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Nemrod L'Envers
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Nemrod L'Envers
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le Jeu 2 Avr 2020 - 19:08
Elle semblait attristée par ce que vous aviez dit. Mais à quoi s’attendait-elle, au juste ? Vous vous demandiez à quel moment ça avait dérapé. Vous aviez parlé à cœur ouvert. Non, vous ne demandiez pas de permission pour la voir. Vous ne demandiez la permission de personne… même pour traiter les affaires de l’état, le jour où vous seriez marié, vous reverriez possiblement cela. Les ordres de priorité seraient alors sans doute différents. Mais d’ici là, vous ne cherchiez pas plus loin. Vous l’informiez par courtoisie. Et pour le reste… enfin, vous soupirâtes après ses reproches et vous la laissâtes faire arrêter le coche. Mais vous la retîntes par le poigne. Avec fermeté, certes, mais sans la moindre once de violence. Vous soupirâtes de nouveau avant de finalement lui expliquer.

« Vous ne comprenez pas, n’est-ce pas ? »

Oui, elle ne comprenait pas.

« Je suis vieux. J’ai vu mon père, mon frère, ma femme, ma fille, décéder. Et j’ai eu une autre fille, une batarde, la seule chair de ma chair. Est-ce que vous croyez sincèrement que je vais l’ignorer pour vos beaux yeux ? Je ne demande même pas à l’impératrice pour gérer certaines affaires d’Etat. Alors sincèrement, votre avis, s’il m’intéresse, ne doit pas être décisionnaire… Si je vous en parle c’est que votre avis et votre regard sur cela m’intéresse. Sinon, j’aurai agi sans même vous en parler. »

Oui, voilà. Vous restâtes sans rien dire avant de finalement lui demander.

« Vous croyez que ma fille tient quelle place dans mon cœur ? Elle est tout ce qui me reste. Et comme vous l’avez si bien dit, nous ne sommes pas mariés. Et tant que nous ne le sommes pas elle est tout ce que j’ai de plus précieux. Oh, il y a bien mes neveux et si je les aime comme mes enfants, mais la différence est là... »

Vous gardâtes son poignet et vous lançâtes alors.

« Venez, marchons un peu dans les jardins et au diable le théâtre. Apparemment, il y a d’autres choses à prendre en compte. Apparemment je ne satisfais pas ce que vous attendez… alors, allez-y, videz votre cœur et dites-moi ce que vous attendez. Je ne vous obéirai pas pour vos beaux yeux. C’est un fait. Parce que je vaux mieux que cela, et parce que je ne suis pas un jeune homme énamouré. Mais pour le reste, je suis prêt à entendre vos doléances. Et ne me ménagez pas. Je vous ai promis de la franchise, alors faites-en autant. Allez-y ! »

Vous vous frappâtes la poitrine.

« J’encaisserai, mais je vous préviens, je ne me gênerai pas davantage pour vous dire là où j’estime que vous avez tort. Et vous exprimer des doléances que je pourrais avoir. »



[CLOS]Sortie au théatre [PV] - Page 2 R6LZXTx
Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Sam 4 Avr 2020 - 2:33
Vous ne comprenez pas. Evidemment que non. Sur l’instant, elle eut envie de lui rétorquer que la traiter d’idiote ne servirait à rien mais c’aurait été agir sous les émotions et bien inutile dans cette discussion sérieuse qu’ils avaient là. Elle aurait agi en enfant quand l’homme qui se trouvait là était bien des choses mais pas son père. Sa main s’était refermée sur le poignet de la jeune femme, l’empêchant de fuir, sans l’entraver pour autant. Elle aurait pu volontiers se débarrasser de ce contact d’un geste vif, mais elle n’agit pas. Incapable de le regarder, pourtant, elle écouta ce qu’il eut à dire.

Je suis vieux. Dans sa bouche, cela sonnait comme une terrible fatalité. La mort, il la connaissait, trop bien même. Tous ses proches étaient partis, le laissant seul dans un monde trop vivant. Aisément, Daphnée aurait pu rééquilibrer la balance en offrant son propre compteur de deuils mais, là encore, c’était un débat stérile, une réaction puérile. Mais là où il se trompait, ce fut dans la suite de ses idées. Daphnée ne lui demanderait jamais de renoncer à son enfant. A dire vrai, cette nouvelle ne faisait que mettre en lumière le véritable problème qui taraudait la Raclusienne : sa propre place dans l’entourage de cet homme autant que dans son cœur. Lui ne voulait pas d’un avis décisionnaire de sa part. Mais que voulait-il, en réalité ? Là était la véritable interrogation pour Daphnée.

A nouveau, il précisa que cette enfant était son tout, sa chair et son sang avant de reprendre des mots qu’elle avait elle-même prononcé, la blessant plus encore. Devraient-ils donc attendre que les Noces soient prononcées pour envisager de développer leur relation ? Ce fut ce qu’elle comprit. Et c’était bien ce qui l’inquiétait. Elle avait le sentiment de devoir épouser un inconnu, un homme si mystérieux qu’il ne laissait entrevoir que les pans de sa vie quand cela l’arrangeait. Les larmes roulèrent sur ses joues, le désarroi étant trop grand pour être facilement maîtrisable.

Contre toute attente et sans relâcher son poignet, il l’invita à marcher, renonçant au théâtre. Elle cilla, ne sachant plus quoi penser. Enfin, à une chose près. « Mais, et votre nièce ? » Tournant son regard humide sur la brune, elle l’observa d’un œil rond tandis que, d’un geste de la main, elle assura que tout irait bien, peu décidée à quitter à son tour le fiacre. Qui sait, peut-être le couple saurait-il faire marche arrière et d’ici, elle pourrait toujours veiller à ce que nul déshonneur ne vienne s’immiscer entre eux. Mais cela, Daphnée ne s’en inquiétait pas le moins du monde. Satisfaire ses attentes. Si tant est qu’elle ait pu en avoir. La seule véritable attente qu’elle avait de cette relation était une attention certaine de sa part sur elle. Chose qu’elle n’avait nullement. Pour autant, elle avait cédé au pardon si facilement qu’elle s’en voulut, lui qui était absent et qui ne s’en inquiétait pas réellement. Videz votre cœur. Le pauvre homme n’avait pas la moindre idée de ce qu’il venait de dire. Revenant sur une obéissance de sa part, il réappuya sur son refus d’être celui qui se soumettrait dans ce duo improbable, soulignant même qu’il valait mieux que cela. Pas elle ? Daphnée avait envie de hurler, de laisser toutes ces émotions sortir dans un cri enragé pour mieux se calmer. Mais, pour sûr, on l’aurait entendue même jusqu’au Palais.

Sans que le geste ne soit brusque, elle reprit pleine possession de son corps en se libérant de cette étreinte, croisant ses bras sur sa poitrine. Mieux valait laisser les larmes couler sans chercher à les en empêcher, elle ne ferait qu’aggraver les choses. Il espérait de la franchise de sa part, soulignant qu’il était prêt à encaisser autant qu’à rétorquer lorsqu’il estimerait qu’elle avait tort. Reprenant son souffle, elle laissa le silence prendre sa place entre eux, tâchant de se calmer. Ce ne fut que lorsque sa respiration sembla revenir à la normale qu’elle se lança. « Je ne vous reproche nullement d’aimer et de chérir votre fille. Vous vous méprenez, je ne fais qu’envier toute cette attention qu’elle a de votre part quand vous n’êtes pas même disposé à m’accorder un dîner. » Reniflant doucement, elle prit la peine de heurter volontairement un petit caillou du bout de sa chaussure pour l’envoyer plus loin sur le chemin. Déglutissant avec difficulté, elle chercha les bons mots. « Vous… Vous ne pouvez comprendre non plus, monsieur, toutes ces choses qui viennent se heurter dans ma tête. Votre absence, aussi justifiée soit-elle, ne fait que m’encourager à penser que nos noces n’arriveront pas quand, soudainement, ces fiançailles me reviennent en pleine figure. » Elle laissa échapper un rire triste avant de poursuivre, gardant sagement son regard baissé, incapable de lui offrir les topazes de ses yeux. « Je crois avoir passé plus de temps en compagnie de votre nièce, son Altesse, qu’en la vôtre. J’ai le sentiment que… De n’être qu’une marchandise de plus, un détail futile dans votre existence bien remplie et dont, pourtant, j’ignore tout, en témoigne cette annonce sur votre fille à laquelle vous n’avez pas même essayé de me préparer. »

Ses sentiments étaient mitigés. S’arrêtant soudainement dans sa marche, elle finit par, enfin, relever le regard sur lui, plaquant ses yeux rougis dans le même axe que les siens. « Peut-être l’auriez-vous oublié, mais je suis un être humain doté de pensées, d’émotions et de sentiments, monsieur l’Envers. Je ne suis guère un automate dont on dispose à sa guise. Vous souhaitez connaître mes attentes mais comment pourrais-je les formuler alors que j’ignore tout de vous, alors que je ne sais pas moi-même ce que vous attendez de moi. Dois-je vous rappeler de quelle manière j’ai dû attendre votre venue le jour de notre rencontre ? Je l’aurais compris, vous n’avez nulle intention de me céder votre cœur ou une infime partie de celui-ci et de cela, je saurais m’en accommoder. Mais je commence à croire que ce mariage n’a rien d’autre qu’une finalité politique et que je vous encombre davantage que je ne puisse vous aider d’une quelconque manière. Je ne prétendrais pas savoir ce qu’une épouse est censée faire ou dire, vous savez tout comme moi que je l’ignore. Mais si je dois devenir votre femme, j’estime mériter une part de considération plus marquée. Voilà mon attente principale et tant qu’elle ne saurait être respectée, je ferais tout pour retarder ces Noces. » Du pouvoir, elle n’en avait aucun et savait que ses mots n’étaient que du vent. Quoique l’imagination de Daphnée était débordante et demeurait sa meilleure arme pour parvenir à ses fins.


[CLOS]Sortie au théatre [PV] - Page 2 Fc3xBB3
Nemrod L'Envers
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Nemrod L'Envers
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le Sam 18 Avr 2020 - 22:23
La situation était tendue, selon vous. En effet, vous ne pouviez pas ne pas comprendre son point de vue, mais vous ne pouviez pas non plus lui accorder le point. Elle ne pouvait pas s’empêcher de tout prendre mal, votre parole ! C’était une manie chez elle de se plaindre ! Vous reconnaissiez que vous aviez fauté en ne vous montrant pas plus présent. Mais maintenant, quel était le reproche ? Vous vous dites qu’il était temps de tout aplanir. Enfin, c’était une bonne chose, vous l’espériez. Enfin, vous ne pouviez pas m’empêcher de vous dire que ça allait pleuvoir, les reproches. Enfin, cela devait plutôt advenir. Vous l’écoutâtes alors histoire d’avoir une idée de ce qu’elle allait vous reprocher. Le manque d’attention, vous le compreniez et vous le lui concédiez… enfin, plus ou moins… c’était ce que vous espériez de sa part aussi, une forme de compréhension par rapport à votre tâche. Cela viendrait peut-être avec le temps. Vous l’écoutiez sans piper mot. Pas que vous n’ayez rien à dire, mais toutefois, vous préfériez l’écouter de bout en bout, pour répondre le plus justement possible. Mais sa vision des choses n’étaient pas complétement fausses. Elle avait l’impression qu’elle était une sorte de marchandise et vous levâtes un sourcil.
Elle comprenait donc que des noces étaient un marchandage, et que dans cette histoire, vous étiez tous les deux des marchandises. Voilà une vérité qu’elle touchait du doigt. Elle était un détail dans la vie d’un vieil homme, désolé de le reconnaitre, mais qu’espérait-elle ? Que vous lui donniez votre cœur sur un plateau ? Ah les jeunes filles qui se laissaient tourner la tête… c’était stupide.
Elle avait fini ? Oui, semblait-il… elle semblait vouloir de la considération ? Vous alliez lui montrer ce que valait votre considération à son égard.

« J’ai été bien naïf de croire ça… »

Vous ne précisiez pas d’entrée de jeu, mais vous complétâtes vos paroles.

« C’est justement parce que je vous considère mieux que ce que vous ne montrez que je me permets de vous délaisser. Parce que j’estime que vous comprenez. Ou parce que je vous en croie capable. Bon sang ces foutaises sont pénibles… venez, vous allez comprendre. »

Vous soupirâtes et vous l’entraînâtes vers le palais d’un pas vif, sans vous montrer davantage éloquent. Il fallait qu’elle voie pour comprendre. Vous arrivâtes dans le hall, retouchâtes un tableau avec précision et une porte dérobée s’ouvrit alors. Cette porte s’ouvrait sur un couloir qui avait tout de sordide. Vous alliez lui donner des raisons de se montrer compréhensive. Parce qu’elle ne comprenait pas à quel point rein que vous absenter pour aller au théâtre était inconséquent de votre part.

« Vous allez voir ce que personne à part l’impératrice ne connait et ne voit, la raison pour laquelle vous trouvez que je vous néglige. Considérez cela comme une preuve de confiance que je vous montre, d’une part, et la raison pour laquelle vous ne pouvez m’aider autrement qu’en ignorant certaines choses et en restant dans l’inconnu et l’innocence. »

Vous avançâtes en prenant une torche dans une torchère à l’ancienne et vous avançâtes lentement en faisant attention où vous mettiez les pieds, c’était un véritable labyrinthe, ce fut la raison pour laquelle, dans les étroits couloirs, vous lui prîtes la main et vous la guidâtes. Pas le moindre mot ne dépassa de vos lèvres sur tout le trajet, mais c’était important qu’elle comprenne les choses. Une bonne fois pour toute. Enfin, vous approchâtes d’une lourde porte que vous déverrouillâtes avec une clef avant de finalement déboucher sur un bureau qui possédait une fenêtre. Bas de plafond, des alvéoles sur deux des quatre murs contenaient des rouleaux, des missives, un autre était couvert de livres.

« Voilà là où je travaille à l’avenir de l’empire. Tenez, lisez ceci par exemple, te vous comprendrez peut-être certaines choses. »

Vous lui tendîtes une missive jaunie par le temps. Il s’agissait d’une missive abrégée mais compréhensible, qui demandait quoi faire au sujet d’un notable raclusien qui commençait à chercher des crosses aux frontières ambrosiennes.

« J’ai du décider de le faire se calmer définitivement. C’est ce genre de décisions que je prends en permanence. Depuis cette pièce, je pourrais gouverner l’empire sans même en référer à ma nièce. Son Altesse Impériale le sait. Tenez, regardez ces alvéoles, il s’agit de rapports quotidiens des autre coins du monde. Pour vous accorder cette sortie en couple au théâtre j’ai fait une croix sur une bonne partie de ma nuit. Voilà mon quotidien, des décisions et chacune peut amener la guerre, al révolte, ou préserver la paix et les statu quo. Je sais tout, et ce, parce que je ne me repose pour ainsi dire jamais. Vous pensez que je vous néglige grossièrement. Et il est vrai que vous seriez en droit d’attendre que je passe plus de temps avec vous. Mais foutredieu, je dirige presque l’empire, j’ai tellement de responsabilités que je dors mal le peu que je dors. Et sincèrement… quand vous me reprocher de ne pas passer assez de temps avec vous… en pure ignorance je le comprends. Et maintenant, lisez, regardez, et faites-vous votre avis. Est-ce que je vous néglige vraiment ? Ou est-ce que des préoccupations supérieures me tiennent éloigné de vous ? Documentez-vous, et osez me regarder dans les yeux en disant que je manque de considération à votre égard en vous négligeant et que je devrais passer plus de temps en votre compagnie au détriment de tout cela.. »

Oui, voilà, pour le reste, ça allait dépendre de ce qu’elle tirerait de tout cela…


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Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Dim 19 Avr 2020 - 2:18
Enfin, ils parlaient. Enfin, elle se permettait de s’emporter doucement sous les élans d’un cœur passionné autant que meurtri. Nemrod n’était pas l’objet de tous ses maux mais il était devant elle, contrairement au reste aussi, il devrait accuser le coup de toutes ces choses qui menaçaient de forcer son esprit à s’effondrer. Comme elle aimerait croiser le regard de son père pour lui prouver que sa langue pouvait être ce pic à glace qui menaçait de tomber comme ceux des grottes autour de Virindrige. Reprenant son souffle après bon nombre de mots, elle espérait des réponses, l’expression claire des attentes de cet homme concernant ce rôle d’épouse qu’elle devrait endosser bien malgré elle.

Mais au lieu de cela, il se jugea naïf de croire… Quoi exactement ? N’allant pas au bout de sa pensée, il ne fit que piquer encore la curiosité et l’impatience d’une Daphnée déjà à fleur de peau. Fronçant les sourcils, elle pensait déjà à la manière dont elle pourrait lui dire ce qu’elle pensait de ce genre de comportement mais n’en eu pas l’occasion. Il disait la considérer, plus qu’elle ne pouvait le voir, justement par cette ignorance dont il faisait preuve à son égard, se cachant derrière une compréhension certaine de sa part. Une compréhension qu’il pensait possible pour elle. Mais lui aussi était las des non-dits et, dans un empressement qu’elle eut du mal à comprendre, presque rageur, il empoigna son bras pour mieux la ramener au palais. Une main accrochée à son bras, l’autre tenant un pan de tissu de sa robe afin de s’éviter une chute malencontreuse, elle se garda de mentionner le rythme intense qu’il imposait à leur marche. Serrant les dents, elle endura les choses, se demandant alors ce qui pouvait bien l’attendre, ce qu’il pouvait avoir en tête.

Ils déboulèrent ainsi dans le grand hall, Daphnée cherchant à reprendre son souffle, profitant de l’instant ou il relâcha son bras pour mieux évaluer la situation. Elle le regarda s’aventurer vers un tableau, fronçant les sourcils. Désirait-il parler d’art maintenant ? Non, certainement pas. Actionnant un mécanisme par un moyen bien secret, elle écarquilla doucement les yeux quand un pan de mur s’ouvrit. Ses lèvres s’entrouvrirent, observant la chose avec un enchantement mélangé à une angoisse nouvelle. Qu’est-ce que cela pouvait bien dissimuler. Un regard lancé dans le couloir lui suffit pour la dissuader d’y entrer et pourtant… Pourtant, il se glissa à l’intérieur, attrapant une torche sur le mur. De quelques mots, il l’informa de ce qui l’attendait et, soudainement, Daphnée eut envie de faire machine arrière, de ne pas se risquer à entrer dans ce qui semblait être le ventre de la bête. Une preuve de confiance. Ses yeux azurés croisèrent ceux d’airain du maître Espion. Un instant, elle songea à un piège de sa part. Mais où serait la confiance dans un cachot ?

Prenant une profonde inspiration, elle se laissa aller, se glissant dans le couloir, la porte dérobée se refermant derrière elle. Puis, emboîtant le pas à son fiancé, elle laissa sa main tomber naturellement dans la sienne afin de se laisser guider dans ce dédale horrifiant. Prenant soin de ne pas salir les soieries du tissu qui couvrait ses jambes, elle cherchait, de ses grands yeux, un indice sur les raisons de leur venue dans un tel endroit, bataillant parfois avec quelques toiles d’araignée. Finalement, ils débouchèrent sur une porte que Nemrod ouvrit avec une gestuelle trahissant son habitude. Il avait gardé le silence tout du long, la laissant entrer dans cette pièce assez étroite. S’habituant à la luminosité chaleureuse de la torche, elle put ainsi admirer l’architecture de l’endroit ainsi que les montagnes de paperasse qui trônaient ici, rangées sur des étagères ou placées sur un bureau.

A toutes les questions, il apporta une réponse simple. Là où je travaille. Ainsi, c’était dans l’obscurité et l’ombre que l’homme passait plus clair de son temps. La lumineuse Etoile du Nord avait du mal à le concevoir et pourtant, observant ce qui se trouvait autour d’elle, elle ne mit guère de temps avant de comprendre que ces parchemins étaient certainement ce qu’il y avait de plus précieux au royaume. D’ailleurs, comme pour le lui prouver, il lui tendit une feuille jaunie qu’elle parcourut rapidement des yeux avant de relever son regard sur lui. Elle avait du mal à comprendre pourquoi il lui disait tout ceci, pourquoi il lui montrait cet endroit. Confiance. J’ai décidé. Prenant une profonde inspiration, elle accusa le coup de cette nouvelle. Le nom sur le document, elle le connaissait car étant un noble de Raclus. Était-ce pour tester la mesure de sa confiance qu’il avait volontairement impliqué les terres dont elle était native ? Pour la déstabiliser ?

Ecoutant ses dires, elle réalisa que d’Empereur, il n’avait pas le titre mais il avait les responsabilités. Et le pire, c’était que Lilith cautionnait cela. Tâchant de respirer profondément, Daphnée essaya de laisser le vide se faire dans son esprit tandis qu’il chargeait d’informations ce dernier. Puis, comme un coup de couteau finement placé, il évoqua cette soirée de façon bien maladroite, insistant sur le fait qu’il avait sacrifié bien des choses pour un tel événement. Plissant le regard et les narines, elle se retint d’un commentaire tranchant, pour le moment, préférant écouter de bout en blanc ce qu’il avait à dire. Le repos était un luxe qu’il ne pouvait se permettre. Et à travers ses mots maladroits, elle comprit où il voulait en venir et doucement, elle se sentit égoïste. Mais n’avait-elle pas le droit de l’être un peu, égoïste ? L’homme lui annonçait en douceur que jamais il ne prioriserait le temps passé à ses côtés par amour pour sa nation, parce que les responsabilités qui lui incombent sont trop grandes… Détournant le regard, elle obéit, observant autour d’elle, laissant ses doigts glisser sur des parchemins sans jamais s’en saisir, sans jamais chercher à en connaître le contenu. Elle réfléchissait à tout ceci, essayant de se montrer juste dans son esprit. Certaines pensées, cependant, se firent plus fortes que d’autres. « Pourquoi avoir abdiqué ? » Se rendant compte que la question avait été posée à voix haute plutôt que dans sa tête, elle releva son regard vers lui. « De cela, je suis au courant. Vous étiez prince héritier et vous avez cédé le trône à votre cadet… Pourquoi ? N’y voyez pas là une forme d’ambition élévatrice de ma part, votre rang m’importe peu mais j’aimerais comprendre comment un homme autant attaché à son pays et désireux de le servir comme vous puisse se détourner de ses responsabilités un jour… » Penchant légèrement la tête sur le côté, elle cherchait des réponses dans ses yeux durs et froids.

Soupirant doucement, elle pinça délicatement les lèvres. « Vous me pensez certainement égoïste, maintenant que je vois tout ceci… Je ne pense pas l’être, monsieur, je ne mesurais simplement pas l’importance que tous ces secrets d’Etat avaient pour vous… » Mais ça ne l’aidait pas vraiment, non. Daphnée se sentait terriblement fataliste. Les mots de Lilith lui revinrent pourtant en mémoire, concernant ce bonheur qu’elle espérait la voir trouver avec son oncle, avec leur famille. Comment ? Comment pourrait-elle être heureuse quand leur préoccupation à tous lui était inaccessible. « Peut-être devriez-vous envisager de déléguer certaines parts de votre travail… Et avant de ricaner en me demandant à qui, je n’ai nulle réponse à vous donner, je ne connais pas suffisamment votre entourage… Mais il n’y a pas personne, pour sûr. Vous êtes âgé, vous devez avoir prévu qui reprendrait la suite de votre travail si quelque chose devait vous arriver… » Et mieux valait pour lui qu’il s’en inquiète prochainement. Était-ce si dur de faire confiance à d’autres personnes, pour les Choiseul ?

Se retournant vers lui, elle se réavança afin de briser la grande distance qu’elle avait placé entre eux. Ce fut certainement à ce moment là qu’elle réalisa qu’ils étaient seuls, sans tierce personne pour les surveiller et s’assurer que nul déshonneur ne serait porté à quiconque. Si la chose aurait dû la faire paniquer, elle envoya bien loin ses angoisses et le protocole. Fronçant ses délicats sourcils, elle plissa toujours son regard. « Je peux comprendre, en effet, vos obligations et vos devoirs. Je peux comprendre à quel point ils me couteront et me faire doucement à l’idée d’une solitude grandissante… Je commence cependant à m’interroger sur votre présence lors de notre mariage car, à vous entendre, celui-ci passera après tout le reste… Mais vous ne répondez pas à ma question. Qu’attendez-vous de moi ? Quel rôle doit avoir votre parfaite épouse dans tout ceci ? Comment puis-je vous aider ? » Car oui, Daphnée se voyait bien plus qu’une simple beauté qu’il pourrait se vanter d’avoir à son bras, un ornement à sa personne qu’il posséderait. Elle n’avait nulle prétention de connaître ce royaume ou même de savoir comment agir pour le bien de celui-ci, de concert avec son futur époux mais elle espérait pouvoir trouver sa place dans tout ceci.

Ses doigts glissèrent sur le bureau qui était à côté d’eux, son regard se posant sur ceux-ci, suivant leur mouvement. « Au-delà du fait que mes plaintes seront tues et que mes envies seront bridées… Répondez à cela et je vous laisserais en paix avec votre travail. Vous n’aurez plus à forcer quelconque sortie à moins de la souhaiter vivement… Mais je vous défends de m’accuser de bon nombre de sacrifices réalisés alors même que je n’ai rien demandé. Cette invitation, c’est vous-même qui me l’avez adressée parce que vous saviez que, dans votre concentration la plus acharnée à préserver ce royaume que vous aimez plus que le reste, vous m’avez oubliée. Si vous souhaitez vous racheter à mes yeux, ne le faites pas parce que vous pensez me le devoir. Faites-le parce que vous en avez envie et de la manière la plus appropriée… Une sortie au théâtre n’est qu’artifice devant la réalité que tout ceci peut offrir. » Soupirant longuement, elle releva ses yeux de glace sur lui. « Ne me cachez plus la vérité, aussi dure soit-elle à entendre. Ce soir, j’ai enfin vu le vrai visage de l’homme que je dois épouser et c’est bien lui que j’aspire à connaître, non son pâle reflet… Même si je dois confesser que j’ai bien cru que vous me conduisiez dans un cachot… » Ses lèvres s’étirèrent en un sourire avant qu’un rire nerveux n’échappe à son contrôle. Oui, il lui fallait au moins cela pour espérer encaisser plus facilement toutes les révélations que cette soirée promettait…


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Nemrod L'Envers
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le Mar 5 Mai 2020 - 21:36
Le silence commença à s’étendre un peu, mais cela faisait du bien. cela prouvait qu’elle comprenait ce que vous disiez et qu’elle y accordait l’importance. Toute l’importance inhérente à de telles découvertes… aussi, logiquement, une question vint. Une question pertinente et développée. Et vous ne voyiez aucune raison de ne pas répondre. C’était une bonne idée, de l’éclaireur le sujet. Elle avait le droit de savoir. Vous lui faîtes signe de s’asseoir, à défaut qu’autre siège, sur un coin du bureau. Ce serait un peu osé, mais ce serait mieux que de discuter debout.

« C’est compliqué… je n’ai jamais été taillé pour régner… commandes des hommes et men faire aimer d’eux, mais difficilement du peuple… c’était dans mes cordes…. Mais régner… non… je n’étais pas taillé pour. En outre j’avais une réputation exécrable après avoir maté quelques révoltes paysannes, à cause des famines, tout ça… donc mon père et moi avons pris la décision de mon abdication et mon frère, plus aimé par les sujet de l’empire fut nommé héritier. J’ai pris un autre nom pour symboliser ce changement… et je me suis isolé. Ais quand mon frère a accédé au pouvoir, il était un peu démuni et m’a demandé de l’aider dans l’ombre… la suite, vous la devinez sans peine… je n’ai jamais détourné mon attention de l’empire. Seulement, parfois, pour rendre service le mieux est de ne rien faire… mais je n’ai pas rien fait… la garde impériale. Ce sont tous ou presque des enfants et de la famille des homme qui, lorsque je me suis retiré, ont décidé de me suivre. Ils ont formé les instructeurs actuels, en somme, j’ai servi mon pays. Mais autrement. »

Oui, voilà. Elle avait sans doute une meilleure compréhension des choses, quand vous lui donniez toutes ces pistes, non ? Maintenant à elle de voir ce qu’elle en ferait. Vous ne pouviez pas mieux dire. par contre…

« Non, je ne vous dirais pas égoïste, Daphnée… en fait je pense que vous êtes loin de l’être, sinon, je ne vous aurai pas montré cela. Je pense que vous êtes une femme douce, compréhensive, patiente, et beaucoup d’autres belles qualités. Seulement comment auriez-vous pu juger les choses sans avoir toutes les données sur le sujet ? Je pense juste que vous êtes jeune et que vous rêvez beaucoup. Ce n’est pas un mal, bien au contraire. Et je sais ô combien je suis éloigné de ce que vous espériez pour votre vie future… et je ne saurai vous le reprocher… »

Oui, voilà. C’était vrai. Vous n’étiez pas un beau prince, jeune, et fier comme elle devait les rêver. Vous étiez un vieil homme ronchon et peu disponible… vous ne cachiez pas ces mauvais côtés. Enfin, maintenant, elle pouvait sans doute mieux comprendre et supporter mes absences d’intérêt. Toutefois vous aviez vos idées pour la suite des évènements.

« Oh, j’y ai pensé, mais pas avant nos épousailles. Je refuse de donner une nouvelle priorité quelconque à une femme dans ma vie qui ne soit pas vous. J’ai trouvé la personne adéquate, mais je préfèrerai éviter de vous offenser plus que je ne le fasse déjà. Cela peut attendre après notre mariage. Nous ne sommes pas à quelques jours près… la personne que j’avais choisi initialement m’a…. beaucoup déçu… donc je vais partir sur mon second choix, mais donc, cela attendra. Je vous donnerai son nom avant de commencer son apprentissage. »

Oui, voilà, c’était ce que vous promettiez. Plus proche d’elle vous l’écoutâtes faire un peu son petit sermon sur son sort à venir, cherchait-elle à vous culpabiliser ? Non… peut être pas, mais elle n’avait pas compris le plus important, semblait-il… elle n’avait pas compris que ce temps passé avec elle au théâtre, vous l’aviez pleinement consenti. Et vous aviez compris qu’elle ferait la malheureuse en silence. Pffffff les femmes. Plus simples de votre temps. Vous ne l’auriez rencontré que le jour du mariage. C’eut été plus simple.

« Vous savez, je peux encore vous y conduire en passant par le bon chemin. Depuis cette pièce vous pouvez accéder à n’importe quelle partie du palais. Depuis les cachots jusqu’à la chambre à coucher impériale… donc nous pouvons encore aller visiter les cachots si vous êtes déçue… »

A pique, pique et demie. Bien sûr, vous ne comptiez pas le mener aux cachots mais l’idée était amusante de l’imaginer dans ce contraste entre sa douceur et l’aspect infame des cachots… enfin bref, vous la regardâtes dans les yeux. Et vous vous approchâtes d’elle. elle avait posé une question, et il était temps d’y répondre.

« Je ne vous demande pas d’être une bonne épouse, par tous les dieux je ne sais même pas ce qu’est une bonne épouse. Je ne vous demande pas de me seconder dans ces taches que vous voyez tout autour. Je ne vous mêlerai pas à ça et vous en garderez le sommeil du juste. Par tous les dieux je ne sais même pas quoi attendre de vous. Ce mariage est politique et je m’y plie avec plaisir. Mais je ne sais pas du tout ce que donnera notre mariage. Parce que je sais déjà que je ne vous forcerai pas à porter le moindre enfant si vous ne le voulez pas, parce que je ne compte pas vous imposer de partager ma couche, parce que je ne compte pas davantage vous mêler à tout cela. Je crains qu’il ne faille, si nous voulons que ce mariage se passe bien il va nous falloir trouver une activité en commun. Une activité réelle qui nous fera plaisir de partager ensemble, mais nous sommes bien loin de savoir assez l’un sur l’autre pour établir ensemble quelque chose qui puisse s’apparenter à une activité hebdomadaire commune… c’est tout ce que je peux promettre. »

Ne idée vous frappa.

« Oh, je sais, si certains midi, j’envois quelqu’un vous chercher… partageriez-vous une collation en ma compagnie ici ? Je ne vous parlerais pas de mon travail, mais cela peut être une bonne idée, qu’en pensez-vous ? »
E


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Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Lun 25 Mai 2020 - 1:22
Après l’incompréhension, vinrent les questions. Si elle avait pensé l’homme peut enclin à y répondre, elle fut presque surprise de la voir l’inviter à prendre place sur le bord du bureau afin de mieux écouter ce qu’il avait à dire. Prenant soin de ne pas abîmer une robe qu’elle affectionnait, elle s’exécuta, attentive à ses réponses. Elle fut presque émue de l’entendre parler de ce passé, de ce règne qu’il avait lui-même saboté pour mieux soutenir son cadet dans l’ombre, incapable de se retirer du pouvoir quand les choses auraient pu le lui permettre. Tous ceux qui travaillaient pour lui avaient un lien fort avec le Maître Espion et leur loyauté semblait sans pareille. Son rôle n’avait été évincé que par souci de politique. Pinçant les lèvres, elle comprit à quel point le peuple avait un rôle à jouer dans l’autorisation de gouverner et sans leur consentement, les Choiseul ne seraient plus rien. Elle aussi, pour soigner cette réputation ternie qui était celle de son époux, elle devrait agir afin de mieux montrer au peuple un visage qui lui était favorable.

Gardant le silence après une telle déclaration, elle baissa ses yeux clairs sur ses doigts qui semblaient jouer entre eux sur ses genoux tandis que ses pensées s’agitaient toujours plus. Reprenant ses mots, il écarta de lui-même l’égoïsme dont elle s’accusait, venant davantage souligner mille vertus qui la firent doucement sourire avec une gêne non dissimulée. « Je ne mérite pas la moitié des vertus que vous m’offrez… Et encore moins votre clémence… » Comment pouvait-il si aisément l’autoriser à reprocher à la terre entière cet âge qui est le sien ? Cela la dépassait quand bon nombre de ses fiancés précédents lui avaient imposé une conduite à tenir. N’était-ce pas le rôle d’un époux ? Avec Nemrod, il lui semblait que la liberté qu’il semblait lui offrir n’en était que mise en déroute, incapable de comprendre où étaient ses limites.

Poussant un délicat soupir, elle chercha à mettre en avant la possibilité de déléguer ces tâches et, bien qu’il semblât lui garantir que cela serait fait une fois leurs noces prononcées, elle eut du mal à le croire. Il était si attaché à tout ceci, en témoigne la pièce dans laquelle ils se trouvaient et la manière avec laquelle il trouvait sa place en celle-ci. Elle s’en voulait presque d’être celle qui l’arracherait à cela. Il avait cependant déjà bien réfléchi à la question puisqu’étant capable de désigner son successeur, souhaitant cependant garder son nom secret à cette heure. Elle hocha la tête, comme si ces mystères étaient on ne peut plus normaux. Après tout, n’était-elle pas assise à côté de quelques secrets d’état ?

A la mention des cachots, elle sourit doucement. Elle l’avait cherché, soulignant sans cérémonie la façon dont il avait agi durant cette soirée. Et, finalement, cette idée la séduisait presque. « C’est un peu trop pour ce soir… Mais une prochaine fois, pour sûr, je me ferais une joie devoir de quelle manière vous enfermez les traitres… » Son sourire s’étira en coin et elle haussa les épaules comme si c’était bien naturel. Elle n’avait jamais eu l’occasion de voir pareil lieu et n’avait que pu les imaginer grâce aux romans fantasques qu’elle lisait.

Finalement, il posa son regard d’airain dans le sien, s’avançant vers elle, la poussant à se redresser légèrement pour mieux lui faire face. Ne dérobant pas son regard, elle l’écouta tandis qu’il lui donnait la réponse qu’elle attendait. Mais elle fut presque décevante. Il n’y avait nulle règle, nulle attente précise quant à leur mariage, quant à leur futur en commun. Prenant une profonde inspiration, Daphnée laissa échapper un profond soupir qu’elle interrompit lorsqu’il mentionna son refus de la forcer à porter un enfant ou même de la voir partager sa coucher. Déglutissant avec difficulté, elle dévia un instant le regard, ses lèvres laissant transparaître une légère mimique qui soulignait à quel point le sujet pouvait être épineux. Ne s’arrêtant pas là, il proposa le partage d’une activité en commun de manière hebdomadaire afin de mieux discuter, afin de mieux s’apprivoiser. C’est tout ce que je peux promettre. C’était décevant mais elle saurait s’en contenter. Après un léger silence, il suggéra la possibilité de la voir le rejoindre en ces lieux pour mieux partager un instant, une collation. Relevant ses pupilles azurées sur lui, elle haussa les épaules. « Je n’y vois aucun inconvénient. Si cela peut en plus me permettre de me soustraire un temps durant à la Cour… »

Poussant un soupir, elle laissa les choses qu’il avait dites faire chemin en elle. Puis, sûre de ses mots, elle entreprit de répondre. « Je prends bonne note de toutes ces choses que vous m’avez dites… Vous êtes si différent des autres fiancés que j’ai pu avoir que je dois avouer être quelque peu désarçonnée quant aux limites que toutes ces libertés ne sauraient m’imposer… Sans oublier que… Je ne vois pas comment je pourrais échapper à ce partage de couche… » S’éclaircissant péniblement la gorge pour mieux masquer sa gêne, elle baissa le regard autant que l’intonation de sa voix, comme pour mieux espérer ne pas être entendue. « Le gens s’interrogeront à ne pas nous voir partager le même lit, je le crains… Même si je dois vous confesser ma crainte concernant ce point puisqu’elle est la même que celle de toute jeune fille n’ayant… Jamais connu telle chose. » C’était presque honteux pour elle de confesser cela à son âge. Sentant le fard monter à ses joues, elle regretta presque ses mots, essayant de se soustraire à son jugement, à ses pensées. Pinçant les lèvres, elle sourit doucement. « Je me dois de vous confier quelque chose… Vous avez raison lorsque vous soulignez le fait que mes attentes étaient différentes, je ne le nierai pas. Mais votre âge est interprété différemment par les autres. Eux voient l’écart qui nous séparent, ces années qui creusent un fossé infranchissable, la jouvencelle épousant l’aïeul et le dégoût naît naturellement dans leurs esprits. Or, à mes yeux, si je perçois cette différence flagrante, je ne vois surtout que les années qu’il vous reste. Ce chiffre semble infime et pourtant, je me dois de m’y accommoder. Mais comment pourrais-je m’en accommoder quand on me demande de me lier à vous ? Les gens ne voient pas à quel point il sera malgré tout douloureux de faire ses adieux à quelqu’un que l’on s’est évertué à connaître. C’est pour cela que, malgré vous autant que malgré moi, je cherchais à garder une certaine distance entre nous… » Devait-elle être honteuse de cette protection qu’elle avait cherché à mettre autour d’elle ? Préférer se persuader qu’il n’était qu’un étranger plutôt que d’investir leur relation comme elle commençait à le faire à cet instant ?

Soupirant doucement, elle finit par se laisser glisser au bas du bureau, leurs corps se rapprochant un peu plus par ce geste. « Pour l’heure… Vous aviez voulu bien faire en m’emmenant au théâtre et je m’en voudrais d’être coupable de la mine déconfite de Marco Larrasi s’il s’aperçoit que la loge Impériale est déserte quand on lui a sûrement déjà annoncé notre venue… Et je pense également à votre nièce que nous avons abandonné dans ce fiacre sans explication aucune… Peut-être devrais-je lui faire des excuses ? »


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Nemrod L'Envers
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le Ven 5 Juin 2020 - 20:46

Vous lançâtes à son refus de ce que vous disiez à son propos, sur un ton non agacé, mais comme si c’était un peu idiot de sa part de refuser les compliments :

« Foutaise que la modestie, acceptez les compliments que je vous fais. Croyez-moi, il faudra bien tout cela pour me supporter. Et plus encore, quand nous serons mariés. Je ne suis pas vraiment l’homme ponctuel attentionné et aimant que vous ayez rencontré jusque-là ! »

Oui, vous aviez pris le parti de taquiner un peu, histoire de détendre un peu l’atmosphère. Vous essayez aussi de la mettre à l’aise. Enfin, vous essayiez, ce qui n’était pas négligeable n’est-ce pas ? Et peut être le comprit-elle quand elle parla des cachots pour une autre fois. Vous lui sourîtes à cette idée, paisiblement, avant de finalement reprendre sur des sujets plus sérieux. Il était vrai que malgré votre travail plus qu’accaparant, vous ne pouviez pas continuer comme vous l’aviez fait jusque-là. Par respect pour elle, tout simplement. Et du coup, votre idée sembla bien lui plaire. L’idée de venir ici vous semblait bonne qui plus était. Ce serait un moment qui aurait quelque chose d’intime, n’est-ce pas ? Vous lui sourîtes avant de finalement opiner du chef.

« Soit. Alors je viendrais vous apprendrais à ouvrir un passage à sens unique, qui mène depuis mes appartements à ici. Vous ne vous perdrez pas et vous ne pourrez y entrer que s’il est déverrouillé. Ainsi, officiellement, ce sera comme si vous veniez me rendre visite dans mes appartements. Cela me semble idéal. »

Pourtant vous lisiez beaucoup d’interrogation sur ses traits, comme si elle restait perplexe quant à beaucoup de points. Alors, vous attendiez en silence ses questions, relativement détendu parce que vous n’aviez pas peur de celles-ci et vous compreniez que ce ne soit pas la situation qu’elle espérait.

« Hum… je comprends vos inquiétudes… et je comprends cela. Mais dites-vous qu’une fois le mariage consommé. Le prince consort Elrich et l’impératrice ne partageaient pas la même chambre. c’était de notoriété publique dans la domesticité. Et cela n’empêchait pas l’époux de rejoindre l’épouse dans ses appartements régulièrement. Disons que je suppose que cette possibilité sera plus plaisante pour vous. Et moins contraignante, permettant aussi de faire votre vie quand vous le désirez… »

Vous lui prîtes doucement la main et vous la serrates avec douceur dans les vôtres. Elle devait sentir les cals, légers, sous mes doigts, du passé de soldat. Ils étaient bien partis, toutefois. Avec le temps tant de choses s’effaçaient…

« Peut-être devriez-vous voir les choses différemment ? Je veux dire, d’accord, il me reste peu de temps. Dix ans, quinze ans, sans doute, vingt, possiblement. C’est selon. Si j’arrive à me reposer, je peux m’accrocher à la vie. peut être devriez-vous vous rendre compte… si je tiens vingt ans… est-ce si infime que ça ? Certes, c’est peut être stupide de ma part de dire les choses ainsi. Ce qui sera toujours dix, quinze, ou vingt fois plus que tous les fiancés que vous vous êtes évertuée à connaitre. La différence, c’est que cette fois non seulement le mariage aura lieu, d’une part, et d’autre part que vous saurez profiter de ce temps avec le recul au lieu de vous pâmer devant un éventuel bellâtre, vous comportant non comme une enfant mais comme une femme. Nous allons partager un certain temps de vie commune, considérez cela comme une chance, si vous le voulez, considérez que vous allez avoir la possibilité de partager et d’échanger, de me découvrir et de vous laisser découvrir, pendant de nombreuses années. Jusque-là vous n’avez jamais pu vous projeter qu’à court terme, désormais, à mes côtés, vous allez pouvoir vous projeter à long terme, envisager votre vie non en attendant un prochain fiancé, mais par exemple, vous projetez-vous mère de famille ? Vous envisagez-vous mère d’enfants, ou sans aucune descendance ? Vous imaginez-vous tenir une domesticité ? Ou d’autres petites choses du genre… »

Oui, voilà voyait-elle où vous vouliez en venir ?

« Et sincèrement, je trouve cette soirée bien plus enrichissante qu’n’e soirée au théâtre. Et si nous redescendions dans mon petit salon. Nous pourrons y boire quelque chose pour passer un moment ensemble, si vous le désirez. J’irai m’occuper demain matin de notre chaperon. Je suis sur que Charlotte comprendra. Et sinon, je suis sur qu’elle l’acceptera et ne nous en voudra pas. »


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Daphnée Samabartel
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Daphnée Samabartel
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le Mar 7 Juil 2020 - 23:46
Le ton qu’il employa pour lui signifier que le refus de ses compliments était impossible la surprit et elle haussa doucement les sourcils. Se ferait-elle seulement un jour à ses manières de soldat bourru et non de gentleman distingué ? Ce n’était pas ce à quoi elle avait été habituée ou même éduquée alors, aussi, il lui faudrait bien plusieurs autres mois pour mieux voir ce trait de personnalité comme complétant le personnage. Alors non, comme il le précisait lui-même, il était loin de ce à quoi elle avait pu rêver ou imaginer mais ce n’était nullement un mal. La découverte et la curiosité n’étaient-ils pas deux traits de caractère qui la définissaient, elle ?

Finalement, alors qu’elle avait pris place sur le bureau, ils tombèrent d’accord sur cette idée de collation partagée dans cet espace aussi étrange qu’intriguant. Y perdrait-elle seulement la vue ? La lumière manquait grandement à dire vrai et c’était peut-être la chose la plus inconfortable de l’endroit. A la mention d’un passage ouvrant sur une galerie conduisant ici depuis ses appartements, elle se demanda si elle saurait se faire un jour à tous ces mystères. Peut-être qu’en y prenant part, même s’il avait catégoriquement réfuté la chose, elle saurait mieux y faire ? Une future épouse ne se devait-elle pas de se montrer surprenante ? Elle signa un accord silencieux avec elle-même pour essayer malgré elle de jouer aux intrigantes à la Cour.

Vint alors cette discussion si particulière, sujet tabou sur lequel se livrer relevait presque de la grossièreté à ses yeux. Pourtant, il lui fallait extérioriser les craintes qu’elle avait déjà livré à Leonie et qui lui avait valu un départ précipité de son amie, sans qu’elle ne puisse rien y changer, ses mots ayant été prononcés avec égoïsme et terreur. Une fois le mariage consommé. Car oui, il leur faudrait bien en arriver à cela, qu’il se complaise à lui faire croire qu’elle ait le choix ou non. Alors même s’il lui garantissait des nuits paisibles à l’avenir, l’une d’elle serait étrange autant que peu enviable à ses yeux. Et pourtant, il s’attardait tellement sur ce souhait de la voir épanouie dans la solitude si c’était son choix, qu’elle le crut volontiers. Sa main trouva la sienne et presque naturellement, les doigts de Daphnée vinrent enlacer ceux de l’oncle de sa Majesté. Etrangement, elle songea à leur aspect, moins rude, moins dur que ce à quoi elle s’était attendue, trouvant une certaine douceur dans ce contact, relevant instantanément ses pupilles azurées vers lui alors qu’il reprenait sur un ton hypothétique, une tirade sur leur avenir.

Oui. S’il vivait aussi longtemps, alors il aurait su partager sa vie plus que les six autres hommes auxquels elle fut fiancée par le passé. Mais elle craignait cet avenir, ne souhaitant nullement être celle qui l’aiderait à se lever ou à marcher quand son corps ne le lui permettra plus. Ne pourrait-elle pas se prétendre docteur, alors ? Déglutissant avec difficulté, elle ne le coupa que pour réagir lorsqu’il lui assura que le mariage aurait lieu. « Seuls les Dieux possèdent cette réponse, monsieur… » Et les priait-elle pour cela ? Elle avait doucement renoncé. Elle avait préféré ne plus leur demander de poser leur regard sur cette union pour éviter le pire. Pourtant, il poursuivit sa tirade, lui offrant une vision de cette union bien différente de celle qu’elle avait, de celle que bien des gens avaient. L’expérience, l’échange. Oui, cela ferait également leur quotidien et cela permettrait à Daphnée de se révéler plus encore. Mais quand il parla de projets à long terme, émettant des suppositions au travers de questions, elle eut un léger mouvement de recul. « Je… Je n’en sais rien, je ne me suis jamais posé cette question… » Et c’était vrai… Ou presque. Evidemment, follement amoureuse du premier homme qui avait demandé sa main, elle avait rêvé du temps passé à ses côtés, des enfants qu’ils pourraient élever et de cette famille qu’elle fonderait tout en gérant d’une main de maître les différents rapports commerciaux de Virindrige. Mais, au fil du temps, ces idées et ces rêves s’étaient dissous, ne laissant pas même un souvenir dans son esprit.

Mais déjà, Nemrod lui proposait une alternative sur cette fin de soirée que Daphnée ne put qu’approuver d’un hochement de tête. Descendant de son perchoir, elle prit machinalement le bras de l’homme, prête à sortir du trou à rats dans lequel il l’avait conduite. « Je prendrais la peine, malgré tout, d’inviter votre nièce pour un thé… C’est la moindre des choses pour me faire pardonner. » Et c’était une manière de lui signifier que sa présence comptait à ses côtés. « En attendant, vous allez donc me conduire dans vos appartements sans la présence d’un chaperon… Est-ce le moment où je vous avertis que je suis bien à même de crier, au besoin ? » Elle plaisantait autant qu’elle se rassurait sur le sujet. Mieux valait être claire, non ?

Se laissant conduire dans le dédale de couloirs assombris, elle finit par soupirer doucement. « Pour en revenir à vos paroles… Tous ces projets de vie, j’y ai renoncé le jour où j’ai fait promettre à mon père de ne plus jamais prétendre à des fiançailles pour moi. Mère, j’avais pourtant rêvé de le devenir, un temps durant… J’ignore seulement si cela saurait revenir, sans oublier que ce genre de décision se prennent ensemble, non par caprice d’une envie soudaine. » Elle était cérébrale, songeant avant d’agir, comme bien souvent. Daphnée mesurait le risque, la longueur séparant les deux rochers et même sa capacité à franchir le vide avant de sauter pour de bon. C’était si contradictoire avec son esprit rêveur et créatif qu’elle se surprenait elle-même. « Pour commencer… J’aimerais m’intégrer plus amplement à la Cour. Votre Nèce m’y aide énormément et je peux même vous annoncer qu’elle m’a demandé d’être sa demoiselle d’Honneur, quand elle aura su trouver un époux digne de ce nom. Mais avoir son amitié ne me permet pas d’éviter les murmures et bien d’autres choses… J’aimerais me rendre utile, d’une quelconque manière… Je ne peux éternellement sillonner ces couloirs avec des airs de fantôme, n’est-ce pas ? » Adressant un sourire amusé à l’homme à ses côtés, elle finit par l’effacer doucement. Resongeant au début de cette soirée, elle se remémora la cause de cette tournure étrange. « Je tiens à me faire pardonner mon comportement de tout à l’heure, il était inapproprié. Je crois que je ne m’étais pas attendu à recevoir la nouvelle d’une fille de votre sang, quoique sa naissance soit illégitime. Je peux vous assurer ne vouloir nullement lui nuire et… Quelles que soient les décisions que vous prenez à son égard, sachez que je ne m’y opposerais pas. Jamais. » Oui, il fallait au moins ces mots pour lui permettre de panser ce qui lui semblait être un plaie ouverte entre eux.


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Nemrod L'Envers
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Nemrod L'Envers
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le Jeu 30 Juil 2020 - 18:49
Elle ne s’était jamais posée cette question. Bien sûr. Parce qu’elle était jeune. Plus jeune que votre fille. plus jeune que votre nièce. C’était une enfant, et se projeter… c’était plus facile quand l’âge avait déjà commencé à faire son office. Vous ne lui reprochiez pas de ne pas avoir de projets. Vous n’étiez pas davantage déçu. C’était ainsi, tout simplement ; les projets viendraient sans doute après les épousailles. Tout simplement. Peut-être était-ce une question de jalons tout simplement.

« Nous reparlerons projets quand le temps sera venu. D’accord ? »

Vous lui sourîtes et vous la regardâtes avec douceur. Vous lui sourîtes tendrement, puis, finalement, vous opinâtes du chef.

« C’est bien. comme ça, vous saurez donc comprendre que vous faites partie de la famille, de cette manière, n’est-ce pas ? Et puis, en tant que demoiselle d’honneur, l’impératrice vous reconnait une place dans son entourage restreint. Laissez donc peu à peu les choses se faire. Il existe une notion que l’on appelle résistance au changement. Elle est simple : chacun a sa place, comme dans un immense schémas aux trames de corde. Chaque nœud est une personne. Mais voilà que l’on rajoute un nœud dans le canevas. Alors, cela modifie les emplacements de tous les nœuds ou du moins, ça tend à les faire bouger. Seulement les nœuds étant un peu ancien, ils tiennent bons… il faut du temps pour que le canevas se détende un peu et se réadapte. Il en va de même pour les gens. Je ne me fais pas d’inquiétudes sur le sujet. tout vient à point à qui sait attendre, croyez-moi. Et le grand secret, c’est que tout le monde est soumis à cette règle. Ce n’est pas quelque chose de conscient. Par exemple, je me retrouve à revoir certaines habitudes, mais j’ai du mal. Résistance aux changements. Vous trouverez votre place… »

Voilà qui était franc, n’est-ce pas Les choses viendraient en temps utile. Tant que vous n’étiez pas mariés, c’était compliqué sans doute.

« Vous savez, je pense que vous avez eu raison de vous indigner, tout à l’heure. Peut-être pas à ce point, certes, mais je pense qu’il est important que vous me disiez ce que vous n’appréciez pas ou ce que vous n’aimez pas. Au fond, si vous ne me le dites pas, comment le saurai-je ? Je suis un homme intelligent et perspicace, mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que si quelqu’un ne devrait jamais avoir à mâcher ses mots quand elle a quelque chose à me dire, c’est bien vous. »

Vous lui sourîtes este vous vous levâtes pour lui proposer votre bras.

« Venez, je crains qu’il ne soit guère sage de continuer à avoir disparu, ce soir. Evitons les mauvaises rumeurs. Je vais vous montrer comment ouvrir la porte cachée et ensuite, je pense qu’il serait plus approprié de nous séparer. »

Vous fîtes comme vous l’aviez dit. Vous lui montrâtes comment appuyer sur le linteau de la bibliothèque pour déclencher l’ouverture d’un panneau coulissant un peu plus loin, et comment la fermer. Puis vous la raccompagnâtes, vous baisâtes ses doigts délicats et vous lui souhaitâtes bonne nuit en la remerciant de ces instants passés ensemble. 


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