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 :: L'histoire Ambrosienne :: Palais impérial :: 2nd étage

[Clos]L'heure de la mort, Dieu seul la connaît ; la reculer est impossible, l'avancer est un crime.

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Hélène de Valene
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MessageSujet: [Clos]L'heure de la mort, Dieu seul la connaît ; la reculer est impossible, l'avancer est un crime. Mar 31 Jan 2017 - 11:59
J'avais envoyé quelques servantes m'étant dévouées recueillir des informations sur la mort du Prince Consort. Mort, bien qui ne m'inspirant pas de peine, m'avait l'air douteuse.
Elles étaient revenues en pépiant, s'ébrouant, sautillant au tour de moi telles un cyclone alors que je semblais en être l’œil. Partageant en même temps ce qu'elles avaient appris dans un brouhaha aiguë. je dus faire preuve de fermeté afin de pouvoir saisir ce que chaque fille désirait me dire.

D'un geste, je désignais une de mes filles :
-La grosse Marie des cuisines m'a affirmé que lorsque le Prince consort avait trépassé, ses hurlements se sont faits retentir dans tout le pays ! S'étonna Suzie, une jeune servante rousse à la petite poitrine encore trop naïve pour vraiment m'être utile.

Je me tournais alors vers celle vers la cheminée :
-Non !! Carlos le sommelier pense qu'il s'est trop épanché sur la boisson et qu'elle lui a tordu le ventre ! s'énerva Juliette toute aussi jeune.

Je lui sourit, lui caressa la joue et me retourna vers une jeune femme plus expérimentée, Caroline se tenait là, nonchalamment appuyée contre le rebord de la fenêtre, l'air pensive.

-Il a été empoisonné, Ma Dame. On ne sait ni par qui ni pourquoi mais il est bien mort. Les autres reviendront vous voir d'ici demain, beaucoup au palais auront eu la langue déliée.


Ainsi Caroline avait pris les rênes de mes petites oreilles furtives... Soit, tant qu'elle n'aurait pas trop d'ambition cette place lui conviendrait.

-Ce sont bien les propos que l'ont m'a tenu plus tôt.
Suzie, Juliette ne vous laissez pas convaincre par le premier venu.
Caroline, tu me feras un rapport de ce qu'elles ont appris
.

Je me retournais vers le miroir en face de mon lit, je devais finir de me préparer.


*********   *********


J'avais choisi un robe bordeaux, au décolleté plongeant faisant ressortir mon pendentif, quelques bagues habillaient mes mains et accentuaient la finesse de mes doigts.
Alors que je marchais le long d'un couloir en direction de chez Lilith, je ressassais les événements de ces derniers jours. Outre les quelques affaires qu'il me faudrait régler au Grand Théâtre, mon ex-fiancé qui me menaçait mortifié qu'il était,  Elrich avait été tué.
Je ressentais une immense peine pour ma bien-aimée, elle qui devait souffrir si fort dans ses appartements.
J'imaginai qu'elle avait renvoyé ses gens afin d'être seule sans être dérangée.
Je savais qu'au moment ou je rentrerai chez elle, elle me regarderait d'un air de défi, sous-pesant ma sincérité à son égard et à celui de son défunt mari.
Je serais forte et impassible.

Peut-être n'avait-elle rien mangé depuis cette tragédie ?
Je changeai brusquement de direction et m’enfonça le long d'un escalier en direction de  la cuisine.
Alors que je poussai le battant de la porte, j'entendis beugler la grosse Marie qu'il fallait vite égorger un porc pour le soir ou sinon cela serait un des apprentis qui y passerait.
Ah ça, elle n'allait pas de main morte. C'est bien pour cela qu'elle était la meilleure cuisinière de la ville.
Je m'approcha doucement de la table ou elle pétrissait une pâte et attendis qu'elle me voit.
Je n'aimais pas déranger et Lilith ne m'attendait pas. J'avais tout mon temps.
Elle releva la tête, ses yeux s'écarquillèrent sous la surprise de voir la première favorite de l'impératrice dans sa cuisine. Elle s'essuya ses mains blanche de farine sur son tablier taché de jus de viande.

-Dame De Valene, commença-t-elle en me saluant de la tête, qu'est-ce puis-je faire pour vous ?

Je lui souris tendrement.

-Bonjour la Marie. Je souhaiterais acquérir quelques douceurs pour sa majesté. Mettez moi un plateau. Rajoutez-y un saucisson, ce gros morceau de fromage sur l'étagère là ainsi qu'une miche de pain.

La Marie se retourna aboya ordres et menaces sur ses commis et s'empressa de me confectionner un panier remplis de nourriture.
Lilith serait contente ou du moins l'espérai-je.

Après avoir remercier le personnel de cuisine, je me dirigeais lentement vers le jardin.
Quelques fleurs résistaient à l'automne encore doux pour la saison. Je cueillis quelques roses jaunes et les mélangea avec des blanches.
J'aimai la douceur qui se dégageait de ce bouquet. Ni trop joyeux, ni trop triste. Adapté en ces circonstances.

Je parcourus les quelques mètres restants à la recherche de ce que je pourrais bien lui dire.
J'étais trop honnête pour lui mentir ou simuler une peine que je ne ressentais pas.
La mort a du bon, elle fait des veuves.
Je m’arrêtai devant sa lourde porte. Deux soldats y montaient la garde, armés jusqu'au dent que ce soit par une épée, un arc ou les différents poignards que je distinguais dans les anfractuosités de leur armure.
Tout comme le mien était caché dans ma botte droite.

-Moi, Hélène de Valene, requiert audience auprès de l'impératrice Lilith de Choiseul.
Veuillez m'annoncer je vous pris afin de me permettre de la voir.


A peine eu-je fini que la porte s'ouvrit et une main apparut dans l'embrasure de celle-ci, m'invitant à rentrer.
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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [Clos]L'heure de la mort, Dieu seul la connaît ; la reculer est impossible, l'avancer est un crime. Mer 1 Fév 2017 - 0:07
Le verre se pose sur le guéridon d’une table, quelques gouttes de vin sacrifiaient à l’abandon en son fond, j’observe le monde ou le monde m’observe.

Lassée des esprits pleurnichards de pacotille, je suis remontée depuis un long moment à mon étage, recluse. Signe de deuil, le droit à la solitude, je préfère travailler à mon bureau ici que partout ailleurs. Après les larmes, même si je ne sais pleurer, la douleur, voici la colère. Froide, sourde, brutale…je veux savoir qui est de cet origine, je le saurais.

Hugo de Voisin s’est aventuré à mes appartements, mon premier Ministre est un homme lassant, répétant le protocole, m’assurant les hommages Eskroi, Raclusien, bref, de quelques noms à placer, de ses proches connaissances, cet homme me sort par les yeux, je l’ai congédié.
Il se fait vieux de toutes manières, il était déjà au service de mon père. 65 bientôt, j’ai toujours pensé que si c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs soupes, à moment donné, il faut pourtant acheter de nouvelles marmites. Cela vaudra pour Richard le jour où il sera trop vieux, mais lui aussi devra partir à la retraite. Je ne fais pas dans le modernise, je ne changerais pas si je n’ai pas meilleur, mais il vient un âge où il faut savoir raccrocher.

Pour l’instant je suis loin de tout cela. Tellement….

-Madame ? Demande une voix. J’ai frappé ma dame, mais vous ne m’avez pas répondu.

-Pardonnez-moi Baptiste, j’étais ailleurs.

-Mademoiselle de Valene est aux portes. Elle aimerait…

-Laissez-là venir.

Le majordome hoche la tête, referme la porte du bureau et je passe une main sur mon visage. Hélène…voilà la venue de la troyenne. Je ne m’en réjouis pas, l’amour pour Hélène est une chose complexe, comme une tourmente éternelle, mais l’Empire est plus grand, plus fort, c’est son rival. Elle a sur moi une emprise dont elle ignore tout, ou qu’elle ne soupçonne pas, la lutte est ma souffrance.
Nul doute qu’elle le savait, je n’ai jamais menti.
Mais elle est rêveuse et romantique, qui suis-je pour lui reprocher ce qui me plait tant ?

Me détournant de la fenêtre, j’enjambe l’un de mes chiens. Dormant dans la pièce, deux molosses danois, aussi grands que féroce, l’un au pelage blanc et noir, l’autre gris anthracite, ils redressent les têtes pour m’observer. Ce sont des présents d’Elrich, des « gardes du corps » bien meilleur selon lui.

Les douleurs ont commencé à disparaitre, de l’enfant il reste un faible souvenir, juste une sensation d’épuisement, drapée de noire encore, couverte par le deuil, sans décolleté, sans bras dévoilé, la chevelure endimanchée dans une complexité qui me ressemble, je ne sais si je dois me tenir au bureau ou autre, préférant la simplicité, je me ressers un verre de vin…

Le Majordome mène Hélène, il est vieux, il la connait, il l’apprécie, l’homme dévoué mourrait plutôt que de faire des commentaires ou colporter des ragots, il en existe, il est heureux de la voir, qu’elle me porte un plateau, sans se permettre, il encourage d’un sourire quand il ouvre la porte, nul doute qu’il connait ma dureté.

Le verre entre mes mains, je suis pensive à son entrée, subitement loin, sans savoir, à regarder droit devant moi, de profil. Il me faut quelques instants pour revenir et me tourner. Quelle envie puis-je avoir ? Je n’en sais rien…

-Bonjour douce Troyenne.

J’ai envie de calme…j’en ai besoin. Mais je sais que les choses déraperont, de l’instinct, je me connais, je suis un monstre quand je m’y mets. Le majordome s’en va.

-Tu n’étais pas sur les listes des pleureurs inconsolables. Soufflais-je. Sait-elle de quoi je parle ? Dans un sens…j’en suis heureuse. Cela voulait dire qu’elle ne tenterait de tromper personne et cela avait de l’importance. Es-tu au moins chagriné que je sois triste ?

Je ne peux m’en empêcher, la franchise, c’était ce qui m’importait, avec elle, en tous les cas, ça l’était. Elle pouvait même me dire qu’elle était heureuse de la mort d’Everard…je préférais sa franchise que tout le reste, elle n’était pas une vulgaire courtisane de la cour après tout…



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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: [Clos]L'heure de la mort, Dieu seul la connaît ; la reculer est impossible, l'avancer est un crime. Jeu 2 Fév 2017 - 13:25
Je parcourais lentement le couloir séparant la porte de ses appartements à celle de sa chambre.
J'aimais regarder à nouveau cette tapisserie aux motifs géométriques, ce sol fatigué par les nombreux  pas s'étant posés dessus, cette table ou combien de fois j'avais joué aux cartes avec Lilith.

Baptiste, le Majordome, que j'appréciais beaucoup semblait rassuré de me voir, comme si j’étais la seule personne capable de redonner un brin de vie ou en tout cas d'espoir à l’impératrice.
Ce titre...
Pour moi ce n'était rien de plus qu'un titre. Un rôle qu'elle devait jouer sans cesse mais qu'elle pouvait abandonner ici, à l'abri des regards.
De même qu' à la fin de d'une représentation d'une pièce  dans laquelle j'avais joué, je rencontrais parfois des personnes ayant apprécié le personnage. Pas moi, le personnage.
Je restais dans mon rôle, changeait ma voix, mes gestes, ma démarche. Je pouvais draguer, pleurer, insulter. Ce qui appartenait à la scène restait à la scène.
La seule différence entre Lilith et moi finalement est que se cène s'étendait sur tout le pays, continuellement. Tandis que moi, elle restait recluse au Grand théâtre, le temps d'un spectacle.
Aujourd'hui, elle aurait certainement besoin d'une pause, de pouvoir être elle-même, ne pas se forcer à écouter de fausses condoléances, devoir consoler sa coure alors que peu ne connaissait personnellement Elrich.
La douleur a ses hypocrites comme la joie ; il en est qui appellent sur eux la pitié et les condoléances, comme d'autres appelleraient les félicitations ; c'est toujours l'amour-propre ou l'intérêt mis en jeu.

Je m'étais arrêtée devant le seuil de sa chambre. Sans m'en rendre compte absorbée que je l'étais par mes pensées.
Après un sourire, le majordome me poussa légèrement dans le creux des reins et referma la porte derrière moi.
Je perçus tout d'abord le verre de vin rouge sang, plein, à la main de mon amour.
J'étais quasiment sûre de la voir trembler, elle pourtant si assurée habituellement.
De profil, je pus appréhender la courbure de ses sein sous sa robe noire, la grâce de son corps depuis longtemps interdit.
Elle ne se tourna pas tout de suite vers  moi. Restant stoïque, de profil, ne me regardant pas.

Mon regard se baissa et se posa sur ses deux colosses.
Elrich lui les avait offert quelques temps auparavant. Je les détestais depuis la première heure. Une telle loyauté envers leurs maitres...
Je suis sûre qu'outre le fait d'avoir de bons chiens de garde, il voulait être certain que personne ne n'oserait venir dans sa chambre. Que je ne pourrais venir.
Je les ai toujours vu comme un rempart entre Lilith et moi, telle deux rives d'un fleuve ne pouvant se rejoindre faute d'un pont.
Désolé Prince, je suis encore là. Et toi non.

Elle se tourna vers moi, je n'osai la regarder.

-Bonjour douce Troyenne


-Ma chère Lilith lui répondis je, en baissant la tête

L'envie de la prendre dans mes bras et la protéger du monde m'effleura d'abord l'esprit pour me tordre la poitrine ensuite.
Sentir son corps contre le mien, son souffle sur ma nuque, nos visages si proches.
Mais elle ne me l'autoriserait jamais.
Même avec le Prince Consort parti, elle était en deuil. Je n'osai penser à Everard s'il nous trouvaient là.
Je me dirigeai vers son guéridon afin d'y poser le plateau, nul doute que son vin ne se trouvait pas loin.

-Tu n’étais pas sur les listes des pleureurs inconsolables.
Souffla t elle Dans un sens…j’en suis heureuse.

Mes mains se stoppèrent alors que le plateau n'était qu'à quelques centimètres du socle, elle frémirent.  Je raffermis ma prise et le posa en douceur. Le bouquet de fleur reposait sur le fromage entre les gâteaux, le pain et le saucisson. Il commençait déjà à embaumer la pièce de son doux parfum.

Je n'étais pas avec ces hypocrites, non.

-Qui suis-je pour pleurer une mort alors que je n'en chérissais pas la vie ? Qui suis-je pour vous demander réconfort alors que vous semblez être celle qui en a le plus besoin ?
Qui serais-je pour ne pas vous dire la vérité ?


Je me dirigeais la fenêtre, il me fallu enjamber le chien, celui qui était noir et blanc et me faisait penser à une vache. Je n'aimais pas les vaches.

-Es-tu au moins chagriné que je sois triste ?

Je ne me retournais pas vers elle, me contentant d'observer la vue magnifique qui s'offrait à moi. Je respirai profondément et déclamai :

-La tristesse est à la mélancolie ce qu'une nuit pleine de nuages est à une pâle journée d'automne. Dans l'une, le soleil a disparu ; dans l'autre, il se laisse entrevoir à travers la brume et le feuillage décoloré. La tristesse est le deuil et le regret du bonheur qui nous fuit ; la mélancolie est la langueur et le rêve des joies qu'on ne peut atteindre. La tristesse se nourrit de souvenirs et de larmes, et la mélancolie se nourrit encore d'espérances, mais d'espérances où le sourire est mêlé de pleurs.

Je pivotai doucement sur moi même, et la regarda pour la première fois avec attention.
Elle n'avait pas du dormir depuis quelques temps, elle paraissait crispée, prête à exploser.

-Mon aimée, t'es tu laissé à pleurer ?

Je lui tendis une main, à elle de décider.
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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [Clos]L'heure de la mort, Dieu seul la connaît ; la reculer est impossible, l'avancer est un crime. Jeu 2 Fév 2017 - 14:05
Formalité des salutations, je la regarde, je suis si lasse, si loin, si épuisée. Des lettres sont parvenues, des télégrammes, en plus des faux semblants, des pleureurs de papiers, des menteurs de réconforts. Déjà, on me plaint, on lèche mes orteils avec l’encre déposée en des mots faux que l’on donne pourtant par politesse, par intérêt. Personne ne souffle implicitement qu’il désire prétendre la place d’Elrich, la chose est prématurée, il est à peine froid et pas encore inhumé. Mais je sais reconnaitre sous leurs atours, les courbettes, les intentions. On envoie une personne précise, une autre parle de son fils, de sa fille, des prétendants en tout genre que l’on nomme pas ainsi, mais on glisse son nom.

Dans un mois, ils pourront commencer à donner leurs noms comme des chiens affamés, dès les deux mois de veuvage obligatoires, ils pourront courtiser, six mois de cours et à l’échéance, quatre mois pour me décider avant que le délai ne fasse hurler le monde et les espérans. J’aurais eu l’enfant, je n’aurais jamais repris de mari…enfin, je dis cela, tout n’est pas si simple…

Tous tenteront, je ne sais dans quel espoir, le Protectorat commencera à se rappeler à moi, mais il est impossible de céder. Nous avons tenus notre accord, presque, il manque un héritier, je n’ai pas fait l’affront au protectorat de parler de l’enfant mort, Everard sait, soit je mens encore à leur faveur, soit je devrais l’avouer…la seconde solution risque d’être envisageable…il faut que j’en parle avec Everard pour la cérémonie.

Tout est si compliqué.

Et je viens à me demander si Hélène s’amusera à se déclarer prétendante. Les matriarches des Haute Chair de Thémis ont tout autant un héritier qu’une héritière, elles ne se priveront pas d’envoyer les deux, je connais Séraphine pour ses audaces après tout.

Chassant de mon esprit ces considérations mal venues, je regarde la Troyenne, détaillant son visage comme je l’ai toujours fait, notant le chocolat de son regard et la courbe de ses cils. J’avais été première à voir l’autre, j’avais désiré dès le départ, j’avais pris…m’en voulais-je ? Non.

Faisant remarquer son absence des pleureurs, je ne dis rien, ce plateau, ces fleurs, je ne veux rien dire pour le moment, préférant être imperturbable.

-Tu ne serais sûrement pas Hélène en tous les cas.

Laissais-je échapper sans heurt, mais ne pouvant éviter une question alors qu’elle se rapproche et sous les mots appris par cœur de prose, jel’écoute me répondre, tourner et me poser cette étrange question.
Pas de changement en elle, toujours le souci de me faire parler ou éprouver des émotions. Je ne saisis pas sa main, préférant rompre nos centimètres distants pour déposer un baiser sur sa joue, lent et doux, pas de maquillage ne se délaisse sur sa peau, je porte le deuil, de ce  simple fait, les lèvres d’une dame ne doivent point être attrayante, cela serait une offense un peu de noir surles pupilles n’est pas choquant, mais les lèvres doivent rester sans surplus.

-Pleurer, tu as toujours de drôle d’idée.

Pudeur de sentiment et fierté, deux choses poussant la certitude de ce manque. Je lui souris tristement et détourne le regard, un claquement de langue réveille les chiens qui se redressent abruptement.

-Allons-y.

Mais où ? Je ne vais pas le dire.
Pense-t-elle que nous restons à cet étage ? Hélas pour elle…dieu sait combien de courtisan l’ont vu entrer, piaillant déjà les rumeurs des couloirs et je ne veux pas risquer l’incident diplomatique, il nous faut donc partir de cet endroit. Et descendre les escaliers, marcher dans le palais, à la vue de tous, je l’oblige donc à se tenir…à une autre époque, nous ne tenions pas ! Mais aujourd’hui…

-De toutes façons, je n’ai pas faim.

Ma main saisit pourtant une fleur et la garde, faisant tourner la tige entre deux doigt. J’ai fais sortir de la chapelle Everard, mais au fond de moi se tient une peur viscérale, son frère y est mort, et si…il mourrait au même endroit, si affaiblit par son jeune, une ombre venait frapper ? La perte d’Elrich me rattache à la seule personne qui comprends la perte, nous partageons un deuil lourd, et je veux tenir le souvenir, essayer de nous entendre, bien entendu avec cela, je n’aide pas, mais je resterais sur mes positions.
Il a un lourd travail cérémonial, il peut jeuner, mais jeuner ne veut pas dire ne pas dormir, il doit au moins faire cela.

-J’ai pleuré, tu le sais, mais pourquoi me le demander ? Tu sais que j’exècre montrer ce genre de chose, espères-tu encore que mon cœur se fragilise un peu, pour montrer à tes yeux que je suis moins froide que je puis le montrer ?

C’est beaucoup plus compliqué qu’elle ne le croit. Je suis un emblème, je ne peux pas montrer mes faiblesses, je ne pleure peut-être pas, mais mon visage fatigué et cet air déchiré ne dissimules rien. Je suis triste, j’ai perdu une moitié…je suis amputée.
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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: [Clos]L'heure de la mort, Dieu seul la connaît ; la reculer est impossible, l'avancer est un crime. Ven 3 Fév 2017 - 23:44
Alors que j’espérais qu'elle prenne la main que je lui tendais et sentir à nouveau sa peau contre la mienne, elle s'approcha subitement pour m'embrasser la joue, doucement, tranquillement.
Je fermais les yeux, douce émotion qu'est l'amour.
Une douleur dans ma poitrine survint immédiatement me bloquant la respiration. Mon corps se figea sous la surprise, je n'étais pas préparée.
Ses lèvres me paraissait plus froides qu'à l'époque mais ni l'odeur ni la douceur de sa peau n'avait changé.
Elle n'était pas maquillée comme lors de nos réveils,  le matin, après avoir passées la nuit ensemble. La chevelure emmêlée dans celle de l'autre, entrelacés l'une contre l'autre, nos rire partagés...
Trop de souvenirs.

-Pleurer, tu as toujours de drôle d’idée.


Je rouvris les yeux.
Elle me sourit.
Souffrance.
C'est alors qu'elle claqua sa langue contre son palais faisant s'agiter les deux monstruosités à ses pieds.
J'avais sursauté. J’espérai qu'elle ne l'avait pas remarqué.

-Allons-y, me dit elle en se dirigeant sur le champs vers la porte.

Ainsi, nous ne resterions pas ici, loin des regards, seules.
Je jetai un coup d’œil vers les victuailles que je lui avais apporté, vers le bouquet que je lui avais cueilli.
En faisait-elle exprès ? Me montrait-elle qu'en toutes circonstances elle resterait dure  et distante envers moi? Me connaissait-elle aussi mal pour penser que je profiterais de sa faiblesse en ce moment de deuil ?
Je désirais rester dans ses appartements. Cela faisait quelques temps que nous n'avions pas réellement été ensemble. Cependant, si elle avait  une aussi piètre opinion de moi alors nous pouvions errer dans le palais.

-De toutes façons, je n’ai pas faim., ajouta-t-elle

Avait-elle compris ma déception ?
Je la regardai prendre une des roses du bouquet et jouer avec, pensive.

-J’ai pleuré, tu le sais, mais pourquoi me le demander ? Tu sais que j’exècre montrer ce genre de chose, espères-tu encore que mon cœur se fragilise un peu, pour montrer à tes yeux que je suis moins froide que je puis le montrer ?

-Loin de moi l'idée de te faire du mal en ce moment difficile pour toi, ma lilith. Seulement, je suis navrée mais tu as l'air sur le point d'éclater.
Tu as raison, un peu d'air nous feras du bien.


Et tandis que nous sortions de ses quartiers et que nous commencions à descendre l'escalier, je compris.
Elle était préoccupée et ce n'était pas la mort d'Elrich à laquelle elle pensait à ce moment. Ce n'était pas de la tristesse que je voyais dans ses yeux, je retrouvais sa manière froide de calculer et de prédire les évènements.
Chaque homme ou femme nous regardait ou plutôt observait avec qui l'impératrice passait son temps au lieu de pleurer son défunt mari à la chapelle.
J'imaginai très bien les possibles ragots qui tournerait dès ce soir au palais. J'entendrai des diffamations de toutes parts ou plutôt mes filles les écouteraient. D'aucun ne seraient assez courageux pour venir me voir directement.
Je réalisais tout d'un coup la prison dans laquelle elle était enfermée. Qu'importe Elrich, à leurs yeux, je doutais même qu'ils ne la considéraient comme humaine.

Je me retournais brusquement vers elle, les chiens grognèrent.
Je lui chuchotais à l'oreille, la main sur son épaule:

-Tu te rappelles la porte dérobée au fond du jardin, celle à côté de la souche d'arbre ?
Te souviens tu ou elle mène ? Cela fait longtemps, je sais.
Viens, allons respirer quelques heures.
Retournons-y

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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [Clos]L'heure de la mort, Dieu seul la connaît ; la reculer est impossible, l'avancer est un crime. Dim 5 Fév 2017 - 23:09
Il y a des choses, des instants, des petits riens dans la vie qui peuvent devenir plus gros qu’on ne le voudrait. Sa main sur mon épaule cause une électricité, venant souffler dans mon regard une lueur glaciale, tombant sur elle comme un froid polaire, capable de figer les cœurs dans un ultime battement. J’ai parfois la sensation qu’elle va me faire tout perdre, en faisant effondrer sous mes pieds le sol tremblant que le monde entier s’’amuse à frapper pour le rendre fragile.

Réfléchit-elle de temps à autre ? Comprend-t-elle ? Je ne sais pas et en même temps c’est ce qui m’a toujours plu. Elle est si loin de ces carcans, loin de ces choses, éloignée de tout, protocole, obligation, responsabilités, elle est Hélène et en plus elle est la comédienne, s’incarnant de façon volage, mais restant la même.
Comment peut-elle ne pas comprendre ? J’avais été folle dans ma jeunesse de vouloir l’évasion, de la vouloir, aujourd’hui j’en payais le prix et je lui en veux dès ces mots prononcés. Avoir envie. Oui, m’enfuir, laisser derrière mais je ne suis pas une enfant, je ne peux pas.

-Pourquoi veux-tu toujours me tourmenter troyenne ?

Lâchais-je entre mes dents, sous les regards désireux de parler, rien que cette main, je repousse mon épaule, assez délicatement pour ne pas faire ombrage, je me tiens, oui, je suis obligée, mais parler comme si de rien n’était. Quand elle éveille une envie de hurler….ma pauvre Hélène, je suis un monstre.

-Disparaitre, partir, en ta compagnie ? Ne vois-tu pas qu’ils se régalent déjà de pouvoir narrer ces minutes seules dans mes appartements, se réjouissant de pouvoir déclamer que je suis heureuse de sa mort et toi, tu veux m’emmener ? Et tu éveilles-moi l’envie de souffler, de disparaitre tout en sachant que je ne le ferais jamais. Cette porte était l’insolence d’une Princesse.

Je me calme, son intention n’est rien enrobée de malice, je le sais, je la connais ou je veux la connaître. Je soupire et passe une main sur mon visage un instant. Les marches du grand escalier nous nos pas disparaissent peu à peu.

-Je suis désolé Hélène, nous ne pouvons plus et tu le sais. Je ne te rejettes pas, et je voudrais être moins fâchée quand tu penses à me faire souffler un peu, mais je crains toujours que tu espères plus de moi. Plus que tu as toujours attendu.

Je lui souris, avec bienveillance, ne pouvant pas toujours être horrible avec elle, la mort d’Elrich doit m’apprendre à calmer mes froideurs, mais je ne sus pas certaine de savoir un jour.
Je la regarde pourtant, parvenus en bas de l'escalier, je lui fais signe de prendre la droite vers le couloir d'un salon de discussion, dans lequel nous pourrons être, visible, sans que les gens de la cour ne se permettent pour autant d'y rentrer.


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MessageSujet: Re: [Clos]L'heure de la mort, Dieu seul la connaît ; la reculer est impossible, l'avancer est un crime. Lun 6 Fév 2017 - 12:59
-Pourquoi veux-tu toujours me tourmenter troyenne ?

Je la sentis se dérober. Dégager son épaule, et de part l'expression de son visage, je devinai à quel point je l'avais blessée.
La torturer ?? Non. Juste prendre soin d'elle, pas même pour qu'elle me remercie, juste pour elle afin qu'elle puisse respirer, relativiser, pleurer la mort de son bien aimé.
Mais la coure lui interdisait cela. Porter le deuil, oui. Mais un deuil mondain fait de protocole.
Se rouler par terre hurler sa peine à la lune, et se proster dans son lit. Non. Cela n’était pas admis.

J’espérais évidemment toujours. Je me perdais souvent à imaginer qu'elle laisserait tout tomber pour moi, qu'elle viendrait voir chacune de mes pièces, qu'elle m'encouragerait et que je la retrouverais aussi insouciante que lors de son adolescence..

-Disparaitre, partir, en ta compagnie ? Ne vois-tu pas qu’ils se régalent déjà de pouvoir narrer ces minutes seules dans mes appartements, se réjouissant de pouvoir déclamer que je suis heureuse de sa mort et toi, tu veux m’emmener ? Et tu éveilles-moi l’envie de souffler, de disparaitre tout en sachant que je ne le ferais jamais. Cette porte était l’insolence d’une Princesse.

Je n’étais que cela pour elle, une rébellion ?
Je me fichais proprement des qu'en dira t on. Ne comprenait elle pas ? Je n’étais qu'empathie et compassion à son égard.
Je la connaissais depuis plus de dix ans maintenant, je savais reconnaître lorsqu'un trop plein venait, l'engloutissait et la sugmergait. En aucun cas, je ne voulais qu'on ne médise d'elle, de nous. Mais je ne voulais pas qu'elle y perde sa santé.
Elle ne voulait pas fuir. Soit.
Je lui reproposerais de nuit lorsque les couloir seront vides, que les courtisans dormiront ou seront trop ivre pour se rendre compte que même l’impératrice parfois pouvait avoir besoin de prendre l'air, seule et apaisée.
Putain.
Elle allait dépérir à continuer comme cela. Peut-être Everard serait-il d'accord avec moi ?
Peu de chance. Il était tellement attaché au protocole qu'il n'aurait même pas toléré que j'arrive à l'improviste chez elle.

-Je suis désolé Hélène, nous ne pouvons plus et tu le sais. Je ne te rejettes pas, et je voudrais être moins fâchée quand tu penses à me faire souffler un peu, mais je crains toujours que tu espères plus de moi. Plus que tu as toujours attendu.

Elle ponctua cette phrase d'un doux sourire, alors que moi j'avais perdu le mien.

-Je ne souhaite que ton bonheur, Lilith. Je t'aime, oui. JE t'attendrais toujours, oui. Voudrais je te faire souffrir ? Non. La seule chose que je désire actuellement serait que tu puisses te retrouver un peu. Loin des courtisans, loin de tous. Même de moi.

Une fois arrivées en bas de l’escalier, elle me fit signe d'aller sur ma ma droite et de rentrer dans un petit salon chaleureux et douillet.
Nous nous essayâmes l'un en face de l'autre, chacune sur un fauteuil, visible aux yeux de tous bien que personne ne pourrait nous entendre.
Caroline apparut au coin de mon œil, gênée, pas habituée à croiser l'impératrice. Je lui fis cependant un signe de la main . Elle arriva, me tendit un petit bout de papier et s'en alla prestement.
Je le lisai, le replia et le rangeait dans une poche de doublure de ma robe.


-Très bien, mon amour.
Tu n'as pas l'air de vouloir t'évader, respirer, décompresser.
J'imagine donc que tu dois être en chasse de son assassin.
En quoi puis je t'aider ?
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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [Clos]L'heure de la mort, Dieu seul la connaît ; la reculer est impossible, l'avancer est un crime. Ven 10 Fév 2017 - 22:30
Je ne sais jamais comment faire avec Hélène, ma pudeur me pousse toujours à faire le pire et elle accepte. Alors, je suis perdue. Je ne sais plus et je sens mon cœur souffrir de lui faire de la peine. J’ignore comment elle fait, je me serais déjà envoyé paitre une dizaine de fois, mais elle non, elle continue. Elle est là, elle tient bon, et au fond de moi, je me dis qu’elle sera toujours là, pour l’éternité. Malgré tout…pourquoi ?

Pourquoi faire ça Hélène ? Tu es courtisée, tu pourrais redorer ton honneur, reprendre ta liberté et pourtant tu restes. J’ai toujours pensé que tu étais ma plus fidèle amie, j’aurais du me satisfaire d’une amitié, mais je n’ai pas su.

Dans le petit salon, mon esprit est épuisé, je l’entends parler, alors que seules mais à la vue de tous, nous nous tenons, je secoue la tête à ses mots tendres, pourquoi faut-il qu’’elle en utilise ? Il suffit que des oreilles se tendent pour entendre, mais fort heureusement, nous sommes éloignés. Une de ses filles arrive, les gardes l’empêche de passer un instant mais je fais signe de laisser. Je la regarde faire, la demoiselle a la bienséance d’une rapide révérence et voir cette fille me fait réfléchir.

-J’imagine que tes filles peuvent rôder pour savoir qui peut avoir sû quoi au sein du palais. Mes yeux se posent sur Elle. Cela serait une aide précieuse, je fais confiance à mes hommes mais je te fais tout autant confiance. Et je ne veux rien laisser de côté.

Non, je ne veux absolument rien abandonner, je veux des milliers de solutions, des réponses, des aides, je veux tout. Pour Elrich je veux tout et mes nerfs sont à vifs, mon humeur lui prouve bien. Cherchant à m’adoucir, essayant, je détourne mon regard vers la fenêtre, dehors, la pluie tombe doucement, venant frapper sur les carreaux.

-J’ai aussi besoin de savoir qui a préparé mon thé pour le soir, et le chemin qu’à pu faire ce thé jusqu’à moi. Tes filles…certaines sont idiotes, je le sais très bien, mais d’autres sont utiles.

Je connais les filles de Hélène, elle pourrait faire plus qu’être comédienne, si elle le voulait, mais je ne peux la contraindre à cela, il faudrait qu’elle veuille et elle préfère ses planches. Elle est belle sur une scène, plus impériale que moi parfois même.

-Que disait ce papier ?

Demandais-je en la fixant, curieuse. Si on nous interrompt pour le rapporter, alors, il doit être réellement important. Va-t-elle me dire ? Ou se taire ? Je n’en sais rien. Mais je lui souris, essayant d’être plus douce, mais mes traits sont tirés par la douleur que je ne peux cacher, par la peine que je ne veux cacher.


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Hélène de Valene
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MessageSujet: Re: [Clos]L'heure de la mort, Dieu seul la connaît ; la reculer est impossible, l'avancer est un crime. Dim 12 Fév 2017 - 17:43
J’imagine que tes filles peuvent rôder pour savoir qui peut avoir sû quoi au sein du palais. Mes yeux se posent sur Elle. Cela serait une aide précieuse, je fais confiance à mes hommes mais je te fais tout autant confiance. Et je ne veux rien laisser de côté.

Il allait falloir que je lui livre les quelques informations que j'avais réussi à glaner aujourd'hui. Si Caroline s'était permise de nous interrompre c'est qu'elle était persuadée de la véracité des faits qu'elle avait écrit en hâte sur ce petit bout de papier. Je lui faisais confiance. Brave petite. Elle ferait une très bonne actrice sur scène, il faudrait que j'y pense...

Il est sûr que lorsqu'elles déambulent dans le palais, elles font attention à chaque phrase entendues, à chaque personne vue. Beaucoup diront que ce sont de vrais pipelettes, mais peu savent qu'elles écoutent tout autant.

J'étais mal à l'aise, cela me rappelait le jeu auquel nous nous adonnions plus jeunes, tant de souvenirs à remonter à la surface...

-J’ai aussi besoin de savoir qui a préparé mon thé pour le soir, et le chemin qu’à pu faire ce thé jusqu’à moi. Tes filles…certaines sont idiotes, je le sais très bien, mais d’autres sont utiles.

Pourquoi voulait elle savoir qui avait préparé son thé ? Le chemin qu'il avait pu faire ? Elle n'avait pas été empoisonnée à ce que je sache. Elle n'était pas aux côtés d'Elrich dans la chapelle. Pourquoi me demander cela ? Me cachait-elle quelque chose ?

Certaines sont encore jeunes et ne réussissent à faire le tri dans ce qu'elles comprennent. D'ici quelques années, elles seront prêtes.
Puis-je demander pourquoi te poser autant de questions sur ton thé ou ne désires tu pas en parler ? Sache que dans tous les cas, je trouverais des réponses à cela. Laisse moi un peu de temps.


Il faudrait que je réunissent les filles ce soir, avant mon coucher. Je ne leur laisserais que peu de temps mais si je leur promettais quelques faveurs, j'obtiendrais les réponses pour Lilith bien assez tôt.

-Que disait ce papier ?


Je ne voulais pas qu'elle me pose cette question. Si j'étais sûre de Caroline, cela ne m’empêchait pas de redouter ce que j'allais devoir lui transmettre.
Elle me sourit. Certainement pour m'encourager à parler, pour ne pas avoir peur.

Un homme avec une cape et une capuche lui couvrant le visage a été aperçu au palais le jour ou votre bien-aimée a été empoisonné. Ce n'est peut être rien mais peut-être est ce lui. S'il cachait son visage alors il est aisé de penser qu'il n'est pas inconnu du palais.
Or, s'il dissimulait son identité, c'est qu'il ne désirait pas être reconnu. Dans ce cas, pourquoi se cacher ? Ou est-il allé ? Avec qui a-t-il eu des contacts ?


J'étais frustrée, je n'avais rien. Juste un homme dont le visage n'avait pas été vu. Un homme surement connu de tous. Et si simplement quelqu'un voulant être discret après quelques escapades amoureuses ? un excentrique ? ou bien un tueur ? Trop de possibilités était ouvertes devant nous, trop de choix possibles.
Je n'avais pu lui cacher cette information et s'il était celui que Lilith voulait appréhender ?
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Lilith de Choiseul
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MessageSujet: Re: [Clos]L'heure de la mort, Dieu seul la connaît ; la reculer est impossible, l'avancer est un crime. Mar 14 Fév 2017 - 12:07
Les filles de la favorite, au début, je crois, que j’étais jalouse de ces femmes qui tournaient autour de Hélène alors que j’avais pourtant mis moi-même un terme à notre relation, du jour où mon union avait été scellé. Bien entendu, je n’en dis mot à la troyenne, je n’en ai jamais rien dit, ni des femmes, ni de ses différents fiancés qui ont souvent eu raison de mon humeur, pas tous. Hors je ne puis me permettre de lui faire des remarques à leurs propos, elle pourrait croire que je veux la garder pour moi, éternellement en attente, pourtant, j’aimerais qu’elle trouve elle aussi un bonheur agréable.

-Elles savent tromper les apparences, ce sont des comédiennes, formées par la meilleure. Tu serais vraiment belle en espionne, si tu n’avais pas quelques tendances trop douces.

De mes lèvres c’est un compliment admiratif que je lui fais, j’ignore si elle les comprends encore, je ne sais pas toujours faire preuve e tendresse et quand j’y arrive, ce n’est pas aussi délicat que cela devrait être. En fait, je pense que les compliments se donnent peu, ils n’ont pas besoin d’être forcément dit, j’ai aimé Hélène parce qu’elle est Hélène, en soit, tellement différente de moi.

Je lui parle du thé, car je veux qu’elle se penche là-dessus, ce fameux breuvage est mon ennemi, soit celui ou celle qui me la menait, soit il ignorait et je ne peux décemment confier cela à un esprit de gendarme qui voudra trop savoir pourquoi, qui ébruitera la chose au bout d’un moment.

-Je n’ai pas perdu qu’un mari cette nuit-là. Lui confiais-je en réponse, j’ai bien assez confiance en Hélène pour savoir qu’elle va comprendre et faire sa déduction, mais je fais aussi confiance pour que ses lèvres soient scellées. La demoiselle a de la ressource, comme personne ne peut lui en supposer vraiment. Tu as le temps nécessaire, cela ne reste qu’entre toi et moi, mais je sais que tu as les capacités.

Je le sais fort bien, en tous les cas j’aimerais savoir ce que contient ce papier, pour qu’il soit si important de venir nous importuner pour lui transmettre. J’écoute alors son questionnement et je souris.

-Un espion…un amant de cuisinière…qui sait. Un homme inconnus qui n’exit pas la possibilité d’être dans le rouage qui se trame à nous. Ne te focalise pas sur les mystérieux, tu sais ce que l’on dit ? Rien n’est mieux caché qu’en évidence sous les yeux des autres. Mais ne t’empêche en aucun cas de voir pour cet homme.

C’est une évidence après tout, l’apparition de Baptiste me fait taire, il vient déposer le tabac de mes cigarillos sur le guéridon et disparait d’une révérence formelle et parfaite. Prenant le tabac que je porte à mes lèvres, je gratte une allumette, un instant silencieuse, pensive.

-Tu as remarqué au fait ? Cela fait 6 fois que le Duc de Bretan passe devant cette porte et qu’il regarde en notre direction. J’éteins l’allumette et inspire. On raconte qu’il désire te faire la cour, merveilleux partis, Eskrois mais agréable, intelligent…je pense qu’il ne regarde pas pour moi par ici. Ton ancien fiancé est toujours un ancien fiancé ?

Pourquoi parler de cela ?Pourquoi pas ! Je ne peux mettre de côté les choses alors qu’elles se font sous mes yeux. Je souris à Hélène, je suis bien curieuse de voir sa réaction, ou de parler de son avis sur le duc, un fort bel homme de nos âges, que l’on dit un peu timide…


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