assois.

Cette fois, l’herboriste soupira. Face à une autre personne, Elena aurait certainement tenu bon. Mais Lilith n’était pas n’importe qui. C’était l’Impératrice. « Très bien… Asseyez-vous mais… Je vous en conjure, Majesté, ménagez vos forces. » Il aurait été tout à fait normal qu’elle ait besoin de repos, après tout ce qu’elle avait enduré. Son mari était mort, empoisonné, et elle-même… Quelle injustice. Pauvre petit être qui n’aura même pas eu la chance de voir le soleil, ou même le visage de sa mère.

Une fois l’Impératrice assise sur un banc servant à la prière, Elena retourna près du corps sans vie du Prince consort. Là, bon gré mal gré, elle reprit son examen minutieux. En soulevant le pagne dont il était recouvert, elle put rapidement remarquer qu’il n’y avait là rien à signaler. Les joues légèrement rosies, elle reposa le tissu, puis s’intéressa aux mains du défunt. Là, quelque chose attira son attention. Sans qu’elle put s’en empêcher, elle fronça les sourcils. Le bout des doigts… Prise d’une soudaine intuition, elle se dirigea vers les pieds du Prince et observa ses orteils. Pareil. Alors elle contourna le corps et, péniblement, souleva une paupière. « J’ai… J’ai déjà vu ce genre de traces… Euh… Les doigts… » Pour illustrer ses propos, elle revint aux côtés du corps et souleva une de ses mains. « Le bout de ses doigts est légèrement bleui. Et c’est pareil pour ses orteils. C’est discret mais bien là. Et il y ses yeux… Ils sont rougis. » Reposant la main le long du corps, elle jeta un coup d’œil vers l’Impératrice avant de se concentrer sur celui qui fut jadis son tuteur. « J’ai déjà vu ces symptômes mais… Je n’en connais pas la cause. Tout ce que je sais, c’est que ce n’est pas une plante, ni même une racine. »[/b] En d’autres termes, c’était animal. « L’autre personne chez qui j’avais vu cela avait… Des traces de morsure. Sauf que… Je n’en ai vu aucune ici. »
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [Clos]Soupçons Lun 6 Mar 2017 - 11:53

Bon, apparemment je n’étais pas le seul à trouver qu’elle n’allait pas très bien… elle était toute pâle… enfin, plus pâle que d’habitude, voulais-je dire ! Du coup, il était logique que je m’inquiète à son sujet, et plutôt deux fois qu’une ! Après tout, elle venait de subir un avortement, chose déjà loin d’être bénin quand c’était volontaire, alors forcée… donc non, ça n’allait pas. Forcément ! Je fronçais légèrement les sourcils et restais silencieux, laissant Elena aux commandes. Je n’avais aucune gêne à connaitre plus qualifier que moi quand on se présentait. Je connaissais mes domaines de compétence, leurs limites, et donc le talent d’autrui. Et en la matière, je me serai davantage fié au jugement de mon ancienne pupille, plutôt qu’au mien !

Certes, le besoin impérieux de vérité m’animait autant qu’il animait l’impératrice, mais j’estimais que cela ne devait pas aller au-delà de la santé de l’impératrice, il ne lui n’appartenait pas de se mettre en danger. Elle n’en avait pas le droit. Ironique, non ? Une impératrice qui ne pouvait pas faire ce qu’elle voulait. ? C’était pourtant la stricte vérité… alors je toussotais un peu fort pour capter son attention et la fixais d’un regard ferme avant de signifier un non de la tête. Comme si je lui déniais le droit de s’intéresser à cela en dépit de sa santé. Moi je pouvais jeuner encore trois ou quatre jours que je resterai en bonne forme, ou presque. Mais vu son état actuel, l’impératrice devait prendre un peu de repos, elle n’avait pas le choix…

Je regardais alors Elena travailler. J’admirais sa minutie et son regard de spécialiste. Mais je ne pouvais m’empêcher de regarder légèrement l’impératrice, comme pour estimer de l’état physique de celle-ci… je restais silencieux et je regardais les deux alternativement, jusqu’à ce qu’Elena nous fasse part de son diagnostic. Un diagnostic qui me plut à moitié et je tus les conclusion s quand elle parla de morsures. Il s’agissait d’un venin donc. De quel genre d’animal ? Le premier qui me venait à l’idée était un serpent mais il y avait bien d’autres bestioles qui mordaient pour injecter un venin…

« Intéressant… »

Intéressant et terrifiant. Finalement, je demandais à Elena pour en avoir le cœur net.

« Mais ne serait-il y pas possible de récupérer le venin d’un animal pour le faire ingérer ? Ce serait plus discret qu’une morsure tout en ayant des effets aussi dévastateurs ? Enfin, je n’y connais rien, mais je me disais que ce serait efficace… on ne soupçonnerait pas un venin… »

Je plongeais les yeux dans le vide en réfléchissant. Le problème c’était que personne ne pouvait être convié au palais comme ça pour une autopsie, ce serait trop louche… et ce serait bien trop tard… alors comment faire ? Une multitude d’idées se percutaient au sein de mon esprit… mais aucune n’avait l’air bonne... alors dans ce cas, je n’avais pas le choix…

« Connaitrais-tu quelqu’un qui puisse l’identifier ? »


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