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Nemrod L'Envers
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Nemrod L'Envers
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le Dim 8 Déc 2019 - 21:39
La soirée s’annonçait belle et chaude. Et vous aviez pris votre soirée. Ce n’était pas arrivé depuis quoi… huit ans ? Neuf ? Oui, vous étiez un obsédé du travail. Parce que jusque-là, rien d’autre ne comptait… vous n’aviez que très peu d’autres obligations, et cela permettait, en effet, de vous consacrer à votre fiancée usuelle, la patrie. Sauf que désormais, vous aviez une véritable fiancée, une jeune femme de chairs et d’os – principalement d’os, sans doute… et quand vous y pensiez, avec ses hanches fines, ses accouchements ne sauraient-être sans douleur… mais bon, vous vous trompiez peut-être. Et puis de toute façon, redevenir père… à votre âge ? Allons, c’était idiot, abscons.
Enfin, bref, vous aviez décidé – ou peut être vous avait-on conseillé – de ne pas davantage négliger votre fiancée. Non que vous ne passiez pas de temps avec elle. mais… peut être aviez-vous raté un ou deux de vos repas ensemble… bon, peut-être plus qu’un ou deux. Mais vous aviez du mal à vous sortir de l’esprit le travail. En conséquence, vous aviez un peu à vous faire pardonner. D’où cette soirée en tête à tête. Je lui avais fait parvenir un petit mot avec des fleurs et des loukoums.

Veuillez, ma Dame, accepter les excuses d’un vieil homme qui n’a jamais eu que son pays en tête, depuis trop longtemps pour ne pas peiner à l’en faire sortir. Saurai-je me faire pardonner en vous proposant d’assister là à la grande première de la nouvelle pièce très prometteuse du célébrissime Marco Larrasi, « L’impératrice d’ivoire » en ma compagnie ? Je serai charmé de commencer par entendre votre pardon par votre acceptation à m’y accompagner…

Un petit mot bien léger, bien doux, avant de finalement laisser de côté cette idée pour travailler un peu. Mais vous aviez obtenu une réponse de sa part, fort bien tournée et positive. Voilà qui n’était pas pour vous déplaire.  Aussi, je jour J vous aviez fait préparer un des fiacres de la famille impériale et vous vous étiez arrangé pour avoir un chaperon digne de ce nom. Rien de gênant, bien au contraire. Il s’agissait d’une énième nièce, Charlotte. Une jeune femme charmante à la santé fragile pour laquelle il avait retardé son pupillat. Mais maintenant… l’occasion faisait le larron.

Suivi par votre nièce, vous vous rendîtes aux portes des appartements de votre fiancée avant de finalement toquer à sa porte. Une chambrière vous ouvrit et vous fit patienter dans une antichambre en attendant que votre fiancée soit prête. Fort heureusement, vous n’eûtes pas à attendre fort longtemps pour que Daphnée se présente à vous. Vous vous redressâtes avant de finalement prendre sa main pour la baiser. Elle était toujours aussi magnifique.

« Je vous remercie, ma Dame, d’avoir accepté cette petite sortie. Et je vous prie de m’excuser, encore, de ne pas avoir su tenir mes engagements vis-à-vis de vous. J’ose espérer que vous accepterez mes excuses… vous êtes à couper le souffle, comme à votre habitude ! »

Vous lui sourîtes avant de faire signe envers Charlotte d’une main.

« Je vous présente Charlotte, une nièce. Elle est présente avec nous pour être notre chaperon. J’espère que cela ne vous dérange pas ? »


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Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Mar 10 Déc 2019 - 19:28
Elle avait pincé les lèvres. Malgré elle, toute sa compassion et toute sa bienveillance, Daphnée avait lu ce message rédigé de la main de son fiancé avec un léger pincement au cœur. Elle avait beau avoir été informée de ses engagements envers le royaume, envers l'Empire, la blonde s'était malgré tout imaginé un peu plus d'attention à son égard. Il s'était montré présent dans quelques circonstances, oui, mais avait su se montrer moins courtois quand il interrompit quelques rencontres à cause d'une nouvelle arrivée entre temps. Ou, mieux encore, en la laissant seule dans des dîners qu'ils s'étaient pourtant promis de passer ensemble. A chaque fois, lorsque l'on venait lui annoncer qu'il ne se présenterait pas, Daphnée avait simplement baissé ses pupilles topazes, agrémentant la chose d'un commentaire simple : Ce n'est pas grave. Non, ça ne l'était pas, en réalité. Mais elle comprenait seulement à quel point elle ne serait certainement jamais une priorité pour celui qui deviendrait son mari, si les Dieux le voulaient bien. Et c'était douloureux.

Occupant ses journées du mieux qu'elle le pouvait, elle se découvrait quelques amitiés avec quelques gens de cour. La famille royale avait beau l'avoir avertie, elle ne plaçait pas Raimond sur la touche, s'amusant de sa compagnie et profitant d'une présence plus physique qu'épistolaire. Et il y avait également Emily, la pupille de son fiancé. Une jeune femme franche avec des manières qui ne se cachaient pas derrière quelques hypocrisies. Elle l'appréciait fortement pour cela. Sans oublier l'Impératrice qui avait su lui faire une place parmi les favorites de sa petite Cour, contre toute attente. Enfin, il y avait eu cette rencontre avec Henry Wolverton, un inventeur qui avait su augmenter son envie de créativité. Seul Nemrod l'Envers jouait la plupart du temps aux abonnés absents quand c'était avec lui que Daphnée souhaitait passer le plus de temps.

Déposant le mot sur la coiffeuse aux côtés des loukoums et des roses reçues en guise de consolation à ces absences, elle soupira doucement, se demandant simplement quoi répondre. La jeune femme qui s'occupait de ses cheveux à cet instant dut sentir son désarroi car elle ne put retenir sa langue, la poussant à la discussion. Et finalement, ce fut parce qu'on lui tira fortement quelques mèches de cheveux qu'elle se décida à accepter. S'inspirant en croquant dans un loukoum, elle finit par se saisir de sa plume et d'un morceau de papier soigné pour y écrire sa réponse.

Votre pays a bien de la chance mais risque de connaître mon aversion à force de jalousie... Pour autant, je veux bien laisser à ses habitants le loisir de me convaincre du contraire et bien qu'ignorant qui est Marco Larrasi, je lui laisse volontiers une chance de me séduire en vous accompagnant à cet événement.

Ne revenant pas sur son propre pardon face à ses absences répétées, elle fit transmettre son message avant de lancer les quelques personnes à son service sur les préparatifs de cette fameuse soirée. Elle comptait bien lui faire regretter cette absence en captant son regard pour de bon et en lui montrant qu'elle n'ignorait en rien comment se faire désirer. Aussi, le jour annoncé, elle avait choisi de porter une robe à la dentelle travaillée, couvrant le haut de son corps et soulignant sa taille fine avec bien plus de légèreté que ne l'aurait fait un corset. Pour autant, elle avait placé une fine ceinture de cuir marron sur celle-ci, rappelant la mode de cet matière au sein de la cour. La broderie de feuilles légères était un dégradé de blanc, tendant doucement vers l'azuré en arrivant sur les hanches, rattrapant ainsi le drapé d'une jupe d'organza turquoise. Ses cheveux argentés avaient été remontés en un chignon très graphique et serti d'un peigne de cuivre portant une topaze. Gracieuse, chaque mouvement soulignait la finesse de son corps dans une volute de tissu léger pour les natifs de la Capital, suffisamment couvrant pour celle qui ne craignait plus le froid depuis bien longtemps. On lui avait malgré tout conseillé de prendre un châle. Quitte à se couvrir, avait-elle répondu, elle avait choisi de porter un morceau de fourrure d'hermine sur ses épaules, souvenir de son fief.

Alors qu'on lui annonça l'arrivée de son fiancée dans ses appartements modestes, elle précisa qu'il attendrait quelques instants dans l'antichambre. N'était-ce pas mérité que de le faire patienter de la même manière qu'il l'avait fait avec elle ? Choisissant ses bijoux avec soin, elle enfila boucles d'oreilles en argent et collier assorti. Le jour de leur rencontre, il lui avait précisé qu'elle finirait avec un rang bien plus grand quand ils se seraient mariés. Ne lui prouvait-elle pas qu'elle en était plus que digne ? La tête hautement portée, elle se leva, remercia la jeune femme qui l'avait assistée dans cette mise en beauté avant de tourner les talons pour s'en retourner vers la porte. Poussant un léger soupir, elle avait adressé un signe de tête à la jeune femme qui se tenait prête à lui ouvrir et à l'annoncer, chose qu'elle fit en toute simplicité. Quittant sa chambre, elle finit par se retrouver face à l'homme qu'elle avait pour fiancé. Se dirigeant vers lui malgré la présence remarquée d'une autre jeune femme dans la pièce, elle exécuta une révérence toute en souplesse et en grâce avant de lui faire face. Laissant sa main trouver la sienne, la jeune femme l'observa tendit qu'il la portait à ses lèvres dans un geste presque tendre quoique encore autorisé par les mœurs. Puis, il prit la parole, la remerciant d'abord de lui accorder cette soirée. Elle se garderait bien de dire que c'était certainement la chose la plus divertissante que l'on ait pu lui proposer jusque là... Et il s'excusa de vive voix alors, revenant sur ces absences passées lors d'autres occasions. Espérant la voir lui pardonner, il laissa alors quelques flatteries se glisser dans son discours. C'était aimable mais Daphnée ne voyait là que les politesses d'usage, rien de très personnel.

D'un geste, il réorienta son attention sur cette jeune femme. Une nièce. Une de plus. C'était à ne plus être capable de compter le nombre de fois où il la ferait tante. Était-elle au courant de ces fiançailles ? Certainement, sans quoi elle ne serait pas là, n'est-ce pas ? La saluant d'un hochement de tête poli, elle posa à nouveau son regard su l'homme qui lui faisait face. « Je préfère ne pas me prononcer, pour l'heure, et voir à la fin de cette soirée si je suis à même de vous pardonner... » Dans son for intérieur, elle souhaitait le faire, passer l'éponge avec naïveté sur tout ça et essayer de le connaître davantage, de découvrir l'homme avec qui elle passerait certainement une partie de sa vie. Mais c'était trop facile, pour lui. Daphnée affrontait ce mariage avec une fatalité qui ne lui ressemblait pas et préférait lui montrer que, sans méchanceté, elle pouvait penser et faire valoir son avis comme il lui avait demandé de le faire. Son regard guettait sa réaction à ses propos. « La présence de votre nièce n'est nullement un problème. Je me réjouis au contraire de pouvoir échanger avec vous, mademoiselle. » Laissant son attention glisser loin de la personne principale de cette rencontre, elle lui adressa un sourire.


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Nemrod L'Envers
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Nemrod L'Envers
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le Ven 13 Déc 2019 - 16:39
L’empire ne souffrait, hélas aucune concurrence, et c’était ce qui était en train de poser problème, sans doute. Vous regardâtes votre fiancée se présenter à vous, dans des apparats des plus somptueux. Comme elle était belle, cette jeune femme. Elle était à couper le souffle, dans cette tenue comme dans d’autres. Mais cette tenue lui seyait particulièrement bien. En effet, l’organza turquoise qu’elle portait était d’une finesse sublime et le reste de la tenue était du même acabit.
Vous vous souveniez parfaitement de sa réponse à votre billet. Une réponse, certes, polie, mais qui montrait bien que vous aviez beaucoup à vous faire pardonner. Vous vous en doutiez un peu, et vous n’attendiez pas de clémence de sa part. d’une parce que votre comportement à son égard était clairement déplacé, vous aviez été un véritable goujat. Pour autant, vous n’aviez aucunement mauvaise conscience dans l’absolu. Vous aviez fait ce que vous deviez, tout simplement. Vous regardâtes la jeune femme alors que vous vous redressiez après un baisemain un peu formel. Mais vous vous doutiez que les choses ne fonctionneraient pas aussi bien que prévu. Vous restates alors silencieux un peu, et vous eûtes la bonne idée d’avoir l’air un peu penaud après ses remontrances assez douces. Parce que oui, les remontrances n’étaient pas particulièrement sévères. Mais elles étaient plus que légitimes, et vous les acceptâtes d’un léger mouvement de tête.

« Je comprends et je vous remercie de me laisser une chance de réussir à me rattraper. »

Vous présentâtes par la suite votre nièce qui fit un pâle sourire et une salutation discrète à votre fiancée. Elle n’était que peu femme du monde, et assez timide, elle serait parfaite pour son rôle de chaperon, il fallait bien le reconnaitre. D’autant qu’elle n’était pas particulièrement bavarde et préférait ne pas trop se mêler des conversations qui seyaient à un futur couple. Les choses étaient simples, non ? Vous sourîtes avant de finalement vous racler la gorge et proposer votre bras à votre fiancée.

« Eh bien… puis-je vous proposer d’y aller ? J’ai eu la chance d’obtenir de son altesse l’impératrice que nous puissions utiliser la loge impériale du grand théâtre. Une bonne idée, n’est-ce pas ? »

Oui, la vue et l’acoustique seraient donc parfaites l’une comme l’autre, tout simplement. Vous vous permîtes alors de rajouter.

« Je tâcherai de vous donner envie de me pardonner, ma Dame, aujourd’hui, demain, dans un mois, je tâcherai d’être à la hauteur de vos attentes, à l’avenir… hélas, la mère patrie n’est pas quelqu’un que je peux me décider à négliger, quoique là où est ma faute, c’est que vous n’êtes en rien quelqu’un à négliger… j’ai vécu seul depuis si longtemps… que voulez-vous… les habitudes ont la vie dure. Il me faut trouver mon équilibre au même titre que vous cherchez votre place, ma Dame. Et je ne peux que vous promettre de faire des efforts, au même titre que j’espère de vous réprimande quand vous estimez que je vois néglige. Me réprimander à loisir sur le sujet est un de vos privilèges… »

Oui, voilà, vous aviez tout dit, et vous espériez que la soirée se passerait bien.

« Connaissez-vous un peu Marco Larrasi ? »


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Daphnée Samabartel
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le Dim 15 Déc 2019 - 0:26
Daphnée avait espéré ouvrir une conversation avec la jeune femme présente, se détourner de son fiancé pour mieux lui faire comprendre qu’il devrait faire montagne d’efforts pour espérer la voir le pardonner. Mais celle qu’elle pensait être une alliée n’en était pas réellement une, à dire vrai. Discrète, elle lui répondit par un simple sourire et un hochement de tête avant de faire un nouveau pas en arrière, comme pour mieux se faire oublier. La brunette ne lui serait donc d’aucune aide et la Raclusienne se retint de soupirer et de pincer les lèvres pour montrer sa désapprobation devant ce comportement discret. Comme pour confirmer qu’elle n’avait nullement le contrôle de la situation, l’homme lui présenta son bras avant de lui indiquer qu’ils feraient mieux d’y aller, soulignant que l’Impératrice avait été avenante et leur autorisait une loge de choix ce soir. Cillant un instant, Daphnée le regarda en fronçant ses délicats sourcils. « Ne craignez-vous pas que les gens s’interrogent sur ma présence à vos côtés dans cette loge ? » Ca lui semblait logique, non ? S’ils apparaissaient publiquement ensemble, quand bien même aucune annonce n’avait été faite, cela ne ferait que nourrir les rumeurs. Et bientôt, la Cour serait suffisamment informée pour sauter aux bonnes conclusions, sans qu’elle ne puisse le contrôler. Et l’air de rien, ça l’inquiétait.

Ne se saisissant pas immédiatement de ce bras, elle laissa l’homme se faire pardonner dans de plus amples explications. Baissant le regard quand il mentionna sa chère patrie, elle pinça les lèvres quand il sembla remarquer à voix haute qu’elle n’était pas plus à négliger que ce pays qu’il défendait. Justifiant sa méprise par une solitude qui n’avait que trop durée, il força le trait d’empathie de la jeune femme à se montrer alors, quand il évoqua les réprimandes qu’elle pouvait lui offrir à loisir, elle hocha la tête en soupirant. « Je ne veux pas faire de ces réprimandes une habitude. Tout comme je ne souhaite pas abuser de ce privilège alors j’espère que vous saurez vous montrer plus présent à l’avenir, d’autant plus si les gens commencent à comprendre que quelque chose se trame… Entre nous. » Prenant une profonde inspiration suite à ces derniers mots, elle finit par laisser ses doigts fragiles s’emparer de son bras. Pour autant, elle ne lui accordait pas son regard, songeuse, pensive. Elle avait bien trop peur de ce qu’il pourrait y lire, toutes ces interrogations qui tournaient dans sa tête sans cesse interrompues par la certitude que ce mariage n’aurait de toutes manière pas lieu car les Dieux sauraient reprendre leur place dans tout ceci.

Marco Larrasi. Engageant la marche d’un premier pas, la blonde haussa les épaules. « Pas le moins du monde. Mais j’en ai déduit qu’il s’agissait d’un auteur de renom, à moins qu’il ne soit également compositeur ? J’ignore même de quoi relève l’œuvre que nous allons voir, pour tout vous avouer. Je n’ai pas cherché à me renseigner, je préfère avoir la surprise de découvrir tout ceci une fois en place. Et enfin, elle posa sur lui les topazes de ses yeux, un sourire amusé sur les lèvres. A dire vrai, tout ceci n’était qu’un prétexte pour passer un peu de temps à converser avec lui, à chercher à mieux le connaître. Peut-être saurait-elle se montrer suffisamment spontanée pour que les choses dépassent une œuvre présentée sous ses yeux ? « J’imagine que vous le connaissez… Peut-être même personnellement ? Encore un homme qui gravite autour de vous et avec qui je devrais apprendre à composer pour trouver ma place ? » Il semblait connaître le monde entier et c’en était déboussolant.


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le Dim 5 Jan 2020 - 16:48
La sortie au théâtre semblait la ravir et cela vous convenait d’autant plus qu’elle semblait au moins laisser le bénéfice du doute. Ce qui n’était pas une mauvaise chose… vous lui sourîtes alors, pendant qu’elle faisait remarquer quelque chose de diablement vrai, mais que vous aviez omis pour vos propres raisons.

« Vous avez raison, les gens vont se poser bon nombre de questions, au même titre qu’une jeune femme venant vivre au palais impérial alors qu’elle ne dispose d’aucune fonctionne officielle liée à une ambassade… je reconnais que j’ai omis de penser que des gens n’auraient pas déjà émis l’hypothèse d’un lien avec la famille impériale… »

Oh, c’était railleur, mais si peu… vous sourîtes pour bien souligner que ce n’était pas gênant. Loin de là, même ! Vous représentâtes es excuses et elle sembla enfin d’humeur à les accepter. Vous promîtes alors de vous montrer plus présent, ou du moins que vous essayerez.de vous montrer plus présent. Il faudrait, bien évidemment qu’elle soit capable de se montrer compréhensive aussi. Certes, elle n’avait peut-être pas conscience de votre charge de travail, mais vous ne vouliez pas accabler son jeune esprit avec cela...  c’était inutile.

« Je serai à la hauteur, et je ferais des efforts. Après tout, vous ne ménagez pas les vôtres… et je me sens un peu honteux de ne pas vous rendre la pareille… »

Voilà… vous sortîmes suivi de votre chaperon, alors qu’elle abordait le programme de la soirée. Oui, une délicieuse pièce de théâtre, une comédie, mais puisqu’elle voulait la surprise, alors vous ne la lui cacheriez pas ! Ce serait, sans doute fort agréable… et cela vous permettrait de passer un bon moment ensemble. Elle avait un sourire sur ses lèvres, un sourire délicieusement tendre et doux. Vous ne pouviez pas ne pas trouver son visage charmant, ses traits délicats et vous la dévisageâmes un peu trop longtemps pour la bienséance avant de détourner le regard, comme vous rendant compte de cela.

« Non, vous n’en aurez pas besoin. Sauf si vous le désirez ; je vais vous avouer un secret à mon sujet. En matière d’art, même d’art dramatique, je suis un parfait béotien sans gout…. Oh je pourrais faire semblant et parler des influences de tel ou tel artiste longtemps, mais ce ne serait que des connaissances imposées quand feu mon père régnait… je ne saurai différencier deux toiles, ou apprécier vraiment un chant… je suis une buse en matière d’art… »

Oui, voilà, il fallait être honnête sur le sujet.

« Mais ne vous en faites pas, je suis bon public. Je saurai profiter du divertissement. Et de votre compagnie, cela va de soi ! Mais nous vous en faites pas je ne connais pas cet homme et je vais vous faire une autre confidence. Mon entourage étant appelé à devenir le vôtre, s’il y a des personnes que vous n’appréciez pas – viscéralement bien sur – rien de vous force à les supporter…. En m’épousant vous allez devenir l’une des femmes les plus influentes du palais. Si vous n’aimez pas quelqu’un… dédaignez-le ou dédaignez-la… et vous verrez, une fois mariée, les autres vous imiteront… » 


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Daphnée Samabartel
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le Dim 12 Jan 2020 - 0:37
Par égard pour la faille impériale et l’Impératrice elle-même, Daphnée avait pris grand soin de ne pas alimenter les rumeurs qui circulaient déjà sur les raisons de se venue. Elle faisait ce qu’on lui avait demandé, tout simplement, se pliant à un protocole qu’elle pensait donnée à tous, une consigne générale afin de mieux laisser la brune faire son choix en matière d’époux. Mais Nemrod balaya tout cela en une phrase. Se moquait-il d’ailleurs de ses inquiétudes ? Baissant son regard clair, Daphnée laissa échapper un léger soupir. Vraisemblablement, après ce soir, elle n’aurait que plus de mal encore à éluder certaines questions même si les murmures dans le couloir cesseraient de lui prêter une relation intime avec le frère de l’Impératrice. Car oui, pour bon nombre de courtisans, la beauté et la jeunesse de Daphnée correspondait davantage à ce profil et non à celui du Maître-Espion d’Ambrosia. Disons qu’elle saura encore surprendre, même si à ses yeux, il demeurait une grande différence entre permettre aux gens de créer un lien entre elle et la famille royale et se montrait en public au bras de l’Oncle de sa Majesté.

Laissant derrière ces inquiétudes qui n’avaient pas lieu d’être, elle accepta les excuses qu’il formula, se saisissant de son bras. Honteux. Il pouvait l’être de ne pas lui offrir suffisamment de considération. Le jour de leur rencontre, s’il avait rapidement appuyé sur le fait qu’il n’y aurait que peu de chance que des sentiments naissent entre eux, elle n’aurait pas imaginé qu’il n’essayait pas même de créer une quelconque relation avec elle, la délaissant pour mieux s’offrir aux documents d’une importance supérieure. Se laissant guider, ils quittèrent conjointement les appartements, suivis par celle qui ne serait définitivement pas une alliée pour la blonde tant son silence la poussait à oublier sa présence même. Mieux valait alors laisser les discussions porter sur autre chose que ce lien qui devait les unir, pour la bienséance et éviter des conflits inutiles.

A l’écoute des propos de sa fiancée, il ne tarda pas à affirmer que Daphnée n’aurait nul besoin de composer en relations avec ce personnage, cet auteur de dramaturgie visiblement célèbre. C’était déjà une bonne chose, ayant la triste impression que tous ceux qui gravitaient autour de cet homme finiraient par émettre un jugement sur le choix de son épouse à un moment ou à un autre. En revanche, elle ne s’attendait pas à pareille franchise, haussant les sourcils avec surprise quand il lui confia n’être que peu instruit dans le domaine des Arts. Il essayait de jouer un rôle si on l’obligeait mais, au fond, il n’était nullement expert dans le domaine. Malgré elle, Daphnée laissa son sourire s’étirer avant de laisser échapper un léger rire. « Il faudrait vous présenter les problèmes politiques sous la forme de théâtre pour le rendre intéressant, n’est-ce pas ? » L’idée était amusante et dissimulait un léger reproche, réaffirmant sa prise solide sur son incapacité à lâcher prise sur les affaires d’Etat. Pinçant délicatement les lèvres, elle laissa échapper un petit soupir amusé avant de reprendre. « Si vous m’en laissez l’occasion, je tâcherai de vous aider dans ce genre de situation, alors. Comme je vous l’avais dit le jour de notre rencontre, mes lectures sont plus… Fantasques que les vôtres. Et j’ai également quelques goût en matière de musique et de peinture… » Parfois, elle pensait que les Dieux les avaient placés l’un et l’autre sur la même route parce qu’en dépit de toutes ces différences, ils se complétaient à merveille. Elle se garda de préciser qu’elle était autant capable de chanter que de jouer de la harpe mais cela viendrait peut-être plus tard…

En ce qui concernait l’entourage de l’homme, en revanche… « J’ignore si je suis suffisamment bonne en dédain. Et si votre entourage devient le mien, je crains être parfois obligée de supporter l’insupportable. N’est-ce pas l’un des prix que coûte une telle alliance ? J’y suis préparée, ne vous inquiétez pas. » Une fois mariée, les autres vous imiteront. Plus les choses avançaient, plus ce mariage l’effrayait. Daphnée dissimulait aisément ces sentiments derrière cette fausse assurance que la destinée lui donnait, s’attendant plutôt à une nouvelle annonce de décès qu’à l’aboutissement de ces noces. Mais parfois, seule, il lui arrivait de mesurer toutes ces choses qui changeraient dans sa vie avec cette union et elle n’y était nullement préparée. L’influence, le pouvoir, l’envie… Voilà ce qu’elle risquait de devenir pour tous les autres membres de la Cour et elle craignait faire un faux pas, mal agir. Ses épaules étaient trop frêles pour encaisser tout ceci.

Suivant le pas de l’homme d’un certain âge, elle se laissa guider jusqu’à l’extérieur du château où un fiacre les attendait. « Je crois en effet qu’il est temps d’oublier la discrétion… » Et elle avait peur de ceci aussi, des regards qui se poseraient sur elle avec interrogation avant de sauter aux conclusions qui seraient certainement les bonnes. Mieux valait ne pas y penser, non ? « Cette pièce que nous allons voir… Vous qui prétendez ne pas être un expert dans ce domaine, savez-vous au moins de quoi elle parle ? » Une manière comme une autre d’amener un peu de légèreté à tout ceci.


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le Sam 8 Fév 2020 - 16:49
Vous sourîtes, conscient qu’il n’était pas possible pour elle de faire autrement que de suivre, pour le coup. De toute façon, personne ne croirait que vous étiez fiancé à la jeune femme. Bien trop belle, bien trop jeune, bien trop innocente pour vous, n’est-ce pas ? Enfin, c’était sans importance. Vous lui faisiez un signe de tête, alors, pendant qu’elle proposait cette idée… transformer les problèmes politiques en théâtre était une idée, toutefois, il y avait un petit côté… comment dire…

« Ce serait chiant à voir, comme pièce. Toutefois, l’exercice de style nécessaire à sa rédaction pourrait en effet être intéressant… »

Oui, vous faisiez sans doute comme si de rien n’était, mais le fond du problème demeurait, n’est-ce pas ? Disons qu’il y avait des choses qu’il faudrait du temps pour changer. Vous ne vous faisiez aucune illusion sur le sujet. Bien que vous soyez prêt à faire des efforts. Vous restates un peu silencieux alors qu’elle continuait… quant à revoir son aide, vous n’y voyez pas d’inconvénient ; cela pourrait toujours s’avérer intéressant, sans doute. Et puis, après, ‘était normal pour une femme de se montrer plus fantasque, n’est-ce pas ?

« Votre aide me ferait plaisir… »

C’était vrai, tout simplement. Voilà ce qui restait de tout cela. Vous posâtes votre main sur la sienne avec douceur. Tout semblait bien plus agréable quand vous collaboriez, même si ça n’allait pas se faire sans heurts, bien sûr. Mais vous deviez mettre de l’eau dans votre vin, un peu du moins.

« Pas si mon entourage devient le vôtre. Quand mon entourage deviendra le vôtre. Tout simplement ; toutefois, vous n’aurez pas à supporter l’insupportable, pour la simple et bonne raison que vous aurez loisir d’écarter les indésirables ; bon, bien sûr, certaines personnes comme les ministres ou encore la famille impériale, mais au-delà de ça, il n’y a guère de monde qui soit en mesure de s’imposer. Enfin, il y a bien quelqu’un dont il faudra que je vous parle un jour ou l’autre, tout de même… parce que je ne voudrais pas que vous tombiez sur elle sans être au courant… eh bien voilà… c’est que j’ai une fille… une fille naturelle, qui travaille au palais. Mais rassurez-vous, son professionnalisme fait que vous ne serez pas forcée de la côtoyer. »

Vous lui faîtes un sourire en vous doutant bien que le dire comme ça, ça ne passerait pas forcément…
Un fiacre vous attendait hors du palais. C’était une bonne chose, non, Vous lui faîtes un sourire tendre avant de finalement l’aider à monter dans le véhicule, puis à faire monter votre nièce – ou cousine éloignée, selon les dénominations – vous montâtes et vous essayâtes de trouver la manière d’expliquer l’histoire.

« C’est une pièce assez satyrique, une comédie sur l’une des impératrice qui a failli faire choir l’empire pour un homme. Je me suis dit que le rire était quelque chose qui pouvait être plus propice à une bonne soirée que les larmes… »

Oui, voilà la vraie raison de ce choix.


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Daphnée Samabartel
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le Mer 11 Mar 2020 - 15:46
Ce serait chiant à voir comme pièce. Si elle s'était attendue à bien des réactions, la familiarité de cette dernière la pris de court et ne put que la pousser à réagir de manière spontanée. Bien malgré elle, un rire clair et naturellement amusé sorti de sa gorge tandis qu'elle essayait de le retenir d'un main placée devant ses lèvres. Elle ne s'était pas attendue à des propos aussi tranchés et peu en accord avec sa personne. « Pardon. Veuillez excuser mon hilarité, je ne m'attendais simplement pas à entendre ces mots dans votre bouche... Même si je crois bien être d'accord. » Car oui, cela serait d'un ennui mortel de regarder une pièce de théâtre écrite autour de la politique actuelle, simplement pour les rendre plus distrayants. Ça ne fonctionnerait pas. Alors mieux valait changer de sujet, parler de choses plus légères et à cela, Daphnée était plutôt douée.

Comme elle le souligna, elle pourrait aisément lui venir en aide, préférant les choses plus légères bien qu'étonnée ne pas connaître la pièce de théâtre qu'elle s'en allait voir fort bien accompagnée. Finalement, la légère rancune de ses absences passées n'était-elle pas déjà bien effacée sous ces discussions qu'ils créaient ? Lui acceptait volontiers cette aide et la Samabartel ne put que sourire, appuyant le geste d'un regard doucement amusé. Pour une fois, depuis son arrivée, elle n'était pas celle qu'il fallait sortir d'un mauvais pas, et c'était plaisant. Guidée par son bras, ils échangèrent alors sur ces connaissances que l'un comme l'autre avaient et qui se transformerait prochainement en des connaissances communes, un entourage qu'ils pourraient refaçonner ensemble. Et la manière dont il la reprit sur un mot fut fortement révélateur de bien des choses. Pas si, quand. Oui, les hypothèses devaient disparaître de son esprit pour mieux devenir un élément de son avenir proche. Retenant un léger rictus des lèvres, elle essaya de sourire. Les dernières fois, elle s'était toujours trop projetée dans un mariage qui s'était vu annulé au dernier moment pour des circonstances toujours plus funèbres. Elle avait peur de ce que cette fois-ci lui réservait et du dessein des Dieux.

La suite de ses paroles se fit soudainement moins assurée, chose qui l'étonna grandement. L'homme à l'assurance de renommée semblait perdre doucement pied à l'annonce d'un sujet qui lui semblait délicat à évoquer. Elle comprit rapidement qu'il parlait d'une femme sans trop savoir à quel niveau cette dernière se plaçait. Et finalement, il mit des mots bien plus explicites sur la chose. Les topazes des yeux de Daphnée s'étaient figées, le dévisageant sans mot dire, se demandant comment elle devait encaisser cette nouvelle. En réalité, qu'un homme ait eu une vie avant elle ne la dérangeait nullement. Là où les choses pouvaient se montrer plus délicates, c'est lorsque, comme dans son cas, la différence d'âge entre eux creusait un fossé entre plusieurs générations. Lorsqu'il mentionna qu'elle travaillait au Palais, elle comprit que oui, la fille de son futur époux avait certainement un âge proche du sien. Nul sourire ne vint se dessiner sur ses lèvres tandis qu'elle se contenta de monter dans le fiacre en silence, ne faisant que commenter le manque de discrétion et essayant de l'interroger sur la pièce. Mais quelque chose venait de se glisser entre eux, au delà d'une enfant qui n'était pas la sienne.

L'écoutant à moitié tandis qu'il essayait de souligner l'importance du rire face aux larmes, elle sourit un instant, reportant son regard sur l'environnement qui les entourait, se murant dans un silence qui la poussait au questionnement. Avait-elle déjà croisé cette jeune femme ? Savait-elle que son père allait se marier ? Était-elle légitime de naissance ? Qu'était-il arrivé à sa mère ? Approuvait-elle tout ceci ? Devait-elle la rencontrer afin de mieux lever les doutes sur bien des sujets ? Toutes ce choses qui restaient sans réponse quand elle aurait aimé en avoir. Et pourtant, elle sentait le regard de son fiancé ainsi que celui de la jeune Charlotte sur elle. La blonde finit par soupirer doucement. « Je... Je vous remercie de m'en avoir parlé avec cette honnêteté qui vous est propre. Je peux vous assurer ne pas être le genre de femme qui cherchera à vous faire rompre vos liens avec ce passé qui est le vôtre et je serais ravie de rencontrer votre fille... Si elle le souhaite également. »Parce qu'elle était en droit de refuser, de dire non, de repousser cette marâtre qui s'annonçait et qui aurait pu être sa sœur. « Est-elle au courant des événements à venir ? Quel âge a-t-elle ? » Se limiter à ces questions était un effort grand et elle peinait à garder la face quand l'inquiétude la gagna à ce sujet.


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Nemrod L'Envers
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Nemrod L'Envers
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le Jeu 12 Mar 2020 - 22:25
La moindre des choses c’était de constater son rire. Vous aviez eu une chance du tonnerre d’Aernia de la faire rire avec cette vérité… elle semblait surprise par votre langage guère peu châtié, mais il était somme toute assez logique vous parliez comme cela, quand ça vous échappait. Vous étiez clairement quelqu’un d’éduqué, mais ce n’était pas particulièrement cela qui avait fait votre renommée. Vous étiez un vieux soldat avec tous les travers que cela impliquait.

« Je suis ravi de voir que vous ne vous en offusquez pas… voyez en cela les vieilles manies qu’un vieux soldat essaye de corriger, avec peine. Mais les vieilles habitudes ont la vie dure… »

Vous lui sourîtes posément mais elle avait un joli sourire, il fallait bien le reconnaitre. Rien à dire sur le sujet. vous étiez ravi qu’elle se laisse à rire un peu. C’était un rire féminin, un rire gracieux, et loin d’être désagréable. Très doux et très mignon, même, pouvait-on dire… vous lui fîtes un petit air tendre avant de finalement changer de sujet avec elle. elle sembla se figer, comme si ces paroles étaient en trop, et vous vous attendiez à un commentaire sec, peut être une réponse outrée, même… mais pourtant, les choses étaient simples ; vous ne pouviez pas oublier que vous aviez eu une vie avant. En outre, vous ne pouviez pas vous empêcher de vous dire que les choses étaient simples, au fond, vous l’informiez d’un fait. Vous ne forciez pas votre future femme à la côtoyer, mais vous ne vous priveriez pas de la revoir occasionnellement.

« Je vous remercie de cette situation. Et sauf votre respect, je n’attends de vous aucune permission de votre part pour pouvoir la côtoyer occasionnellement. Je ne renierai mes enfants, même ma fille naturelle, en aucun cas, même pour vous faire plaisir, je suis désolé de vous l’apprendre. Mais dans la mesure où c’est une fille naturelle, non légitime, je ne pense pas que vous soyez forcée de la rencontrer si vous ne le désirez pas. Mais si vous le souhaitez je serai ravi de vous présenter. »

Oui, voilà. Vous regardâtes la jeune femme un moment avant de répondre à ses questions. Et à d’autres qu’elle ne posait pas.

« Elle fait partie de la garde impériale. Constance, c’est son nom, a 25 ans, c’est une jeune femme merveilleuse, elle a été éduquée par la famille de sa mère, une femme de la cour qui est malheureusement décédée en quand la petite avait cinq ans et qui a été d’un grand soutien après le décès de mon épouse et de ma fille. à partir de ce moment là, je l’ai prise sous mon aile et je l’ai confiée à la bonne garde et à l’éducation d’ancien soldats à mes ordres qui entrainent la garde impériale, sur mon ile ; elle y a grandi jusqu’à il y a presque un an. C’est quelqu’un de bien. Un peu impulsive mais quelqu’un de bien. et j’en suis très fier. »

Oui, voilà. Vous aviez dit ce que vous aviez à dire sur la jeune femme. Mais vous vous doutiez que le fait que Constance soit même plus jeune que votre future épouse la gêne un peu. Les gênent toutes les deux en fait. D’ailleurs…

« Je ne lui ai encore parlé de nous, je dois l’avouer, pour être honnête je ne voulais pas la perturber durant une missions délicate. Mais il va bel et bien falloir que j’aie une discussion avec elle. et pas que sur ce sujet ; même si je n’aime pas l’idée de vous forcer à la côtoyer, j’ai longuement pensé… à l’adopter officiellement, pour qu’elle soit légitime et plus seulement une batarde. Pour que quand je casserai ma pipe, elle ait une situation, un héritage, et une reconnaissance… bien sûr, sur ce point je ne saurai me passer ni de votre avis ni de votre accord. »

Vous espériez qu’aborder ce sujet n’allait pas gâcher votre soirée.


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Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Mar 24 Mar 2020 - 1:03
L’ambiance de la soirée n’aurait pu se sortir indemne face à une telle révélation. Un grand froid avait pris possession de l’habitacle, rappelant à l’Etoile du Nord le contact du gel sur sa peau. Charlotte avait baissé les yeux, comme cherchant à disparaître de ce fiacre dans lequel elle se trouvait en compagnie du couple à venir, sachant trop bien qu’elle n’avait nul mot à dire dans ce qui allait être échangé. Dans d’autres circonstances, Daphnée lui aurait certainement demandé de partir, en dépit de toute convenance, mais pour la préserver de ce qui semblait être le glas d’une relation encore trop fragile.

Essayant de ménager chacun de ses propos, elle tâcha avant tout de ne pas blesser cet homme qui était son fiancé. Elle l’avait compris, sa fille lui était précieuse, qu’importe sa naissance déshonorée. Elle ne pourrait décemment pas le priver de sa présence ou même lui demander de la tenir à l’écart. Mieux valait alors peut-être essayer de se faire accepter par cette tierce personne qui aurait un regard critique sur le couple qu’ils formeraient. Si les deux jeunes femmes ne s’entendaient pas, elles ne feraient que créer une fracture au sein de l’homme et la blonde comprenait d’avance que tous les combats seraient inutiles puisque cette enfant illégitime les remporterait grâce à un amour qu’elle n’aurait jamais de la part du maître-espion. Après tout, il l’avait prévenue à ce sujet dès le premier jour.

Bien rapidement et en réponse aux quelques phrase sagement choisies par Daphnée, il ne tarda pas à redire à voix haute ce qu’elle avait déjà su penser tout bas. Sa permission. La lui demanderait-il seulement un jour pour un sujet quelconque ? Non. Cet homme était né pour gouverner, pour donner des ordres, non pour en recevoir. Se serait se bercer de douces illusions de croire qu’elle aurait cette possibilité de le diriger un jour. En revanche, lui aurait toujours tous les droits sur elle, parce que c’est un homme. Parce qu’il sera son époux. Détournant les yeux avec soin, elle ravala ses larmes. Il avait beau lui répéter qu’ils seraient égaux, il ne pouvait se duper lui-même plus que cela car ainsi était faite leur société. Pour autant, près maints avertissements sur la manière dont les choses étaient menées, il proposa de les présenter. Mais, soudainement, Daphnée n’en n’eut plus envie.

La gorge nouée, elle tâchait de garder son attention sur l’extérieur, sur cette Capitale qu’elle s’efforçait d’apprécier. Comment sa vie ici pourrait-elle devenir agréable dans pareilles circonstances ? Elle faisait tant d’efforts et avait le sentiment que ça n’était jamais assez. Constance. Un fort joli prénom. Vingt cinq ans. Fermant les paupières, elle prit une profonde inspiration. Comme elle le craignait, leur âge était doucement similaire et cela pourrait compliquer les choses. Daphnée essayait de respirer, sentant le vide s’ouvrir sous ses pieds tandis qu’il lui contait l’histoire de celle qui avait le même sang que lui. J’en suis très fier. Le serait-il également un jour de cette épouse qu’il allait avoir ? Comme elle aimerait l’entendre. Pourquoi fallait-il qu’elle se compare immédiatement à celle qui ne pourrait jamais être en concurrence avec elle ? Les mots de l’homme lui faisaient mal, bien plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Pourquoi ? Oui, pourquoi se faisait-elle tant de souci quand elle savait au plus profond d’elle-même que ce mariage serait un nouvel échec avant d’être prononcé.

Je ne lui ai encore parlé de nous. Evidemment. Pourquoi s’en encombrer quand il n’avait pas même le temps de déjeuner avec elle ? Elle n’était rien dans sa vie et venait de le comprendre avec une violence certaine. Le coup final lui fut porté quand il prononça d’autres mots. La légitimer. C’était le coup de massue de trop. Et qu’il lui demande son avis sur la question était l’affront ultime. « Même si je m’y opposais, vous feriez ce que votre cœur vous dicte, n’ai-je pas raison ? J’ai compris quelle place à votre fille dans votre cœur. Je ne pourrais m’opposer à quoique ce soit, la concernant sans risquer votre jugement aussi, faites comme bon vous semble. Après tout, si j’en crois la malédiction dont je suis victime, il vous reste bien peu de temps pour régler ce genre d’affaires personnelles… » C’était violent et au fur et à mesure qu’elle prononçait ses mots, elle se rendait compte du manque de contrôle qu’elle avait sur sa langue. Serrant la mâchoire, prenant soin de garder son regard bien éloigné de l’homme qui se tenait dans le même habitacle qu’elle. Daphnée sentit le regard empli de jugement de sa nièce en devenir bien qu’elle prit soin de garder le silence.

Un ange passa avant que les tremblements de ses doigts sur ses genoux ne deviennent incontrôlables. Elle se sentit prise au piège entre culpabilité et cette colère d’être aussi peu considérée. « Je… Monsieur l’Envers, je suis… Je dois… Arrêtez le fiacre, je vous prie. » Frappant contre l’une des parois de cette cage roulante, elle s’adressait au conducteur qui s’empressa de calmer les chevaux. La voiture ralentit et lorsqu’elle le fut suffisamment, Daphnée se risqua à sauter en marche, s’éloignant de quelques mètres. Elle peinait à contrôler son corps ainsi que ses pensées, essayant de trouver les bons mots pour exprimer ce qu’elle ressentait, elle qui se taisait trop souvent. Comme elle aimerait être plus assurée, plus capable de s’assumer. Cette révélation de paternité, au-delà qu’elle la surprenait, venait surtout de mettre en avant le peu d’intérêt que l’Oncle de sa Majesté plaçait dans ce mariage à venir. Et c’était cela qui la blessait, plus que ses mensonges par omission. Essayant de reprendre de l’air, elle ne fit que tousser dans la vapeur qui agressait ses fragiles poumons. Ils quittaient à peine les jardins du Palais que les voilà déjà stoppés dans leur programme de la soirée. A cause d’elle.


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