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[CLOS] Quand la peine vous ronge (Everard Zullheimer)

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Mélusine Duval
Ministre de l'éducation et des pupilles
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la peine vous ronge (Everard Zullheimer) Sam 4 Fév 2017 - 3:40
Ne souhaitant pas entrer dans le sujet du deuil, Mélusine fit comme si elle n'avait pas entendu son petit murmure. Oui cela restait toujours vif, mais pour elle qui avait perdu enfant et mari. Elle ne savait pas comment elle aurait réagi si c'était sa sœur. Sa chère sœur qui pourtant comptait énormément à ses yeux lorsqu'elles étaient jeunes, depuis de l'eau avait coulé sous les ponts. Qu'était-elle devenue ? Mélusine n'en savait rien, beaucoup d'années s'étaient écoulées sans qu'elle n'eut la moindre nouvelle. Elles ne s'étaient pas quitté en bon terme. Mais c'était une autre histoire...

Mélusine ne savait pas trop comment se déroulait une journée typique pour un prieur d'Ameth. Certainement beaucoup de prières, de rituels. En ce qui concernait la paperasse, c'était bien là le seul point commun de leur travail. Heureusement que pour la Ministre, il y avait son Secrétaire qui l'aidait là-dessus. Elle ne savait pas comment elle s'en sortirait sans lui. Elle fit un sourire de compréhension au prieur.

La bonne odeur des cuisines lui parvint aux narines. Elle avait à peine pris le temps de boire une demi tasse de thé sans rien d'autre ce matin là, puisqu'elle avait du partir précipitamment pour le rendez-vous avec sa Majesté. Tout le monde en cuisine étaient déjà en train de préparer le petit déjeuner, et de courir partout. Mélusine quitta le bras du prieur en saluant poliment ceux qui passaient devant elle. La petite fille qui se présenta semblait bien polie et si jeune pour déjà être en mesure de travailler en cuisine de si bon matin. Mais la Ministre savait qu'au moins elle avait une bonne place et qu'elle serait à l'abri entre les murs du palais, pas comme les orphelins des bas quartiers.

- J'ai noté le menu, mais vous ne l'avez pas encore avalé, prieur Zullheimer. Elle eut un petit rire poli.

Elle posa la pèlerine ainsi que son manteau trempé dans un coin. Elle portait une simple robe noire à manches longues, son corsage était sobre et laissait apercevoir son médaillon qu'elle ne quittait jamais. Elle vint s'installer à côté d'Everard en soulevant légèrement sa robe pour enjamber le banc, dévoilant de petites bottines de saison. Mélusine n'était pas celles qui dépensaient sans compter dans ses affaires, elle n'était pas à la dernière mode d'Ambrosia, et elle s'en fichait. Elle avait quelques beaux habits pour les cérémonies mais rien d'extraordinaire et toujours dans des couleurs sombres.

Elle remercia la personne qui vint leur servir les tasses de thé. Elle observait toute cette activité lorsque le prieur reprit la parole.

- N'avez-vous pas peur des ragots qui vont sortir d'ici à notre sujet ? A moins que vous ayez l'habitude d'emmener tous les Ministres que vous rencontrez en cuisine ! Elle se mit à rire doucement. Cela ne lui arrivait pas souvent, mais elle cessa d'avoir ce visage glacial un instant. Vous savez, je ne connais pas vraiment tous les endroits du Palais, mais il est vrai qu'on se sent plutôt bien ici. Elle tourna à nouveau la tête pour observer le va-et-vient des plats. Petite fille, elle se souvenait qu'elle aimait traîner dans les jambes de sa mère lorsque celle-ci était en cuisine à préparer de délicieux plats, toujours en quête de chaparder un morceau gâteau ou une friandise qu'elle se partageait avec sa sœur.

Le prieur remettait à nouveau le sujet de la douleur sur la table. Avait-il un besoin de se confesser ? C'était plutôt un comble pour un religieux. Le visage de Mélusine s'assombrit et elle se tient droite en joignant ses mains sur ses genoux. Connaissait-il vraiment la souffrance ? Il suffisait simplement d'aller dans les bas quartiers pour la voir la véritable souffrance. Elle fixa un instant sa tasse de thé sans le regarder.

- Tout le monde se sauve comme il peut. Elle avait dit cette phrase machinalement comme si elle pensait tout haut.

Elle tourna la tête pour croiser le regard d'Everard. Elle avait une question à lui poser, mais n'arrivait pas à savoir comment la lui poser sans que ce dernier ne se doute de quoique ce soit. Peut être était-il temps de commencer le travail plus tôt que prévu...

- Prieur Zullheimer, pardonnez-moi la question, mais j'avoue ne pas bien connaitre votre religion. Dans le culte d'Ameth, pratique-t-on des rituels avec des organes d'animaux ? Elle s'interrompis en le regardant. Peut être que la question était trop déplacé. Je m'excuse si je vous offense, ce n'est pas du tout mon but, c'est une simple question que je me posais.

En espérant qu'il ne la prenne pas pour une folle...
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la peine vous ronge (Everard Zullheimer) Sam 4 Fév 2017 - 14:37
Une fois bien au chaud, même sur un banc de bois simple, c’était assez agréable comme collation, avec une belle femme qui plus est peut-être aurai-je poussé davantage les choses dans un certain sens si j’avais été dans d’autres dispositions, mais à, avec la pression du deuil, le chagrin, j’avais juste envie d’un peu de compagnie tranquille… surtout depuis qu’on m’avait expulsé de la chapelle… oui, bien sûr que ça me restait en travers de la gorge. Sans être rancunier, le geste était d’une telle gravité que forcément, je ne pouvais pas m’empêcher de le ressasser malgré moi. Oui, j’aurai aimé faire abstraction, mais je ne le pouvais pas même si je le voulais ! Ou même si je l’avais voulu d’ailleurs. Après tout, c’était, il fallait le voir pour le croire, un blasphème. Et cela ne me rendais plus qu’amer. Mais bon, inutile de m’acharner là-dessus… je restais silencieux un peu et je prenais une tranche de pain beurré pour mordre dedans légèrement et en mâcher un morceau avant d’avaler. Le mélange était parfait, tout comme la densité du pain noir d’ailleurs, puis je prenais ma tasse et me décidais à en boire une gorgée.

« Je ne crains pas les ragots, ou du moins, ce genre-là, car il n’est vraiment pas rare que je m’isole ainsi avec une personne ou une autre, ne serait-ce que pour la confession de leurs âmes ou le plaisir d’une discussion théologique… je craindrais plus pour vous ma Dame… mais à vous entendre je pense que vous vous en fichez comme d’une guigne, serais-je en train de me tromper ? Et puis… ce n’est pas comme si nous nous bécotions devant les cuisinières. Bien que votre beauté rende cela particulièrement tentateur… mais rassurez-vous je sais me tenir ! »

Je lui fis un sourire charmant après mes propos presque déplacés que je regrettais alors. Mais bon, ce qui était fait était fait, je ne pouvais pas revenir dessus. Je me contentais donc de boire une nouvelle gorgée avant de regarder la tourte au poulet... quel dommage que je jeune, sinon je m’en serais régalé... si j’avais demandé du pain beurré c’était justement pour quelque chose de simple. Pour m’éloigner le moins possible du jeun.

Puis enfin, elle aborda un sujet qui semblait l’intéresser bien plus que le reste cette histoire d’organes animaux pour des sacrifices à Ameth…… je me retins de me vexer ou de m’offenser. Stupides et infâmes divagations et rumeurs de la part de jaloux et d’ignorants…bien sûr que non. Nous ne sacrifions pas d’animaux. Mais sa question laissait entendre qu’elle le croyait au moins un peu… et cela ne me ravissait pas… alors je rectifiais.

« Pas si l’on est croyant, seuls les impies sacrifient animaux ou êtres humains. Puisse leur impiété leur brûler les yeux et les lèvres… nous ne sommes pas des sauvages… nous sacrifions des fruits, ou du temps… ce sont des choses simples. Et dans mon pays il n’est pas rare qu’un agriculteur vienne offrir de la terre de ses vergers à Ameth… de puis, les fruits et légumes qui sont offerts ne sont pas gâchés. Ce n’est nullement l’offrande qui compte, mais l’acte d’offrir. Aussi, les serviteurs d’Ameth distribuent les offrandes aux nécessiteux par acte de charité… »

Le ton avait été peut-être un peu sec, mais il y avait des choses sur lesquelles on ne plaisantait pas…

« Si vous avez d’autres question je suis tout ouïe. Mais sachez que ce qui m’offense n’est jamais une question posée, car c’est une preuve de curiosité et d’intérêt… c’est la parole de l’impiété et de l’ignorance qui m’offense… nul ne devrait parler sans savoir… le monde serait bien moins moche… et il serait aussi beaucoup plus silencieux. »



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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la peine vous ronge (Everard Zullheimer) Dim 5 Fév 2017 - 4:44
La Ministre prenait de petites gorgées de thé encore très chaud tout en écoutant le prieur. Non il ne faisait absolument rien de mal dans les cuisines. Elle eut néanmoins une réaction de surprise lorsqu'il lui fit une remarque un peu déplacée. Non pas que cela ne flattait pas la Ministre, qui en rougit légèrement, mais que le prieur se lâchait un peut être un peu trop à son goût. Elle évitait son regard et baissa les yeux sur sa tasse de thé.

- Hmm... Merci.

C'était donc autour de Mélusine de mettre les pieds dans le plat avec sa question d'organes d'animaux. Évidement, elle n'allait pas dire organes d'enfant, même si son but était de trouver quelques pistes au sujet des orphelins disparus. Mais il fallait aussi creuser côté religion, et ceux qui pratiquent toutes sortes de rituels, même les plus obscurs. Le ton de la voix du prieur se faisait plus dur, il n'avait certainement pas aimé la question de la Ministre, pourtant celle-ci continua sur sa lancée.

- Avez-vous déjà croisé ces impies ?

Peut être que le prieur avait réussi remettre une personne sur le droit chemin, qui sait. Et puis peut être savait-il quelque chose sur leur lieu de culte ? Il fallait profiter de la connaissance d'un homme religieux tant qu'elle l'avait sous la main. Toute piste, même infime, pouvait avoir une importance. Peut être que la Ministre n'allait pas vers le bon chemin en suspectant des rites obscurs, mais il fallait bien commencer quelque part.

Mélusine prit à son tour une tranche de pain beurrée. La tourte avait l'air délicieuse mais peut être trop copieuse. Elle faisait tout de même un peu attention à ce qu'elle mangeait. Elle regarda un instant Everard, et lui sourit, comme pour se rattraper des questions dérangeantes.

- En tout cas, vous semblez avoir bon appétit.

Elle mordit à son tour dans sa tranche de pain, la tenant délicatement du bout des doigts. Il lui était quand même bon d'avoir un peu de compagnie autre que les personnes du Ministère. Elle ne voyait plus grand monde à part eux, mais toujours dans le cadre du travail. Mélusine prenait souvent ses repas seule. Elle n'invitait guère de monde dans sa maison depuis la mort de son époux. Une vie bien monotone mais pourtant elle s'y était faite.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la peine vous ronge (Everard Zullheimer) Dim 5 Fév 2017 - 21:31
Oups, j’aurai peut-être mieux fait de me taire. C’était la première pensée qui m’était venue après l’avoir complimentée… c’était tellement déplacé… la légère mortification se perçut peut-être sur mon visage. En tout cas, je restais silencieux quelques instants sans doute, je ne m’en rendis pas exactement compte. Puis je soufflais légèrement, sur un ton très bas, que seule elle puisse l’entendre – cela ne regardait personne d’autre.

« Je vous prie de m’excuser c’était une parole plus que déplacé. »

Oui, enfin, faute avouée à moitié pardonnée, non ? Dans tous les cas, je me décidais à lui sourire et à répondre à sa question. C’était une question étrange sans doute, avais-je déjà vu des impies ? Oui, mais bien plus au protectorat qu’ici. Là-bas, les règles étaient plus strictes… il ne suffisait pas d’assister à quelques offices n’importe quand pour se prétendre dévoué aux dieux, non, les gens d’Ameth, le peuple d’Ameth même savait ce qu’était la vraie piété…

« Trop d’impies… dans mon pays, nous ne sommes pas aussi laxistes qu’ici. On ne badine pas avec la foi… toute personne ne croyant pas en Ameth est coupable d’impiété, chez nous… mais nous sommes prêts à oublier cela, si la personne se repend et fait amende honorable en se montrant dévote. Certains nous traitent de fanatiques, ou de zélateurs… hélas… certains vont même jusqu’à dire que croire en Ameth n’est rien de moins qu’une secte. C’est une idée quelque peu révoltante. »

Je soupirais et rajoutais sur un ton las et un peu triste.

« Hélas, beaucoup d’impies ne souhaitent pas se reprendre, se repentir auquel cas nous… non. Ce n’est pas une description qui sied à une dame, ou à un repas. Alors évitons de partir dans le domaine si vous me le permettez. Mais que cela ne vous rebute pas ! Nous sommes très accueillant ! »

Je souris, de meilleure humeur, alors qu’elle me disait que j’avais bon appétit. Je regardais le plateau, j’avais mangé déjà deux tartines beurrées sans m’en rendre compte. J’avais bien plus mangé que je ne l’espérais…

« En même temps, je n’ai rien mangé d’autre que du bouillon trop liquide depuis le décès de mon frère, pour jeuner et le veiller… alors oui je reconnais que j’ai faim… et puis ce n’est pas comme si j’avais beaucoup le choix… mais si vous me voyiez hors jeune, j’ai un appétit d’ogre ! »


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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la peine vous ronge (Everard Zullheimer) Lun 6 Fév 2017 - 3:31
Le prieur s'était rendu compte de lui-même de sa parole déplacée. Lui, dont les rumeurs disaient qu'il était froid, n'en montrait pourtant pas les signes. La Ministre le regarda avec un air un peu gêné.

- Ce n'est pas grave, lui souffla-t-elle en retour.

Physiquement, le prieur était le genre d'homme qui aurait pu la faire craquer à l'époque, lorsque tout n'était encore qu'insouciance. L'époque même où elle avait d'ailleurs craquer sur celui qui était devenu un ami, un collègue, le Ministre de la Justice. Elle avait une telle joie de vivre et se sentait si libre. Non pas que par la suite les choses aient tellement changé en épousant Alexandre et en ayant eu son fils, mais elle était plus posée, mais toujours aussi heureuse. Mais c'était du passé. Elle n'arrivait pas à s'imaginer maintenant avec un homme. C'était toujours douloureux, et elle pensait que personne n'arriverait à remplacer son époux. Pourtant cette douce chaleur en bas du ventre lui manquait, parfois...

Mélusine écouta avec attention les paroles d'Everard. Il y avait trop de laxisme à Ambrosia. Mais pas seulement que dans la religion, de la part des autorités également. Il coupa court au sujet au moment où cela devenait intéressant pour la Ministre. Elle ouvrit la bouche comme pour ajouter quelque chose mais le prieur ne semblait pas vouloir poursuivre cette discussion hélas. Elle se retint donc d'ajouter quoique ce soit sur le sujet. Elle ne trouverait sans doute pas de piste auprès du prieur.

Elle n'avait mangé qu'une tranche de pain beurré et finissait sa tasse de thé.

- En tout cas, je vous remercie de l'invitation. Elle se retourna vers les cuisinières en parlant un peu plus fort. Et tout le monde est témoin que vous avez mangé quelque chose !

Elle lui sourit en lui faisant son petit air taquin.

- Je crois qu'à présent je vais devoir rentrer au Ministère, si vous n'avez plus besoin de moi comme témoin ou comme compagnie.

Cette petite pause avait été en tout cas fort agréable pour la Ministre. Cela lui avait permis de décompresser un peu et de moins penser aux choses douloureuses. Mais le travail passait avant tout.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la peine vous ronge (Everard Zullheimer) Lun 6 Fév 2017 - 4:13
Qu’avait-il bien pu dire encore ? En effet, d’un seul coup, elle mettait fin à l’invitation et souhaitait se retirer. Qui étais-je pour l’en empêcher ? Oui, j’étais déçu, oui, j’avais espéré plus de conversation… après tout, elle avait semblé s’intéressé au culte d’Ameth, et je trouvais dommage qu’une personne qui puisse sembler si intéressée par le culte se défiler ainsi… je fronçais les sourcils et m’exclamais malgré moi.

« Oh, déjà ? »

Oui, la voix était marquée par ma déception. Quoi d’étonnant au juste ? J’avais trouvé une interlocutrice intéressée et voilà comme ça finissait, déjà… je soupirais et me levais pour me porter à sa hauteur et lui indiquer les deux petites tourtes bien chaudes qui étaient encore intactes… moi je ne comptais quitter le palais, toutefois, elle avait sans doute un trajet à faire jusqu’à son ministère et elle pourrait peut-être les donner à des personnes dans le besoin sur la route…

« Ne pourriez-vous pas prendre ces tourtes et les offrir à quelques miséreux sur la route ? Je ne quitterai pas le palais, mais je trouverai dommage de les gâcher quand même… car oui, je comprends que vous deviez partir le travail n’attend hélas pas… surtout quand on occupe une fonction aussi importante que la vôtre… »

Je lui souris. Oui, j’étais fortement déçu, il fallait le reconnaitre, mais bon, j’étais fataliste. Que pouvais-je bien faire ? Je connaissais mes devoirs, elle connaissait les siens. Et on ne pouvait pas aller contre cela, aussi eus-je un petit mouvement de tête avant de continuer, sans supplique dans la voix, mais avec une interrogation réelle en la matière.

« Puisque vous sembliez vous intéresser à la vénération d’Ameth, seriez-vous d’accord pour me laisser vous retrouver dans un des petits salons du palais, un jour à votre convenance, pour continuer sur ce sujet passionnant ? Je suis sûr qu’il y aurait encore mille et une choses qui pourraient vous y intéresser. Seriez-vous d’accord ? »

Je lui souris et j’espérais qu’elle dirait oui, sinon… et bien sinon je la laisserai partir et m’en irai tout simplement de mon côté, peut être retournerai-je devant mes appartements pour m’y reposer. Mais je restais un peu déçu, chose logique, n’est-ce pas ? Elle m’avait offert une bonne distraction et j’avais, pendant un bref moment, oublié les tracas qui m’envahissaient la tête.

« Dans tous les cas, j’aimerai vous remercier pour votre compagnie comme pour votre temps. Je suis votre débiteur. »


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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la peine vous ronge (Everard Zullheimer) Mar 7 Fév 2017 - 6:47
Le prieur semblait déçu que la Ministre prenne congé de lui. Pourtant elle avait plutôt beaucoup de choses à faire, à commencer par élucider ce mystère autour des enfants disparus. Elle ne pouvait pas perdre de son précieux temps, aussi distrayant soit-il en sa compagnie, mais l'affaire était sérieuse.

- Je suis désolée, mais j'ai du travail.

Elle eut un temps d'hésitation en regardant les tourtes. Apparemment, il ne comptait pas les manger. Elle pouvait bien les accepter pour les donner à quelques mendiants sur son trajet, ce n'était pas ce qu'il manquait, peut être cela réchaufferait-il quelques cœurs. Elle hocha la tête.

- Je vais les prendre alors, cela fera sûrement le bonheur de quelques personnes dans le besoin. Ce serait dommage de les gâcher en effet. Mais serait-ce trop vous demander de m'aider à les porter jusqu'à mon fiacre ? Ainsi nous pourrions faire encore un petit bout de chemin ensemble.

Il lui fit un agréable sourire. Il faut dire qu'elle n'avait que deux bras pour porter ses affaires et les tourtes, un petit coup de main n'aurait pas été de refus. Et sinon elle se débrouillerait, mais elle ne voulait pas demander à une des personnes en cuisine, déjà qu'ils ne cessaient de courir dans tous les sens, elle n'allait pas les déranger dans leur travail.

Les rumeurs à propos du fanatisme religieux du prieur étaient, peut être, bien réelles. Elle n'avait pourtant pas posé trop de question sur le sujet, mais cela avait suffit à éveiller en lui un désir d'instruction. Le culte d'Ameth n'intéressait pas vraiment la Ministre. Elle respectait cette religion, sans pour autant bien la connaître, mais elle vénérait Aernia depuis toute petite. Bien qu'encore, en matière de religion, elle n'était pas des plus pratiquantes. Mais cela l'avait malgré tout aidé à retrouver la foi lorsqu'elle perdit ses parents étant jeune. Elle avait pourtant envie de lui dire non, mais la bonne éducation lui fit dire le contraire.

- Et bien, pourquoi pas. Je ne pourrais pas vous dire quand, il faut que je consulte mon agenda ministériel, mais il est vrai que j'ai quelques lacunes en matière de connaissances de votre culte. Je vous ferais savoir le jour de ma convenance en vous envoyant un petit mot avec votre pèlerine, si vous le souhaitez.

Elle lui sourit. Non, elle ne comptait pas lui envoyer de mot. Elle feindrait l'oubli tout simplement ou bien que la lettre se soit perdue entre temps. Et puis, lui-même aura certainement oublié également d'ici-là, entre ses prières, ses ouailles, et les obsèques de son frère.

- Inutile de me remercier, cela a été fort agréable.

Elle se leva mais au moment d'enjamber le banc, sa chaussure se prit à sa robe et elle perdit un peu l'équilibre. Elle se retint instinctivement au bras du prieur. Le contact la fit trembler, et le sang monta jusqu'à ses joues. Elle se sentait totalement idiote. Elle lâcha bien vite sa prise en se remettant sur ses pieds.

- Oh, pardonnez-moi...

Elle jeta un bref regard sur les personnes présentes dans la cuisine et se tint à nouveau droite et sérieuse. Cela ne dura que quelques secondes, mais ce peu de temps était humiliant.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la peine vous ronge (Everard Zullheimer) Jeu 9 Fév 2017 - 23:05
Voilà c’était fini, j’étais un peu déçu mais je comprenais, je n’étais pas un imbécile, je n’allais pas retenir outre mesure… elle avait du travail, et mine de rien, moi aussi, je venais d’avoir une idée de sale coup. Si je ne pouvais plus voir mon frère, elle ne le pourrait plus non plus, tout simplement. Je lui souris et attendis un moment avant de finalement me lever, la précédent légèrement afin de pouvoir lui proposer ma main pour enjamber le banc. Avec une robe, ce n’était pas forcément simple… alors autant tout prévoir…. Et puis, il y avait une chose que je ne lui avais pas dite. Une chose simple et pourtant qu’elle devait savoir… mais en parler en marchand dehors, sous la pluie, serait sans doute plus intelligent, je ne devais pas parler de ça à n’importe qui… elle devait le savoir.

Je la sentis chuter et se rattraper à moi et je la retins l’aidant à finalement se tenir sur ses jambes ne la retenant pas lorsqu’elle me lâcha enfin. Je ne pus que dire un bref.

« Il n’y a pas de mal. »

Puis je pris ma pelisse et lui en couvrait les épaules pour la sortie dehors, celle-ci était bien sèche, grâce à l’importante chaleur des cuisines. Ça allait lui faire bizarre de retourner sous la pluie… puis, pour m’occuper les bras je prenais les deux toutes que j’enveloppais dans des torchons. Ils ne manqueraient à personne… puis en les tenant, je laissais la ministre Duval prendre les devants vers la sortie, et je la suivis sans un mot. Je n’insistais sur rien, et ce ne fut qu’une fois sous la pluie qui avait augmenté d’intensité que je finissais par prendre la parole.

« Il y a quelque chose que je ne vous ai pas dit. Et qu’il faut que je vous explique… j’attendais d’être à nouveau dehors sans témoins ni personne pour nous entendre pour vous en parler. Un membre de mon ordre m’a contacté hier midi, il m’informait qu’il connaissait bien les enfants de l’orphelinat, vous savez, l’orphelinat où des enfants ont été tué… il m’a dit qu’il avait eu en confession une jeune femme qui y travaillait, une personne qui disait connaitre la raison de ces disparitions… il m’a contacté pour qu’il me dise quoi faire, car la confession est sacrée… et après avoir bien réfléchi, en mon âme et conscience, je vais vous donner un moyen d’apprendre ce qu’il a entendu en confession et le nom de la personne. C’est une confiance immense que je vous fais, alors montrez-vous en digne, un seul abus, et je crains que tous les serviteurs de la Lignée d’Ameth vous mette des bâtons dans les roues jusqu’à la fin de vos jours… après avoir mis ma tête sur une pique, cela va sans dire… »

Je me tus un instant pour voir si elle comprenait la gravité de mes paroles.

« C’est le Serviteur Aran, sa chapelle est dans le quartier de l’orphelinat… dites-lui que je vous envoie et que s’il en doute, citez lui ceci : Am Hoss Tiep 02;99;28 à 32. Il vous croira. »


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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la peine vous ronge (Everard Zullheimer) Ven 10 Fév 2017 - 6:24
Mélusine récupéra ses affaires et laissa le prieur la couvrir de sa pèlerine. Elle lui fit un sourire en le remerciant et passa devant en prenant soin de saluer le personnel des cuisines en sortant. Dehors, la pluie ne cessait de tomber à grosses gouttes.

- Quel temps !

Le prieur avait pris un air soucieux et il lui confessa une chose plutôt inattendue. Mélusine stoppa net sa marche et se retourna sur lui avec de grands yeux. Il était au courant pour la mort des orphelins et ce n'était que maintenant qu'il en parlait. Elle devait avoir l'air fine en lui posant la question sur les organes d'animaux ! En espérant qu'il n'avait pas fait le lien entre les deux.

- Vous êtes donc au courant pour les enfants...

La Ministre s'approcha de lui en le regardant fixement dans les yeux. Elle n'en revenait pas de ce qu'elle entendait. Quelqu'un avait une piste, une piste sérieuse. Bien que la confession soit sacrée, il ne fallait pas laissé échapper cette opportunité d'apprendre quoique ce soit au sujet de cette terrible affaire. Elle prit un ton posé, limite en chuchotant.

- Par pitié, Prieur Zullheimer, je suis consciente du risque que vous prenez en me disant cela, et vous avez ma confiance absolue, croyez-moi. Mais cette affaire met des vies d'enfants en jeu. Le moindre indice peut être crucial.

Mélusine grava dans sa mémoire les paroles du prieur. Serviteur Aran, Am Hoss Tiep 02;99;28 à 32. Elle ne comprenait pas vraiment la codification mais cela avait sans doute un rapport avec un texte religieux du culte d'Ameth. Elle ressenti un grand soulagement. Enfin, elle tenait quelque chose. Il ne fallait pas tarder à aller voir ce serviteur. Chaque minute comptait.

- Je vous remercie infiniment. Vous ne savez pas à quel point vous venez de m'aider. Je vais aller voir immédiatement cet homme.

Elle pressa le pas. Finalement, elle pouvait bien l'écrire ce mot pour qu'il lui parle de sa religion, c'était la moindre des choses.
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Everard Zullheimer
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la peine vous ronge (Everard Zullheimer) Sam 11 Fév 2017 - 21:34
Oui, j’aurai peut-être dû parler plus tôt de cette histoire de Serviteur d’Ameth ayant entendu quelque chose… peut être aurai-je du le dire d’entrée de jeu ? Mais je ne pensais pas que ce soit une bonne idée… trop de monde auraient pu l’entendre et cela aurait brisé la confiance entre le peuple et les confesseurs, quel que soit leur culte ! Aussi c’était donc dans le plus grand secret que je lui avais dit cela… personne pour nous voir, personne pour nous entendre… le secret absolu, et pas de trace écrite. Tout simplement. Plus sûr, oui, et plus discret aussi, surtout que je n’avais pas cité ces écritures n’importe comment, j’avais soigneusement choisi un passage qui serait plus qu’éclairant, et voilà ce qu’il disait : « L’Innommable prendra possession des terres incultes, des hérétiques et des païens. Tsoham fera pourrir sur pied les cultures, Ekhet montera les frères contre leurs frères, Mesoï teindra les eaux de sang, Tum prendra aux gens ce à quoi ils tiennent le plus, Fyen fera perdre la raison aux hommes comme aux femmes, les plongeant dans l’apathie de leurs semblables, uniquement dirigés vers la luxure et des plaisirs impies, les morts de trouveront plus le repos face à la Mangeuse d’Ame car Barod et Sarkemos seront vaincus, les eaux deviendront hostiles car Horna sera déchainée, Om fera se briser tous les serments, toutes les allégeances.
Ce sera le temps des loups, le temps du sang et de la souffrance, quand Ameth se lèvera avec sa cohorte de saint, et le Dernier Instant sera proche, le temps sera venu de faire le Choix, l’Innommable ou Ameth… Aernia s’inclinera devant Ameth renonçant à sa divinité pour lui, les autres suivront, et lui seul luttera… »

Voilà ce que disait le fameux écrit… et il laissait planer peu de doutes quant au sujet de la confession… mais ça, elle ne pouvait pas le savoir car seuls les Serviteurs d’Ameth connaissaient ce livre et il faisait partie de leurs vœux de ne pas en dévoiler le contenu, aussi, si elle avait pu être plus dévote à Ameth, peut-être aurait-elle eu les informations qu’elle ne pourrait jamais avoir… mais cela ne me concernait pas… les affaires temporelles ne me regardaient pas, seules les affaires spirituelles étaient de mon ressort…

« Non, chaque indice n’est pas crucial, mais seuls ceux menant sur la voix des dieux le sont, ne l’oubliez pas, mon enfant ! J'espère que cela vous aidera ! Et n’oubliez pas ceci : Seul Ameth vaincra, à la fin, le reste n’est qu’une attente, qu’une illusion… allez le voir, mais ne le brusquez pas, c’est un vieil homme, il a deux fois mon âge, à peu près, alors allez-y doucement, et s’il y a le moindre problème, n’hésitez pas à faire appel à mi, je reste à votre disposition ! »

Nos pas nous avaient guidé jusqu’à son fiacre. Je lui proposais ma main pour y monter et lui disait d’un ton doux.

« Puisse Ameth veiller sur vous, bonne fin de journée, Ma Dame ! »


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