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Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Jeu 25 Avr 2019 - 19:06
Elle se faisait attentive, cherchant à percer les mystères de l’homme qui semblait être le plus complexe de tout le Royaume. Les gentilhommes se ressemblaient, tous affichant avec vantardise leurs exploits et leur force pour mieux séduire les damoiselles qui désiraient s’afficher au bras de héros plus que de simples hommes. Mais Nemrod, lui, semblait dissimuler l’entièreté de son existence sous un voile de pudeur. Qu’il souligne n’avoir parlé de ces choses bien légères que ses passe-temps depuis bien longtemps avait quelques peu touché Daphnée. Les ans marquaient ses traits mais elle comprit bien assez vite que les responsabilités l’écrasaient doucement également, peut-être même plus que son âge. Aussi, elle insista sur ce point, sur la légèreté de ces sujets pour mieux le connaître, pour mieux lever ce voile de pudeur qu’il avait placé là sans forcément s’en rendre compte. Prête à découvrir des choses qui lui étaient inconnues, elle lui proposa de l’initier à ces pratiques dont elle ne connaissait rien. Mais rapidement, ses traits furent frappés d’effroi et son teint blêmit quand il aborda cette pêche qu’il trouvait friande. Il avait vu juste en soulignant que la jeune femme ne serait pas réellement apte à pratiquer cela, ne s’imaginant pas un seul instant se battre avec un poisson qui se refermerait sur son poing. Comme douloureusement atteinte, elle se passa d’ailleurs le poignet de son autre main, essayant de garder contenance sans pour autant y arriver. « Quelle horreur ? Comment pouvez-vous apprécier une telle chose ? » Et pourtant, dans son effroi, elle rit doucement, comme frappée de respect pour lui. Mettre son bras dans la gueule d’un poisson géant n’avait rien de plaisant sur le papier et ne l’était certainement pas plus en réalité. Frissonnant doucement, elle préféra, elle aussi, qu’il lui accorde raison sur ce jeu qu’il pratiquait, visiblement prêt à l’initier autant qu’intéressé à l’idée de voir ce que l’esprit de la blonde pourrait amener au jeu. Alors elle échangea un sourire avec lui avant de changer doucement de sujet, parlant de lectures.

Amenant son point de vue sur le sujet, Daphnée redevint un instant l’enfant rêveuse aux désirs toujours plus grands de voir ce que l’univers pouvait lui réserver. Il ne sembla pas surpris à moindre mesure et entreprit de répondre, à son tour quant à ce qu’il appréciait en matière de lectures. Evidemment, ses devoirs se faisaient à nouveau sentir dans ses propos et elle non plus, ne fut pas vraiment surprise de l’entendre parler philosophie, économie et politique. Y avait-il seulement une place dans sa vie pour autre chose que le Royaume et sa famille ? L’Etoile du Nord en douta un instant, jusqu’à ce qu’il se prenne à parler à son tour d’aventures et de quêtes épiques. Ecarquillant doucement les yeux, elle réalisa alors rapidement qu’il semblait à nouveau capable de lui offrir un présent non matériel, mais bien un moment qui permettrait à celle qui avait observé les étoiles en espérant les atteindre qu’elle pourrait rencontrer un voyageur avéré et à la renommée bien construite. « Vraiment ? Vous le pourriez ? Ce serait formidable, j’en serais honorée ! » Ses yeux brillaient de reconnaissance et de cette excitation qu’il venait de faire naître en elle. Et doucement, elle commença à se dire qu’elle ne serait jamais capable de lui rendre la pareille face à toutes ces attentions qu’il avait pour elle. Être un membre de la famille Impériale offrait des privilèges qu’elle ne pourrait jamais lui rendre avec le simple nom des Samabartel.

Reprenant à son tour, il lui signifia qu’il pourrait en effet lui faire parvenir quelques lectures sur lesquelles il pourrait échanger, quoique doucement effrayé de l’ennui que de tels ouvrages pourraient offrir à la délicate Raclusienne. Pourtant, elle sourit, conquise de ces échanges qu’ils fabriquaient pas à pas quand, quelques minutes plus tôt, ils n’étaient que des étrangers l’un pour l’autre. D’ailleurs, à l’image d’elle quelques instants auparavant, il chercha à la comprendre, à la connaître autrement que par les informations qu’il avait eues sur elle. Avec délicatesse, Daphnée se saisit de la tasse de thé encore chaude qui leur avait été servies, portant le liquide à ses lèvres, laissant les parfums floraux réveiller son palais. Il souhaitait connaître ses intentions à Ambrosia et, pour toute réponse, elle haussa doucement les épaules. « Je crains ne pas avoir longuement réfléchi à la chose. Je pensais d’abord me familiariser avec mes quartiers avant d’oser m’aventurer à l’extérieur. J’ai de bons souvenirs d’Ambrosia que j’ai déjà bien visité lors de mon pupillat. Mais la Cour et toutes ces choses sont des nouveautés que je ne suis pas encore prête à affronter. Mais les jeux promettent un divertissement digne de ce nom, déjà. S’il m’est possible d’accéder à la bibliothèque, je me ferai un plaisir de m’y rendre régulièrement. Sinon, j’ai quelques connaissances avec qui j’aimerais renouer… Savez-vous si le comte Beauregard est à la Cour ? »


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le Dim 2 Juin 2019 - 4:20
La pêche ne saurait en aucun cas convenir à une dame, surtout la pèche au silure, monstres de force et de puissance que l’on pêchait à la main. Rien déjà que son regard vous confirma les choses avant même qu’elle ne s’affirme comme contre cette idée. Oh, elle n’avait pas de soucis à ce faire sur le sujet. Vous étiez devenu trop vieux pour ce genre de choses, et les vrais monstres – vous en aviez pêché des plus longs que des hommes, si si, c’était vrai – étaient désormais bien trop forts pour vous ! Vous lui sourîtes en signe d’apaisement. Et vous eûtes même un petit rire avec elle sur le sujet avant de lui dire, d’un ton doux, mais un rien joueur.

« Vous savez, les hommes sont des créatures étranges… ivres de leur force… mais je ne peux plus vraiment rivaliser dans ce genre d’exercice. Plus aussi fort qu’avant… et plongé dans l’eau froide jusqu’à la gorge… c’est un coup à ce que j’attrape moult rhumatismes en tentant le diable ! »

Oui, vous riiez de vous-même, un peu, mais c’était bien la preuve que vous n’aviez nulle rancune à votre corps… pourquoi lui en auriez-vous voulu ? Il avait tenu comme il pouvait. Et désormais, il fallait faire avec ce que vous aviez… mais à côté de telles parties de pêches, la pêche à la ligne semblait tellement fade que vous ne vouliez même pas tenter…

Nous revînmes alors à des passe-temps plus doux, notamment la lecture, et notamment les histoires d’aventure… elle redevenait une enfant – si elle avait cessé de l’être, car on ne pouvait prétendre qu’elle soit très âgée – et sa candeur vous fit vous rappeler, vous-même, vos jeunes années. Son plaisir à l’idée de rencontrer le petite Lawrence n’était pas feint, et puisqu’il était réel, vous vous feriez un devoir de l’inviter à dîner, un soir, quand il serait à la capitale. Vous vous disiez que les choses tombaient bien. Elle avait les manières affables et le caractère doux qui allait avec. Avec Lawrence, ça allait assez explosif… ce gamin était tout ce que n’était pas son père : impétueux, impulsif, déraisonnable. Et surtout, il avait une de ces bougeottes. Le garder à table durant tout un repas ne serait pas des plus aisés.

« Soit ! Je vous le présenterai ! Je vous prierai juste de savoir passer outre ses horribles manières… celles d’un voyou, si vous voulez mon avis… mais bon, les aventuriers sont des gens à part… son père est le ministre de la justice, Richard Welton. Un homme droit et particulièrement intègre. Et je serai ravi de vous présenter, ou si je ne connais pas la personne directement, de vous faire présenter, les personnalités ambrosiennes qui vous intéresseraient. »

Vous continuâtes alors à échanger sur vos lectures respectives et vous lui promîtes de lui faire parvenir une série d’ouvrages qui vous avait intéressés, et qui permettraient quelques échanges. Oh, pas de traités militaires, mais de la philosophie, entre autres choses… mais vous passâtes à un autre sujet, celui de ce que la jeune femme ferait en Ambrosia. Une bien vaste question, il fallait le reconnaitre. Vous lui fîtes un sourire et vous l’écoutâtes, patient et sans piper mot alors qu’elle revenait sur la chose qu’elle connaissait moins : la Cour et le palais impérial. Bien sûr, vous compreniez fort bien cet aspect.

« La bibliothèque impériale vous est d’ores et déjà ouverte, sachez-le ! Quant à Beauregard… »

Oui, pas le monsieur, ou autre. Cet homme était une verrue plantaire pour l’empire… il représentait ce que les de Choiseul avaient dû arracher comme mauvaise herbe pour garder l’empire intact. Aussi, vous ne le portiez pas dans votre cœur. Mais vous ne vous voyiez pas imposer à votre future épouse de ne pas voir certaines personnes... ce serait contraire à tout ce que vous lui aviez dit plus tôt…

« Il est en effet à la capitale, oui. Et si vous le souhaitez, je ne vois aucun inconvénient à vous mettre en contact tant que vous me promettez de rester prudente avec lui. »

Le ton était plus froid. Pas glacial, juste beaucoup plus froid. Mais il fallait s’y attendre, un sujet pareil… vous vous reprîtes.

« Ne croyez pas que je joue les jaloux, ou quelque autre bassesse de ce genre. En vérité, il est juste de notoriété publique que nos familles entretiennent des rapports houleux, voire pire... aussi je préfèrerais que vous soyez prudente. Promettez-le-moi, s’il vous plait, ma Dame… »


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Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Jeu 15 Aoû 2019 - 15:40
Dire qu’elle était rassurée d’apprendre qu’il avait su chasser de ses pratiques une chose aussi folle que cette pêche au silure était un euphémisme. Si Daphnée était doucement persuadée que cet homme, ce nouveau fiancé ne survivrait pas à ce mariage qui s’annonçait, penser qu’il puisse se faire dévorer par un poisson géant ou bien périr noyé à cause de ce danger inutile était bien peu plaisant. Pourtant, quand il parla des eaux froides, elle retint un rire, franchement amusée. Nulle eau était glaciale pour celle qui venait des terres enneigées de la Ligue, où même les étés pouvait parfois être bien frais. La pêche, elle avait vu son père la pratiquer avec d’autres noms notables de l’île, creusant la glace d’un lac gelé pour retrouver les eaux cachées et pêcher dans celles-ci. Daphnée était même passée au travers, une fois, ressentant cette poigne que causait le froid se refermant sur tout son être, secouru par un cousin et ramenée au chaud bien assez tôt. Pour autant, malgré ses airs fragiles, jamais le froid n’avait su lui causer quelconque maladie. L’idée de se baigner dans un lac où une rivière ne lui déplaisait pas, enfant de la nature passionnée par cette dernière et par sa beauté.

Ils laissèrent là cette conversation sur des loisirs bien trop extrêmes pour se recentrer sur la lecture, passion qu’ils partageaient même si les ouvrages qu’ils lisaient étaient différents. Pour autant, la blonde ne se laissa pas impressionner et qu’il accède à sa requête de lui amener certaines lectures moins romanesques lui plaisait. Pourtant, elle n’en demeurait pas moins l’éternelle rêveuse qui admirait le ciel ou le monde autour d’elle avec envie et la proposition de rencontrer un véritable aventurier lui rendit ses airs juvéniles en aussi peu de temps qu’il faut pour le dire. Enjouée, ravie, elle ne masqua pas son enthousiasme à l’idée de cette rencontre et elle perçut sur les traits du vieil homme que cela le touchait. S’accordant sur cette rencontre, il précisa simplement qu’elle ne devrait guère se formaliser avec les manières de l’individu qui semblaient bien différentes de celles de Cour. Les aventuriers sont des gens à part. Ne l’était-elle pas, elle aussi, dans ses rêveries qui prenaient parfois bien trop de place et créait un décalage avec le monde réel ? Elle ne se formaliserait pas pour quelques manières déplacées tant que cela ne l’engageait pas personnellement. « Vos attentions me touchent, monsieur, et je vous en remercie. Et je pense être capable de supporter les manières décalées de quelques marginaux s’ils ont mille histoires à me conter ! » Tout sourire, elle replongea son museau dans son thé.

Quant au sujet des activités et des rencontres… Apprendre que la bibliothèque lui était déjà ouverte offrit des milliers d’étoiles dans son regard pastel. Etoiles qui disparurent à la mention du conte de Beauregard dans la bouche de l’homme qu’elle épouserait. Nul besoin d’être anthropologue pour comprendre la mésentente entre les deux hommes. Seul un nom avait été craché de sa bouche, comme lui provoquant une brûlure désagréable autant que l’attitude globale de l’oncle de l’Impératrice changea du tout au tout. Son ton était bien moins enjoué quand il reprit la parole, lui annonçant la présence de l’homme à Ambrosia ainsi que la possibilité de le revoir, le tout avec un certain avertissement. Daphnée n’arriva pas même à se réjouir de la nouvelle, les sourcils doucement froncés, inquisitrice dans le regard et attendant la suite des explications. Précisant qu’il ne s’agissait nullement de jalousie déplacée, il lui expliqua que les termes entre sa famille et celle de l’Eskrois n’était pas bons. Il voulait qu’elle soit prudente. La Raclusienne cilla, accusant la nouvelle, essayant de ne pas se laisser déborder par toutes ces émotions contradictoires. Baissant légèrement le regard, elle répondit. « Je vois… Je suis désolée de l’apprendre et je vous assure ne pas avoir été informée à un quelconque moment de ceci tout comme je vous remercie de ne pas imposer un veto sur cette rencontre. Je vous assure que jamais il n’a été mauvais à mon égard et je vous promets de rester sur mes gardes le concernant… Et si… Si vous voyez un réel problème géopolitique à notre amitié, je saurais placer quelques distances entre lui et moi, vous n’aurez qu’à me demander. » Cette dernière phrase n’était qu’à demi pensée. Elle préférait largement ne pas en arriver là, le jeune homme étant pour ainsi dire l’une des rares personnes qu’elle connaissait dans la Capitale. Mais sa place valait-elle réellement d’être menacée par un homme ?

Se laissant aller à un nouveau soupir, elle sourit doucement. « Et ça ne me dérange pas que vous vous montrez jaloux… C’est assez flatteur, en réalité. » Elle étira son sourire en coin avant de rougir doucement, son teint pâle gagnant en relief par ce phénomène. « Dois-je être informée d’autres choses concernant la Cour ? Je m’en voudrais de faire ou dire quelque chose de déplacé qui ne ferait que laisser penser à son Impériale Majesté que je ne suis guère à la hauteur de cette union entre nos deux nations et nos deux familles… Et, comme on le dit chez moi, mieux vaut prévenir que guérir. »


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le Dim 8 Sep 2019 - 17:08
Vous regardâtes votre fiancée avec un sourire bienveillant. Chacun mettait de l’eau dans son vin, semblait-il… enfin, dans une certaine mesure. En effet, certaines choses n’auraient su être pleinement comblées, non par sa faute ou par la vôtre. C’était une question de génération, autres temps, autres mœurs, ne disait-on pas ? Alors peut être passeriez-vous pour extrêmement conservateur ? Vous n’en saviez trop rien… peut être les choses s’éclairciraient-elles à l’avenir. Ou peut-être resteraient-elles en l’état. C’était une manière de se dire, ou plutôt de se rappeler, qu’il y avait des choses maîtrisables, et des choses non-maîtrisables, tout simplement. C’était votre avantage : l’âge vous avait appris à faire la différence entre les deux. Bon gré mal gré, sans doute.
Son enthousiasme à pouvoir rencontrer le fils Welton me plut, dans la mesure où elle posait le pie dans un monde un peu à part… en effet dans ce monde, les choses les plus fantasques arrivaient. Non que vous pensiez la jeune femme fantasque, mais qui ne s’était jamais laissé embarquer dans un récit d’aventures dans des terres inconnues ? Alors vous compreniez fort bien son intérêt pour cela.

« Soit ! Je ne promets pas d’exaucer tous vos désirs, mais s’il en est des simples de la sorte ! Alors je serai ravi de vous présenter ! »

Etant une dévoreuse de livres, il vous fut difficile de ne pas apprécier ses étincelles dans ses yeux. Fut un temps vous pouviez flâner avec un livre. Aujourd’hui, vous ne flâniez pas, mais vous aviez des rapports écrits soi petit qu’il vous faudrait bientôt des bescycles pour pouvoir déchiffrer les pattes de mouche… et cela vous agaçait d’ailleurs profondément ; encore un signe que vous vieillissiez… autant vous dire que si vous n’aviez pas de problème à voir la mort approcher, voir les signes d’affaiblissement vous plaisait beaucoup moins. Enfin bref, passons. Vous appréciâtes sa manière de dire les choses, de montrer qu’elle tachera de ne pas s’embourber dans des ennuis avec Beauregard. Cet enfant de putain devrait finir dans un accident un jour. Cela mettrait fin à la lignée et ainsi, l’empire serait définitivement protégé. Bon, c’était dur de dire les choses ainsi, et c’était la raison pour laquelle vous gardâtes cette pensée pour vous. Mais comme elle semblait un peu penaude…

« Je vous fait entièrement confiance pour cela, ma Dame… sachez d’ailleurs que je n’ai jamais trouvé intéressant de côtoyer quelqu’un qui n’ose objecter. Aussi si une décision vous déplait, j’espère que vous saurez me faire entendre votre point de vue, en égal. Je pourrais éventuellement en être agacé, m’énerver, mais je ne vous ferais jamais le moindre mal pour m’avoir fait part de votre opinion, ou d’un désaccord. Je pense que nous ne pourrons bâtir un couple solide sans une solide honnêteté. Mais sachez que ces problèmes géopolitiques ne peuvent ni ne doivent entraver une entrevue bienséante. C’est aussi cela les jeux de la Cour. Il faut savoir garder ses ennemis proches de soi… et cet Eskrois est d’une lignée respectable, aussi, ne mérite-t-il pas le dédain de la cour pour des divergences familiales… »

Oui, c’était une manière de voir les choses. Vous pouviez réprouver, mais certainement pas interdire. Et puis, vous n’étiez pas jaloux, quand bien même elle aimait ça.

« Et si je comprends que vous puissiez être flattée d’être le sujet de jalousie, je doute que vous appréciez grandement les conséquences comme la possessivité exacerbée… et, entre nous, je trouve que la jalousie n’est jamais qu’un manque de confiance en soi flagrant… et puis sincèrement, à mon âge, être jaloux est inutile. Parce que l’on se fait une raison, il y a forcément plus jeune, plus vigoureux, plus beau qu’un vieillard… et ce beauregard, aussi, permettez-moi de le dire ainsi, pédant, condescendant et arrogant qu’il soit n’est pas dénué d’un certain charme, notamment parce qu’il a de beaux attraits physiques… »

Oui, il fallait se rendre à l’évidence après tout… quant sa demande de conseils, il fallait reconnaitre qu’elle était justifiée, le problème c’était que vous n’aviez pas le temps de refaire toute son éducation… elle avait eu un pupillat a moins en partie ici, non ?

« Tant que vous ne prenez pas pour argent comptant tout ce que l’on vous dit et que vous montrez suffisamment de finesse pour ne pas ouvertement prendre parti d’un côté ou de l’autre, vous ne ferez rien d’irrattrapable, nous en faites pas. Et puis, si vous trébuchez, je vous aiderai à vous relever, tout simplement… quant à être à la hauteur. Je vais vous faire une confidence. Personne ne l’est jamais. Quel que soit cette hauteur, on nous la fait miroiter toute notre vie, mais on ne l’atteint jamais vraiment. Pas plus l’impératrice, vous, ou moi… c’est le grand secret. Ceux qui se disent à la hauteur ne sont que trop rarement des personnes fiables… cela dévoile souvent une arrogance qui poussera à refuser toute forme de blâme... ce sont ces personnes qui posent problème… »

Oui, voilà, vous aviez fait le tour de la question.

« Et si vous avez besoin d’aide, je pense que vous devriez vous intéresser à ma pupille ; c’est la jeune épouse du prince régent de Eskr…. Elle est peu finaude, mais elle commence à bien s’en sortir. Un appui princier n’est jamais un mal, surtout quand cet appui est incapable de donner le change en matière de mensonge et de tromperie… enfin bref. Je ne sais pas si vous l’apprécierez… mais je pense que la rencontrer pourrait vous aider… quant à ma nièce, je ne doute pas un instant qu’elle vous offrira une audience privée bientôt. Vous pourrez alors constater quelle femme remarquable elle est. »

Vous hésitâtes sur un détail avant de lâcher sur un ton un peu bougon.

« Et en cas de besoin, n’hésitez pas à contacter mon valet, le jeune Gael. C’est un fripon rustaud sans la moindre manière et qui parle comme un gosse des rues… mais il est cruellement efficace… je prend le pari que quoique vous lui demandiez, il peut vous le trouver dans la journée…. Des gamins débrouillards comme ça, c’est chose rare… disons qu’il est fiable. »


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Daphnée Samabartel
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le Mar 17 Sep 2019 - 14:32
Exaucer tous ses désirs… Même s’il le souhaitait véritablement, le pauvre homme n’en serait jamais capable. Que désirait la jeune femme au plus profond d’elle-même ? La liberté. Celle de prendre le large et de découvrir le monde depuis ses yeux bleus et non plus uniquement à travers les récits de gens qui avaient cette chance qu’elle n’aurait jamais. Elle pouvait espérer voyager, cela oui. Ses multiples fiançailles avaient déjà participé largement à la chose mais ce n’était que dans le but de se rendre ailleurs, pas de découvrir le monde. Alors, elle se satisferait de rencontres et peut-être, un jour, obtiendrait-elle le droit de participer à une expédition plutôt que d’attendre le récit de cette dernière.

La conversation avait dévié sur Raimond et si elle entendait la méfiance nécessaire lors de leurs rencontres, le mépris de son fiancé envers un de ses amis la blessait. Evidemment, par souci de bonne entente, elle préféra aller dans le sens de l’homme de pouvoir plutôt que de l’invité de Cour d’Ambrosia. Il lui assura alors de la confiance qu’il avait en elle. N’était-ce pas étrange ? Ne venaient-ils pas de se rencontrer ? Baissant les yeux, elle s’interrogea sur la véracité de ce propos-ci, comme un mensonge doucement glissé dans des paroles bienveillantes. Lui faisait-elle confiance ? Comment le pourrait-elle seulement ? Poursuivant la conversation, il lui indiqua préférer ceux qui étaient capable de contre argumenter, de nourrir un débat plutôt que de hocher simplement la tête avec soumission. Cette information ne tomba guère dans l’oreille d’une sourde et Daphnée se promit de lui rappeler ses dires si, d’aventure, il venait à vouloir la faire taire avec une autorité criante. Il précisa que ce point de vue qu’elle formulerait pourrait l’agacer, l’énerver et essaya d’imaginer la scène. A quel point pouvait-il sombrer dans la colère ? Il lui assura ne pas lui faire le moindre mal pour de telles raisons… Alors pour d’autres ? L’esprit de la Raclusienne tournait à plein régime, décodant malgré elle des paroles qui ne dissimulaient peut-être pas d’autre sens que celui qu’il offrait, mais qui ne cessait d’inquiéter sa raison. Elle se contenta de hocher la tête, gardant le silence sur cette déclaration, ses pensées offrant suffisamment de réponses à ses interrogations.

Possessivité exacerbée. Elle sourit face à ces mots, lui accordant raison. Elle ne saurait supporter cela. Il lui fallait son propre espace, son libre arbitre et ses propres pensées. Elle n’était et ne serait jamais l’annexe d’une autre personne et existerait toujours plus pour elle-même. C’était une chose qu’elle s’était promise dès ses premières fiançailles, bien que son cœur fût alors épris de ce jeune homme aux traits angéliques. Une relation, peu importe sa nature, ne devait entraver sa propre existence. Mais il était toujours appréciable pour une jeune femme de sentir un homme se battre pour elle, la courtiser avec plus de ferveur que d’autres. Elle n’aurait pas ceci, les fiançailles étant arrangées par des pouvoirs qu’elle ne mesurait pas. A la mention de Beauregard, à nouveau, elle sourit, rougissant tendrement, glissant ses lèvres dans sa tasse de thé. Ce serait mentir que de dire que le Comte la laissait indifférente. Lors de son pupillat, obtenir son amitié lui avait laissé croire que plus serait possible et elle avait été terriblement déçue quand son père lui avait annoncé son devoir de rentrer pour mieux rencontrer son nouveau fiancé. Pourtant, ce ne fut pas cela qu’elle souligna lorsqu’elle reprit la parole. « Voilà une nouvelle marque de sagesse de votre part… » Car oui, se faire une raison sur sa propre condition en était une preuve pour elle. L’homme ne se voilait pas la face, il affrontait la réalité comme il lui avait certifié être prêt à affronter la mort.

Cherchant à comprendre comment naviguer à la Cour, elle lui posa une question à laquelle il lui répondit avec simplicité. Elle prit bonne note des agissements à avoir et sut que sa personnalité passionnée devrait parfois être bridée pour éviter de s’enflammer dans des débats sur lesquels elle devrait se garder de partager son avis. Pour le reste, rien de bien nouveau et ce fiancé ne tarda pas à mentionner qu’il saurait la prendre par la main si elle venait à vaciller. Voilà qui la rassurait un peu plus. Enfin, il mentionna une pupille. Haussant les sourcils, Daphnée se fit plus attentive encore. Ainsi donc, il était en charge d’une jeune femme venant d’ailleurs pour quelques années. Eskr, visiblement. La description qu’il en fit n’était pas des plus vendeuses et pourtant, la jeune femme se promit intérieurement d’essayer de trouver cette jeune personne pour mieux jouer sur le plan sociable. Lui voyait une alliance potentielle quand elle s’imaginait déjà avec une alliée au sein de la Cour. Puis, il souligna qu’elle ne tarderait pas à rencontrer l’impératrice. A cette mention, elle se tendit un peu avant de laisser échapper un rire jaune. « Et elle pourra constater quel genre de femme impressionnable je suis… » Ce n’était pas une plaisanterie. La simple pensée de se retrouver en tête à tête avec une femme de son âge ayant plein pouvoir sur un royaume autant que sur son avenir lui donnait le tournis. Elle reposa la tasse sur la petite table, essayant de prendre une profonde inspiration. Hochant la tête à la mention du page, elle finit par sourire. « Vous semblez déjà si entouré que c’en est intimidant, de devoir se faire une place dans votre entourage. » Relevant vers lui ses yeux océans, elle reprit. « Je vais faire de mon mieux pour prendre mes marques à la Capitale et surtout dans ce palais. J’aurais de toutes manières, matière à m’occuper avec les préparatifs de ce mariage, n’est-ce pas ? » La lassitude la gagnait autant que la concentration nécessaire à cette rencontre avait fini par la fatiguer plus que de raison, le voyage ayant été long pour arriver jusqu’ici.


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Nemrod L'Envers
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le Ven 18 Oct 2019 - 14:07
Vous regardâtes votre future épouse. S’étonnait-elle de cette marque de sagesse supplémentaire de votre part. Non. Elle devait l’avoir compris. Vous étiez un vieux bougon mal embouché qui avait parfois de grands traits de lucidité. Aussi désagréable que cette description puisse vous paraitre, elle était extrêmement juste. Trop juste, peut être même… enfin bref, vous regardâtes la jeune femme et vous lui sourîtes. Vous compreniez fort bien sa position délicate. Elle était sensée, il n’y avait pas à dire. Vous restates sans rien dire en haussant les épaules

« Qui sait, je vais réellement finir par devenir sage un jour, avec le temps… mais ce serait stupide de ma part de me croire encore un jeune homme… et méchant de votre part si vous vous étiez complu dans la flatterie en me soutenant le contraire. Je vous remercie d’avoir évité cela… »

Oui, voilà. Il n’y avait pas vraiment d’acrimonie ou de reproches, mais… mais un regret… un regret de la jeunesse passée et pendant un instant, vous repensâtes à votre jeunesse, à votre air avenant, votre charme et à votre sourire contagieux… vous eûtes un air un brin nostalgique à cette pensée et vous lançâtes.

« Ah… vous auriez dû me voir quand j’avais votre âge ! Je suis persuadé que j’aurai pu vous faire tourner la tête ! J’étais charmant, avenant, plein de fougue et de beauté… et complètement immature, rustre, sanguin, et complètement sot… non, en fait, peut être mieux vaut-il que nous fassions connaissance maintenant… pour ma propre dignité… c’est préférable… »

Vous gloussâtes à la pensée de certains de vos actes autant peu recommandables que mal avisés… enfin, qu’espériez-vous ? Vous aviez passé votre jeunesse tant bien que mal… et vous ne regrettiez pas grand-chose dans ce que vous aviez fait… et si la vigueur vous avait abandonné, vous y aviez gagné en recul sur les choses, en sagesse, peut-être, un peu, Oui, ce n’était pas difficile. Enfin bref, vous soupirâtes doucement avant de finalement revenir sur autre chose, les liens à la cour. Ça, c’était important ! Vous sourîtes à sa réaction concernant votre nièce.

« Et vous aurez le privilège de connaitre votre future nièce dans tout ce qu’elle a de plus fantasque, dans ses moments distraits et même, peut-être, dans ses moments tête en l’air… ne vous en faites pas. Lilith n’est pas une femme si impressionnante que ça… il suffit juste de vous rappeler que… que c’est votre nièce et non l’impératrice… vous verrez, il n’y a pas de quoi s’impressionner… et si besoin est, je pourrais vous raconter moult anecdotes qui porteraient atteinte à sa dignité. Ne serait-ce qu’au sujet des fessées que j’ai pu lui mettre… »

Peu de fessées, en vérité, mais systématiquement largement méritées…. Enfin bref.

« Si je peux vous rassurer, ce n’est pas à vous de vous faire une place. Vous l’avez déjà, cette place… au fond, c’est maintenant à vous, juste, de situer qui a sa place dans votre entourage ! Et je ne doute pas que vous vous sentiez bientôt chez vous dans ce palais. Car vous êtes chez vous, ma Dame… quant au mariage, j’aurai tendance à dire que vous vous lasserez vite des préparatifs… les intendants risquent d’avoir tendance à vouloir faire pour vous, aussi, si vous désirez que ce mariage soit votre affaire, alors je pense qu’il vous faudra mettre les choses au clair avec l’intendance… mais peut être préféreriez vous que je vous aide à trouver quelque activité au palais ? Peut être y a-t-il des domaines où vous vous sentez suffisamment à votre aise pour y exercer une activité ? »


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Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Sam 19 Oct 2019 - 1:28
Elle n’était guère sage. Daphnée était encore trop jeune pour être douée d’une telle vertu et bien trop décalée pour obtenir cette qualité. Mais elle avait appris à la reconnaître chez les autres et l’homme d’âge mûr qui se tenait face à elle était, à ses yeux, doté de ce recul nécessaire pour mieux aborder la vie. Qu’il souligne qu’il finirait certainement par le devenir un jour, réellement, la fit sourire car il ne pouvait se rendre compte de ce que dégageaient ses paroles aux yeux de la Raclusienne. Il la remercia de ne pas avoir cherché à le contredire, de ne pas avoir tenté de le convaincre qu’il n’était pas tel qu’il se décrivait. Daphnée n’était pas du genre à nourrir de fausses joies et de faux espoirs. Elle était réaliste et c’était ce réalisme qui la poussait simplement à accepter les choses. Evidemment, cela fonctionnait mieux avec des choses qui ne la concernaient pas directement, comme ce mariage qu’elle avait encore grand mal à prendre pour acquis. Tout pouvait encore arriver et le temps serait encore long avant qu’ils ne s’unissent devant les Dieux et deviennent époux et femme.

Repensant à ses jeunes années, Daphnée sourit longuement face à la description qu’il lui offrit de lui-même. Ainsi, les choses n’étaient pas si différentes il y a quelques dizaines d’années. Tous les hommes de son âge étaient semblables, forts de se montrer raffinés et distingués autant qu’arrogants et détestables. Elle songea rapidement à Raimond de Beauregard qui avait alimenté cette discussion quelques instants auparavant, souriant de plus belle. Lui aussi correspondait à cela, beau et ambitieux, impétueux et pourtant délicat… C’était le souvenir qu’elle avait de lui et elle s’étonnait toujours plus de ce célibat qui durait pour lui. Joignant son rire au sien, elle fut heureuse de constater qu’il était capable de beaucoup d’auto-dérision. « Avec de tels récits, je ne suis guère sûre que votre dignité saura s’en tirer intacte. Bien que je serais plus que ravie de vous entendre me raconter quelques chapitres mémorables de votre vie si l’occasion se présente… » Venait-elle de tenter une plaisanterie ? L’œil brillant, le sourire mutin, elle se rendit compte de son propos un peu trop piquant et se demanda un instant comment il allait réagir. Elle manqua de s’excuser avant de se rappeler qu’il voulait la voir en égale. Cela impliquait ce genre de phrases, n’est-ce pas ?

Il avait souri devant sa remarque concernant l’Impératrice avant de lui confier quelques mots qui arrondirent ses yeux. Pas si impressionnante. C’était parce qu’elle était sa nièce qu’il pouvait se permettre de la voir telle quelle et non, comme Daphnée, comme l’Impératrice, son Altesse Impériale la grande dirigeante de ce monde et de leur vie à tous. D’ailleurs, il ne tarda pas à souligner qu’elle n’avait qu’à agir de la sorte, la voir comme sa nièce. La bonde ne put retenir le rictus de son visage, grimaçant malgré elle à cette pensée. Si tel devait être le secret pour ne pas être impressionnée, Daphnée ne saurait probablement jamais le mettre en application. Celle qui tirait les ficelles avait à peu près le même âge qu’elle alors comment ? Comment pouvait-elle créer une hiérarchie familiale décente ? Dans l’esprit de la native de Virindrige, c’était impossible. Alors quand il parla des fessées, elle fut plus gênée que véritablement conquise à l’idée de pouvoir dédiaboliser l’autre jeune femme. Pourtant, elle garda le silence, le laissant poursuivre.

Une place était déjà toute faite pour elle. Relevant ses pupilles océanes sur lui, elle ne sut quoi dire, comment réagir. D’après ses dires, ce n’était pas à elle de devoir se faire une place mais plutôt de vois qui graviterait autour de cette position qu’elle occuperait. Vous êtes chez vous. Prenant une profonde inspiration, Daphnée sentit l’eau salée venir chatouiller ses pupilles, bordant ses yeux de larmes qui ne s’épanchèrent pas immédiatement. Il lui fallut quelques pensées nostalgiques sur sa vie passée pour que, finalement, solitaire, une goute d’eau vint zébrer sa joue pâle. L’essuyant d’un revers de main aussi rapidement qu’il lui en fut possible, elle eut un léger sourire. « Je vous prie de m’excuser, je… Je dois me faire à tous ces changements et ça fait beaucoup de choses à penser. » Une manière détournée de justifier cet instant de faiblesse. Se sentirait-elle chez elle un jour dans ce palais qui lui semblait trop grand et trop étroit à la fois ? Il le faudrait certainement si elle ne souhaitait pas dépérir. Soupirant longuement, elle reposa sa tasse de thé sur la petite table avant de se lever pour faire quelques pas, observant les hauts murs autour d’elle. « Je crains ne pas être capable de discerner votre nièce comme étant la mienne. Comprenez qu’avec une telle proximité dans nos âges, j’ai du mal à percevoir ce saut générationnel. Mais je tâcherai de faire de mon mieux pour ne pas paraître trop craintive en sa présence… » Elle laissa échapper un léger rire doucement amusé, se voyant surtout déjà paniquer au moment où elle poserait ses yeux sur elle. Reposant ses pupilles sur lui, elle sourit un peu plus. « Je verrais ce que je peux obtenir de l’intendance pour les préparatifs du mariage… S’il doit avoir lieu, j’aimerais que ce soit un jour mémorable, pour nous deux. Peut-être viendrais-je vous agacer avec quelques demandes mais, je ne saurais choisir pour deux certaines choses. Et je serais plus qu’enchantée de pouvoir trouver une activité ici. » L’ennui était le pire fléau sur terre et si son imagination débordante ne lui offrait que peu de répit en ce sens, elle craignait malgré tout se retrouver face à la solitude et à cet mortel ennemi. « Des domaines où je suis à mon aise… Voyons-voir… Je brode assez bien, c’est un début… J’apprécie également les Arts, peinture et musique ont une grande place dans mon cœur bien que je n’excelle ni dans l’un, ni dans l’autre. » Elle rit à nouveau, achevant les cent pas qu’elle faisait en venant reprendre place sur le sofa.


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Nemrod L'Envers
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le Mar 5 Nov 2019 - 13:49
Vous sourîtes à ses propos. Non, vous n’aviez pas l’intention de lui narrer ce que tout un chacun pouvait trouver dans des livres ou dans des mémoires. Bien au contraire, ce seraient les petits riens de la vie quotidienne. La joie d’avoir été père, la tristesse d’avoir tout perdu, le secret des discussions entre votre père et vous, toutes ces petites chose s qu’elle aimerait apprendre, et qui, à n’en pas douter, lui permettrait de découvrir un peu mieux l’homme que vous étiez davantage que l’homme que vous sembliez être ou que vous deviez être. Ce genre de petits rien qu’une épouse, ou qu’une future épouse, pourrait être amenée à savoir. Peut être certaines histoires lui amèneraient les larmes aux yeux, peut être certaines lui amèneraient du rire, dans tous les cas, elle en saurait bientôt, sans doute, plus sur vous que sur n’importe qui d’autre. Ce serait cohérent et logique qu’elle en apprenne plus que quiconque.

« Oh, à n’en pas douter, vous ne tarderez pas être la personne qui me connaisse le mieux. Et pour cela, je saurais toujours vous répondre avec honnêteté, quelle que soit la question que vous me poserez. Qu’en dites-vous ? Cela me semble normal ! »

Vous lui sourîtes, tendrement, alors qu’elle semblait toutefois un peu étourdie sous le poids de cette nouvelle vie qui allait bientôt être la sienne. Quoi de plus normal. D’ailleurs, peut être devriez-vous la laisser se remettre un peu du voyage ? C’était potentiellement une bonne idée. Vous lui faîtes un sourire tendre alors qu’elle parlait de tacher de s’adapter. Vous n’aviez aucun doute quant à sa capacité à s’adapter. Et puis…. Si elle ne savait pas s’adapter à son âge, elle ne le saura jamais, n’est-ce pas ? Vous lui prîtes doucement la main alors que sa mélancolie était palpable. Une pensée vous vint.

« Ne vous en faites pas, je comprends, la première fois que j’ai du vraiment quitter les miens, j’étais militaire… et j’ai chialé comme un gosse. Alors ce n’est pas moi qui vais vous juger. Sachez juste que je ne vous empêcherai jamais de retourner visiter vos parents et vos proches, à Samabartel. Je ne saurais vous accompagner à chaque fois, mais j’espère que vous ne vous gênerez pas pour me dire si l’envie vous prend d’aller passer quelques jours dans votre famille, ou les faire venir ici pour le plaisir des retrouvailles… »

Vous espériez, alors, que cette idée l’aiderait… quant au mariage… c’était vrai que ce serait une véritable préoccupation de sa part. cela me semblait être une bonne idée… vous lui sourîtes et vous la regardâtes alors qu’elle semblait enchantée de trouver à s’occuper.

« Exceller n’a aucune incidence. Si je devais exceller à toutes mes activités… eh bien je ne ferais rien de ce que je fais en ce moment. Le tout est de vous faire plaisir. En outre, si, par exemple, vous désirez œuvrer pour le bien de la cité ou de l’empire, rien ne vous interdit de vous investir ou de fonder une œuvre caritative… comme vous l’avez peut-être vu sur le trajet, certains quartiers sont encore en réparation de la tempête de cet hiver. Les dégâts ont été colossaux… »

Oui, les activités ne manquaient certainement pas pour qui en cherchait. Ne serait-ce que pour organiser des collectes de fond, ou fournir de la nourriture à ceux qui ne pouvaient en avoir autrement. Après ce serait à elle de voir ce qu’elle souhaiterait faire. Vous n’étiez pas du genre à la forcer dans un sens ou dans l’autre. A elle de choisir. Mais si elle cherchait à s’occuper, elle ne manquerait pas d’occupations.

« Après, pour les occupations…. Ne serait-ce que pour choisir, préparer et faire coudre sur mesure la robe de vos rêves en prévision du mariage… cela va déjà être une sacrée activité… quant à me consulter sur certains détails…. Sachez que vous avez tout mon intérêt et vous aurez tout loisir de venir me voir pour en parler si vous le désirez ! Autant que faire se peut ma porte vous sera toujours ouverte ! »

Vous faisiez tout ce que vous pensiez bon pour la détendre et la mettre à l’aise.

« Mais peut être me suis-je trop imposé à vous et vous en ai-je dit trop pour ne pas vous donner le tournis… le voyage a été long après tout, et vous devez être exténuée ? »


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Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Mar 19 Nov 2019 - 15:11
La personne qui pouvait le connaître le mieux. Jamais Daphnée n'aurait pu avoir la prétention d'une telle chose, persuadée au plus profond d'elle qu'elle arrivait bien trop tard dans son existence pour qu'une telle chose soit possible. Il devait y avoir des amis, des ennemis ou même les membres de sa famille avant tout cela. Lui livrerait-il tous ses secrets sans la moindre hésitation ? Elle ne le ferait pas elle-même alors comment pouvait-il doucement se convaincre qu'elle deviendrait aussi proche ? C'était flatteur et mensonger à la fois. Alors oui, l'honnêteté de ses réponses lui paraissait normale même si elle se doutait qu'elle dissimulerait à certains moment la vérité. Serait-il assez honnête pour le reconnaître ? Son regard azuré posé sur lui, elle lui sourit avec politesse. « Cela me convient. Je tâcherai de ne pas vous poser de questions qui pourraient vous amener à m'assurer que ce ne sont alors pas mes affaires. » Car sur beaucoup de points, la réponse devait rejoindre quelques faits de l'Empire, quelques affaires qu'elle ne pourrait connaître dans le secret à cause de toute cette politique.

L'émotion s'empara d'elle pourtant dès lors qu'elle réalisa tous les changements à venir, essayant de garder la face sans y parvenir, révélant la douceur de ses sentiments. La main de son fiancé se posa sur la sienne avec délicatesse tandis qu'il cherchait à la rassurer. La porte de Virindrige ne lui serait jamais fermée et elle pourrait se rendre dans les terres désolées et glaciales de sa famille si l'envie lui prenait. Elle lui en était reconnaissante bien qu'elle doutât désirer s'y rendre afin de retrouver ses parents après ces dernières fiançailles. Méritaient-ils qu'elle se donne cette peine quand eux n'avaient pas levé le petit doigt pour l'accompagner dans le périple qui était peut être le plus important de sa vie ? Souriant timidement, elle fut reconnaissante de cette liberté qu'il lui laissait. « Peut-être un jour pourrions-nous nous y rendre ensemble. J'ignore si vous craignez le froid mais Virindrige est merveilleuse lorsque le drap blanc de la neige se pose sur elle. » C'était bien la seule chose qui lui manquerait. Le froid, la neige. Son paysage avait troqué l'immaculé poudreuse pour une vapeur étouffante. Ici, ce froid tempétueux n'était pas apprécié, au contraire. Abordant les loisirs, il lui fit comprendre qu'elle pouvait également se tourner vers les œuvres de charité afin d'épauler les plus démunis, venant parler de ce fameux hiver traversé par la capitale. Baissant délicatement le regard, elle réfléchit. Pouvait-elle seulement changer tous les esprits et essayer de les convaincre du bien que provoquait ce froid et ces intempéries ? Elle pourrait peut être essayer. Pour le reste, elle tâcherai de s'occuper, l'ennui étant bien son pire ennemi dans ce bas monde. Revenant sur leur union à venir, il parla de la robe qu'elle porterait. Celle de ses rêves. Difficile à imaginer, ignorant elle-même ce qu'elle pouvait bien désirer. Et à sa grande surprise, il lui indiqua qu'il essaierait de se rendre disponible pour toute demande à ce sujet. Au moins n'aurait-elle pas l'entière impression de se marier seule, comme cela avait déjà pu être le cas pour elle par le passé. Cela lui semblait plus qu'évident qu'ils devaient s'y mettre à deux, quand bien même il puisse avoir moins d'idée qu'elle à ce sujet.

Le sourire était revenu sur ses traits quand il songea à la fatigue qui devait être la sienne. Elle ne pouvait mentir : Elle était lasse de ce voyage qui lui avait semblé si long. « Vous ne vous imposez en rien. Bientôt, nous serons unis devant les Dieux alors cette rencontre était légitime et je n'aurais su attendre jusqu'à demain sans risquer l'insomnie. Mais je dois avouer que le voyage fut assez éprouvant et que je commence à ressentir la fatigue peser lourdement sur mes frêles épaules. Avec votre permission, je pense donc prendre congé afin de mieux me diriger vers mes propres appartements. » Se levant à nouveau, elle le salua d'une révérence. « Merci pour votre temps et vos petites attentions, je saurais m'en rappeler tout comme vos conseils. J'ose espérer que nous pourrions nous revoir d'ici peu afin de parler de bien d'autres choses ? Il y a encore tant de mots à prononcer avant d'espérer vous connaître... »


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Nemrod L'Envers
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le Sam 7 Déc 2019 - 23:29
La jeune femme semblait être particulièrement perspicace et particulièrement éduquée, en soit, vous n’auriez, à chaud, pas pu mieux tomber, pensez-vous. Elle semblait être distinguée, et en même temps avec toute la discrétion attendue de la femme d’un homme de pouvoir. Vous espériez toutefois que cette discrétion ne se rait pas trop grande, vous aimeriez avoir une femme forte, ou du moins, suffisamment pour qu’elle ne se laisse pas marcher sur les pieds par tout le monde. Vous vouliez qu’elle soit une femme digne de vous et vous pensiez qu’elle était tout à fait capable de cela. Mais quand elle dit qu’elle éviterait de poser les mauvaises questions, vous l’arrêtâtes.

« Non, ne m’assurez de rien, je vous prie. Si vous avez des questions posez-les. Je ne veux pas penser que vous n’osez pas par peur de vous faire rabrouer parce que ce ne sont pas affaires. Je préfère que vous pensiez que vous pouvez tout me demander, mieux vaut que je ne vous réponde pas plutôt que de ne pas vous entendre poser des questions… enfin, de mon point de vue. Est-ce que cela vous convient, comme manière de faire… »

Voilà qui était une belle chose, n’est-ce pas ? Vous lui faîtes un sourire tendre avant de finalement lui tapoter la main avec tendresse, la tendresse d’un vieil homme qui savait la pression que cela pouvait représenter pour une jeune femme comme elle. Trop, beaucoup trop à première vue. Enfin, vous espériez qu’elle aurait les épaules larges et en même temps, vous saviez très bien qu’il faudrait qu’elle fasse avec. Mais passons. ? Elle parlait de vous emmener à Virindrige. Vous fîtes un signe de tête avant de finalement lui dire, d’un ton doux.

« Oui, je comprends. Je serais ravi de voir vos terres natales au moins une fois. Toutefois, je ne sais pas si j’en aurai le temps. Mais si l’occasion se présente, je verrais bien les plus forts de l’hiver par chez vous. J’ai toujours trouvé les hivers vivifiants. Les hivers ont un charme que nulle autre saison n’a. La fragilité d’une nuit d’hiver, au silence absolu. La terre semble morte et pourtant plus belle que jamais. Non, pas morte, endormie. Et j’ai toujours voulu voir les cascades gelées du nord… »

Enfin, le temps était venu de se séparer, et elle accepta d’y mettre fin de la plus polie et la meilleure des manières. Vous lui prîtes la main et vous l’embrassâtes avec tendresse. Mais il y avait une dernière chose que vous pouviez lui proposer.

« Puis-je vous proposer de nous rejoindre pour diner plusieurs fois par semaine, afin de mieux nous apprivoiser et nous connaître. Qu’est-ce que vous en dites ? Je me dis que ce serait dommage : nous sommes au sein du même palais, nous n’allons pas nous voir que sporadiquement…. Oh, bien sûr, il ne s’agira peut-être, parfois, pas de réel diner mais davantage de collation tardive. Les impératifs du devoir, que voulez-vous. Est-ce que cela vous semble être une bonne idée ? »

Vous rajoutâtes alors.

« Disons, dans trois jours ? Pour un petit déjeuner, qu’en dites-vous ? Je sortirais du conseil des ministres et je serai ravi de profiter de la douceur de votre présence… »

Vous la raccompagnâtes jusqu’à la porte et lui fîtes un baisemain, restant sans canne sur le court trajet, jouant au jeune homme, peut-être ? Oui, vous vous sentiez l’âme gaillarde.


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